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Louis Dalmas Louis Dalmas 11 juillet 2011 17:57

L’appui donné à la honteuse guerre contre Kadhafi n’est qu’un élément de la trahison permanente de la « gauche » française. Voici dix événements majeurs auxquels les « socialistes » ont souscrit sans l’ombre d’une miette d’indépendance ou de critique. 
1) - Le bombardement de l’ex-Yougoslavie prétendument dirigée par un despote fauteur de guerre, assoiffé de Grande Serbie et auteur de nettoyages ethniques, alors que Milosevic n’a jamais été un dictateur. ll a toujours dénoncé chez lui les partisans de la Grande Serbie (son opposant Seselj, par exemple) et n’a cessé de vanter les avantages de sa société multiethnique ; il a été trois fois élu démocratiquement aux postes qu’il a occupés ; il n’a jamais limité l’action des partis politiques ou l’autorité du parlement ; une vingtaine de nationalités ou ethnies différentes cohabitaient en ex-Yougoslavie et cohabitent toujours en Serbie ; il a accepté tous les plans de paix occidentaux proposés pour mettre fin à la guerre en Bosnie ; la dernière fois que j’ai été à Belgrade sous son gouvernement, j’ai dénombré dans un kiosque 23 journaux d’opposition et 3 organes gouvernementaux.
Drôle de dictateur, en effet...
2) - L’agression de l’Irak sous le prétexte d’y neutraliser des armes de destruction massive que Saddam Hussein n’a jamais possédées ou des achats d’uranium au Nigeria qui n’ont jamais eu lieu, et qui a conduit à la destruction pour des motifs principalement pétroliers d’un grand Etat laïque, efficace bastion de résistance à l’intégrisme islamique. Saddam était sans doute un cruel autocrate, mais il était le pire ennemi d’Al Qaeda et un farouche adversaire de l’Iran des mollahs. Les chrétiens pratiquaient leurs cultes et vivaient chez lui en toute liberté, ce qui n’est pas le cas dans tous les pays musulmans.
3) - L’utilisation dans les guerres impériales de bombes à fragmentation ou de munitions à l’uranium appauvri qui ont fait de milliers de victimes civiles et pollué des régions entières pour des décennies.
4) - La reconnaissance du plus puissant centre de crime organisé d’Europe par la création d’un Etat mafieux au Kosovo, dont les dirigeants actuels ont été directement ou indirectement impliqués dans un atroce trafic d’organes humains.
5) - La participation de la France à une guerre totalement inutile en Afghanistan qui n’a pour effet que le renforcement de l’adversaire taliban qu’il s’agit soi-disant de combattre.
6) - Les mythes d’une Tchétchénie glorieusement résistante à l’oppression russe ou d’un Tibet victime de l’invasion chinoise, alors qu’il s’agissait dans le premier cas d’une région sécessionniste sauvagement opposée à la modernité et dans le second d’une féodalité religieuse rétrograde corsetant son peuple. Comme l’avait fait jadis Kemal Atatturk en Turquie, Russie et Chine ont cherché à sortir ces populations d’un passé paralysant – avec des moyens souvent brutaux et des buts pratiques sans doute discutables – mais dans la perspective objective d’un pas en avant, d’un progrès dans l’Histoire.
7) - La farce du renversement ivoirien d’un Gbagbo ne gouvernant pas, de toute évidence, dans la dentelle, mais soucieux de son indépendance nationale, écrasé par les forces françaises, et son remplacement préparé d’avance par Ouattara, un pion occidental aux ordres des grandes multinationales colonialistes. Gbagbo n’était sans doute pas un tendre, mais il était loin d’être le pire des chefs d’Etats africains soutenus par les Français ou les Occidentaux, et il prônait la résistance à l’exploitation de ses richesses par le colonialisme étranger. L’organisation française de sa chute n’a été qu’un épisode plus de cet inacceptable droit d’ingérence que s’est arrogé l’Occident pour défendre ses intérêts financiers, industriels, pétroliers et stratégiques. Droit d’ingérence exercé de façon très arbitraire : pourquoi pas à Bahrein, en Syrie, au Yemen, en Arabie Saoudite, en Ouganda ou ailleurs, où de véritables soulèvements sont réprimés de façon ouvertement violente.
8) - Le déclenchement d’une guerre – à la fois financière et, une fois de plus, pétrolière – contre un original (dans tous les sens du mot) rénovateur de la Libye, sous le prétexte de soutenir une rébellion fomentée de l’étranger, dont les chefs, présentés comme avides de démocratie, sont des militants religieux ou monarchistes, et pour certains, des affidés d’Al Qaeda. Les initiatives de Kadhafi ont été remarquables : l’eau, l’électricité, les soins médicaux étaient gratuits en Libye, l’essence ne coûtait pratiquement rien, Son gouvernement accordait des aides financières d’Etat aux jeunes mariés, aux acheteurs de logements, aux créateurs d’entreprises. Il a fait construire un extraordinaire réseau de 4.000 km (!) de pipe-lines souterrains qui alimentait en eau tout le nord du pays. Sa « jamarihiya » était une tentative de démocratie directe comparable par certains côtés à l’auto-gestion dans l’ex-Yougoslavie, et bien plus intéressante à étudier que la démocratie parlementaire occidentale. l’IDH (Indice de développement humain) de la Libye était le plus élevé d’Afrique et l’alphabétisation du pays était supérieure à celle des Etats-Unis.
Etrange massacreur de son peuple, en effet...
9) - La dénonciation de chefs d’Etat réformateurs comme Poutine en Russie, ou Castro, Chavez et Morales en Amérique latine, et leur mise à l’index sous l’étiquette de tyrans, parce qu’ils défendent la souveraineté de leur pays face à l’impérialisme américain, veulent faire profiter leurs peuples de leurs richesses nationales et consacrent l’argent de leur sous-sol à la mise en œuvre de progrès sociaux.
Curieux führers, en effet...
10) - Le soutien constant de l’impérialisme américain, du système économique néolibéral, de l’érosion des libertés sous le prétexte de combattre le terrorisme, de la fabrication de révolutions de couleur destinées à renverser les chefs d’Etats insubordonnés d’Asie centrale, des aventures militaires et du sauvetage des banksters de la finance internationale par les milliards volés aux contribuables.
Voilà le bilan en politique étrangère du Parti socialiste français.
Louis Dalmas.


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