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easy easy 28 mai 2011 16:47



Le don de soi (dans l’amour conjugal, dans l’amour patriotique, dans l’amour humanitaire) consiste en réalité en une projection de soi dans quelque chose qui a plus de chance de vivre plus longtemps que soi. Le sublime est surtout la seule solution métaphysique et psychologique à l’angoissante perspective de notre mort (à laquelle on ne pense plus trop quand on est ivre de sublime)

Sans solution de sublimation, nous ne savons pas étouffer notre angoisse de mort. Mais comme le sublime est fou et conduit à bien des folies, il crée une angoisse secondaire « serais-je capable de tout donner à mon enfant, à mon amour ? Serais-je capable d’aimer l’Autre éternellement et plus que moi ? » (Les moines de Tibhrines eurent à se poser cette question quelques jours avant leur mort car, la menace étant très forte, il leur avait été proposé et même ordonné de fuir)

Le sublime étouffe une angoisse de mort primordiale (même si je ne fais rien, quoi que je fasse, je meurs donc j’échoue) et engendre une angoisse de performance qu’on appelle pression de la réussite (dans tous les domaines). Là il ne s’agit plus de ne pas mourir physiquement, il s’agit surtout de ne pas échouer à la performance du dépassement de soi dans sa relation aux autres. L’angoisse du sublime est alors plus sociale.



Le PCRA représente un havre possible entre ces deux angoisses. Une sorte de point mort ou plutôt de point neutre. Et ce point de repos étant autorisé par le verbe, il peut sédentariser.

Avec le PCRA, on n’est plus seul face à la mort, on n’est pas complètement abandonné, on peut être aidé, mais on n’est pas non plus dans un engagement infini, irréversible envers un Autre (Saint Exupéry affirmait qu’on est responsable à tout jamais de ce qu’on a apprivoisé)

Le PCRA peut donc plus facilement conduire ses adeptes au désespoir mais pas à de folles et souvent très dangereuses performances conjugales, familiales, sociales.

Avec le PCRA, pas de guerre de Troie, pas de meurtre familial, pas de kamikaze.


D’autre part, le PCRA permet une stratégie de vie inédite.
Jusqu’alors, face à la problématique de la vieillesse, chacun s’assurait à la fois de la piété filiale de ses enfants et de l’attachement de son conjoint (qui vieillissait aussi)
La vieillesse était donc aidée par elle-même et par la jeunesse de ses propres enfants (le tout dans un esprit de reconnaissance et de chaîne intergénérationnelle, parfois d’héritage

Désormais, chacun semble moins compter sur son conjoint vieillissant, moins compter aussi sur ses propres enfants, mais davantage sur la Force Sociale pour les problèmes lourds et sur des conjoints plus jeunes pour les problèmes plus bénins.
Les Cougouars montrent que des femmes vieillissantes préfèrent avoir un compagnon jeune (renouvelable), plutôt que des enfants et un conjoint vieillissant.

Le PCRA s’inscrit dans cette tendance. Bien qu’il convienne à des couples de jeunes, il convient encore mieux à des couples vieux / jeune qui ne peuvent en aucune manière accéder au sublime du « A toi pour toujours ». Pablo Picasso et Françoise Gilot auraient disposé du verbe qui en supporte désormais la formule, ils auraient été enchantés d’autoriser leur relation sous couvert du PCRA.

La formule PCRA aurait été verbalisée plus tôt, Liliane Bettancourt se serait facilement autorisée sa relation spéciale avec Banier et sa fille Françoise n’aurait pu que ronger son frein.

Ah ouichhhh c’est que dans tout ça, dans les choix que nous faisons, il y a aussi la question du pactole, de la succession qui joue. Sans officialisation de la relation, pas de droits automatique au pactole du défunt. 


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