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« A Kuala Lumpur, l’assassin était d’humeur maussade » : le roman noir des services secrets

L'assassinat le 21 avril 2018 de l’universitaire palestinien Fadi al-Batsh, âgé de 35 ans, à Kuala Lumpur, capitale de la Malaisie, est la plus récente mise à exécution d’un programme de meurtres ciblés de militants considérés comme une menace pour lui par un petit état du Moyen-Orient dont l’expertise et l’efficacité en matière de sécurité est telle que plusieurs grandes puissances font appel à lui pour la formation de leur encadrement.

La victime avait fait des études en électronique à Gaza avant de décrocher un doctorat sur le même sujet en Malaisie. Il s'était spécialisé dans la thermodynamique et les systèmes permettant des économies d'énergie et avait publié plusieurs articles scientifiques sur le sujet. Le Hamas a déclaré qu'il s’agissait d’un jeune chercheur palestinien membre important du groupe, et a accusé l'agence de renseignement du petit état évoqué plus haut d'avoir organisé cette mission. D’ailleurs, selon le journaliste Ronen Bergman, auteur du livre « Rise and Kill First », le meurtre de M. Al-Batsh porte toutes les marques d'une opération de l’organisation en question. (Ronen Bergman (@ronenbergman) | Twitter)

La cible a pu être sélectionnée et choisie directement à partir des renseignements fournis par les organisations militaires et les services qui tiennent à jour leur données concernant le Hamas ou au cours d'opérations spécifiques de réseaux d'espionnage interconnectés à travers le monde ; en particulier dans le triangle formé par Gaza, Istanbul et Beyrouth..

Une fois que la cible a été déterminée, il s’agissait d’évaluer les renseignements disponibles pour décider de son sort, d’analyser les avantages de la supprimer, ainsi que le mode opératoire.

Mais, même le conseil des sages chargé d’étudier les conclusions et de valider les suggestions n'a pas l'autorité pour approuver une opération et décider sa mise en œuvre.

Seul le Premier ministre du petit état a le pouvoir d'approuver une telle opération, même si Bergman affirme que les premiers ministres israéliens préfèrent généralement ne pas prendre eux-mêmes cette décision pour des raisons politiques : "Souvent, le premier ministre implique un ou deux autres ministres dans la décision d'approbation, qui inclut souvent le ministre de la Défense".

Une fois l'approbation obtenue, l'opération revient ensuite à unn groupe opérationnel pour la planification et l'exécution, ce qui peut prendre des semaines, des mois ou même des années, selon la cible.

Un de ces groupes est l’unité de Césarée, une branche opérationnelle chargée des actions principalement dans les pays arabes. C’est l'équivalent du Centre d'activités spéciales (CSC) de la CIA, (qui s'appelait auparavant Division des activités spéciales avant sa réorganisation et son changement de nom en 2016). L'unité a été créée au début des années 1970. L'un de ses fondateurs était un célèbre espion, Mike Harari, qui utilisait son vaste réseau d'espionnage dans les États arabes et dans l'ensemble du Moyen-Orient. L’unité la plus mortifère était basée à Césarée ; elle était composée de tueurs professionnels spécialisés dans les opérations d'assassinat et de sabotage, souvent issus de l'armée ou des forces spéciales. Il se pourrait que ce groupe toujours opérationnel soit l’exécuteur du contrat de Kuala Lumpur.

L’unité entretient des liens organisationnels et historiques formels avec un certain nombre de services de renseignement arabes, notamment les agences d'espionnage jordaniennes et marocaines. Plus récemment, et à la faveur des changements d’alliances, les liens ont été élargis avec les agences de renseignement d’un certain nombre d'États arabes du Golfe et avec l'Égypte. Un des centres régionaux utilisés pour les opérations au Moyen-Orient se situe dans la capitale jordanienne, à Amman. Le roi Hussein avait menacé de fermer cette antenne lors de l’empoisonnement du leader palestinien Khaled Meshaal à Amman en 1997 et de cesser toute collaboration si l'antidote (qui a finalement sauvé la vie l’intéressé) n’était pas fournie. Bergman affirme que le général Samih Batikhi, alors chef des services de renseignements jordaniens, était en colère de ne pas avoir été informé du complot d'assassinat parce qu'il aurait voulu participer à la planification de l'opération.

Pour l’unité Césarée, l’assassinat d'une cible ne s’opère pas dans un cadre légal, c’est la mise en œuvre de la raison d’état assumée par les protagonistes d’un bras de fer permanent destiné à maintenir la terreur dans les esprits par trop épris de sentiments humanistes.

Les auteurs de romans noirs ou d’espionnage sont des gens pessimistes, c’est pour cette raison que leurs personnages sont souvent d’humeur maussade...


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15 réactions à cet article    


  • gaijin gaijin 23 avril 17:07

    mossad ?
    c’y li sionist .............


    • Massada Massada 23 avril 18:09

      La première déclaration officielle diffusée par le Hamas ne mettait pas en cause directement Israël ; elle précisait qu’il avait été « assassiné par la main de la trahison » sans autre détail. 

       
      Si les Israéliens étaient impliqués, l’assassinat aurait nécessité de gros moyens logistiques, très loin de leur base, dans un pays musulman qui ne maintient pas de relations diplomatiques formelles, avec des solutions de repli compromises par la nature de la géographie de la Malaisie. 
       
      Le Mossad avec les réductions budgétaires n’a pas les moyens.


      • Chourave Kent 23 avril 18:20

        @Massada

        je vais m’acheter des kleenex...

      • ETIENNE 23 avril 18:54

        @Massada
        Les affaires sont dures cette année ! (avec l’accent chalala)


      • spearit 24 avril 13:23

        @Massada

        Il faut de ce pas faire un MOSSADTHON, pour le bien de l’univers intergalactique smiley


      • sheridan31 24 avril 14:16

        @Massada
        Souvent tu racontes n’importe quoi mais la c’est le pompon ... c’est loin, c’est cher ... arrête ton char ben-hur ! En un mot, ridicules sont tes arguments.


      • phan 23 avril 18:42

        Israël a éliminé un tunisien ayant fabriqué des drones pour le Hamas (médias) le 15 décembre 2016 : Poutine a probablement laissé son passeport à côté du cadavre !


        • Massada Massada 23 avril 18:45

          @phan
           

          Le Hamas accuse toujours Israel mais encore une fois c’est pas nous.
          Ce sont des rivalités aux sein meme du Hamas.
          Le Mossad n’a pas les moyens d’intervenir en Tunise.



        • gaijin gaijin 23 avril 19:10

          @Massada
          « Le Mossad n’a pas les moyens d’intervenir en Tunise. »
          vaut mieux lire ça qu’être sourd ......
          ou pas ......


        • phan 23 avril 20:26

          @Massada
          Il y a même à Paris une Manifeste « pour le nouvel sionisme » avec un goût de banane ... pardon de pneu flambé avec parmi les signataires un certain C L’Abruti. La marche blanche pour l’abrogation de l’article 57 du protocole additionnel aux Conventions de Genève : on peut désormais tirer sur les goyim désarmés avec un budget illimité (la banque Rothschild faisant caution).


        • phan 24 avril 11:58

          @Massada
          Le Mossad n’a pas les moyens d’intervenir en Tunisie.
          Israël reconnaît pour la première fois officiellement l’assassinat du numéro deux de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), Abou Jihad, en 1988 à Tunis, selon des extraits d’un article publiés par le quotidien Yediot Aharonot.

          Le Mossad n’a pas les moyens d’intervenir en Jordanie.
          Khaled Mechaal, assassinat raté par le rabbichok mis en œuvre par Bibi, le Boucher de Tel-Aviv ex- Bibi le chimique.
          En septembre 1997, à Amman, cinq agents du Mossad, les services de renseignements israéliens, tentent d’assassiner Khaled Mechaal, chef du bureau politique du mouvement islamiste Hamas. Se faisant passer pour des touristes canadiens, ils lui injectent du poison dans le cou. Celui-ci est censé provoquer une mort naturelle, une crise cardiaque. Au lieu de ça, l’homme tombe dans le coma. Deux agents du Mossad sont arrêtés tandis que les trois autres se réfugient dans l’ambassade israélienne.


        • hdelafonte 23 avril 20:20

          Il me semble que les occidentaux faisaient pareil, en liquidant à coup de drones les ressortissants partis en Syrie...

          Le Hamas n’aurait pas désavoué un « Bataclan » Tel Avivien...


          • phan 23 avril 21:00

            La presse sioniste a rendu un hommage vibrant à un espion du Mossad, Mike Harari, décédé le 21 septembre 2014, responsable de l’assassinat d’un innocent serveur marocain Ahmed Bouchikhi en Norvège. La Norvège, un pays membre de l’Otan a décidé de classer l’affaire et de libérer rapidement les assassins d’Ahmed Bouchikhi.


            • phan 24 avril 12:12

              Il n’ y a pas que l’art d’assassiner ciblés hors de tout cadre légal ou l’art de commettre des attentats sous faux drapeau, il y a la pratique du sexe-chantage comme dans le cas de Donald Trump.


            • L'enfoiré L’enfoiré 24 avril 13:22

              "Les auteurs de romans noirs ou d’espionnage sont des gens pessimistes, c’est pour cette raison que leurs personnages sont souvent d’humeur maussade..."

              Comme j’en parlais dans mon dernier billet, l’Expo 58 a aussi été l’occasion de construire progressivement un nid d’espions à Bruxelles.

              Des romans fictions et des BD l’ont utilisé l’Expo58 comme point central de leurs histoires :

              Ce furent « Expo 58 » de Jonathan Coe, « Les sarcophages du 6ème continent » de Blake et Mortimer, « Expo 58, l’espion perd la boule » de Alain Berenboom et le récent « Sourire 58 » de Patrick Weber.

              En 1967, il y eu l’expulsion de plusieurs espions soviétiques de la compagnie Aeroflot et l’agence Tass.

              Après cette année, Bruxelles est devenu vraiment un hot spot d’espions avec l’OTAN qui s’installe en son sein.

              Le KGB et la Stasi est-allemande y opérèrent sous couverture diplomatique.

              Ensuite, le siège de la Communauté européenne devint une cible de choix avant que celle-ci ne prenne des mesure de contre-espionnage en 1989.

              Les échanges d’espions se sont succédé pendant la guerre froide jusqu’alors.

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