• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Tribune Libre > A vous de jouer ! Petit manuel de jeu en milieu urbain

A vous de jouer ! Petit manuel de jeu en milieu urbain

Samedi dernier, plusieurs centaines de personnes se sont réunies pour une bataille de polochons géante au pied de la Tour Eiffel. Cet évènement bon enfant qui en a fait sourire plus d’un, et qui a servi de sympathique défouloir aux particicpant(e)s n’est pas isolé, puisqu’il célébrait le « Pillow Fight Day », comme dans d’autres grandes villes du monde. Flash mobs, festival ou fêtes de rues, la tendance se confirme depuis quelques années, les citoyens se réapproprient l’espace urbain de manière festive, décalée et ludique. Pas besoin de monter patte blanche ou de débourser une fortune, ces évènements sont gratuits et ouverts à tous, et le jeu en vaut la chandelle.

Improv Everywhere

C’est sûrement le collectif le plus connu de comédie urbaine dans le monde. Créé en 2001 par un étudiant en théâtre d’improvisation, et basé à New York, le groupe a déjà réalisé plus de 100 « missions ». Contrairement à ce que le nom pourrait laisser penser, ces happenings sont bien organisés, avec des « agents » briefés sur le rôle à tenir, la tenue à porter, etc…Leur but autoproclamé est de « causer une scène » de chaos ou de joie, de provoquer un sourire, une curiosité, ou d’inviter à prendre le temps de s’arrêter et regarder autour de soi.

Parmi leur actions les plus connues, le « Frozen Grand Central » : plus de 200 agents se sont immobilisés simultanément pendant près de 5 minutes au milieu de la gare centrale de New York…Les différentes réactions valent leur pesant de cacahuètes (la vidéo, c’est ICI). Autres idées sympathiques mise en œuvre par ce collectif : prendre le métro en slip (l’édition 2010 a réuni 3000 Newyorkais pas trop frilleux), une réception de mariage surprise, ou encore une comédie musicale inattendue et impromptue. Le groupe est devenu un vrai succès, et son créateur a même sorti, en mai 2009, un livre « Causing a scene »

Cherchez Charlie

Ce type d’idée a déjà fait des petits, et aux Etats-Unis ou ailleurs, les initiatives se multiplient. A Hallowe’en dernier, une marche des zombies a eu lieu dans de nombreuses villes, véritable jeu de rôle où il valait mieux être croqueur sous peine de finir en pâté pour morts vivants…Des villes du monde entier sont devenues très friandes des happenings enfantins, quelques exemples : une bataille de tartes à la crème, un « Cherchez Charlie  » grandeur nature, un combat géant au sabre laser, ou des boîtes de hnuit improvisées dans les métros de Londres ou de Toronto.

Version un peu plus « guerrière », mais toujours dans un esprit ludique et urbain : Streetwars. Depuis 2005, cette organisation offre aux participants l’occasion de participer à une immense chasse à l’homme (trois semaines, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7). Le terrain de jeu : la ville entière. L’arme : un pistolet à eau. Mais attention, vous aussi êtes la proie de quelqu’un…Mieux vaut avoir des yeux derrière le dos pour ne pas être éliminé !

Faites la fête !

Pour les organisateurs d’évènements récréatifs dans les espaces publics, les raisons de continuer sont souvent les mêmes. Bien sur le mot d’ordre c’est l’amusement, le plaisir, le « fun ». Mais il s’agit aussi de mettre en œuvre des loisirs participatifs, une idée pertinente dans un monde où le passif fait la loi : chacun devant son écran de télévision ou d’ordinateur, les écouteurs engoncés dans les esgourdes et les fesses calées dans un canapé qui en a pris la forme. Le concept de gratuité aussi a son importance, puisque nous sommes habitués à payer pour nous divertir, alors que le bonheur est souvent à portée de créativité et d’enthousiasme.

Au-delà de ces inspirations, on peut prêter une dimension quasi politique à ces adultes qui réinvestissent la ville dans tous ses recoins. Quand on voit les happenings dans le métro par exemple, cela change l’image morose et un peu glauque que l’on s’en fait en le prenant tous les jours. Ce n’est alors plus la publicité qui envahit l’espace public, mais les idées drôles et surprenantes des usagers et citoyens. Le fait que les évènements soient ouverts à tous montre aussi une volonté de mixité, de rencontre, de lien social. A quelques exceptions près (l’infâme distribution d’argent de Mailorama), ces mobilisations n’ont pas de sponsors, pas de but commercial et existent pour donner une chose gratuite mais rare : des sourires dans la ville.

En+

Un site qui recense des initiatives, art urbain, happenings et jeux à travers le monde : Urban Prankster


Moyenne des avis sur cet article :  3/5   (4 votes)




Réagissez à l'article

2 réactions à cet article    


  • Annie 8 avril 2010 21:24

    Cette idée de polochon me rappelle le film Zéro de Conduite de Jean Vigo que je suis allée voir et revoir la semaine dernière. J’ai été surprise d’apprendre que ce petit film de 45 minutes avait été interdit par l’état français entre sa sortie et 1945, c’est-à-dire pendant plus de dix ans. La scène la plus connue et la plus controversée est celle de la bataille de polochon dans le dortoir, filmé au ralenti au son de la musique de Maurice Jaubert joué à l’envers. Non cela ne s’invente pas, et il y a parfois dans les batailles de polochon les germes d’une révolution. Dans votre cas je le souhaite.

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON







Palmarès