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Accueil du site > Tribune Libre > 50 ans de cinéma SF - A.I. Artificial Intelligence

50 ans de cinéma SF - A.I. Artificial Intelligence

Initialement ce devait être un film du grand Stanley Kubrick qui était lauteur du scénario. De son vivant il déclara que si jamais etc, le seul à même de le réaliser était à son avis Steven Spielberg, le cinéaste de lenfance.

Car au travers de cette fiction danticipation c'est bien le thème de lenfance qui est le sujet central de ce grand film humaniste désabusé.

Notre Humanité du fait des gaz à effets de serre a connu une raréfaction des espaces viables pour y vivre. L'homme a créé des robots appelés Mecas, à qui lon tâche de prêter non seulement une intelligence mais des émotions. L'homme joue à Dieu et souhaite donc que sa propre créature laime, lui son créateur. Ce sera David, un robot enfant, placé dans une famille ayant perdu leur fils.

Des robots donc mais aussi un drastique controle des naissances car la place sur terre n est plus à même daccueillir trop dhumains nous dit lElite. Ce qui ne les empêche nullement de fabriquer des robots humains. Comme un lent remplacement qui évoque clairement une forme desclavage, le robot étant par essence soumis à lautorité.

David donc découvre ses parents adoptifs et les aime. La première heure est celle de lintégration de cet enfant pur dans un environnement familial, puis son rejet, enfin son abandon dans la forêt. Cet abandon sen va puiser dans la biographie même du cineaste, lequel bien qu aimé par ses parents était considéré comme bizarre et associal et donc objet de rejets par ses camarades. Cet abandon est aussi la traduction de tous les contes pour enfants les plus terrifiants.

De là ce monde intérieur, cette bulle, quil développa en lui-même, et cet univers si personnel où lenfance est au centre de tout.

Dans A.I., film adulte, lenfance est associée au rêve et à la souffrance. David sen va rencontrer un meca lui servant de guide et dami dans un monde où règne la violence et où rodent les dangers. Mais David est pur et – troisième et dernière partie du film, la plus déconnectée du réel, la plus ancrée dans le monde du rêve – part en quête de la fée bleue, sous les océans, dans le ventre maternel, celle de Pinocchio. Il y découvrira sa réelle solitude, le secret de ses origines donc, mais aussi et surtout insiste Spielberg, le pouvoir de son imaginaire, lequel parce quil est enfant peut se substituer à un monde qui ne lui est pas bienveillant dans sa version officielle.

A.I. propose aussi une réflexion sur le devenir dune humanité aux mains dadultes jouant avec les nouvelles technologies aux Frankestein, jouant à Dieu en remplacant la vie par une autre et en limitant les naissances. Ces démiurges nous entrainent vers le précipice, vers la deshumanisation. Ils vont jusqu à donner naissance à des êtres sensibles enfants quils souhaitent à leur merci mais dont la force de limaginaire leur échappe.

Si ce monde quils nous imposent est bel et bien voué à lextinction, nul doute que la foi et les rêves et avec eux limaginaire sur lesquels ils nont nullement prise triompheront dans une autre dimension.


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19 réactions à cet article    


  • Giordano Bruno 9 mars 09:06

    Voua avez écrit :

    « Car au travers de cette fiction danticipation c’est bien le thème de lenfance qui est le sujet central de ce grand film humaniste désabusé. »

    Fan de Kubrick, Ce n’est pas du tout cela que j’ai vu dans le film. Selon moi le thème central peut soit être vu comme le test de Turing, soit comme la possibilité pour une machine d’accéder à l’humanité. La référence à Pinocchio est à mon sens très éclairante à ce sujet.


    • Jean Roque Jean Roque 9 mars 10:08

      Oui, le thème est l’enfant, mais vu comme l’homme primordial, l’antique de la cité grecque, celui qui n’a pas la foi mais la certitude, qui n’a pas la science mais l’émerveillement, c’est l’enfant vu par Nietzsche, le vrai humain.
      Aussi est il logique que le 1er esprit robot historique soit celui de cet enfant, d’un homme nouvellement né.
      Pour continuer ce que je disait sur l’autre article : L’outil est la volonté humaine devenue chose, capital pour une jouissance future. Comme l’animal fait des réserves, l’homme fait des outils. Aussi l’outil devient sacré et fascinant, il devient la Technique arraisonnant le monde humain. Avec la machine le corps se retire du travail, la nature est pénétrée par la volonté humaine : la machine est spiritualisation de la Nature. Le robot le fait totalement. Réification achevée : c’est à dire que le robot est devenu le vrai humain, l’homme véritable s’est réincarné en lui en disparaissant lui-même dans l’aliénation de la Technique, en détruisant son monde ancien vraiment humain. Comme le prolétaire détruisit le monde « magique » du paysan, avec en s’aliénant dans l’usine : « les frissons sacrés de l’extase religieuse, de l’enthousiasme chevaleresque, de la sentimentalité petite-bourgeoise dans les eaux glacées du calcul égoïste », ici c’est tout l’existentiel humain magique qui fut noyé, et l’enfant robot plonge pour le retrouver.
      Bon, c’est l’interprétation marxiste... le gauchiste crétin de supermarché et sa fête à neuneu qui casse du robot, et son quartier de gauche pornographique, ne sera pas d’accord.


      • La Voix De Ton Maître La Voix De Ton Maître 9 mars 10:30

        C’est aussi une bonne critique de l’intelligence artificielle

        En créant un gosse qui veut aimer sa mère, ils n’ont crée un gosse qui ne peut qu’aimer sa mère malgré toutes ses sophistications cognitives.
        Cette obstination est mise en valeur avec le refus mécanique de s’attacher avec aucun des personnages rencontrés... au point de survivre l’humanité.

        Un vrai môme abandonné s’attacherait tôt ou tard à un semblant d’image maternelle ou paternelle ailleurs, question d’instinct de survie.

        Une tragédie grecque vue par Spielberg, effectivement Jean Roque


        • Jean Roque Jean Roque 9 mars 11:01

          @La Voix De Ton Maître
          Mais c’est pas vraiment souligné dans le film, il y a la nounou robot détruite pourtant qui aurait pu montrer la contradiction, le gigolo, papa de substitution, capturé, qui laisse froid l’enfant robot ?
          Pas de médiation possible entre le dieu-homme-créateur et le robot-homme-enfant, un classique de la tragédie grecque. Le robot est dévoré par son programme comme l’homme par les dieux, le destin.
          En fait le robot récupère le bug humain, une idiosyncrasie d’égotique gauchiste smiley


        • La Voix De Ton Maître La Voix De Ton Maître 9 mars 12:02

          @Jean Roque

          Mais c’est pas vraiment souligné dans le film

          C’est un peu suggéré dans le titre du film. De plus sachant que Kubrick avait mis ses pattes dans le scénario, il n’a certainement pas hésité à pétrir le tout avec des grosses boulettes d’interprétation supplémentaire.

          Un vrai gosse de dix ans n’ira jamais se suicider s’il est rejeté par sa mère mais accepté par son vrai père (le dieu-homme-créateur) pour ce qu’il est vraiment, il se fera une raison même si cela pèsera tout au long de sa vie. Ce n’est plus du domaine de l’amour envers sa mère, c’est du domaine de la folie (ou de l’échec de la programmation à imiter l’humain)

          Le bug du robot c’est justement qu’il s’en va exagérer une valeur humaine à la perfection, l’amour envers sa mère, cela ne peut se finir qu’en tragédie.


        • Gatling Gatling 9 mars 11:09

          Le film est gâché par une deuxième partie shoatique .... Le même problème s’est posé dans la Guerre des mondes. A trop vouloir charger la barque.

          Mais la troisième est géniale. Mais cette fin qu’elle est-elle ? Je suis allé sur un forum où personne n’était d’accord sur cette fin. Mais cette fin qu’elle est-elle ? 

          • La Voix De Ton Maître La Voix De Ton Maître 9 mars 12:30

            @Gatling

            Si l’on prend au pied de la lettre ce que j’ai dit dans les commentaires précédents, on risque de regarder le film en se disant : mais qu’il est mal programmé ce robot, qu’il est con.

            Si les archéologues extra-terrestres interviennent (ou les foutus trotskistes qui n’ont rien d’autre a foutre comme dirait Jean Roque) c’est pour dire qu’en fin de compte nous ne somme pas suffisamment évolués pour résoudre le dilemme de l’enfant robot ou n’importe quel autre (puisque nous nous sommes auto-détruits)

            La vraie intelligence artificielle c’est celle capable de résoudre tous les problèmes, l’absolue sophistication au service de l’absolue pureté, n’est-elle pas au service de la curiosité de ces extra-terrestres qui leur permet d’explorer l’univers au lieu de servir une statistique froide quant aux formes de vies possibles et leur scénario de survie possibles ? N’a-t-elle pas trouvé la meilleure solution dans le cas de du robot-enfant ? (au lieu de le vendre comme trouvaille archéologique sur leur ebay interplanétaire comme le ferait Jean Roque)

            Dans ce cas, l’intervention des extra-terrestres prend plus de sens que la larme à l’oeuil hollywoodienne. Mais bon ce n’est qu’une interprétation, renforcée par le titre du film et la personnalité de son instigateur originel.


          • Gatling Gatling 9 mars 14:41

            @La Voix De Ton Maître
            Bien justement de mon point de vue , il n’y a pas d’extra-terrestres. Ils sont le produit de l’esprit de David. 



          • La Voix De Ton Maître La Voix De Ton Maître 9 mars 15:48

            @Gatling

            Ha c’est intéressant comme perspective !


          • arthes arthes 10 mars 07:57

            @Gatling
            Ou plus precisement le produit de l esprit qui a fabriqué la machine David ? Une sorte d aboutissement de son double mécanise. ..Mais qui n en reste pas moins une machine.






          • arthes arthes 10 mars 15:02

            @arthes
            Enfin..Je précise, le produit de l intelligence humaine qui a fabriqué la machine androïde à son image, comme un prolongement de son être, un double.

            L Esprit Dans cette histoire .. ??? 

          • Gatling Gatling 13 mars 14:26

            @arthes

            On a programmé David pour être un enfant
            Aussi il va traverser le film comme un conte de fée
            Face à la mort inéluctable, il continue de créer des fictions
            Comme nous le faisons dans les comas dépassés ( Champ de fleurs tout ca tout ca )
            L’I.A à son stade abouti quoi, prête à nous remplacer
            .
            Un film Transhumaniste et humaniste
            .
            Oui, le meilleur de S.Spielberg   smiley

          • Jean Roque Jean Roque 9 mars 15:41

            Les super robots sont bleus si je me rappelle bien, luminescents donc illuminés. Ce sont donc des chérubins qui ont fait un régime bobo de gauche.
             
            Les prêtres de Yahvé, « qui boiront le lait des nations et les (grand) remplaceront dans leur gloire », qui géreront le troupeaux d’immigrés laboureurs, avaient des tuniques azur mais pas mal de merdier doré aussi.
             
            Dans un film, y a Serrault qui joue « le dernier homme » sortant d’une bouche d’égout et déclamant du très amphigourique, devant un Kubrick pontifiant... qui est aussi Serrault.
             
            Pas sur ebay qui serait interdit, mais dans un musée galactiqual de l’Empire cyborg. à coté du premier répliquant Roy Batty, mort dans la gloire et pas dans un supermarché de gauche, comme un vulgaire people of Walmart obèse.


            • zygzornifle zygzornifle 9 mars 16:45

              Bientôt l’IA Insoumise avec la révolte des aspirateurs mixeurs et autres appareils ménager .....


              • laertes laertes 9 mars 19:36

                Bonne analyse ... Pour moi IA est de loin le plus grand film de Spielberg ; Bien sûr j’ai moins aimé la partie de la ville et des questions à l’ordinateur qui révèlent le côté mannichéen qui est si puéril et si insupportavle (sauf dans Duel mais peut-être parcequy’on ne voit pas le méchant qui est incarné par un camion). C’est une réflexion sur l’enfance mais très profonde car et la fin admirable du film le montre c’est la partie attachement qui y est superbement traitée. D’ailleurs par certains côtés il me fait penser à Blade Runner (le chef d’oeuvre pas celui de Villeneuve).
                Un des plus grands films de SF de l’histoire du cinéma.


                • Maitre Ratatouille Ratatouille 9 mars 19:45

                  ROBOCOP Dubaï .Des robots policiers à Dubaï
                  les forces de police viennent d’accueillir le tout premier robot humanoïde qui sera déployé dans les centres commerciaux et les parcs d’attraction. Parlant neuf langues, il pourra converser avec les humains, mais dans des domaines plutôt restreints : leur permettre de signaler un délit et... payer leurs contraventions.

                  Ce Robocop, qui mesure 1,70 mètre pour 100 kilogrammes, se déplace sur roues grâce à un système de navigation autonome. Il peut saluer et converser en neuf langues mais aussi détecter les émotions sur les visages et reconnaître des gestes des mains à 1,5 mètre de distance.

                  Mais tout ceci n’est qu’un début. En effet, à terme, Dubaï veut se doter d’un robot capable de faire le même travail qu’un officier de police humain. Un premier prototype fonctionnel pourrait être dévoilé à l’occasion de l’exposition universelle qui se tiendra dans la ville en 2020. « En 2030, nous aurons le premier commissariat de police qui ne nécessitera aucun employé humain ».


                  • Maitre Ratatouille Ratatouille 9 mars 19:46

                    Un robot pour les pompiers de Paris

                    II peut selon les options sélectionnées éteindre des débuts d’incendie, détecter des gaz toxiques ou des substances radioactives et repérer une zone en la photographiant.

                    Ce robot n’est toutefois pas autonome, il est piloté à distance (entre 300 et 1000 mètres) par un pompier à l’aide d’une manette dédiée ou d’une tablette tactile.



                    • Doume65 10 mars 13:24

                      @ l’auteur
                      Bonjour.
                      Pourquoi parlez-vous de 50 ans de cinéa SF ?
                      Qu’y a-t-il eu de particulier il y a cinquante ans ?
                      Je vous ai déjà posé la question.
                      Le plus vieux film de science fiction que je connaisse, « Voyage dans la Lune » de G. Méliez date de 1902. On peut aussi citer le formidable « Métropolis » de Fritz Lang sorti en 1927.


                      • Ruut Ruut 16 mars 13:19

                        En 50 ans de SF ils sont où les Films de SF Français ?
                        Je ne voit que des œuvres pleurant notre Monarchie perdue.
                        Rien de vraiment SF nous faisant rêver et réfléchir sur le Futur porté par les gouvernements de France.

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