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Accueil du site > Tribune Libre > Agro-carburants : n’en déplaise à la FNSEA, une aberration (...)

Agro-carburants : n’en déplaise à la FNSEA, une aberration énergétique de plus !

Les agriculteurs de la FNSEA bloquent 17 raffineries et dépôts de carburants pour protester contre l’importation d’huile de palme par TOTAL, ainsi que des produits agricoles ne respectant pas, selon eux, les normes françaises et européennes. Mais ces agro-carburants permettent-ils de compenser ou réduire la consommation de pétrole et lutter contre le dérèglement climatique, et ne sont-ils pas un leurre ?...

D’après la présidente du syndicat agricole FNSEA, l’huile de palme est moins chère, de 30 %, mais est issue des plantations géantes d’Indonésie et de Malaisie, responsables de la destruction de l’une des dernières grandes forêts primaires du monde. Invoquant ce désastre écologique, le syndicat demande que la raffinerie remplace cette matière première par une autre plus « politiquement correcte », le colza français (comme s’il ne fallait pas également des terres pour le cultiver). Concernant l’huile de palme, Total prévoit d’en acheter 50 000 tonnes, quand la FNSEA parle de 200 000 tonnes. Mais qu’importe ces chiffres, l’essentiel est ailleurs avec le principe même de ce type de production agricole utilisée pour en extraire des carburants. 

Des carburants Issus de la production agricole, c’est bien là le problème !

Les agro-carburants, dénommés abusivement « Bio carburants » dont le préfixe « bio » fait référence à la biomasse et qui peut laisser croire que ces carburants seraient « Bio », ce qui est totalement faux. A la différence des carburants fossiles qui sont dérivés du pétrole, ce sont des carburants produits à partir de matières organiques issues de la production agricole. Et c’est d’ailleurs là tout le problème, car il faut des terres pour la culture ce qui suppose déboiser, défricher et beaucoup l’eau, sans compter les intrants (herbicides, fongicides etc.).

Pour rappel les agro-carburants produits à partir de l’agriculture sont :
Les huiles :
Outre l’huile de palme extraite par pression à chaud de la pulpe des fruits du palmier à huile, elles sont extraites de plantes oléagineuses comme le colza, le tournesol, elles sont obtenues par pressage et, après décantation-filtration, elles sont directement utilisables dans les moteurs diesels « simples » (qui ne sont trop sophistiqués, ou encore des moteurs assez anciens). Cette huile peut être incorporée à 30% dans le gazole sans problème que l’on nomme agro-diésel.

Les alcools :
ils sont obtenus par fermentation des sucres contenus dans la betterave, le blé, le maïs, …. Il faut fabriquer l’alcool, puis le distiller et enfin le rendre pur avant de l’utiliser dans un moteur à essence

Les gaz de fermentation ou méthanisation :
en faisant fermenter en l’absence d’air (c’est à dire dans des cuves fermées) des matières organiques, on obtient un gaz qui contient du méthane et en moindre quantités : CO2, SO2, NH4, … appelé biogaz. Pour les transports ils ne peuvent être utilisés que dans les moteurs à essence. Jusqu’à présent, la fabrication du méthane par fermentation anaérobie (biogaz) n’a pas été développée à grande échelle avec comme objectif la production de carburant. Cette technique est toutefois fondamentale pour le traitement des déchets organiques (déchets ménagers, boues des stations d’épuration, sous produits de l’agriculture).

Les agro-carburants, une fausse bonne idée qui déplace les problèmes

Remplacer, en tout ou partie, les carburants fossiles, fortement émetteurs de gaz à effet de serre (GES), par des agro-carburants, supposés renouvelables, a semblé être une bonne idée face aux dérèglements climatiques. Mais en réalité, cela ne fait que déplacer le problème. Pour produire plus d’agro-carburants, il faut augmenter la superficie des terres agricoles. Cela se traduit par la destruction de zones forestières, elle-même génératrice de gaz à effet de serre.

Si avec l’introduction d’agro-carburants dans le gaz-oil ou l’essence, les émissions de GES dues au secteur des transports peuvent baisser, par contre celles dues à la déforestation augmentent ! En terme de bilan global, non seulement il n’y a pas réduction des émissions de GES, mais transfert et parfois hausse de ces émissions. Ainsi par ajout d’huile dans le gaz-oil pour en économiser 30%, en tenant compte de son impact de production, on va émettre en moyenne 80 % plus de gaz à effet de serre que le diesel qu’il remplace, qu’il soit produit avec des huiles végétales européennes, comme le colza français, ou importées de pays du Sud, ou encore à base d’huile de palme. Il est vrai que pour les multinationales qui sont derrière les agro-carburants on ne coupe qu’une seule fois une forêt, mais on produit sur le même sol de nouvelles cultures pour biocarburants chaque année avec les gains financiers qui en résultent.

En plus de déplacer les problèmes, un grave danger pour la biodiversité et la sécurité alimentaire dans les pays pauvres

En plus de déplacer et aggraver les rejets de GES, ce transfert se fait essentiellement aux dépens des pays du tiers monde. Les émissions de GES ne sont plus le fait des véhicules dans les pays industrialisés, mais d’immenses zones forestières transformées en terres arables pour des productions céréalières ou de palmiers à huile, dans le seul but de produire des agro-carburants dans les pays pauvres au détriment des cultures vivrières. Les pays riches se dédouanent ainsi des efforts qu’ils ont à fournir en terme de réduction de leurs émissions de GES sur le dos des pays pauvres qui eux voient leurs émissions augmenter !

En outre, la déforestation dans les pays pauvres qui met en péril la biodiversité des zones forestières et le cadre de vie des populations qui y résident rapportent bien plus aux industries agro-alimentaires qu’aux pays qui voient leurs forêts partir en fumée. La culture du palmier à huile en Indonésie en est l’exemple le plus spectaculaire. Les terres voisines de Papouasie-Nouvelle-Guinée pourraient suivre. Enfin, l’augmentation des cultures destinées à la production des agro-carburants fait grimper les prix des produits alimentaires et diminuer les réserves alimentaires mondiales.

Au rythme actuel des déplacements quelle surface serait-elle nécessaire en France ?

Avec le meilleur produit (huile brute de colza), il faudrait 20 millions d’hectares de terres cultivées pour assurer nos déplacements au même rythme qu’actuellement. Or la France dispose de 15 millions d’hectares de terres cultivables. Donc, cela n’a pas de sens, il faut d’abord se nourrir !!

Pour remplacer seulement 10 % des carburants pétroliers par des biocarburants, elle devrait y consacrer 2,7 millions d’hectares soit 18,5 % de sa surface agricole utile (SAU) contre 320 000 hectares actuellement qui couvrent 0,97 % des besoins en carburant. Dans l’état actuel de productivité des agro-carburants, il faudrait deux fois la surface totale de la SAU française pour couvrir l’ensemble des besoins en carburant. Pour mémoire, la SAU est composée de : terres arables (grande culture, cultures maraîchères, prairies artificielles...), surfaces toujours en herbe (prairies permanentes, alpages), cultures pérennes (vignes, vergers...). Elle n'inclut pas les bois et forêts. Elle comprend en revanche les surfaces en jachère (comprises dans les terres arables).
En France, la SAU représente environ 29 millions d'hectares, soit 54 % du territoire national. Elle se répartit en terres arables pour 62 %, en surfaces toujours en herbe pour 34 % et en cultures pérennes pour 4 %. Autrement dit environ 15 millions de terres cultivables. Même Avec la suppression des jachères en augmentant la surface cultivable de 10 %, on augmenterait la capacité de production d’agro-carburants. Mais cette décision extrêmement dommageable pour la biodiversité est sans commune mesure avec les surfaces qu’il faudrait cultiver pour que l’agriculture fabrique le carburant que l’on consomme actuellement.

Le retour à l’énergie animale pour les travaux de la ferme (bien qu’ayant été fondamentale dans notre histoire) n’est pas possible à cause du temps nécessaire pour reconstituer un parc de chevaux de trait suffisant, encore faudrait-il s’y « atteler » car les ressources et énergies fossiles s’épuisent rapidement, vu la croissance démographique et ses besoins correspondant si cela n’est pas régulé immédiatement.

Pour fabriquer la quantité suffisante d’huile brute pour alimenter les seules machines agricoles d’une exploitation, on estime qu’au lieu de consacrer 10% de la surface agricole de chaque exploitation pour la biodiversité : haies, bandes enherbées non traitées, ripisylves, corridors écologiques, ce qui est absolument nécessaire, en les réservant à la culture du colza ou du tournesol cela suffirait pour les machines agricoles, dont les agriculteurs peuvent utiliser l’huile végétale brute pour leurs besoins professionnels depuis 2006, et la sécurité alimentaire ne serait pas menacée. Certes… outre que ce serait une aberration pour la Biodiversité, pour des véhicules routiers autres ce serait totalement impossible, y compris ceux des agriculteurs.

Pas de plantes miracles pour la production d’agro-carburants sans effets collatéraux désastreux pour les ressources aquifères

On parle souvent des algues, mais surtout d’une plante « extraordinaire » par la quantité de biomasse qu’elle produit et qui serait intégralement transformée en carburant : ce serait un agro-carburant dit de 2ème génération. C’est le Miscanthus (appelée « herbe à éléphants » !). On estime que cette plante produirait 20 tonnes de matière sèche par hectare qu’il faudrait encore transformer en « carburant ». Parait-il que cela se ferait globalement avec une efficacité énergétique remarquable. Tout ceci relève d’une espérance qui permet de justifier des choix politiques comme étant une solution d’attente miracle... Par contre, ce qui est certain, c’est que de telles cultures nécessiteraient beaucoup d’eau. Et donc, dans ce cas, en plus de l’opposition critique nourriture- carburant pour l’occupation des terres, il y aurait la concurrence entre la ressource en eau et la production de carburant… Inadmissible !!

Il est temps de mettre un terme au leurre des agro-carburants, un remède pire que le mal 

Une étude de l’ONG Européenne Transport et Environnement (T&E.) https://www.transportenvironment.org/press/biodiesel%E2%80%99s-impact-emissions-extra-12m-cars-our-roads-latest-figures-show, publiée le 25 avril 2016, estime ainsi que les agro-carburants, loin d’être vertueux pour le climat, émettent en fait plus de gaz à effet de serre que les combustibles fossiles (essence ou diesel). L’association s’appuie sur une vaste étude commandée par la Commission Européenne qui présentait ainsi un nouveau bilan des impacts des agro-carburants, en termes d’émissions et de surfaces cultivées, à l’horizon 2020.

A cette date, en Europe, 5 % d’agro-diesel en moyenne sera incorporé dans 1 litre de diesel. Or, selon l’étude, 1 litre de d’agro-diesel émet 80 % d’émissions de gaz à effet de serre de plus que 1 litre de diesel. Résultats : l’agro-diesel causera une hausse de 4 % des émissions de gaz à effet de serre (GES) par rapport au scénario d’un diesel pur. Soit l’équivalent, selon T & E, de 12 millions de voitures supplémentaires sur les routes européennes. Si en, plus le parc automobile augmentait à la cadence de 4 millions de véhicules comme cette dernière décennie, on peut imaginer les conséquences…

Cette hausse des émissions tomberait à 3,5 % pour tous les agro-carburants confondus (agro-diesel et agro-éthanol), puisque le l’agro-éthanol permettrait, de son côté, de réduire de 0,5 % les émissions de GES par rapport à l’essence.

La piste du recyclage, pas évident ?

Plus de 170 millions de litres d’huile de cuisson sont consommées dans la restauration privée et alimentaire. Ce qui en fait une quantité importante à valoriser ou à recycler ! Même si les restaurants sont obligés de passer par une filière de traitement spécifique, seuls 40 % des établissements respectent cette obligation. Reste que sur les 70 000 tonnes d'huile alimentaire utilisées chaque année en France, seules 26 000 tonnes sont collectées et recyclées.

En France, les particuliers ou les entreprises ne sont pas autorisés à utiliser d'huiles alimentaires usagées dans le moteur de leurs véhicules, sauf dans le cas particulier des véhicules agricoles. Une directive européenne y est pourtant favorable, mais selon les constructeurs automobiles, la forte densité et la viscosité de ces huiles (nommées HVB) pourraient entraîner des risques d'incidents mécaniques et une importante pollution.

Pour conclure

En finir avec le leurre des agro-carburants implique une décroissance des besoins en carburant, ce qui impose de réduire le nombre de véhicules routiers, de repenser l’usage de la voiture individuelle et de mieux recycler les huiles alimentaires pour satisfaire les besoins des véhicules agricoles. Ce qui éviterait que les 10% de l’espace que les agriculteurs consacreraient à la culture du soja pour des agro-carburants soient réservés à la préservation de la Biodiversité. Encore faudrait-il se poser la question de la décroissance démographique qui reste la problématique fondamentale…


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44 réactions à cet article    


  • Croa Croa 13 juin 12:14
    À L’auteur «  que le diesel qu’il remplace »
    Il ne remplace que le gazole (ou gas-oil, termes désignant un fuel autorisé à l’usage en tant que carburant par le fisc ). Le « diesel » c’est un type de moteur inventé par Monsieur Rudolf Diesel. (Merci de parler en français correct. )

    • Zolko Zolko 13 juin 13:55

      @Croa : Le « diesel » c’est un type de moteur inventé par Monsieur Rudolf Diesel...
       
      ... et qui le faisait tourner avec de l’huile de tournesol. Ce n’est que plus tard qu’on a remarqué que ce type de moteur pouvait aussi tourner avec des résidus pétroliers (le gasoil)


    • Croa Croa 13 juin 15:38

      À Zolko
      De nombreux historiens soutiennent qu’il voulait le faire marcher à la poudre de charbon, ce à quoi il n’est jamais parvenu (bien qu’il ait raison car en théorie ça devrait fonctionner.) C’est plutôt pour la marine qu’il travaillait et le fait est que les moteurs marins pour gros bateaux sont aujourd’hui tous diesels. Ils fonctionnent souvent au lourd qui doit être préchauffé pour pouvoir être utilisé et cela est très polluant.


    • Alren Alren 17 juin 19:55
      @Croa

      Le mazout des navires pollue pour deux raisons. la première est qu’il n’est pas désoufré pour qu’il coûte moins cher. La seconde est parce qu’il dégage des particules fines qui sont des microparticules de carbone plus ou moins pures (elles contiennent des molécules aromatiques type benzène qui sont avec certitude cancérigènes).

      La solution serait de désoufrer le mazout et d’augmenter la température de combustion dans les cylindres en augmentant la proportion d’air pour brûler l’intégralité du carbone. On augmenterait ainsi le rendement du moteur.

      Le problème est que les pistons et chemises doivent résister à cette chaleur plus élevée. Ce qui implique de les fabriquer dans des matériaux plus robustes donc plus coûteux.
      D’autre part un léger excédent d’oxygène favorise la production d’oxydes d’azote qui sont également polluants. Cependant il est possible de décomposer ces molécules peu stables avec comme catalyseur de l’oxyde de titane éclairé par des UV.

      Si ce système est difficile à mettre en œuvre sur un moteur de poids-lourds et plus encore sur une automobile, ce serait facile à monter sur un navire, même un chalutier de taille moyenne.
      Mais, bien entendu, cela entraînerait d’autres frais supplémentaires dont les actionnaires ne veulent pas entendre parler car cela rognerait sur les bénéfices.


    • Croa Croa 13 juin 12:20

      En plus ajouter de l’huile dans le gazole rend ce carburant plus polluant. Ça fait augmenter notamment la production de particules de suies ce qui disqualifie ce gouvernement qui d’un coté accepte de dégrader la qualité du gazole mais voudrait interdire certains diesels au prétexte qu’ils polluent plus !


      • hunter hunter 13 juin 12:55
        @Croa

        Parfaitement exact !
        L’huile issue des ces « pratiques », ne se substitue pas aux hydrocarbures fossiles.
        C’est juste un ajout, un adjuvant donc, qui fait grosso modo gagner quelques pour cents d’hydrocarbures fossiles par plein !

        Ça fait gagner un peu de temps sur la raréfaction des ressources....juste un peu de temps, mais ça maintient le populo dans l’illusion, donc ça n’a pas de prix en fait !

        De plus, d’après le matraquage global des merdias et de l’équipe du banquier, il faudrait « éradiquer le diesel, et vite fait » !

        Donc quel intérêt de lancer une usine à agro-carburants à mélanger au diesel, si soit disant, il ne faut plus de diesel.....

        C’est de la flûte totale, bref du macronisme quoi...tout en comm’, rien que de la comm’ !

        Le banquier d’affaires et ses équipes se fout de la gueule du monde, et en même temps, continue son œuvre de destruction de ce pauvre pays....

        Mais bon, dans mon département pauvre, vieillissant et très agricole, je connais plein d’exploitants agricoles, qui....ont voté Macron !

        Et pourtant la région traditionnellement, est Rad’ Soc’, donc votant PS........et avec les intempéries du printemps en plus, ça va couiner sévère dans quelques semaines....

        Adishatz

        H/

        PS :très bon article au fait.

      • Croa Croa 13 juin 14:15
        À hunter,
        Non tu exagères, désolé. L’huile est vraiment brûlée dans le diesel et on peut même faire fonctionner un diesel à l’huile pure. Ce que j’ai écris c’est que c’est plus polluant et c’est tout.

      • Dom66 Dom66 13 juin 15:11

        @hunter

        Pour info, j’ai deux voitures essence, une Leon Seat et une Polo les deux sont Volkswagen, et il est bien mentionné de ne pas utiliser (si possible) du 95E10. Donc pas de jus de plante... smiley


      • izarn izarn 15 juin 15:27

        @Dom66
        Pfff Arnaque tu peux utiliser sans problème du E85 à 50%....


      • Dom66 Dom66 15 juin 22:23

        @izarn

        Pfff ????Non pas arnaque !! Je consomme plus avec le E10, et le moteur fume et il est moins performant , et puis quel est l’intérêt de VW de déconseiller le E10.

        Et puis je n’ai jamais vu de E85...


      • mmbbb 17 juin 15:53

        @Croa les agro carburants n etait il pas une idee lumineuse des ecolos ?


      • Alren Alren 17 juin 20:03
        @Croa

        L’huile végétale comme le fuel lourd a besoin d’être préchauffée avant d’entrer dans l’injecteur.
        Il serait possible de préchauffer l’huile avec les gaz d’échappement.
        L’huile bouillante brûle si bien qu’elle met le feu aux cuisines en s’échappant des bassins à fritures.

        Ceci dit, en effet, l’utilisation de bonnes terres agricoles pour produire à grand renfort d’engrais, de pesticides et ... d’énergie mécanique, des plantes oléagineuses alimentaires et les employer à actionner un moteur, au lieu de nourrir les gens, c’est une aberration !

      • Croa Croa 13 juin 12:53
        « biogaz. Pour les transports ils ne peuvent être utilisés que dans les moteurs à essence. » FAUX, un diesel ça fonctionne avec n’importe quoi. Toutefois il est bien plus facile de modifier un moteur à essence pour l’adapter au gaz que d’adapter un diesel au gaz ce qui supposerait en effet un dispositif d’injection très spécial et difficile à faire. En pratique ce ne sont que des moteurs à essence modifiés qui équipent les voitures à gaz mais ce n’est là qu’un choix de la simplicité.
        Par ailleurs le gaz est aussi bon combustible qu’il est mauvais carburant. Il affiche un mauvais rendement comme carburant alors que c’est le contraire utilisé comme combustible et dans tous les cas il pollue moins. Il vaut donc mieux le brûler en chaudière ou l’envoyer dans le réseau de gaz (le mélanger au gaz naturel du réseau.)
        Les moteurs polycarburants sont en réalité des diesels. Ces moteurs ne fonctionnent toutefois pas au gaz car pour le gaz il faudrait des injecteurs vraiment spécifiques. Celui-ci a eu son heure de gloire (attention il ne faut pas prendre cette réclame au mot, par exemple pour qu’il ne pollue plus il faut le faire fonctionner à l’essence, ce que le documentariste évite bien de précise smiley )

        • cassini 13 juin 13:26

          La dispute sémantique entre biocarburants et agrocarburants est savoureuse. 

          On a commencé par dire « biocarburants » pour faire bien puisque l’étiquette bio est porteuse. On la justifiait par un bilan CO² en principe nul. 
          Et puis on s’est avisé qu’il faudrait, à cause des surfaces à y consacrer, affamer les peuples pour rouler avec cela. Aussi, vite-vite-vite, l’écologie bien-pensante mesurant sa gaffe à défendu l’emploi de l’étiquette « bio » et enjoint qu’on dise « agrocarburants ». 

          • Pere Plexe Pere Plexe 13 juin 19:15

            @cassini
            le top du marketing linguistique en ce domaine est sans doute le bioéthanol.



          • fatallah 13 juin 19:15
            @cassini
            et même nécro-carburants puisqu’ils affament

          • zygzornifle zygzornifle 13 juin 13:39

            Ha si on pouvait transformer la connerie et la fourberie de nos politiques en carburant ....


            • Dom66 Dom66 13 juin 15:13

              @zygzornifle

              En plus.....

              Micron pense (c’est en étude) supprimer la pension de réversion…..bonjour mesdames..

              Allez les mouton Rotez Micron


            • izarn izarn 15 juin 15:30

              @zygzornifle
              Tu peux pas tansformer la stérilité(-) en énergie(+).
              C’est mathématique.


            • Zolko Zolko 13 juin 13:53

              Merci @ l’auteur pour cet article très intéressant.
               
              MAIS : j’arrive à la conclusion inverse : oui, les agro-carburants sont l’avenir. En supposant que les chiffres de l’article soient justes (et selon mes recherches elles le sont à peu près) :
               
              « Pour remplacer seulement 10 % des carburants pétroliers par des biocarburants, elle devrait y consacrer 2,7 millions d’hectares soit 18,5 % de sa surface agricole utile »
               
              Donc c’est tranquille : comme il y a surproduction agricole de toutes façons, il suffit de consacrer 20% des terres agricoles aux biocarburants, et de baisser l’utilisation de carburants en changeant à la fois les habitudes (faites du vélo) et les technologies (maisons bioclimatiques)
               
              De toutes façons, c’est ça ou rien.


              • cassini 13 juin 14:07

                En principe le bilan du CO² des agrobiocarburants est nul : la repousse des plantes oléagineuses absorbe le CO² libéré par la combustion du carburant. C’est le même principe pour le chauffage au bois, si du moins on se donne la peine de replanter après coupe et de conserver une étendue constante de forêt.


                Il est certain que s’il faut abattre une forêt pour planter des oléagineux, le bois ainsi produit finira d’une manière ou d’une autre par libérer son carbone sous forme de CO², par combustion ou par pourriture. Il faudra alors un certain nombre de récoltes de plantes oléagineuses pour « amortir » ce CO² initial. Le bilan du CO² du carburant produit ne deviendra positif qu’après ce certain nombre de récoltes. Une seule ? Dix ? Je n’en sais rien ; il faut comparer à l’hectare le tonnage de bois coupé, tronçonneuses et transport compris, et celui de carburant produit. 

                Toutefois, un document donné en lien par l’auteur indique un fait plus grave : en tenant compte de tout ce qui est nécessaire comme travail et produits divers pour cultiver les plantes et fabriquer le carburant, il n’est plus question d’un certain nombre de récoltes pour compenser la coupe de la forêt : c’est ad vitam aeternam que le bilan final en CO² de l’agrobiocarburant restera négatif, et non seulement négatif mais encore pire que celui du gazole issu du pétrole. 

                Comme il est tout de même surprenant qu’on soit parti bille en tête dans ces carburants-là sans avoir vu cette énormité, je cherche à comprendre pourquoi. 

                Depuis que je connais l’écologie, j’ai vu suffisamment de raisonnements imparfaits (je suis poli) sous les plumes les meilleures pour vouloir être certain que le document en anglais mis en lien en toute bonne foi par l’auteur ne recèle aucune imperfection. 

                L’article dit que les carburants agricoles ont un bilan carbone pire que celui du gazole pétrolier, en moyenne 1,8 fois pire. Cela ne vient pas du carburant lui-même, en soi de bilan carbone nul, mais de toutes les externalités de sa fabrication et de son transport. 

                Je voudrais donc être sûr qu’on n’a pas oublié d’ajouter aussi les mêmes suppléments au gazole fossile de référence, et non pas considéré le gazole simplement sorti de son bidon. L’auteur a-t-il des lumières à ce sujet ? Je m’excuse pour mon tempérament toujours inquiet. 






                • franck35 13 juin 14:41

                  @cassini
                  Tout simplement parce qu’à un moment, il a fallu faire plaisir au lobby écolo. Le soit-disant BIOcarburant étant comme tout BIO très vendeur ...


                • wawa wawa 13 juin 15:16

                  @cassini



                  oui, les chiffres doivent tous etre « du puit à la roue »

                  si il fallait corriger cette donnée des 20% de pertes à la transport-raffinage+ celle de l’EROEI du petrole brut
                   (eroi = 2 : 50% de perte
                  eroei = 10 : 10% de perte
                  ereoi = 100 : 1% de perte)

                  soit pour des 20% de perte raffinage et un ereoi de 10 : 1/0.8 (perte raffinage)/0.9n= 1,38.

                  soit si on compte tout 1,8/1,38 = 1, 32 fois pire, ce qui, pour quelque chose qui est sensé être meilleure..reste pire, meme avec un mauvais EROEI de 10

                • franck35 13 juin 14:45

                  @Daniel MARTIN qui a mis dans la tête des citoyens que le bio ou agrocarburant était LA solution pour répondre à la pénurie de produits pétroliers ?


                  • eddofr eddofr 13 juin 14:54

                    Les agro-carburants Français ont tout de même trois avantages objectifs, qui n’ont rien à voir avec l’écologie.


                    • Ils contribuent à réduire notre dépendance énergique vis à vis des pays producteurs d’hydrocarbures.
                    • Ils contribuent à réduire le déficit de notre balance commerciale.
                    • Ils contribuent à créer des emplois en France.


                    • Croa Croa 13 juin 15:12
                      À eddofr,
                      Perso, je n’ai pas souvent vu de palmier à huile en métropole.

                    • Dom66 Dom66 13 juin 15:27

                      @eddofr

                      Du point de vue économique…. Dépensons moins en bombe atomique, arrêtons de faire la guerre pour faire plaisir aux US, arrêtons de payer une flopée de politiciens professionnel, et stoppons l’évasion fiscale, arrêtons de faire des cadeaux aux puissants, et nous aurons les moyens d’acheter du pétrole. Et laissons les terres pour nourrir les hommes

                      Maintenant je vais faire mon plein en Espagne...moins de taxes


                    • Zolko Zolko 13 juin 16:31

                      @Croa : « je n’ai pas souvent vu de palmier à huile en métropole. »
                       
                      ça, je ne sais pas, mais de la betterave à sucre pour faire de l’alcool, ou des champs de colza pour faire du agro-diesel, j’en ai vu partout. Et ces plantes ont parmi les meilleurs rendements possibles, seule la canne-à-sucre est meilleure.


                    • eddofr eddofr 13 juin 16:52

                      @Croa

                      la France produit surtout de l’alcool (du bioethanol) à partir de Colza par exemple.

                    • Croa Croa 13 juin 17:51
                      À eddofr,
                      Non le colza sert à faire de l’huile. C’est la betterave qui sert à faire de l’agro-éthanol... Sauf que c’est théorique car Macron préfère importer de l’huile de palme et de l’agro-éthanol de canne (même pas issue des îles françaises car le Brésil vend ça moins cher.) 

                    • Pere Plexe Pere Plexe 13 juin 19:21

                      @eddofr

                      Il n’ont toujours eu qu’un objectif : subventionner notre agriculture.
                      Bon en fait ça à surtout créer une rente à feu Belin et sa bande mafieuse qui à fait main basse sur la manne payée par l’automobiliste. 

                    • Le421 Le421 13 juin 19:32

                      @Croa
                      Sans parler du pétrole de schiste importé à tour de bras du pays super écolo désigné, le Canada !!


                    • microf 14 juin 10:50
                      @Dom66

                      Bravo @Dom66, très bon commentaire, vous avez tout dit.

                    • JC_Lavau JC_Lavau 13 juin 16:53

                      Sheila répétait vingt-trois fois, que « C’est sa première surprise partie ! Bam boum ! C’est sa première surprise partie ! Bam boum ! C’est sa première surprise partie ! Bam boum ! C’est sa première surprise partie ! Bam boum ! badaboum bam boum... »

                       
                      Daniel Martin est plus sobre, il ne répète que six fois qu’il y croit, au coup des « gaz à effet de serre ».
                       
                      Le niveau de réflexion est le même : néant.
                       
                      Or c’est sur ce mythe carbocentriste que repose la totalité de l’argumentaire des agrocarburants, qui demeurent un scandale agricole majeur.

                      • biquet biquet 13 juin 17:47

                        La méthanisation utilisée dans les élevages de porc en Allemagne est un leurre. Les élevages sont gigantesques et produisent des tonnes de lisiers par jour. La méthanisation permet de produire de l’électricité mais le lisier ne peut être utilisé qu’une fois. Que fait-on après ? De l’épandage massif, la quantité ne manque pas, ce qui entraîne la pollution des nappes phréatiques.


                        • Citoyen de base 13 juin 18:35

                          Merci pour votre article M. Martin. Manger ou bouger, mon choix est fait.  smiley


                          • jef88 jef88 13 juin 19:18
                            Quelque soit le carburant ; quand il entraine un moteur, il brule ......
                            DONC il dégage des gazs  ! !
                            Et ce sont toujours des gaz à effet de serre .......
                            Les polémiques sur le type de carburant n’ont pour but qu’enrichir des producteurs qui se font une concurence acharnée ! ! ! !

                            • JC_Lavau JC_Lavau 13 juin 21:09

                              @jef88. Outre l’eau et les sels minéraux, elles bouffent quoi, tes plantes ?


                            • Le421 Le421 13 juin 19:31
                              La FNSEA en défenseurs de la planète et des orang-outangs !!
                              Dehors les bouffons !!

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