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Accueil du site > Tribune Libre > Autopsie du mouvement des Gilets Jaunes

Autopsie du mouvement des Gilets Jaunes

 

 Nous aborderons tous les aspects de la révolte des Gilets jaunes en mettant l’accent sur la vision et l'action de la classe prolétarienne, distinguant ses attitudes, son comportement et ses activités de ceux de la classe petite-bourgeoise très active dans ce mouvement populiste qui, finalement, ne se sera jamais transformé en mouvement d’insurrection populaire. Notre objectif n'est pas de relater, de décrire ou de présenter les évènements (…) Notre objectif est de tirer des enseignements...

 

Préface

 Nous aborderons tous les aspects de la révolte des Gilets jaunes en mettant l’accent sur la vision et l'action de la classe prolétarienne, distinguant ses attitudes, son comportement et ses activités de ceux de la classe petite-bourgeoise très active dans ce mouvement populiste qui, finalement, ne se sera jamais transformé en mouvement d’insurrection populaire. Notre objectif n'est pas de relater, de décrire ou de présenter les évènements (…) Notre objectif est de tirer des enseignements de ce mouvement innovant, enseignements que la classe prolétarienne conservera comme enrichissement de sa conscience de classe et comme apprentissages à réutiliser lors des prochaines manches de cette guerre à terminer entre le salariat prolétarisé et le grand capital financiarisé.

 

La révolte des Gilets jaunes le démontre : l’économie est le fondement et le ferment de tout mouvement social. Cette vision de l’économie politique et de la réalité sociale a été combattue par les intellectuels de gauche comme de droite empêtrés dans leurs analyses superficielles de la conjoncture politique, diplomatique, médiatique, idéologique, sociologique et militaire. 

 

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La crise économique du capitalisme a donné naissance à de nombreux mouvements de révolte sociale, notamment au Québec (Carré rouge), en Tunisie et en Égypte (Printemps arabe), en Argentine (Piqueteros), en Grèce (contre la Troïka), en Afrique du Sud (grèves des mineurs), en Iran, en Italie (Cinq Étoiles), en Haïti (grève générale), au Venezuela, en Algérie (dégage Bouteflika) et en France (Gilet jaune), pour n’en citer que quelques-uns. Le Mouvement des Gilets jaunes présente, dans un contexte économique spécifique, plusieurs des caractéristiques sociologiques, politiques et idéologiques que l’on retrouve éparses dans l’un ou dans l’autre de ces mouvements (…) Lénine écrivait ceci, à propos de la Révolution : « La révolution socialiste en Europe ne peut pas être autre chose que l'explosion de la lutte de masse des opprimés et des mécontents de toute espèce. Des éléments de la petite bourgeoisie et des ouvriers arriérés y participeront inévitablement - sans cette participation, la lutte de masse n'est pas possible, aucune révolution n'est possible - et, tout aussi inévitablement (…) »

 

Lénine avait raison, la révolte populiste spontanée, disparate, discordante, et à première vue désorientée, sera le fait de classes et de fractions de classes, que l’éventuelle hégémonie de la classe prolétarienne sur le Mouvement permettra de transformer en insurrection populaire, puis en révolution prolétarienne, encore faudra-t-il que les conditions objectives et subjectives soient à maturité. (…)

 

Dix caractéristiques marquantes

 

Le Mouvement des Gilets jaunes a pris des formes inédites qui s’expliquent, pour une partie, par l’évolution de sa composition de classe. Nous y reviendrons. Nous identifions dix caractéristiques, souvent présentes dans les différents mouvements et soulèvements populaires : 

Mouvement de révolte populiste spontané, inorganisé et cohérent ;

  • Forte implication du prolétariat et de la petite bourgeoisie ;
  • Rejet de l’appareil d’État et de ses appendices, syndicats, ONG ;
  • Scepticisme vis-à-vis des partis de gauche et de droite ; (…)

Composition de classe du Mouvement

 Le groupe Robin Goodfellow a présenté un portrait de la composition sociale du mouvement. Ils écrivent : « Le mouvement des gilets jaunes a commencé à l’initiative de représentants de la petite bourgeoisie (classe moyenne) des régions dites « périurbaines » passionnés d’automobile ! La classe moyenne, au sens marxiste du terme, prédomine dans la direction du mouvement. Il en va de même, et c’est bien plus important, de l’alignement politique. Au-delà de la composition sociale de la direction du mouvement, le prolétariat se place sous la direction politique de la petite bourgeoise au sens générique du terme (classe moyenne et petite bourgeoisie capitaliste) [...] »

 Les dix caractéristiques ont été source de frictions et de tensions entre les militants issus de la bourgeoisie et de la petite bourgeoisie et ceux originaires de la classe ouvrière et du prolétariat, attestant de la vitalité et de l’ancrage populaire de ce mouvement spontané. Par ces luttes internes, chaque classe témoignait de ses origines sociales, de ses expériences et de ses tactiques de lutte, de ses revendications, de ses intérêts et de l’objectif stratégique ultime de son combat. Par leur engagement la moyenne bourgeoisie et les petits-bourgeois protestaient contre le sort qui leur est réservé sous la crise économique du capitalisme. Bourgeoisie et petite-bourgeoisie ne cherchaient nullement à déboulonner le système capitaliste, mais plutôt à utiliser la révolte des prolétaires (chair-à-manifester, chair à patron, chair-à-voter, avant d’être chair à canon) pour secouer le système économicopolitique (…) On peut caractériser l’engagement de la bourgeoisie comme un effort pour réformer le système capitaliste et ainsi le consolider. Le ras-le-bol de la bourgeoisie française marquait sa révolte inconsciente contre les lois économiques du mode de production, exprimé par de futiles efforts pour faire tourner à l'envers les lois de la valorisation, de l’accumulation et de la concentration du capital. Pour chacune des caractéristiques que nous avons énumérées, la position de la petite-bourgeoisie militante évolua dans le sens du compromis et des accommodements (…) (voir les 42 revendications en annexe).

 Le prolétariat engagé dans le mouvement ne partageait pas les mêmes expériences de lutte ni ne poursuivait les mêmes objectifs tactiques et stratégiques que la bourgeoisie en révolte. Par ses revendications le salariat réclamait la valorisation de la force de travail : hausse des salaires, du SMIC, indexation des retraites, fin du travail détaché, davantage de CDI et des baisses d’impôts pour maintenir le pouvoir d’achat et la valeur marchande de la force de travail, soit une diminution de la portion du surtravail expropriée et la réduction de l’accumulation de la plus-value. Autant de revendications visant la revalorisation de la force de travail et le maintien du pouvoir d’achat. (…)

 Cette dichotomie entre la petite bourgeoisie et le prolétariat s’est manifestée non seulement au niveau des revendications, mais aussi au niveau des actions. La petite-bourgeoisie privilégiait les actions percutantes, mais sans grandes conséquences sur l’économie et les profits, telles que les manifestations-parades, ponctuées de « casses » urbaines futiles, les pétitions inutiles, les poursuites judiciaires ridicules, l’appel dérisoire aux institutions internationales, les conférences de presse, les appels à la mythique « opinion publique » et aux médias dont ils avaient pourtant tellement à se plaindre. Les Gilets jaunes prolétariens, quant à eux, privilégiaient le blocage des rondpoints, la fermeture des ports, l’arrêt du transport des marchandises et des salariés, la grève générale et la paralysie de l’économie..

 

Apolitisme et conscience de classe

 

Les intellectuels bourgeois ont dit des Gilets jaunes qu’ils étaient apolitiques du fait de leur refus de se laisser brider, enrégimenter et instrumentaliser par les vieilles formations politiques bourgeoises de gauche comme de droite. Par leur refus d'être instrumentalisés, les Gilets jaunes ont amorcé une nouvelle voie politique : la voie prolétarienne d’action n’ayant rien en commun avec la gauche classique organisée en groupuscules sectaires et dogmatiques. (…) Le soulèvement populiste – prélude à l’insurrection populaire ; prologue à la révolution prolétarienne – ne s’ordonne pas. Notre tâche révolutionnaire n’est pas d’amorcer (…)

 

Conscience de classe prolétarienne

 

À propos de la conscience de classe et de son incidence sur le mouvement populaire spontané, Kropotkine écrit ceci à la suite de la Révolution russe de 1918 : « La révolution que nous avons vécue est la somme totale, non pas des efforts individuels séparés, mais c’est un phénomène naturel, indépendant de la volonté humaine, similaire à un de ces typhons qui se lève soudainement sur les côtes de l’Asie orientale. Des milliers de causes, parmi lesquelles le travail d’individus séparés et même de parties entières n’ont été que des grains de sable, chaque petit souffle de vent local …. » La conscience de classe révolutionnaire n’est pas apportée de l’extérieur, mais elle jaillit au sein même de la classe en révolte. La révolte de classe est intrinsèque à l’existence même de la classe dans ses contradictions et sa lutte contre la nature pour lui arracher ressources, moyens de production et biens de consommation, et dans son combat social inévitable contre la classe capitaliste exploiteuse, qui, elle aussi, mène son combat contre la nature et contre la classe prolétarienne afin de la forcer à valoriser le capital, et ainsi assurer l'accumulation capitaliste et la reproduction de l’espèce humaine (…)

 

Réformisme ou révolution, socialisme ou communisme ?

 

Au XXIe siècle, ce que la gauche appelle la « Révolution socialiste » est un anachronisme des siècles derniers (XIXe et XXe siècles), l’époque héroïque des mouvements syndicaux progressistes et des organisations politiques de la gauche réformiste et revendicatrice, qui a eu pour mission historique d’arracher des concessions démocratiques, des réformes sociales, de meilleures conditions d’exploitation de la force de travail et la décolonisation des populations vivant sous l’oppression du féodalisme et des puissances colonialistes, afin de les faire accéder au capitalisme. Pour les salariés, les limites de ces conquêtes sont aujourd’hui atteintes, tout comme sont atteintes les limites économiques et géographiques de l’expansion du mode de production capitaliste (…) Sous le mode de production capitaliste, la guerre de classe se résume à ceci : chaque classe sociale se bat pour accroitre sa portion de la valeur produite par la force de travail salarié, génératrice de plus-value. (…)

 

Ce faisant, le grand capital accapare une part grandissante des budgets de l’État, au détriment du petit capital national, grevant ainsi les marchés qui dépendent des clientèles populaires aux allocations sociales compressées par les politiques d’austérité. Et ainsi va la spirale infernale du capital en débandade. (…) Au commencement d’un mouvement de résistance contre les agressions du capital et de son État, il est normal que la petite-bourgeoisie et le prolétariat à travers ou par-delà leurs organisations de collaboration de classe (syndicats subventionnés, ONG stipendiées, partis et organisations politiques électoralistes) organisent la résistance selon des principes et des méthodes de combat éculés : manifestations de types processions, jérémiades, gesticulations et pétitions bidon, votations de « protestation », jusqu’à ce que les manifestants du weekend se rendent compte de l’inefficacité de leurs actions, car elles ne pénalisent que la populace et la bourgeoisie marchande. (…) Néanmoins, le 10 décembre, le gouvernement, par ses minimes concessions, a brisé le « Front uni » de la moyenne bourgeoisie, de la petite bourgeoisie et du prolétariat. Aussitôt, le petit capital national s’est retiré de l’alliance de front uni réformiste comme nous l’avions subodoré. (…)

 

Le premier échec est advenu à l’Acte I, au moment où l'on substitua à la paralysie de l’économie et à l’occupation des rondpoints barricadés, les manifestations-processions ponctuées de casses urbaines. Ces quelques places municipales (Paris, Toulouse, Marseille, Bordeaux, Nice, Lyon, Lille, Rouen) se révélèrent le cimetière des regroupements militants où la flicaille put verbaliser et arrêter les plus engagés. Le pire n’étant pas dans ce charivari de la petite bourgeoisie et de son « Black bloc » (…)

 

Le deuxième échec survint quand les bureaucrates syndicaux proposèrent un simulacre de grève générale encadrée et organisée pour liquider toute grève insurrectionnelle. Le prolétariat ne se mobilisa pas autour de cet appel sachant par expérience que ces agiotages syndicaux mènent toujours à la défaite. (…) la gauche éclectique qui y verront des mesures « liberticides » (toujours cette mystique petite-bourgeoise de la démocratie et de la liberté sous l’esclavage salarié) et qui ergoteront sur les façons de faire perdurer ces actions de prosternation. (…)

 

L’organisation révolutionnaire : fruit de la révolution

 

L'évolution du Mouvement nous renseigne sur cette orientation inédite, illustrée par le rejet radical de l’appareil d’État, de ses appendices organisationnels syndicaux, ONG et partis politiques. De l’expérience des gilets jaunes il faut déduire que le soulèvement populiste spontané sera pris en charge par le prolétariat révolutionnaire, cette « avant-garde » qui aura germé dans le giron de la guerre de classe prolongée. (…) le parti révolutionnaire de classe ne préexiste pas au mouvement révolutionnaire, il surgit spontanément comme la cristallisation d’une lente fermentation des divers groupes et associations militantes. L’action insurrectionnelle transformera le mouvement populiste spontané en une insurrection populaire organisée, visant non plus à réformer, mais à détruire le système, son appareil d'État bourgeois, et à renverser le mode de production capitaliste, pour appeler à la construction du nouveau mode de production communiste prolétarien. (…)

 

La conscience de la classe révolutionnaire, ainsi que ses organisations révolutionnaires, ne sont pas des éléments préconstitués, enfermés dans un cocon qu'il suffirait d'extirper. La conscience de classe ne peut être apportée de l’extérieur de la classe comme une vérité révélée – cette conception thomiste relève de la mystique religieuse. La conscience de classe est un construit – une production de classe, au même titre qu’une œuvre d’art, un objet à la fois concret (l’idée matérialisée dans un projet de société en progrès) et abstrait (les rapports sociaux de production) issu de l’activité de la classe aspirant à l’émancipation, non pas comme un désir mystique mais comme une nécessité impérative (…) la dictature du prolétariat n’est pas une loi d’airain qu’impose une organisation centralisée sur la classe révolutionnaire spontanée et sur la société transformée en goulag social. (…)

 

À l’étape révolutionnaire du mouvement, la spontanéité s’estompe, le niveau de conscience de la classe murit, puis s'affermit dans et par le processus révolutionnaire, favorisant ainsi la consolidation du projet révolutionnaire global. De ceci, il découle que l’insurrection populaire n’est pas la Révolution prolétarienne, elle en est la prémisse nécessaire à la fois objective et subjective. La Commune fut un coup de tonnerre – un défi – que la classe prolétarienne parisienne, encore embryonnaire, lança au pouvoir étatique bourgeois en pleine expansion. L’immaturité évidente des conditions objectives et subjectives de la révolution prolétarienne mondiale entraina la défaite inévitable de cette insurrection populaire. (…) 

 

 

Pour lire l’intégralité de ce volume (190 pages) COMMANDEZ CHEZ L’HAMATTAN https://www.editions-harmattan.fr/livre-9782343184357?utm_source=phplist&utm_campaign=message_27635&utm_medium=email&utm_content=lienTitre 

 

 

Feuilleter ce livre http://liseuse.harmattan.fr/978-2-343-18435-7

 

 

 

 


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54 réactions à cet article    



    •  Adibou Adibou 4 octobre 13:27

      Encore de la pub ! smiley


      • Sergeant Pepper Sergeant Pepper 4 octobre 13:35

        Je n’avais pas vu un tel vocabulaire depuis des lustres ! Est-on sûr que ce publireportage a été écrit récemment ?


        • Robert Bibeau Robert Bibeau 4 octobre 19:11

          @Sergeant Pepper

          16 septembre 2019 la date de parution chez L’Harmattan à Paris 

          Je suis ringuart et j’aime les vieux concepts ( smiley

          Robert Bibeau 


        • CLOJAC CLOJAC 4 octobre 21:19

          @Sergeant Pepper
          Ce vocabulaire connoté « guerre froide » ne cherche qu’à ressusciter des concepts obsolètes. Le mouvement des gilets jaunes n’est ni marxiste, ni anarchiste, ni petit-bourgeois. Il s’apparente aux « émeutes de la faim » qui ont réussi en Amérique latine à déboulonner quelques dictatures. 
          Inutile de se torturer les méninges à vouloir y greffer une volonté politique (à cet égard, le refus du culte des chefs est significative) Il s’agit de réactions de survie instinctives, spontanées, je dirais quasi-biologiques où le protoplasme social sécrète des anticorps contre l’agent pathogène macronien menaçant leur survie. 


        • Paul Leleu 4 octobre 23:42

          @CLOJAC

          je ne vois pas ce qu’il y a d’obsolète sinon votre style « apolitique » tellement connoté « second 20ème siècle »... personne, et certainement pas les communistes, n’a jamais prétendu que les révolutions était autre chose qu’une « révolte quasi-biologique » comme vous le dites si bien...

          quand au refus des chefs, c’est une chose... mais cela masque surtout le refus de s’organiser, qui marque la survivance d’un esprit anarchiste résultant de 60 ans de rock n’ roll et autres foutaises... en clair, le refus de se structurer, le refus du centralisme démocratique... l’illusion très « classe-moyenne » qu’on pourra y arriver en dansant la samba le samedi, devant les CRS...

          mais pour s’organiser, il faut être collectiviste, et non individualiste comme les anarchistes et les libéraux. La lutte réelle implique l’idée de sacrifice pour les autres, qui ne peut être tenu que par le sens de la réciprocité, c’est à dire de valeurs humaines surplombantes (le contraire des cris hirsutes « ni dieu ni maitre » et « macron pédé »... ces glapissement de rockeurs enseignés au peuple exploité, afin qu’il se fasse tailler en pièce par des CRS bien organisés, eux)


        • Attila Attila 4 octobre 23:56

          @CLOJAC
          "Inutile de se torturer les méninges à vouloir y greffer une volonté politique (à cet égard, le refus du culte des chefs est significative) "
          Cela va plus loin que le refus du culte des chefs, il y a aussi le refus d’une organisation structurée. C’était certainement un handicap face à un pouvoir déterminé.
          Or, ce pouvoir et ses forces de l’ordre ont été déstabilisés lors des trois premières manifestations. Une organisation bien structurée conseillée par de bons stratèges aurait profité de cet état de sidération du pouvoir.
          Au lieu de cela, les Gilets Jaunes ont laissé le pouvoir se ressaisir et s’organiser. On voit le résultat.

          .


        • CLOJAC CLOJAC 5 octobre 06:21

          @Paul Leleu
          La façon dont vous parlez des révolutions communistes prouve que vous n’avez pas lu Marx, Engels, Lénine... Dans leurs analyses économiques « modernes » pour le XIXème début du XXème siècle, tout est déterminisme mécanique. D’ailleurs ils ont le cynisme de professer que les masses doivent être encadrées par ceux qui savent. Une nouvelle élite imposée par la force, ce n’est pas de la théorie, on l’a vu avec le coup d’état contre Kerenski. J’appartiens à une génération où les profs enseignaient que la terre entière serait communiste en l’an 2000, alors autant s’y préparer... Cela m’a permis au moins de bien connaître mes ennemis !

          Le refus des chefs n’a rien à voir avec une classe moyenne festive, c’est une façon empirique de poser des jalons pour une démocratie directe, participative, avec des comités citoyens tirés au sort et des représentants du peuple choisis au hasard, la stochastocratie est une grande idée à creuser.
          Ce n’est pas une utopie, Athènes, des républiques italiennes et plus récemment l’assemblée constituante d’Islande en 2011 ont fonctionné ainsi.
          Il n’y a pas plus démocratique, on dégage les parasites des partis, on vire les incompétents et les corrompus de la technostructure, et on évite la reconstitution d’une caste de politicards professionnels.
          Des mandats courts non renouvelables et révocables et des referendums d’initiative populaire sur les sujets importants relanceraient une vraie démocratie. 

          Vous avez le droit d’aimer être noyé dans la masse, de voir votre personnalité encadrée par des chefs, rognée par des tabous, guidée par des maîtres penseurs.
          Moi je suis un individualiste.
          Comme Baudelaire, je revendique le droit de me tromper, de me contredire, et de m’en aller. Sans prétendre imposer mes choix aux autres.

          La solidarité repose sur un vieux socle culturel religieux, soucieux d’éviter le pire aux laissés pour compte et aux blessés de la vie. Un objectif estimable. Mais qui devrait d’abord être nettoyé de tous les profiteurs et magouilleurs qui font tourner le système, suscitant la passivité des assistés, la soumission des quémandeurs et les faux espoirs des désespérés.
          N’étant pas naïf, j’ai depuis belle lurette pris mes dispositions pour ne dépendre de personne jusqu’à la fin du monde.


        • CLOJAC CLOJAC 5 octobre 06:51

          @Attila
          Je pense que si une organisation structurée avait tenté de profiter de la situation pour prendre le pouvoir, Macron n’aurait pas hésité à faire tirer dans le tas à balles réelles. 
          On l’a vu avec les énucléations, les pieds et les mains arrachés, qui en devenant systématiques ne peuvent plus être considérés comme des accidents causés par des flics maladroits, mais comme des actes de terreur délibérés.
          Je sais bien que la physiognomonie n’est pas une science exacte mais il suffit d’observer les mimiques faciales, la gestuelle, le langage corporel de Macron et les variations de ton et de débit de ses propos pour comprendre que ce type est un dictateur en herbe prêt à tout pour démolir ses opposants. 
          Octobre 2018 : ses sbires ordonnent une expertise psychiatrique de Marine Le Pen, une perquisition musclée chez Mélenchon, et démettent de tous ses mandats Oscar Temaru ancien président de la Polynésie française. Un seul point commun entre ces 3 personnes : elles ont osé s’opposer au conducator.


        • Attila Attila 5 octobre 09:01

          @CLOJAC
          J’ai bien écrit dans mon premier message qu’il fallait prendre en compte la réalité des dernières protestations collectives.
          Lors des événements de la place Maïdan, des coups de feu ont été tirés, cela n’a pas empêché que Viktor Ianoukovytch ait été destitué.
          « Macron n’aurait pas hésité à faire tirer dans le tas à balles réelles. »
          Pas hésité ? pas sûr. S’il l’avait fait, cela aurait suscité une telle réprobation que, du coup, il aurait été en très mauvaise posture.

          .


        • Attila Attila 5 octobre 10:56

          @CLOJAC
          "Je pense que si une organisation structurée avait tenté de profiter de la situation pour prendre le pouvoir, Macron n’aurait pas hésité à faire tirer dans le tas à balles réelles. "
          Le but des Gilets Jaunes du début n’était pas de prendre le pouvoir mais de faire aboutir des revendications : l’arrêt des surtaxes sur les carburants.

          .


        • CLOJAC CLOJAC 5 octobre 19:24

          @Attila
          Je le sais et je ne faisais que répondre à votre spéculation :

          « Une organisation bien structurée conseillée par de bons stratèges aurait profité de cet état de sidération du pouvoir.
          Au lieu de cela, les Gilets Jaunes ont laissé le pouvoir se ressaisir et s’organiser »


        • Paul Leleu 5 octobre 20:58

          @CLOJAC

          bien bien... le crédo individualiste anarchiste... on connait... pas de problème... chacun ses utopies...

          d’ailleurs, si vous vous êtes organisé pour « ne dépendre de personne jusqu’à la fin du monde », je me demande quel est le but de se révolter ? ... et puis j’imagine que vous n’appelez pas l’hôpital le jour où ça ira mal... ni la police le jour où vous allez vous faire défoncer la gueule par une bande de pillards armés...

          le mythe autarcique de l’anar’... c’est une position psychologique régressive... sans doute la peur de la puberté et de la « souillure », au niveau psychanalytique... c’est très répandu d’ailleurs


        • CLOJAC CLOJAC 6 octobre 00:48

          @Paul Leleu
          Toujours cette manie de juger les gens sans les connaître... En usant de stéréotypes éculés.
          L’autorité, je suis pour quand c’est moi qui l’exerce. Et dans ma vie professionnelle autant que dans mes îles je n’ai pas manqué d’occasions. Mais toujours dans l’écoute des avis différents et la possibilité de m’y ranger en tout ou en partie, en pratiquant ce que Malraux appelait la règle d’or de la diplomatie : « comprendre la légitimité des points de vue antagonistes. »
          Apparemment, la nature vous a refusé ce don.


        • kimonovert 4 octobre 13:56

          Détrompez moi ! Qui dit autopsie dit mort ? Sinon c’est maltraitance...


          • Sergeant Pepper Sergeant Pepper 4 octobre 14:15

            @kimonovert

            Je vous détrompe : sans mort préalable, ce n’est plus de la simple « maltraitance » mais carrément de l’éviscération.


          • Robert Bibeau Robert Bibeau 4 octobre 19:13

            @kimonovert

            MORT le Mouvement des Gilets jaunes en effet … ce qui parade de nos jours étant des revenants  Sorry 


          • kimonovert 5 octobre 09:18

            @Sergeant Pepper

            Une autopsie n’est pas forcément ce que vous nommez !


          • kimonovert 5 octobre 09:26

            @Robert Bibeau

            Vous pouvez me parlez en français...j’ai récemment défendu ma langue dans un ascenseur du Palace Royal à Québec, où cette belle langue sans accent est le véhicule des belles idées, face à un impérialiste linguistique...qui me balançait de sa hauteur un « Good evening » !


          • Attila Attila 4 octobre 16:11

            On ne peut qu’être d’accord sur le principe de " tirer des enseignements de ce mouvement innovant, enseignements que la classe prolétarienne conservera comme enrichissement de sa conscience de classe et comme apprentissages à réutiliser lors des prochaines manches de cette guerre à terminer . . . « 

            Il faut tout d’abord distinguer le mouvement des Gilets Jaunes du début qui protestait contre les taxes sur le gasoil et les dernières manifestation qui ont rejoint la »lutte pour le climat«  : clairement, ce n’est plus un thème de revendication des GJ du début, c’est même l’opposé.

            Cela montre que le mouvement des GJ s’est laissé infiltrer par les gogochons.

            .

            La tactique de venir défiler chaque semaine a déjà été expérimentée par Philippe Martinez de la CGT lors de la »loi Tavail".

            Résultat : zéro ! Et après le constat d’échec, Martinez voulait encore continuer. On ne change pas une équipe qui perd.

            .

            Etc. Qui voudrait relancer une nouvelle protestation collective serait avisé de prendre en compte également les enseignements à tirer des mouvements de contestation récents :

            La manif pour tous.

            La place Maïdan

            La loi Travail

            Les Bonnets Rouges.

            .


            • Robert Bibeau Robert Bibeau 4 octobre 19:10

              @Attila

              Merci pour cette intervention pertinente et perspicace. 

              En effet, les promenades-incantatoires du dimanche sont l’indices évident que le mouvement est MORT et qu’il a été trépassé par la petite-bourgeoisie  de gauche et de droite  

              l est impératif de faire le bilan des différents mouvements populaires récents afin de fourbir ses armes pour le grand dérangement à venir 

              Pour ce faire IL faut lire tout le volume qui fait 190 pages  cihaut n’étant qu’un avant-gut de la PRÉFACE 

              Merci pour votre post 

              Robert Bibeau http://www.les7duquebec.com


            • Le421 Le421 5 octobre 09:19

              @Attila

              Cela montre que le mouvement des GJ s’est laissé infiltrer par les gogochons.

              Ah ??
              Bizarre.
              J’y étais dès le début, j’ai rien infiltré du tout, et je n’étais vraiment pas le seul, comment vous dites, gogochon...
              J’avais à choisir avec facho.
              Et mon père était résistant communiste en 42.
              J’ai de l’hérédité.
              Refaites l’histoire comme vous voudrez, mais Berlin en 45, c’était pas Doha en 2015...


            • Attila Attila 5 octobre 09:49

              @Le421
              « Et mon père était résistant communiste en 42 »
              Ben justement, les communistes et la CGT étaient contre la construction de l’Union Européenne :
              Jean Duret, économiste à la CGT, explique les dangers de l’UE dès 1956
              .
              Gilets Jaunes rejoignent la manif pour le climat

              .


            • Attila Attila 5 octobre 11:06

              @Attila
              Après les plus grosses erreurs à éviter, il faut aussi prendre en compte les aspects positifs. Avant les Gilets Jaunes, nous sommes un certain nombre a avoir essayé de créer des actions collectives, cela fonctionnait au siècle dernier. Mais depuis quelques temps, il était devenu impossible de faire bouger les gens, même pour des revendications qui les touchaient directement. L’apparition du mouvement des Gilets Jaunes a été un soulagement : ouf !, les français sont encore capables de se révolter.
              L’occupation des rond-points est une bonne trouvaille, cela donne de la visibilité au mouvement. Il restait à en ajuster les modalités .

              .


            • covadonga*722 covadonga*722 5 octobre 11:20

              @Le421
              Et mon père était résistant communiste en 42.
              J’ai de l’hérédité.

              tiens le courage est héréditaire maintenant ?
              ben si ta hérité a proportion de ta taille t’es un sacré péteux 

              resistant en 42 il connaissait comme toi l’adresse de la kommandatur heu pardon du commissariat de sarlat comme toi ?

              pauvre guignol vas 


            • foufouille foufouille 5 octobre 13:54

              @Le421

              Tu es un surhomme avec ta résistance héréditaire.


            • kimonovert 6 octobre 16:40

              @Attila

              Oui, exact ! Ce mouvement poussant ses premiers vagissements, il y a quelques années, la puissance publique s’est rapidement impliquée à l’aide des DDE de France et de Navarre pour tapisser le territoires de milliers de roundabout ou ronds points...Excellente anticipation, ce mouvement du jaune égocentrique s’étant rapidement mis a tourner sur lui-même...incapable de passer du rouge communiste au vert écolo ! O, peuple des ronds points, que n’as-tu compris qu’ils servaient à la libre circulation des zhoms et des zidées ! Plantez y des palmiers ! Cela permettra aux vétérans de prendre de la hauteur...lors de la montée des eaux des océans !


            • Paul Leleu 4 octobre 23:53

              personnellement je n’y ai pas cru... dès la première ou la deuxième semaine les « gilets jaunes » sont allés à Paris... rue du Fbg St Honoré, où ils ont été bloqués -sans surprise- par les CRS...

              pendant des décennies on a enseigné au peuple cette idée qu’on pouvait faire une révolte avec des roses... chacun y allant dans son coin, « vient comme tu es », « come as you are », sans les « méchants chefs » et les « vilains partis »... et pourquoi pas en dansant le rock ou la samba et en fumant des pétards... sauf que quand les joyeux drilles se sont retrouvés face à un simple cordon de CRS, ben c’était terminé... Bob Marley et Mick Jager étaient rentrés à la maison !! Après, ils ont fait chier le peuple le samedi avec des airs de Che Gevara du dimanche... mais ils allaient tous travailler comme des dindes le lundi matin...

              Régis Debray a résumé d’une phrase : « le premier bien d’un révolutionnaire n’est pas sa vie »... position fondamentalement anti-individualiste... mais cela nécessite le partage réel de valeurs, de dignité, de sentiments communs. L’idée de réciprocité, forcément surplombante pour l’individu. Car on ne se sacrifie pas pour le « pouvoir d’achat » de son voisin. « Ni Dieu ni Maitre » ne porte rien, pas plus que « Macron pédé » et autres noms d’oiseaux. Cette grossièreté ne mène pas à la lutte ni à la victoire, mais aux danses du ventre et à la défaite. Mais c’est toute une culture à revoir. Que personne ne veut revoir. On s’imagine qu’il est possible d’être indigne ET d’être libre (« en même temps ! »)


              • Attila Attila 5 octobre 02:22

                @Paul Leleu
                « les « gilets jaunes » sont allés à Paris... rue du Fbg St Honoré, où ils ont été bloqués -sans surprise- par les CRS... »
                Ce n’est pas inéluctable. A condition d’être plus nombreux :
                Des CRS reculent devant des Gilets jaunes

                .


              • Montagnais Montagnais 5 octobre 03:08

                Autopsie ? plutôt une biopsie .. faite avec un manche de pelle .. à tartes .. ou le vieux tire-pied de feu tonton Vladimir Illitch

                Le mécontentement fondamental, radical, sans équivalent historique, qui s’est incarné dans « les gilets jaunes » connaîtra mille métamorphoses mais n’est pas susceptible de disparaître ..

                Les riches détruisent la planète. .. ça leur sera compté. En plus, y rendent Proprol con (qui commence à s’en apercevoir ..)

                Attendez le 21 janvier prochain .. l’OCE va vous étonner Robert .. OCE, vous rappellerez ? 


                • Le421 Le421 5 octobre 09:14

                  Scepticisme vis à vis des partis de gauche et de droite ?

                  Donc, pro-Macron, si je comprends bien.

                  A moins que le mouvement ne soit souterrain ou aérien...

                  Pourtant, le RN a tout tenté pour racoler le mouvement, ce qui est assez paradoxal si on analyse le comportement de la police vis à vis des gilets jaunes.

                  Un autre paradoxe vu sur les manifs, des RN qui réclamaient le retour de l’ISF. Pas sûr que MLP y soit favorable...Ceci dit, la logique et la réflexion ne sont pas les deux mamelles de l’extrême droite.


                  • covadonga*722 covadonga*722 5 octobre 11:06

                    @Le421
                    yep tiens le moraliste qui c’est organisé pour pas payer l’Impôt t’avais des potes gilets jaunes fonctionnaires territoriaux t’en avais ceux qui ont cramés le péage de la ciotat qui touchaient 2200e de salaire , t"en avais un qui cramait les radars 
                    qui possédait et louait 3 apparts , ceux du rond points de la valentine chez moi du 4X4 du suv en veux tu en voila et un paquet de retraités percevant 3000/4000e bref des pauvre comme toi saloperie gauchiste qui ne paie rien et fait vroum vroum dans le ciel , .
                    Est ce que je dis qu’il n’y avait pas beaucoup de néoruraux pauvres et isolés abandonnés par l’état au debut du mouvement non car il y en avait , après est arrivée la racaille de gauche nantie. Est ce que tu sais ? nabot que la moitié des condamnations pour violence et dégradation à Rennes Paris et Bordeaux concerne des fonctionnaires .....des profs des territoriaux bref des nantis de statut 
                     BREF POUR FAIRE LA MORALE NABOT DE SARLAT IL FAUT EN AVOIR AU MOINS UN ÉCHANTILLON SUR SOI 


                  • velosolex velosolex 5 octobre 09:38

                    Faut tout de même une bonne paire de jumelles pour voir du canada sur les ronds points français…..Beaucoup de choses seraient à dire sur ce texte que j’ai parcouru en diagonale, mais je me suis demandé si l’auteur avait pas pris le giratoire à l’envers. « .. qui, finalement, ne se sera jamais transformé en mouvement d’insurrection populaire. C’est une plaisanterie. Quand commence alors le mouvement dit d’essence populaire ? A combien de yeux crevés, un indice de l’affolement de l’état…..Celui ci est. Inédit en fait depuis 68, a été spontané, et très difficile à circonscrire, tant il a brassé de gens différents, loin du portrait robot » bas du front provincial", que le gouvernement, dés le début, a tenté de médiatiser...L’auteur procède par clivage, entre bobos, et prolos, tentant de dégager un sens révolutionnaire. Ors c’est avant tout la notion d’injustice et d’absurde, qui a dicté ses acteurs. Sur fond abyssal de creusement des inégalités, ce sont les gens souffrant le plus qui se voient accablés, et pressurés, à travers cette fumeuse taxe carbone, pour lancer la dynamique. Hypocrisie et opportunisme du gouvernement, utilisant l’écologie à géométrie variable, pour taxer davantage la désertification, au lieu de l’aider. Cela rappelait la révolte des bonnets rouges sous louis quatorze. Le mouvement est loin d’être terminé, car les raisons qui l’ont développé sont toujours présentes.



                    • kimonovert 6 octobre 16:45

                      @velosolex

                      Les ronds points sont des intersections populaires et les taxes d’essence impopulaire...


                    • Sergeant Pepper Sergeant Pepper 5 octobre 09:39

                      @Robert Bibeau

                      Je n’ai pas lu votre livre mais j’ai l’impression que l’aspect territorial et surtout la dimension culturelle (existentielle ?) du mouvement GJ en sont curieusement absents ou, tout au moins, traités par-dessus la jambe : les Gilets jaunes sont avant tout issus des petites et moyennes villes de province et des milieux ruraux (les territoires à l’abandon, loin des métropoles qui profitent de la mondialisation) et on les sent nostalgiques (à juste titre à mon avis) d’une époque où la France faisait encore société, où les élites mondialisées hors-sol, presque défrancisées, n’avaient pas encore fait sécession idéologiquement et géographiquement du « monde d’en bas », où l’organisation traditionnelle du pays (village > département > nation) n’avait pas encore été dynamitée pour laisser place à des intercommunalités et des hyper régions qui ne parlent à personne sinon aux technocrates (sans parler de ce vaste machin qui se nomme UE !). En d’autres termes – en tous cas, c’est aussi comme cela que je les vois – les GJ sont également à la recherche de sens et de cohésion (bien commun), sinon de cohérence. (Voir les analyses de Christophe Guilluy, par exemple)

                       

                      Vous semblez également faire l’impasse sur ce qu’un sociologue comme Louis Chauvel appelle la « repatrimonialisation », élément essentiel du déclassement d’une partie des classes populaires (ouvrières et moyennes). La distorsion, la rupture entre les classes (pas forcément supérieures) dotées d’un patrimoine net (patrimoine ancien ou acquis lorsque l’ascenseur social fonctionnait encore) et les classes ne possédant aucun patrimoine (ou désespérément endettées par l’acquisition de leur logement principal) entraîne presque invariablement une transmission de père en fils des inégalités. En ce sens, le mouvement des GJ témoigne peut-être aussi de l’écart flagrant qui s’est creusé entre les baby-boomers (dernière génération qui, sans pour autant être toujours franchement bourgeoise, a pu s’élever socialement) et les classes moyennes actuelles à l’horizon bien bouché. Dit autrement, les GJ (tout au moins ceux du début, moins politisés) cherchaient-ils à faire péter le système ou, plus simplement, à recoller au peloton ?

                       

                      Mais je répète que je n’ai pas lu votre livre et que je vous fais donc peut-être là un procès injuste. Et puis je n’ai bu que deux cafés.


                      • Sergeant Pepper Sergeant Pepper 5 octobre 10:29

                        @Sergeant Pepper

                        Accessoirement, je trouve pour le moins curieux qu’un anticapitaliste tel que vous puisse nous proposer d’acheter son livre sur... Amazon !


                      • foufouille foufouille 5 octobre 10:51

                        @Sergeant Pepper

                        C’est comme avoir un appartement à un million qui n’est pas capitaliste ou utiliser Airbnb qui ne paye pas d’impôt en France.


                      • Sergeant Pepper Sergeant Pepper 5 octobre 11:13

                        @foufouille

                        Airbnb fait plus que de ne pas payer d’impôts en France* : il contribue aussi et surtout à chasser les classes populaires des centre-villes.

                        *J’ai vu sur le Figaro que, pour 2018, son impôt ne serait que de 150 000 euros. Autant dire rien du tout.


                      • Montagnais Montagnais 5 octobre 10:23

                        Dernière heure : Adbusters lance une OPA sur les GJ

                        www.adbusters.org .. sur lequel Robert n’a aucune idée ..

                        Bonne journée


                        • Spartacus Spartacus 5 octobre 11:36

                          Faire une analyse sur les « gilets jaunes » sans une seule fois aborder le mot « taxes » est une vaste fumisterie..

                          Quelle clownerie ! Grotesque.

                          Les gilets jaunes ont étés récupérés par ceux qui vivent des taxes et pour et les revendications premières ont étés détournées par les gauchistes...

                          Bref un compte rendu d’intellos dans le fantasme d’une société utopique qui sont arrivés après la bataille, et ont vécu ou vivent de la gamelle de l’état dans l’enseignement qui essayent de récupérer un mouvement en essayant d’y glisser leurs délires Marxistes.

                          L’enseignement, cette dernière réserve d’indiens frustrés du capitalisme de profs qui ont choisit le « petit » confort et qui pour justifier leur haine de la réussite des autres qui n’ont pas fait leurs choix, invoques, les pauvres, la nature ou ici les gilets jaunes qu’ils ne sont pas pour justifier leur envie intello de tuer tous les plus riches que eux tellement ils sont jaloux.


                          • Robert Bibeau Robert Bibeau 5 octobre 15:32

                            @Spartacus

                            Mon pauvre Troll Spartacus  Tu as ci-haut un petit 5 pages d’une PRÉFACE qui en contient 17 et d’un livre qui en présente 190 pages. 

                            Avant de devenir hystérique tu devrais lire l’ensemble de l’ouvrage où nous traitons de la question des taxes surtaxes infligées à la populace en révolte.

                            Merci de ton intérêt pour notre oeuvre 

                            Robert Bibeau http://www.les7duquebec.com 


                          • Spartacus Spartacus 6 octobre 22:36

                            @Robert Bibeau
                            Mon pauv’ bolchévique !
                            C’est même pas crédible...


                          • symbiosis symbiosis 5 octobre 12:58

                            Peu importe que le mouvement des Gilets Jaunes soit mort, c’est peu-être même salutaire. Ce qui importe est ce qui va suivre, car le XXI° siècle ne fait que commencer et la révolte des peuples, face à la ploutocratie qui c’est emparée du pouvoir, aussi.

                            Et à ce titre je crois qu’il sera beaucoup plus instructif de lire le livre de Peter Gelderloos, « Comment la non-violence protège l’État » .


                            • Robert Bibeau Robert Bibeau 5 octobre 15:36

                              @symbiosis

                              TU as parfaitement raison SYMBIO 

                              Effectivement c’est l’un des messages de notre ouvrage  Les Gilets Jaunes sont le premier acte glorieux d’une pièce que notre classe sociale pourrait bien gagnée à condition de tirer les enseignements de cette première ronde 

                              Merci pour ton post sauf que OUI au livre de Gelderloos et oui au livre de Bibeau-Mesloub ( smiley


                            • symbiosis symbiosis 5 octobre 15:48

                              @Robert Bibeau


                            • folamour folamour 5 octobre 14:26

                              Dès l’origine

                              Un refus proclamé bien haut de s’organiser soi même et de toute organisation... ; avec un « suivez bien mon regard » du coté ouvrier. Nous on est des travailleurs indépendants....

                              Ce choix historiquement curieux de la couleur jaune.

                              Il faut être un américain pour avoir vu le prolétariat sur les rondpoints

                              Une idée saugrenue de la démocratie sans débat , sans mandat, sans représentants élus , sans représentativité...

                              La promotion des grandes gueules et « je me fais voir » à la télé...

                              Une absence de frontière avec la racaille

                              etc....etc..

                              .

                              Rien à voir avec le prolétariat...


                              • Robert Bibeau Robert Bibeau 5 octobre 15:40

                                @folamour

                                Merci trol Fol 

                                Les chômeurs et les travailleurs « indépendants » sont partie du prolétariat.

                                Tu as raison toutefois la petite-bourgeoisie de ton espèce contaminait lourdement le Mouvement jusqu’à le tuer.

                                Dans le volume nous expliquons pourquoi et comment cet assassinat a eu lieu et comment le prévenir la prochaine fois ( smiley

                                Robert Bibeau 


                              • alinea alinea 5 octobre 16:17

                                D’accord avec Montagnais : l’autopsie, faut pas déconner.

                                mais voyez-vous,( depuis outre Atlantique apparemment !) les GJ, qu’ils soient chômeurs, retraités, travailleurs précaires ont conscience que nous ne sommes pas majoritaires, ont conscience d’avoir plein de choses à apprendre, ce qui fait que, pour l’instant, on garde la visibilité ( puisque tout le monde s’évertue à dire qu’on est mort) et on échange, on s’instruit, on s’entraide, on crée des réseaux, on s’organise : un plein temps pour ceux qui ne travaillent pas ou plus !

                                On a bien conscience qu’on ne virera pas macron, ses sbires et ses proxénètes d’un coup de cuiller à pot.

                                Alors votre petite analyse sur canevas authentique révolutionnaire patenté, il me semble tout simplement à côté de la plaque !

                                Le GJ jouent avec le temps qu’ils mettent de leur côté : rendez-vous, printemps 2021.


                                • Robert Bibeau Robert Bibeau 6 octobre 17:38

                                  @alinea

                                  Je suis extrêmement heureux de le lire : Les GJ développent leur organisation leur révolte leur solidarité à travers les parades dominicales BRAV que je dis 

                                  Et j’espère qu’ils sauront se révolter farouchement contre les attaques croisées contre l’assurance emploi et contre les régimes de retraite.

                                  ET DITES Pour mieux préparer ces reprises de la révolte via le blocage de l’économie et la grève générale cette fois  pourquoi ne pas lire ce livre bilan qui tente de marquer les bons coups et stigmatiser les mauvais coups du premier mouvement spontané…

                                  Merci pour votre post monsieur

                                  Robert Bibeau 


                                • alinea alinea 6 octobre 23:04

                                  @Robert Bibeau
                                  ce livre bilan ? il y en a tant !
                                  c’est fou ce qu’ils font causer, filmer, écrire, les GJ !
                                  Ils ne sont pas aimés des syndicalistes, en tout cas pas assez pour que ceux—ci fusionnent ; à eux tout seuls, ils ne ( nous, !) peuvent faire grève générale : les prolétaires ne sont pas jaunes sur le dos. Ce sont les marginaux, les retraités longuement militants mais avec un tempérament spécial ; le NPA classique n’aime pas le gilet jaune, car il ne faut pas oublier qu’au début, il y en avait qui votaient le Pen !
                                  les GJ n’ont pas la vérité révélée, comme tous les dogmatiques qui sont tombés dedans quand ils étaient petits !! Moi ça me plaît, ça me va, et on avancera,malgré vous.


                                • covadonga*722 covadonga*722 6 octobre 00:01

                                  yep la dame qui s’exprime est propriétaire terrienne du coté d’Aubagne et élève des chevaux c’est vous dire si elle représente le lumpen prolétariat l’an dernier elle nous contais ses déboires avec son 4x4 un land rover si j’ai bonne mémoire ....

                                  les néoruraux pauvres du début ont été remplacés par les vainqueur des trente glorieuses qui ne veulent se montrer solidaire de rien sinon en mots .

                                  C’est d’ailleurs le deal qu’ils avaient avec les socialistes et la gauche éduquée française qui n’a jamais représentée le proletariat mais les nantis statutaires les professions libérales et les tertiaires se la jouant hobereaux comme la dame si dessus .Vous avez par ailleurs sur ce site une flopée de révolutionnaire insoumis qui quand ils ne se sont pas organisé pour éviter l’impôt sont pour la plupart nantis d’un confortable statut de fonctionnaires , c’est vous dire la racaille sociale démocrate qui déblatère ici .


                                  • Cadoudal Cadoudal 6 octobre 02:20

                                    @covadonga*722
                                    Ça fait un bail qu’elle préfère les chevaux aux prolos...


                                  • Nathalie 6 octobre 00:48

                                    les gilets jaunes ne servent à rien et qui sont soutenus par les faux dissidents. C’est un mouvement téléguidé par les américains, les russes et Israel. Ils sont soutenus par Trump, Steeve Bannon et Poutine. Leurs représentants sont généralement d’extreme droite ou des grands bourgeois comme Thierry Paul Valette ou Juan Branco (qui était aussi avocat du faux dissident Julian Assange qui divulguait des infos crypto sionistes comme ER). A quoi ont servi les gilets jaunes ? Ça a permis de regrouper tous les gens contre le gouvernement pour les punir, les brutaliser, les estropier, les arreter et leur faire perdre leur travail.

                                    C’est grace à quelques meneurs que les gilets jaunes se font mener à l’abattoir et ils n’empechent ni la baisse des allocations chomage ni la réforme des retraites qui va profiter aux fonds d’investissement comme Blackrock dont le PDG a été reÇu plusieurs fois par Macron.

                                    https://www.francetvinfo.fr/economie/transports/gilets-jaunes/des-grandes-ecoles-aux-gilets-jaunes-en-passant-par-wikileaks-qui-est-juan-branco-l-auteur-de-crepuscule-en-guerre-contre-macron_3421861.html

                                    https://www.thierrypaulvalette.org/biographie

                                    http://www.marc-candelier.com/2018/11/evolution-de-la-droite-par-marie-france-garaud.html


                                    • Robert Bibeau Robert Bibeau 6 octobre 17:18

                                      @Nathalie

                                      Vous jetez le bébé avec l’eau du bain Madame.

                                      Non les Gilets jaunes n’ont pas été qu’un regroupement de petits-bourgeois RÉFORMISTES de nombreux prolétaires y ont milité mais il est vrai que la petite-bourgeoisie aigrie a fini par diriger le mouvement et liquider l’influence du prolétariat.
                                      C’est exactement ce que nous décrivons et expliquons dans notre volume qui vaut la peine d’être lu au complet je vous assure.

                                      OUI vous avez raison  ayant liquidé les Gilets jaunes ce que nous maintenons  le gouvernement peut maintenant procéder à la l’attaque contre les régimes de retraite et du programme chômage ses cibles prévues depuis le début.

                                      Merci pour votre post madame 

                                      Robert Bibeau 

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