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Samuel Moleaud 11 mars 2011 14:21

Parlant d’économistes farfelus gavés de propagande, vous entachez aussi hélas votre réflexion :

Le libertaire que je suis est choqué par cette phrase : "Face à leur opposants républicains ou conservateurs qui dénoncent le désordre, l’anarchie qui suivrait la reconnaissance politique et juridique de telles libertés, les libéraux démontrent que la liberté qu’ils proposent contribuerait au développement et à la prospérité de la société« 

Ce n’est pas faux. Si chacun est responsable, et maître de sa vie, sans tutelle et sans contraintes (banque, assurance, impôts, cotisations, remboursements en tout genre, etc), le salarié aliéné devient auto-travailleur, et libre de son destin. Donc, l’émulation créée par cette prise en charge de chacun permet d’apporter à l’individu prospérité et vie décente. Ce qui développe la société.
Le souci, c’est que c’est une utopie dans un monde de bisounours où il n’y a pas besoin d’aider les gens, puisqu’ils ne sont pas en situation de précarité extrême...

De plus, en philosophie politique, l’anarchie n’est pas le désordre, bien au contraire : c’est l’ordre moins le pouvoir et moins la hiérarchie. C’est l’égalité et la liberté par la prise en main de chacun, tous portés vers le haut...ce qui ressemble au libéralisme, mais dans un sens collectif, non individualiste.

Qu’est ce qu’un »abus de liberté« , sinon un méchant oxymore ? Si l’on respecte la liberté d’autrui, nous sommes libres, pas besoin d’en abuser. L’abus d’autrui devient de l’oppression.

L’ultralibéralisme, du moins votre définition, cela existe. Mais aucun pays riche ne l’a adopté. Tous les Etats subventionnent massivement les multinationales, sauvent les banques et le système financier à coups de milliards.
Si nous vivions, je le répète, dans un Etat ultra-libéral, il n’y aurait pas de fonds publics alloués à la gestion des collectivités territoriales (bien qu’en coupes franches régulières), pas de fonctionnaires (bien qu’en nette diminution)...
En fait, l’ultra-libéralisme, c’est l’anarchisme de droite, ou disons l’anarchisme capitaliste.

Ensuite, il y a deux sortes de libéralisme. Le libéralisme politique, et le libéralisme économique. Le libéralisme politique, me paraît être sain, c’est la garantie des libertés individuelles dont tous aujourd’hui se réclament, sans qu’elles soient respectées (liberté d’expression, d’association, d’être considéré juridiquement comme l’égal de l’autre etc). Les libéraux du 19ème siècle parlaient de libéralisme pour se libérer du joug des monarchies, qui ne respectaient pas le droit de propriété privée, et réprimaient les mouvements sociaux...
D’où la question de démocratie : les constitutions américaines et françaises ont été rédigées par les révolutionnaires bourgeois pour contenir les révoltes du peuple. En raccourci ici, ça donne que tout est verrouillé pour ne pas que le vote citoyen n’apporte trop de liberté, trop d’égalité, trop de socialisme. D’où le passage du libéralisme politique vers un espèce de totalitarisme masqué, symbolisé par un Léviathan hobbesien qui contrôle les esprits, les révoltes, les dissidences.

Le libéralisme économique, c’est l’abolition des frontières pour que circule le capital, comme vous l’expliquez bien. Or au moindre problème, l’Etat intervient toujours, (même si, je vous l’accorde, il est en passe d’être démantelé (pour ses services sociaux, non régaliens).
Smith, que l’on attribue la théorie du libéralisme, souhaitait que la gestion des infrastructures comme les transports, ponts et chaussées, restent pourtant dévolues à l’Etat. 
Et si nous vivions dans un système ultra-libéral, dans une sorte de loi de la jungle, l’Etat aurait complètement disparu, et les travailleurs pauvres pourraient s’en sortir. Ils n’auraient pas besoin de sacrifier leur vie à travailler pour enrichir les actionnaires, et pour payer les fuites de capitaux de la sécurité sociale vers les poches du privé.

L’ultra-libéralisme existe, mais il n’est pas (encore...) appliqué. Nous n’avons de libertés que celles définies par la bourgeoisie au pouvoir depuis 1871 (la République, outre l’épisode 1940-1944) »On a le droit d’être en colère, mais il faut le demander gentiment (Coluche)". C’est un espèce de totalitarisme ouvert pour laisser l’impression que les gens sont libres de leurs actes là où ils sont pieds et mains tenus par le Léviathan.

Au niveau mondial, ceux qui souffre d’un ultra-libéralisme, sont les pays pauvres qui n’ont pu développé leur Etat suite aux mouvements de décolonisation : les puissants colonisateurs savaient que le FMI, l’OMC et la Banque Mondiale récupéreraient leur part de gâteau. Mais ce n’est pas le cas de l’Occident.


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