• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Tribune Libre > A Carrefour 18, Rennes en Commun discute et débat

A Carrefour 18, Rennes en Commun discute et débat

JPEG

Les Municipales ont bientôt lieu dans toutes les communes de France et le corps politique commence à s’agiter. A Rennes, les partis ont déjà commencé à faire des alliances (PS-PC-Générations-Place Publique), à tracter sur les marchés et à discuter de leur projet.

Samedi après-midi, la France Insoumise tenait une assemblée à Carrefour 18 pour définir plus en détail certains points de son projet, définir la configuration de la liste, élire les candidat.e.s et surtout, donner la parole aux citoyens. Cette réunion était ouverte à tou.t.es, n’importe qui était libre d’y aller.

A l’arrivée, Enora Le Pape, déjà élue tête de liste, distribue des pochettes en carton. Dedans se trouvent un carton de vote, quatre configurations de liste municipale, douze propositions de La France Insoumise et le programme de l’après-midi. Tout cela commence par une discussion autour de trois points ayant fait débat en interne et nécessitant d’être soumis au débat et au vote citoyen :

  • Faut-il limiter la place de la voiture dans le centre-ville ou y construire des nouvelles places de parking ?
  • Faut-il un moratoire sur le déploiement de la 5G (en attendant des études indépendantes sur le sujet) à Rennes ou autoriser son développement
  • Faut-il que la ville de Rennes continue de subventionner l’école Diwan ?

La première question fait débat. Chaque citoyen a une minute et trente seconde pour s’exprimer et donner son point de vue. Certaines personnes âgées arguent du fait qu’elles ont besoin de leur voiture pour se déplacer, d’autres veulent diminuer la présence de la voiture tout en disant qu’il faut aussi s’attaquer aux transports en commun et les développer, d’où cette idée de RER urbain que la France Insoumise développe dans son programme. Des militants veulent construire des parkings en périphérie quand certains s’inquiètent de voir les quartiers populaires transformés en parking géant. Le débat est enrichissant, tout le monde a son opinion mais se respecte et respecte la parole de l’autre. Finalement, il va être voté de limiter la place de la voiture dans le centre-ville

La deuxième question est plus consensuelle, chacun développe son argumentaire contre entre le fléau des énergies fossiles et la peur des ondes. A l’heure où l’écologie est un élément phare du débat politique, toute la salle s’accorde pour dire que la 5G aurait un meilleur impact. Va donc être voté à une assez large majorité un moratoire sur le développement de la 5G.

La troisième question fait fortement débat et la question sous-jacente est « Faut-il financer les écoles privées ». Quelques-uns arguent qu’il faut absolument préserver les subventions publiques pour le patrimoine culturel quand certains ne comprennent pas pourquoi Rennes en Commun se mêle de cette question. Un bon nombre refuse de financer une école privée même si elle est conventionnée. Il semble aussi que Diwan ait fait une demande pour être publique. Sur cette question, l’abstention va l’emporter. Elle sera donc réfléchie à nouveau et reformulée en interne afin qu’elle soit plus englobante.

Ces débats enrichissants mènent ensuite chacun à voter pour cinq mesures phares qui seront inscrites dans le programme. C’est assez simple, sur douze propositions, chacun doit en cocher cinq qui lui tiennent le plus à cœur et lui paraissent prioritaires. Bien entendu, ce sont des propositions qui vont être ajoutées à des mesures qui sont déjà inscrites dans le programmeAprès être passé par l’urne, les cinq propositions phares retenues sont :

  • Inciter et faciliter l’installation d’artisans et de petits commerçants dans les quartiers
  • Sécuriser en urgence les voies cyclables
  • Créer des EPHAD de qualité accessibles à tous
  • Favoriser la culture populaire et l’organisation d’évènements culturels gratuits
  • Instaurer la révocabilité des élus par l’initiative citoyenne à partir de mi-mandat

Viennent ensuite les débats sur la formation de la liste. Il y a trois types de candidat.e.s possibles :

  • Ceux qui sont des candidat.e.s politiques, engagés et militants à la France Insoumise
  • Ceux considérés comme des citoyen.nes engagé.es, c’est-à-dire ayant un pied dans un syndicat ou une association en dehors de la France Insoumise mais pouvant quand même être des militants France Insoumise
  • Les citoyen.nes tirés au sort, n’ayant aucun lien avec un parti politique

Il y a en tout et pour tout quatre listes. Plusieurs configurations sont possibles, les deux premières mettent en tête de liste deux candiat.e.s politiques et les deux dernières mettent plus en avant la diversité au sein des quinze premiers entre les citoyens engagés et les tirés au sort. Le débat s’engage et très vite, certaines tensions internes se font sentir. Le candidat politique numéro deux est Jean Paul Thual sur les listes numéro un et numéro deux et cela fait six ans qu’il est conseiller municipal sous l’étiquette du Parti de Gauche. Le candidat en deuxième position sur les listes numéro trois et numéro quatre se nomme Fabien Caillé, est vice-président étudiant et syndicaliste à l’Union Pirate à Rennes 2. Les listes numéro un et deux placent plus en tête les candidat.es politiques même s’il y a quand même des citoyen.nes engagé.es et tiré.es au sort tandis que les listes numéro trois et quatre mettent en avant une plus grande diversité. Le débat s’engage entre des militants qui vantent l’expérience de M Thual, mettant en avant son bilan et développant le fait qu’être conseiller municipal est très technique et qu’il est préférable d’avoir quelqu’un qui s’y connaisse quand une autre partie des militants arguent du fait qu’il faut de la diversité et changer un peu les têtes. Il est de plus reproché à M Caillé de s’être déjà présenté afin être deuxième pour figurer parmi les têtes de liste politiques au moment de leur sélection, les militants lui ayant déjà préféré M Thual. Il revient donc ici sous un autre statut et ce n’est pas vu d’un très bon œil par tout le monde. Les deux candidats se présentent et répondent à des questions mais rapidement car le temps presse. Des militants expriment leur déception car cela s’est finalement plus transformé en un débat entre deux candidats qu’en discussion autour des quatre listes. Le vote arrive, en deux tours, et c’est la liste numéro un qui arrive en tête d’un souffle, 38 voix contre 36. La liste menée par Enora Le Pape comptera donc plus de candidats politiques en tête de liste mais également des citoyens engagés et tirés au sort.

La journée se termine par la présentation des candidat.e.s éligibles, non éligibles, citoyen.nes engagé.e.s et le tirage au sort de ceux qui seront sur la liste. Un vote final à lieu pour chaque candidat afin de constituer une liste définitive. Un repas à prix libre et des boissons sont alors proposés pendant que les différents candidats vont s’enregistrer administrativement.

Si certains débats ont clairement laissé voir des divergences d’opinions, ceux-ci étaient organisés et les participants suffisamment respectueux pour éviter que cela vire à l’agressivité ou encore, à la redondance de certain propos. Un des organisateurs a d’ailleurs précisé que si jamais Rennes en Commun arrivait au pouvoir, ce type d’assemblée aurait encore et toujours lieu, la France Insoumise mettant un point d’honneur à avoir le fonctionnement le plus démocratique possible. Chacun est libre de juger du degré de démocratie, toujours est-il que c’est un format inédit qui mérite de l’intérêt.

Selon un premier sondage, la liste de Nathalie Appéré, maire sortante de Rennes, serait en tête. Mais au soir du 18 janvier, après une journée citoyenne, un vent d’espoir flottait au-dessus de Carrefour 18.

Edwin Le Rouzic

 


Moyenne des avis sur cet article :  4.65/5   (17 votes)




Réagissez à l'article

10 réactions à cet article    


  • JL JL 7 février 19:08

    Merci pour ce reportage.


    • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 7 février 23:02

      Merci pour ce tract internet qui m’évitera de le foutre a la poubelle.


      • Edwin 8 février 13:13

        @Aita Pea Pea
        ça s’appelle un témoignage avec, certes, un biais, totalement assumé. Ravis de t’avoir été utile.


      • Attila Attila 7 février 23:40

        Il a fallu se battre contre le langage SMS, les fautes d’orthographe volontaires.

        Maintenant on essaye de nous imposer les crottes de rat derrière les mots.s.e.q.

        Ici, vous êtes sur un forum pour tous publics, exprimez vous pour tout le monde en français correct. Votre jargon, gardez le pour quand vous êtes entre vous !

        De toute façon, beaucoup ici s’arrêtent de lire quand ils rencontrent votre charabia.

        .


        • Edwin 8 février 13:09

          @Attila
          Merci de ne pas prendre votre cas pour une généralité. Je m’exprime justement pour tout le monde en utilisant l’écriture inclusive. Si cela ne vous plait pas, eh ben, tant pis, je ne suis pas là pour plaire à tout le monde et encore moins aux fanatiques de l’académie Française !


        • Attila Attila 9 février 19:01

          @Edwin
          L’écriture « inclusive » exclue car elle n’est lue que par une minorité de bobos comme vous.

          .


        • Edwin 10 février 12:55

          @Attila
          Des chiffres ? Une étude sérieuse le prouvant ? Merci


        • Attila Attila 12 février 09:35

          @Edwin
          «  Des chiffres ? »
          Seulement 8 commentaires : c’est pas lu !

          .


        • Attila Attila 13 février 22:47

          @Attila
          Et si je n’étais pas intervenu il n’y en aurait que quatre !!!

          .


        • zygzornifle zygzornifle 8 février 15:39

          Tout sauf LaREM ....

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON

Auteur de l'article

Edwin


Voir ses articles






Les thématiques de l'article


Palmarès