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Accueil du site > Tribune Libre > 1917-2017 Octobre est là !! … Et si le bolchévisme était encore une (...)

1917-2017 Octobre est là !! … Et si le bolchévisme était encore une idée neuve ?

 

 

 

 

Célébrer Octobre, ce n’est pas célébrer n’importe quelle révolution…

C’est célébrer la première alternative au capitalisme enfin réalisée et construite durablement, sur une période et une étendue suffisamment vaste, à l’échelle d’un continent, et largement influente au delà, pour avoir marqué profondément l’histoire de l’humanité.

La question est donc de savoir si l’on veut se contenter de célébrer les « 10 jours qui ébranlèrent le monde », comme un événement folklorique sur lequel on peut broder n’importe quelle légende de circonstance, au gré des obsessions politiciennes intéressées des uns ou des autres, ou bien si l’on considère que cette voie ouverte vers le socialisme, durant plusieurs décennies, est une première tentative humaine d’envergure et qu’il y a des leçons positives à en tirer pour tenter et réussir une nouvelle…

La Révolution d’Octobre s’est réclamée du Marxisme, dans un premier temps, puis du Marxisme-Léninisme, par la suite, assez logiquement, compte tenu à la fois du rôle décisif de Lénine et de son œuvre dans cette période historique, et évidemment, de sa disparition prématurée.

Pourtant, dans cette commémoration, il ne s’agit pas de dépoussiérer les vieux livres, mais au contraire, de chercher à comprendre de quelle façon et dans quelles conditions concrètes les théories ont été mises à l’épreuve de la pratique.

C’est un regard critique sur l’histoire, simplement nécessaire pour déterminer quels sont nos critères d’évaluation.

Ce sont ces critères d’évaluation qui donneront le sens et la portée politique de notre célébration militante éventuelle.

Le fait que le marxisme et le marxisme-léninisme aient été l’idéologie officielle de la Russie Soviétique et de l’URSS sur toute sa durée est un fait qui ne peut pas être considéré de manière univoque, si l’on considère que le « marxisme-léninisme » est encore formellement l’idéologie officielle de la seconde puissance boursière et financière mondiale actuelle, la Chine…

C’est Marx lui-même, dans l’exposé de sa méthode, qui nous invite à considérer qu’on ne peut pas essentiellement juger d’une époque par ce qu’en disent les protagonistes eux-même…

« De même qu’on ne juge pas un individu sur l’idée qu’il se fait de lui, de même on ne peut juger une telle époque de bouleversement sur sa conscience de soi ; il faut, au contraire, expliquer cette conscience par les contradictions de la vie matérielle, par le conflit qui existe entre les forces productives sociales et les rapports de production. »

Karl Marx Préface à la Contribution à la critique de l’économie politique, 1859.

C'est donc là encore une occasion utile de rappeler ce qui est un élément essentiel de sa méthode dialectique, à savoir la prépondérance du rôle des infrastructures, de la base sociale et économique, sur celui des superstructures, des institutions politiques, des idéologies, surtout « officielles »…

D’un point de vue communiste marxiste-léniniste Il est clair que le sens d’Octobre ne change pas, que ce soit au 99e anniversaire, au 101e ou n’importe quand, du reste, mais le 100e, c’est bien une occasion incontournable de débats, de médiatisations diverses, dont il reste possible de faire, à l’occasion, une arme politique.

Et une telle arme politique n’a évidemment de sens que dans le contexte présent…

Tenter de porter, en quelque sorte, la parole d’Octobre parmi les masses prolétariennes c’est se confronter à la fois à l’image que le système a réussi à forger de cet événement historique et de ses conséquences, et à la réalité actuelle de la crise à laquelle les prolétaires sont eux-mêmes directement et quotidiennement confrontés.

L’image que le système renvoie de l’URSS, c’est aussi l’image qu’il renvoie de la Révolution d’Octobre, l’une étant inséparable de l’autre. Il est donc vain de vouloir célébrer dignement le centenaire d’Octobre sans rendre sa dignité à l’histoire de l’URSS.

Selon l’image qu’ont réussi à en populariser les médias occidentaux et la culture officielle du système capitaliste, l’URSS et l’ensemble du monde communiste sont vus comme une vaste prison qui se serait effondrée comme un château de carte.

C’est donc cette image d’un échec irrémédiable et irréversible de la première tentative de construction du socialisme prolétarien que la bourgeoisie a besoin de forger pour sa propre survie, car plus d’un quart de siècle après cet effondrement, elle n’a toujours pas résolu sa propre crise et se trouve confrontée à la nécessité d’en faire supporter les conséquences au prolétariat et à l’ensemble des couches populaires.

Et plus elle a besoin de durcir les conditions de vie de la majeure partie du corps social, et du prolétariat en premier lieu, et plus elle a besoin de cette image dégradée du socialisme, de l’URSS, et de la Révolution d’Octobre.

Or une telle image dégradée de la Russie Soviétique et de l’influence de l’URSS, ce n’est pas celle qu’en a conservé la mémoire populaire de ceux qui sont concernés en premier lieu, à savoir les Russes eux-même !

Selon l’Occident, l’effondrement de l’URSS devait être la « fin de l’histoire », la « libération des peuples de l’Est », le « développement économique par le capitalisme », etc…

Aujourd’hui, plus d’un quart de siècle après cette « libération », plus de 55% des Russes, même selon les instituts de sondage US, s’affirment nostalgiques de l’URSS, et Lénine et Staline y sont encore considérés parmi les chefs d’État russes les plus populaires, avec Poutine, alors que Gorbatchev et Eltsine sont carrément honnis, que cela « choque » l’Occident ou non !

Pourtant, le retour au pouvoir d’un parti communiste, même s’il en est d’influents, n’y semble pas imminent.

Gorbatchev, liquidateur de l’URSS en 1991, avait déjà depuis des années livré officiellement l’économie de son pays aux bandes maffieuses constituées par les gangs de racketteurs tout droit sortis des anciens goulags. C’était ce qu’il prétendait être la « perestroïka » (reconstruction) !! Parachevant cette ruine économique tragique et entraînant un appauvrissement généralisé de la population, sous l’ère Eltsine, ces gangs, les futurs « oligarques », se sont affrontés de manière sanglante pendant des années, jusqu’à ce que le clan Poutine, issu du KGB, prenne le dessus et impose son ordre, toujours en place, depuis 1999. Aujourd’hui, la Russie reste un état capitaliste « émergent », capable de défendre militairement son indépendance, mais d’une puissance financière à peu près équivalente à celle de l’Espagne, infiniment plus petite…

>>>Aujourd’hui la Russie Soviétique qui suscite la nostalgie n’est donc pas celle, dégénérée, de Gorbatchev, déjà ravagée depuis longtemps par le capitalisme, …mais bien celle qui est sortie de terre à l’issue de la Grande Révolution d’Octobre, il y a cent ans.

>>>Celle qui a émergé du néant, saignée à blanc par la 1re guerre mondiale, puis par la guerre « civile », guerre soutenue en fait par toutes les puissances impérialistes occidentales, dont la France.

>>>Celle qui, dès 1917, organisait le pouvoir des Soviets, assemblées ouvrières et paysannes sur la société, alors que chez nous « démocratie » rime encore avec ploutocratie, oligarchie et surtout duperie !

>>>Celle qui, en 20 ans, est devenue, à partir d’un pays totalement ruiné, une puissance économique industrielle capable de résister à l’Allemagne Nazie, puissance dominante en Europe, et de la vaincre !

>>>Celle qui, une nouvelle fois ruinée par cet effort immense, s’est relevée à nouveau en quelques années, sans déchoir de son rang de deuxième puissance mondiale

Mais à partir de 1956, avec les « réformes économiques » de Khrouchtchev, en fait déjà un rétablissement déguisé du capitalisme, s’ouvrira une ère de stagnation économique et de recul social, parachevée sous la « perestroïka » de Gorbatchev.

Néanmoins, de nombreux acquis sociaux de la première période y ont longtemps perduré, et suffisamment pour que l’on puisse comprendre à la fois la nostalgie actuelle et la méfiance à l’égard des divers « communistes », héritiers de l’ère Gorbatchev, bien qu’ils fassent mine de s’en défendre et n’hésitent pas à se référer formellement à Lénine et à Staline pour tenter de récupérer leur prestige de leaders historiques.

Ce n’est pas là, comme on l’a vu, un point de vue réellement marxiste-léniniste, qui ne consiste pas à se contenter de proclamations nostalgiques, mais cherche à analyser ce qui se passe en profondeur, dans les infrastructures, aussi bien de la société capitaliste, pour comprendre sa crise actuelle, que de celle du socialisme, pour comprendre les causes de sa disparition, alors que l’URSS avait rayonné quasiment sur un tiers de la planète, à son apogée.

C’est pourquoi, si l’on sent bien, aujourd’hui, avec la crise chronique du capital, même avec ses quelques courtes périodes de « rebonds », en faits autant de sursauts stériles, que l’évolution de cette « civilisation » mondialisée, littéralement « contre nature », ne peut plus être que régressive, l’effacement brutal et spectaculaire du « continent socialiste » peut apparaître, lui aussi, comme l’engloutissement d’une autre civilisation, ce qu’il fut, pour partie, en réalité.

 

 

 

Pourtant, si l’on veut comparer historiquement le destin des sociétés et des civilisations, il faut rappeler que la bourgeoisie, apparue en tant que classe avec le tournant de l’an mille, a encore mis plus de huit siècles avant de s’imposer radicalement comme classe politiquement dominante, en France, malgré sa domination économique déjà progressivement acquise au cours des siècles et définitivement réaffirmée avec les prémisses de la révolution industrielle.

Là peut s’arrêter cette comparaison, car chaque mutation profonde de société a ses propres caractéristiques, à nulle autre pareille.

Néanmoins, les convulsions révolutionnaires, de la fin du XVIIIe siècle au début du XXe, montrent que ces processus de transformation ne sont pas linéaires, mais comportent des sauts brusques, des retours en arrière, des situations que l’on peut qualifier d’ »hybrides », etc…

De l’an mille à aujourd’hui, la bourgeoisie a constamment évolué, et tente de le faire encore, même si elle apparait comme en bout de course, dans ses possibilités de régler la crise…

Le prolétariat moderne, né avec la révolution industrielle, a déjà beaucoup changé, et change encore radicalement, sous l’effet de la « mondialisation », résultante de la domination impérialiste actuellement sans partage, autre qu’entre rapaces impérialistes eux-même, et sans résistance, autre que très locale ou très partielle.

Mais de même que la bourgeoisie tenait entre ses mains, depuis le cœur du moyen-âge, les clefs de l’avenir, c’est, aujourd’hui encore, et depuis son apparition en tant que classe industrielle, le prolétariat qui les détient, désormais.

Cela peut paraitre moins évident, aujourd’hui, en Occident, mais le prolétariat industriel mondial continue de croitre, et ici, l’extension du secteur tertiaire, combinée avec la paupérisation des classes moyennes et la marchandisation des services, crée, avec la crise, une nouvelle extension du prolétariat.

Au cours des trois derniers siècles, les plus grandes révolutions, bourgeoises comme prolétariennes, et presque simultanément dans certains cas, ont connu leurs lots d’épopées, de tragédies et d’errements, mais dans tous les cas, l’histoire est écrite par les vainqueurs.

Actuellement, c’est la bourgeoisie qui a nettement repris le dessus, à l’échelle mondiale, même si tout le monde comprend bien que cette « domination » repose sur les sables mouvants et boueux de sa propre crise.

Même dans ses tentatives vaines de raffermir sa base instable, la bourgeoisie n’en continue donc pas moins de proclamer haut et fort, et même d’autant plus fort, ses prétendues « valeurs éthiques », y comprit à grands renforts, précisément, de rappels « historiques », pourtant parfois nauséabonds, comme celui du colonialisme, puisant ses racines dans l’esclavagisme.

Et même si la bourgeoisie n’affirme pas plus vouloir rétablir l’esclavagisme que l’échafaud ou la guillotine, elle n’en continue pas moins à vouloir nous faire entonner ce couplet selon lequel un sang « impur » abreuve son sillon, qu’elle continue très concrètement et quasi quotidiennement d’irriguer, par ses opérations militaires aux quatre coins du monde.

Et lorsqu’elle prétend critiquer la « violence répressive » du bolchévisme elle omet de rappeler que sa propre survie ne tient qu’aux bains de sang et à la furia destructrice qu’elle impose régulièrement aux peuples du monde, et encore aujourd’hui, même si de façon plus « diffuse » que pendant les deux guerres mondiales.

Très récemment, dans la première phase de la campagne électorale française, on a vu ressurgir, derrière les costumes à 7000 euros pièce du « Très Honorable François Fillon », l’ombre de la « Françafrique », fer de lance néocolonialiste sanguinolent de notre « très démocratique » bourgeoisie française…

Rappelons en deux mots l’un des « exploits » les plus saillants de la dite « Françafrique », en 1994, en seulement 3 mois, le génocide rwandais a fait très « officiellement » 800 000 victimes, le plus souvent massacrées à la machette, jusque dans les églises… 800 000, et beaucoup plus, selon d’autres sources, peu suspectes de partialité :

https://www.la-croix.com/Actualite/Monde/Genocide-au-Rwanda-un-million-de-morts-en-100-jours-2014-04-10-1134203

https://fr.wikipedia.org/wiki/G%C3%A9nocide_des_Tutsis_au_Rwanda

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/05/24/1994-2017-collaboration-droite-gauche-un-heritage-sanglant-et-mortifere/

Même si cela reste regrettable et considérable, sur trente années, la répression politique en URSS « stalinienne » n’en a pas fait autant, selon les sources originales, telles qu’examinées à la loupe par les historiens chercheurs US, à l’ouverture des archives soviétiques…

Mais si les 800 000 morts du Rwanda ont à peine le droit à des procédures symboliques concernant leurs bourreaux directs, et pratiquement aucune, concernant les complices français des commanditaires du massacre, les malheureuses victimes de la répression en URSS se sont, elles, mystérieusement « multipliées », et de façon exponentielle, pour devenir 100 millions et plus, sous la plume des scribes médiatiques au service du capitalisme !

Et c’est, quotidiennement, cette armée de 100 millions de fantômes qui pilonne les consciences populaires, via les médias du système, à la moindre occasion où il est question de communisme ou d’URSS !!

Tandis que les amis de la « Françafrique » se taillent, eux, des costumes de luxe dans les dépouilles de leurs massacres.

Il ne s’agit justement pas, ici, d’ébaucher une sordide « échelle de valeur » entre les origines des victimes de l’histoire.

Les victimes du Génocide des Tutsis au Rwanda ont toutes autant droit à notre respect humain que les victimes des exécutions et massacres de la Grande Révolution Française, et tout autant que celles de la Révolution Soviétique.

Dans le cas du Rwanda, il s’agissait très « officiellement » d’une contre-révolution, mais quoi qu’il en soit, le but d’une révolution n’est jamais, fondamentalement, de massacrer ses ennemis. Il est d’abord et toujours de lutter contre une oppression, quelle qu’en soit la nature, et d’établir des rapports humains plus sociaux et plus justes.

Dans la Résistance, le but des Partisans n’était pas d’abord de tuer des allemands, mais de libérer le monde de la barbarie fasciste.

Rappelons encore, à cette occasion, que c’est à l’URSS et à ses Partisans, sur tout le continent eurasiatique, que l’on doit, et de loin, le plus gros effort et les plus grands sacrifices pour en finir avec le nazisme. Or cette capacité de résistance n’est pas le fruit du hasard, mais bien l’héritage le plus direct du Grand Octobre !

Elle repose sur l’édification de la Russie Socialiste Soviétique, à partir d’un pays-continent complètement ruiné par la guerre de 1914-18 et les armées blanches, ensuite, elles-même soutenues directement par toutes les puissances impérialistes de l’Occident, dont la France, au cours de la dite « Guerre Civile ».

C’est donc en à peine 20 ans qu’a surgi de ce champ de ruines la puissance socialiste soviétique avec la capacité de défaire le nazisme, première puissance capitaliste industrielle européenne.

Non seulement il est donc impossible de parler d’échec du socialisme et de la Révolution d’Octobre, mais c’est ce sursaut de la volonté créatrice de tout un peuple, et du prolétariat russe à son avant-garde, qui doit être mis en valeur et en évidence comme le fait essentiel de cette histoire et la conséquence historique la plus importante de la Révolution d’Octobre. Même si cela n’empêche pas un regard historique critique et analytique.

Il est également notable que le même élan de reconstruction s’est reproduit après guerre, maintenant l’URSS au rang de très grande puissance mondiale, seule capable de tenir tête à l’impérialisme US, qui commence alors à étendre son emprise sur le reste du monde.

Si cette résistance anti-impérialiste a finalement été vaincue, ce n’est en réalité que par le retournement des fondamentaux économiques du socialisme, essentiellement opéré sous l’ère Khrouchtchev, et parachevé sous l’ère Gorbatchev. Un lent déclin de 35 ans, pour arriver à saper jusqu’à sa base l’héritage des générations héroïques d’Octobre !

Sans doute, en notre début de XXIe siècle, même si nous n’avons pas nécessairement besoin d’un tel développement exponentiel des forces productives, tel que celui de ces premières générations, mais de plus de démocratie et d’un développement respectueux de l’environnement, il n’en reste pas moins qu’en tirant les leçons utiles du socialisme prolétarien, pour en reprendre les fondamentaux économiques, il y a là l’alternative potentielle à la déchéance économique et sociale dans laquelle s’enfonce notre société « mondialisée ».

Qui peut le plus, peut le moins, et si l’Union Soviétique a su ressurgir plusieurs fois du néant où les agresseurs impérialistes et fascistes ont tenté de la plonger, il n’est donc pas douteux que le socialisme prolétarien puisse être la seule alternative efficace et incontournable à l’incapacité du capitalisme à produire un développement économique et social équilibré et harmonieux.

Remettre en lumière les fondamentaux de l’économie socialiste, c’est comprendre les lois économiques fondamentales qui se sont dégagées de la confrontation entre la théorie marxiste et sa mise en pratique sur le terrain.

Cela ne peut partir, même et surtout d’un point de vue marxiste, que de l’analyse des infrastructures de l’URSS et de leur évolution au fil de l’histoire de leur développement et des conflits entre les différents groupes de dirigeants qui ont agit sur cette évolution.

Partir de l’analyse des infrastructures de l’URSS, c’est aussi chercher à comprendre la cohérence entre les principes et lois économiques considérés utiles par les économistes soviétiques et la réalité sur le terrain, selon les époques.

Dans les années 20 le débat a porté sur l’articulation entre secteur privé et secteur d’État.

L’une des questions essentielles était de savoir ce que devenait la loi de la valeur, principe de base de l’économie classique et marxiste, et où s’arrêtait, éventuellement, son influence.

Une question liée de près à celle-ci était le rôle du marché comme régulateur, ou non, de l’équilibre des prix entre offre et demande.

Et donc, également, le rôle de l’intervention, plus ou moins autoritaire, de l’État sur la régulation des prix.

Autrement dit, il y a donc deux questions importantes à considérer en premier,

__la loi de la valeur

__la loi du marché

Et qui en amènent trois autres :

__leur interaction

__leurs domaines respectifs

__le rôle du plan

Ce débat, en réalité, et contrairement à ce que prétend l’historiographie la plus courante en France, tant « à gauche » qu’à droite, n’a pas suivi forcément les clivages de factions supposées « gauches » et « droites ».

Aussi bien Boukharine que Preobrajensky ont affirmé que le domaine d’influence de la loi de la valeur ne concernait plus le secteur socialiste et cela est resté largement l’opinion dominante jusqu’au lendemain de la seconde guerre mondiale.

On peut donc dire que l’influence « gauchiste », sur cette question, a prévalu dans la gestion du secteur d’État en général, puis dans celle du secteur socialiste, quasiment jusqu’à la préparation du XIXe Congrès, en 1952, où le débat à seulement commencé à prendre un tour nouveau.

Trotsky, quant à lui, tout en étant allié, en réalité uniquement tactiquement, avec l’« opposition de gauche », a constamment défendu le rôle du marché comme régulateur, y compris pour le secteur d’État planifié. Incidemment, ce point de vue, clairement explicité par le trotskyste Michel Raptis, d’après les textes mêmes de son « maître-à-penser », c’est à dire de Trotsky lui-même, et qui consiste à considérer le marché comme régulateur, même dans l’économie capitaliste, c’est tout à fait le point de vue d’un économiste bourgeois, et non d’un marxiste… !

Trotsky, en ce sens, est le véritable précurseur du « réformisme » contre-révolutionnaire de Khrouchtchev. Dans ce cas, Loi de la valeur et Loi du marché interagissent exactement comme dans le régime capitaliste classique et la distinction entre secteur privé et secteur d’État tend à disparaître.

On a affaire, dans ce cas, et selon l’ouverture plus ou moins grande aux capitaux étrangers, à un vague « socialisme de marché » (type actuel>>>Chine) qui est en fait une forme de capitalisme plus ou moins « nationale » ou classique, voire comprador ("Zones économiques spéciales", en Chine).

Fort heureusement pour la survie de l’URSS, l’influence de Trotsky s’est considérablement réduite, dès le milieux des années 20, mais celle des économistes « de gauche » est restée prépondérante, même sous Boukharine.

A noter que, vers la fin des années 30, alors que l’URSS s’apprêtait à affronter l’Allemagne nazie, les trois, Boukharine, Preobrajensky, et Trotsky, se sont retrouvés sur les positions les plus droitistes de ce dernier, mais sans aucun succès, non plus, fort heureusement, non seulement pour l’URSS, mais aussi pour le reste du monde.

Néanmoins, à la veille de la seconde guerre mondiale, le débat n’était donc toujours pas tranché, et il faut considérer que la gestion de l’économie planifiée en a nécessairement souffert, malgré ses grands succès.

Il n’est pas douteux que des améliorations de gestion considérables auraient été possibles si la clarification avait pu avoir lieu au tournant des années 30.

Le XIXe Congrès de 1952 a donc enfin apporté un jour nouveau sur ces questions, et tranché, du reste, et même si à posteriori, la question de la relation entre secteur d’État socialiste et secteur privé.

Dans le secteur privé la relation Loi de la valeur/Loi du marché reste assez classique, mais l’État peut y intervenir pour contrôler les prix.

Dans la relation entre secteur socialiste et secteur privé, le contrôle du plan, en plus de celui des prix, peut et doit intervenir. L’action des deux lois économiques y persiste, tout en étant très réduite.

Dans le secteur socialiste, c’est la planification qui est la règle, et la Loi de la valeur peut et doit y être utilisée, de manière contrôlée, pour ajuster les prix en fonction de la valeur-travail, et donc pour arriver à un équilibre économique et budgétaire satisfaisant et conforme au plan.

L’influence de la Loi du marché, dans le secteur socialiste planifié, est, par contre, tout à fait exclue.

A l’époque du XIXe Congrès, le secteur privé a tout à fait disparu, mais les relations entre secteur d’État socialiste et secteur coopératif (kolkhozes), s’apparentent, du point de vue des principes économiques, aux relations entre secteur d’État et secteur privé.

Il y a donc persistance de l’interaction « valeur-travail/marché », dans ce domaine, même si largement contrôlé par l’État.

Et il y a encore également possibilité d’utiliser la loi de la valeur et la notion de valeur-travail, pour améliorer la gestion du secteur économique socialiste entièrement planifié, et où, par contre, l’influence de la loi du marché reste donc totalement exclue.

Néanmoins, dès 1953, prenant appui sur le retour partiel de la loi de la valeur, les révisionnistes khrouchtcheviens vont s’efforcer, et malheureusement avec succès, cette fois ci, de réintégrer la loi du marché à tous les niveaux.

C’est pourquoi il nous faut bien comprendre la ligne du XIXe Congrès, et l’utilisation marxiste enfin correcte qu’elle propose pour la Loi de la valeur et la valeur-travail, telle qu’abordée par Marx, pour la période de transition, dans la Critique du Programme de Gotha, cité par Staline, du reste, dans son ouvrage de préparation à ce Congrès.

Ces principes économiques sont également les principes fondamentaux rappelés par Lénine, en Septembre 1917, au Chapitre 5, consacré à ce sujet, dans son ouvrage L’État et la Révolution.

Loin d’être contradictoires avec les mesures proposées pour le capitalisme d’État en 1918, et mises en œuvre plus tard, avec la NEP, en 1921, il en sont le complément indispensable, pour l’interaction entre les deux secteurs, selon le schéma résumé ci-dessus.

Certainement difficile à mettre en œuvre dans les conditions concrètes de l’époque, l’utilisation de ces principes, autour de la valeur-travail, est aujourd’hui potentiellement grandement facilitée avec les méthodes modernes de gestion informatique, qui permettent, en outre, l’exercice d’une démocratie participative directe, également grandement facilitée.

Cela peut et doit être notre guide, dans l’élaboration d’un nouveau programme communiste, pour la phase de transition de notre époque, en lien avec les masses prolétariennes et populaires.

A partir des leçons d’Octobre, avancer l’ébauche d’un tel programme et la populariser comme thème du débat public, c’est l’un des travaux essentiels de recherche, d’analyse, et en fin de compte, d’agit-prop, que doivent faire les marxistes-léninistes du XXIe siècle, à l’occasion de ce centenaire, et que nous pouvons considérer comme un élément de la Révolution du Retour au Réel !

Si nous savons les comprendre dans leur dimension historique et dans leur actualité, c’est à dire, sans dogmatisme, nous pouvons faire en sorte que les idées du XIXe Congrès, dernier Congrès du Parti Bolchévique, soient un point de départ pour faire le bilan de l’expérience soviétique et en tirer enfin les leçons vraiment utiles pour notre époque. Considéré ainsi, d’un point de vue vraiment marxiste, le bolchévisme est, plus que jamais, une idée neuve !

 

Luniterre

 

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Sources de l’article :

 

TRIBUNE MARXISTE-LÉNINISTE :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/10/01/1917-2017-octobre-est-la-et-si-le-bolchevisme-etait-encore-une-idee-neuve/

 

SOLYDAIRINFO :

https://solydairinfo.wordpress.com/2017/10/01/1917-2017-octobre-est-la-et-si-le-bolchevisme-etait-encore-une-idee-neuve/

 

FRONT des LAïCS :

https://frontdeslaics.wordpress.com/2017/10/03/1917-2017-octobre-est-la-et-si-le-bolchevisme-etait-encore-une-idee-neuve/

 

Nous ne sommes rien ? Soyons Tout !! :

https://nousnesommesriensoyonstout.wordpress.com/2017/07/09/2017-de-juillet-a-octobre-annee-du-centenaire/

 

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Sur le Centenaire d’Octobre, l’histoire de l’URSS, les bases de l'économie marxiste, une liste de liens vers des articles de fond :

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/08/18/doctobre-a-la-chute-de-lurss-problematique-du-rapport-de-force-et-de-la-superstructure/

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/08/14/un-siecle-apres-la-revolution-doctobre-1917-comprendre-lhistoire-de-lurss/

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/08/06/de-la-nature-de-classe-de-la-contre-revolution-khrouchtchevienne-nouveau-debat-avec-locf/

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/08/05/prix-du-petrole-effondrement-des-cours-et-effondrement-dune-theorie-pseudo-marxiste-leniniste/

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/07/15/de-juillet-a-octobre-ou-comment-la-petite-bourgeoisie-voit-les-revolutions/

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/marx-marxisme-critique-du-programme-de-gotha-glose-marginale-1-les-fondamentaux-economiques-de-la-transition-socialiste-proletarienne/

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/valeur-loi-de-la-valeur-plus-value-un-essai-de-breve-definition/

 

 

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Sur les origines maffieuses anciennes de la classe actuelle des « oligarques » russes, voir :

 

https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2017/10/lenfer-des-gangs-de-la-fin-de-lurss-a-la-russie-actuelle.pdf

 

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85 réactions à cet article    


  • bob14 bob14 6 octobre 10:18

    (La Révolution d’Octobre s’est réclamée du Marxisme, dans un premier temps, puis du Marxisme-Léninisme)..avant de devenir la « chose » d’un voyou nommé Staline (héros pour beaucoup de Français.. smiley


    • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 6 octobre 12:33


      « d’un point de vue vraiment marxiste »... le Marxisme est borgne :

      Lorsque Marx préconise de dépouiller la riche bourgeoisie pour améliorer la condition des pauvres, il ne voit même pas qu’il est possible d’améliorer la condition des pauvres en copiant simplement le mode d’enrichissement de la riche bourgeoisie.

      Cette réfutation des milliers de pages de Marx ne demande pas 30 lignes mais une seule phrase ! ! !

      Lettre ouverte à la Classe Ouvrière (et à tous ceux qui se sentent victimes du Capitalisme, du Libéralisme Économique, de la Mondialisation et de l’Union Européenne).
      http://www.sincerites.org/2017/04/lettre-ouverte-a-la-classe-ouvriere-et-a-tous-ceux-qui-se-sentent-victimes-du-capitalisme-du-liberalisme-economique-et-de-la-mondial

    • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 6 octobre 12:51

      @Jean-Pierre Llabrés
      L’article ci-dessus est en modération, après plusieurs rejets, depuis le 18 août 2017...



    • CN46400 CN46400 6 octobre 13:31

      @Jean-Pierre Llabrés

      Mon cher, toute votre éducation sur le sujet est à refaire, rien n’est récupérable....


    • CN46400 CN46400 6 octobre 14:02

      @ bob14

      Le « marxisme-Léninisme » a, sur le plan idéologique, la même fonction que le Mausolée de Lénine sur la Place Rouge (dont sa compagne ne voulait pas), ou de ses nombreuse statues dans toute l’URSS, à savoir, figer, « ad vitan éternam », la conception stalinienne du marxisme, et d’accaparer, au bénéfice du seul Staline, la renommée de Lénine.


    • sahb 6 octobre 14:48

      @Jean-Pierre Llabrés
      difficile de faire plus IDIOT comme « réfutation » !!! pour faire UN riche il faut des MILLIONS de pauvres !!! ah ben oui il avait pas compté !!!


    • sahb 6 octobre 14:53

      @bob14
      quand les moscovites reconnaissants et admiratifs honorent la mémoire de leur grand dirigeant Staline le jour de son anniversaire en déposant des fleurs pendant des heures :


    • Luniterre 6 octobre 15:15

      @CN46400

      Marxisme-Léninisme est une expression utilisée par les bolchéviques dès la mort de Lénine, pratiquement, et non par Staline, qui ne l’utilise pratiquement pas avant la fin des années 30, en fait.

      Elle était également déjà utilisée par les opposants révisionnistes et anti-staliniens, comme le groupe de Rioutine (pseudo « Plate forme marxiste-léniniste »), pour tenter de duper une partie des militants bolchéviques.

      Marxisme-Léninisme, ce n’est pas seulement Marx+Lénine comme collection de textes, mais la synergie qui se dégage de l’utilisation dialectique de leurs travaux complémentaires, à deux époques différentes, et qui peut donc se prolonger, si la volonté politique s’en manifeste.

      En vous lisant, on voit bien que ce n’est pas votre truc... Dont acte.

      Luniterre


    • Luniterre 6 octobre 15:27

      @sahb

      Merci pour cette vidéo qui illustre bien le propos de l’article, et encore plus, celui de mon post en réponse à @Yvance77 :

      https://www.agoravox.fr/commentaire5019274

      *******************************

      Luniterre


    • vesjem vesjem 6 octobre 17:09

      @Jean-Pierre Llabrés
      en effet c’est inquiétant de te voire bâillonné à moins 5 avis (quand je t’ai plussé) ;
      en quoi ton article peut faire peur , et à qui ?


    • vesjem vesjem 6 octobre 17:13

      @bob14
      non , dès le départ, çà a été récupéré par une bande d’escrocs et d’assassins communautaires ;


    • vesjem vesjem 6 octobre 17:16

      @sahb
      sais-tu pourquoi ils sont si nombreux ?


    • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 6 octobre 20:07

      @sahb

      Navrant de proférer un tel jugement sans avoir lu ou, pire, sans avoir compris mon texte...

    • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 6 octobre 20:09

      @vesjem

      Merci pour votre appui.
      Comme vous, je ne vois pas à qui mon projet peut faire peur...

    • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 7 octobre 13:31

      @CN46400

      Je suis d’autant plus coupable que je vous fais perdre toute capacité d’argumentation ! ! !...

    • Yvance77 Yvance77 6 octobre 10:22

      « Aujourd’hui, plus d’un quart de siècle après cette « libération », plus de 55% des Russes, même selon les instituts de sondage US, s’affirment nostalgiques de l’URSS, et Lénine et Staline y sont encore considérés parmi les chefs d’État russes les plus populaires, avec Poutine, alors que Gorbatchev et Eltsine sont carrément honnis, que cela « choque » l’Occident ou non ! ».


      Nostalgie de Staline pas vraiment... pour ce qui est d’une période plus contemporaine, effectivement la période de la « perestroika », représente surtout deux années très dures de pauvreté, de non emploi et de pillage par des oligarques. Poutine a se crédit, celui d’avoir su également redonner une fierté à ce valeureux peuple.

      Un dirigeant que l’on ne cite pas beaucoup et qui a été assez détesté est Brejnev.

      • Yvance77 Yvance77 6 octobre 10:34

        **** Poutine a ce crédit (à quand la possibilité de corriger un commentaire ?)


      • Luniterre 6 octobre 12:28

        @Yvance77
        Bonjour,

        L’article, malgré sa longueur, n’est qu’un survol rapide et synoptique de l’histoire de l’URSS, avec les fondamentaux économiques comme ligne de mire.

        La période Brejnev, à elle seule, et comme les autres, nécessiterait une étude particulière.

        Après quelques vagues espoirs de retour aux sources, suite au limogeage de Khrouchtchev, ce fut en fait une période typique de « stagnation » et reconnue sous ce nom, du reste, semble-t-il.

        Contre partie positive, une grande stabilité dans la situation sociale et économique, et même une relative embellie, du fait de la « rente pétrolière », alors à son apogée pour l’URSS.

        https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/08/05/prix-du-petrole-effondrement-des-cours-et-effondrement-dune-theorie-pseudo-marxiste-leniniste/

        Et donc, non, on ne peut pas parler de « détestation » de Brejnev, même si cela ne tient nullement au personnage, effectivement peu estimé pour lui-même, mais à la vie assez douce qu’on eu les Russes à cette époque. C’est un peu leurs « trente glorieuses », dans l’esprit, même si sur une durée plus courte...

        Certainement une des bases économiques de la nostalgie de l’URSS.

        L’effondrement de la rente pétrolière, orchestrée déjà par les USA (...et l’Arabie Saoudite), tout comme aujourd’hui, pour asphyxier les nations émergentes (Russie..., Venezuela, etc...) est l’une des causes majeures de l’effondrement de l’URSS.

        En même temps, elle souligne la dépendance et la dégénérescence continue de l’économie soviétique entamée avec l’ère Khrouchtchev.

        Mais surtout, la rente pétrolière permettait aussi de masquer la mainmise déjà prépondérante de la maffia sur l’économie du pays, en lien avec la partie la plus corrompue de la bureaucratie.

        Avec Gorbatchev et sa perestroïka, et dès 1985, le pouvoir maffieux, via le racket désormais sans le moindre frein, prend le contrôle de toute nouvelle initiative économique, création d’entreprise, etc...

        C’est le début de la guerre des gangs, qui aboutira, vers la fin des années 90, à la constitution de la classe actuelle des « oligarques », qui sont, pour l’essentiel, les rares survivants de cette guerre impitoyable.

        Elle se poursuit toujours, même si de manière plus « feutrée » et surtout, plus discrète.

        Toutefois, il est significatif de voir à quel point les médias occidentaux, et même les économistes et autres « sociologues » sont passés sur cet aspect essentiel des causes de la chute de l’URSS et de la déchéance qui s’en est suivie. Et cette « amnésie » ne peut être que volontaire, tant le phénomène était flagrant et incontournable !

        Sa persistance, même si atténuée, en partie grâce à Poutine, est certainement l’une des causes du maintien, et même de la hausse actuelle (+ de 56%), de la cote de popularité de Staline, considéré comme le vrai vainqueur d’Hitler, d’une part ,mais aussi comme ayant d’abord réprimé essentiellement ce type de comportement maffieux, bien plus que l’opposition « politique ».... (Dans les faits, dans une proportion de 80%/20%, semble-t-il...)

        Le fait est que le décalage d’image est total... !

        Luniterre









      • Luniterre 6 octobre 12:37

        @Yvance77

        Complément d’info déjà mentionné à la suite de l’article :

        Sur les origines maffieuses anciennes de la classe actuelle des « oligarques » russes, voir :

        https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2017/10/lenfer-des-gangs-de-la-fin-de-lurss-a-la-russie-actuelle.pdf

         Un excellent résumé, repris directement d’un doc d’histoire pas du tout communiste ni même « nostalgique »... !

        Luniterre







      • sarcastelle sarcastelle 6 octobre 11:00

        Moi aussi j’ai la nostalgie du crime organisé par l’état lui-même. A quand le retour du bolchevisme ? 


        • pipiou 6 octobre 11:05

          100 ans après il y croit encore ! Hébé.

          D’autres vous diront que la Monarchie est encore une idée neuve.


          • sarcastelle sarcastelle 6 octobre 11:40

            @pipiou

            .
            Holà, monsieur ! Nous prions pour le retour sur le trône de notre roi Louis XX ! 

          • Luniterre 6 octobre 13:15

            @pipiou

            En Espagne, elle tente de l’être...

            Et la « République Catalane » tente d’en être aussi une autre...

            L’histoire n’est jamais rectiligne...

            C’est pas la « Perspective Nevski », aurait dit Lénine...

            En fait, même dans cette immense avenue, il y a un coude significatif au niveau de суворовский проспект...

            Luniterre


          • Le capitalisme et le marxisme ne sont que le recto et verso du même billet de DOL LARD. Un excès de matérialisme.


            • Cateaufoncel 6 octobre 11:28

              "de chercher à comprendre de quelle façon et dans quelles conditions concrètes les théories ont été mises à l’épreuve de la pratique.« 

              Ce qu’il n’y a pas lieu de chercher à comprendre, c’est comment la révolution prolétarienne se transforme en machine d’oppression, basée un appareil policier auquel tout le peuple est appelé à participer.

              C’est tout simple, dans le fond : dans les débuts, le nouveau régime, mal assuré, vit dans la peur obsessionnelle de la contre-révolution, de la réaction, du retour de la bourgeoisie, donc il faut mettre en place une surveillance globale qui permette de détecter les moindres symptômes d’un retour de l’ordre ancien abject et abhorré.

              Le choses se metent donc en place. Tout le monde surveille tout le monde, les flics surveillent les civils et les autres flics, les civils surveillent les civils, les voisins dénoncent leurs voisins, les femmes dénoncent leurs maris, et réciproquement, les enfants dénoncent leurs parents (v. Pavel Morozov).

              Par la suite, il ne se trouve jamais personne pour dire »Bon, ben maintenant, c’est bon, ça y’est, ça suffit, on s’arrête". Tout d’abord, parce qu’il ne se trouve personne pour savoir, si ça y’est, si c’est vraiment bon, si ça suffit. Les temps obscurs, la barbarie, l’horreur de l’exploitation de l’homme par l’homme, peuvent revenir à n’importe quel moment

              Mais même si ça y’était un jour, pendant les années, les flics auraient réuni, du fait de leur surveillance, des immeubles entiers de dossiers, de pièces à conviction, de films, de preuves en tous genres, sur tout ce que tout un chacun a fait de depuis sa naissance, et ça va d’un vol d’une gomme dans un supermarché à la partouze pédophile pour nomenklaturistes, avec mort d’enfant, que c’en est devenu hors de tout contrôle.

              La police est devenue tellement puissante que plus personne n’ose s’y attaquer, parce qu’’il n’agirait pas de tuer un responsable, mais de détruire des millions de pièces susceptibles d’être produites à charge contre des puissants du jour. Et voilà comment le système se met inexorablement en place et comment il se perpétue tout aussi inexorablement.

              Même la dialectique socialiste scientifique, elle ne peut rien là contre.


              • Luniterre 6 octobre 12:54

                @Cateaufoncel

                Concernant les excès et débordements de la répression, et contrairement à ce que vous pourriez supposer, je suis assez d’accord avec vous, même si la vision « occidentale » du problème est largement surfaite (Je vous laisse à vos fantasmes...).

                Notez bien, cependant, que concernant le côté « intrusif » du système, on y revient exactement, avec Google et tutti quanti, par d’autres moyens, plus « soft » en apparence... Et personne ne va réellement contre...

                Luniterre


              • Cateaufoncel 6 octobre 16:50

                @Luniterre

                La peur obsessionnelle du retour de la Réaction, Luniterre, souvenez-vous, la peur obsessionnelle du retour de la Réaction. Elles sont là les racines de le Tchéka, les racines des sales habitudes... Après, on le sait maintenant d’expérience, il faut des décennies pour le temps dilue, dissolve, « homéopathise », les principes actifs de la répression, plus ou moins aveugle.

                Les cent millions de morts, je connais... Le Livre noir, je l’ai, mais s’il ne m’appartient de pardonner à personnes, je pense que les ex-Urssistes ont bien de fait de pas organiser un Nuremberg du communisme. Mais enfin, tout ça, c’est du passé, et je crois pas ce que ce soit judicieux d’essayer de reprendre ça de zéro, parce qu’il n’y aucune raison objective, pour que cela évolue mieux que la fois précédente.

                Moi, je ne sais pas ce qu’il se passe au Venezuela et ça ne m’intéresse pas au point d’essayer d’approcher d’une source de la vérité, mais si un de ces quatre matins, ça tourne carrément à la dictature, ce n’est pas moi qui serai estomaqué.


              • Jelena Jelena 6 octobre 11:39

                Ce qui a détruit l’URSS (et plus encore la SFRJ) c’est en partie la hausse du chômage et parallèlement la montée du nationalisme. Or il s’avère que l’UE fait la même erreur aujourd’hui.
                 
                Donc plutôt que de vouloir en revenir en arrière, voir même stagner, au lieu de répéter en boucle « Si il y a du chômage, c’est à cause des chômeurs », il faut un système qui prenne en compte que « Si il y a du chômage, c’est parce que la machine remplace l’homme ».


                • Une « idée » qui a massacré plus de 100 millions d’êtres humains ? Non merci !
                  Au fait, ces génocides étaient préconisés par Karl Marx dans ses bouquins, il y avait donc préméditation !


                  • CN46400 CN46400 6 octobre 13:37

                    @France Républicaine et Souverainiste

                    100 millions dans le monde, c’est rien à coté des 800 000 rwandais sur 5 millions d’habitants du Rwanda en 95...


                  • Trelawney Trelawney 6 octobre 13:57

                    @CN46400
                    Votre cerveau est si limité que cela pour nous mettre en opposition deux événements qui n’ont rien à voir.

                    Parce que par rapport aux 100 millions de morts de la grippe espagnole c’est rien non plus

                  • Spartacus Spartacus 6 octobre 14:07

                    @CN46400

                    Tiens voici le whataboutiste qui nous fait un remake du déni...

                    Un réflexe conditionné par des années de Marxisme.......

                  • CN46400 CN46400 6 octobre 14:12

                    @France Républicaine et Souverainiste

                    A partir du moment qu’on attribue des crimes au communisme, je ne vois pas pourquoi le capitalisme, un autre système économique, devrait être exonéré de ses propres turpitudes (Esclavagisme, génocides multiples etc...) et çà continue, par exemple pour les rohingas, sud Soudan ETC...etc


                  • Luniterre 6 octobre 14:15

                    @CN46400

                    Surtout en considérant, en fait, que ces « 100 millions » sont d’abord un mythe ad-hoc forgé par des faussaires au service du système (« Livre noir ») et que certaines « catastrophes » en partie réelles, ont d’abord leurs causes en occident, du fait de mesures de blocus cyniquement imposées à l’URSS, comme l’a démontré l’historien et économiste Nikolaï Starikov.

                    Exemple :

                    http://reseauinternational.net/qui-a-organise-la-famine-de-1932-1933-en-urss/

                    Luniterre


                  • Spartacus Spartacus 6 octobre 16:24

                    @Luniterre


                    Responsables mais pas coupables....Le concept du gauchiste.

                    Un mythe....Sic.
                    L’occident organisa un blocus contre l’URSS.....Ben voyons...
                    C’est sur que tuer les paysans, c’est l’occident qui l’a décidé..Evidemment.

                    Et y’a surement les mêmes explications aussi connes pour le Cambodge, la Chine et aujourd’hui le Venezuela ?

                    Les Goulag, les Laogai ont été construit à l’insu de leur plein gré...Evidemment.

                    Si on appliquait le communisme à la beauté, il faudrait tuer toutes les belles filles qui ont plus de chance dans la vie de réussir que les moches....
                    Et les massacres seraient expliqués par la faute de l’absence de rouge à lèvre....

                  • Cateaufoncel 6 octobre 17:01

                    @CN46400


                    « ...c’est rien à coté des 800 000 rwandais sur 5 millions d’habitants du Rwanda en 95... »

                    Dans ces pays-là, un génocide, ce n’est pas trop important

                    François Maurice Adrien Marie Mitterrand, président de la République française, de 1981 à 1995


                  • Cateaufoncel 6 octobre 17:04

                    @Cateaufoncel

                    Pour la clarté de la présentation, la citation

                    Dans ces pays-là, un génocide, ce n’est pas trop important

                    ...devrait être en caractères gras. Ils son apparemment déjà partis en week-end


                  • vesjem vesjem 6 octobre 17:38

                    @Spartacus
                    l’histoire secrète mondiale est infiniment plus complexe que tes commentaires simplistes ;
                    si tu veux t’instruire un peu sur la révolution russe, au lieu de « dégoiser » un message mille fois répandu par la propagande , achète-toi le livre de soljénitsine : « 2 siècles ensemble » tome 2 ,que tu trouveras difficilement et uniquement sur internet tant il est sulfureux et révélateur ; (auteur qu’on ne peut pas trop taxer d’affabulateur)
                    alors enfin, tu pourras revenir faire des commentaires pertinents


                  • Spartacus Spartacus 6 octobre 21:41

                    @vesjem

                    Le marxisme et son terrorisme sanglant, ses purges mortelles, ses camps de prisonniers de masse, le travail forcé jusqu’à l’épuisement, les déportations de familles, villes régions populations entières, les famines imposées par la planification, par l’homme, les exécutions extrajudiciaires, les procès frauduleux, les meurtres de masse et le génocide.

                    Pendant 100 années sans discontinuer...
                    Tout cela ne serait que « propagande » et n’aurait pas existé ?

                    Combien en faut il pour admettre que le communisme est la pire idéologie criminogène et arrêter de chercher des excuses dans des livres pour se rassurer....

                    La révolution Russe, point de départ d’un abattage massif d’humains d’une échelle inconnue auparavant...
                    Une horreur absolue...

                    Faire passer le communisme comme un joli romantisme.....

                    Dire qu’il y en a qui se croient obliger de faire perdurer cette idéologique puante et essayent de la faire passer pour romantique...

                    Ils créent en insufflant l’idéologie communiste le meurtre de leurs enfants demain....Ils seront tués pour leur bien....
                    Au nom du progrès social.Dans des actes que l’on justifiera comme sociaux et solidaires dans une révolution ou une contre révolution....

                  • vesjem vesjem 7 octobre 10:32

                    @Spartacus
                    des millions de morts, il en eut partout et à toutes époques ; tiens, 1,5 millions dont 1million de civils en irak perpétré par nos « amis » impériaux us récemment ; libye, syrie, afghanistan, yemen, plus loin : vietnam, corée ; sans oublier les ingérences criminelles de masse ;
                    là n’est pas le sujet de l’article ; je t’affirme juste que l’empire avait de bonnes raisons personnelles de s’ingérer en urss, comme partout ailleurs où il y a une rébellion contraire à ses intérêts, à mater ;
                    lis donc le livre que je t’ai cité et fais-toi une idée beaucoup plus proche des réalités sur la révolution russe

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