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Accueil du site > Tribune Libre > Au bistro de la toile : les éleveurs qui ont vu l’homme qui a vu (...)

Au bistro de la toile : les éleveurs qui ont vu l’homme qui a vu l’ours

- Moi Loulle, ce qui m’emmerde avec les vacances de M.Hulot, c’est que pour ce qui est du prochain lâcher de deux ourses slovènes dans les Pyrénées, ce sera oualou… On a dû s'arsouiller sévère chez les bédigas des Pyrénées, tandis qu’on devait trinquer avec un bon verre de glyphosate chez les empoisogriculteurs de la FNSEA !

- C’est vrai qu’ils ne les aiment pas beaucoup leurs ours les bédigas. Et c’est bien dommage. C’est joli un ours, c’est gentil, mais c’est gros, ça fait peur et ça bouffe ! Des fruits, des champignons, du miel et même parfois une bédigue… « Nous sommes soulagés mais nous restons concentrés sur l’objectif : ne pas permettre la réintroduction de l’ours », a dit à l’AFP Julien Lassalle, qui élève 500 brebis basco-béarnaises en vallée d’Aspe. Et ils ont foutu le bordel à Etsaut, un village pyrénéen favorable à l’ours avec du sang et des dépouilles de moutond, des menaces et quelques frittages avec les flics… (lien)

- Ils en ont déjà dégommé des ours, ces soi-disant menaces pour leurs troupeaux. Ça me rappelle Canelle, le dernier ours véritable des Pyrénées, flingué par un ami de Thierry Coste, le lobbyiste des chasseurs qui fait la bise à Micmacron. Et puis Paloma, l’ourse slovène introduite après ça, qui est morte victime d’un « accident » de montagne.

- Mouais. Certaines mauvaises langues disent que Paloma aurait bouffé du miel au verre pilé qui lui serait resté sur l’estomac !

- Eh, tu vois, tout de même, ils sont gentils les éleveurs de moutons des Pyrénées. De peur que l’ours ne crève de faim, ils lui apportent, sur son terrain, de quoi casser la croûte. Ils lui portent du miel tout en lui disant : « Tu prendras bien un verre avec nous ? » Le kon, c’est que le verre est cassé et mélangé au miel… Faut quand même avoir les boyaux de la tête sérieusement constipés pour inventer des saloperies pareilles.

- Tè, regardez là Madame l’Ourse (Paloma de son prénom). Elle avance peinard dans le petit matin. Un peu grasse du cul, mais encore sexy la bougresse ! Et je te renifle une fleur, et je te gobe un essaim d’abeilles, et je te bouffe une belle charogne de blaireau bien faisandée de quatre jours – les meilleures - et je te pisse un petit coup sur un rhododendron, et je te… Tiens mais ça sent le miel par ici. « Oh ! Puteng qu’elle se dit la mère Paloma dans son dialecte slovéno-oursien, mais en voilà tout un pot ! Et pas besoin de se faire emmerder par ces chieries d’abeilles qui me chatouillent la glotte quand je les bouffe. Ouarf. Le pied. Quel dessert. »

Et, sortant une langue aussi râpeuse que celle d’un député micmacronien, elle engloutit avec gourmandise le pot tout entier. La goulue avale tout, d’un coup, comme une felleuse de compétition. Ça l’a bien un peu picoté au passage, mais bon, se dit-elle, ça doit être une de ces garces d’abeilles… Et puis elle s’allonge pour se faire un petit pénéqué, tranquille, au soleil, en faisant un rêve cochon… Et alors ça commence. Un mal au bide terrible. Et qui va en s’accentuant. « T’aurais pas dû tant bouffer, qu’elle se dit. Tu le sais pourtant que ça te donne la chiasse trop de miel. Bof. Ça passera. » Mais ça ne passe pas et trois jours après, ahurie de souffrance, la pauvre Paloma crève sous la petite falaise si sympa où elle campait depuis son arrivée dans les Pyrénées…

- Tout ça parce que Madame Paloma et ses quelques cousins, beau-frères et neveux bouffent quelques dizaines, allez, quelques centaines de brebis par an sur l’ensemble des Pyrénées. À comparer aux 15 000 brebis tuées par des chiens errant dans le même temps ! S’il est un sujet tabou dans le milieu agricole, c’est bien la mortalité parmi le cheptel domestique. 1000 bêtes par semaine ! Admettre que l’on perd des bêtes, c’est comme avouer être un « mauvais éleveur  ». Ainsi donc, on n’en parle pas…, sauf quand il s’agit de l’ours ! Au point que l’on pourrait croire qu’il est la principale, voire la seule cause de mortalité. Les associations pastorales disent même qu’il menace le pastoralisme dans les Pyrénées…

- À mon époque verte, Loulle, j’ai été bûcheron dans les Pyrénées. Et j’allais très haut dans la montagne. Nous dormions dehors dans de petits abris rustiques. Nous vivions donc sur le territoire de l’ours. Eh bien, malheureusement, je n’ai jamais vu l’ours, ni même rencontré l’homme qui a vu l’homme qui a vu l’ours…

Ce qu’il faut savoir, c’est que dans les Pyrénées, les éleveurs ne gardent pas leurs troupeaux l’été, à l’estive. Ils lâchent leurs bêtes dans la montagne et montent les voir une fois par semaine. S’il y a des pertes, des moutons morts, ils récupèrent une preuve (oreille marquée par ex.) et se font rembourser.

- Leur comportement ne découle donc ni d’une logique économique, ni d’une crainte d’être attaqué, il procède de la seule méchanceté, donc de leur incommensurable bêtise. En cela, ces "écolos de terrain" gavés aux subventions comme les tireurs de loups justifient grandement le slogan d’un de mes blogs  : « La connerie humaine est la seule approche que l’on puisse avoir de l’infini… »

- Dans les Pyrénées, la prédation par l’ours (ou le loup en Pyrénées-Orientales) est la seule cause de mortalité systématiquement indemnisée par l’État. Après expertise, l’éleveur dont le troupeau a été victime d’une attaque d’ours est indemnisé d’une somme recouvrant trois aspects : la valeur de la bête, au cours du marché ; une indemnisation pour « manque à gagner  » (l’agneau ou le lait qu’aurait fait cette brebis) ; une prime de dérangement, forfaitisée par attaque, pour compenser le temps passé pour la déclaration et l’expertise sur site. En moyenne, en se basant sur une moyenne de 2 brebis tuées par attaque (1,6 en réalité), chaque brebis tuée donne lieu à une indemnisation de 250 euros environ. À rapprocher du prix d’un mouton vivant, que l’on trouve à 140 euros sur le Bon Coin ou Paru Vendu. Et il en meurt beaucoup de bédigues. 18 000 à 30 000 pertes par été sur les 6 à 700 000 brebis présentes en montagne chaque été. Ces animaux ne passent pas par l’équarrissage, ils sont « laissés aux vautours  ».

- Sans les vautours que certains considèrent comme nuisible et qu’ils flinguent allègrement, les éleveurs devraient monter en estive pour redescendre dans la vallée et souvent à plusieurs dizaines de kilomètres pour atteindre le clos d’équarrissage, de 18 000 à 30 000 carcasses dans leurs "kangoo" blanches ou les disperser dans les bois.

- En fait ce qu’ils veulent, ce sont des sous. À cela, à cette indemnisation généreuse, il faut de plus ajouter un complément prévu en cas de « gros dégât  », si l’ours tue un grand nombre de brebis d’un coup (dérochement) ou s’il tue en plusieurs fois de nombreuses brebis d’un même éleveur. Globalement, l’indemnisation par brebis perdue peut alors dépasser 300 euros. Des brebis sont également indemnisées « au bénéfice du doute  » par une commission statuant au cas par cas quand l’expertise n’a pu écarter la responsabilité de l’ours, ou sur demande de l’éleveur. Le système d’indemnisation des dégâts d’ours en vigueur dans les Pyrénées est à l’échelle européenne le plus rapide, le plus complet et le plus généreux.

- Allez trinquons à l’ours et souhaitons bonnes vacances à Monsieur Hulot qui, lui, les a bien pendus, les aliboffis !!

 

Sources :

https://www.paruvendu.fr/p/mouton/

http://www.buvettedesalpages.be/2012/06/la-mortalite-des-brebis-dans-les-pyrenees-et-l-incidence-de-l-ours-brun-.html

http://www.larepubliquedespyrenees.fr/2018/08/29/les-anti-ours-manifestent-a-etsaut-important-deploiement-de-gendarmes, 2411472.php

http://www.buvettedesalpages.be/2012/06/presse-les-vautours-prennent-ils-le-relais-de-l-ours.html

http://www.buvettedesalpages.be/2012/04/ariege-des-moutons-morts-en-foret-de-saurat-.html

Illustration : merci au regretté Chimulus


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15 réactions à cet article    


  • JL JL 30 août 14:23

    Bon à savoir. Merci pour ces infos.


    • cevennevive cevennevive 30 août 15:03

      Salut VICTOR !


      Encore un article pour nous faire sourire à travers nos larmes... Merci beaucoup !

      Au fait, à propos de morceau d’oreille susceptible, seul, de faire indemniser le berger, ne serait-il pas possible à ce même pâtre de couper quelques oreilles à ses bédigues pour se faire rembourser un faux attentat de l’ours ?

      L’ours, le loup, sont des bouc émissaires tout trouvés.



      • VICTOR Ayoli VICTOR Ayoli 30 août 15:53

        @cevennevive
        ... et qui rapporte plus que le circuit de vente normal ! Si l’ours et le loup n’existaient pas, ils devraient l’inventer.


      • oncle archibald 31 août 12:02

        @VICTOR Ayoli :

        Mais bien sûr, les éleveurs de brebis sont tous des salauds, des tricheurs, des cyniques, qui se régalent d’apâturer les loups et les ours tout en s’en foutant plein les poches .... C’est nul votre réflexion, vous auriez pu vous en dispenser !


      • Pimpin 31 août 10:02

        Ours et loups sont des lubie de faux écologistes avec un mépris total des gens qui vivent dans les régions concernées. Ces animaux n’ont rien à faire dans notre pays, il n’ont aucun intérêt écologique et sont dangereux. Ce n’est pas pour rien si là où ils sont nombreux dans des territoires bien plus grands que les nôtres les gens sont toujours armés.

        En France on importe de la viande de mouton de l’autre bout du monde, pollution du transport en prime. Et on donne notre production locale à des loups et à des ours, au nom de l’écologie ! il faut vraiment être stupide.

        • cevennevive cevennevive 31 août 10:10

          @Pimpin, bonjour,


          Sans doute Pimpin, mais imaginons : si nous n’avions ni loup, ni ours dans nos montagnes, croyez-vous que nous n’aurions plus aucune perte dans notre bétail ?

          Là, c’est commode d’incriminer ours ou loups. Sinon, ce serait des chiens sauvages, des vautours, des voleurs de viande, que sais-je encore ?

          Je crois que c’est le mode d’élevage qu’il faut changer. Non pas parquer les moutons, mais les surveiller et les accompagner en estive, comme le faisaient deux de mes oncles autrefois. Le métier de berger tend à disparaître au profit d’« éleveur »...


        • JulietFox 31 août 10:29
          @Pimpin


          Et gnagnagna !

        • Pimpin 31 août 10:49

          @cevennevive
          Et bien oui, sans loup ni ours, les pertes seraient bien moins importantes, voire anecdotique, et si elles existaient encore il faudrait bien se pencher sur cet autre problème.

          Les éleveurs dépenseraient bien moins d’argent en protection que les loups apprennent très bien à contourner.
          Les surveiller et les accompagner en estive ? mais c’est bien ce qui se fait ! sauf que cette surveillance est de plus en plus compliquée et inefficace tant que les éleveurs n’ont pas le droit de tirer sur les loups et ours. Les patous n’ont pas l’efficacité prévue, et peuvent même devenir un danger pour les promeneurs. Ce n’est pas sans raison qu’autrefois les bergers ont éradiqué ces animaux.

        • oncle archibald 31 août 11:58

          @Pimpin : « Ce n’est pas sans raison qu’autrefois les bergers ont éradiqué ces animaux. »

          C’est bien le simple bon sens, mais nos écolos-bobos du XVI eme arrondissement ont le « c’était mieux avant » sélectif ! Ils veulent manger du pain « bio », des tomates de variétés anciennes, des veaux qui n’ont jamais mangé un brin d’herbe, mais ils refusent aux paysans le droit de se défendre contre les prédateurs qui viennent bouffer les animaux qu’ils élèvent !

          Sans doute dans leur recherche des mets les plus raffinés ne consomment-ils que des agneaux de prés-salés, et comme jusqu’à ce jour les loups ne sont pas arrivés jusqu’au Mont Saint Michel ...


        • generation désenchantée 31 août 13:36

          @Pimpin
           nos chers écolos bobos peuvent en consommer , mais les territoires du loups et les dispersions des meutes s’ étendront bientôt a toute la France , carte actuelle

          https://observatoireduloup.fr/carte-de-dispersion-du-loup-en-france/

          analyse des dispersions futures

          https://observatoireduloup.fr/2018/08/03/prospective-de-dispersion-du-loup-2019-2024-en-france/

          mais que les écolos bobos se rassurent , le loups est au porte de Paris et sa banlieue , bientôt ils vont pouvoir les voir dans le bois de boulogne et autre parcs parisien



        • generation désenchantée 31 août 16:56

          @VICTOR Ayoli
          tu veut faire de la randonnée ?
          visiblement les randonneurs aussi commence en avoir peur

          http://lebanquierrandonneur.fr/ma-rencontre-avec-un-ours/

          au fait pas trop sauvage , l’ours slovène , il n’ a pas peur de l’ homme puisqu’ il était nourris par l’ homme en Slovénie , pour le fixer dans certaines zones

          https://www.pyrenees-pireneus.com/Faune-Pyrenees/ours/Europe/Slovenie/OURS-Slovenie-
          Nourrissage-01.pdf

          et maintenant le plan réintroduire l’ours en France , va poser un problème , puisque la Slovénie veut se débarrasser de ses ours a cause de leurs comportements
           si il y a un mort durant une attaque de l’ours , qui est responsable ?

          https://www.agriculture-environnement.fr/2008/03/14/pourquoi-la-slovenie-veut-se-debarrasser-de-ses-ours


        • cevennevive cevennevive 31 août 16:58

          @generation désenchantée,


          Justement, il vaut mieux que l’ours ou le loup croque des moutons plutôt que des randonneurs...



        • generation désenchantée 31 août 17:13

          @cevennevive
          parce que tu croit que des ours qui ont été nourris par l’ homme ont peur de l’homme maintenant ?

          pour ces ours , les humains ont été une source de nourriture , depuis qu’ils ont été nourris pour être fixés , ils ont été réintroduit en France

           ils n’ont plus de site de nourriture préparés pour eux , que vont ils faire ces ours pour manger ?

          ils vont chercher la présence humaine et les activités humaines , surtout ceux qui transportent de la nourriture sur eux , comme les randonneurs


        • berger 31 août 15:22

          Je suis berger dans les Pyrénées et à lire Victor je me demande si je suis pas dans un bistrot de pelluts.

          Chez nous ni loup ni ours, et mes amis berger sont tous d’accord : il n’y en aura jamais.

          Des bergers en prison pour avoir défendu leurs troupeaux peut être mais des prédateurs de troupeaux non.

          Et des bergers pour aller mendier des sous à la préfecture il n’y en a pas encore.

          Votre papier est lamentable de raccourcis.

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