Alain Soral et la raison émotionnelle
Il s'agit pour le soralisme de faire passer le message anti-victimoféministe, bizarrement au travers de l'antisionisme et de l'islamophilie, au sens où l'islamisme serait victimisé. Ce dernier point (la victimisation soralienne de l'islamisme) est contradictoire avec la critique du victimoféminisme par le même homme, jouant bonnes victimes (victimo-islamisme) contre mauvaises victimes (victimoféminisme).

Source internautique
Monsieur Soral
Quand on égrène sa fiche Wikipédia et divers témoignages par le Net, on se rend compte que le véritable problème d'Alain Soral, c'est avant tout la censure et l'effet-Streisand qui font du monde sociomédiatique une caisse de raisonnances parfaites, pour une idéologie à moitié convenue (l'anti-islamophobie) et à moitié vilaine garçonne (l'antisionisme, dont il faut reconnaître toutefois la possibilité, en tant qu'existe l'atlantisme et sa culpabilité post-Shoah pro-israélienne, supposément sous l'influence de l'ethnie des Juifs caucasiens nommés les Khazars ; c'est-à-dire qu'un judaïsme orthodoxe admet la Diaspora sans rechigner, puisque c'est un décret yahvique : il n'est pas pro-israélien !)
A noter alors qu'Alain Soral s'est toujours défendu d'accuser le commun des croyants, uniquement la victimologie organisée de certains groupes d'obédience juive : dans un style impulsif éveillé, qui ne se passe pas de vulgarité, il est vrai, pour quoi il me semble que ses obsessions ont surtout suscité une ire picrocholine d'hygiène de CSPs supérieures et sociomédiatiques. Si à cela, on ajoute qu'Alain Soral est néo-marxiste, républicaniste, sophiste, on a tout compris.
Donc, répétons avant tout que le soralisme ne doit son existence qu'à la censure (les restrictions communautaristes à la liberté d'expression, notamment anti-antisémites, comme si le sémitisme était une catégorie d'antiracisme à part, d'ailleurs ! de quoi faire gamberger les soraliens, encore !) ainsi qu'un effet-Streisand (plus on cherche à faire de la contre-publicité à quelque chose, plus on lui fait de publicité).
Les Khazars ?
Concernant la controverse sur les Khazars, remarquons que la génétique pourrait confirmer l'héritage, juifs d'adoption, prétendue 13ème tribue d'Israël. Un héritage que des chercheurs ressortants du judaïsme sont les premiers à valider, ce qui n'a pas empêché un dernier polémiste de revenir sur l'Histoire pourtant affirmée scientifiquement par ses prédécesseurs historiens et généticiens.
Quant à savoir jusqu'où il y a discussion, c'est quelque chose qui a lieu de tout, partout dans les milieux scientifiques. En dehors des éléments éprouvés, les discussions sont denses, et c'est bien cela que la science : l'esprit de recherche méthodique. A partir de quoi effectivement, il semble permis de s'étonner qu'un dernier polémiste ait eu besoin de se donner le dernier mot dans l'espace public, contre la filiation khazare. Cela signifie qu'il existe bien un certain néosionisme (et non pas sionisme, pour être précis, puisque le sionisme a obtenu ce qu'il voulait avec la reconnaissance de l’État d'Israël en 1947).
De plus, quand on observe l'Histoire, on remarque que la fin de l'Empire Khazar correspond à l'avènement des Yiddishs en Europe, les Ashkénazim (originaires d'Allemagne), dont singulièrement une frange régnant en Israël, se considère un peu comme "la race aryenne" du judaïsme, devant les Séfarades et les Mizrahim, et ce n'est pas dit pour la provoc : originaires d'Allemagne, pour l'époque ... hélas.
Une guerre de religions sur la base d'une guerre antireligieuse, nationalisme prohibé contre nationalisme autorisé
Donc avant tout, ce qui est magnifié par un certain néosionisme contemporain, porté pour X raisons bonnes et mauvaises (géopolitiques avant tout) par l'atlantisme, c'est une guerre de religions, sur la base d'une guerre antireligieuse (la Shoah). Et, pour cela, il faut inventer que tous les juifs sont originaires de Palestine, ce qui n'est pas vrai, d'autant plus qu'aucun texte biblique ne laisse entendre que le dieu revenait sur la Diaspora.
Remarquons alors à quel point tout cela est de nationalisme post-colonial. Nous autres, notamment Européens, sommes un îlot d'humanitarisme sur Terre, à récuser - du moins socio-médiatiquement - toute forme de nationalisme. Et pourtant, toute l'Histoire depuis la deuxième moitié du XXème siècle, témoigne de notre effort à soutenir des nationalismes anti-européens dans le monde, ce qui s'appelle l'indépendantisme post-colonial. Qui, chacun, se sont fait sur la base de nationalismes, sinon de patriotismes, et pour tout dire de populismes locaux.
Nous ne sommes pas cohérents, et les raisons qui nous poussent à soutenir Israël sont donc belles et bien géopolitiques, par-delà bien et mal. Qu'ensuite le soralisme critique cela, ce devrait en réalité être son droit de l'homme le plus strict : seulement au nom de bonnes intentions qui pavent l'enfer, il y a une censure, il y a des chiens de garde (et de nouveaux chiens de garde).
Un seul exemple de raison émotionnelle
Dans une émission de Clique TV présentée par Mouloud Achour, avec l'humoriste amateur de sciences Alexandre Astier, et l'astrophysicienne Fatoumata Kebe. Alexandre Astier avait prêté sa voix pour doubler le jeu vidéo Mass Effect, de guerres interstellaires. Quand Achour demande à Kebe ce qu'elle en pense, cette dernière s'indigne que c'est transposer le colonialisme dans l'espace, au prétexte que la notion de colonies humaines implantées çà et là dans l'univers (pourtant sans nationalité spécifique) ne lui plaisait pas ... mais très vite, quand il est question d'aller sur la lune et d'y planter un drapeau, Astier estime que c'est risible, or Kebe intervient en disant qu'elle serait trop fière d'y planter le drapeau de son pays d'origine, sans que personne ne soit en droit de moufter ? Donc, en somme, Kebe était la seule véritable post-coloniale de la clique. Et Achour de sourire de connivence, tandis que le représentant nolontaire de la domination éternelle, l'Européen séculaire assimilé, j'ai nommé Alexandre Astier, passait pour le con.
C'est-à-dire que la victimologie contemporaine a naturellement besoin d'un bouc-émissaire, dans sa schizothymie (on a vraiment besoin de bouc-émissaires qu'au compte d'une schizothymie). De victime, elle est devenue bourreau en victimisant sur un déni, l'Européen séculaire assimilé, qui pourtant lui a offert de prendre son indépendance (aux anciennes colonies, aux femmes). Où nous retombons sur nos pieds, rapport à ce topic :
Per moderna definitio, la charmante Fatoumata Kebe, et derrière elle Mouloud Achour (il a "le défaut" d'être homme) passent pour rationnels, devant l'Européen séculaire assimilé, qui pourtant s'avérait plus rationnel qu'eux, puisque Fatoumata Kebe se contredisait d'une minute à l'autre dans la démarche. Elle était plus nationaliste qu'Astier, c'est un fait, qu'on le lui pardonne ou non, de ce qu'elle s'émotionnait, émue, émouvante, sans compter son communautarisme voire son racisme, de connivence avec Achour.
Le problème, donc, c'est l'émotionnalisme en guise de raison. Ce que l'on pourrait philosopher sous la notion de raison émotionnelle, au même titre qu'Emmanuel Kant parla de raison pure et Peter Sloterjik de raison cynique, etc. Alain Soral lui-même est saisi par cette raison émotionnelle sans échappatoire.
Pierre Desproges, ou le contraire de la raison émotionnelle.
Il ne joue évidemment pas d'antisémitisme,
mais ironise en écho à la France de Vichy.
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