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Accueil du site > Tribune Libre > 1887-2007 : Une histoire très belle

1887-2007 : Une histoire très belle

L’année 2007 marque deux anniversaires liés à la réalisation d’une idée sur laquelle se sont penchés des philosophes, des humanistes, des hommes de pensée et de science tels que Descartes, Leibniz, Vivès, Comenius, Wilkins, Condorcet, Ampère, et même, bien plus tôt, le médecin romain Claudius Galenus.

Tout a commencé voici 120 ans, le 26 juillet 1887, lorsqu’une brochure de 40 pages en langue russe fut publiée à Varsovie sous le titre “Langue internationale” et sous le pseudonyme “Doktoro Esperanto“. Les éditions en français, allemand et polonais parurent la même année. Voici 90 ans que disparaissait le Dr Zamenhof, l’initiateur de Langue internationale qui allait se populariser sous le pseudonyme qu’il avait adopté.

Ce premier manuel n’a qu’une quarantaine de pages et c’est bien en cela qu’apparaît le génie de Zamenhof : une langue ne peut être ni l’oeuvre d’un seul homme ni même celle d’un comité de scientifiques. Une partie de ce manuel est consacrée à la grammaire dont les 16 règles de base sont sans exceptions. On y trouve aussi des exercices, des traductions et des poèmes ainsi qu’une liste de 947 éléments (radicaux, préfixes et suffixes). Cette pauvreté apparente du vocabulaire, issu de langues existantes, est compensée par la structure agglutinante de la langue qui permet déjà, à cette époque, la formation de milliers de mots. Il s’agit d’une structure qui apparente l’espéranto aux langues dites agglutinantes, telles que le japonais, le hongrois, le finnois, le turc, etc. Dans l’espéranto, nous trouvons aussi des aspects linguistiques qui l’apparentent aux langues dites isolantes telles que le chinois, c’est-à-dire l’invariabilité de chaque élément. Cette structure présente l’intérêt d’éviter le recours fréquent au dictionnaire et de rendre la langue la plus aisée à apprendre pour quelque peuple que ce soit. Ce sont ces caractéristiques qui ont amené le Pr Umberto Eco à prendre la défense de l’espéranto lors d’une émission télévisée sur Paris Première lorsque le journaliste Paul Amar, le 27 février 1996, avait fait allusion à un échec de l’espéranto. Umberto Eco répondit alors que l’on ne pouvait pas parler d’échec, et il précisa : “du point de vue linguistique cette langue suit vraiment des critères d’économie et d’efficacité qui sont admirables.

La langue s’est enrichie par la suite de manière tout à fait naturelle. Nous pouvons aujourd’hui comparer les 947 radicaux de la feuille du lexique du premier manuel avec les 16 780 entrées du dictionnaire illustré et complet d’espéranto, le “Plena Ilustrita Vortaro de Esperanto” éditée par SAT. dont le congrès annuel se tiendra du 21 au 27 juillet à Antony, près de Paris. Sorte de Forum social mondial avant la lettre, cette organisation indépendante d’esprit, à caractère socio-culturel et à vocation émancipatrice, avait adopté l’espéranto comme langue de travail dès sa fondation, à Prague, en 1921.

Par ses aspects linguistiques autant que par l’esprit qui l’anime, l’espéranto introduit le principe d’équité dans la communication. Aujourd’hui, il est souvent question de commerce équitable, de relations plus équitables, mais ceux qui avancent le mot équitable, comme d’autres ont avancé ceux d’écologie et d’environnement, voici quelques décennies, semblent oublier que l’équité, ça commence au bout de la langue, ça commence par la langue. Il ne peut y avoir d’équité ni même de démocratie, là où l’un des interlocuteurs est contraint de s’exprimer dans une langue qui n’est pas la sienne, une langue pour laquelle il a été contraint de consacrer beaucoup d’efforts, de temps et d’argent, une langue dont, malgré cela, il ne connaît pas toutes les subtilités, tous les pièges. Ainsi, dans les assemblées ou les conférences dont l’anglais est l’unique langue de travail, il apparaît que les natifs anglophones interviennent plus fréquemment et plus longuement que les non-natifs, ce qui leur permet d’imposer leur façon de voir les choses et leurs choix. Zamenhof avait donc décelé, dès sa jeunesse, ce dont la plupart des intellectuels et des hommes politiques n’ont pas encore conscience aujourd’hui.

Le champ d’application de la langue est déjà très vaste. Il dépasse de très loin l’objectif minimum ainsi défini que le Dr Zamenhof s’était fixé dans le premier manuel : “Que chaque personne ayant appris la langue puisse l’utiliser pour communiquer avec des personnes d’autres nations, que cette langue soit ou non adoptée dans le monde entier, qu’elle ait ou non beaucoup d’usagers”.

Du fait qu’il rend le bilinguisme accessible à tous dès l’enseignement primaire, l’espéranto représente un double défi : se libérer des méfaits de Babel en sauvegardant ses richesses, et faire en sorte que les principes de liberté, d’égalité et de fraternité, s’appliquent aussi dans la communication linguistique.

Une interrogation assez fréquente par rapport à l’espéranto concerne sa situation encore marginale après plus d’un siècle d’histoire dont la richesse reste insoupçonnée non seulement pour le grand public, mais aussi pour bon nombre d’intellectuels. Professeur au Collège de France, Umberto Eco a très bien compris que les raisons qui ont entravé sa progression ne sont pas d’ordre linguistique mais bel et bien d’ordre politique comme pourraient l’être celles qui favoriseront son émergence : “Il pourrait s’avérer que demain” - a-t-il dit en 1993, lors d’un entretien accordé au Figaro.-, dans une Europe unie, chaque pays refusant que la langue véhiculaire soit celle de l’autre, on arrive à accepter l’idée d’une langue véhiculaire artificielle“.

L’étude de l’espéranto, dans le but de préparer un cours au Collège de France, a amené Umberto Eco à reconnaître les mérites du Dr Zamenhof et les qualités de son oeuvre : “J’ai constaté que c’est une langue construite avec intelligence, et qui a une histoire très belle”...

Face à une information déficiente des citoyens et à une politique linguistique qui n’est ni nette ni honnête, il ne reste en effet que le recours à internet : le site d’information “esperanto.net permet de découvrir l’espéranto et son champ d’applications en 62 langues, et le mot clé “esperanto” ouvre l’accès à un très grand nombre de sites liés à cette langue au moyen du moteur de recherches Google.

A l’heure d’internet et du multimédia, où l’anglais est largement dominant, les chances de l’espéranto sont accrues justement par ce pouvoir de progression dont le grand géographe Élisée Reclus avait déjà pu témoigner dans son ouvrage magistral “L’homme et la Terre, publié en fascicules à partir de 1905 : “Dix années seulement après la naissance de l’espéranto, ceux qui l’utilisent dans leurs échanges de lettres dépasseraient 120 000. Combien de langues originales en Afrique, en Asie, en Amérique, et même en Europe, embrassent un nombre de personnes beaucoup plus modeste ! Les progrès de l’espéranto sont rapides, et l’idiome pénètre peut-être plus dans les masses populaires que parmi les classes supérieures, dites intelligentes.

Chose curieuse, cette langue est amplement utilisée déjà ; elle fonctionne comme un organe de la pensée humaine, tandis que ses critiques et adversaires répètent encore comme une vérité ardente que les langues ne furent jamais des créations artificielles et doivent naître de la vie même des peuples, de leur génie intime. Ce qui est vrai, c’est que les racines de tous langages sont extraites, en effet, du fond primitif, et l’espéranto en est, par tout son vocabulaire, un nouvel et incontestable exemple”.

C’est un fait avéré qu’aucune autre langue au monde ne permet d’établir en aussi peu de temps un contact de qualité entre deux personnes que sépare le mur des langues. L’espéranto a toutes les qualités requises pour devenir par ailleurs la langue de référence utilisable pour des banques de données. Il offre la garantie d’un accès nettement plus facile et rapide pour les usagers, très largement majoritaires, dont la connaissance de l’anglais est nulle ou insuffisante. Sa maîtrise exige moins de temps qu’une remise à niveau en anglais qui n’est par ailleurs la langue maternelle que de moins de 8 % de l’humanité.

Professeur au Collège de France, auteur de nombreux ouvrages, dont “Le souffle de la langue“, Claude Hagège a dit de l’espéranto, lors d’une conférence présentée à Valenciennes en 1993 : “C’est dans sa facture une langue que l’on peut considérer comme une des grandes langues de l’Europe (...). Je pense que l’espéranto est une solution parmi d’autres, et qu’il pourrait avoir pour lui l’avantage, sérieux, à savoir que, contrairement à n’importe laquelle des langues de vocation européenne, il n’est pas, lui, précédé ou suivi d’un engagement politique et national. Ce n’est la langue d’aucune nation, d’aucun État. (...) On le sait depuis longtemps donc, l’espéranto a pour lui, avait pour lui, a toujours pour lui, de ne pas être la langue d’une nation et d’un peuple, encore moins d’un État au sens hégélien du terme, ce qui sont des traits plutôt favorables.”

L’espéranto est en effet une langue anationale, c’est-à-dire la langue d’aucune nation, libre de tout lien avec une nation et même avec toute autre forme de puissance économique, idéologique et politique. Plus souvent entravé qu’aidé, il s’est malgré tout hissé au rang de langue internationale effectivement utilisée dans divers secteurs d’activités. En 1887, il n’y avait que deux personnes qui le parlaient : le Dr Zamenhof et son épouse. Aujourd’hui, sur les 6 à 7 000 langues qui existent dans le monde, il se classe dans le groupe d’un peu plus de 200 parlées par plus d’un million de locuteurs. La version en espéranto de “Wikipedia“ se classe en quinzième position parmi plus de 250 langues. “Wikiversity“ propose aussi un département d’espéranto. Voir aussi “L’espéranto au présent“.

D’une certaine façon, la communauté espérantophone est aujourd’hui un réseau d’échange du savoir sans frontières. Bon nombre d’espérantophones coopèrent, par exemple dans le cadre de la création de logiciels libres.

Il est intéressant de constater que l’espéranto était implanté sur internet bien avant que l’usage du réseau ne devienne courant. Les premiers usagers d’internet ont été, bien entendu, des anglophones. Reproduite par le quotidien “Libération“, dans un article publié le 14 juin 1996 sous le titre “Le Web, terre d’asile espéranto”, la réflexion d’un Américain de la nouvelle génération “internet” prend toute sa valeur : “Sans internet, disait-il, je n’aurais jamais appris l’espéranto”. Un anglophone découvrait ainsi la dimension supplémentaire inattendue que l’espéranto apporte à la communication et à internet. Au moment où ils prennent conscience des insuffisances de leur langue, des anglophones perçoivent les avantages d’une autre langue dont ils ignoraient l’existence ou ne connaissaient tout au plus que le nom. L’utilisation effective de l’espéranto a en fait plus de poids qu’un débat sur son existence entre des gens qui en restent au stade de la théorie et des supputations, voire même des insinuations, quand ce n’est pas de la calomnie pure et simple, alors que des usagers constatent que, comme pour le téléphone, son intérêt et ses possibilités se sont accrus au fur et à mesure qu’augmentait le nombre des usagers. L’avis exprimé dès 1918 par l’éminent linguiste Antoine Meillet, professeur au Collège de France, dans son ouvrage “Les langues dans l’Europe nouvelle“, reste toujours aussi exact : “Toute discussion théorique est vaine, l’espéranto a fonctionné”.

Née d’un rêve d’enfant, la langue dont Umberto Eco a dit qu’elle “a une histoire très belle” devient ainsi, là où ne suffisent ni l’anglais ni même le multilinguisme, le complément linguistique et démocratique de techniques de communications qui vont marquer ce nouveau millénaire mais qui, elles, du fait de leur coût, ne sont pas démocratiques.

En conclusion, l’espéranto a plus que jamais sa raison d’être. Le temps est venu de s’interroger sur les questions de communication linguistique, de parler de l’espéranto, de le découvrir autrement que par ouï-dire, de le parler.


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295 réactions à cet article    


  • La Taverne des Poètes 20 juillet 2007 12:59

    8 votes négatifs et pas une réaction : c’est de la lâcheté pure et simple ça ! J’ai lu l’article et, même si je n’ai aucune affinité pour l’espéranto, je ne vois pas de raison objective pour censurer cet article paru sur le media citoyen et qui a demandé du travail à son auteur bénévole. Bref ! je vote en « plus ».


    • Henri Masson 20 juillet 2007 13:45

      Merci, La Taverne des Poètes, pour cet avis. Compte tenu des commentaires de singes hurleurs qui ont suivi certains de mes articles précédents, ça ne m’intrigue pas outre mesure.


    • eugène wermelinger eugène wermelinger 20 juillet 2007 15:33

      ....et pour moi qui depuis des lustres ai des affinités avec l’espéranto que j’utilise quasi quotidiennement grâce au net, je vote « jes » (oui) et vous invite à aller voir si vraiment après y avoir goûté, vous saurez ne plus y revenir. Il y a plusieurs cours gratuits sur le net. Tapez par exemple ikurso. Amikajn salutojn al la geamikaro. (Amicales salutations à l’ensemble des ami(e)s.)


      • Emile Red Emile Red 20 juillet 2007 16:16

        Je plusse aussi, l’esperanto est l’âme de l’humanisme.


        • masuyer masuyer 20 juillet 2007 20:23

          Je plusse et je file sur ikurso. C’est vrai qu’il est temps que je m’y mette.


          • Henri Masson 21 juillet 2007 06:31

            Il semble utile de préciser que ikurso est un cours réticulaire gratuit http://ikurso.esperanto-jeunes.org/

            Les personnes intéressées par la découverte de la langue et qui résident ou sont de passage en région parisienne peuvent faire un détour par Antony, où, à la Cité universitaire Jean Zay, se tient à partir d’aujourd’hui le 80ème congrès de SAT (Association Mondiale Anationale http://www.satesperanto.org/ ). Un important service de librairie leur permettra des découvertes inattendues. Plusieurs spectacles ouverts au public (entrée libre) auront lieu les 22, 24, 25 et 26 juillet à 20h 30 dans l’amphithéâtre Marguerite Duras (RER B, station La Croix de Berny), en particulier celui du « phénomène » jOmO (Jean-Marc Leclerc http://fr.wikipedia.org/wiki/JoMo ), inscrit au Livre Guinness des Records de l’année 2000 pour avoir chanté 22 chansons en 22 langues. Il sera avec Les Libertarios http://arnolag.free.fr/KAFE2000/Jomo.htm Voir aussi http://www.esperanto-sat.info/article856.html


          • gum 20 juillet 2007 22:36

            J’ai essayé et j’ai adopté l’esperanto. Après 6 mois, je parlais de tout sujet avec une espérantiste en Nouvelle Zélande, alors que je bafouillais quelques mots sans phrases construites malgré mes 12 années d’anglais scolaires !!! Et maintenant 3 ans plus tard, je rencontre des espérantistes du monde entier que j’héberge ou lors de congrès, ou même incidemment comme l’an passé en Irlande ; Osez l’espéranto, vous ne serez pas déçu ! Guy MARTIN


            • aktos 21 juillet 2007 23:29

              Je trouve que ce sujet revient assez fréquement ! Défendre l’espéranto c’est un peu comme défendre linux. Bon le mieux et de l’utiliser.


              • funram funram 24 juillet 2007 00:14

                Une question, m’sieur Masson : combien de personnes à peu près parlent l’Esperanto courrament ? Je veux bien croire que cette langue est plus simple à apprendre que bien des langues, mais je m’étonnes toujours qu’une langue ayant 120 ans d’âge et ayant bénéficié de toutes les amitiés politiques entre 1920 et 1940 (sou presque), tout particulièrement sous la France du Front Populaire (Blum n’a-t-il pas voulu imposer l’esperanto à l’école ?) compte si peu d’usagers... mais énormément de partisans, ou plutôt de sympathisants !

                Sinon, je profite également de cet article pour vous reposer une question que je vous avais posée dans votre précédent article : dans quelle mesure une généralisation de l’esperanto comme langue internationale donnerait-elle lieu à la création de patois locaux, à votre avis ? (il s’agit bel et bien là d’une question nécéssitant réponse et requérant votre opinion sur le sujet dont il est question, nullement d’une attaque personelle comme vous avez semblé prendre la moitié de mes commentaires dans vos articles précédents)


                • Henri Masson 24 juillet 2007 08:26

                  La réponse a déjà été donnée plusieurs fois. Elle se trouve en particulier dans l’« Atlas des langues du monde » (éd. Autrement, 2003, p. 21) du prof. Roland Breton. Le prof. Joshua A. Fishman, qui a lui-même préfacé cet ouvrage, connaît très bien l’espéranto. Il est écrit : « Pour l’espéranto, les chiffres vont de 500 000 pratiquants actifs à une audience de près de 8.000.000 de par le monde ». Donc le nombre souvent avancé de 3 millions est dans la moyenne de cette fourchette. On pourrait tout aussi bien poser la question « Combien de personnes à peu près parlent l’anglais couramment ? », et il y aurait lieu de douter du nombre souvent avancé. Le nombre de locuteurs natifs de l’anglais est inférieur à 5% (statistique de la CIA). Or, l’anglais a pris son départ bien plus tôt, de par la colonisation, et il a disposé de moyens humains, matériels et financiers d’une tout autre importance. Et même de moyens militaires : « L’espéranto ? Combien de divisions ? ». Donc la situation de l’espéranto est tout à fait honorable pour une langue qui s’est ainsi hissée « à la force du poignet ». Car s’il a eu des soutiens, ils avaient bien peu de poids à côté des entraves opposées par certains régimes, pas seulement totalitaires. Il faut se souvenir de l’opposition farouche du gouvernement français de 1921 à 1923 à la SDN et de l’interdiction d’utiliser les locaux scolaires pour les cours d’espéranto décidée par un futur Vychiste : Léon Bérard ; des dispositions semblables furent prises la décennie suivante sous le IIIème Reich.

                  A signaler une étude intéressante sur le site du gouvernement québécois, notamment le point 1.4 « Langue transglossique » http://www.cslf.gouv.qc.ca/publications/PubF147/F147.html

                  Quant à l’éventualité de patois locaux, il n’en est pas apparu en 120 ans d’histoire de la langue. Certes, elle n’est pas encore généralisée, mais cette langue a un « squelette » à la fois assez rigide par certains traits et souple par d’autres qui est le « Fundamento de Esperanto ». Il n’y a rien de tel pour l’anglais : prononciation chaotique et totalement illogique, innombrables polysémies, rigidité de la syntaxe, etc... Le rôle de l’espéranto n’est pas de devenir la langue unique (ce que tend à faire l’anglais sous des pressions évidentes : on sait à qui profite ce jeu truqué). L’espéranto est appris avant tout comme langue « transglossique » (le terme me paraît intéressant).

                  Enfin, croire qu’il suffit de la sympathie, même active, de telle ou telle personnalité, aussi influente qu’elle soit, pour que l’espéranto puisse émerger, c’est faire preuve d’un manque certain de perspicacité. Même le président Tito, qui avait appris l’espéranto en prison, et qui n’était sans doute pas un modèle de démocrate, avait reconnu qu’une décision ne pouvait venir que du peuple bien informé (ce qui est loin d’être le cas à travers le monde) : « L’espéranto doit être introduit dans les écoles, non point par un décret d’en haut, mais par l’exigence consciente de l’opinion publique informée, par conséquent depuis la base, d’une manière vraiment démocratique. »

                  Le président autrichien Franz Jonas, qui parlait couramment la langue, était du même avis.

                  Je doute que, malgré ses propos, Léon Blum aurait introduit d’autorité l’espéranto dans toutes les écoles comme langue obligatoire. Il espérait simplement que, par une prise de conscience, on en viendrait à l’introduire comme enseignement obligatoire. Il y a donc une nuance.

                  Aussi nombreux qu’elles ont pu l’être et qu’elles le sont encore, les personnalités qui soutiennent l’espéranto et qui le parlent couramment sont encore loin de l’être assez pour se faire entendre. J’ai déjà cité le cas de l’eurodéputée polonaise Małgorzata Handzlik et du prix Nobel Reinhardt Selten (même si son titre Nobel d’économie est parfois contesté, il est accepté comme tel : http://fr.wikipedia.org/wiki/Prix_Nobel ). L’évolution des idées et des comportements demande autrement plus de temps que celle de l’évolution des sciences, des techniques, des normes. Pourtant, même le système métrique, bien plus ancien, est encore chahuté par les mêmes qui veulent imposer, à leur avantage, leur langue totalement illogique au monde.


                • Apro 29 juillet 2007 14:26

                  En ce qui concerne le nombre de personnes qui parlent l’espéranto, je suis totalement incapable de donner un chiffre. Cela dépend aussi de ce que l’on veut dire par « parler » ; s’agit-il de tenir une simple conversation, ou de faire un exposé universitaire ? Personnellement - alors que je pratique quotidiennement cette langue depuis plus de 30 ans - je dirais qu’il s’agit d’un nombre qui varie entre quelques centaines de milliers et 2, 3 millions !

                  Quant à une dialectisation, je pense que cela est plus difficile. Tous les dialectes (ou langues régionales) se sont développés dans des sociétés qui vivaient en autarcie, sans grands contacts avec d’autres ethnies. Au contraire, l’espéranto n’est qu’une langue seconde (troisième, quatrième ...) que l’on emploie avec des personnes qui se répartissent à travers le monde, et qui varient constamment. L’espéranto n’est donc jamais employé dans un milieu « fermé » qui pourrait engendrer un langage particulier.


                • Asp Explorer Asp Explorer 4 août 2007 18:16

                  Malheureux ! Tu poses la Question Interdite ! Vite, cours, cours ! Fuis vers les collines...

                  Bon, alors d’après les espérantistes eux-mêmes, le chiffre le plus couramment cité est de deux millions de locuteurs de par le monde. Toutefois, des estimations indépendantes, faites d’une part sur un échantillonnage d’une ville (je crois me souvenir que c’était Aix-la-Chapelle, où on avait demandé par voie de presse à tous les expérantophones de se manifester), et d’autre part sur un décompte des adhérents aux différentes associations de part le monde semblent plutôt pointer vers un chiffre d’environ 200 000 personne. Il est possible que même ce chiffre modeste soit surestimé, je crois savoir que le « congrès mondial » fait régulièrement des affluences de l’ordre de 2000 personnes (la dernière fois c’était à Florence, c’est pourtant joli Florence), on ne peut donc pas dire que ça déplace des foules considérables.

                  Mais dans tous les cas de figure, il n’en reste pas moins que tu as peu de chances de tomber sur un espérantistes ailleurs que dans un congrès d’espéranto.


                • Henri Masson 4 août 2007 18:42

                  Toujours le même refrain ! Comme si ça démontrait quelque chose. Je n’ai moi-même pas participé au congrès de SAT qui s’est tenu dernièrement près de Paris. Parmi les espérantistes qui me sont géographiquement proches, un seul ira à Yokohama pour le congrès universel. Un couple est à Hanoï. Une jeune femme ira à une rencontre internationale en Breatgne. Un groupe de 5, qui habitent un petit village, organise, en relation avec des espérantistes chinois, un voyage de 5000 km en Chine pour l’année prochaine. Et d’autres voyagent ailleurs, de façon indépendante. Les congrès d’espéranto ne semblent obséder que la malade mental qui puise sa science là où d’autres introduisent des suppositoires, qui le proclame et qui s’en glorifie.

                  J’ai vu, il n’y a pas longtemps, un article d’un individu intitulé « L’homme qui a défié Masson ». C’est curieux qu’un goret se prenne soudain pour un homme...


                • Asp Explorer Asp Explorer 4 août 2007 20:39

                  Et au fait, il y avait combien de monde à votre congrès d’esperanto-sat ?


                • Henri Masson 5 août 2007 07:37

                  133 étaient inscrits mais plusieurs, notamment de pays du Tiers Monde (entre autres de Madagascar), n’ont pas pu venir. SAT est une organisation de travailleurs, et voyager dans un pays occidental n’est pas à la portée de tous. Même des pays de l’Est, beaucoup n’ont pas pu venir. Sans compter que la cotisation, bien que proportionnelle aux revenus, est déjà excessivement élevée pour la plupart d’entre eux.

                  Parmi les conférenciers, il y avait un Tanzanien, Mramba Simba, qui, dans le cadre d’une tournée de conférences en Europe, en a fait une sur le Forum Social Mondial de Nairobi. Et je crois que si l’espéranto était inutile, comme certains le laissent entendre, il les ferait dans la seconde langue de son pays : l’anglais. Donc se baser sur le nombre de participants à un tel congrès pour faire une déduction sur le nombre effectif d’espérantistes dans le monde est parfaitement ridicule.

                  C’est curieux que l’individu qui pose cette question, comme toujours insidieuse, ne pose pas la même à propos de l’ido pour lequel il a marqué sa préférence. J’ai vu quelque part que quelqu’un met l’ido au même niveau que l’espéranto et tente de me donner des leçons de crédibilité alors que sur le plan linguistique il n’apporte rien de plus que l’espéranto ; quant au plan culturel et pratique, à l’étendue de la diffusion et des applications, c’est le zéro absolu à côté de l’espéranto. Alors, bonjour à la crédibilité du donneur de leçons !

                  Pour ceux qui s’intéressent à ces questions, le centre le plus documenté est le CDELI de La Chaux-de-Fonds, en Suisse : http://www.chaux-de-fonds.ch/bibliotheques/pages/pages/Fonds/CDELI_FR.htm


                • Clad Clad 5 août 2007 14:55

                  Asp Explorer, grand defenseur de l’IDO, on aura tout entendu...

                  Quoi qu’il en soit, ce que vous reprochez à l’IDO est d’être inutile car quasiment pas parlé (priceless), seulement si j’en crois Wikipedia :

                  « The two languages, to a great extent, are mutually intelligible. »

                  Donc l’IDO est au moins aussi utile que l’Esperanto.

                  Toujours à en croire Wikipedia, le vocabulaire, la grammaire, la syntaxe, ect... sont quasiment équivalent. En revanche les lettres « informatiquement inutilisable » (c circonflexe ? Mais où avez vous été pêcher une IDiOtie pareille ?) sont remplacés par des séquences un peu plus utilisables.

                  Bref, après 5mn de recherche sur wikipedia, je me rend compte que l’IDO n’apporte aucun inconvenient supplementaire par rapport à l’Esperanto, mais en supprime une difficulté. C’est toujours globalement inutilisable et inutile, mais c’est quand même un mieux.

                  Je constate donc, une fois encore, que le choix de l’Esperanto est uniquement dogmatique, et n’est pas mû par le moindre interêt pratique.

                  CQFD


                • Henri Masson 5 août 2007 15:52

                  Ceux qui reprochent déjà à l’espéranto d’être inutile ont mille fois plus de raisons de dire la même chose de l’ido dont l’histoire, dans celles des projets de langues internationales, est la plus burlesque qui soit : un scientifique (Couturat) qui n’a pas le courage d’assumer son rejeton et qui se trouve un homme de paille en la personne d’un faux marquis (de Beaufront, un enfant naturel né Chevreux), et qui n’a linguistiquement rien de supérieur à l’espéranto. Sans être « grand defenseur de l’IDO », l’individu en question a exprimé une préférence. C’est tout....

                  Le professeur Gaston Waringhien, qui avait étudié la plupart des projets, avait pu attribuer une note globale très supérieure à l’espéranto : 34, contre 24 pour l’ido.

                  Parler de lettres « informatiquement inutilisable » est parfaitement ridicule. Il y a dans le monde de nombreuses langues qui ont besoin d’être transcrites en informatique et sur Internet. Il y a eu des progrès énormes grâce à la norme Unicode qui remplace l’ASCII. Si l’on s’en était tenu à ce discours, seul l’anglais serait utilisable en informatique et sur Internet. Or, l’anglais est tombé sous la barre des 50% sur Internet.

                  Si 5 mn suffisent à en venir à une telle déduction, tout ça montre la profondeur des recherches et de la réflexion...

                  Quant à parler d’espéranto inutilisable, il suffit de voir les applications pratiques de celui-ci par rapport à l’avorton cité.

                  En conclusion : démonstration et déduction totalement nulles.


                • Asp Explorer Asp Explorer 5 août 2007 16:13

                  Encore une fois vous déformez mes propos, que vous interprétez selon votre grille de lecture monomaniaque. Pour tout dire, les langues artificielles, je m’en moque comme de l’an 40. C’est vous, monsieur Masson, et votre clique de chiens de garde qui m’intéressez.


                • Clad Clad 5 août 2007 17:09

                  >Le professeur Gaston Waringhien, qui avait étudié la plupart des projets, avait pu attribuer une note globale très supérieure à l’espéranto : 34, contre 24 pour l’ido.

                  Le Dr Clad, qui a étudié la plupart des projets, attribue à l’IDO une note de 127 contre 103 seulement pour l’esperanto. Ce qui ne prouve pas grand chose.

                  Expliquez plutôt pourquoi, ça vous changera.

                  > Il y a eu des progrès énormes grâce à la norme Unicode qui remplace l’ASCII.

                  D’une part l’ASCII est toujours majoritaire, et de loin, et d’autre part quand bien même l’UTF-8 deviendrait la nouvelle norme indiscutable et induscutée, il faudrait encore que vous m’expliquez où se trouve la touche « c circonflexe » sur mon clavier.

                  > Quant à parler d’espéranto inutilisable, il suffit de voir les applications pratiques de celui-ci par rapport à l’avorton cité.

                  Ben, étant donné que l’IDO est une évolution retro-compatible de l’EO (cf wikipedia), les applications sont donc au minimum équivalentes ?

                  > En conclusion : démonstration et déduction totalement nulles.

                  Vous m’otez les mots de la bouche.


                • Henri Masson 5 août 2007 18:32

                  Voici le tableau concernant l’espéranto, l’ido, l’occidental (Interlingue) et l’Interlingua. Je ne sais pas si SPIP le reproduira correctement, mais l’ordre des chiffres ne devrait pas être dérangé :

                  Notes attribuées à partir des critères suivants par le professeur Gaston Waringhien à (dans l’ordre) l’Espéranto, l’Ido, l’Occidental et l’Interlingua ; les notes globales respectives sont 34, 26, 28 et 25 :

                  I Simplicité du vocabulaire fondamental 5 2 1 1 II Simplicité de la grammaire 1 3 5 5 III Régularité de la formation des mot 4 3 3 1 IV Clarté 5 4 3 3 V Stabilité de la langue 5 1 2 3 VI Facilité de l’utilisation passive (c’est-à-dire la lecture) pour les polyglottes 1 3 5 5 VII Facilité de l’utilisation passive pour les non-latins unilingues 4 3 2 1 VIII Facilité de l’utilisation active (parole, écriture) pour les polyglottes 3 2 3 3 IX Facilité de l’utilisation active pour les non latins unilingues 3 2 2 1 X Valeur esthétique 3 3 2 2

                  Source : “Lingvo kaj vivo

                  Les points VII et IX sont particulièrement importants si l’on vise l’ensemble de populations du monde. Nous aurons de plus en plus affaire avec la Chine et d’autres pays d’Asie. A l’époque où l’Ido est apparu, la linguistique n’avait guère de considération pour les langues des autres civilisations. Bien avant, Zamenhof avait donc pensé à une structure plus facilement assimilable pour ces peuples.

                  Les fait qu’ASCII soit encore majoritaire ne signifie pas qu’il le sera toujours et longtemps. La demande est très forte pour pouvoir écrire et lire dans tous les systèmes d’écriture.

                  Les consonnes accentuées se font, sur Mac, avec la touche « alt » combinée avec la lettre concernée. Le principe doit être à peu près le même sur PC.

                  L’ido ne représente aucun intérêt pour l’espéranto qui poursuit sa route


                • Clad Clad 5 août 2007 19:53

                  Ah, les macs integrent les lettres esperantistes ? La belle affaire, c’est à peine si il y a plus d’utilisateurs mac dans le monde que d’esperantistes. En tout cas je vous confirme que sur les 3 autres OS majoritaires (linux, windows, AmigaOS) ça ne fonctionne pas.

                  Donc oui je le repete : informatiquement inutilisable.


                • skirlet 7 août 2007 13:26

                  « il faudrait encore que vous m’expliquez où se trouve la touche »c circonflexe« sur mon clavier »

                  Ici : ĉ smiley

                  Sinon dites-moi, où se trouve la touche, disons, â sur le clavier.

                  « En tout cas je vous confirme que sur les 3 autres OS majoritaires (linux, windows, AmigaOS) ça ne fonctionne pas. »

                  Mentir avec aplomb n’est pas un argument. Un mensonge n’est qu’un mensonge.

                  Linux est compatible avec les lettres espéranto depuis des lustres. Mandriva, Debian, Ubuntu (pour ne nommer qu’eux) permettent de taper en espéranto très facilement. Et je confirme que même l’interface en espéranto est accessible : en tout cas, c’est elle que j’ai sur mon Ubuntu.

                  Amiga ? Il est temps de sortir du moyen-âge, ce système d’exploitation n’est plus majoritaire depuis longtemps. Cependant elle permet de taper en espéranto :

                  http://starling.us/gus_netbsd/gus_netbsd_utf8.html

                  Concernant Windows, aucun problème non plus. L’installation du ch’tit logiciel Ek ! prend quelques secondes, et voilà : ĉ ĵ ĥ ĝ ŝ ŭ.

                  Au vu du nombre des pages en espéranto qui affichent les lettres en question, il est tout simplement idiot d’affirmer l’incompatibilité de l’espéranto avec l’informatique.


                • Joan Luc Joan Luc 15 décembre 2008 12:44

                  @ Asp Explorer

                  Il n’y a aucune corrélation entre le nombre de locuteurs d’une langue, le nombre de ses sympathisants ou de ses militants et le nombre de personnes qui assistent aux congrés qui la défendent.
                  Je suis moi-même un sympathisant pour les langues régionales comme le breton, le catalan ou le basque, j’ai été un peu plus loins dans ce domaine en tentant d’en apprendre des rudiments, pour le catalan, cela va même plus loin puisque je le lis sans plus de difficultés que l’espagnol que j’avais appris à l’école, par contre, je milite pour l’occitan et pour laquelle j’essaie d’avoir une attitude active mais je n’ai encore été qu’une seule fois à un congré.
                  Votre argumentation est donc purement rhétorique et ne prouve strictement rien. 							

                • Asphodèle 27 juillet 2007 11:23

                  Réponse au message de « Funram » du 24 juillet à 0h14

                  Votre question :

                  « Dans quelle mesure une généralisation de l’espéranto comme langue internationale donnerait-elle lieu à la création de patois locaux, à votre avis ?

                  me donne envie de répondre à votre message !

                  Tout d’abord, je dois préciser que je me suis intéressée à l’Espéranto depuis quelque temps et que je trouve un réel plaisir à « jouer » avec cette langue... suffisamment pour avoir eu envie d’en apprendre plus et même de donner des cours gratuits de découverte d’une année dans ma ville !

                  il est clair, pour être honnête, que le manque de professeurs est un gros handicap à l’essor suffisant pour en faire une vraie langue internationale « parlée couramment » même si elle est comprise par un plus grand nombre ! Elle fonctionne actuellement, en grande partie, grâce à Internet qui offre des cours gratuits , aux professeurs et associations qui se dévouent énormément pour l’essor de cette langue très facile à étudier et aux gens qui consacrent leur vie à informer le public du monde entier par le plus grand nombre de moyens mis à la disposition des terriens.

                  Si on veut parler d’un patois que favoriserait éventuellement l’Espéranto en tant que langue internationale, on ne peut que se poser la question de ce qu’est un patois, comment il apparaît ou disparaît et voir si l’Espéranto dans ce cas précis pourrait en engendrer un !

                  Par l’observation de la création d’un patois x ou y par la pratique d’une langue x ou y, on peut donc voir si l’Espéranto remplirait les mêmes conditions pour en devenir ou un engendrer un au fil du temps !

                  J’ai relevé sur un site les notions suivantes : développé par joseph Barou

                  Le patois une vraie langue ; ce n’est pas du français déformé mais une langue utilisée chez nous bien avant le français que nous parlons maintenant.

                  1 - L’histoire du français A - Sa formation Il vient surtout du latin (lui-même influencé par le grec) Emprunts nombreux au cours des siècles . reste du vocabulaire gaulois : soc, cep, alouette... char, benne (devenu bagnole) ; . langues germaniques (les grandes invasions, Francs, Burgondes, Wisigoths...) : blanc (et non candidus, albus), bleu, brun ; blond... . arabe (vocabulaire scientifique ou de la mer) : zéro, chiffre, algèbre, amiral, azur... . persan , turc... . italien, espagnol (surtout à l’époque de la Renaissance et de la découverte de l’Amérique) : cacao, chocolat, tomate (espagnol) : pintade (portugais)... . anglais (l’anglomanie du 19 e siècle) avec des mots empruntés au français qui reviennent... Budget Boge, bougette (petit sac), boudget (bourse), budget et la boge des pommes de terre et des lycéens. Standart (étendard : drapeau) Tennis : (tenez) A la fin de la période gallo-romaine on parle en Gaule (pas encore en France) un latin dégradé qui s’est différencié suivant les régions (avec deux grands groupes : le nord et le sud - plus tard langue d’oc et langue d’oïl - suivant la façon de dire « oui »). Premier texte en langue romane : le serment de Strasbourg (en 842) entre les 3 petits-fils de Charlemagne. B - Son développement Le francien, dialecte de l’Ile-de-France s’impose lentement avec la formation du royaume de France. Il devient le français. Mais au Moyen Age, on ne parle vraiment le français que dans la région parisienne, l’Orléanais, la Touraine... Date importante : 1539, ordonnance de Villers-Cotterets de François 1 er : emploi du français, et non du latin, dans l’administration (la justice).

                  Les dialectes régionaux évoluent chacun de leur côté, se transforment et deviennent des patois qui existent encore.

                  C - Les langues régionales Elles sont différentes des patois, elles ont mieux résisté et ont une littérature. Elles ne sont pas toutes issues du latin et subsistent en bordure du territoire national : . le flamand (nord) proche du néerlandais

                  . l’alsacien (dialecte germanique) . le basque . le breton (descendant du celte, du gaulois). . le parler niçois (nissard) et le corse (proches de l’italien) . le catalan (En Roussillon) 2 - Les grandes familles des patois de France A - Les grands groupes : . Aujourd’hui les différents patois français (des centaines, 363 selon une enquête pour Atlas Linguistique de France) sont de la même famille (romane) mais regroupés en trois grandes zones : . Les dialectes d’oïl (oui) au nord : Wallon (en Belgique), Lorrain, Champenois, Normand, Angevin, Poitevin, Berrichon, Bourguignon, Champenois et le Francien (d’où est issu le français) mais pas le breton. . l’occitan ou Langue d’oc (oui) au sud : gascon, languedocien, provençal, limousin, auvergnat, béarnais (mais pas le basque) . le franco-provençal (sur trois pays : France, Suisse et Italie) : Lyonnais-Forez-Beaujolais, Savoie, Vallée d’Aoste, Suisse francophone (romande). B - La carte des patois de la Loire : La plus grande partie de la Loire appartient au domaine franco-provençal sauf . le plateau de Saint-Bonnet-le-Château : Chambles, Périgneux, Luriecq, Marols qui dépend de l’occitan. . la bordure vers l’Auvergne : Noirétable, Cervières, les Salles, Saint-Julien, La Chamba (mais pas Champoly, ni Saint-Thurin) . le massif du Pilat (bourg-Argental, Saint-Genest-Malifaux, Marlhes...) La zone franco-provençal se découpe encore en plusieurs secteurs : . Les Monts du Forez (le Franco-provençal proprement dit selon le père Gardette, région où le patois s’est le mieux conservé). . La Plaine, avec un patois dégradé, francisé (population moins stable, beaucoup de fermiers, apport de la montagne...) . les Monts du Lyonnais avec un patois influencé par celui du Lyonnais. . Le Roannais ouvert vers le nord, influencé par les parlers bourguignons et le français. La géographie physique, zone ouverte ou fermée, la proximité, les communications ont donc modelé le paysage linguistique. Le patois le mieux conservé, le plus riche en mots archaïques subsiste dans les gros bourgs de la montagne (Saint-Bonnet-le-Courreau, Chalmazel, Sauvain...). C - Le patois de notre région a été bien étudié et depuis longtemps : . Louis-Pierre Gras et son Dictionnaire du Patois forézien (1863). . Georges Straka (Poèmes du 18 e siècle des Chapelon), . L’abbé Pierre Gardette (Atlas linguistique du Forez) . L’abbé Jean Canard (Saint-Romain-d’Urfé), Marguerite Gonon (Poncins), l’abbé Pinton (Saint-Marcellin), beaucoup d’autres et... le père Jean Chassagneux (Lexique du patois de Saint-Jean- Soleymieux)...

                  3 - Evolution du patois et perspectives A - Le recul du patois : . constat : A la fin du Moyen Age, en Forez tout le monde parle le patois, y compris les comtes de Forez. Le français est la langue du royaume de France, de Paris... Il y a des écrits en patois (surtout à Saint-Etienne) : o Au début du 17 e un Ballet en langage forézien : une histoire assez rustique de bergers et de bergères qui se moquent des amoureux...) o Les oeuvres des Chapelon (le grand-père, le fils et le petit-fils qui a été curé de Saint-Etienne (1647-1694) : poèmes... o Au 19 e Pierre Philippon (dit Babochi), Linossier (dit Patasson), Pierre Duplay (le père Baronta)... . Au 20 e siècle : o Conte de Jean-Pierre, de Louis Mercier (de Coutouvre), patois du Roannais o Contes de la Meunière, de Marguerite Gonon, patois de Poncins. o Poèmes du Paysan de Javelle, patois d’Apinac (occitan) . Aujourd’hui : Très peu de personnes de moins de 60 ans parlent couramment le patois, même dans les monts du Forez. o Le patois a disparu des villes (Saint-Etienne, Montbrison, Feurs, et même des gros villages). . Les causes du recul : o L’enseignement et service militaire (processus commencé il y a longtemps) o L’exode rural et la disparition d’un mode de vie (les habitudes, les techniques, les outils changent...) o appauvrissement du langage : mots français remplaçant de vieux mots patois (il ne reste que l’accentuation...) . Patois et français local : Le patois a laisser des traces dans notre français local de tous les jours : au niveau du vocabulaire boge, boutasse, pate, franc (complètement) au niveau des expressions et des tournures de phrases : j’arrive que, je n’arrive que maintenant être fermé dehors, ne pouvoir entrer écarter le linge, étendre plier (une marchandise), pour envelopper

                  B - Sauver une culture : Doit-on regretter la disparition annoncée des patois ? o Elle paraît inéluctable parce qu’aujourd’hui notre village est le monde. o C’est une chance pour un pays d’avoir une langue commune, le français parce que c’est un élément essentiel de la cohésion sociale. Cependant : o Le patois témoignait d’une façon de vivre, d’une vraie culture rurale qui avait ses codes de politesse et reflétait une mentalité, des valeurs particulières (dignité, retenue, valeur du travail...) o Il fait partie de nos racines. C - Vers un renouveau de l’intérêt pour le patois ? . En 1977-1980 : groupe de patois de Montbrison : 10 à 20 personnes . Depuis trois ans : régulièrement plus de 100 participants. Des publications nouvelles... . D’autres veillées à Périgneux, à Saint-Jean-Soleymieux.... . Il faut donc essayer de sauver ce qui reste de ce langage ou, du moins en conserver la trace. J. B. (Intervention devant le groupe Vivement le jeudi, Centre Social de Montbrison, le 5 avril 2001)

                  Vous avez donc ici même tous les éléments pour en déduire une réponse plausible à votre question !

                  C’est une façon de raisonner mais il y en a d’autres de toute évidence !

                  Je ne vois pas ici la nécessité de faire référence à l’anglais quelques soient mes sentiments à l’égard de cette langue qui ,elle, a engendré des patois au Cameroun et ailleurs !

                  Après avoir étudié plusieurs langues, seule m’intéresse maintenant la belle langue universelle Espéranto car c’est une langue qui offre de sérieuses et exceptionnelles qualités que nulle autre langue jusqu’à présent ne présente y compris sa facilité d’apprentissage, son aspect ludique et propédeutique !

                  Par contre, Il faudrait arrêter de vouloir systématiquement, quand on parle de l’Espéranto, parler et dénigrer l’anglais pour valoriser notre belle langue internationale ! elles n’ont d’ailleurs pas du tout la même origine........... Chacun restant libre d’avoir les affinités qu’il veut et ce n’est pas parce qu’on aime le fromage, qu’on doive obligatoirement détester les légumes ! Respecter les goûts de tout un chacun me semble une priorité quand on veut mettre en valeur ce que l’on préfère ! C’était pour la plaisanterie !


                  • lymb lymb 5 août 2007 01:08

                    Le basque n’est pas une langue régionale.


                  • Joan Luc Joan Luc 15 décembre 2008 13:08

                    Le basque n’esst pas une langue régionale ? Alors qu’est ce que c’est ?


                  • sanzu 29 juillet 2007 12:50

                    Je soutiens l’Esperanto et je vote pour ! smiley


                    • sanzu 29 juillet 2007 13:42

                      Une question monsieur Furnam ,avez-vous seulement essayé d’apprendre l’Espéranto ? J’ai moi-même appris l’Anglais lors des cinq années que j’ai passé au Canada mais,je ne peux honnêtement pas me considérer comme bilingue,car en dehors des phrases les plus usuelles,je suis toujours aussi handicapé qu’au sortir de l’Ecole. Par contre,après quatre mois(j’ai pris mon premier cours d’Esperanto debut Avril 2007) je peux dire que je lis l’Esperanto courrament. J’aurai bien voulu pouvoir en dire autant de l’Anglais !Bien à vous !


                    • funram funram 5 août 2007 19:16

                      Et bien moi, mon expérience est strictement inverse. J’ai tenté d’apprendre l’esperanto « en quatre mois » (comme me l’avaient conseillé les esperantophones manifestement adeptes de substances psychotropes illégales que j’avais rencontrés à la Fête de l’Humanité 2005)... un véritable fiasco. En revanche, l’anglais, c’est rentré tout seul, ce malgré des professeurs déplorables durant mes quatre premières années d’étude de cette langue.

                      La différence éssentielle tient probablement à ce que j’avais la volonté d’apprendre l’anglais pour lire certains ouvrages de la langue de Shakspeare en version originale (on perd toujours quelque chose à la traduction), alors que pour l’esperanto, seule la curiosité pour ce nouvel idiome qui se veut universel m’a poussé à entreprendre son apprentissage.

                      Certes, on me dira qu’entre quatre mois et quatre ans, la différence est de taille. Néanmoins, on m’avait garanti que l’esperanto serait largement acquis en ce laps de temps. Tandis qu’en à peine six mois, j’avais une connaissance suffisante de l’anglais (mis à part des lacunes de vocabulaire, mais bon, ça, à onze ans, on ne peut pas tout acquérir en une demi-année) pour tenir une conversation qui tienne la route.

                      Donc pour moi, ce genre d’argument-témoignage du « moi j’y suis arrivé facilement alors que l’anglais, ça fait vingt-cinq ans que je m’échine à en maîtriser la forme passive », ça me fait plus glousser qu’autre chose, vu qu’il s’agit d’un argument totalement subjectif et donc pas du tout acceptable dans une argumentation qui se veut universaliste.

                      Sinon, je ne vomis pas l’esperanto en tant que tel, hein : j’ai même gardé la brochure qu’on m’avait remise. Je m’y mettrai peut-être « sérieusement », le jour où j’y aurai un intérêt autre que distractif.


                    • skirlet 7 août 2007 13:31

                      Et Shakepseare en VO, vous le lisez ? smiley

                      Je vous l’accorde : la motivation est primordiale dans l’apprentissage d’une langue. Mais cela est une chose purement personnelle. Si on compare les progrès d’une personne qui a une motivation (ou la non-motivation) équivalente pour l’anglais et l’espéranto, ils seront bien plus rapide en espéranto, et cela pour des raisons objectives.


                    • funram funram 10 août 2007 00:37

                      Shackespeare en VO, je le lis. C’est encore plus ch*ant qu’en VF, mais je le lis. Je me suis farci Othello, Hamlet et Songe d’une Nuit d’Eté.


                    • funram funram 10 août 2007 00:39

                      Quant à la facilité d’apprentissage de l’esperanto POUR UNE MAJEURE PARTIE DE LA POPULATION (partie de la phrase souvent occultée), je veux bien la croire.

                      Simplement, je notes que pour une mineure partie de la population, ça ne marche pas. Il faut casquer et avoir une sérieuse motivation pour, comme pour n’importe quelle autre langue.


                    • Henri Masson 10 août 2007 07:02

                      Il est évident, funram, que la motivation pour l’espéranto joue un rôle considérable comme pour toute(s) autre(s) langue(s) ou sujet(s), matière(s), activité(s), etc.. Pour moi elle est venue après avoir pris connaissance de ses possibilités (qui se sont accrues par la suite) et être passé à la pratique.

                      Il est évident que, au départ, l’anglais a au moins un atout que l’espéranto n’a pas : tout le monde croit qu’il est non seulement utile, nécessaire, indispensable, qu’il n’est point de salut sans lui, etc. Tout le monde sait qu’il existe alors que le pourcentage de personnes qui ont connaissance de l’existence de l’espéranto est peu élevé, même dans les milieux intellectuels. Ce n’est motivant d’apprendre une langue que lorsque l’on sait qu’elle peut être utile, qu’elle peut apporter bien des satisfactions, que ce n’est pas un simple passe-temps, qu’elle a un usage professionnel répandu (ce qui, il faut le reconnaître, est encore un handicap pour l’espéranto, mais ce n’est pas une situation définitive). J’ai vu pas mal de cas de personnes qui ne s’y sont mises qu’à la retraite et qui ont toutes regretté de ne pas avoir pu l’apprendre dès l’école. Le professeur Molimard, déjà mentionné, est l’un de ces cas. Raison de plus pour l’apprendre très jeune.


                    • skirlet 10 août 2007 13:48

                      Mouis, admettons que vous le lisez. Combien de consultation de dico par page de Shakespeare ? smiley

                      Sinon autre chose importante : et les autres en VO ? Si votre motivation est purement culturelle, les autres cultures pour vous ne sont pas dignes d’apprentissage ?


                    • skirlet 10 août 2007 13:49

                      J’ajoute que l’anglais est la seule LV1 disponible dans la majorité écrasante des collèges français. Alors la limite entre « choisi » et « imposé » devient inexistante.


                    • billdoor 10 août 2007 15:46

                      Oh, pour avoir également lu et vu du Shakespeare en VO, ce n’est pas tant le lexique qui est difficile à comprendre que la grammaire d’une langue qui a évoluée.


                    • funram funram 10 août 2007 23:22

                      « J’ajoute que l’anglais est la seule LV1 disponible dans la majorité écrasante des collèges français. Alors la limite entre »choisi« et »imposé« devient inexistante. »

                      Certes, cela est un fait. Néanmoins, si vraiment on veut prendre comme première langue l’allemand, l’espagnol, l’arabe ou le coréen, on peut. Mais ça coûte plus cher en essence, voire en logement sur place. C’est une carence de l’Education Nationale, mais en même temps, le nombre de professeurs d’anglais est largement supérieur à celui de ceux qui enseignent d’autres langues. C’est regrettable, oui. Tout comme il est regrettable que les options de lycée type « musique », « théatre », « sciences industrielles », « troisième langue vivante », « latin », « grec ancien », etc soient souvent indisponibles dans bien des lycées (généralement une ou deux, voire trois ou quatre, de ces options sont absentes des établissements autre que parisiens). C’est regrettable, oui, mais on ne peut que le constater.

                      Et c’est tout simplement parce que l’anglais, comme l’a constaté M. Masson, a aujourd’hui, en tant que langue internationale de préférence, un caractère « indispensable » pour bien des gens. On assisterait exactement au même phénomène avec n’importe quelle langue prise pour l’international. Si l’esperanto était adopté comme langue internationale, on souffrirait d’une grande carrence en anglais, espagnol, allemand, japonais, hougandais, malien, arabe, roumain, thaïlandais et portugais, dans les classes.


                    • funram funram 10 août 2007 23:24

                      Sinon, je n’ai pas lu Shakspeare avec le Harrap’s sur les genoux, non. Les termes désuets ou trop compliqués se devinent très aisément avec le contexte. Les pièces du sieur sont beaucoup plus téléphonées qu’il n’y paraît.

                      Par contre, les constructions sont excessivement lourdes, particulièrement les monologues (j’ai dû m’endormir cinq ou six fois sur Romeo and Juliet).


                    • funram funram 11 août 2007 00:44

                      « Sinon autre chose importante : et les autres en VO ? Si votre motivation est purement culturelle, les autres cultures pour vous ne sont pas dignes d’apprentissage ? »

                      Ah tiens, j’avais sauté ce bout de phrase-là.

                      Et bien pour répondre, il me suffira de mentionner que je tente d’apprendre l’espagnol avec le même degré que l’anglais, et que je me suis mit un petit peu à l’allemand. Malheureusement, je n’ai jamais eu le don des langues, et ces apprentissages en sus de mon travail (assez prenant) risquent d’être plutôt longs.

                      J’ai également mentionné que je pense me remettre à l’esperanto un de ces jours, mais ce n’est pas pour moi une priorité.


                    • Henri Masson 11 août 2007 07:58

                      Non, funram. Rien ne prouve que l’on assisterait au même phénomène avec l’espéranto qu’avec l’anglais, que l’« on souffrirait d’une grande carrence en anglais, espagnol, allemand, japonais, hougandais, malien, arabe, roumain, thaïlandais et portugais, dans les classes ». Il ne faut pas jouer les prophètes. D’abord il n’existe pas de langue nommée « hougandais », et les principales langues de l’Ouganda sont l’anglais et le kiswahili. Il y a aussi plusieurs autres langues dont le « luganda »... Mais peu importe, ça n’empêche pas de comprendre ce que vous voulez exprimer.

                      Il ne faut pas de longues recherches pour se rendre compte que l’anglais accapare une part énorme du temps et des efforts des élèves, des étudiants, donc du budget de l’Éducation nationale (sur lequel le contribuable a un droit de regard et de critique), et aussi de citoyens ou d’entreprises qui se sentent contraints de sacrifier du temps et de l’argent pour cette langue. Et ceci pour tous les pays du monde. Les carences que l’on observe dans la connaissance du français (sans parler des langues étrangères) à cause de la contrainte de tout sacrifier à l’anglais sont déjà énormes. L’effort sacrifié pour l’anglais est soustrait de celui qui devrait être fait pour combattre l’analphabétisme et l’illettrisme, pour améliorer l’enseignement général, l’éducation civique et j’en passe. L’effort serait considérablement réduit avec l’espéranto et, à effort égal à celui sacrifié aujourd’hui pour le seul anglais, il serait possible d’enseigner et l’espéranto et au moins une autre langue vivante (dont l’anglais, mais pas forcément). Évidemment, c’est là une chose qui paraît incroyable pour bon nombre de gens : deux langues pour le prix d’une. Et pourtant, ça n’a rien d’un tour de magie. Le prix Nobel Reinhardt Selten a récemment plaidé, devant le Parlement européen, pour l’enseignement de l’espéranto comme première langue étrangère. De son côté, Claude Hagège estime que l’anglais ne doit pas être enseigné comme première langue étrangère, et il admet que l’espéranto doit être pris en considération. À l’inverse de l’anglais, qui coupe l’envie à la majorité de ceux qui ont peiné à l’apprendre d’étudier d’autres langues, l’espéranto éveille la curiosité pour celles-ci et stimule le désir d’en apprendre d’autres, l’envie d’aller plus loin. C’est comme les préliminaires en amour smiley Il n’a pas l’effet inihibiteur de l’anglais. Mais, sortir d’une ornière ou d’une routine n’est pas chose facile. Surtout quand certains veillent à ce que nul n’en sorte. Alors, va-t-on continuer longtemps à dilapider un effort multiforme (budgétaire, mental, etc.) sans, au moins, favoriser la poursuite de l’expérimentation une autre voie ?

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