• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Tribune Libre > Balkans : la « poudrière » de l’Europe prépare encore bien des (...)

Balkans : la « poudrière » de l’Europe prépare encore bien des surprises

"Trahie par les partenaires et écrasée". C'est ainsi que le journal italien Il Giornale a décrit les relations de l'Italie avec d'autres Etats membres de l'Otan et de l'UE dans les Balkans. Le quotidien affirme que "l'Italie, c'est les Balkans" et que les pays des Balkans ont toujours été "un appendice de l'italosphère". 

JPEG

"Les Balkans parlent toutes les langues aujourd'hui, russe, chinois, turc, allemand, arabe, perse et hébreu, sauf l'italien qui cède partout ses positions de Ljubljana à Bucarest", écrit Il Giornale. Selon le quotidien, l'Allemagne et la Turquie mènent des programmes anti-italiens secrets" dans les Balkans, et Rome est particulièrement contrarié par l'expansion de l'influence des Allemands. 

Des affirmations plutôt curieuses puisqu'il s'agit d'alliés. 

En ce qui concerne l'influence turque, d'après le quotidien, elle a grandi après la participation secrète d'Ankara après la Guerre froide aux guerres en Yougoslavie dans les années 1990 : l'Organisation nationale du renseignement turque formait des séparatistes albano-kosovars et les soutenait. "Bref, l'Italie s'est retrouvée coincée entre l'Allemagne et la Turquie : les Allemands militarisent l'espace maritime et le commerce, les Turcs financent les mosquées et irritent les militaires, ils réduisent le champ de jeu italien avec une rapidité alarmante et inéluctable." 

Les Italiens désapprouvent également le comportement de l'Albanie dans les Balkans, en estimant que Tirana renforce ses liens économiques avec l'Allemagne au détriment de Rome. Ainsi, en mai, l'Allemagne et l'Albanie ont signé un accord à hauteur de 50 millions d'euros sur le développement du transport municipal avec un faible impact pour l'environnement. 

Les Balkans étaient et demeurent une "poudrière" de l'Europe non seulement à cause des affrontements entre les nouvelles entités politiques dans l'espace post-yougoslave, mais également à cause de la rivalité entre les grandes puissances européennes. Les Etats-Unis jettent également de l'huile sur le feu en élargissant leur présence militaire en Grèce. 

L'influence de la Chine a nettement grandi dans les Balkans. Le plus grand port grec du Pirée est passé sous le contrôle de la compagnie chinoise COSCO Shipping, en devenant l'un des principaux hubs maritimes en Méditerranée. Et les appétits des Chinois augmentent. Les projets chinois suscitent un grand intérêt en Serbie et en Bosnie-Herzégovine. 

En 2017, le quotidien allemand Die Welt écrivait : "Après la chute de la Yougoslavie un vide est resté dans la structure européenne du pouvoir qui n'a toujours pas été comblé. De la même manière que l'Europe a été affaiblie par l'effondrement de l'empire des Habsbourg et Hitler a profité de la faiblesse de petits pays, l'effondrement de la Yougoslavie a créé une source permanente de conflit au cœur de l'Europe, qui n'a toujours pas été neutralisée." 

Et l'Italie cherche précisément à combler ce "vide dans la structure européenne du pouvoir". Le quotidien Giornale appelle à rétablir le leadership italien dans les Balkans. Ces appels sont suivis par des actes. Le 9 juin, le parlement italien a adopté une loi sur la mise en place d'une zone économique exclusive en Méditerranée où ont été découverts d'importants gisements d'hydrocarbures et "un jeu dangereux a commencé". 

Bruxelles est également impliqué dans le jeu actuel. "L'UE tente d'empêcher les Balkans de se tourner définitivement vers la Russie et la Chine. Bruxelles a besoin que les pays des Balkans ressentent un certain soutien bien que les portes de l'UE leur soient complètement fermées", écrit le quotidien espagnol El Mundo en commentant la rivalité dans la région. 

"L'expansion de l'Union européenne dans les Balkans est d'une importance décisive. Je trouve qu'il est utile pour l'UE d'élargir ses horizons au moment où elle fait face au Brexit", a déclaré le ministre italien des Affaires étrangères Luigi Di Maio. 

Mais comment est-il possible de s'élargir alors que les "portes de l'UE sont complètement fermées" aux nouveaux membres, que ce soit la Serbie ou l'Ukraine, et les intérêts des puissances continuent de s'affronter dans les Balkans ? La "poudrière" de l'Europe pourrait apporter encore bien des surprises.

Alexandre Lemoine

Les opinions exprimées par les analystes ne peuvent être considérées comme émanant des éditeurs du portail. Elles n'engagent que la responsabilité des auteurs

 

Source : http://www.observateurcontinental.fr/?module=articles&action=view&id=2834


Moyenne des avis sur cet article :  2.2/5   (10 votes)




Réagissez à l'article

3 réactions à cet article    


  • Lampion Séraphin Lampion 18 juin 13:38

    Tito doit se retourner dans sa tombe. Tout l’héritage du mouvement de résistance qu’il avait animé pendant la seconde guerre mondiale est perdu, à commencer par celle qu’il avait menée contre les Oustachis qui ont été réactivés en Croatie pour saper l’unité sans cohérence de l’ex Yougoslavie. Mais c’est plus facile de détruire que de construire, et c’est utile aux puissances qui ont intérêt à diviser pour imposer leur suprématie impériale.

    L’UE n’est qu’un intermédiaire servant d’appât. Mais là, comme dans toute l’Europe, le but est d’aboutir à une mozaïque de régions « autonomes » plus faciles à manipuler que des états-nations ayant une longue histoire.


    • Lampion Séraphin Lampion 18 juin 13:43

      @Séraphin Lampion

      P¨S : l’Italie, c’est la Slovénie, c’est tout, et Dubrovnik, peut-être, mais la Croatie, c’est l’empire austro-hongrois, la Macédoine, c’est la Grèce, la Serbie c’est le monde slave et la Bosnie le monde musulman.
      L’histoire est une bombe à retardement quand elle est instrumentalisée pour justifier des appartenances et des annexions. Il suffit de se souvenir des Sudètes.


    • Jeekes Jeekes 18 juin 14:49

      J’comprends pas de quoi ils se plaignent les ritals.

      (M’enfin, les ritals... Plutôt leurs journalopes aux ordres des pourriticards).

      Ils ont les mêmes dirigeants que nous, des pourritures totalement corrompues, des enflures qu’ils ont soit-disant élues.

      Dingue cette mode de chialer tout en redemandant encore et encore. 

      Du masochisme ou du foutage de gueule ?

      Et c’est sensé tromper qui, ce cinéma ?

       

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON

Auteur de l'article

Patrice Bravo

Patrice Bravo
Voir ses articles



Publicité




Palmarès



Publicité