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Arkéa « abandonne » la Bretagne

L’arrivée du nouveau patron n’y aura rien fait, Arkéa continue de fermer des agences en Bretagne…même si elles sont rentables.

Plus capitaliste, tu meurs. Rentable, mais vraisemblablement pas assez, l'agence Crédit Mutuel de Bretagne de Moncontour Quessoy (Côtes-d’Armor) est en passe de faire les frais de la faucheuse Arkéa. Ironique quand on sait que les anciens patrons de la fédération bretonne du Crédit Mutuel justifiaient leur projet d’indépendance par la préservation du territoire breton.

« On a le sentiment d'être abandonné, en tout cas, on ne nous aide pas à maintenir des services de proximité dans nos zones rurales ! On n'attend pas ça d'une banque mutualiste ! », déplorait Anne-Gaud Millorit, maire de Moncontour au début du mois.

Oui, mais voilà, cela fait un moment déjà que le Crédit Mutuel Arkéa n’a plus de mutualiste que le nom. La faute à son ancien duo de patrons, Jean-Pierre Denis et Ronan Le Moal. Animés par des rêves de grandeur et de profits, les deux hommes, se réfugiant derrière de très bons résultats financiers, ont multiplié les fermetures d’agences ces dernières années : Trégastel, Plomelin, Landéda…. L’agence de Moncontour Quessoy n’est finalement que la suivante sur une triste liste…

Une pratique que l’on aurait pourtant pu croire terminée avec le départ de Jean-Pierre Denis et Ronan le Moal - chacun parti avec plusieurs millions d’euros d’indemnités de départ dont le versement était d’ailleurs contraire au code bancaire -, et surtout l’arrivée de Julien Carmona aux manettes, et sa volonté affichée de « monétiser la performance extrafinancière » d’Arkéa.

« Le groupe Crédit Mutuel Arkéa est la première banque française à calculer et publier son impact sociétal et environnemental », pouvait-on ainsi lire sur Le Journal des Entreprises en octobre 2021. « Elle a pour cela mis au point une méthodologie, dévoilée ce 20 octobre, pour monétiser des critères comme les émissions de CO2, la consommation d’eau ou encore l’emploi local ».

Espérons que la banque se rattrape en termes d’émissions de CO2 et de consommation d’eau, car au niveau de l’emploi local, force est de constater qu’on n’y est pas. Et ce ne sont pas les habitants de Moncontour qui diront le contraire. "C'est fou ! On va aller où ?", confie l’un d’eux, "C'est bien dommage ! En plus, ils ne laissent même pas de quoi retirer de l'argent...", déplore un autre. 

Mais que sont les commerçants et habitants d’un petit bourg breton face aux « nouvelles habitudes des clients » dont le nombre de « passages à l’agence » diminue année après année d’après le directeur de celle-ci ? Pas grand-chose. Ou du moins, rien qui ne rentre dans la « méthodologie » élaborée par Arkéa pour calculer sa performance extrafinancière.


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3 réactions à cet article    


  • Buzzcocks 12 janvier 08:57

    Ce n’est pas propre au crédit mutuel, tous les banques ferment des agences et poussent leurs clients à utiliser internet à la place. La BNP a même une longueur d’avance, c’est maintenant le client qui paie si il veut voir du personnel pour des conseils. C’est terminé l’époque de votre petit conseiller bancaire au village qui tente de vous refiler un PEL.


    • Moi ex-adhérent 12 janvier 09:26

      La fermeture des agences bancaires mutualistes, un drame ?

      Le progrès n’a pas de critères moraux, il avance avec les avantages et les inconvénients. Le progrès se propose, et les utilisateurs en disposent ... ou pas.

      Parfois il n’y a même pas besoin du progrès pour changer la nature des services.

      Souvenons-nous de l’époque des pompistes, vous servant le carburant, donnant un petit coup de raclette sur le parebrise, moyennant le pourboire d’usage, et sa disparition avec la notion de self-service pour une économie dérisoire ?

      La technologie bien sûr, avec les péagers disparus sur les autoroutes, grâce ou à cause des paiements à faire soi-même, pièces dans un bac, cartes bancaires, puis passes procurant le plaisir de ne pas s’arrêter.

      Les agences bancaires et les assurances ferment, le client faisant tout lui-même avec internet. Le phénomène trouve la même logique, le client-utilisateur se prend en charge en y trouvant son compte, sauf qu’il faut payer les nouveaux chômeurs d’une façon ou d’une autre. Le serpent se mordant la queue en quelque sorte.

      Le progrès en est-il la seule cause ou l’utilisateur son complice ???


      • chantecler chantecler 12 janvier 09:35

        @Moi ex-adhérent
        Les mutuelles sont à la merci de requins .
        (la preuve).
        De plus la notion de mutualisme est attaquée au sein de l’UE :
        Pas assez concurrentielle .
        Elles ferait partie paraît il d’un passé collectiviste ...
        Donc banques et assurances privées .
        Où se concentrent les crocodiles .
        Epicetou .

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BretonEnColère


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