• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Tribune Libre > A Avignon : quand les vins primeurs font la Fête

A Avignon : quand les vins primeurs font la Fête

Il n'y a pas que le beaujolpif !

Tandis que claquent au vent du nord les oriflammes des Confréries vineuses, tandis que sonnent de joie les cent clochers de la cité, la Place du Palais des Papes retrouve pour une fugitive soirée ses fastes multicolores d'antan. Du temps où Avignon était capitale du monde, du temps où défilaient sous les abruptes murailles du plus grand palais gothique de la planète les ambassades chamarrées, colorées et bruissantes de musiques des grands et des puissants de la chrétienté.

Mais c'est grâce à Bacchus que la cité provençale - où Saint-Pierre, pour un temps accrocha sa barque - retrouve les fastes pour lesquels elle est née.

Bacchus, le dieu de la vigne qui préside chaque année, le troisième jeudi de novembre, aux grandes bacchanales données en l'honneur de la naissance du Vin Primeur !

Les cinq cents robes de satin moiré, de soies multicolores des membres de toutes les Confréries vigneronnes de la deuxième aire d'appellation de France remontent solennellement, sous les vivats de cette foule avignonnaise si friande de fêtes, la principale artère de la ville. Elles se regroupent en un fastueux kaléidoscope aux pieds des imposantes murailles du Palais des Papes, orgueilleusement paré des atours de la Fête.

Fête du vin primeur, du vin nouveau, du premier vin sorti en chantant des cuves encore frémissantes.

Fête du Vin, fête de Bacchus, fête de la joie de vivre, fête des vignerons dont elle chante la Gloire.

Gloire au vigneron, ce poète de la terre, ce magicien qui, d'arides cailloux fait naître le nectar préféré des dieux. Cet humaniste qui offre à ses prochains le moyen d'approcher la Lumière divine. Ce faiseur de vie dont la sueur féconde les entrailles de la terre. Ce paysan sacré qui crée le sang de Dieu.

Gloire aussi au Vin, ce dieu végétal qui prodigue généreusement à l'Homme la vigueur et l'esprit, l'humour et l'amour. Ce rassembleur qui rapproche en une communion dionysiaque les puissants et les humbles. Ce sésame du désir et du plaisir qui nous ouvre en chantant le cœur et le piège à bonheur de nos belles compagnes.

Gloire encore à la futaille, aux tonneaux, aux barriques, qui protègent, mûrissent et enfantent le Vin.

Et gloire à la bouteille, oblongue ou ventrue, dont la panse repue est une récompense.

Gloire au modeste bouchon, gardien de joie et d'éternité, dont le pop joyeux est un signal de Fête.

Gloire au hanap, au verre, au calice, au taste-vin et à la Coupo Santo, ultimes véhicules entre le Vin et l'Homme.

Gloire enfin aux Buveurs, mes frères, qui envahissent la Place et cherchent en se serrant l'espace qui dispense généreusement le Premier Vin.

Voilà ce qu'est la Fête des Vins Primeurs à Avignon où l'on chante, où l'on danse, où l'on épanche en beauté les plus larges soifs !

 

Photo X - Droits réservés

 


Moyenne des avis sur cet article :  2.63/5   (8 votes)




Réagissez à l'article

17 réactions à cet article    


  • ysengrin ysengrin 17 novembre 15:09

    Bonjour


    Santé 
    Et que la fête commence....
    Par dyonysos.... 

    • Jeekes Jeekes 17 novembre 15:27

      Consternant cette, assez récente, habitude de se réjouir de boire de la vinasse acide.
       
      Faut croire qu’on fait vraiment avaler n’importe quoi au gogo de base, pourvu que ce soit à la mode...
       


      • ysengrin ysengrin 17 novembre 15:37

        @Jeekes
        Les primeurs sont loin de être mes vins préférés et de loin, mais les occasions de se réunir pour faire la fête et honorer bacchus ne doivent pas être gaspillées par les temps qui courent 


      • Jeussey de Sourcesûre Jeussey de Sourcesûre 17 novembre 15:37

        @Jeekes

        Avec une bonne stratégie marketing et un bon budget de communication, on arrive même à exporter aux Etats-Unis et au Japon deux fois plus que les vignobles concernés peuvent produire.
        Alors, on peut se demander ce qu’il y a dans les bouteilles vendues sur le marché français.
        Les Siciliens avaient bien réussi à ventre pendant plusieurs années du vin factice n’ayant connu ni de près ni de loin le moindre grain de raisin et pourtant très apprécié des consommateurs !
        On peut tout vendre si les autorités ferment les yeux et si les concurrents se laissent faire.

      • Jeekes Jeekes 17 novembre 15:46

        @Jeussey de Sourcesûre
         
        C’est exact !
        Et comment ça me fait marrer de voir qu’on envoie des centaines de milliers de ces bouteilles de détergents aux japs qui les payent un bras en plus.
         
        Bon, la gastronomie japoniaise, faut dire...
         


      • ysengrin ysengrin 17 novembre 16:14

        Quoiqu on pense de La qualité des primeurs, qui est loin de être au rendez vous

        la fête liée au vin nouveau reste un moment chaleureux et populaire notamment pour ceux qui ne ont pas les moyens de se acheter des grands vins

        • Rincevent Rincevent 17 novembre 16:39

          @ysengrin

          Primeurs et vin nouveau sont deux choses différentes. J’ai eu l’occasion de goûter du Bordeaux blanc (très) nouveau, qu’on appelle du bourru : encore en plein travail, il mousse et ça se boit comme du jus de fruit. Par contre, la casquette en plomb après…


        • Rincevent Rincevent 17 novembre 16:32

          La dégustation en primeurs n’a pas beaucoup d’intérêt pour les particuliers. C’est surtout fait, (à l’origine) pour les professionnels capables d’évaluer le potentiel d’évolution d’un vin. Ça leur permet de l’acheter moins cher au départ, une sorte de pari sur l’avenir. Je ne connais pas de particulier (y compris moi) vraiment capable de ça.

          Depuis le succès des plans com du Beaujolais, ça a tendance à gagner d’autres appellations, mais il faut le voir pour ce que c’est : de l’’événementiel’’, rien de plus. Tant qu’à se déplacer, autant aller voir directement les producteurs (avec un chauffeur abstinent…) qui se feront une joie de vous faire goûter du buvable.


          • Parrhesia Parrhesia 17 novembre 18:55

            à l’auteur :

            Alléluia  !!!
            Et prenez soin de vous !

            • ysengrin ysengrin 17 novembre 19:56

              les anciens en Beaujolais disaient : « un vin doit faire ses Pâques avant la mise en bouteilles ».la mode de boire le nouveau vin plus tôt est en effet récente et c’est le négoce qui a introduit cette pratique mais c’est aussi un retour aux origines : 

              Chez les Grecs de l’Antiquité, on fêtait le vin nouveau au début de l’année lors de grandes manifestations, symboles du renouveau de la nature. Les Romains, eux, produisaient des vins précoces, avec des raisins souvent verts, qu’ils destinaient aux travailleurs pour les vendanges. Jusqu’à l’apparition de la tonnellerie moderne, de l’industrie du verre, de la conservation du vin en tonneaux et en bouteilles en verre vers la fin du XVIIème siècle, on continue à consommer le vin relativement jeune

              • ysengrin ysengrin 17 novembre 20:25

                 le Beaujolais Nouveau lui est de retour le 3ème jeudi de novembre. donc sur les tables des bouchons lyonnais à partir du 16 novembre 2017 


                • bob14 bob14 18 novembre 08:57

                  Y a un très bon restaurant Japonais dans le vieux Avignon !


                  • ysengrin ysengrin 18 novembre 11:28

                    @bob14
                    La Chine se lève à la vue des nippons 


                  • VICTOR Ayoli VICTOR Ayoli 18 novembre 13:55

                    @ysengrin
                    C’est parce que les nippons arrivent à pied par la Chine.


                  • bob14 bob14 18 novembre 14:21

                    @VICTOR Ayoli....bof...sont ,nippons ni mauvais !


                  • ysengrin ysengrin 18 novembre 12:00

                    la mode du beaujolais nouveau a fait énormément de tort aux beaujolais de qualité, après des débuts timides dans les années 1950, les ventes explosent dans les années 1980. « En augmentant les volumes, on a affaibli le produit. La qualité a varié avec les prix à la baisse. Ça a tiré vers le bas toute la région ; ça a masqué de belles appellations », explique Dominique Piron, président de l’Inter-Beaujolais.

                    En douze ans, les ventes de beaujolais ont chuté de 62 % selon l’Inter-Beaujolais. Cette baisse de la consommation, les producteurs l’ont ressentie. 

                    Autre facteur, aujourd’hui, tout est interdit,et les amateurs, pensant au retour et à la route, font attention à leur consommation d’alcool. 

                      Aujourd’hui, le beaujolais nouveau n’est plus la tête de gondole du vignoble. Des vins de cru ont repris le devant, tant mieux 


                    • marmor 18 novembre 13:59

                      Merci Victor de ce merveilleux texte rempli de poésie..

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON







Palmarès



Partenaires