• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Tribune Libre > Au Service Secret de Sa Sainteté
#26 des Tendances

Au Service Secret de Sa Sainteté

Un archevêque-garde du corps-barbouze avec sa milice privée, familier des chefs mafieux, et qui clame avec cynisme : "On ne peut pas diriger l'Église avec des Ave Maria »... On ne trouve ça que dans les romans de Dan Brown ? Pas du tout. Et parfois, la réalité dépasse la fiction !

Les Suisses chamarrés et emplumés qui constituent « l'armée du pape » font un pittoresque décorum. Mais ses condottiere sont ailleurs.

 

Une vie d'aventurier

Paul Casimir Marcinkus, né en 1922, aurait débuté dans la vie comme laveur de carreaux et boxeur de rues à Chicago. Devenu curé de choc, il part exercer son ministère en Amérique latine où il ne fait pas mystère de sa sympathie pour les anticommunistes. Entre le sabre et le goupillon, Don Camillo choisit le 357 magnum. Ses efforts sont remarqués et il est invité à parfaire sa formation à Rome.

Étudiant à l'université grégorienne aux mains des jésuites, il y rencontre Giovanni Battista Montini, futur Paul VI. Cependant ses débuts de carrière sont atypiques. L'homme n'est pas vraiment un théologien. Plutôt un garde du corps et un factotum auprès de Jean XXIII. Le Benalla des prélats. Un évêque auquel mieux vaut ne pas chercher des crosses. Il a alors 36 ans. Ce statut particulier va accélérer sa mise sur orbite.

En 1969, pour asseoir l'autorité de son dévoué serviteur, contesté au Vatican même, le pape le nomme archevêque de Horta. Pas le Horta des Açores, mais la ville de Sra Orta en Tunisie où il ne doit pas avoir beaucoup d'ouailles... Qu'importe, le gorille tous terrains a désormais une étiquette de respectabilité et une place de choix dans la hiérarchie. Ses coups de gueule déstabilisent les hommes de robe enrobés, peu habitués à ses manières cavalières.

Le garde du corps-agent secret des papes continue son travail auprès de Paul VI. Grand et baraqué, pratiquant les arts martiaux, Marcinkus devient le patron de la sécurité, et l'organisateur des voyages à l'étranger du pape après avoir dévié en 1970 à Manille le couteau d'un déséquilibré qui voulait étriper le souverain pontife. Avec de telles références, Jean Paul II, élu en octobre 1978, le garde auprès de lui. D'autant que, sous ses airs rudes, l'homme est aussi un négociateur habile qui sait utiliser à bon escient les informations que lui fournissent ses indics placés un peu partout.

Jusqu'en 1981, Marcinkus sait se montrer discret. Pas question de focaliser l'attention des médias communisants sur les dissidents des pays de l'Est qu'il recrute... Cet homme de l'ombre ne fera parler de lui qu'en 1979 après un coup d'éclat contre des brigades rouges qui voulaient lui régler son compte. Il n'est pas homme à se laisser intimider par des gauchistes psychopathes. On n'entendra plus jamais parler du petit groupe de tueurs. La version pour la presse est qu'ils auraient fui à l'étranger...

Après la tentative d'assassinat du pape en mai 1981, les enquêtes officielles échouent à déterminer les commanditaires. On ne neutralise pas des terroristes en leur récitant leurs droits constitutionnels...

Plusieurs repentis dont Vincenzo Calcara dans ses déclarations au juge Borsellino expliqueront qu'ils ont été chargés par le chef mafieux Michele Lucchese, en relation avec Monseigneur Paul Marcinkus, de se rendre à Rome pour éliminer deux Turcs armés place Saint-Pierre. L'information était bonne mais ils arrivent trop tard. Miné par le stress, Mehmet Ali Agca a agi précipitamment. 20 minutes après l'attentat, l'autre Turc est intercepté, avec l'aide du mafieux slave Sergueï Antonov.

Saverio Furnari, capodecina de la famiglia de Castelvetrano, et Vincenzo Santangelo le filleul du parrain Francesco Messina Denaro emmènent le Turc dans la maison de Lucchese où ils le liquident. Quand Calcara le repenti conduit sur les lieux les flics et les juges, la terre a été fraîchement retournée et le macchabée a disparu.

Les cadavres qui balisent le chemin de croix du Monsignore ont une certaine tendance à s'évaporer...

 

Un drole de paroissien

L'archevêque Marcinkus qu'on voit souvent dans les soirées mondaines cigare au bec, sapé un jour comme un porte-flingue, le lendemain comme un danseur disco, ne cache pas en privé son homosexualité. Par contre, en public, il récite pieusement le discours homophobe de rigueur au Vatican. De nombreux prélats qui partagent ses goûts font tout pour cacher leur vie privée. Lui semble s'en moquer et même s'amuser de ce double jeu... Éclectique, quand il retourne aux States, il a son rond de serviette chez les Kennedy et chez les Rockfeller. On se comprend entre gens de pouvoir.

En 1981, à 59 ans, ce personnage hors normes qui porte quelques uns des plus lourds secrets du Vatican est nommé président de la commission pontificale, troisième personnage de l'église après le pape et le secrétaire d'État.

Il préside aussi l'institut pour les œuvres de la religion (IOR) plus connu sous le nom de Banque du Vatican. Alors qu'il n'a aucune formation ni compétence en matière financière. Mais par ses relations et son sens de la diplomatie, il a su se rendre indispensable. Il occupera ce poste jusqu'en 1984 quand un scandale financier sans précédent l'éclaboussera, et avec lui toute la papauté.

Lorsqu'il n'est pas sur un ring de boxe, un stand de tir ou un terrain de base ball, Marcinkus fréquente des personnages sulfureux : le capo mafioso sicilien Don Michele Sindona que Paul VI avait choisi pour conseiller spécial et qui, pris de remords, se suicidera dans sa cellule, d'un café au cyanure à son deuxième jour d'incarcération. Et le trop bavard banquier des loges maçonniques P2 Licio Gelli qui sera abattu dans sa voiture par des inconnus. La rumeur veut que « la pieuvre » l'ait liquidé.

 

Scandales et argent sale...

En 1982 la banque Ambrosiano fait faillite. Les premières investigations révèlent une collusion entre des ecclésiastiques de haut rang et la mafia sicilienne. Dans un premier temps, le Vatican dénonce les manigances des ennemis de l'église. Lesquels ? Tout d'un coup on n'est plus œcuménique ? La presse parle à juste titre de sancta mafia.

Roberto Calvi, le directeur de la banque, est un repris de justice. Il a pris 4 ans de prison et 45 millions de dollars d'amendes pour ses trafics financiers. Sans que la sanction soit appliquée. Membre éminent des loges maçonniques, il s'enfuit avant de se pendre, fort opportunément dans un accès de repentance, sous un pont de Londres. Personne n'aurait retrouvé les 1,3 milliards de dollars qu'il avait emportés dans ses bagages...

L'enquête s'avère longue et difficile. Et le moins qu'on puisse dire est que le Vatican, actionnaire majoritaire de l'IOR, n'aide guère la brigade financière. Jean-Paul II si rigoriste sur la morale sexuelle et si hermétique à une théologie modernisée, se montre beaucoup moins regardant envers les pratiques mafieuses de l’IOR. Il soutient Marcinkus et le maintient à son poste jusqu’en 1984. Puis il lui fait délivrer un passeport diplomatique du Saint-Siège pour le soustraire à la Justice italienne, laquelle avait émis à son encontre un mandat d’amener.

En 1987 Marcinkus et d'autres dirigeants de l'IOR sont inculpés pour banqueroute frauduleuse et un mandat d'arrêt est lancé par la magistrature italienne. Sans effet. La Cour de Cassation et la Cour Constitutionnelle annulent le mandat en vertu de l'article 11 des accords du Latran qui dispose que « Les organismes centraux de l'Église catholique sont affranchis de toute ingérence de la part de l'État italien »

Protégé par son passeport du Vatican, Marcinkus est tout de même invité à prendre le large. Il retourne à Chicago en 1990 avant de redevenir simple prêtre à temps partiel à Phoenix dans l'Arizona. Histoire de se faire oublier. Bonne idée car d'autres affaires lui pendent au nez. Des cold cases qui ressurgissent tout à coup, comme le décès suspect de Jean-Paul Premier et la disparition d'Emanuela Orlandi... La mort subite de Marcinkus en 1994, à 72 ans, lui évite d'avoir à répondre à des questions oiseuses.

Mais de nouvelles affaires éclatent, dont la police est écartée, comme l'assassinat en mai 1998, au cœur du Vatican, du colonel Estermann, de son épouse et du jeune caporal qui leur servait d'homme à tout faire. C'est classé comme coup de folie d'un sous-officier jaloux. Et bien que les balles ne correspondent pas à son arme de service, il n'y aura pas d'enquête. Merci Latran !

 

Un pape courant d'air

Albino Luciani dit Jean-Paul Ier eut un pontificat de seulement 33 jours au cours desquels il s'opposa vigoureusement à Marcinkus car il avait la volonté de changer la politique financière du Vatican et de revenir aux idéaux originels d'humilité et de pauvreté de l'église. Il parlait même de distribuer aux pauvres une partie des énormes richesses du Vatican. Non mais ça va pas la tête ? Sa disparition fut une « divine surprise » pour tous les mafieux de l'église et alentour.

D'après les déclarations du repenti Vincenzo Calcara au juge Paolo Borsellino, la mort du pape dans la nuit du 28 au 29 septembre 1978 aurait été causée par un empoisonnement. Calcara évoque ensuite un entretien avec le capo mafioso Ronaldo San Marco quelques jours avant une tentative d'assassinat sur Jean-Paul II, intra muros, non révélée au public. San Marco aurait affirmé à Calcara : « Le Polak il est en train de suivre la même politique que l'autre... Si Marcinkus n'arrive pas à le raisonner, ça va pas lui porter chance ! »

Mais on ne dispose que de présomptions, pas de preuves formelles sur ce retour des Borgia en religion. Albino Luciani enquêtait sur la banque du Vatican, et avait entrepris de remplacer Marcinkus et quelques un de ses acolytes par des gens moins impliqués dans des relations étroites avec la pègre internationale. S'y ajoute un autre fait troublant : le pape avait été ausculté la veille et trouvé en parfaite santé. Faute d'autopsie, refusée toujours en vertu des accords de Latran, la cause de sa mort n'a pu être déterminée.

 

Pour les amateurs de polars

Enrico de Pedis, chef de la bande dite de La Magliana, avait terrorisé Rome dans les années 1970 – 80. Drogues, armes, extorsions, braquages, enlèvements, prostitution, le cursus classique d'un gangster ambitieux finalement liquidé par ses pairs. Son conseiller financier personnel était le monsignore. Comme pour Michele Sindona. L'IOR acceptait tous les dépôts de fonds sans s'enquérir de leur origine. La valise diplomatique et le maillage des missions particulièrement serré en Amérique latine permettaient un blanchiment efficace et un réinvestissement direct dans des activités licites.

Ambrosiano Overseas installé dans le paradis fiscal de Nassau aux Bahamas favorisait des transferts des fonds vers des placements discrets. Le « suicidé » Roberto Calvi avait fondé cette filiale opaque et la surveillait de près. Sa fondée de pouvoir était la fille d'un cardinal... Après coup, on prétendra que cela permettait d'aider discrètement le syndicat polonais Solidarnosc, le réseau Gladio en Italie constitué pour barrer la route aux communistes, et les Contras au Nicaragua. Combattre les bolcheviks en usant des mêmes armes qu'eux, même si cela déroge aux principes de la charité chrétienne, on peut comprendre...

Sans doute y a-t-il une part de vérité dans ces assertions. Mais pas dans les proportions qu'on voudrait nous faire croire. Le Vatican ne disposait en propre que de ses commissions de courtage, pas des capitaux illimités de la mafia. Et pas question de toucher aux stocks d'or, de gemmes et d'œuvres d'art accumulés au fil des siècles. Comme on n'est pas sûr que le bon dieu vous les rendra, autant tout garder pour soi. On touche là les limites du pari pascalien.

 

Un truand dans le tombeau des papes

L'histoire se trouble, et s'oriente dans une nouvelle direction quand on découvre qu'Enrico de Pedis a sa sépulture dans la basilique Sainte Apollinaire, normalement réservée aux souverains pontifes, aux cardinaux et aux évêques émérites !

Une présence insolite, sans parler des ossements non identifiés retrouvés dans des caisses tout autour, lors de la réouverture de la sépulture à la relance de l'enquête sur la disparition d'Emanuela Orlandi... Mais une place justifiée par monseigneur Pietro Vergari : « Monsieur de Pedis a été un grand bienfaiteur des pauvres qui fréquentent la basilique et il a les a concrètement aidés. » C'est combien le ticket pour le paradis ? On peut avoir des tarifs de groupe ?

En accédant au pouvoir en 2013, le pape François a créé une commission d'enquête sur l'IOR et sur ses liens avec le crime organisé. Il en a confié la direction à un évêque de l'Opus Dei : Juan Ignacio Arrieta Ochoa de Chinchetru (ça fait roman mais c'est son vrai nom) Question transparence, on peut compter sur cette franc maçonnerie cultivant le secret et l'entre-soi.

On attend toujours ses conclusions concernant les personnes les plus impliquées... Pour le moment, les limiers ont jeté un os à ronger aux critiques : 5000 comptes suspects ont été fermés, sans que les fonds douteux soient mis sous séquestre, pour que le Vatican ne figure pas sur la liste noire des États-voyous. Une goutte de vertu dans un océan de turpitudes.

Reste l'affaire Emanuela Orlandi, liée à de Pedis, qui n'a jamais été élucidée. Le 22 juin 1983, cette fille d'un haut fonctionnaire du Vatican est kidnappée. Cinq ans plus tard, Sabrina Minardi, ex-compagne de Enrico de Pedis, affirme à la justice qu'Emanuela aurait été enlevée sur ordre de Marcinkus qui voulait « envoyer un message » à une administration trop curieuse à son goût, et assassinée ensuite par De Pedis.

Ces déclarations ont provoqué de fermes protestations du service de presse du Vatican. Mais on ne sait toujours pas à qui appartiennent les os surnuméraires retrouvés dans la crypte de Sainte Apollinaire. Puisque, pour faire des analyses ADN, la police italienne ne peut se passer de l'autorisation des « Latran » qui ressemblent de plus en plus à des latrines.

 

Le cadavre va-t-il enfin parler ?

Le feuilleton repart en 2018 quand l'avocate de la famille Orlandi reçoit une photo légendée ainsi : « Cherchez à l'endroit où pointe l'ange ». Une recherche iconographique permet de reconnaître une statue et deux tombes adjacentes dans le cimetière teutonique du Vatican. Deux princesses allemandes y ont été inhumées : Sophie von Hohenlohe en 1836 et Charlotte-Frédérique de Mecklembourg en 1840.

La photo correspond. Elle a bien été prise là. Les avocats demandent officiellement au Vatican de faire ouvrir les sépultures. Un an plus tard le saint siège accepte la fouille des deux tombeaux jouxtant l'ange. La papauté semble n'avoir rien à craindre...

Le 11 juillet 2019, les deux tombes sont ouvertes. Surprise : celles-ci sont vides ! Pas plus de trace d'Emanuela Orlandi que des princesses. Par contre, on découvre à côté un gigantesque ossuaire avec des milliers de squelettes. Des catacombes en vrac. Le meilleur endroit pour planquer définitivement des preuves compromettantes. On ne peut expertiser tous ces restes.

Pietro Orlandi s'est maintes fois vu opposer une fin de non-recevoir lorsqu'il sollicitait une entrevue avec le pape François. Toutefois, lors d'une rencontre fortuite, Bergoglio l'a reconnu et a échappé à son entourage pour lui murmurer : « Ne t'inquiète pas, elle est au ciel » Que sait-il exactement ?

 

Des révélations qui n'étonnent plus personne

Le journaliste italien Gianluigi Nuzzi publie en 2011 « Vatican S.A. » (éditions Hugo et Cie) L'auteur est un vrai journaliste d'investigations, pas un larbin du système comme en France. Ses sources coulent des archives de Renato Dardozzi mort en 2003, un éminent prélat de la Curie Romaine (qui ressemble de plus en plus aux écuries d'Augias)

Dardozzi fut un très proche collaborateur du cardinal Casaroli, secrétaire d’État de 1979 à 1990. À la mort de Dardozzi, ses dernières volontés furent de rendre ces documents publics « afin que chacun connaisse la vérité. » Et pour ne pas cuire en enfer ? Pour une fois les superstitions ont du bon.

Ce livre se lit comme un procès-verbal d’instruction dont il a la rigueur et la précision chronologique. Minutieusement documenté de lettres et de rapports secrets destinés au pape, datés et signés, de fiches de comptes parallèles chiffrés avec leur montant, assortis des signatures autorisées, et de relevés de transferts clandestins de fonds.

Ces documents prouvent que l’évêque Donato de Bonis, adjoint de Marcinkus, a occupé sa place à l’IOR après son départ forcé, créant un réseau de comptes bancaires attribués à des fondations fictives. Placées sous l'égide des bonnes œuvres : combat contre la pauvreté, la malnutrition, les bidonvilles, l'illettrisme ou les maladies tropicales. Un monopoly planétaire. Et social. Mais avec de vrais billets.

Ces comptes servaient à blanchir des centaines de millions d’euros, incluant les « méga pots de vin » de l’affaire Enimont (corruption quasi générale de la classe politique italienne) dont bénéficia l’inamovible chef de la Démocratie Chrétienne, l'Eurotocrate Giulio Andreotti. Condamné à 24 ans de prison par la cour de Pérouse mais laissé en liberté, immunité parlementaire de sénateur à vie oblige... Avant que la cour de cassation déniche un vice de forme.

L’enquête de Nuzzi n'a pas appris grand chose aux hiérarques du Vatican. L'origine frauduleuse de certains fonds y compris ceux en provenance de dictateurs du tiers monde, et les délits financiers commis pour blanchir l'argent de la pègre, étaient connus en interne depuis belle lurette... Mais une fois ces magouilles révélées, les cardinaux œuvrèrent pour dissimuler les faits à la Justice italienne en refusant ses commissions rogatoires.

 

Plus ça change et plus c'est la même chose !

En 2013, 30 ans après le scandale du Banco Ambrosiano, le prélat Nunzio Scarano, 61 ans, est arrêté en dehors du Vatican, par la brigade financière italienne. Avec lui un membre des services secrets italiens Giovanni Maria Zito, et un intermédiaire financier Giovanni Carenzio. Les trois hommes sont inculpés d'opérations financières illicites. Ils se sont faits prendre à l'été 2012, lors du transfert de 20 millions d'euros en liquide, à bord d'un jet privé.

Nunzio Scarano surnommé « Monsignore Cinquecento » parce qu'il payait son cappuccino avec des billets de 500 euros, siégeait au conseil d'administration du « Patrimoine du Siège Apostolique ». À ce titre, il gérait les biens de l'église. Actionnaire de plusieurs sociétés immobilières en Sicile, client des bars et des night clubs de Palerme, le prélat avait comme Marcinkus ses entrées dans la jet-set romaine.

Finalement, la récente mise en lumière des activités pédophiles récurrentes de certains hommes d'église doit être une excellente nouvelle pour le Vatican. Un détournement d'attention inespéré. Car tant que les gazettes parlent de ça, elles oublient les réseaux d'argent sale et les combines mafieuses.

Toutefois l'ère de l'impunité est peut-être révolue. Le 3 octobre 2019 le pape a désigné à la tête du Tribunal d’État de la cité du Vatican Giuseppe Pignatone, un ancien procureur pugnace, spécialiste de la lutte contre le crime organisé. L'homme qui a échappé de justesse à plusieurs attentats, affiche à son tableau de chasse Bernardo Provenzano dit « le tracteur » et Toto Riina dit « le fauve », il capo di tutti i capi.

La papauté aurait-elle enfin décidé de faire le ménage au lieu de papoter ?

 


Moyenne des avis sur cet article :  3.11/5   (19 votes)




Réagissez à l'article

31 réactions à cet article    


  • rogal 4 décembre 13:34

    Bravo ! L’ethno-anthropologie est manifestement une excellente école d’ethno-vaticanologie...


    • CLOJAC CLOJAC 4 décembre 16:33

      @rogal

      « L’ethno-anthropologie est manifestement une excellente école d’ethno-vaticanologie... »

      Merci.
      Les religions sont une branche de l’anthropologie normative, au même titre que les coutumes tribales, l’organisation des clans et des échanges, et plus tard les systèmes politiques et le droit.
      Sous cet angle-là, le chamanisme, la sorcellerie, l’animisme, l’adoration de la vulve ou du phallus, et les religions poly ou monothéistes sont à placer sur le même plan.
      Objectivité scientifique oblige.


    • Étirév 4 décembre 14:03

      Rien d’étonnant dans tout cela lorsqu’on connait les origines et l’histoire du Christianisme.


      • CLOJAC CLOJAC 4 décembre 16:14

        @Étirév

        « Rien d’étonnant dans tout cela lorsqu’on connait les origines et l’histoire du christianisme. »

        En effet, on ne doit pas être surpris quand on connaît l’histoire d’un agitateur, un peu bateleur de foire, un peu prestidigitateur, un peu rabbin sur les bords qui se faisait appeler rabbi Jeshua avant de fonder une secte ayant des visées politiques.

        Mais bon, à tout prendre, ça vaut mieux que le chamelier pédophile des autres...


      • ETTORE ETTORE 4 décembre 14:34

        Quand vous disposez d’un confessionnal 24h/24, pour vous repentir, juste avec quelques génuflexions à la clé.....

        Rien ne vous empêche de devenir exactement le contraire de ce que vous devriez être.

        Depuis le temps que l’église à compris que l’argent était la clé du paradis sur cette terre.

        Elle s’occupera de l’enfer, plus tard ! Et elle ne manque pas de recommandations pour cela .

        Partant du principe que « L’Eglise est juste dans son devenir » cela leur laisse encore bien du temps pour « juste » envisager un futur...bien.incertain !


        • CLOJAC CLOJAC 4 décembre 16:21

          @ETTORE

          « cela leur laisse encore bien du temps pour « juste » envisager un futur...bien.incertain ! »

          Au-delà des croyances, je mesure l’importance du rôle de l’église au sens large dans la structuration de la société occidentale, de son mode de pensée global et de son imaginaire collectif.
          Et c’est là qu’est le problème : en agissant comme une mafia ordinaire, l’église éloigne d’elle des croyants... Lesquels iront satisfaire leur besoin de spiritualité en se tournant vers d’autres cultes. Certains inoffensifs, d’autres particulièrement pernicieux.


        • mmbbb 5 décembre 12:34

          @CLOJAC vous enfoncez une porte ouverte , ce fut l origine du second schisme dans l eglise Scandale du trafic des influences sous Leon X . Luther fit de sa doctrine le retour a une foi epurée . Quant aux Borgias , ils donnèrent du grain a moudre aux historiens romanciers et cineastes tant leurs vies sentaient le souffre Quoique j aurais aime participite a une de leur partie fine 
          J avais ecoute Chantal Delsol , philosophe chretienne Elle fustigeait le matérialisme sur le plateau de Taddei en face d Onfray ; Non seulement elle ne vit pas sur la paille comme le petit Jesus de Nazareth, mais elle vit dans un certain confort . Elle est l epouse de Million Celui ci dut s acquitter des loyers qu il ne payait lorsqu il etait a lyon dans son appartement de fonction , Il fut contraint par décision de justice Article paru dans la presse C est le probleme des cathos notamment de la bourgeoisie , le hiatus entre leurs comportements et leurs pensees , Les eglises sont vides désormais , Un rejet certain de cette religion dont les affaires de pedophiles et d hosexualite au Vaticain viennent ternir a jamais l image .
          Quant au pape , il nous donne l injonction d accueillir les pauvres du monde Noble pensée chrétienne , mais il n a pas signe de cheque pour accompagne la prise en charge de ces personnes Dieu n a pas les memes regles comptables que les pauvres hummains 


        • CLOJAC CLOJAC 5 décembre 18:28

          @mmbbb

          « C est le probleme des cathos notamment de la bourgeoisie , le hiatus entre leurs comportements et leurs pensees  »

          Pas que chez les cathos, chez les protestants, les juifs et les libres penseurs aussi, tout ce qui approche de près ou de loin la racaille politico-médiatique a été formaté (ou s’est adapté par intérêt) à donner de soi une image publique politiquement correcte : cool, branché, généreux avec l’argent des autres, signant toutes les pétitions, donneurs de leçons de moraline, aimant le peuple à condition de le tenir à distance avec des flash balls, et adorant les immigrés mais vivant dans un quartier, et envoyant ses enfants dans une école, où il y en a le moins possible. 



          • CLOJAC CLOJAC 4 décembre 16:02

            @alexis42

            « https://www.agoravox.fr/commentaire5621395 »

            C’est là qu’atterrissent les anges ?


          • popov 4 décembre 17:21

            @CLOJAC

            Vous en savez des choses !

            Tiens, il paraît que les archives secrètes du Vatican vont être ouvertes aux historiens en mars 2020.


            • CLOJAC CLOJAC 4 décembre 17:30

              @popov

              « Vous en savez des choses ! »

              Les informations dont je dispose sont du domaine public. Mais en vrac.
              Il suffisait de les croiser pour en vérifier la fiabilité avant de suivre un fil conducteur, somme toute assez facile à trouver.


            • Tall Tall 4 décembre 18:21

              Qué bazar ... ceci dit, le Vatican ayant magouillé à toutes les époques, m’étonnerait que ça change beaucoup à son « audimat ».

              J’ai l’impression que la pédophilie risque de lui faire plus mal que les magouilles. En taule, ce sont toujours ceux qui touchent aux femmes et aux gosses qui sont au bas de la hiérarchie carcérale. Les mafieux sont au-dessus. Ce qui donne une idée de la hiérarchie humaine des valeurs en général.


              • CLOJAC CLOJAC 4 décembre 18:55

                @Tall

                « En taule, ce sont toujours ceux qui touchent aux femmes et aux gosses qui sont au bas de la hiérarchie carcérale. Les mafieux sont au-dessus. »

                Sauf que les mafieux de l’église ne vont pas souvent en taule.
                Des vices de procédure leur épargnent ce désagrément...
                Sinon, ils sont tellement pris de remords qu’ils se suicident !  smiley


              • Tall Tall 4 décembre 19:03

                @CLOJAC

                Oui ... et ici le saint homme a fait de vieux os, aucun « remord » : mort en 2006 à 84 ans en Arizona.
                Le crime ne profite jamais ... kidisent


              • CLOJAC CLOJAC 4 décembre 19:30

                @Tall

                « mort en 2006 à 84 ans en Arizona. »

                Erratum. Mea culpa. Mea maxima culpa.

                Je l’ai tué trop tôt, en 1994 il s’est seulement planqué en Arizona. Du coup, j’ai cherché à savoir ce qu’il avait fait pendant cet intervalle. Et j’ai appris que, bien que sous le coup d’un mandat d’arrêt international, son passeport diplomatique lui permettait de revenir en Italie 2 fois par an pour se faire des bouffes avec le pape !

                « La conscience tranquille » dit-il

                https://www.cath.ch/newsf/etats-unis-qu-est-devenu-mgr-marcinkus-060492/



              • Tall Tall 4 décembre 19:41

                @CLOJAC

                ben voilà ... en tout cas, j’aime bien ce genre d’histoire avec des persos sulfureux
                c’est bien mieux que les climatoconneries smiley


              • CLOJAC CLOJAC 4 décembre 19:53

                @Tall

                 «  j’aime bien ce genre d’histoire avec des persos sulfureux »

                Anyway Marcinkus is back ! Ils ont vraiment tout copié... smiley

                https://www.youtube.com/watch?v=c3n9KRSmNSA&feature=youtu.be


              • leypanou 4 décembre 22:50

                Jean-Paul II si rigoriste sur la morale sexuelle et si hermétique à une théologie modernisée, se montre beaucoup moins regardant envers les pratiques mafieuses de l’IOR   : rigoriste sur la morale sexuelle, il faut le dire vite çà car tout à l’heure, dans l’émission DébatsDoc de LCP qui parlait des religieuses abusées par des prêtes, ce n’est pas exactement ce qui ressort du documentaire car des prêtres au mieux mutés après des comportements « bizarres », ce n’est pas ce qui manque.

                Mais, il est certain que nous en France, on préfère plus les « affaires » T Ramadan.


                • CLOJAC CLOJAC 4 décembre 23:30

                  @leypanou

                   « rigoriste sur la morale sexuelle, il faut le dire vite »

                  Il a pondu un bouquin pour exposer que la baise dans le mariage n’était plus un péché... La belle affaire !
                  Sinon rien de neuf : l’adultère c’est mal, la contraception c’est mal, l’avortement c’est mal, la baise pour le fun c’est mal, l’homosexualité c’est mal... 
                  L’idéal c’est la branlette.
                  Il est regrettable que les ecclésiastiques pédophiles ne s’en contentent pas.
                  http://www.missa.org/theologiecorps_jpII.php

                  « nous en France, on préfère plus les « affaires » T Ramadan. »

                  Nouveau converti ? Pour avoir droit à 4 femmes ? 


                • leypanou 5 décembre 09:18

                  @CLOJAC
                  ce que je voulais souligner c’est que des personnes ont profité de leur ascendant psychologique sur d’autres pour les abuser, mais autant T Ramadan n’a pas des supérieurs au-dessus de lui, autant des prêtres ont été « protégés » par leur autorité hiérarchique, jusqu’au plus haut niveau.
                  Je dirais que l’hypocrisie est « courante » dans les hiérarchies religieuses : si vous connaissez un peu la vie d’Elijah Muhammad du Nation of Islam -dans le film sur Malcolm X par exemple-, d’après le film, il en a abusé de jeunes filles de 16 ans.


                • CLOJAC CLOJAC 5 décembre 10:21

                  @leypanou

                  « T Ramadan n’a pas des supérieurs au-dessus de lui, autant des prêtres ont été « protégés » par leur autorité hiérarchique, jusqu’au plus haut niveau. »

                  Ramadan est un prédicateur laïc comme on en trouve dans toutes les sectes et il a été pendant longtemps protégé par la caste politico-médiatique, fascinée par sa faconde et son culot, qui l’adulait.
                  Des candidats à la présidence de la République se disputaient l’honneur de débattre avec lui. 
                  Des intellos français publiaient des thèses sur « la pensée de Tarik Ramadan » voyant en lui le plus éminent philosophe du XXème siècle !
                  Finalement ses admirateurs ont causé sa perte car, comme beaucoup de gens qui se croient intouchables, il est allé trop loin.

                  Nation of islam est à replacer dans le contexte US où tout mouvement se disant religieux est exonéré d’impôts et protégé par le premier amendement, ça crée forcément des vocations.
                  Quant à la majorité sexuelle pour personne consentante, elle est de 16 ans dans la moitié des états de l’Union.


                • leypanou 5 décembre 11:12

                  @CLOJAC
                  peut-être que la majorité sexuelle était de 16 ans là où vivait E Muhammad, mais en tout cas, Malcolm X voyait un abus impardonnable dans le comportement d’E Muhammad vis-à-vis de ces jeunes filles -en plus il en a engrossé d’après ce que j’ai lu et il s’en est justifié- ce qui l’a fait se séparer d’E Muhammad.

                  De toute façon, quelqu’un de 16 ans avec quelqu’un de 40 ans ou plus, un consentement dans ce cas là, je demande à voir.


                • CLOJAC CLOJAC 5 décembre 18:10

                  @leypanou

                  « De toute façon, quelqu’un de 16 ans avec quelqu’un de 40 ans ou plus, un consentement dans ce cas là, je demande à voir. »

                  En France la majorité sexuelle est fixée à 15 ans, portée à 18 si le majeur avait autorité sur l’autre. Ce qui inclut les proches, les enseignants, un coach sportif, ou toute personne proposant une rémunération ou un avantage.
                  Et éventuellement un guru ou conseiller spirituel. Mais, dans ce cas, la justice se détermine au cas par cas pour évaluer l’influence réelle sur le consentement et c’est régal pour les psys appelés à la barre.

                  Récemment Mme Belloubet suggérait d’abaisser le seuil à 13 ans.
                  Le freluquet n’a pas pris parti officiellement sur ce point sensible.

                  L’âge du mariage a été porté à 18 ans en 2005 pour éviter si possible les mariages forcés courants dans certaine communauté qu’il est interdit de stigmatiser.

                  Par contre, bizarrement, le délit de détournement de mineur subsiste. Il n’est pas interdit de coucher avec un mineur de 15 ans et 1 jour, mais entre 15 et 18, la cohabitation avec un majeur est prohibée sauf accord parental.


                • LucDolmont 5 décembre 11:25

                  Vous écrivez très bien, c’est un plaisir de vous lire, et en plus une aventure en effet digne de James Bond (j’ai pourtant toujours trouvé que les James Bond étaient de pitoyables navets, mais là vous avez dépoussiéré le genre, en supprimant les gadgets et le super-héros invincible au point qu’il en devient grotesque).

                  Décidément, le Vatican en prend plein les temps sur Agoravox ces jours-ci, avec, dans un autre registre, un peu plus théorique peut-être, l’article de Pierre Mellifont sur les antipapes. Votre contribution, bien que portant sur un sujet différents, vient plus ou moins corroborer la sienne...


                  • LucDolmont 5 décembre 11:28

                    @LucDolmont
                    Errata : « le Vatican en prend plein les dents » , « bien que portant sur un sujet différent »...


                  • CLOJAC CLOJAC 5 décembre 17:44

                    @LucDolmont

                    Merci. 
                    Questions qui mériteraient d’être posées :
                    Qui aujourd’hui est le pistolero du Vatican ? Et pourquoi ces ecclésiastiques si vaillants à contrer les communistes naguère, se montrent-ils si complaisants avec l’islam ?
                    Faut-il remonter au Moyen âge quand Pierre le Vénérable, abbé de Cluny, allait rencontrer secrètement les ulémas d’Andalousie, cherchant en vain une passerelle entre les évangiles et le coran, mais obtenant de ses « collègues » une alliance contre la renaissance de la pensée aristotélicienne des 2 côtés des Pyrénées ?
                    La logique et la science étant les pires ennemies de toutes les croyances...


                  • kimonovert 5 décembre 11:27

                    Bonjour, Ok, l’Américain (ne portait-il pas un Colt à crosse nacrée sur sa soutane ?) était un émule de John Wayne...C’est passionnant comme histoire (J’ai lu un livre sur les 33 jours de JP1er et tout le saint frusquin de Banco Ambrosiano, loge P2, etc..) mais c’est de l’histoire...On ne peut rien y changer... Par contre, sur LCPAN, hier et ce soir un docu en 2 parties sur https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Communauté_Saint-Jean et là c’est du lourd, du régional (en cours Barbarin de Ta race con...sans parler du passé !) et 3 papes qui couvrent ! EDIFIANT...et de source sûre les gens du cru n’y croient pas !

                    https://www.liberation.fr/france-archive/1995/03/20/un-frere-mariste-mis-en-examen-pour-viols-et-agressions-sexuelles_126527

                    https://www.ina.fr/video/I16074364


                    • CLOJAC CLOJAC 5 décembre 17:33

                      @kimonovert

                      Merci pour les liens.
                      Quelque soit le crime commis par un des siens, l’église a toujours eu le réflexe corporatif de serrer les coudes, en renvoyant les coupables au jugement divin quand l’affaire finissait par être dévoilée. Aujourd’hui c’est plus difficile pour eux, mais on voit bien les réticences à la transparence.

                      Le droit canon est très spécial. Qui se souvient encore du curé d’Uruffe qui en 1956 avait assassiné sa maîtresse et leur enfant ? Il évita la guillotine parce qu’un évêque était venu témoigner, devant un jury lorrain très catho, que pour l’église Desnoyers restait un prêtre ! Quoi qu’il ait fait, il n’avait pas renié le dogme.


                    • kimonovert 5 décembre 19:17

                      Dans notre laïcité tant revendiquée et si mal comprise, on DOIT nier en terme de Loi, ce montage antédiluvien de la primauté du droit divin sur le droit des Hommes. « Dieu a créé l’Homme à son image ! » Non ! Ce sont des hommes qui ont créé Dieu pour endormir d’autres hommes. Si la France pouvait être la fille aînée de l’Eglise, l’église catholique, vu l’évolution sociologique du pays, il n’y a plus lieu de faire un cas particulier du crime de pédophilie catholique relativement aux autres religions... Qui ose bouger ? On brasse juste un peu plus sur l’Islam...pour des histoires de voile !


                      • CLOJAC CLOJAC 5 décembre 21:18

                        @kimonovert

                        « On brasse juste un peu plus sur l’Islam...pour des histoires de voile ! »

                        Il n’y a pas que ça.
                        Aujourd’hui un grand nombre d’entre eux affichent sans détour leur ambition d’instaurer une république islamique en France et autres pays d’Europe...
                        En commençant par réclamer des droits intuitu personae, ce qui est antinomique de l’universalisme républicain. Avec un délit de blasphème en prime.
                         

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès