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« 1870-2020 : 150 ans de République » : le mandarinat qui sert le « républicain » Macron… et détruit la République

Une « journée d’études » pour une « histoire du consensus »

 Le 8 juillet dernier, Sciences Po Alumni, l’association des ancien(ne)s étudiant(e)s ayant fréquenté la rue Saint-Guillaume, annonce la tenue d’une « journée d’études » le 4 septembre 2020, intitulée « 1870-2020 : 150 ans de République »[i]. Outre le titre très orienté, la formule interpelle en cela qu’elle consiste en une « Journée d’études organisée par l’Assemblée nationale et le Comité d’histoire parlementaire et politique, avec le soutien de Sciences Po Alumni, sous le haut patronage de Monsieur le Président de l’Assemblée nationale ». Ou comment honorer l’« histoire consensuelle » chère aux « historiens » de Sciences Po Paris, habitués à la fréquentation assidue des hommes au pouvoir (« neutres » et « consensuels », probablement).

D’emblée, le titre de la journée d’études a de quoi surprendre. Bien évidemment, la journée du 4 septembre n’est pas anodine, puisque Gambetta proclama la République en 1870, contraint et forcé par une foule révolutionnaire ; c’est également le 4 septembre 1958 que le général de Gaulle annonça la tenue d’un référendum pour faire approuver la constitution de la Ve République, rédigée alors que de Gaulle exerçait les pleins pouvoirs depuis début juin. Bien évidemment, la tenue d’une telle journée le 21 septembre (jour de proclamation de la Première République) ou le 23 février (jour de proclamation de la Deuxième République) ne peut être envisagée puisqu’il s’agit de fêter 150 ans, chose difficilement réalisable pour les deux premières républiques respectivement proclamées en 1792 et 1848. Mais l’intitulé résume à lui seul la pensée des « historiens » et « politiques » prétendument « républicains », qui renvoient aux oubliettes de l’histoire la Première et la Deuxième Républiques ; il est vrai que ces deux régimes eurent le tort de naître en pleine révolution sociale et politique, une chose inacceptable pour les tenants de l’« histoire consensuelle » (ou encore « histoire apaisée ») : c’est ainsi que Serge Berstein, spécialiste du parti radical sous la IIIe République, résuma son article intitulé « Les caractéristiques de la culture républicaine) et publié dans les Cahiers français en 2007, par la formule suivante : « Il semble que l’on assiste aujourd’hui à la mise en place d’une culture politique républicaine plus consensuelle » (« il semble » étant le minimum syndical de précaution sémantique critique que l’on puisse prendre).

Pour les partisans de « l’histoire consensuelle », les deux premières républiques n’obéissent pas à cette logique : épousant les vues de l’école antitotalitaire et anticommuniste incarnée par François Furet, ceux-ci s’engagent dans un vibrant plaidoyer républicaniste selon lequel la Troisième République met un terme définitif à la Révolution française, cette horreur dévoyée par la (fantasmée) « Terreur » robespierriste – terme désuet et dénoncé par les historiens, à l’image de Jean-Clément Martin récent auteur deLes Échos de la Terreur. Vérités d’un mensonge d’État, 1794-2018 – puis par les « rouges » en 1848. Furet s’extasie dans son ouvrage Penser la Révolution française– aux conséquences désastreuses pour l’histoire critique (cela est implicite quand on pratique réellement la discipline…) – sur la fin de la Révolution française affirmant qu’« avec la fondation de la République sur le suffrage populaire, et non plus sur l’insurrection parisienne, la Révolution française est enfin ‘‘terminée’’ »[ii][(ce que le « premier flic de France » Clemenceau considérait comme faux). Et c’est ainsi que les « spécialistes » de Sciences Po, forcément « neutres », développent les contes pour enfants martelés dans les programmes scolaires depuis des décennies : la « bonne Révolution » (bourgeoise et libérale) de 1789 et la « Terreur » de 1793-1794 ; la « République apaisée » pour reprendre le titre d’un ouvrage de Christophe Bellon évoquant l’action d’Aristide Briand au sujet de la laïcité (Christophe Bellon est membre correspondant du Centre d’histoire de Sciences Po Paris et a reçu le prix de thèse 2010 de l’Assemblée nationale), et ce après avoir massacré la Commune de Paris ; la « culture républicaine » bien ancrée à partir des années 1880, au point qu’affirmer qu’il y a bien eu trahison des grands industriels, banquiers, technocrates, politiques réactionnaires et fascistes, etc., en 1940 relève du « complotisme » pur et simple (l’historienne Annie Lacroix-Riz peut en témoigner[iii]) ; enfin, « la fin de la guerre froide » consacrant « la fin de l’Histoire », forcément caractérisée par le triomphe de la « démocratie libérale », de « l’économie de marché » et de la « société de consommation », suivant en cela – même inconsciemment – les préceptes des idéologues Walt Rostow, auteur en 1960 des Etapes de la croissance économique : un manifeste anticommuniste (tout un programme !), et Francis Fukuyama, célébrés par la presse aux ordres du monde capitaliste euro-atlantique.

Le mandarinat au sommet : la symbiose Sciences Po-Macron

La fréquentation du pouvoir pour les « historiens » et autres spécialistes du genre n’est pas une nouveauté à Sciences Po Paris : depuis des décennies, « sondagiers », « experts » en tout genre, « historiens », « politistes », se succèdent sur les plateaux télés des médiacrates qu’ils connaissent bien et fréquentent assidument. On ne sera pas surpris que : René Rémond, « père de la science politique » et ancien président de la Fondation nationale des sciences politiques (FNSP, composante de Sciences Po Paris) ; Pascal Perrineau, président de Sciences Po Alumni, professeur des universités à Sciences Po Paris, pourfendeur des « populismes » … et garant de « l’indépendance » du « Grand débat national » organisé par Macron en 2019 pour étouffer la révolte des gilets jaunes ; Dominique Reynié, professeur des universités à Sciences Po Paris, également pourfendeur des « populismes » et président de la « Fondation pour l’innovation politique » liée aux faux « Républicains » ; ou encore Olivier Duhamel, professeur des universités à Sciences Po Paris qui célébra la qualification de Macron au second tour de la présidentielle à la Rotonde le 23 avril 2017, exercent une hégémonie totalitaire sur les plateaux télévision et soient si proches du pouvoir. Ces « scientifiques » sont alors amenés à organiser des colloques sur des présidents de la République en compagnie des principaux intéressés : à partir de 2002 fut organisée une série de colloques sur « Les années Giscard » avec l’ancien président « libéral, centriste et européen » (comme se définit Giscard en 1974) par le Centre d’histoire de l’Europe du XXe siècle (CHEVS) et l’Institut pour la démocratie en Europe, deux « organes de recherche » rattachés à Sciences Po Paris ; par la suite, René Rémond, Serge Berstein et Jean-François Sirinelli publièrent, sous la forme de plusieurs ouvrages, les « actes des journées d’études » qui s’étaient déroulées au Palais du Luxembourg, siège du Sénat. C’est cela, la « touche » Sciences Po.

Mais la « journée d’études » organisée en cette année 2020 franchit un nouveau cap dans l’allégeance totale envers le pouvoir macroniste. En effet, le programme annonce qu’a lieu un « débat » intitulé « Valeurs et pratiques républicaines », avec pour principal intervenant… tout simplement Emmanuel Macron  ; et voilà qu’un président de la République en exercice, clivant le pays plus que jamais, est invité par les « historiens consensuels » pour parler des « valeurs et pratiques républicaines ». Bien entendu, le gratin des « historiens » est mobilisé pour l’occasion, à commencer par Jean Garrigues, président du Groupe d’histoire parlementaire et politique et chargé de la « Présentation générale » de la journée d’études, avant de participer à la « discussion » avec un exposé intitulé « Incarner la République ». Naturellement, le grand public ignore que Jean Garrigues a signé la tribune « Des universitaires et chercheurs [qui] appellent à soutenir Emmanuel Macron » dès le premier tour de la présidentielle[iv], et que « l’historien » pratique la propagande à grande échelle sur Twitter[v] : tantôt condamnant « la CGT [qui] organise une grève qui n’a d’autre but que faire parler d’elle. C’est pitoyable ! », « Alors que l’Etat et tous les Français se mobilisent contre le Covid-19 » (30 août) ; tantôt soulagé « d’entendre les propos à la fois pragmatiques et humanistes d’Éric Dupond-Moretti » sur la justice (1erseptembre) ; tantôt regrettant qu’« aussitôt annoncé, le Ségur de la Santé, un plan sans précédent, suscite récriminations et polémiques syndicales » (22 juillet) ; tantôt fustigeant « le commentaire hallucinant et mensonger de Mélenchon sur le combat d’Emmanuel Macron au Sommet européen. Décidément, il est irrécupérable ! », alors qu’« Emmanuel Macron et Angela Merkel se battent au Sommet européen contre les égoïsmes nationaux, et c’est un combat historique pour ceux qui croient en l’Europe » (20 juillet), avant de se réjouir qu’« il est incontestable qu’Emmanuel Macron et Angela Merkel ont remporté une belle victoire pour l’Europe lors du Sommet européen… Et maintenant, on attend les critiques de Mélenchon et des autres, dont c’est la raison d’être ! » (21 juillet). Le niveau d’obséquiosité, de flagornerie et de déférence absolue envers la macronie de la part de cet « historien » atteint des sommets ; mais ce dernier ne peut avoir le temps de pratiquer son métier puisque, au-delà de son rôle de petit télégraphiste qu’il exerce avec passion, Jean Garrigues « commente l’actualité ce soir de 18h à 19h dans« Punchline » sur C-News avec Laurence Ferrari » (25 août) – il est vrai que le « commentaire » n’est pas aussi harassant que le réel travail d’historien passant des jours entiers à consulter et analyser des archives de manière critique.

Le pedigree des autres intervenants conforte l’exercice de servitude volontaire : le débat auquel participe « Jupiter » est présidé par Jean-Noël Jeanneney, « historien » et ancien ministre, sévissant souvent sur France Culture (qui peut être qualifiée d’officine officielle de la macronie) ; Marcel Gauchet, le « philosophe libéral » vouant aux gémonies Robespierre et soutien initial de Macron – avant de constater qu’il « a échoué sur tout » au sujet des gilets jaunes, est également présent ; tout comme Leïla Slimani, qui soutint Emmanuel Macron au second tour en 2017 « par adhésion », car « la jeunesse, la modernité d’Emmanuel Macron – également fervent défenseur de l’égalité des hommes et des femmes – donneront un nouvel élan à la France, qui est actuellement enlisée dans une forme de grand pessimisme »[vi]puis devient sa représentante personnelle pour la francophonie – avant de prendre des distances.

Un plaidoyer « républicaniste » pour un monarque antirépublicain

Les « intellectuels du consensus » n’étant pas à une contradiction près, il ne leur vient pas à l’idée que Macron puisse incarner la droite autoritaire et réactionnaire, détruisant les fondements mêmes de la République sur laquelle ils sont amenés à « réfléchir ». Rappelons simplement que Macron et ses laquais :

  • promeuvent un « pacte girondin » accélérant l’euro-dissolution de la République avec le « droit à la différenciation » des territoires, consacré par un amendement adopté par l’Assemblée nationale le 12 juillet 2018[vii] et prôné par Jean Castex dans son discours du 15 juillet dernier[viii] – ce qui se traduit déjà par l’existence de l’« euro-département » de Moselle et la « Communauté européenne d’Alsace », alors que l’article 1 de la Constitution stipule : « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’ ;égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’ ;origine, de race ou de religion. » ;
  • accélèrent le « saut fédéral européen » afin de constituer une « souveraineté européenne » totalement antinomique avec l’article 3 de la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen (DDHC) selon lequel « Le principe de toute Souveraineté réside essentiellement dans la Nation. Nul corps, nul individu ne peut exercer d’autorité qui n’en émane expressément. » ;
  • « subordonnent la délivrance du diplôme de toute licence, de toute licence professionnelle, de tout DUT et de tout BTS à la présentation d’au moins une certification en langue anglaise, rendant ainsi la maîtrise de la langue anglaise obligatoire pour l’obtention de ces diplômes »[ix], violant ainsi de manière flagrante l’article 2 de la Constitution selon lequel « la langue de la République est le français » ;
  • amplifient l’euro-démantèlement des services publics et l’euro-destruction des conquêtes sociales et démocratiques pourtant clairement énoncées par la Constitution de 1946[x] et la Déclaration universelle des droits de l’Homme (DUDH) de décembre 1948[xi] – sans même évoquer la DDHC insérée comme préambule de la Constitution du 24 juin 1793[xii], la plus démocratique de l’histoire de France.

N’attendons pas plus de ces « spécialistes » qu’ils révèlent le caractère et la pratique profondément antirépublicains du monarque Macron, qui donna sa vision de la Révolution française à l’été 2015 : « Dans la politique française, cet absent est la figure du roi, dont je pense fondamentalement que le peuple français n’a pas voulu la mort. La Terreur a creusé un vide émotionnel, imaginaire, collectif : le roi n’est plus là ! On a essayé ensuite de réinvestir ce vide, d’y placer d’autres figures : ce sont les moments napoléonien et gaulliste, notamment. Le reste du temps, la démocratie française ne remplit pas l’espace. On le voit bien avec l’interrogation permanente sur la figure présidentielle, qui vaut depuis le départ du général de Gaulle. Après lui, la normalisation de la figure présidentielle a réinstallé un siège vide au cœur de la vie politique. Pourtant, ce qu’on attend du président de la République, c’est qu’il occupe cette fonction. Tout s’est construit sur ce malentendu. »[xiii]. Pourtant, Nicolas Roussellier, qui participe à cette « journée d’études », décrit bien la conception du pouvoir de Macron dans La force de gouverner  : « les vieux concepts de pouvoir exécutif, de pouvoir législatif ou bien même encore de régime représentatif sont probablement aujourd’hui dépassés » car « la démocratie exécutive contemporaine représente une forme de réhabilitation de ce “pouvoir personnel” ; que des générations de républicains avaient appris à détester au XIXe et au début du XXe siècle. Elle a réussi à légitimer, y compris aux yeux de la gauche, la nécessité de concentrer la presque totalité des pouvoirs au profit d’ ;un Exécutif puissant et moderne. »[xiv]. Autant d’éléments faisant de Macron un moteur de l’euro-fascisation catastrophique frappant la République[xv] et déroulant un véritable « tapis brun » au prétendu « Rassemblement national ».

Macron, l’héritier du « Redressement français »

Gageons que les participants de cette « journée d’études » auront à cœur de se demander à qui comparer Macron : de Gaulle ? Napoléon ? Clemenceau ? Mitterrand ? Ils ne songeront certainement pas Pierre Laval, pourtant plus approprié pour une comparaison comme l’atteste ce discours du 22 juin 1942 : « On parle souvent d’Europe, c’est un mot auquel, en France, on n’est pas encore très habitué. On aime son pays parce qu’on aime son village. Pour moi, Français, je voudrais que demain nous puissions aimer une Europe dans laquelle la France aura une place qui sera digne d’elle. Pour construire cette Europe, l’Allemagne est en train de livrer des combats gigantesques. Elle doit, avec d’autres, consentir d’immenses sacrifices. Et elle ne ménage pas le sang de sa jeunesse. Pour la jeter dans la bataille, elle va la chercher dans les usines et aux champs. Je souhaite la victoire de l’Allemagne, parce que, sans elle, le bolchevisme, demain, s’installerait partout. Ainsi donc, comme je vous le disais le 20 avril dernier, nous voilà placés devant cette alternative : ou bien nous intégrer, notre honneur et nos intérêts étant respectés, dans une Europe nouvelle et pacifiée, ou bien nous résigner à voir disparaître notre civilisation.[xvi]. Une intégration passant par l’inévitable « couple franco-allemand » et la soumission croissante envers l’Allemagne réactionnaire et capitaliste, comme le démontre la signature du traité d’Aix-la-Chapelle (l’Empire carolingien est ressuscité !) le 22 janvier 2019, traité selon lequel « les deux États approfondissent l’intégration de leurs économies afin d’instituer une zone économique franco-allemande dotée de règles communes. Le Conseil économique et financier franco-allemand favorise l’harmonisation bilatérale de leurs législations, notamment dans le domaine du droit des affaires, et coordonne de façon régulière les politiques économiques entre la République française et la République fédérale d’Allemagne afin de favoriser la convergence entre les deux États et d’améliorer la compétitivité de leurs économies » (article 21)[xvii] ; ou comment rallier sans sourciller l’ordo-libéralisme allemand déjà triomphant au sein de l’Union européenne…

Et quitte à établir une comparaison appropriée pour le « républicain » Macron, évoquons les industriels, banquiers et technocrates du Redressement français fondé en 1925 par le magnat de l’industrie électrique et pétrolière Ernest Mercier, désireux de « rassembler l’élite et éduquer les masses » pour « moderniser » la vie politique française (dans un sens réactionnaire) et en finir avec les « archaïsmes » sociaux (grèves et syndicats). Mercier s’appuie sur le comte Edmond de Fels, auteur de… La Révolution en marcheen 1925 puis d’un Manifeste pour une révolution sociale en 1941 (dont on imagine aisément le contenu), fondateur de la nouvelle version de la Revue de Paris qui présente le Redressement français dans un article publié le 1ermai 1926 (sans doute une coïncidence), à savoir un groupement fondé par des « industriels et des intellectuels inspirés par un sentiment de patriotisme », ayant« pour mission la défense des intérêts généraux de la France » face à la« crise morale, financière et sociale, provoquée par les erreurs de l’Ecole dirigeante » ; ces erreurs seront réparées grâce à « un esprit dégagé de toute passion politique, de toute influence de parti », grâce à « leur compétence de directeurs de grandes affaires, leur habitude du pragmatisme » : « Voilà la nouveauté, voilà l’originalité du Redressement français ». Le but principal ? « Rendre l’État à sa mission véritable, le faire rentrer dans ses limites, réviser ses fonctions et lui reprendre ce que nous n’osons dire qu’il ait usurpé, car nous le lui avons trop souvent abandonné », face aux deux dangers « les plus apparents de l’heure présente, (…) le communisme et la banqueroute ». Le moyen ? Créer des commissions chargées de « mettre au point des projets clairs, positifs, concrets, prêts à l’application immédiate » par les représentants nationaux et les gouvernement[xviii]. Précisons que l’écrasante majorité de ces « élites » technocratiques et économiques collabora massivement avec l’Allemagne nazie et expérimenta les idées corporatistes et « managériales » au sein de « l’Etat français » fasciste.

« La » République détruite par la servitude volontaire des mandarins

Cela fait plus de 150 ans que les « mandarins » sont, à juste titre, attaqués pour leurs compromissions avec l’ordre capitaliste et leurs représentants en place, qu’ils soient marxistes-léninistes ou non, de Marx et Engels à Jean-Pierre Chevènement qui publia, sous le pseudonyme de Jacques Mandrin, L’énarchie, ou les mandarins de la société bourgeoise en 1964, de Georges Politzer qui publia les Principes élémentaires de philosophie à Simone de Beauvoir auteure des Mandarinsen 1954, de Paul Nizan condamnant les Chiens de garde à Julien Benda dénonçant La trahison des clercs. Mais ces mandarins indéfectiblement liés au pouvoir et à la recherche des honneurs jouent toujours leur rôle d’idéalistes exprimant des « idées » « créatrices » de la matière – dans le cas présent, « la » République sans aucun contenu socio-économique, politique, etc., incantation divine que Georges Politzer décrit parfaitement en opposition au matérialisme dialectique : « Si l’idéalisme est né de l’ignorance des hommes – et nous verrons comment l’ignorance fut maintenue, entretenue dans l’histoire des sociétés par des forces culturelles et politiques qui partageaient les conceptions idéalistes –, le matérialisme est né de la lutte des sciences contre l’ignorance ou obscurantisme. C’est pourquoi cette philosophie fut tant combattue et c’est pourquoi, sous sa forme moderne (le matérialisme dialectique), elle est peu connue, sinon ignorée ou méconnue du monde universitaire officiel. »[xix]

Aveuglés par leur discours sans aucune prise matérielle réelle, ces « penseurs » opérant pour la plupart à Sciences Po continuent d’exercer leur magistère universitaire comme bon leur semble et n’ont désormais plus aucune limite dans la servitude volontaire avec la macronie garante de l’ordre capitaliste euro-atlantique réactionnaire et fascisant, tout en détruisant petit à petit la République une et indivisible, sociale et laïque, souveraine et démocratique, fraternelle et pacifique, et en présentant l’antirépublicain Macron comme le « garant de la République ». C’est oublier les leçons de l’histoire prodiguées par Marc Bloch dénonçant les traîtres responsables de la débâcle de 1940 – attitude relevant d’un complotisme avéré pour l’« historien » Jean Lopez auteur d’une charge au vitriol contre Annie Lacroix-Riz[xx]. On suggérera toutefois à ces prêcheurs de « la » République de méditer cet extrait d’Histoire des grands-parents que je n’ai pas eus, dans lequel Ivan Jablonka montre combien la « culture républicaine » des « élites » dirigeantes et administratives est largement surestimée et combien ces derniers, derrière de grands discours célébrant « la » République – Macron, Valls et tant d’autres –, détruisent en réalité progressivement la République héritée des combats et des luttes révolutionnaires par leurs politiques et leurs pratiques antipopulaires et antisociales :

« Les camps de concentration républicains, destinés aux réfugiés espagnols, allemands ou autrichiens, aux Juifs chassés de toute l’Europe, constituent un vivier où puiseront à l’envi les autorités de Vichy et les nazis. Les décrets-lois de Daladier préparent le terrain à la législation du maréchal Pétain, dirigée contre les naturalisés et les étrangers en juillet-septembre 1940, contre les Juifs à partir d’octobre 1940. A cette date, cela fait plusieurs années que la France discrimine les étrangers et traque les clandestins. […] Sous le Front populaire, le fichier de la Sûreté nationale est géré par un jeune fonctionnaire plein d’avenir, René Bousquet. En 1940, après son évacuation en péniche, le « casier central » de la Préfecture de police est rapatrié à Paris où il est remis en ordre par la direction des étrangers et des affaires juives. […] Bien que la législation des années 1930 ne soit pas expressément antisémite, il y a un « Vichy avant Vichy », et il fermente dans la République. »[xxi]

https://www.initiative-communiste.fr/articles/prcf/1870-2020-150-ans-de-republique-le-mandarinat-qui-sert-le-republicain-macron-et-detruit-la-republique/


[i] https://www.sciences-po.asso.fr/gene/main.php?base=01&action=details&id_news=1450

[ii] François Furet, Penser la Révolution française, Paris, Gallimard, 1978, p. 21.

[iii] https://www.initiative-communiste.fr/articles/culture-debats/droit-de-reponse-a-gilles-morin-et-ses-appels-a-la-censure-annie-lacroix-riz-retablie-les-faits/

[iv] http://petiteau-natalie.blogspot.com/2017/04/des-dizaines-duniversitaires-soutiennes.html

[v] https://twitter.com/jeangarr78

[vi] https://www.leparisien.fr/week-end/presidentielle-32-personnalites-s-engagent-pour-le-second-tour-28-04-2017-6893280.php

[vii] https://www.initiative-communiste.fr/articles/prcf/macron-la-republique-en-miette-par-fadi-kassem/

[viii] https://www.macommune.info/castex-droit-a-la-differenciation-nouveaux-fonctionnaires-reserves-aux-departements/

[ix] https://www.francophonie-avenir.com/fr/Point-d-infos/435-Contre-l-obligation-d-une-certification-en-langue-anglaise-pour-l-obtention-de-toute-licence

[x] https://www.conseil-constitutionnel.fr/le-bloc-de-constitutionnalite/preambule-de-la-constitution-du-27-octobre-1946

[xi] https://www.un.org/fr/universal-declaration-human-rights/index.html

[xii] https://www.conseil-constitutionnel.fr/les-constitutions-dans-l-histoire/constitution-du-24-juin-1793

[xiii] https://lelab.europe1.fr/pour-emmanuel-macron-il-manque-un-roi-a-la-france-1365792 ; https://www.lepoint.fr/politique/emmanuel-macron-plus-royaliste-que-socialiste-07-07-2015-1943115_20.php

[xiv] https://www.nouvelobs.com/politique/20180424.OBS5662/emmanuel-macron-ou-le-retour-du-monarque-republicain.html

[xv] https://www.initiative-communiste.fr/articles/prcf/censure-insultes-injures-attaques-la-fascisation-explose-en-france/Ecouter notamment : https://www.youtube.com/watch?v=tmJEzm5UnH8

[xvi] Le texte est disponible notamment dans Marc Ferro, Pétain : les leçons de l’histoire, Paris, Texto, 2016, p. 291.

[xvii] https://www.diplomatie.gouv.fr/fr/dossiers-pays/allemagne/relations-bilaterales/traite-de-cooperation-et-d-integration-franco-allemand-d-aix-la-chapelle/

[xviii] https://www.diplomatie.gouv.fr/fr/dossiers-pays/allemagne/relations-bilaterales/traite-de-cooperation-et-d-integration-franco-allemand-d-aix-la-chapelle/

[xix] Voir l’instructive fiche Wikipédia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Redressement_fran%C3%A7ais

[xx] Georges Politzer, Principes élémentaires de philosophie, Paris, Editions sociales, 1954, p. 22. Disponible aussi aux éditions Delga, publication en 2008.

[xxi] https://www.initiative-communiste.fr/articles/culture-debats/la-france-a-t-elle-ete-trahie-reponse-dannie-lacroix-riz-au-dossier-de-guerres-et-histoire/


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24 réactions à cet article    


  • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 5 septembre 16:23

    La « valeur ajoutée » permet de financer l’appareil matériel et immatériel d’encadrement social : armée, police, médias, idéologie.

    Quand le Capital n’aura plus le moyen d’acheter l’idéologie à des mercenaires de la pensée, on commencera à voir le bout du tunnel.

    Pour l’instant, ils semblent avoir encore des réserves, et les chiens se battent pour la plus grosse gamelle.


    • nemo3637 nemo3637 5 septembre 23:58

      @Séraphin Lampion
      Quand le Capital n’aura plus le moyen d’acheter l’idéologie à des mercenaires de la pensée, on commencera à voir le bout du tunnel.

      Bien vu.
      Cependant l’idéologie est d’abord issue naturellement de l’état des rapports socio-économiques. La IIIe République nait en 1875 de par un consensus entre monarchistes orléanistes et républicains bourgeois. C’était la « solution » la moins mauvaise pour le nouveau pouvoir, celui du capitalisme. Encore qu’il ne s’en est fallu que d’un fil pour qu’on ait alors une monarchie...


    • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 6 septembre 10:14

      @nemo3637

      « l’idéologie est d’abord issue naturellement de l’état des rapports socio-économiques »

      oui, l’idéologie est la construction rationalisée de l’ordre établi, du rapport de forces entre les classes sociales et la justification des inégalités à travers des concepts comme ’les dons de la nature« , le »peuple élu« , la »sélection« , les »valeurs« , le »droit« et la »propriété« .
      Mais justement, il faut des »clercs" pour rédiger tout ça et tenir les registres, qu’ils soient comptables, judiciaires ou notariés, et ce qui est affligeant, c’est que ces grands commis sont souvent plus intelligents, plus cultivés et plus fiables que les maîtres qu’ils servent.


    • titi 5 septembre 19:02

      @L’auteur

      Il y a une filiation entre les 3ème, 4ème et 5ème qu’il n’y a bien évidemment pas avec les 1ere et 2ème.

      Il faut être bête comme un Mélenchon pour affirmer le contraire.

      Sinon pourquoi ne pas remonter à la République Romaine ?

      En -52 lors de la conquête de la Gaule le régime romain c’est la république aussi et au moins jusqu’à ce qu’Octave devienne Auguste.


      • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 5 septembre 19:18

        @titi

        « En -52 lors de la conquête de la Gaule le régime romain c’est la république aussi et au moins jusqu’à ce qu’Octave devienne Auguste.  »

        une république avec pas mal d’esclaves...


      • titi 5 septembre 22:34

        @Séraphin Lampion

        Mais une république quand même, puisque certains ne sont pas regardant.


      • nemo3637 nemo3637 6 septembre 00:06

        @titi
        La Ve République se veut une rupture...

        Il faut être bête comme un Mélenchon pour affirmer le contraire.

        Que vient faire Mélenchon là-dedans ?
        On a l’impression que si un chien se casse une patte dans la rue c’est à cause de lui, ce pouilleux de Mélenchon ! Vous ne seriez pas un peu obsédé ?


      • Opposition contrôlée Opposition contrôlée 6 septembre 11:51

        @titi

        Sinon pourquoi ne pas remonter à la République Romaine ?

        Il l’a fait, pour justifier sa célèbre sortie « ma personne est sacrée ».

      • Aristide Aristide 6 septembre 13:20

        @nemo3637

        Que vient faire Mélenchon là-dedans ?

        Euhhh, un peu comme l’échelle Beaufort. Une mesure empirique de la mauvaise foi ... incompréhensible car c’est le contraire d’un imbécile. Mais c’est un vrai champion quand il déblatère contre toute évidence ...


      • titi 6 septembre 18:30

        @nemo3637

        « Que vient faire Mélenchon là-dedans ?  »
        L’article de taktak reprend des éléments twittés par Mélenchon, qui a voulu reprendre Macron sur la date de fondation de la République.

        Taktak se fait la voix de son maître.


      • titi 6 septembre 18:32

        @nemo3637

        « Vous ne seriez pas un peu obsédé ?  »
        Et vous de mauvaise foi ?
        Mélenchon a twitté et derrière Autain et tous les blaireaux de la FI ont embrayé.
        Vous voulez me faire croire que vous n’étiez pas au courant ?


      • Opposition contrôlée Opposition contrôlée 6 septembre 21:01

        @nemo3637
        C’est injuste de ne citer que lui en effet, mais il pratique ce véritable sport national qu’est la tromperie permanente sur les filiations idéologique dans l’Histoire de France. Il y a quelques années, il nous a cité la constitution de 1793, en prétendant que l’article 35 de son préambule était en vigueur (le droit à l’insurrection)... Dans la même veine, notre courtisan Rakoto glissait il y a quelques jours que le déclenchement de la Commune était le fait de la déception des parisiens devant les résultats de l’élection parlementaire d’octobre 1871... 

        Ce trucage permanent des références historique est une arme redoutable dans les mains du pouvoir pour usurper la légitimité.


      • Le421 Le421 7 septembre 09:09

        @titi
        Vous êtes quand même un peu azimuté sur Mélenchon.
        C’est vrai que, entre toute petite parenthèse, son programme de candidature s’appelle « L’Avenir En Commun » et n’a pas été écrit tout seul par le sieur en question.
        Petit rappel.
        Alors, quelques part, la volonté de passer à une sixième république n’est pas du fait de JLM tout seul tout puissant, mais de ceux qui ont participé à la rédaction du programme et des sympathisants, dont je fais (œuf corse !!) partie...
        Ben ouais, ne vous en déplaise, JLM est le représentant de LFI, mais ce n’est pas le dieu tout puissant pour lequel vous ne cessez de vouloir le faire passer.
        D’accord, dans certains autres partis, la personnalisation du candidat est poussée à l’extrême à tel point qu’on n’ose même plus contester le moindre point.
        Parfois, on a même à faire avec des dynasties qui se développent de grand-père en petite fille.
        Et les militants sont tellement obnubilés qu’ils ne s’en rendent même plus compte.
        Comme si la capacité en politique se transmettait de génération en génération.
        Comme au temps des rois !!
        C’est fou !!


      • Le421 Le421 7 septembre 15:09

        @titi

        Il y a une filiation entre les 3ème, 4ème et 5ème qu’il n’y a bien évidemment pas avec les 1ere et 2ème.

        Si vous le dites, alors, c’est sûrement vrai...  smiley


      • Daniel PIGNARD Daniel PIGNARD 6 septembre 09:19

        J’espère qu’ils vont parler des prophéties qui touchent la 5è République et notamment de la petite corne qui vient après les 10 rois (10 mandats de la 5è), un certain Macron.

        Les 10 rois de Daniel 7. Voir le commentaire au nom de Daniel PIGNARD :

        http://www.chretiens2000.com/2017/09/la-fin-du-monde-reportee-au-15-octobre-selon-yuval-ovadia.html#ob-comment-ob-comment-100482551


        • Jean Guillot le retour Jean Guillot le retour 6 septembre 12:44

          Je ne sais pas pourquoi on les nomme Républicains c’était avant tout des Francs maçons et les gouvernements de corrompus que l’on a aujourd’hui c’est bien grâce à eux .

          Nos bons Rois n’auraient pas accepter Maastrich et la perte de souveraineté


          • Jean Guillot le retour Jean Guillot le retour 6 septembre 20:17

            @Jean Guillot le retour
            Le but de la République était de faire de la France un hôtel et de fabriquer des Français de papier.
            Le vers était dans le fruit dès le début


          • Jonas Jonas 6 septembre 19:23

            La république n’a rien de spécifiquement français, son logo maçonnique : « Liberté, Égalité, Fraternité », s’applique aussi bien à la France, qu’aux USA, au Venezuela, au Burundi ou au Bangladesh.
            Dans les 17 articles de la célèbre « déclaration des droits de l’homme et du citoyen » de 1789, il n’est nulle part fait mention de la France ou de l’identité du peuple français. C’est une déclaration internationaliste, qui annonce les prémisses de la fondation de la république universelle telle qu’ont voulu la mettre en place Mitterrand, Chirac, Sarkozy, Hollande et Macron.
            D’où la justification de l’élimination de la monarchie de droit divin existant depuis Clovis liant le Roi et son peuple, la promotion du multiculturalisme, du métissage, du vivre-ensemble et de l’immigration de masse, une politique assumée de tiers-mondisation du pays. Nous sommes tous égaux sur la planète, pourquoi un Algérien, un Pakistanais ou un Malien n’aurait-il pas le droit de s’installer en France de son plein gré ?
            La république contenait déjà dans ses germes, la fin de la France.


            • Daniel PIGNARD Daniel PIGNARD 6 septembre 20:40

              @Jonas

              Il est quand même précisé que ce sont les représentants du Peuple Français qui ont fait cette déclaration.

              Quand cette déclaration mentionne les citoyens (art. 6, 7, 11, 12, 13, 14) il s’agit essentiellement des citoyens français évidemment.

              Dans cette déclaration, il n’est pas précisé que les étrangers ont les mêmes droits que les citoyens français.

               

              « DÉCLARATION DES DROITS DE L’HOMME ET DU CITOYEN DE 1789.

              Les Représentants du Peuple Français, constitués en Assemblée Nationale, considérant que l’ignorance, l’oubli ou le mépris des Droits de l’Homme sont les seules causes des malheurs publics et de la corruption des Gouvernements, »


            • Jonas Jonas 6 septembre 21:57

              @Daniel PIGNARD « Il est quand même précisé que ce sont les représentants du Peuple Français qui ont fait cette déclaration. »

              Ce qui compte c’est le contenu de la déclaration. Sur les 17 articles, rien ne mentionne spécifiquement la protection du peuple français, de son patrimoine, de ses moeurs et de sa culture.

              -----------------------------------------
              « Dans cette déclaration, il n’est pas précisé que les étrangers ont les mêmes droits que les citoyens français. »

              Le contraire non plus.


            • Eschyle 49 Eschyle 49 6 septembre 19:36

              Rappelons d’abord qui est Monsieur Emmanuel MACRON [8 mai 2017,54029 vues]

              https://reseauinternational.net/avons-nous-elu-un-fou/

              Sinon, qui a fondé la République ? Ce n’est pas Gambetta , mais mon trisaïeul :

              Le 30 janvier 1875, mon trisaïeul faisait adopter, par 353 voix contre 352, l’amendement éponyme :
               «  Le président de la République est élu à la pluralité (et non « majorité absolue ») des suffrages par le Sénat et la Chambre des députés réunis en Assemblée nationale. Il est nommé pour sept ans ; il est rééligible. »

              D’où vient cet amendement ? A l’époque, le prétendant le plus sérieux était Henri d’Artois, Comte de Chambord (https://fr.wikipedia.org/wiki/Henri_d%27Artois).

              Mon trisaïeul, déjà auteur, en 1849, de l’abolition de l’esclavage, et qui avait enclenché la procédure de canonisation de Jeanne d’Arc (introduction de la cause en 1869 ; vénérable, le 27 janvier 1894 ; bienheureuse, le 18 avril 1909 ; sainte, le 16 mai 1920 ; patronne de la France, le 2 mars 1922), connaissait parfaitement la sociologie des français du dernier quart du 19ème siècle , français certes instruits des novations révolutionnaires , mais demeurés foncièrement monarchistes .

              Cependant, le Comte de Chambord, exigeant le retour de la bannière blanche fleurdelysée, refusait obstinément d’adopter le drapeau tricolore, provoquant, le 28 mai 1872, cette réplique du duc d’Aumale : « Les Français sont bleus, et ils voient rouge quand on leur montre du blanc. »

              Bref, la situation était bloquée.

              Heureusement, mon trisaïeul interrogea Édouard Carrière (http://vdaucourt.free.fr/Histmed/Medrois.htm), médecin du Comte de Chambord : « Dites-moi, Docteur, il en a encore pour combien de temps ? - Oh, sept ans au maximum ! » (Et effectivement, il mourut en 1883).
              « Très bien, Docteur, en ce cas, je proposerai un septennat, en attendant ... »

               Et c’est ainsi que Patrice de Mac Mahon, précédemment élu président de la République par la majorité royaliste de l’époque, le 24 mai 1873, fut reconduit
              pour un bail intérimaire de sept ans, en attendant le rétablissement de la monarchie.

              Cependant, ce qui n’avait pas été prévu, fut une poussée de la gauche, lors des élections des 14 octobre 1878 (Assemblée nationale) et 5 janvier 1879 (Sénat).

              Comme Mac Mahon ne disposait plus d’aucun soutien parlementaire, il préféra démissionner le 30 janvier 1879, après avoir refusé de signer le décret retirant
              leur commandement à certains généraux.
              Selon la formule de Léon Gambetta (15 août 1877) : « Le Président n’a que ce choix : il lui faut se soumettre ou se démettre. »
              Le républicain Jules Grévy lui succéda huit heures plus tard ; la franc-maçonnerie avait provisoirement verrouillé les institutions.


              • Daniel PIGNARD Daniel PIGNARD 6 septembre 20:29

                @Eschyle 49

                « Cependant, le Comte de Chambord, exigeant le retour de la bannière blanche fleurdelysée, refusait obstinément d’adopter le drapeau tricolore »

                 

                Ça, c’est la réponse officielle ; Dans la réalité, le Comte de Chambord ne se sentait pas légitime pour cette raison :

                MAXIMIN GIRAUD, le Berger de la Salette avait reçu ordre de la Sainte Vierge de révéler la Survivance de Louis XVII et de sa descendance au Comte de Chambord. Il se rendit donc à Frohsdorf.

                A ce moment, le secrétaire du Prince était le Comte de Vanssay qui a rédigé pour sa famille — dont je

                tiens la copie du document — le compte rendu de l’entretien :

                «  Je vis que le Comte de Chambord était ému et parla longuement et avec beaucoup de bonté au jeune voyant. Quand Maximin quitta la pièce, tout ému, le Prince se tourna vers moi : "Maintenant j’ai la certitude que mon cousin Louis XVII existe. Je ne monterai donc pas sur le trône de France. Mais

                Dieu veut que nous gardions le secret. C’est Lui seul qui se réserve de rétablir la royauté". »

                Et le Comte de Vanssay ajoute pour ses neveux et petits-neveux :

                «  Surtout qu’ils gardent l’espérance qu’un jour Dieu ramènera sur le Trône de France le descendant du Lys à la tête coupée et que notre chère Patrie redevenue la Fille aînée de l’Église retrouvera sa grandeur et sa gloire. »

                https://la-nouvelle-france.fr/un-roi-en-france-aujourdhui-partie-2-sur-3/


              • zygzornifle zygzornifle 7 septembre 09:17

                Il fait le job non ?

                Affaiblir la république pour qu’elle soit engloutie par l’Europe , c’est pour cela qu’il a été élu ....

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