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Accueil du site > Tribune Libre > Bénévoles riches et retraités : le nouveau monde ?

Bénévoles riches et retraités : le nouveau monde ?

Quand Christophe Castaner déclare que le nouveau monde politique serait celui des bénévoles à plein temps, riches ou retraités, on rappelle que NON : être Serviteur de l'État, ce n'est pas l'affaire des riches ou des retraités, mais l'affaire de ceux qui ont les reins assez solides pour s'oublier soi-même, ne pas chercher à "faire carrière" et pour placer le Bien de l'Ensemble avant tout intérêt partisan...

"Je suis porte-parole d’Emmanuel Macron pendant la campagne électorale de 2016, Secrétaire d’État chargé des relations avec le Parlement, ancien porte-parole du gouvernement d’Édouard Philippe et récemment appointé…
euh, élu délégué général de La République en Marche.
Je suis… Je suis…"

... fier et amoureux !

Christophe Castaner témoignait récemment dans une émission de grande écoute, de son « job » en tant que « militant actif » (fraichement désigné chef de parti LaREM) et de sa « fierté » d’homme politique dans le gouvernement d’Emmanuel Macron.
Pas d’argument ad hominem ici, donc laissons à l’homme sa fierté et ses sentiments amoureux (même si l’émotionnel des individus ne devrait pas interférer en politique, mais c’est un autre sujet…), et intéressons-nous plutôt au cœur du véritable enjeu politique : le SERVICE.

À la question qui lui est posée sur le sempiternel cumul des mandats et sur le possible conflit d’intérêt que cela représente manifestement, entre un poste de Ministre (l’homme de tous les Français) et celui de chef de parti (l’homme d’un seul clan), voici ce que répond le représentant publique :

« Peut-être que le nouveau monde, c’est d’être chef de parti, bénévole à temps plein, de ne pas travailler et d’avoir un peu d’argent… Ce n’est pas mon cas.
Vous travaillez, vous êtes rémunéré pour cela. Moi, je suis père de famille, mon épouse travaille, j’ai deux filles, j’ai besoin d’une rémunération. J’ai fait un choix : devenir député et il y a une rémunération en face. Si vous décidez que la fonction politique doit être bénévole et faite à temps plein, vous assumez soit que vous avez des personnes riches, soit des retraités… »

 

Réponse refusée !

Disons-le clairement : nous n’avons rien contre M. Castaner ! Cet article n’a pas pour vocation de lui nuire personnellement. Mais…

Quand la figure politique véhicule des idées fallacieuses, d’autant plus fausses qu’elles se voudraient progressistes, car « en marche ! » vers le soi-disant nouveau monde, il convient de repousser vivement ces affirmations avant qu’elles ne pénètrent le mental des individus et qu’elles ne finissent par s’y installer comme une idée douillette... Ce serait nuire à l’ensemble que de laisser courir dans les esprits des idées conformistes de gens bien-pensants, alors même que nous cherchons dans cette nouvelle ère l’éthique en politique et la Vérité en toute chose.

 

L’ancien monde

Comme beaucoup (trop !) de ses prédécesseurs (Sarko, Chirac, etc.), M. Castaner nous joue la grande symphonie du nouveau monde politique, à visage humain, affectif et désintéressé. En l’écoutant, on devine que la dimension politique n’est pas une « mécanique », qu’elle est avant tout « humaine » et « affective » et que pour s’y engager, il faut se « priver de [sa] vie personnelle… »

Mouais… Ça sent pas vraiment le grand sacrifice tout ça !

Car à la loupe de la réalité froide et objective (beaux sentiments et discours mis de côté), on se rend compte que M. Castaner, comme tout homme politique avant lui, cumule les mandats et botte en touche dès qu’on lui oppose le carton rouge du conflit d’intérêt.

De là, difficile d’avaler tout cru le discours du nouveau monde, même après une maigrichonne loi de moralisation qui ne s’attaque pas au fond du problème… Les lois passent, mais les mentalités demeurent.

Ce qu'on remet en cause : l’exemplarité des élus.

 

Montrer l’exemple

Et si, au lieu de formuler des vœux pieux et de réaliser des mises scène de signature de loi de moralisation, on voyait plutôt des élus se comporter… en Serviteurs de l’État  ?

Et si, au lieu de continuer à nous faire croire qu’il faut réussir dans la vie, avoir de l’ambition pour monter les échelons, on nous inspirait à réussir notre vie et à élever notre esprit ?

Et si, au lieu de laisser les politiciens faire carrière en politique, nous leur apprenions à se comporter comme d’authentiques serviteurs du Bien commun ?

ET SI la « science des affaires de la Cité » (politique) devenait le fait de chacun, de la société civile dans son ensemble et non plus d’une frange de nantis ?

En somme : et si les justes relations commençaient par des élus qui se comportent en véritables sages, au service du Bien de l’ensemble, pour montrer l’exemple et ouvrir la voie vers le « nouveau monde » ? Voilà qui serait inspirant !

Qu'est-ce qu'un serviteur ? En politique, comme dans la vie, c'est un être qui pratique l'abnégation et l'oubli de soi (sa personnalité, ses intérêts personnels) et qui consacre tous ses efforts et sa volonté à faire émerger le Bien pour l'ensemble ET PAS seulement pour quelques catégories partisanes. Il veille à l'équité, au juste et à effacer son orgueil derrière l'humilité de la tâche qui lui incombe.

Vu ainsi, ce n'est pas donné à tout le monde de se lancer en politique... Et pourtant, la plupart continuent d'y faire carrière. Cherchez l'erreur...

 

Riches retraités : nouveaux bénévoles de la politique ?

"... Si vous décidez que la fonction politique doit être bénévole et faite à temps plein, vous assumez soit que vous avez des personnes riches, soit des retraités… »

Alors non, Christophe (ça y est, on est devenu pote depuis qu’il a tout plaqué, femme et enfant pour servir les Français !), on ne peut pas te laisser nous enfumer comme ça : la fonction publique, pour être juste et saine, ne requiert pas des serviteurs blindés de thune (syndrome Trump), ni des retraités désœuvrés ou des vieux grabataires (syndrome Bouteflika) !

 

Peut-on seulement envisager rationnellement qu’il y ait un espace entre le riche et le retraité, un espace citoyen, empreint de bon sens et surtout désintéressé ? Pourquoi faudrait-il choisir entre le riche ou le vieux ? Est-ce à dire que la gestion de la vie en commun dépend forcément de l'âge ou du niveau de richesse matérielle ? N' y aurait-il qu'un désert entre ces deux extrêmes ? Qu’est-ce qui empêche d’assumer une fonction de service pour l’ensemble, sans parti pris, sans conflit d’intérêt, sinon l’ambition de réussir dans la vie (ambition matérielle) qui entrave aussitôt toute possibilité de dévouement, de don de Soi et de Liberté ?

Évidemment, cette 3e voie à laquelle prétend s’identifier LaREM, n’aurait aucun intérêt propre à exercer le pouvoir (n’y à y rester), n’entretiendrait aucun collusion avec des milieux privés, financiers ou autre (suivez mon regard vers la Rothschild, n'est-ce pas Emmanuel) et n’aurait aucune ambition personnelle à « monter en grade », car cela nuirait à la vision du Bien commun.

Cette 3e voie est celle des justes relations, la base même de la nouvelle civilisation et que les politiciens peinent imaginer, car elle annoncerait ipso facto la perte de leurs avantages et la fin de leur carrière.

Mais peut-être verrait-on mieux leur véritable « amour » pour la politique, une fois dépouillés des privilèges qui pèsent sur eux… Pauvres politiciens : ces militants bénévoles non rémunérés !

À vous, politiciens de tous bords, ayez donc de l’audace : osez le (vrai) Service !


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11 réactions à cet article    


  • Choucas Choucas 9 décembre 2017 09:37

     
    Castaner est il un grec antique ?
     
    Toute civilisation ne peut fonctionner qu’avec des esclaves et des aristocrates  disait Nietzsche. Les gogochons droitdelhommistes libidineux multiethniqués crétinisés par les écrans et les algorithmes, quand ils ne seront pas devant « 12 couples parfaits », serviront d’esclaves aux nouveaux animaux politiques libres des contingences matérielles méprisables.
    Cohérent avec la vision de Coudenhove-Kalergi inspirée des grecs.
     
    « Autrefois, tout achat fait à des artisans était une manière de « distinguer des personnes », des marques desquelles on s’entourait ; le mobilier et le vêtement devenaient de la sorte des symboles d’estime réciproque et d’affinité personnelle, tandis que nous ne semblons plus vivre à présent que parmi une société d’esclaves, anonyme et impersonnelle. » Le froid payement comptant de Nietzsche
     
     http://fr.scribd.com/doc/217011099/Georg-Lukacs-Nietzsche-Esthetique-Fasciste


    • troletbuse troletbuse 9 décembre 2017 09:59

      Maintenant que les petits gogos LREM qui ont cru au Père Noël, Jupiter, ont touché leur première paye, ils sont devenus comme les anciens politicards, opportunistes, profiteurs, ...
      Ils vont gagner leur vie à la sueur du front des autres, mangeront dans les plus grands restaurants, voyageront à l’oeil, apprendrons à mentir. faire du lobbying, du népotisme.
      Elle est pas belle,la vie d’un politicard !
      La bible de Jupiter est légèrement différente de la parole de Dieu.


      • Parlez moi d'amour Parlez moi d’amour 9 décembre 2017 23:50

        @troletbuse

        Et ils feront tout pour garder la bonne place, l’essentiel du temps d’un député étant de fidéliser un électorat potentiel par des interventions médiatiques ou coups de pouce aux râleurs de tout bord. Il est très instructif de découvrir les sollicitations des quémandeurs, certains d’obtenir satisfaction, la réélection étant toujours dans le viseur.

        Au vu de la situation actuelle, le rôle du député n’est effectivement pas probant. Je ne leur ferai confiance que quand ils feront le taf gratuitement, l’écrémage ne laissera aux manettes que les sincères, mieux vaut cent députés efficaces que 577 politicaillons.


      • Jeekes Jeekes 9 décembre 2017 10:52

        ’’être Serviteur de l’État, ce n’est pas l’affaire des riches ou des retraités, mais l’affaire de ceux qui ont les reins assez solides pour s’oublier soi-même, ne pas chercher à « faire carrière » et pour placer le Bien de l’Ensemble avant tout intérêt partisan...’’
         
        Ben, à partir de là, c’est déjà foutu !
         


        • Jeekes Jeekes 9 décembre 2017 10:58

          @Jeekes
           
          ’’Soit vous avez des personnes riches, soit des retraités...’’
           
          Et, non seulement c’est bien le cas, mais en plus c’est très souvent des riches (multi) retraités.
          Dont énormément d’entre eux n’ont jamais rien branlé de leur vie à part faire de la pourritique !
           


        • Attila Attila 9 décembre 2017 11:05

          Citation de l’auteur : "

          Cette 3e voie est celle des justes relations, la base même de la nouvelle civilisation et que les politiciens peinent imaginer, car elle annoncerait ipso facto la perte de leurs avantages et la fin de leur carrière.

          Mais peut-être verrait-on mieux leur véritable « amour » pour la politique, une fois dépouillés des privilèges qui pèsent sur eux "

          Les politicards, c’est comme les curés. Du temps où les curés étaient des notables avec de nombreux privilèges, il y avait pléthore. Aujourd’hui il ne reste plus que ceux qui ont la foi.
          Bien vu, l’auteur.


          • McGurk McGurk 10 décembre 2017 00:26

            Je suis un peu étonné par ces propos, je pensais que les chefs de parti (surtout des grands) gagnaient un salaire à faire pâlir un mort ? Je me rappelle de quelques chiffres astronomiques dans des reportages qui ne laissaient aucune place au bénévolat.

            Je suppose que même les partis de moindre importance ont suffisamment d’argent venant des militants et du gouvernement pour payer celui qui va le diriger, non ? Et puis c’est ridicule de penser qu’avec autant de responsabilités on puisse vivre pendant cinq ans d’amour et d’eau fraîche.

            Quant à leur « nouveau monde », c’est exactement le même que l’ancien à ceci près que celui de En marche n’est autre que celui de la logique d’entreprise appliquée à l’Etat et au pays. En gros, on dirige la France comme si c’était une boîte lambda dans laquelle on supprime le plus de postes pour faire travailler les salariés trois fois plus pour le même prix et le reste ce sont des stages à n’en plus finir (ici le « bénévolat »).

            Je suis effrayé par la diffusion de cette idée à l’échelle de la société et ce dans tous les domaines, il y a déjà assez de chômage et personnes en difficulté pour instaurer une fracture encore plus profonde entre les riches et les moins riches/pauvres. Si ça se trouve, on aura peut-être un jour un premier ministre par intérim (j’aime cette idée) et au printemps prochain un autre fouettant les députés en pleine assemblée avec Macron sur son petit trône smiley .

            D’ailleurs, cette phrase vient de Gattaz qui disait clairement que "le futur de l’entreprise est le bénévolat« . Comme quoi leur soi-disant  »engagement militant" c’est vraiment du pipeau. Ils ont fait le même coup sur Linkedin avec le Premier, normaliser et banaliser leurs idées scandaleuses.

            Le « normalement la politique ce devrait être comme ça » de l’auteur se heurte au fait que la politique n’a jamais eu pour vocation de résoudre les problèmes mais très généralement de les distordre et les amplifier. Actuellement, la nouvelle tendance généralisée est la ruée sur les postes de bas en haut de l’échelle politique pour faire carrière et ce indépendamment de leur étiquette politique qu’ils jettent volontiers aux toilettes (cf. En Marche). Idem pour leur programme politique qu’ils ignorent volontiers (ainsi que les électeurs) une fois en poste.

            Sa phrase (de Christophe Machintruc) me dégoûte justement aussi parce qu’elle relève d’une forme ignoble d’utilitarisme où on nous fait plus ou moins comprendre que « les vieux retraités sont inutiles parce que plus actifs » - qu’en gros la retraite c’est « tellement dépassé » parce que c’est bien plus utile de faire travailler les gens jusqu’à la mort.

            D’autre part, il abolit la frontière entre bénévolat et travail devant être rémunéré, créant une espèce de soupe où on nous suggère de « bosser gratos pour les entreprises et le gouvernement ».

            J’adorerais lui vomir dessus, au moins le contenu de mon repas serait, lui aussi, « valorisé ».


            • Attila Attila 10 décembre 2017 11:13

              Ceci dit, il ne faut pas se faire d’illusion. Même si on réussissait à instaurer un système plus équilibré, les députés représentant le parti du Fric auraient des rémunérations extra-parlementaires de la part des puissances dont ils servent les intérêts. Et les députés représentants les intérêts du peuple n’auraient rien de plus.


              • Le421 Le421 10 décembre 2017 15:44

                Limitation du nombre de mandats (tous confondus), c’est marrant, personne n’en parle.
                Alors, si il s’agit de référendum révocatoire, pensez bien que...

                Le souci premier d’un élu dès la première journée de son mandat.
                Petit quizz :
                A) Qu’est-ce que je peux faire pour améliorer la situation ?
                B) Combien de conseillers pour faire le job à ma place ?
                C) Comment je vais me faire réélire ?
                D) Qu’est-ce qu’on mange à midi ?

                Cherchez la réponse dont tout élu se fiche royalement.


                • L'enfoiré L’enfoiré 4 avril 2018 13:22

                  Puisque j’ai aimé le dernier opus... je reviens sur les anciens.
                  Le titre c’est bien de cela qu’il s’agit.
                  La retraite, est-ce un luxe.
                  J’y suis depuis plus de dix ans.
                  C’est pas gros et ne suffit que si on a des réserves construite en dehors de la légalité et donc privée..
                  Je suppose que la pension de retraite est payée comme chez nous et qu’elle se constitue de la même manière avec cette même erreur : ce n’est pas sa retraite que l’on constitue pendant sa vie active, mais la suivant qui y contribue.
                  Une erreur colossale quand l’époque ne le permet plus et que la course relais entre générations n’est plus de la partie et que les règles ont changée avec de nouvelles conjonctures.
                  De là, naissent les difficultés les difficultés.
                  Heureusement, bientôt ce seront les robots qui payeront les retraites de version en version et pas de génération en génération.
                  Nous sommes à la version 3.05.
                  Quand passerons-nous à la 4.0 ?


                  • L'enfoiré L’enfoiré 4 avril 2018 19:30

                    « Ce n’est plus le travail qui va disparaître mais sa rémunération » dit Daniel Cohen.

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