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Louis-Philippe Carrier 2 mai 2006 22:31

Hmm, il faut apparemment que je précise que je ne rejette pas l’article en bloc. Simplement je mettais en évidence des erreurs factuelles (le libéralisme qu’évoque Fukuyama n’est pas ce que vous décrivez - si je me souviens bien, il fait explicitement référence à des auteurs comme Kant ou Montesquieu, et en tout cas c’est cela qu’entendent les Américains par « idées libérales ») et des lacunes dans le raisonnement. Si les inégalités croissent, c’est parce que le mécanisme des prix le permet. Et il le permet parce que suffisamment d’individus dans la société acceptent la structure des prix telle qu’elle est : prix faible des ressources naturelles, rémunération forte du capital - qu’il soit matériel, immatériel, ou humain. Une majorité d’individus bénéficient ou croient bénéficier de ce système, et la plupart des autres sont trop ignorants pour le critiquer. Pour corriger les inégalités, il faudrait incorporer dans les prix des biens sur le marché tous les prix des biens considérés comme « hors marché » (paix dans le monde, harmonie sociale, santé publique, environnement préservé...), afin que les riches contribuent aux problèmes de tous et pas seulement à ceux des riches. Néanmoins, quand on voit les français gémir chaque fois que le prix du pétrole augmente, j’ai du mal à croire qu’ils soient prêts à se sacrifier ainsi pour leur prochain. Ce que je veux illustrer, en tout cas, c’est que le problème est infiniment complexe. C’est un problème microéconomique que l’on ne peut résoudre par des incantations. On peut davantage contribuer à sa résolution en informant et en s’informant, car l’information s’intègre dans les prix. Un exemple de cela est le commerce équitable, qui attribue une prime au développement durable : le citoyen du monde riche paie un coût spécifique pour les biens publics globaux auquel il contribue, en plus du prix qu’il paierait pour un produit standard. Mais ces initiatives sont dérisoires au regard des failles qui persistent dans l’information des masses (électorales, consommatrices...) mais aussi dans l’information des spécialistes (notamment les analystes financiers...). Accuser le capitalisme de tous les maux ne résout rien. Il faut le comprendre et en utiliser les outils à de bonnes fins. Les outils les plus efficaces sont parfois les plus austères : à quand une vraie comptabilité environnementale ? A quand une fiscalité qui tienne vraiment compte des enjeux sociaux (e.g. crédits d’impôts plutôt que RMI) ? Amis anti-capitalistes, gardez à l’esprit que l’alternative ne serait pas meilleure : la comptabilité publique n’est pas moins opaque que celle des firmes, au contraire. L’Etat interventionniste s’empêtre forcément dans des conflits d’intérêt, puisqu’il est juge et partie (voir le cas du nucléaire, par exemple...). Etc. Etc. Une petite proposition *pragmatique* : et si les Français se mettaient enfin au benchmarking, au lieu de donner des leçons au monde entier sur ce qu’il faut faire ?


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