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Accueil du site > Tribune Libre > Agir sur nous-mêmes et agir ensemble

Agir sur nous-mêmes et agir ensemble

Les réflexions ont débuté il y a plus de trente ans. L’urgence climatique, l’épuisement des ressources naturelles et la détérioration de notre environnement font l’objet des plus dispendieuses rencontres de haut rang. Mais devant la lenteur des négociations et face à l’amplification des signes avant-coureurs d’une crise environnementale intraitable, une révolution douce est à l’œuvre, celle impulsée par l’éveil d’une conscience écologique collective.

Nous sommes de plus en plus nombreux à croire que le temps du constat est révolu et de plus en plus convaincus qu’un nouveau monde peut émerger non pas par notre plaidoyer souvent plein d’invectives envers les politiques, mais par un changement de comportement à notre échelle. L’idéal pour lequel nous sommes tous engagés requiert un travail sur nous-mêmes et des efforts d’ensemble car c’est par l’harmonie des aspirations individuelles que le futur de l’humanité sera.

Agir sur nous-mêmes 

Nous ne pourrons infléchir la courbe qu’en modifiant nos comportements individuels et en réinventant notre quotidien de consommateur car après plus de trente ans de diagnostic, les chiffres sont connus, les rapports s’accumulent à la table des décideurs mais rinforzando la mer gagne du terrain. Les stocks de ressources naturelles sont en déclin, la quantité d’eau consommable est en baisse, les terres fertiles sont polluées, dans le pacifique la plus grande poubelle du monde va crescendo et il y a une recrudescence des maladies respiratoires à cause de l’air ambiant trop pollué. Devant la noirceur de ce tableau, s’émanciper de certaines logiques traditionnelles s’impose et cela ne passera surement pas par des politiques à courte vue à la solde d’une vision mercantiliste du monde mais par une prise de conscience générale impulsée par toutes les initiatives vertes qui germent dans tous les pays. Agir sur nous-mêmes requiert que toutes nos actions répondent à un besoin de la planète en détresse. Sommes-nous contraints à l’acceptation des emballages plastiques qu’on nous propose en magasin ? Quel choix efficient entre le transport en commun ou la voiture pour se rendre au travail ou à l’école ? Doit-on être militant écolo pour adopter des gestes éco-responsables ? L’eau qui sort à volonté du robinet vient-elle d’une source intarissable ? Nous sommes pourtant capables de changement dès qu’une prise de conscience s’installe. Il faut de prime abord désapprendre le principe d’abondance et de gratuité des ressources, comprendre que nous sommes une composante de la biodiversité et que dans notre vie de tous les jours nous avons intérêt à agir pour sa sauvegarde. Une fois que cela est fait, il faut changer notre statut de consommateur et porter la casquette du consom’acteur. Le consom’acteur a le pouvoir sur ce qui lui est proposé pendant que le consommateur en est une victime. Cela peut d’abord se traduire par l’utilisation régulière d’une gourde ou d’une bouteille réutilisable au lieu de toujours acheter comme par habitude une bouteille d’eau qu’on jettera tout de suite après l’avoir vidée (on trouve plus de déchets plastiques dans la mer que n’importe quel autre déchet) ; ne pas laisser couler l’eau inutilement chez soi ; réduire sa consommation d’électricité ; consommer local ; pratiquer le minimalisme ; utiliser des moteurs de recherche écolos ; approfondir sa curiosité sur les solutions vertes qui foisonnent : exercer une écocitoyenneté active.

Agir ensemble

Parce qu’il se sentait seul à la manœuvre au sommet de l’Etat, Nicolas Hulot, figure emblématique de la lutte pour la protection de l’environnement, claquait la porte au gouvernement du président français Emmanuel Macron le Mardi 28 Août 2018 après environ 15 mois de ministère en deçà des espérances. Seul on peut aller vite mais c’est ensemble qu’on va plus loin. L’observation du monde que sommes en train de construire en détruisant les fondations naturelles nous donne des signes qui nous conduisent à admettre que personne ne fait assez pour laisser une Terre vivable aux générations futures. L’humanité foncerait tout droit au suicide collectif si nous n’agissons pas ensemble pour faire barrière à ceux qui s’entendent pour endiguer tous les projets écologiques ambitieux. Plus le temps passe plus le point de non-retour se rapproche. Dans cette révolution écologique, les batailles d’opinion ne serviront à rien et les efforts personnels bien qu’importants trouvent leurs limites. Il faut apprendre à agir ensemble, se soutenir mutuellement et privilégier ce qui nous permet de progresser d’un même pas. Le mouvement écolo entre radicalité-compromission et pragmatisme-raisonnement traine en émulations. Cela se traduit naturellement par des marches pour le climat qui ne drainent pas suffisamment de monde malgré la multiplicité des organisations vertes, des activistes dispersés, une absence criarde de collaboration sur des projets pourtant similaires, des pétitions qui n’aboutissent pas aux effets escomptés… C’est ainsi que la nature du combat que nous menons est sans cesse remise en cause.

La vision écologique est d’abord une vision d’ensemble car le système qui détruit la planète est fondamentalement égoïste. Les convictions qui paralysent le mouvement devraient donc s’effacer au profit de l’idéal collectif parce que les logiques individuelles empoisonnent la vision collective. Face à l’effondrement programmé de notre société c’est assurément en manœuvrant ensemble que nous éviterons le pire.

Yves-Landry Kouamé


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8 réactions à cet article    


  • rita 11 février 08:56

    L’humanité transforme la planète en une énorme décharge, bien trop de monde à faire n’importe quoi ?

    La pollution humaine est indéniable, pour fabriquer de plus en plus de choses inutiles !

    La course folle aux profits sonnera notre fin !


    • Yves-Landry Kouamé Yves-Landry Kouamé 12 février 00:48

      @rita Malheureusement, la course folle au profit sonnera notre fin.


    • jjwaDal jjwaDal 11 février 12:05

      Il y a quelque chose dans l’air du temps assez difficile à percevoir au spectromètre de masse, parmi la multitude de produits chimiques se baladant dans l’air et l’eau.

      Je pense que c’est une mode et rien d’autre. La plupart des gens sont à la fois trop peu cultivés et trop occupés pour comprendre quoi que ce soit à la fin d’un rêve. Ils se réveilleront quand le niveau de la fosse à purin commencera à leur baigner les gencives. Bien trop tard donc, selon toute probabilité...


      • JC_Lavau JC_Lavau 11 février 12:54

        @jjwaDal. Les Zautres sont tous des kons...
        Il n’y a que toi qui est le Bien incarné


      • jjwaDal jjwaDal 11 février 22:08

        @JC_Lavau
        Non. Aucun dédain ni mépris dans mes propos et mon style de vie à 8 milliards enverrait les écosystèmes en enfer tout pareil. J’avais 20 ans de retard quand j’ai compris il y a 30 ans. Je croise au quotidien des gens qui n’en sont pas arrivé au point de compréhension que j’avais il y a 30 ans donc pas mal désabusé c’est tout.
        Mais j’ai bien ris que tu projettes sur moi quelque chose qui est typique chez toi et transparaît dans tout tes commentaires. Dégonfler un peu cet égo hypertrophié ne ferait pas de mal.
        Blague à part je suis le bien incarné quand même (du moins pour l’espèce des vers de terre, pour les humains je tâtonne un peu ....).  smiley


      • JC_Lavau JC_Lavau 11 février 22:49

        @jjwaDal. Projectif impénitent, en plus...


      • pemile pemile 11 février 12:15

        @Yves-Landry Kouamé " L’eau qui sort à volonté du robinet vient-elle d’une source intarissable ? Nous sommes pourtant capables de changement dès qu’une prise de conscience s’installe."

        La prise de conscience est immédiate dès que l’eau ne sort plus du robinet et qu’il faut faire quelques kilomètres à pied et porter des seaux, la frugalité est immédiate smiley


        • Yves-Landry Kouamé Yves-Landry Kouamé 12 février 00:52

          @pemile
          eh oui ! Belle ironie...Et Koffi Annan le successeur de Boutros Boutros Ghali à l’ONU, a mis le monde en garde en 2001 en disant que « la concurrence féroce pour les ressources d’eau douce pourrait devenir une source de conflits et de guerres à l’avenir ». 

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