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Accueil du site > Tribune Libre > Anne Bert : le choix de la mort dans la liberté et la dignité
#67 des Tendances

Anne Bert : le choix de la mort dans la liberté et la dignité

La romancière charentaise Anne Bert, atteinte de la maladie de Charcot et exposée à une inéluctable déchéance physique jusqu’à ce que mort s’ensuive, est décédée en femme libre et digne. Elle s’est éteinte le 2 octobre en Belgique, pays où elle avait demandé et obtenu de recourir à une euthanasie lorsqu’elle jugerait le moment venu. Euthanasie et suicide assisté, des pratiques interdites en France où la loi Claeys-Léonetti fixe des limites d’une choquante hypocrisie...

Avant toute chose, c’est avec une grande tristesse et une compassion sincère pour les membres de sa famille que nous avons appris au début du mois d’octobre le décès d’Anne Bert. En rupture avec les tabous, cette femme courageuse a fait de sa fin de vie un combat dédié à tous ceux et toutes celles qui, comme la romancière, sont atteint(e)s d’une pathologie incurable n’offrant comme seule perspective que la certitude de la mort au terme d’un parcours caractérisé par une insoutenable déchéance corporelle et intellectuelle. Anne Bert se battait pour que soit dépassé le cadre hypocrite de la loi Claeys-Léonetti en instaurant enfin dans notre pays le droit à une fin de vie abrégée à la demande des malades. Un droit à la liberté et à la dignité dans la mort qu’elle a défendu post-mortem dans son dernier livre « Le tout dernier été » paru deux jours après qu’elle ait reçu en Belgique une piqûre létale. 

C’est un fait qui surprend et qui est même ressenti par beaucoup de nos compatriotes comme une révoltante injustice : contrairement à ce qui se passe en Belgique, au Luxembourg, aux Pays-Bas ou en Suisse, il est interdit en France de pratiquer des euthanasies ou d’apporter une assistance au suicide à des personnes gravement atteintes d’une maladie incurable. Et cela même si les phases terminales de ces maladies sont caractérisées par d’indicibles souffrances physiques et psychologiques, aggravées par la conscience d’une déchéance irréversible.

La terrible « maladie de Charcot » dont souffrait Anne Bert fait partie de ces pathologies incurables. Dénommée par les scientifiques « sclérose latérale amyotrophique », cette maladie neurodégénérative entraîne progressivement une paralysie du corps et de l’encéphale qui débouche en phase avancée sur une dépendance partielle puis totale. Une perspective insupportable pour tous les malades – et plus particulièrement pour les personnes dynamiques, tant au plan physique qu’au plan intellectuel – dont les capacités s’atrophient inexorablement tandis qu’apparaissent de nouvelles souffrances au fur et à mesure de la progression de la maladie vers la mort.

Sur une question d’une telle gravité, il convient d’être au clair sur la nature de la démarche entreprise par Anne Bert : la Belgique, où s’est rendue l’écrivaine pour organiser sa fin de vie, n’est pas un « supermarché de la mort » comme tentent de le faire croire ici et là les plus excessifs parmi ceux qui s’opposent à l’euthanasie et au suicide assisté, le plus souvent pour des motifs religieux. Il faut en effet, pour que la demande aboutisse, que deux médecins au moins aient constaté le caractère incurable de la maladie et la réalité des souffrances physiques et/ou psychologiques endurées par la personne requérante. Il faut en outre que ces praticiens s’assurent de la pleine liberté des malades et de la constance de cette demande d’euthanasie par des formulations réitérées. En pratique, le parcours nécessite plusieurs mois entre la demande initiale et la piqûre létale.

Un processus monstrueux

Ces précautions légitimes sont également en vigueur dans les autres pays européens qui ont autorisé, de manière plus ou moins permissive et sous contrôle médical, des procédures d’aide à la mort. En France, l’euthanasie est illégale et passible de poursuites judiciaires, qu’il s’agisse d’euthanasie active ou passive, la première étant assimilée à un homicide dans le Code pénal, et la seconde (le défaut ou l’arrêt des soins) à de la non-assistance à personne en danger.

Des poursuites que ne remet pas en cause la loi Claeys-Léonetti, définitivement adoptée le 2 février 2016 et entrée en vigueur le 5 août de la même année après parution des décrets d’application au Journal Officiel. Un texte législatif qui, à l’évidence, n’a pas contribué à apaiser les tensions autour de cette douloureuse question. Certes, cette loi introduit le droit des malades incurables à voir leur vie de souffrance abrégée, mais en restant arc-boutée sur l’illégalité de l’euthanasie et du suicide assisté. C’est donc sous la forme d’une « sédation profonde et continue » que les médecins peuvent, après une décision collégiale ou à la demande des malades, mettre en œuvre un processus accéléré de fin de vie pour rompre avec ce qui pouvait relever d’une forme d’« acharnement thérapeutique ».

Malgré son apparence humanitaire – et vantée comme telle par les promoteurs de la loi –, la sédation profonde et continue n’en est pas moins la manifestation d’une choquante hypocrisie. Elle consiste en effet à administrer un double traitement sédatif et analgésique, visant pour le premier à provoquer une altération irréversible de la conscience du malade, et pour le second à supprimer les douleurs. En pratique, ce processus, accompagné de l’arrêt de la nutrition et de l’hydratation, revient de facto à faire mourir le malade à petit feu. Bref, il s’agit là, quoi qu’en disent les défenseurs du texte, d’une euthanasie lente dont on refuse de prononcer le nom ! Une pratique moralement insupportable pour les proches, confrontés à la torture d’un parent livré à une lente et inconsciente agonie. En quoi ce processus monstrueux, issu d’un « consensus mou » et qualifié de « pratique abracadabrantesque de l’euthanasie » par le sociologue Philippe Bataille, est-il moins choquant qu’une euthanasie rapide administrée par une piqûre létale ? Poser la question, c’est y répondre.

La seule véritable avancée constructive de la loi de 2016 est la création d’un « fichier national des directives anticipées* » destiné à mettre fin aux pratiques d’acharnement thérapeutique trop souvent constatées dans le passé. Ce fichier, « révisable et révocable à tout moment », permet à chacun d’exprimer clairement les limites des traitements thérapeutiques qu’il accepte de subir dans le cas d’une maladie grave et incurable. Ce droit à l’affirmation d’une volonté n’est toutefois pas opposable aux médecins : ceux-ci restent en effet maîtres de leur décision.

À l’évidence, la loi Claeys-Léonetti n’est pas satisfaisante aux yeux de tous ceux qui, comme Anne Bert, sont confrontés – ou craignent de l’être – à la perspective inéluctable de la mort, au terme d’une longue et atroce période de lente déchéance. Seule l’introduction sans hypocrisie de l’euthanasie encadrée ou du suicide assisté dans la loi française permettra aux malades incurables qui le souhaitent de s’en aller dans la liberté et la dignité. « J’aime trop la vie pour me laisser mourir », nous a dit Anne Bert sur la couverture de son livre témoignage. Tout est dit dans ces quelques mots ! 

Pour en savoir plus sur le Fichier national des directives anticipées, le mieux est de contacter l’ADMD (Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité)


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203 réactions à cet article    


  • Jelena Jelena 10 octobre 08:34

    Loi ou pas loi, il ne manque de médocs qui à forte dose font que l’on peut se suicider assez rapidement.


    • Fergus Fergus 10 octobre 09:14

      Bonjour, Jelena

      Certes ! Chacun peut en effet choisir de se suicider. Mais ce n’est pas si simple, et une erreur de dosage peut aboutir à un acte manqué pouvant déboucher sur une situation encore pire, tant au plan physique qu’au plan psychologique.

      Mais surtout, vous oubliez que nombre de malades incurables gravement atteints sont dans l’incapacité physique d’organiser ce suicide. Dès lors, il ne peut se faire que sous la forme d’une euthanasie prodiguée par un tiers compatissant ou d’un suicide assisté qui implique là aussi un tiers. Dans les deux cas, et en l’état actuel de la loi, ce tiers tombe sous le coup de la loi et peut être exposé à des poursuites judiciaires. 


    • Christian Labrune Christian Labrune 10 octobre 14:02

      . Dès lors, il ne peut se faire que sous la forme d’une euthanasie prodiguée par un tiers compatissant

      @Fergus

      Drôle de compassion que celle qui consiste à TUER son semblable ! Le philosophe Althusser qui ne pouvait plus supporter le spectacle de sa femme malade avait fini par l’étrangler. On avait parlé d’un « meurtre altruiste » résultant d’une pathologie mentale dont on avait déjà rencontré plusieurs exemples, et envoyé illico le bonhomme à Sainte-Anne où il aura fini ses jours. S’il ne s’était pas agi d’un « philosophe » fort connu, on aurait pris moins de précautions, on l’aurait envoyé directement en cabane, et c’eût été plus conforme à la justice.
       


    • Fergus Fergus 10 octobre 14:19

      @ Christian Labrune

      « Drôle de compassion que celle qui consiste à TUER son semblable »

      Ne regardez pas la vie avec des œillères ! Je vous invite à lire le formidable livre de Bernard Clavel « Le tambour du bief ». 


    • Alren Alren 10 octobre 15:44

      @Christian Labrune
      "
      Drôle de compassion que celle qui consiste à tuer son semblable !"

      Il est des circonstances où les gens préfèrent le néant à la vie de souffrance et de désespoir que leur réserve la maladie. (Ce fut aussi le cas d’individus torturés qui échappèrent à leurs bourreaux par le suicide). Mais bien sûr personne n’est obligé de faire ce choix. Il est du droit de chacun de souffrir jusqu’au bout. Car avec certaines maladies aucun antalgique ne soulage la douleur.

      De toute façon, cela ne vous regarde pas : vous être maître de votre vie et de votre mort, pas de celle des autres au nom de vos convictions religieuses qui sont loin d’être universelles !

      Décider à la place des autres ce qui est bon ou mauvais pour eux, c’est nier leur liberté, c’est nier l’égalité entre citoyens et au final c’est nier la fraternité qui devrait régner entre humains.


    • Christian Labrune Christian Labrune 10 octobre 15:52

      @Fergus
      La « littérature » sur cette question - et je prends ce mot en son sens le plus péjoratif- ne m’intéresse nullement. Des psychopathes ou des coeurs trop sensibles qui préfèrent tuer l’autre pour ne pas souffrir eux-mêmes par empathie, je ne me soucie nullement, et leurs « témoignages » d’assassins remplis de bons sentiments sont odieux. Je n’ai pas une très grande admiration pour le style de Houellebecq, mais s’il ne m’apparaît pas comme un grand faiseur de littérature, en revanche, comme penseur, il tient le coup très solidement. Dans « La carte et le territoire », vous trouverez sur la question de l’euthanasie des pages d’une lucidité et d’une rigueur philosophique remarquables.

      Que chacun commence par se démerder avec la perspective de sa propre mort sans s’occuper de celle des autres, laquelle ne le regarde aucunement. Si on ne supporte pas l’idée de voir mourir autrui et encore moins celle de mourir soi-même « dans l’indignité », on n’a qu’à se tirer une balle dans la tête pendant qu’on est encore jeune et en très bonne santé, et qu’on foute la paix à son entourage.

      J’ai vu mourir bien des gens. La mort a toujours quelque chose d’un peu obscène : les râles de l’agonie, ça ne se contrôle guère, mais ça ne me semble pas pire que de mourir « dans la dignité », c’est-à-dire comme un vieux chien chez le vétérinaire, dont on a résolu de se débarrasser parce qu’on a autre chose à faire.

      Si vous avez encore de vieux parents et qu’ils vous lisent, je les plains sincèrement, comme je plains sincèrement tous les vieux parents à qui, dans maintes familles en France, on est en train d’imposer tardivement des principes de bonne éducation qu’on ne leur avait pas inculqués dans leur jeunesse et dans un tout autre monde. Il faudra désormais qu’ils sachent qu’on doit débarrasser le plancher vite et bien, et sans bavures.


    • Fergus Fergus 10 octobre 15:55

      Bonjour, Alren

      « De toute façon, cela ne vous regarde pas : vous être maître de votre vie et de votre mort, pas de celle des autres au nom de vos convictions religieuses qui sont loin d’être universelles ! »

      Excellente réponse !


    • oncle archibald 10 octobre 16:01

      @Alren : vous êtes parfaitement libre de vous suicider si vous estimez votre vie insupportable, mais il ne s’agit nullement de ça.

      Il s’agit de légiférer sur le droit d’exiger qu’un médecin soit autorisé voire obligé de vous donner la mort à votre demande ou à celle « d’un tiers de confiance » qui s’exprimera pour vous quand vous ne serez pas en état de dire votre volonté.

      Que vous le vouliez ou non il s’agit bien d’instaurer un « permis de tuer ».


    • oncle archibald 10 octobre 16:08

      Mais non Fergus, très mauvaise réponse à coté du problème posé.

      Je rappelle que « tu ne tueras point » est non seulement l’un des dix commandements mais qu’il a été repris à ma connaissance dans les différents codes qui régissent les lois de quasiment tous les états. Il s’agit donc de créer une dérogation à ces « lois des hommes » qui s’imposent à tous, y compris aux athées, et même aux bouffe curés !


    • Fergus Fergus 10 octobre 20:15

      @ oncle archibald

      Mauvaise interprétation : il ne s’agit pas de « tuer », mais comme je l’ai écrit plus loin d’abréger des souffrances !


    • foufouille foufouille 10 octobre 20:49

      @Fergus
      si on t’injecte un produit qui va te tuer, c’est tuer. point.


    • Mowgli 10 octobre 21:04

      @foufouille
      Si on te met au monde on te tue car un jour tu mourras.


    • Mowgli 10 octobre 21:29

      @Jelena
      Oui, ça ne manque pas : whisky, vodka, calva etc. Siffles-en une bouteille cul-sec et tu es a peu près sûr de passer l’arme à gauche illico presto. Au pire (dosage insuffisant) tu te retrouves légume vert et tu fais la joie des « tu ne tueras point »


    • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 10 octobre 22:55

      @Jelena

      J« éprouve une mépris qui confine a la haine pour quiconque veut s’opposer au droit sacré de chaque individu adulte et sain d’esprit de mettre fin a ses jours quand il l’entend et ddobtenir pour le faire toute l’assistance que peut lui fournir la société.
      /nouvellesociete.wordpress.com/2008/03/10/036-visa-de-sortie/« >
      /nouvellesociete.wordpress.com/2008/03/10/036-visa-de-sortie/">https://nouvellesociete.wordpress.com/2008/03/10/036-visa-de-sortie/


      Pierre JC Allard


    • Fergus Fergus 11 octobre 09:19


      Bonjour, Pierre

      Un grand merci à vous pour le lien sur ce remarquable article. J’en cite ici deux extraits particulièrement importants à mes yeux :

      « Je ne crois pas que le médecin ait d’autres questions d’éthique à se poser, avant d’aider un patient à mettre fin à ces jours, que de s’assurer que son patient sait ce qu’il fait et ne subit l’influence de personne. »

      C’est évidemment ce qui se passe dans les pays qui ont légalisé l’euthanasie.

      « Pour celui qui voit venir une mort lente et douloureuse après des jours ou des années d’une vie dont toute joie sera exclue, choisir de mourir n’est pas une preuve d’insanité : c’est une décision peut-être discutable, mais qu’il faut respecter. Ceux qui s’y opposent pour des raisons religieuses s’arrogent le droit de transformer en lois leurs croyances, ce qui est inadmissible. Le principe sacré qu’il faudrait établir, c’est que mourir est bien une décision personnelle. »

      En effet, et c’est en cela que la loi française n’est pas au clair, loin s’en faut !

      En résumé, votre conclusion est parfaite :

      « Si [en ayant mis en place des garde-fous drastiques*] l’État prenait ainsi une position claire, on rassurerait les handicapés et les autres qui se sentent menacés, tout en allégeant le poids sur les épaules de ceux pour qui la vie est devenue un fardeau et en exonérant ceux qui les aident à accomplir leur dernière volonté. »

      Un grand merci à vous pour cette contribution.

      Cordialement.

      * Note Fergus


    • Christian Labrune Christian Labrune 11 octobre 10:29

      De toute façon, cela ne vous regarde pas : vous être maître de votre vie et de votre mort, pas de celle des autres au nom de vos convictions religieuses qui sont loin d’être universelles !

      @Alren
      C’est très exactement ce que j’expliquais : le débat n’a pas lieu d’être et je ne vois pas ce que vient faire sur AgoraVox un article qui fait de la propagande pour un groupe de pression (ADMD) particulièrement nocif en France, et crimonogène. Qu’on préfère souffrir dans ses derniers jours ou se tuer, à moi qui suis athée, c’est strictement indifférent, mais qu’on ne vienne pas cracher sur ceux qui auront préféré vivre et n’auront pas lâchement supplié qu’on les tue sous prétexte qu’ils risqueraient de mourir salement salement et dans l’indignité. Tuer son semblable, de quelque manière que ce soit en temps de paix, c’est-à-dire lorsqu’on n’est pas directement menacé par un tiers, c’est assassiner. Crever comme un chien dont les maîtres se débarrassent parce qu’il est malade et embarrassant, en le faisant piquer chez le vétérinaire, cela n’a rien à voir avec aucune sorte de dignité. C’est l’abjection même. 


    • Fergus Fergus 11 octobre 11:22

      Bonjour, Christian Labrune

      Je m’exprime en mon nom personnel, certainement pas en relais de l’ADMD ! Et si j’ai mis un lien sur cette association, c’est en raison des explications qu’elle donne sur le fichier des directives anticipées.

      Ce qui est « nocif » à mes yeux, c’est le lobbyisme des intégristes religieux qui en sont restés à une vision médiévale de la société (et cela vaut qui pour les athées qui épousent leurs thèses). Ce n’est pas trop grave avec les cathos, eu égard au fort recul de leur influence sur les populations, mais on voit les dégâts que l’obscurantisme peut donner avec les intégristes musulmans.

      « qu’on ne vienne pas cracher sur ceux qui auront préféré vivre et n’auront pas lâchement supplié qu’on les tue sous prétexte qu’ils risqueraient de mourir salement et dans l’indignité. »¨

      Personne, et surtout pas moi, ne crache sur les malades qui choisissent d’aller au bout de leur maladie, quelle qu’en soient les conséquences. Ces gens-là doivent être respectés tout autant que ceux qui désirent mettre fin à leurs jours pour abréger leurs souffrances. Ni plus ni moins ! En l’occurrence, votre propos est inadmissible !!! smiley 

      A mes yeux, l’abjection, c’est d’« assasssiner » (pour reprendre votre mot) les personnes en les faisant mourir de faim et de soif ! Difficile de faire plus « abject » pour reprendre un autre de vos mots.


    • Christian Labrune Christian Labrune 11 octobre 11:34

      Mauvaise interprétation : il ne s’agit pas de « tuer », mais comme je l’ai écrit plus loin d’abréger des souffrances !
      ===========================================
      @Fergus

      Vous avez raison : il s’agit ’d’abréger les souffrances’ , ce qui est fort bien, mais EN TUANT, ce qui l’est beaucoup moins, ce qui est même exécrable ! Exact ou inexact ?

      Voilà que, comme les casuistes jésuites évoqués par Pascal dans les « Provinciales », vous en êtes arrivé à la « grande méthode de diriger l’intention ». C’est-à-dire faire ce qu’on a à faire, mais en privilégiant une INTENTION acceptable et en détournant son ATTENTION de ce qu’il pourrait y avoir de calamiteux dans ce qu’on entreprend. Mais le chemin de l’enfer, comme dit la sagesse des nations, est souvent « pavé de bonnes intentions ». Pour vous rafraîchir la mémoire, je vous recopie ce fragment bien connu des « Provinciales », en y ajoutant deux notes.

      PASCAL :
      Mais je veux maintenant vous faire voir cette grande méthode [c’est le jésuite qui parle] dans tout son lustre sur le sujet de lhomicide(1), quelle justifie en mille rencontres, afin que vous jugiez par un tel effet tout ce quelle est capable de produire. Je vois déjà, lui dis-je, que par tout sera permis, rien nen échappera. Vous allez toujours dune extrémité à lautre, répondit le Père : corrigez-vous de cela ; car, pour vous témoigner que nous ne permettons pas tout, sachez que, par exemple, nous ne souffrons jamais davoir lintention formelle de pécher pour le seul dessein de pécher ; et que quiconque sobstine à navoir point dautre fin dans le mal que le mal même, nous rompons avec lui ; cela est diabolique : voilà qui est sans exception dâge, de sexe, de qualité. Mais quand on nest pas dans cette malheureuse disposition, alors nous essayons de mettre en pratique notre méthode de diriger lintention, qui consiste à se proposer pour fin de ses actions un objet permis(2). Ce nest pas quautant quil est en notre pouvoir nous ne détournions les hommes des choses défendues ; mais, quand nous ne pouvons pas empêcher laction, nous purifions au moins lintention ; et ainsi nous corrigeons le vice du moyen par la pureté de la fin.
      (1) homicide : l’euthanasie est bien un homicide, non ?
      (2)objet permis : « abréger les souffrances »


    • oncle archibald 11 octobre 12:23

      @Pierre JC Allard :

      "J’éprouve une mépris qui confine a la haine pour quiconque veut s’opposer au droit sacré de chaque individu adulte et sain d’esprit de mettre fin a ses jours quand il l’entend« 

      Jusque là ça va, vos sentiments vous appartiennent, mépris et haine ne sont pas le top à mes yeux, droit sacré me parait inopportun, mais votre opinion comme celle de celui qui souhaite se suicider sont »respectables« stricto sensu.

       »et d’obtenir pour le faire toute l’assistance que peut lui fournir la société« .

      C’est la que le bât blesse. Car la société par le biais des codes qui régissent ses lois dit »tu ne tueras pas" alors que vous voulez l’obliger à tuer. Une culture de mort à la place d’une culture de vie, règlementée par des lois ! Là c’est moi qui ai envie de gerber !

      L’article 223-14 du code pénal précise : « La propagande ou la publicité, quel qu’en soit le mode, en faveur de produits, d’objets ou de méthodes préconisés comme moyens de se donner la mort est punie de trois ans d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende. »

      J’ai suivi le lien que vous donnez vers « Bon voyage Marcel ». Vous citez Margaret A Somerville, « éthicienne, juriste et professeure canadienne et australienne » qui occupe la chaire Samuel Gale de l’université McGill et enseigne dans les facultés de médecine et de droit

      Vous estimez que "comme on ne peut pas, quand on est une sommité, dire seulement les mêmes bêtises que tout le monde, Dr Somerville ajoute une perle académique de son cru en mettant sur le compte d’un « intense individualisme » ces décisions de plus en plus fréquentes de quitter la table quand la valeur de la vie est desservie.« 

      Peut être Mme Sommerville estime-t-elle simplement qu’un homme ne vit pas seul mais dans un milieu, un environnement, une famille notamment, avec lesquels il est interdépendant.

      Qu’un homme qui n’a plus envie de vivre pour lui même et qui déteste son corps dégradé a peut être encore envie de vivre même »en lambeaux« pour d’autres qu’il aime et qui n’ont pas envie de le voir prématurément partir. A mes yeux Mme Sommerville a parfaitement raison.

      Que signifie »quand la valeur de la vie est desservie«  ? Va t-on vers une norme qui va fixer dans quel état il convient de se trouver pour avoir le droit de vivre »dans la dignité«  ? Il est à mes yeux impossible de légiférer sur les trois grandes »affaires" de notre existence : la Vie, l’Amour, la Mort !


    • Fergus Fergus 11 octobre 12:56

      Bonjour, oncle archibald

      « la société par le biais des codes qui régissent ses lois dit »tu ne tueras pas » alors que vous voulez l’obliger à tuer. Une culture de mort à la place d’une culture de vie, règlementée par des lois ! Là c’est moi qui ai envie de gerber !« 

      Faux ! Archi-faux !!!

      La société dit, par sa loi :  »tu peux assassiner à petit feu un malade en le privant de nourriture et d’eau jusqu’à ce que mort s’ensuive ".

      C’est cela que permet en effet la loi Claeys-Léonetti, et c’est cette hypocrisie qui est insupportable. L’euthanasie existe donc de facto dans la loi française, mais uniquement sous la forme d’une torture infligée à un malade plongé dans une inconscience irréversible et à ses proches, spectateurs impuissants de cette mise à morte lente !!!

      Mais cette réalité, vous refusez de la voir !


    • oncle archibald 11 octobre 13:08

      @Fergus : en matière d’hypocrisie vous n’avez de leçons à recevoir de personne. Prétendre que les patients sous sédation profonde dans le cadre de la loi Leonetti souffrent est un mensonge énorme et vous le savez parfaitement.


    • Fergus Fergus 11 octobre 13:37

      @ oncle archibald

      Je n’ai jamais dit que les malades sous sédation profonde souffrent. J’ai même précisé dans l’article qu’il leur est administré des analgésiques, précisément pour supprimer toute douleur.

      Je n’en maintiens pas moins le mot de « torture » que j’ai employé ci-dessus. Car même si le malade ne s’en rend pas compte du fait de l’inconscience dans laquelle il est plongé par le sédatif, son corps n’en est pas moins soumis à ce qui relève de la « torture » : la privation de nutrition et d’hydratation jusqu’à ce que mort s’ensuive ! Car c’est cela, la fin de vie qu’inflige la loi Claeys-Léonetti !


    • oncle archibald 11 octobre 14:43

      @Fergus : et alors ? S’agirait-il d’une « torture » dont le « patient » ne ressentirait aucun effet ? 


      Langage hypocrite de celui qui veut absolument avoir raison. Idéologie malsaine. Refus de toute part de hasard dans la vie, alors qu’au contraire la vie n’est qu’une accumulation de hasards. Celui de la naissance d’abord, de la rencontre amoureuse et de la conception des enfants, de la santé et pour finir de la mort.

      Pour certains, secs comme un vieux sarment coupé depuis dix ans, il faudrait pouvoir maîtriser sa vie de l’ovule jusqu’à la mort. Vivent les progrès qui nous aident à vieillir plus qu’hier et en meilleure santé, à nous éviter des souffrances inutiles, et basta.

    • Fergus Fergus 11 octobre 15:18

      @ oncle archibald

      « celui qui veut absolument avoir raison »

      « Tel on est on croit les autres ! » smiley

      Vous n’avez manifestement toujours pas compris que l’hypocrisie est du côté de ceux qui pratiquent l’euthanasie lente dans un pays où l’euthanasie est pourtant illégale.

      La « sédation profonde et continue » étant une euthanasie de fait, je demande que l’euthanasie rapide soit reconnue pour faire cesser cette tartufferie grotesque et pitoyable qui se différencie uniquement par la durée du processus.


    • oncle archibald 11 octobre 15:43

      @Fergus :

      Ce que vous voulez je le vois depuis très longtemps, c’est vous affranchir de l’interdiction de tuer.

      Vous voulez que dans la loi soit écrit que l’on peut, voire que l’on doit à sa demande, tuer son semblable. Vous voulez remplacer par ce « permis de tuer » ce qui est écrit actuellement dans la loi Leonetti qui se limite à ne pas obliger à vivre (interdiction de l’acharnement thérapeutique) et à empêcher de souffrir (sédation profonde).

      Il est tout à fait impossible que nous soyons un jour d’accord. Question de principes.


    • Fergus Fergus 11 octobre 16:37

      @ oncle archibald

      OK, vous avez dit ce que vous vouliez dire. Il en va de même pour moi. Je propose que nous en restions là, chacun campant sur ses positions.


    • Furax Furax 11 octobre 16:52

      @Fergus
      "C’est évidemment ce qui se passe dans les pays qui ont légalisé l’euthanasie.« 
      Soyons un peu sérieux ;
      https://www.agoravox.tv/actualites/sante/article/l-euthanasie-jusqu-ou-74669
      http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2015/06/18/31003-20150618ARTFIG00150-l-euthanasie-sans-demander-votre-avis-bienvenue-en-belgique.php
      On euthanasie (pardon on »met un terme aux souffrances"... ) dans ce pays des gens atteints de problèmes mentaux :
      http://d-d.natanson.pagesperso-orange.fr/euthanasie.htm
      (En ce qui concerne ce dernier document, relever que seuls quelques évêques chrétiens rétrogrades avaient protesté ! Heureusement, ils sont en totale perte de vitesse dans notre belle Europe !)


    • Fergus Fergus 11 octobre 17:24

      Bonjour, Furax

      Merci pour ces liens qui viennent contredire les documents que j’ai lus jusque-là. Je vais creuser la question car c’est effectivement alarmant, c’est le moins que l’on puisse dire.


    • oncle archibald 11 octobre 17:49

      @Furax : merci pour les liens vers les articles du Figaro.

      Très impressionné et instruit par les articles parus auxquels vous renvoyez, notamment sur les pratiques effectives en Belgique et la « dérive utilitariste » de nos sociétés modernes. analysée par le philosophe Thibaud Collin. Il n’y a plus de place pour le handicapé « hors normes » qui devient ipso-facto « un déchet » ... Et que faire d’un déchet sinon s’en débarrasser pour ne plus le voir.

      Plus que jamais il est indispensable de mener une réflexion approfondie sur ce qu’est « vivre dignement ». Qui va fixer la limite entre un handicap « supportable » n’empêchant pas de « vivre dignement » et un handicap « insupportable » qui justifiera qu’on puisse supprimer cette vie qui « ne vaut rien » ? Qui va faire pression sur celui qui sera étiqueté « déchet » par la société pour « l’inciter » a demander l’euthanasie, cette démarche seule lui permettant de recouvrer « sa dignité » !

      Chacun de nous est « unique et irremplaçable », comme il est, fût-il en miettes. On voit bien qu’il est impossible de légiférer autrement qu’en suivant les recommandations de la commission Clays-Leonetti sans ouvrir la porte à des dérives très dangereuses.


    • Alren Alren 11 octobre 19:38

      @oncle archibald

      « Il s’agit de légiférer sur le droit d’exiger qu’un médecin soit autorisé voire obligé de vous donner la mort à votre demande. »

      On n’obligera jamais un médecin à faire une intraveineuse létale à un patient !!!
      Pas plus que l’on n’oblige un médecin à pratiquer une IVG si ses convictions religieuses s’y opposent.
      Cependant je pense qu’un médecin d’hôpital public qui refuse d’effectuer les actes de sa fonction devrait être licencié pour faute grave.


    • Christian Labrune Christian Labrune 11 octobre 21:22

      ADDENDUM
      http://www.invivomagazine.com/fr/mens_sana/interview/article/2/luc-ferry-je-revendique-un-droit-a-la-faiblesse

      On trouvera à cette page un texte extrêmement intéressant et argumenté du philosophe Luc-Ferry à propos de l’euthanasie et du concept particulièrement insane et pervers de « dignité » qui sert de slogan publicitaire aux excités de l’ADMD.
      Il a écrit tout un bouquin sur la question, que je n’ai pas encore lu parce que la question de la mort ne me passionne ni ne m’inquiète et que j’ai des choses plus urgentes à lire, mais cela intéressera tous ceux qui paraissent vouloir faire abstraction, par un coup de seringue magique, d’un ars moriendi sans lequel il n’y aurait jamais eu le moindre commencement de civilisation.


    • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 11 octobre 23:07

      @oncle archibald

      Cher Oncle Archibald

      Merci pour cette lueur d’espoir ! Puis-je penser qu’en disant ici PUBLIQUEMENT que je suis en faveur de la diffusion à certaines conditions de « publicité, quel qu’en soit le mode, en faveur de produits, d’objets ou de méthodes préconisés comme moyens de se donner la mort » je contreviens aux dispositions de l’article 223-14 du code pénal et qu’il suffit que l’un lecteur me dénonce pour que l’on m’intente des poursuites ?

      Si on voulait bien le faire, je vous jure que je serais encore plus content que ne le fus Zola en lisant son « J’accuse » dans l’Aurore, car ce serait pour moi l’occasion de faire oeuvre pie en payant de ma personne pour contribuer à mettre en vue sur la place publique la bêtise, l’hypocrisie et l’ignominie de cette maudite engeance de débiles religieux, catholicailleurs et autres, qui nous ont donné les croisaides, l’inquisition, et toutes ces absurdités bondieuseries dont on nous abreuve depuis des millénaires.

      Pierre JC Allard





    • Furax Furax 12 octobre 00:17

      @Pierre JC Allard
      "mettre en vue sur la place publique la bêtise, l’hypocrisie et l’ignominie de cette maudite engeance de débiles religieux, catholicailleurs et autres, qui nous ont donné les croisaides, l’inquisition, et toutes ces absurdités bondieuseries dont on nous abreuve depuis des millénaires"
      Tabernacle ! C’est exactement ce que se disait le petit moustachu dans le document cité plus haut !
      http://d-d.natanson.pagesperso-orange.fr/euthanasie.htm
       Heureusement que plus personne n’écoute les évêques dans notre lumineux monde de progrès !
      .


    • oncle archibald 12 octobre 09:56

      @Pierre JC Allard

      AH ! Les croisades et l’Inquisition ! Votre post me fait penser à cette inscription gravée sur les canons de Louis XIV : « ultima ratio Regis pro gloria et patria »

    • JL JL 10 octobre 08:34

      Bonjour Fergus,
       
      ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain : quelle que soit l’évolution de la loi, je pense que la sédation profonde et continue dont vous dites qu’ ’’il s’agit là, quoi qu’en disent les défenseurs du texte, d’une euthanasie lente dont on refuse de prononcer le nom ! Une pratique moralement insupportable pour les proches, confrontés à la torture d’un parent livré à une lente et inconsciente agonie. ’’, doit demeurer une option aussi longtemps que la science n’en saura pas plus sur ces choses de l’au-delà.
       
      Question : le confort de la famille serait-il selon vous un paramètre pertinent dans cette affaire ? J’ai l’impression que vous vous tirez là une balle dans le pied !
       
      Ps. plutôt que suicide assisté ou euthanasie, deux expressions très négativement connotées, je propose ici : IVV pour Interruption volontaire de sa vie.
       


      • Fergus Fergus 10 octobre 09:26

        Bonjour, JL

        Je ne comprends rien à votre premier paragraphe ! La « sédation profonde et continue » est la mise en œuvre d’une morte lente dans un état de plongée dans l’inconscience irréversible ! Mais peut-être votre référence à « l’au-delà » est-elle humoristique...

        Je ne vois pas où se situe le confort de la famille. Pour celle-ci, il est évident que le départ volontaire d’un malade avant que la déchéance n’ait encore trop agi sur son état est infiniment préférable. Sauf évidemment dans les familles religieuses marquées par un aveuglement qui confine à un obscurantisme médiéval (cf. les parents de Vincent Lambert). 

        IVV ? Pourquoi pas ? Cette dénomination aurait l’avantage de mêler les deux pratiques. Mais dans le détail, cela n’empêcherait pas de différencier l’euthanasie du suicide assisté.


      • JL JL 10 octobre 09:44

        @Fergus
         
         Try again !


      • chantecler chantecler 10 octobre 09:05

        Oui, c’est un scandale dans notre pays que cet acharnement à vouloir « maintenir en vie » des gens qui n’en peuvent plus , largement appareillés par des machines de réanimation ou non .
        Aux USA il existe une contrainte , signée par le patient : « ne pas réanimer » qui se doit d’être respectée sous peine de poursuite pénale .
        En France peut être sous l’effet d’un catholicisme qui se moque de la souffrance « rédemptrice », ça n’avance pas .
        Et comme le vieillissement apporte son lot de maladie incurable le malaise et la demande ne fait que croître .
        D’autant que tout le monde ne vit pas à côté d’un CHU cad d’un service de soins palliatifs .
        Tout le monde n’est pas un Montherlant qui décide d’en finir en se tirant une balle dans la tête devant sa déchéance .
        https://fr.wikipedia.org/wiki/Henry_de_Montherlant
        Il faut déjà posséder une arme .
        Le choix est où ?
        Se jeter dans le vide ?
        Sous en train ?
        Se pendre ?
        Et effectivement la question est faussée dès le départ par la terminologie :
        l’euthanasie historiquement est une pratique infligée par des régimes totalitaires qui décide de se débarrasser des « inutiles » .
        Donc bien évidemment inacceptable.
        NB : d’accord pour l’IVV .


        • Fergus Fergus 10 octobre 09:32

          Bonjour, chantecler

          Entièrement d’accord avec votre commentaire. Les longs débats qui ont conduit à la loi Claeys-Léonetti n’ont abouti qu’à un texte bancal visant probablement à ménager les sensibilités religieuses. Une consternante hypocrisie !

          Le fait est que le nombre des personnes concernées par une dégénérescence irréversible va aller en augmentant. Tôt ou tard, la loi devra encore évoluer. Le débat dépasse d’ailleurs largement nos frontières.

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