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Accueil du site > Tribune Libre > 1870-71 : une Guerre oubliée

1870-71 : une Guerre oubliée 

La guerre de 1870-71 marque : la disparition de la monarchie - le rétablissement de la République - la naissance de l'Empire allemand - la perte des provinces d'Alsace et Lorraine - l’avènement de la Commune et du mouvement ouvrier - le ressentiment français à l'égard des Casques à pointe. Si ce conflit s'est estompé dans la mémoire nationale cela tient au temps écoulé, plus de 150 ans, aux nombreux de nos contemporains qui n'avaient pas encore d'attache avec la France (la population était de 36 millions), l'invasion fut épargnée aux départements situés au sud de la Loire, la disparition de ce conflit des cours d'histoire jusqu'à une date récente, la volonté de l'axe franco-allemand de vouloir « tourner la page », par contre, Boule de Suif et Saint Antoine de Guy de Maupassant figurent au programme des collèges ou lycées...

Le 2 juillet 1870, le général Prim, chef du gouvernement espagnol a fait convoquer le représentant de l'ambassade de France à Madrid. Le choix espagnol pour succéder à la reine Isabelle II renversée le 26 septembre 1868 se porte sur Léopol de Hohenzollern-Sigmaringen et non sur un prince Bourbon ou un Orléans ! Le Ministre Gramont fulmine : « Si la candidature Hohenzollern n'est pas retirée immédiatement, eh bien, c'est la guerre, la guerre tout de suite. Dans quelques jours nous sommes sur le Rhin ». Le 9, notre ambassadeur auprès de la Prusse est reçu par Guillaume Ier. Le 12, l'ambassadeur d'Espagne informe le Ministre des Affaires étrangères du renoncement de Hohenzollern-Sigmaringen ! Des députés exigent des garanties pour que cette candidature ne soit jamais réintroduite. La presse parle d'humiliation, d'abdication et l'honneur national. Pour Guillaume Ier l'affaire est close.

Le 13 juillet des manifestants défilent dans Paris : « A Berlin ! Vive la guerre ! » Le 14, la foule brise les vitres de l'ambassade de Prusse, Louis Pasteur renvoie son titre de Docteur Honoris Causa décerné par l'université de Bonn en 1868. La France est isolée et sans allié, ces dernières années ont laissé des traces : Rome 1867 - Mexique et Pologne 1863 - Liban et Chine 1860 - Italie 1859 - Crimée 1854. La France va plonger la tête la première dans le piège « bismarkien » qui a souvenir de sa défaite de 1806. Après la victoire d'Austerlitz, Napoléon s'était emparé du royaume de Naples, de la République Batave transformée en royaume de Hollande, et rétablit la Confédération du Rhin. La Prusse et l'Autriche alliées contre la Confédération furent défaites à Iéna (Traité de Tilsit) et à Auerstedt, les Russes à Friedland. L'Empire français incluait alors le grand-duché de Varsovie et la Westphalie. Son mariage avec Marie-Louise, fille de l'Empereur d'Autriche, entraîne l'annexion de Brême, Lübeck, une grande partie de l'Allemagne du Nord et du royaume de Hollande. L'ambition hégémonique et le népotisme de l'« ogre corse » prirent fin à Waterloo.

Le 15 juillet 1870 le gouvernement déclare la guerre à la Prusse, la population est en liesse. L'armée française est constituée de volontaires et de conscrits tirés au sort, les autres sont versés dans la réserve et la Garde mobile. Si nos forces militaires s'élèvent à plus d'un million d'hommes, seulement un quart est disponible lors de l'entrée en guerre, l'adversaire en aligne deux fois plus ! Le 4 août, les Prussiens, mieux équipés, instruits, encadrés et entraînés, passent à l'offensive. Un mois après la déclaration de guerre la France n'a pas toujours pas donné l'ordre de fabriquer armes et munitions, des troupes sont en guenilles et les militaires n'ont pas de carte !

Le 6 août quatre régiments de cuirassiers chargent à travers les houblonnières dans la région de Reichshoffen, le renseignement a failli ! Les haies soutenues par des perches sont sillonnées de fils de fer et les chevaux s'y empêtrent, les cuirassiers désarçonnés sont abattus par des tireurs dissimulés derrière les piquets. Les charges à la caracole durent une heure permettant de sauver une partie de l'armée. Paris décrète l'état de siège. Le 10, le général Cousin-Montauban rappelle les hommes âgés de 25 à 35 ans et organise Paris en camp retranché. L'armée du maréchal de Mac-Mahon se replie sur Chalon-sur-Marne, celle du général Frossard quitte la Sarre, l'armée de Bazaine qui n'a pas été engagée marche sur Metz.

L'état-major de Moltke avait terminé, en 1869, un plan d'attaque en prévision d'un conflit avec la France, attaque lancée à partir de voies de chemins de fer. Le 12 août les uhlans font leur entrée à Nancy. Le maréchal Bazaine promu commandant en chef des Armées est à la tête des : 2° corps (général Frossart) - 3° (maréchal Leboeuf) - 4° (général Ladmirault) - 6° (maréchal Canrobert) - de la Garde Impériale (général Bourbaki). Napoléon III lui a prescrit « de franchir la Moselle pour se replier dans les plaines de Champagne ». Une crue soudaine annule l'opération. Le 14 l'armée de Bazaine se dirige vers Strasbourg. Un combat de rencontre s'engage avec des régiments prussiens. Les Français progressent en ligne avec un Chassepot, les Prussiens en essaims et marchent « au son du canon ». Lorsqu'ils entendent une canonnade, ils se portent sur les flancs des troupes françaises afin de les morceler. Le 15 Bazaine demande une journée de répit à l'Empereur qui n'en comprend pas trop la raison... La troupe retraite ! Les hommes s'estiment privés de leur victoire.

Le 23 août une pluie d'obus s'écrasent sur Strasbourg y faisant 4.000 victimes. La bataille pour Sedan s'engage. Le 1 septembre un corps d'armée bavarois attaque Bazeille défendue par les Marsouins qui luttent pied à pied, maison par maison. Quand les munitions viennent à manquer, les hommes chargent à la baïonnette  ! Les Prussiens incendient le village et fusillent 43 habitants (des sources chiffrent à 200 civils) accusés d'avoir aidé nos soldats. La division bleue a perdu 2.655 hommes dont 35 officiers, le quart de son effectif (les Bavarois 4.500 morts). Le tableau les Dernières cartouches peint par Alphonse de Neuville en 1873 immortalise ce combat héroïque.

Napoléon III est encerclé à Sedan. Les Allemands ont la supériorité du nombre, de la position (Sedan est une cuvette), un meilleur commandement, un armement moderne et une meilleure tactique (Auftragstaktik) éprouvée lors de la guerre austro-prusienne (1866). L'artillerie prussienne (pièces de 12 et 24) à chargement par la culasse tire des projectiles éclatant à l'impact, les Français tirent des boulets (canons de 4 et 12) ou boîte à grenaille. L'Empereur se résigne à hisser le drapeau blanc : « Pourquoi ? je ferai tuer 20.000, 30.000 hommes de plus. Je n'en ai pas le droit ». La journée a coûté 15.000 tués ou blessés et 20.000 prisonniers. L'acte de capitulation est signé le 2 septembre : 75.000 militaires sont faits prisonniers - 400 canons et des tonnes de munitions sont abandonnés sans avoir été détruits - 12.000 chevaux laissés à l'ennemi !

C'est la consternation, le 4 septembre la foule s'amasse autour du Palais Bourbon avant de se diriger vers l'Hôtel de Ville. Jules Ferry réclame : « Le pouvoir aux députés de Paris », un gouvernement de la Défense nationale est proclamé. « La France se dispose à vaincre ou à mourir ». L'impératrice quitte les Tuileries pour aller se réfugier en Angleterre. Léon Gambetta décide de renvoyer tous les fonctionnaires et les maires non républicains. Il assimile Paris, la ville, à la Nation (Vichy commettra la même erreur) ! Les Prussiens, les Bavarois et les Saxons (500.000 hommes) se rapprochent de la capitale. Le corps d'armée du général Vinoy (35.000 hommes) qui a échappé à la nasse de Sedan se porte sur Paris. Le 5, le ministère de l’Intérieur adresse un télégramme aux préfets : « Une République de combat à outrance contre l'envahisseur ».

Le 17 septembre Paris est cerné par 200.000 Prussiens, les trains ne peuvent ni partir ni arriver et les routes sont sous le contrôle de l'ennemi. Le général Trochu dispose de 400.000 hommes pour défendre la capitale, mais seulement de 60.000 militaires intruits. La Garde mobile ou nationale mal encadrée (elle élit ses officiers) est confiée aux mairies... Le roi Guillaume écrit : « Je sais combien Paris possède de vivres. J'attends qu'elle capitule devant la faim, puisque je n'ai rien à craindre d'une colonne de secours ». Jules Favre quitte Paris le 18 pour aller s'entretenir avec le chancelier Bismark. Ce dernier exige l'Alsace, la place de Metz, la reddition de Strasbourg et le fort du Mont Valérien en contre partie d'un armistice ! La réponse française est placardée sur les murs de Paris : « Pas une pierre de nos forteresses, pas un pouce de notre territoire ».

Le Siècle du 25 septembre publie : « Français prenez des faux, prenez des haches, prenez des bâtons. Venez en masse innombrables, harceler l'armée ennemie. Arrêtez ses convois, coupez ses lignes de communication, détruisez ses approvisionnements ». Le gouvernement incite à la levée de Corps-francs. Les Francs Tireurs pris l'arme à la main sont fusillés et les villages accusés de les aider doivent payer des amendes très élevées, en cas d'attentat le village est brûlé. Le gouvernement ordonne la mobilisation des jeunes gens jusqu'à l'âge de 25 ans. Le 30, les hommes âgés de 25 à 40 ans sont affectés à la Garde nationale. Les effectifs vont atteindre 600.000 hommes : « On les rassemblait, on leur donnait des fusils de calibres et mécanisme différents, on leur mettait un havresac, et puis en avant marche ». Certains ne savaient pas charger leur fusil !

Au mois d'Octobre, Paris est isolé du reste du pays. Le 7 Gambetta quitte Paris en aérostat et arrive à Tours le 9 ; la liaison des dépêches est établie par pigeons voyageurs et flotteurs jetés dans la seine. Le 18, la bataille de Châteaudun est l'Oradour-sur-Glane de la guerre de 1870. La capitulation est signée au château de Frascaty le 27 octobre. La population parisienne qui vient d'apprendre la reddition de Metz après un siège qui a duré du 20 août au 28 octobre, se regroupe devant l'Hôtel de Ville. Sur les pancartes : « Pas d'armistice ! Levée en masse ! A bas les traitres ! La guerre à outrance ! Résistance à tout prix ! ». Le 117° bataillon disperse la foule et libère les ministres.

Le 3 novembre les Prussiens assiègent Belfort, confrontés à la résistance de la ville leur artillerie tonne le 3 décembre, les obus vont s'abattre sur Belfort pendant soixante-treize jours ! La capitale est livrée à elle-même. Le 28 les journaux parisiens font mention d'actes de pillage par la soldatesque, d'insubordination, d'agitation politique, de filles de joie se louant aux Français et aux Prussiens (les MST vont se répandre). Les vivres commencent à manquer, les mois de novembre, décembre et janvier sont plus froids que jamais. On abat des arbres et on scie les bancs pour se chauffer.

Début janvier 1871 Paris est bombardé pendant plusieurs jours. Le 18 les États allemands s'unissent et proclament l'Empire allemand dans la grande Galerie des Glaces au château de Versailles ! Le lendemain nos troupes s'élancent vers Buzenval et enlèvent les premières positions ennemies, les Prussiens reçoivent des renforts et l'appui de l'artillerie, le sort bascule. La sortie a coûté 1.300 morts et 2,800 blessés français. La mairie de Belleville est pillée aux cris de « Vive la Commune », l'armée tire faisant une vingtaine de morts.

L'accord du 28 janvier 1871 prévoit un armistice de vingt et un jours. Le Lion de Belfort n'a que faire de l'armistice et continue à se battre ! Le 13 février 1871 un émissaire est dépêché pour exiger le respect du cessez le feu, Denfert-Rochereau s'incline. Le 23 Bismarck exige une entrée triomphale dans Paris - l'« Alsace et un tiers de la Lorraine » - six milliards de francs-or. Belfort et Metz restent les seules villes françaises. Napoléon III est déchu et déclaré : « responsable de la ruine, de l'invasion, du démembrement de la France ». Le général Changarnier dira : « Aujourd'hui nous payons les crimes de Napoléon Bonaparte » Le 1 mars trente mille Prussiens entrent dans Paris, tous les commerces ont baissé leur rideau et les volets des appartements sont clos. Le siège a duré 132 jours, bronchites, typhoïdes et dysenteries ont fait plus de victimes que les combats, 19.233 morts pour le seul mois de janvier ! Les Prussiens quittent Paris le 3 mars ; la cité de Bitche résiste toujours, les troupes ne quittèrent la ville, qu'avec toutes leurs armes, le 24 mars 1871 !

Les pertes générales françaises, selon Chenu, sont de : 138.871 morts en France - 18.065 morts en captivité - 143.066 blessés au feu - 11.421 plaies de marche - 328.000 maladies (pneumopathies 40 %, dysenterie 36 %, typhoïde 8 %, variole 8 %). La mortalité opératoire dans l'armée française était de 83,6 % (43,6 % chez les Prussiens). Les politiques et généraux jusqu’aux-boutistes, l'impréparation, l'inorganisation des armées et la vétusté de l'armement portent une lourde responsabilité dans la défaite. Léon Gambetta préféra se réfugier en Espagne quelque temps. A l'ouverture de son cercueil, le 2 avril 1909, la dépouille est sans tête...

Si un jour on est plus rien pour personne, cinq générations ne sont rien au regard de l'histoire nationale. Les premiers monuments aux morts érigés dans nos communes le furent en hommage aux combattants de la guerre de 1870-71. Ce fut parfois le seul lieu de recueil des familles de disparus, la plaque d'identité n'existait pas dans les armées françaises ! Quand le chirurgien Velpeau parlait de « chairs françaises à canon » ce n'était pas qu'une image métaphorique.

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30 réactions à cet article    


  • Docteur Faustroll Séraphin Lampion 21 avril 17:29

    La guerre de 70 est indissociable de la boucherie de la Commune par Thiers et son copain Bismarck associés. 

    Plutôt que le « rétablissement de la république » (qui n’avait connu que des existences très éphémères entre empires et restaurations, il s’agit de l’installation définitive de la grande bourgeoisie transnationale aux commandes, toujours prête à guerroyer pour consolider ses bassins industriels (Ruhr, Lorraine, Alsace...) et faire massacrer encore une fois ses enfants pour contrôler production et marchés. L’histoire dues 19ème et 20ème siècles se résument à ça.

    Si la guerre de 70 est passée sous silence, c’est d’abord parce qu’il s’agit d’une défaite pour la France (mais pas pour ses industriels), mais aussi parce que la fable de la « patrie » n’avait pas encore prévalu et qu’il n’existe pas de monuments aux morts pour cette boucherie-là, si ce n’est le mur des fédérés au cimetière du père Lachaise.


    • titi 21 avril 19:17

      @Séraphin Lampion
      «  qu’il n’existe pas de monuments aux morts pour cette boucherie-là »
      La « mode » des monument aux morts date des années 1920.

      Il n’empêche que la liste des morts de 1870, elle est dressée dans la plupart des Eglise de l’Est pour chaque paroisse.
      Certaines communes ont reporté les noms quand, justement, elles ont érigé leur monument aux morts.


    • Opposition contrôlée Opposition contrôlée 21 avril 20:12

      @titi
      La boucherie dont parle Séraphin est la répression de la Commune par les versaillais.


    • titi 21 avril 20:36

      @Opposition contrôlée

      Alors il a vraiment mal tourné sa phrase. 


    • Opposition contrôlée Opposition contrôlée 21 avril 20:39

      @titi

      si ce n’est le mur des fédérés au cimetière du père Lachaise

      C’est assez explicite.


    • titi 21 avril 20:58

      @Opposition contrôlée

      « Si la guerre de 70 est passée sous silence, c’est d’abord parce qu’il s’agit d’une défaite pour la France (mais pas pour ses industriels), mais aussi parce que la fable de la « patrie » n’avait pas encore prévalu et qu’il n’existe pas de monuments aux morts pour cette boucherie-là, si ce n’est le mur des fédérés au cimetière du père Lachaise. »

      Désolé mais le sujet c’est « la guerre de 1870 ».


    • @titi

      Trop difficile de comprendre que la bougeoisie au pouvoir et l’armée qui la soutenait étaient bien plus inquiets des mouvements pré-communistes que de se faire défoncer par les boches ?


    • titi 21 avril 22:27

      @Philippe Huysmans, Complotologue

      Vous imagez complètement ce que je dis plus loin.

      La mémoire de cette guerre a été confisquée par ceux qui ne veulent parler que de la Commune.

      La Commune n’est qu’un phénomène parisiano-parisien, même s’il y a pu y avoir d’autres mouvements dans d’autres grandes villes.
      La campagne française, elle, elle veut se défendre contre le boche.
      C’est la campagne française qui subit le passage des armées.
      C’est sur la campagne française que vit la soldatesque.
      Elle n’en à rien à fouter de la Commune, rien à foutre de cette n-ième révolte. Pas plus qu’en 1848, en 1830, en 1789, etc....

      D’ailleurs il suffit de voir avec quelle facilité le vote de l’assemblée a entériné la perte de l’Alsace Lorraine.
      Tout ce qui intéressaient les dirigeants français c’était devenir calife à la place du calife. Rien à foutre de la terre de France.


    • Emin Bernar Emin Bernar 21 avril 17:32

      merci pour votre article sur cette sombre guerre et ce qui en est sorti ! bien utile à la veille des cérémonies sur Napoléon et sa famille !


      • rogal 21 avril 19:14

        @Emin Bernar
        En effet.
        L’oncle, admirable à bien des égards, a laissé définitivement la suprématie à l’Angleterre sur mer et le neveu l’a laissée à l’Allemagne sur terre.


      • titi 21 avril 19:47

        @rogal

        « a laissé définitivement la suprématie à l’Angleterre sur mer »

        N’importe quoi.
        La suprématie de l’Angleterre sur mer elle est actée depuis au moins la fin de la guerre de 7ans (1763), voire on peut la faire remonter à la bataille de La Hougue en 1692. (https://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_la_Hougue)

        Jamais la France n’a été en mesure de contester la suprématie des mers après ces dates.
        D’ailleurs il y a un fait révélateur : la France utilise massivement les corsaires pendant tout le 18ème. 

        « et le neveu l’a laissée à l’Allemagne sur terre.  »
        Il y a eu un fait qui a du vous échapper c’est le Congrès de Vienne en 1815.
        4 grandes puissances qui musèlent la France : Angleterre, Autriche, Russie et la Prusse. 

        Napoléon III s’est allié avec la première.
        Napoléon III a mené des guerres victorieuses contre les deux suivantes.

        Il manquait la dernière...


      • Rémi Mondine 22 avril 13:12

        @titi
        Amusant. 
        Jamais la France n’a été en mesure de contester la suprématie des mers après ces dates.

        La marine de Louis XVI n’a jamais existé. D’ailleur la bataille de la baie de Cheasapeake non plus.
        https://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_la_baie_de_Chesapeake 
        Révisez SVP. 


      • titi 22 avril 13:47

        @Rémi Mondine

        Une hirondelle de ne fait pas le printemps.

        Il y a aussi eu des victoires maritimes sous Napoléon 1er.

        Il n’en reste pas moins que la maîtrise des mers était britannique.


      • Fergus Fergus 21 avril 17:56

        Bonjour, Gérard

        Excellent résumé ! Le fait est que cette guerre est bien oubliée, et l’anniversaire des 150 ans n’a qu’imparfaitement remis en lumière les évènements et le courage des hommes. Merci à vous.

        « Le 7 Gambetta quitte Paris en aérostat et arriv à Tours le 9 ; la liaison des dépêches est établie par pigeons voyageurs et flotteurs jetés dans la seine. »

        A toutes fins utiles, j’ai publié il y a quelques mois deux articles en rapport avec les faits que vous évoquez :

        Septembre 1870 : les « papillons de Metz » et les « ballons montés » marquent la naissance de la poste aérienne

        Il y a 150 ans : le prodigieux voyage du « Ville d’Orléans »


        • Gasty Gasty 21 avril 17:58

          Merci pour cette page d’histoire.


          • Opposition contrôlée Opposition contrôlée 21 avril 18:20

            Un régurgité d’Histoire officielle qui garanti que vous ne comprendrez rien aux enjeux, essentiellement sociaux, de l’époque. Même la trahison de Bazaine n’est pas citée... 

            https://www.youtube.com/watch?v=5NrDXZ78oCU


            • Rémi Mondine 22 avril 13:24

              @Opposition contrôlée
              Merci effectivement c’est de l’histoire officielle. Bazaine aurait du briser l’encerclement.
              La garde nationale aurait du être utilisée ses officiers supérieurs nommés l’oint refusé.
              Buzenval fut une tentative unique sur un front étroit où le commandement refusa d’étendre l’offensive. Pourtant la garde nationnale avait bien combattu.
              Nous avons largement manqué notre chance car nombre de chefs ont préférés abattre la république sociale pour faire une république Thieriste. 
              Mais de ca l’auteur a préféré ne pas parler.


            • pierrot pierrot 21 avril 18:27

              Les guerres sont très souvent dues à des stupidités mais celle de 1870-71 l’ai encore plus que d’autres.

              L’origine de la guerre résulte de la tension franco-prussienne concernant la candidature du prince Léopold de Hohenzollern, cousin du roi de Prusse, au trole d’Espagne.

              L’élément déclencheur fut la « dépêche d’Ems » imbroglio diplomatique entre l’ambassadeur de France et le roi de Prusse et à de mauvaises traductions de l’allemand qui ont excité des revanchards des deux cotés. Cela servit de prétexte à Bismarck pour déclencher la guerre.

              La France de Napoléon III est beaucoup plus mal préparée que celle des Prussiens et de leurs alliés, mobilisation faible, inorganisation, commandement militaire incompétent ne connaissant que les guerres coloniales...«  il ne manque pas un bouton de guêtre » disent ils !.

              L’empereur est vaincu et encerclé à Sedan, capitule.

              L’armistice est signé le 26 janvier 1871 puis le traité de Francfort-sur-Main aboutit à la perte de l’Alsace , de la Moselle et l’occupation d’un tiers du territoire national ainsi que des lourdes indemnités.

              Le peuple de Paris refuse d’abandonner Paris sans combattre (comme de Gaulle) et Paris sera assiégé, affamé sans nourriture ni charbon.

              Cela aboutira la Commune de Paris du 18 mars au 27 mai 1871 qui se terminera pas d’affreux massacres dans le cimetière du Père Lachaise.

              Ensuite l’esprit revanchard générera, pour partie, la guerre de 1914-1918.


              • titi 21 avril 19:26

                @pierrot

                « armistice est signé le 26 janvier 1871 puis le traité de Francfort-sur-Main abouti »
                Et l’armistice « oublie » les départements de l’Est concernant l’application du cessez le feu.
                Ce qui conduit le général Bourbaki, qui est pourtant un des rares généraux Français victorieux de cette guerre à battre en retraite et à passer en Suisse.

                Ce sont deux évènements oubliés :
                La République laisse dans la merde un des rares généraux victorieux de cette guerre : il est notoirement bonapartiste... ceci explique peut être cela.

                La solidarité de la Suisse qui a accueilli l’armée de l’Est en déroute. Qui nous aidera encore en 1940 dans les mêmes circonstances.


              • Legestr glaz Legestr glaz 21 avril 19:52

                @pierrot

                Je lis sous votre plume : « 

                 » Les guerres sont très souvent dues à des stupidités mais celle de 1870-71 l’ai encore plus que d’autres.

                L’origine de la guerre résulte de la tension franco-prussienne concernant la candidature du prince Léopold de Hohenzollern, cousin du roi de Prusse, au trole d’Espagne.« 

                 Voici donc votre version de l’image d’Epinal des guerres pour les enfants. Les guerres sont toujours des guerres »d’appropriation« des guerres »économiques« , des guerres de pouvoir et donc des guerres d’argent.


                Une bonne guerre pour relancer l’économie, quoi de mieux ? La guerre de 14-18 et la guerre de 39-45, par exemple, sont des guerres de relance économique. Il suffit de lire les excellents livres de l’historien Antony Sutton »wall street et la Révolution bolchévique« et » wall street et l’ascension de Hitler« pour comprendre pourquoi les politiques prennent la décision d’entrer en guerre pour d’ignobles raisons économiques, pour satisfaire les »élites financières et industrielles« . 

                L’entrée en guerre des USA en 1917 est une opération de manipulation à l’échelle d’un pays.


                La guerre ne peut pas être dissociée de l’économie !


                Le »nous sommes en guerre« de notre Président Macron s’adressait à ses donneurs d’ordre, ceux qui l’ont placé en situation présidentielle. Le virus SARS-COV2 est une opportunité pour une relance économique lors d’une »guerre sanitaire« . 

                Klauss Schwab l’a bien souligné : »ce virus est une véritable fenêtre d’opportunité". Et, lorsque les opportunités mettent du temps à se présenter, il est toujours possible de favoriser leur survenue !


                Comme en 1917 aux USA, le SARS-COV2 est une manoeuvre de manipulation de l’opinion, par la peur et la contrainte, pour favoriser l’émergence de la 4ème Révolution industrielle nécessaire à la relance de l’économie mondiale. 





              • Rémi Mondine 22 avril 13:26

                @pierrot
                Vous vous lisez ?
                Cela aboutira la Commune de Paris du 18 mars au 27 mai 1871

                Lors de la commune l’armistice était signé. ce fut un choix délibéré du gouvernement francais de détruire une partie du peuple. 
                On peu réecrire l’histoire, mais à ce point c’est criminel.


              • Christian 23 avril 07:39

                @titi
                L’internement des « Bourbakis » est un fait bien connu en Suisse, il existe d’ailleurs à ce sujet une grande fresque montrant cette troupe, à Lucerne :
                https://www.bourbakipanorama.ch/

                Ce qui l’est moins c’est que cette armée avait remporté un victoire sur les Allemands ainsi que vous le dévoilez...
                Beaucoup de ces internés sont restés en Suisse, d’ailleurs l’arrière grand-père d’un ami d’enfance était l’un d’eux.

                Et en effet ce scénario se répéta en été 40 avec l’internement de l’armée du général Daille prise en étau par Guderian. Il y avait quelque 20 000 Polonais qui restèrent internés en Suisse durant toute la guerre tandis que les Français purent rentrer chez eux....
                http://memoire.denosperes.free.fr/InternementEnSuisse.php


              • Florian LeBaroudeur Florian LeBaroudeur 21 avril 18:33

                Cette défaite oubliée est pourtant la plus grande catastrophe de l’histoire de France.

                Elle remet sur les rails une puissance Germanique après des siècles de morcellement, anéantissant 1000 ans d’effort pour contenir cette menace potentielle sur le continent.

                La domination Anglaise sur les 7 mers était encore supportable tant que la France était encore la puissance qui compte sur les terres d’Europe. 

                Mais avec les 2 guerres meurtrières qui ont suivie et malgré le sursis de la guerre froide ou la France a bénéficié de la partition de l’Allemagne entre les 2 blocs, on peut constater aujourd’hui avec la mainmise de l’Allemagne sur une construction européenne qui la favorise, à quel point les mauvais calculs de Louis-Bonaparte furent désastreux.     


                • titi 21 avril 19:11

                  @Florian LeBaroudeur

                  « Elle remet sur les rails une puissance Germanique après des siècles de morcellement, »
                  C’est faux.
                  La menace germanique jusqu’en 1859, ce n’est pas l’Allemagne, c’est l’Autriche. C’est bien lui qui met fin à cette menace multi séculaire.

                  C’est également lui qui, par sa diplomatie, rend caduque le traité de Vienne.

                  « les mauvais calculs de Louis-Bonaparte furent désastreux.    »
                  Ce ne sont pas les calculs qui ont été mauvais.
                  Mais la manière de les exécutés.
                  Tôt ou tard le conflit aurait éclaté, car la France lorgnait les territoires de la rive gauche du Rhin (et ce jusqu’en 1957 https://fr.wikipedia.org/wiki/Sarre_(protectorat))

                  Le conflit n’aurait pas non plus eu les mêmes conséquences si la République n’avait pas voulu continuer la guerre après l’abdication en espérant pouvoir rééditer un nouveau Valmy.

                  La France perd l’Alsace et la Moselle. Mais elle avait gagné la Savoie et le Comté de Nice 10 ans plus tôt.

                  Le bilan du règne de Napoléon III doit donc être apprécié pas seulement du point de vue de Victor Hugo.


                • Florian LeBaroudeur Florian LeBaroudeur 21 avril 20:30

                  @titi

                  L’Autriche du XIXème siècle n’était pas une menace direct pour la France contrairement au Saint Empire Romain Germanique qui s’était allié à l’Angleterre en 1214 pour se partager le domaine Royal de France et à la maison des Habsbourg qui avait encercler la France au XVIème siècle grâce à l’extension de ses possessions par le mariage.

                  Les 800 ans de la miraculeuse victoire de bouvines qui a permis la survie de la France tel qu’on la connait aujourd’hui n’ont d’ailleurs pas été célébré à la hauteur de son importance. Allez savoir pourquoi... 


                • titi 21 avril 20:03

                  @L’auteur

                  Les causes de la défaite de 1871, sont les mêmes que celles de 1940.

                  Les Français sont trop occupés à faire de la politique pour se défendre contre l’envahisseur.

                  Bazaine ne sort pas de Metz, parce qu’il ne veut pas sauver

                  la Gueuse.

                  Aurelle de Paladines, lui a été victorieux dans le Loiret, plutôt que de marcher sur Paris pour la libérer, il se retranche dans Orléans. Il est royaliste. Lui non plus ne veut pas sauver la Gueuse.

                  Il y a aussi l’armée de Bourbaki. Certains soldats sans chaussures, et sans tenue pour affronter l’hiver, en guenille, elle a battu les Allemands dans une manœuvre stratégique plutôt osée qui était à deux doigts de réussir.

                  Une fois arrivée à proximité de Belfort, Denfert Rochereau n’est pas sorti à sa rencontre. Bah oui, Bourbaki était bonapartiste : la Gueuse ne voulait pas d’un bonapartiste victorieux.

                  Même Garibaldi à Dijon était là par calcul idéologique.


                  • titi 21 avril 20:15

                    @L’auteut

                    Et si cette guerre est oubliée, c’est parce que certains ont confisqué sa mémoire pour la remplacer par celle de la Commune.

                    Or dans l’histoire française, la Commune ce n’est qu’une n-ième révolution comme il y’en a eu bien d’autres depuis Etienne Marcel.


                    • Ecureuil66 22 avril 14:11

                      merci à l’auteur pour cet article....

                      Le 13 juillet des manifestants défilent dans Paris : « A Berlin ! Vive la guerre ! » je suis toujours sidéré par cette hystérie de la population qui ne comprend pas que ça sera elle la première victime , que d’autres tireront les marrons du feu, et c’est le même comportement stupide qui se perpétue ....

                      pauvre humains que nous sommes !


                      •  C BARRATIER C BARRATIER 22 avril 16:38

                        Bon article

                        Il a fallu la guerre (encore) de 1914/1918 pour libérer l’Alsace et la Moselle. Avec les Allemands d’Hitler, nous avions carrément perdu la France. La reconquête doit beaucoup à nos alliés et à nos résistants.

                        En 1939, nous avons connu le pire,l’incompétence de Gamelin, et la trahison de ceux qui étaient heureux de se défaire du Front populaire.

                        Voir en table alphabétique des news :

                        Résister, héritage ardechois

                        http://chessy2008.free.fr/news/news.php?id=305


                        • titi 24 avril 09:57

                          @C BARRATIER

                          « La reconquête doit beaucoup à nos alliés et à nos résistants. »

                          Sauf que vous en oubliez.
                          A partir de fin 42 l’existence opérationnelle de la France, c’est avant tout l’armée d’Afrique qui deviendra la 1ère armée.

                          La réalité des actions militaires, est inversement proportionnelle à ce qui est retranscrit dans le « roman national ».
                          Question à se poser, c’est qui rédige ce roman ?

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