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Au cœur du monde merveilleux de l’entreprise

Dessin Eric'sblog (Eric Leleu 59) {JPEG}

Travailler dans une grande entreprise, quelle aventure exaltante ! Certains salariés ne mesurent pourtant pas leur chance…

M. Lambda s’apprête à fêter un anniversaire. Dans quelques jours, cela fera vingt-cinq ans qu’il a été embauché comme chargé de communication à la Natsexy, l’une des plus importantes banques du paysage financier hexagonal. Un quart de siècle déjà, marqué par quelques bourrelets abdominaux en plus et pas mal de cheveux en moins ! Durant ces années, le temps a filé très vite sans que notre homme, prisonnier de sa routine professionnelle, en prenne réellement conscience.

Là-haut, à la Direction, les patrons se sont succédés au fil des ans sans que rien ne change véritablement à l’organisation des fonctionnels dont il fait partie depuis son recrutement. Sauf naturellement le glossaire d’entreprise, il faut bien vivre avec son temps ! C’est ainsi que naguère, on travaillait dans l’une des « divisions » d’un « service ». Depuis les années 90, sous l’impulsion du pédégé de l’époque et de son directeur des Ressources humaines – lui-même successeur de l’archaïque directeur du Personnel –, chacun est désormais affecté à l’une des « unités » d’un « département ».

Les changements ne se sont toutefois pas limités au seul vocabulaire. Un autre pédégé a tenu à marquer son passage par la mise en place de « centres de résultats » et la limitation drastique du nombre des niveaux hiérarchiques, censée libérer les initiatives. Complétant le dispositif, un troisième pédégé s’est empressé d’instaurer dès son arrivée le « Contrat individuel d’objectifs » et son inévitable corollaire, la « Prime de résultats », le tout défini lors d’un « Entretien annuel d’évaluation » du subordonné par son « N+1 », autrement dit son responsable hiérarchique direct. Un vrai casse-tête, cette prime : chaque évaluateur ayant un a priori sur la qualité du travail de ses collaborateurs, c’est avec une gomme et un crayon qu’il remplit la grille, ajoutant des points ici, en retirant là, afin de parvenir à un total susceptible de cadrer avec une répartition de son enveloppe budgétaire conforme à l’image qu’il a des membres de son équipe. Mais chut ! le sujet reste largement tabou. 

Comme il se doit, aucune de ces réformes managériales n’est sortie du cerveau d’un cadre maison. Par définition, le cadre maison, au sein de la Natsexy comme dans la plupart des autres grandes entreprises, a toujours la pensée ramollie en matière d’innovation aux yeux du top management. Le salut ne peut donc venir que de l’extérieur, et plus particulièrement de l’un de ces cabinets d’experts qui vendent leurs prestations up-to-date à prix d’or. M. Lambda pourrait vous le confirmer : l’ensemble de ces mesures, préconisées dans de longs rapports d’audit par des « Conseils en Management », a coûté à la boîte des sommes faramineuses immédiatement réinvesties par lesdits consultants dans de superbes mas avec piscine et tennis au cœur du Luberon. Sans oublier le « logo » qui, à lui seul, a été payé 53 587 € TTC à une officine de créatifs. Tout ça pour une espèce de tache multicolore, digne de Mirό pour la Direction, et d’un élève de maternelle pour les détracteurs.

Mieux répondre aux attentes de la clientèle

Le modèle managérial mis en place par la Direction n’est en réalité qu’un copié/collé du système imposé par la pensée unique d’inspiration anglo-saxonne à l’ensemble des entreprises cotées du secteur marchand. Le virus a même atteint quelques services publics et commence, dit-on, à se glisser sournoisement dans les couloirs feutrés de certains ministères. Moyennant là aussi une forte rémunération des consultants dont certains, par le plus grand des hasards, se révèlent être d’anciens hauts fonctionnaires partis pantoufler dans le privé. Tout cela amuse d’autant plus M. Lambda que ce fameux modèle unique est disponible – il l’a constaté lui-même – au rayon « entreprise » de la FNAC depuis les années 80 dans des bouquins à moins de 30 € pièce ! Mais n’allez surtout pas dire ça à votre patron s’il vient d’engager un processus analogue, il vous prendrait pour un dangereux déviationniste ou, pire encore, pour un trotskyste infiltré cherchant à casser l’image de visionnaire qu’il s’efforce de donner à ses troupes et à vendre aux médias mainstream

Dire que ces réformes n’ont eu aucun effet sur la Natsexy serait d’ailleurs faux : elles ont permis de diviser par deux l’effectif du réseau commercial en sabrant dans le personnel des agences. N’allez pas croire pour autant que ces coupes répondaient à de triviales considérations de « productivité » dictées par « l’avidité des actionnaires », comme cela a pu être suggéré ici et là dans la presse qualifiée de « gauchiste » par les libéraux. Ces coupes visaient au contraire à « mieux répondre aux attentes de la clientèle », conformément à l’objectif n° 1 qu’exprime avec force l’incontournable « Charte de Qualité » placardée à usage externe devant chaque guichet de la banque. Un objectif que martèle régulièrement M. Alpha, le pédégé en exercice, dans son éditorial du canard maison. Naguère appelé « Natsexy Infos », cet organe a, cela va de soi, été lui aussi rebaptisé moyennant un juteux virement à l’ordre d’un cabinet spécialisé ; il se nomme désormais « Cap 2030 » pour bien montrer que l’entreprise se projette résolument vers l’avenir.

Si les choses ont évolué du côté des départements opérationnels – dans le sens de la « modernité », clament les managers ; dans celui de la « régression sociale », protestent les syndicalistes –, il est patent que les réformes ont eu infiniment moins d’effet dans les départements fonctionnels. À cela, une kyrielle de raisons. Selon M. Lambda, deux d’entre elles prédominent : d’une part, l’extraordinaire inertie du corps administratif, et sa remarquable faculté à s’autoalimenter en tâches nouvelles d’une impérieuse nécessité dès qu’une menace se précise ; d’autre part, la résistance, muette mais opiniâtre, des hiérarchies intermédiaires, rayées un jour d’un trait de plume sur l’autel de la modernisation et dès le lendemain renaissant de leurs cendres, tels des Phénix en lustrines, plus jalouses que jamais de leurs prérogatives et moins que jamais désireuses de scier la branche sur laquelle elles sont assises.

Précisément, la meilleure défense résidant, en management comme en football, dans l’attaque, M. Gamma, le chef d’unité de M. Lambda, craignant une coupe dans ses effectifs – et par conséquent une perte de pouvoir assortie d’une moindre « prime annuelle de responsabilité » –, vient de demander officiellement l’affectation (totalement injustifiée selon M. Lambda) de deux personnes supplémentaires pour l’année prochaine. Il sait pertinemment que sa demande sera rejetée lors des arbitrages budgétaires. Mais cela n’a strictement aucune importance : cette précaution ne vise qu’à mettre son unité à l’abri des restrictions annoncées par la « lettre de cadrage » signée de la main de M. Alpha. Les arbitrages connus, M. Gamma ira même jusqu’à rédiger (le sourire aux lèvres dans l’intimité de son bureau) une note de protestation indignée à l’attention de M. Delta, son directeur de département, pour accréditer le bien-fondé de sa démarche et, le cas échéant, obtenir une prime plus juteuse pour prix de son ralliement aux douloureux impératifs budgétaires imposés par M. Tau, le directeur du Budget.

Message de la Direction : pile, je gagne ; face, tu perds !

Indifférent à ces péripéties, M. Lambda est allé, comme tous les mercredis, déjeuner au resto avec ses collègues Epsilon et Sigma à l’issue de la réunion hebdomadaire des cadres de l’unité. Aujourd’hui, leur choix s’est porté sur Les jardins du Mékong, le sino-vietnamien tenu par l’accorte madame Trinh. Le café bu, la patronne leur a offert, comme d’habitude, le traditionnel mei kwei lu dans les mini-bols où des filles à l’opulente poitrine et à la foufounette buissonnante baignent à poil dans l’alcool de sorgho. 

De retour dans son bureau 90 minutes plus tard, M. Lambda s’assied sur sa chaise à roulettes, l’esprit vaguement embrumé par les épices du chef et les vapeurs d’alccol. Devant lui, d’autres filles, européennes celles-là et très sexy, défilent sur l’écran de veille de son ordinateur en croquignolets sous-vêtements Aubade. Insensible à leurs charmes, M. Lambda saisit sa souris et ouvre sa messagerie intranet.

Trois nouveaux messages sont arrivés durant le déjeuner. Le premier a été posté par Mme Iota, la secrétaire d’unité ; elle informe les troupes que les dates des vacances d’été devront être déposées avant le 30 avril afin que les arbitrages soient rendus au plus tard courant mai. Le deuxième message émane de M. Zêta, le chef du service Intérieur : conformément à la décision notifiée dans la circulaire SI 17-05 192F, il rappelle que les toilettes seront indisponibles au 7e étage – celui de M. Lambda et du département CAC (Communication et Action Commerciale) – entre 15 h et 16 h 30 pour cause de remplacement des vétustes distributeurs de savon, ces accessoires qu’un facétieux délégué du personnel s’est plu naguère à nommer « éjaculateurs saponifères » dans une question écrite au CHSCT.

Reste le troisième message en provenance de la Direction. Celui-là bénéficie du pictogramme rouge signifiant « urgence signalée ». Signé par M. Alpha en personne, il est bref et tranchant comme la lame d’une guillotine : « Compte tenu de la situation économique et des difficultés financières auxquelles est confrontée Natsexy depuis quelques mois, j’ai décidé de convoquer lundi matin un Comité d’Entreprise extraordinaire pour le consulter sur l’alternative suivante : soit engager un plan social de licenciement pour 10 % de l’effectif cadre, soit obtenir de l’encadrement une baisse (volontaire, conformément à la loi) de 12 % du salaire durant un an. D’ores et déjà, j’ai pris la décision de m’appliquer cette deuxième mesure en réduisant ma propre rémunération, non pas de 12 mais de 20 %. Des séances d’information syndicale seront organisées dans les différents attachements du groupe demain et après-demain. Je vous invite à y participer pour indiquer votre préférence aux représentants syndicaux. »

Vingt minutes plus tard, un nouveau message, lui aussi marqué du pictogramme rouge, s’affiche sur l’écran. Il émane de M. Delta, le permanent de l’UICGT : « Notre syndicat tient à rappeler, à toutes fins utiles, que M. Alpha, prompt à montrer l’exemple de la baisse de salaire, s’est octroyé l’année dernière, avec la complicité des administrateurs, une augmentation de… 27 % tandis que le personnel de l’entreprise bénéficiait d’une hausse royale de… 0,75 % !!! Cela dit sans compter les 30 000 stock-options que notre généreux pédégé a perçues et qui lui rapporteront, lorsqu’il les lèvera, une somme de… 6,7 millions d’euros !!!  »

Écœuré, M. Lambda repousse ses dossiers d’un geste d’agacement. Puis, l’œil rivé sur l’écran, il engage en jurant in petto une partie de ce bon vieux Tetris. Autant commencer tout de suite à diminuer sa productivité de 12 % !


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96 réactions à cet article    


  • gruni gruni 6 décembre 08:33

    Bonjour Fergus


    Très réaliste, on s’y croirait. Je me demande d’ailleurs si cette entreprise n’existe pas sous un autre nom ?

    • Fergus Fergus 6 décembre 08:38

      Bonjour, gruni

      « Je me demande d’ailleurs si cette entreprise n’existe pas sous un autre nom ? »

      Entre grands banques, compagnies d’assurances et services publics, il y a plusieurs entreprises dont les employés pourraient raconter la même chose.


    • gogoRat gogoRat 8 décembre 09:34

       L’histoire de la petite fourmi heureuse et productive était plus brève ...
       mais pas sûr qu’elle ne soit plus d’actualité ! ...


    • gogoRat gogoRat 8 décembre 09:48

       à ne surtout pas rater non plus, (chercher dans les commentaires du lien vers ’la petite fourmi’),
      * l’histoire de l’américain et du pêcheur tamoul

      * l’histoire du rameur et des barreurs


    • Fergus Fergus 8 décembre 10:51

      Bonjour, gogoRat

      Excellentes, ces histoires !

      J’aime tout particulièrement celle de la Fourmi qui rejoint mon propre article sur les mœurs en entreprise.

      Dans ce texte, j’ai noté cette phrase : « la Fourmi heureuse et productive commença à baisser de rythme et à se plaindre de toute la paperasserie qui lui est dorénavant imposée »

      Bien que sans rapport direct, cela m’a fait penser aux certifications ISO qui présentent évidemment un intérêt en matière de qualité du produit fabriqué ou du service rendu. Mais parfois avec des effets pervers. Exemple :

      J’ai connu, dans le cadre des fonctions de responsables de formation que j’ai exercées durant quelques années, des organismes de formation qui se sont vus obligés de faire certifier leur activité pour ne pas être en reste vis-à-vis de la concurrence. Avec cette conséquence étonnante : compte tenu de la charge administrative liée à cette certification, ces boîtes ont été contraintes de se séparer d’un pédagogue pour financer un collaborateur administratif supplémentaire. Etonnant, non ? smiley


    • L'enfoiré L’enfoiré 10 décembre 13:20

      @gogoRat,
       

      « Plus de rameurs, SVP » encore un vieux souvenir...

    • troletbuse troletbuse 6 décembre 08:39

      Tiens, les enfumeurs sont déjà là.


      • Fergus Fergus 6 décembre 08:43

        Bonjour, troletbuse

        Manifestement, les trolls également ! smiley


      • Fergus Fergus 6 décembre 08:46

        @ troletbuse

        Mais peut-être que le fonctionnement des entreprises et leur management ne vous semble pas au cœur de la vie de vos semblables ? Sans doute avez-vous toujours vécu de juteuses rentes...


      • troletbuse troletbuse 6 décembre 09:46

        @Fergus
        Vous enfoncez des portes ouvertes, mon pauvre Fergus. Tout cela pour ne pas parler de la réalité d’aujourd’hui, tout comme votre serf Grounichou qui va chercher l’actualité politique dans la pornographie Que ne feriez-vous pas pour ne surtout pas toucher à Jupiter le minable. Vous êtes lamentable.
        Dans ma vie, j’ai connu des petits patrons, très sympas dont les commerces sont aujourd’hui bouffés par les grands groupes ... que vous soutenez. J’ai connu également la grosse entreprises bouffée par la mondialisation .... que vous soutenez. J’ai connu le nouveau management qui n’est qu’une vaste fumisterie à partir des années 1995. Les nouveaux morveux en savaient plus que les anciens mais n’étaient là que pour augmenter la compétitivité, ce qui ne servait à rien vu que le plus gros investissement était les salaires. Le plus juteux étant naturellement faire travailler des enfants. Mais chuuut, il ne faut pas le dire.
        L’europe, la mondialisation... que vous soutenez tout en faisant croire que vous soutenez FI, comme Grounichou et son dernier article bidon, c’est la mort des salariés.


      • Fergus Fergus 6 décembre 11:23


        @ trolebuse

        Une nouvelle fois, vous racontez n’importe quoi !

        A cet égard, je vous défie de trouver un seul article de moi dans lequel je défends la « mondialisation  » et les « grands groupes » ! Et pour cause : j’ai toujours été pour le développement des PME et contre les multinationales, pour le retour des commerces de proximité contre la grande distribution.

        Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si j’ai écrit cet article : L’agonie commerciale des quartiers centraux dans les petites villes : l’exemple de Parthenay.

        Une fois encore, pourquoi n’écrivez-vous pas d’article pour dénoncer vous-même les dérives libérales de Macron et le fléau que représente la mondialisation ? Eu égard à tout le temps que vous passez à rédiger vos multiples commentaires, vous auriez largement la possibilité d’exprimer vos griefs. Au lieu de cela, rien, nada ! Vous êtes décidément un tigre de papier !!!


      • Fergus Fergus 6 décembre 11:24

        @ troletbuse

        Cela dit, un point d’accord avec vous : les dérives du management dans les entreprises. C’est d’ailleurs ce que je dénonce en creux dans cet article.


      • Buzzcocks 6 décembre 14:02

        @Fergus
        Le hic, c’est que vous le dénoncez en creux... avec un simplet comme trolletbus, il ne faut pas faire dans la finesse et l’ironie.


      • Fergus Fergus 6 décembre 14:18

        Bonjour, Buzzcocks

         smiley


      • troletbuse troletbuse 6 décembre 16:51

        @Fergus
        Tiens, y’a un intervenant que j’ai du vexer quelque part. Rancunier. Pas comme vous Fergus.  smiley


      • L'enfoiré L’enfoiré 10 décembre 13:31

        @troletbuse,

        « J’ai connu le nouveau management qui n’est qu’une vaste fumisterie à partir des années 1995. »

        Moi, j’ai fait partie du management dès 1990, sur une première marche, entre le marteau et l’enclume avec 5 ou 6 autres marches au dessus de moi.
        Il y a management et manageurs.
        Il y a le manageur parachuté au sommet, qui n’en a rien à cirer de ceux qui sont en dessous, qui vient avec un beau diplômé, qui ne sait rien mais qui dira tout.... et le manageur qui grimpe à la force de ses connaissances et de son renom.
        L’Europe, la mondialisation que vous le vouliez ou non fait partie du grand jeu.
        Que feriez-vous pour payer votre pitance dans la gamelle de l’armée, peut-être....
        Oui, il y a le secteur privé et le secteur public.
        La différence a souvent été énorme.
        La mort des salariés ?
        Peut-être, il n’y a que ceux qui s’adaptent aux situations qui survivront.
        Le travail, ce n’est plus ça qui paye.
        Ce sont les idées neuves.. tout simplement
        Mais pour cela il faut de la matière grise. 
         


      • Choucas Choucas 6 décembre 08:47

         
         
        RATP : la grande entreprise colonisée
         
        Juste après le Bataclan, le Parisien et le Figaro ont révélé que la RATP était l’entreprise colonisée qui comptait le plus de fichés S.
         
        Un des martyrs (Obono ex-France Soumise) du Bataclan était d’ailleurs un ancien chauffeur de la RATP, Samy Amimour (Chance pour Boobaland).
         
        La RATP soumise organise des conférence de Tareq Oubrou, imam de Bordeaux, grand ami de Juppette la soumise, et membre de l’UOIF, branche booba des Frères Musulmans
         

        la réunionite mélenchonite ?
         


        • Fergus Fergus 6 décembre 09:02

          Bonjour, Choucas

          « RATP : la grande entreprise colonisée »

          Vous vous gardez bien de préciser que vous relayez là des extrapolations délirantes de l’extrémiste Riposte Laïque et autres organismes violemment islamophobes à partir de quelques rares cas avérés dans les années précédentes.

          Pour avoir des amis à la RATP, je sais qu’une attention particulière est portée désormais sur les agissements de nature communautaire contraires à l’éthique et au règlement intérieur.

          Quant à des prétendues « conférences » de Taraq Oubrou à la RATP, ces amis n’en ont jamais eu connaissance.


        • chantecler chantecler 6 décembre 09:24

          @Fergus
          D’autant que les conducteurs RATP se font souvent agresser , seuls aux commandes ...


        • Fergus Fergus 6 décembre 09:32

          Bonjour, chantecler

          En effet. Statistiquement, les machinistes savent qu’ils seront physiquement agressés au moins une fois dans leur carrière. Cela dit sans compter les insultes et parfois les crachats.


        • Le Panda Le Panda 6 décembre 09:55

          @Fergus

          Bonjour,

          Travailler dans une grande entreprise, quelle aventure exaltante ! Certains salariés ne mesurent pourtant pas leur chance…

          M. Lambda s’apprête à fêter un anniversaire. Dans quelques jours, cela fera vingt-cinq ans qu’il a été embauché comme chargé de communication à la Natsexy, l’une des plus importantes banques du paysage financier hexagonal. Un quart de siècle déjà, marqué par quelques bourrelets abdominaux en plus et pas mal de cheveux en moins ! Durant ces années, le temps a filé très vite sans que notre homme, prisonnier de sa routine professionnelle, en prenne réellement conscience.

          A ne pas en douter, ce billet tombe, à brule de circonstances. Les raisons sont simples. Il faudrait que certains mesurent le bonheur qu’ils ont, et à quels moment le malheur des autres va ressortir.

          Les agressions sont presque devenus monnaies courantes, qui peut le contester ?

          Cdt 


          • Fergus Fergus 6 décembre 11:27

            Bonjour, Le Panda

            Peux-tu expliciter ton commentaire ? Merci.

            Cdlt


          • Le Panda Le Panda 6 décembre 11:39

            @Fergus
            Bonjour,

            Peux-tu expliciter ton commentaire ? Merci.

            Je pense que je vais avoir de plus en plus de difficultés à m’expliquer. Alors soyons plus délayer, la France aura de moins en moins de fonctionnaires, car la masse des engagements financiers contrairement à ce que certains médias tentent de faire croire et je t’en avais déjà parlé. Rien en l’état ne peut certifier que L’Angleterre sortira de L’U.E. tu sembles oublier le contexte de L’Irlande. Donc lorsque la panique gagne la rue il a forcément une violence importante. Nous constatons le fait que l’Etat ne teint pas du tout son role même au sommet. Donc dans les transports en commun T.Rex t’en aurait parlé mieux que moi. Merci de ta question, je suis plus clair ?

            Cdt


          • Fergus Fergus 6 décembre 11:56

            @ Le Panda

            Qu’il y ait moins de fonctionnaires à l’avenir, c’est une évidence. Et ce n’est pas nécessairement négatif, notamment dans la fonction publique territoriale où le millefeuille administratif a créé de nombreuses redondances. Encore faudrait-il que les emplois supprimés le soient de manière pertinente et qu’ils n’aillent pas alourdir le taux de chômage.

            Pour ce qui est du Royaume-Uni et de l’UE, je n’oublie absolument pas la question irlandaise qui est au cœur des difficultés actuelles entre Teresa May et l’Union. Cela dit, penser que le RU renoncera à sortir, c’est nier la fierté des Britanniques qui, en cas de retour aux urnes dans le cadre d’un nouveau référendum, s’infligeraient une terrible humiliation. C’est pourquoi je n’y crois pas.

            « Nous constatons le fait que l’Etat ne teint pas du tout son role même au sommet »

            Euh, si ! Le problème est que les décisions prises ne nous conviennent pas. Mais cela ne veut pas dire que le pays n’est pas dirigé.

            Enfin, sur les transports en commun, je n’ai pas la capacité de deviner ce qu’aurait dit T. Rex.


          • Le Panda Le Panda 6 décembre 13:41

            @Fergus
            Cela dit, penser que le RU renoncera à sortir, c’est nier la fierté des Britanniques qui, en cas de retour aux urnes dans le cadre d’un nouveau référendum, s’infligeraient une terrible humiliation. C’est pourquoi je n’y crois pas.

            Que tu y cois ou pas tu ne détiens pas une boule de cristal. Le peuple social garde son plan face à la finance quoi que tu puisses penser. Il est évident que la masse des chômeurs va augmenter, ou c’est prendre les gens pour des débiles.

            Euh, si ! Le problème est que les décisions prises ne nous conviennent pas. Mais cela ne veut pas dire que le pays n’est pas dirigé.

            Le pays la France qui est mon pays est de la M....à la victoire des financiers point. Puis tu ressembles dans tes réponses de plus en plus à ce fourbe de « jeusey de sourcesure ».Je n’ai jamais enfreint la Charte d’AGV. J’ai publié avant toi en modération l’article sur Johnny. Tu as mis 10 MNS pour sortir je m’en moque et ne porte aucune jalousie. Mais moi j’ai la franchise d’être libre et de dire ce que je pense. Tu penses que tu agis de la même façon à mon égard. Toutes les chaines de télévision parlent et diffusent du Johnny. Je trouve que tu peux me bloquer je m’en fou. Je ne rame pour personne, et je suis un homme libre. Ne te prends pas pour plus grand que ne tu ne l’es. Merci de me parler avec la même correction que je le fais, ou je me bannis moi même de tes articles. N’oublies tes années passé chez moi, je ne crache jamais dans la soupe et je ne trahi jamais. Bien à toi d’agir comme tu le veux Cdt Puis effectivement tu n’as rien d’un devin et moi non plus. J’aurai pu te téléphoner mais je préfére pas.


          • Fergus Fergus 6 décembre 14:06

            @ Le Panda

            « Que tu y cois ou pas tu ne détiens pas une boule de cristal. »

            Pas plus que toi ! Chacun son opinion sur ce sujet.

            Pour ce qui est de la suite de ton commentaire, je pense - désolé de te le dire - que tu deviens de plus en plus paranoïaque. La modération, je n’y suis pas allé depuis que j’ai posté cet article. Et si tu as des difficultés de publication, je n’accepte pas d’en être tenu - comme d’autres - pour un bouc émissaire : ce n’est pas de ma faute si les modérateurs ou les gestionnaires du site hésitent à publier tes articles. Et ce n’est évidemment pas moi qui « bloque » quiconque.

            « Ne te prends pas pour plus grand que ne tu ne l’es »

            Là - désolé une nouvelle fois - mais on frise le délire. Commet-on un crime de lèse-Panda quand on émet un avis divergent sur tel ou tel point de l’actualité ? Ce serait la négation de tout débat ! Et contrairement à ce que tu écris, je m’exprime toujours correctement à l’égard de ceux qui sont eux-mêmes corrects envers moi.

            « J’aurai pu te téléphoner mais je préfére pas. »

            Moi non plus !


          • Le Panda Le Panda 6 décembre 14:22

            @Fergus
            Pour ce qui est de la suite de ton commentaire, je pense - désolé de te le dire - que tu deviens de plus en plus paranoïaque. La modération, je n’y suis pas allé depuis que j’ai posté cet article. Et si tu as des difficultés de publication, je n’accepte pas d’en être tenu - comme d’autres - pour un bouc émissaire :

            je me pose une question modeste qui est de plus en paranoïaque, j’ai validé ton article avec un mot sympa, et 10 MNS ensuite il était publié. Quand tu es étais ou chez moi la correction a toujours été de rigueur. Dont acte personne ne te prends pour un bouc émissaire loin de moi cet idée. Puis lorsque tu écris de friser le délire poses toi la question, les jeux de mots sont faciles mais je m’en abstiens. Tel le crime de lèse-Panda Correctement


          • Alren Alren 6 décembre 18:10

            @Fergus

            Supprimer des fonctionnaires dans la fonction publique territoriale ? Oui mais les intermédiaires hiérarchiques, ces cadres inutiles pleins de suffisance, pas ceux qui reçoivent du public et font réellement le travail qui justifient l’existence du service.

            Problème, c’est que les directions, elles aussi souvent trop gonflées et ne se remettant jamais en cause, utilisent ces cadres intermédiaires pour créer de la distance entre eux et les exécutants.

            Cela fait penser à l’armée française d’aujourd’hui : beaucoup trop d’officiers supérieurs et généraux qui consomment en soldes une partie exorbitante du budget et pas assez de capitaines et lieutenants qui sont sur le terrain.
            Évidemment la structure devant être pyramidale, et l’avancement se faisant essentiellement à l’ancienneté, il faudrait que les cadres vieillissants quittent d’eux mêmes, ce qu’ils ne font pas et qu’après de nombreuses années de service on n’ose licencier ces membres de la « famille ».


          • Fergus Fergus 6 décembre 18:39

            Bonsoir, Alren

            Très largement d’accord avec vous sur ces constats. Ils rejoignent ceux des personnes qui, bien mieux que moi, connaissent la réalité des structures de la fonction publique territoriale.


          • Aristide Aristide 6 décembre 18:59

            @Fergus


            Vous êtes étonnant. Les structures de la fonction publique comme celle des grandes entreprises sont complexes, très complexes. Qu’il existe en quelques endroits, des sureffectifs dans l’encadrement ou ailleurs est un fait, en faire une règle indiscutable sur la simple affirmation que cet encadrement ne serait pas dans l’opérationnel est ... déconcertant pour tous ceux qui connaissent un peu la difficulté d’analyse de tels sujets.

            Affirmer que Arzen et ces personnes connaîtraient ces structures et que ce constat serait donc indépassable est la preuve d’une simplicité de raisonnement assez confondante.

            Non, les affirmations des opérationnels ne sont pas à prendre en compte sans une analyse sérieuse. Mais bon, il est habituel sur ce site de voir des spécialistes auto proclamés avancer sans aucune retenue des affirmations aussi peu étayées que celle que vous formulez.

            A une autre époque, certain sinistre voulait « dégraisser le mammouth », d’autres ont dit de même pour l’audiovisuel public, les effectifs des hôpitaux, ... Chez SFR, un certain capitaliste a dégraissé tellement les effectifs que plus rien ne marche, chute du cours, etc ... Enfin ...

          • Fergus Fergus 6 décembre 19:20

            @ Aristide

            Dans l’article, je fais principalement référence à des situations et des faits que j’ai vécus au cours de ma vie professionnelle. 

            Après, il appartient à chacun dans les commentaires d’aller dans le même sens ou, au contraire, d’amender, voire de contredire, ce que j’ai écrit en fonction de sa propre expérience professionnelle.

            Sur l’entreprise en général, je ne crois cependant pas écrire trop d’âneries car entre mes propres expériences et celles dont j’ai eu connaissance dans le cadre de colloques ou d’échanges liés à mes fonctions en ressources humaines.

            Cela précisé, je connais mal le détail du fonctionnement des collectivités locales, ce que je n’ai pas nié. Je n’en sais pas moins - par des amis élus - qu’il y a dans celles-ci des redondances incontestables liées au nombre des structures superposées et au flou de la répartition des compétences. En l’occurrence, Alren (et non Ar Zen) est en ligne avec ce qui m’a été rapporté en différentes occasions. Je n’ai donc pas de raisons de mettre son témoignage en doute.


          • Aristide Aristide 6 décembre 19:40

            @Fergus


            Vous avez donc raison, il suffit qu’un agoravoxien autoproclamé spécialiste du sujet donne le ton pour que vous entonniez la chanson. Pour ma part, je me méfie de toutes ces affirmations simplistes consistant à énoncer des « vérités incontestables ».

            Les propos de comptoir sur l’encadrement assimilé à l’armée mexicaine sont à prendre pour ce qu’ils valent, je n’ose vous dire le mot. Pour le reste, j’ai appris de mon expérience de plus de 42 ans dans les entreprises à faire preuve d’une grande modestie, de ne porter des préconisations que sur la base d’analyses sérieuses, de processus de confrontation au réel, de tests, et toujours avec prudence tellement les organisations humaines sont complexes, dépendant de la culture de l’entreprise, de l’ancienneté de ces salariés, de la structure d’age, de la nature de l’activité principale, .. enfin. 

            Les propos du genre de ceux que vous soutenez sur l’obésité de l’encadrement dans les administrations ne sont que des grands « yaqua » sans grande crédibilité. 


          • Fergus Fergus 6 décembre 19:52

            @ Aristide

            « Les propos du genre de ceux que vous soutenez sur l’obésité de l’encadrement dans les administrations ne sont que des grands « yaqua » sans grande crédibilité »

            Ben voyons ! si vous le dites ! smiley

            C’est pourtant ce qui est devenu l’un des problèmes majeurs de notre pays sur le plan administratif, au point que des élus - qui ont pourtant contribué à faire enfler le millefeuille - le reconnaissent désormais à tous les niveaux (national, régional, local).

            Mais à la différence des trois singes, Aristide ne voit rien, n’entend rien, mais parle abondamment pour qualifier les autres de niais et d’affabulateurs. Cette suffisance est pathétique, une fois de plus !


          • Robert Lavigue Robert Lavigue 6 décembre 19:54

            @Aristide

            C’est agaçant !
            Il vous dit que sa vérité est vraie et que lui n’a jamais été de trop nulle part !

            Expertise en Ressources Humaines, colloques et échanges liés à ses fonctions (des vraies fonctions, pas comme celles des zautres), des amis élus comme de bien entendu, de la famille partout, mais qu’est-ce qu’il vous faut de plus pour avoir la FOI mitoyenne ?

            Avec vos trucs alakon, vous allez finir par le décourager et que deviendra le monde sans lui ?


          • Aristide Aristide 6 décembre 21:07

            @Fergus


            Vous ne savez pas lire ? J’ai simplement repris vos propos simplistes copiés d’Alren sur le nombre excédentaire de cadres de la fonction publique ou des administrations. J’ai argué de la complexité de toutes ces organisations, et du très difficile diagnostic sur ce point. N’inversez pas les rôles, c’est vous qui assénez votre suffisance par ces affirmations simplistes et autres arguments d’autorité. 

            Quand à la prétendue unanimité des élus sur ce constat, c’est surtout chez ceux qui attaquent la fonction publique, même dans ses missions régaliennes que l’on trouve les plus ... agressifs.

            Seriez vous un adepte du « non remplacement des partants » ? A croire vos engagements dans la vraie gauche, je m’étonne de cette position des plus injuste et simplificatrice. On dirait du Agnès Verdier-Moliné. la plus rétrograde des intellectuelles de la droite la plus dure.


          • Aristide Aristide 6 décembre 21:11

            @Robert Lavigue

            Vous allez me griller en donnant à Fergus l’occasion de m’accuser de je ne sais quelles compromissions avec un fervent défenseur de la collaboration. 

          • Fergus Fergus 6 décembre 22:30

            @ Aristide

            Voulez-vous une preuve de votre propension à la manipulation ?

            J’écris « des élus », et cela devient sous votre souris l’« unanimité des élus ». Ce procédé est minable !


          • Aristide Aristide 7 décembre 14:05

            @Fergus


            Et votre refus de reconnaître votre crasse affirmation sur la lâcheté de la plupart des cadres intermédiaires.

            Si j’ai eu une lecture extensive de votre référence aux élus, c’est simplement lié à mon étonnement de vous voir solliciter l’avis des élus les plus libéraux en appui de votre position pas franchement en accord avec votre insoumission portéecomme un étendard.

            Maintenant votre victimisation est une réaction courante dés que vous vous trouvez en difficulté pour justifier l’injustifiable, comme pour cette position confondante sur l’encadrement.

            Non, donc la plupart des cadres intermédiaires ou pas ne sont pas des laches comme vous l’affirmez, pas plus que leur nombre serait incompréhensible...


          • Fergus Fergus 7 décembre 16:48

            @ Aristide

            M. le troll avéré et harceleur compulsif, vous continuez de tenir des propos en forme de ratiocination manipulatrice, mais cela semble être dans votre nature.

            A moins qu’il ne faille voir là les effets d’un ulcère ou de toute autre affection à l’origine d’aigreurs qu’il vous faut impérativement extérioriser ? smiley

            La « lâcheté de la plupart des cadres intermédiaires » concerne, je persiste à l’affirmer, ceux qui, dans les départements fonctionnels des entreprises, tentent d’abuser de leur pouvoir vis-à-vis de subordonnés qui ont le courage de leur tenir tête ! C’est malheureusement une réaction trop rare.

            « l’avis des élus les plus libéraux »

            Encore une fois, vous tentez de manipuler en me prêtant des propos que je n’ai pas tenus ! Nulle part, je n’ai parlé d’élus « libéraux », le constat des redondances dans les collectivités locales étant fait par des élus de tous bords, ne vous en déplaise !

            Je suis d’ailleurs opposé à une diminution comptable du nombre des fonctionnaires, qu’ils appartiennent à l’état ou aux collectivités locales. Ce que je souhaite, ce sont partout des structures efficaces, et pour les servir un nombre de fonctionnaires adapté, ce qui signifie plus d’agents ici lorsque c’est nécessaire à la qualité du service, et moins ailleurs lorsqu’il existe des doublons avérés, voire des tâches inutiles ou obsolètes.


          • Laulau Laulau 6 décembre 10:56

            Merci pour cet article fort divertissant qui montre que ces « difficultés des entreprises » qui les conduisent à des licenciements, n’empêche en aucune façon les dépenses exorbitantes de cabinets d’experts et autres producteurs de logos minables payés à prix d’or. On ne parle pas assez de ces« fuites » dans les bilans qui ne sont pas perdues pour tout le monde et qui, en fait, s’ajoutent à la part de plus en plus grande que les actionnaires prélèvent sur l’entreprise.

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