• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Tribune Libre > Armée européenne : la France seule

Armée européenne : la France seule

La question de la création d'une armée européenne faisait les titres des média français en 2018. On lisait, « le chef de l'Etat [Emmanuel Macron] plaide pour la création d'une « vraie armée européenne ». Depuis, c'est le silence sur ce projet.

Rien que le rapport annuel sur la mise en œuvre de la politique de sécurité et de défense commune de l'UE via la Commission des affaires étrangères avec le rapporteur Sven Mikeser publié en décembre dernier confirme l'enterrement de cette idée d'armée européenne, expliquant le silence assourdissant du président français sur ce sujet. 

Le président français, Emmanuel Macron, fraîchement élu, avait pris ce dossier d'armée européenne à bras-le-corps. On se souvient du sous-titre du Point : Le chef de l'Etat plaide pour la création d'une « vraie armée européenne ». Le titre de l'article d' Emmanuel Berretta, rédacteur en chef France du magazine, annonçait déjà un échec cuisant pour le projet du président français : L'armée européenne voulue par Emmanuel Macron face à ses chimères. Dès 2018 et juste après avoir lancé cette idée de la création d'une armée européenne, ce projet séduisant était déjà irréalisable. 

Utopie et réalité. Le Point écrivait encore en 2018 : « Arnaud Danjean, eurodéputé LR, à qui Macron avait commandé la « revue stratégique de la sécurité et de la défense nationale », met en garde contre cette « utopie ». Le rapport annuel de l'UE pour l'année 2020 sur la mise en œuvre de la politique de sécurité et de défense commune signe définitivement l'écrasement de l'utopie du président Emmanuel Macron par la réalité politique de l'UE en ce qui concerne la création d'une armée européenne.

Ce rapport est basé sur une liste d'autres décisions comme : rapport sur le Fonds européen de la défense 2021-2027 ; résolution du 17 septembre 2020 intitulée « Exportations d’armements : mise en œuvre de la position commune 2008/944/PESC » ; deuxième rapport d’étape sur les priorités 2019-2021 de l’Union européenne et des Nations unies concernant les opérations de paix et la gestion des crises ; cinquième rapport du 16 juin 2020 sur l’état d’avancement de la mise en œuvre de l’ensemble commun de propositions approuvé par les Conseils de l’Union européenne et de l’Otan les 6 décembre 2016 et 5 décembre 2017 ». 

La conclusion du rapport annuel de l'UE est sans appel. Celui-ci, qui ne parle pas de la création d'une armée européenne, mais du renforcement du financement de la Politique de sécurité et de défense commune (PSDC), « rappelle que l’Otan reste la pierre angulaire de la défense collective pour les Etats membres qui sont également membres de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord, comme le reconnaît explicitement le traité FUE » et « que la coopération entre l’Union européenne et l’Otan devrait être complémentaire et respectueuse des spécificités et des rôles de chacune de ces deux institutions, et devrait éviter toute duplication ou tout remplacement inutile des structures ». Il « rappelle que la coopération en matière de défense est l’un des piliers de la coopération transatlantique et qu’elle demeure primordiale pour la sécurité mutuelle des pays alliés et partenaires ; réaffirme dès lors la nécessité de renforcer ces relations ; rappelle que, conformément au principe du ''réservoir unique de forces'', le développement des capacités de défense de l’Union n’exerce pas une pression concurrentielle suffisante pour menacer l’Alliance et qu’il sera bénéfique pour les pays qui sont parties à la fois à la PSDC et à l’Otan ». Ce rapport « rappelle également qu’une coopération plus efficace en matière de sécurité et de défense de l’Union devrait être considérée comme un facteur permettant de renforcer le pilier européen de l’Otan ».

Dans un rapport publié en janvier 2021 et commandité par la Commission de la Défense nationale et des forces armées et la Commission des Affaires européennes et confié respectivement à Natalia Pouzyreff (LREM) et Michèle Tabarot (LR) (deux députées françaises), le mot d'armée européenne est absent alors qu'il traite de la Coopération structurée permanente (CSP), qui est le cadre de coopération entre les Etats membres, au sein duquel sont mis en œuvre les projets visant à augmenter les capacités de défense européennes.

Lors de l'audition à la Commission de la défense du général Eberhard Zorn, le mercredi 17 mars 2021, où était présente Natalia Pouzyreff, membre de la commission de la défense et coordinatrice du groupe de travail « Politiques étrangère et de défense » de l'Assemblée parlementaire franco-allemande, le grand chef de la Bundeswehr a clairement dit non à l'idée de la création d'une armée européenne dans l'immédiat : « On [l'Allemagne] a besoin des soutiens des américains quand il s'agit de transports aériens stratégiques, de fournisseurs ou du spatial ou de la dissuasion nucléaire » ; « On a besoin du soutien des Etats-Unis avant que le pilier européen de l'Otan et que l'armée européenne deviennent une réalité ».

Même si la ministre française des Armées, Florence Parly a montré une position rassurante lors de la conférence de presse conjointe du 20 avril dernier avec Annegret Kramp-Karrenbauer, la ministre allemande de la Défense, en parlant, « d’une grande confiance mutuelle et d’un partenariat opérationnel éprouvé entre nos deux pays » ou que « nous poursuivons depuis 2017 un objectif extrêmement ambitieux : doter nos armées respectives d’un nouvel avion de combat commun (…) le Scaf », le général Eberhard Zorn a, lui, bien envisagé le Scaf pas avant 2040.

Un seul député français a dénoncé lors de l’audition du 17 mars cette Allemagne qui empêche la France et l'Europe d'avoir cette armée européenne rapidement : Bastien Lachaud de La France insoumise. Celui-ci a souligné que l'Allemagne ne respecte pas des accords et met en difficulté le projet Scaf et de char MSGC en investissant dans des armements non européens.

N.B. Natalia Pouzyreff (LREM) contactée par Observateur Continental a refusé un entretien : « Après recherche sur le média (...), nous ne souhaitons pas donner suite »

Olivier Renault

Les opinions exprimées par les analystes ne peuvent être considérées comme émanant des éditeurs du portail. Elles n'engagent que la responsabilité des auteurs

 

Source : http://www.observateurcontinental.fr/?module=articles&action=view&id=2683


Moyenne des avis sur cet article :  1.57/5   (7 votes)




Réagissez à l'article

10 réactions à cet article    


  • amiaplacidus amiaplacidus 6 mai 17:41

    Les USA ne toléreront jamais une armée européenne, ils préfèrent infiniment mieux l’OTAN qu’ils peuvent manipuler au gré de leurs intérêts particuliers et, très souvent, au détriments des pays européens.


    • devphil30 devphil30 7 mai 08:06

      Ne rien attendre du poudré sauf des paroles sans conviction


      • Macron et ses sbires de peur d’une guerre civile souhaitent désarmer les français même si ils se font tuer par des dealer surarmés ..

        https://lesobservateurs.ch/2021/05/01/justice-un-citoyen-francais-en-regle-a-le-droit-de-posseder-une-arme/

        Au moment où les « islamo-truands » des banlieues des grandes villes, de Grenoble à Marseille, possèdent et utilisent des kalachnikovs....


        • Zolko Zolko 7 mai 08:50

          Tant mieux.


          • zygzornifle zygzornifle 7 mai 09:07

            L’Europe n’est qu’une chiure de mouche face aux grandes puissance, pourquoi dépenser a fond perdu dans du matériel déjà obsolète avant sa sortie.

            L’ennemi est déjà a l’intérieur depuis un certain temps bien au chaud dans nos 1000 cités de non droit cet ennemi il a été accueilli soigné et éduqué a grand coup de « pognon de dingue » par les traitres qui nous gouvernent, c’est une milice musclée qu’il faut pour faire respecter l’ordre et non une armée de fonctionnaires qui vont chialer a la moindre égratignure. 

             « Les mosquées sont nos casernes, les coupoles nos casques, les minarets nos baïonnettes et les croyants nos soldats. » Erdogan en 1998 - 1er ministre turc depuis 2003 reprenant à son compte les paroles du poète turc Gokalp Ziya.


            Khadafi : les musulmans vont hériter de l’Europe ; la Turquie sera le cheval de Troie de l’islam. | Le Club de Mediapart


            • Daniel PIGNARD Daniel PIGNARD 7 mai 10:34

              La France pourra sortir de l’UE par son armée en prétextant la souveraineté de Notre Constitution et la souveraineté du peuple qui a voté NON au référendum de 2005.

              En plus, en rétablissant les frontières et le contrôle du passage sur notre territoire, elle bloque le trafic comme elle le veut.


              • glenco01 7 mai 14:38
                Le projet SCAF, ou l’échec pressenti d’une « coopération européenne » –

                De plus l’idée d’une armée européenne semble aller à contrepied de la ligne promise par Emmanuel Macron durant la campagne électorale et présente des risques pour la souveraineté et pour le statut international de la France.


                • njama njama 7 mai 16:45

                  Un bataillon de l’OTAN vous voulez dire ?


                  • mmbbb 8 mai 10:21

                    L Europe n a aucune existence politique , L Europe doucement se coupe des peuples . La guerre n est que le prolongement de la politique comme l affirmait un celebre stratege Qui ira mourir pour l Europe ! Je n irai pas mourir pour la France , ce qu est devenu ce pays ! A terme , c est plutôt des heurts violents qui risquent de nous opposer !! 


                    • Michkra 11 mai 17:32

                      L’armée européenne c’est la wafen SS ! Vive la France

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON

Auteur de l'article

Patrice Bravo

Patrice Bravo
Voir ses articles



Publicité



Les thématiques de l'article


Palmarès



Publicité