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Accueil du site > Tribune Libre > Billet de retour du pays natal, à la frontière du périurbain

Billet de retour du pays natal, à la frontière du périurbain

L'automne est la plus belle des saisons pour partager la beauté de ces paysages vallonnés du plateau ardéchois. Le jaune et l'orange se mêlent au vert sous la tendre lumière d'un soleil voilé par des cirrus qui s'étirent paresseusement. Au fond, la ville, pourvoyeuse d'emplois, pour tous ces "périurbains" motorisés qui habitent ces maisons individuelles qui ne cessent de pousser dans le plus grand des désordres, sur des terres qui autrefois nous nourrissaient.

"Ils quittent un à un le pays
Pour s'en aller gagner leur vie
Loin de la terre où ils sont nés
Depuis longtemps ils en rêvaient
De la ville et de ses secrets
Du formica et du ciné..."

"Pourtant que la montagne est belle
Comment peut-on s'imaginer
En voyant un vol d'hirondelles
Que l'automne vient d'arriver ? " Jean Ferrat

Ardoix-cartesfrance.fr

 Au cœur du village avec son clocher et ses maisons en pierre, un seul commerce est encore ouvert, pas une âme dans les rues aux trottoirs trop étroits. Les paysans se font rares, les ronces occupent les vieux chemins, les châtaigneraies et les terres difficilement exploitables avec des engins mécaniques sont à l'abandon. Seuls les sangliers se complaisent dans cette situation.

A la périphérie de tout, des nouveaux habitants gonflent les statistiques de la démographie de ces villages proches des centres urbains et des zones industrielles et commerciales, ils sont ouvriers ou employés, endettés sur vingt ans pour une maison individuelle qui n'en finit pas d'être achevée. Avec "la crise "que l'on nous impose, ils sont souvent les premiers à subir les conséquences des restructurations en tout genre et des licenciements qui s'en suivent. Déclassés, dispersés et isolés, condamnés à la débrouille individuelle, clients anonymes des hypermarchés et autres grands groupes de distribution, ils sont les grands oubliés des médias et des élites nationales. Désabusés, pour rappeler leur existence et leur condition, ils sont prêts à donner leur voix aux élections à de dangereux démagogues qui agitent la peur d'un étranger qui hanterait les campagnes pour y voler leur écran plat où les derniers emplois.

D'UNE CAMPAGNE ACTIVE A DES TERRITOIRES EN DÉSHÉRENCE

En plus d'un demi siècle d'économie libérale et d'agriculture intensive on est passé de villages animés, avec de nombreux commerces, cafés et ateliers , fréquentés par une population paysanne et ouvrière, ou les deux à la fois, à des zones à l'habitat dispersé, dont l'économie est aujourd'hui totalement dépendante de l'activité de la ville proche. Peu à peu, au fil des générations et des successions, les familles paysannes autochtones ont abandonné la ferme et l'exploitation agricole,devenue trop petite pour nourrir la famille sous les conditions imposées par le marché, livrant les parcelles les plus accessibles et viabilisables à la construction immobilière. Leurs enfants se sont répartis les terrains et ont "fait construire" ; ils sont bien souvent employés à la ville. Ils se méfient de leurs nouveaux voisins, ces " étrangers de la ville" à qui ils ont vendu un lot. Anciens citadins locataires d'une HLM, ils sont venus habiter une maison individuelle acquise au prix de sacrifices trop lourds à porter et de trajets incessants entre leur zone résidentielle et leurs lieux d'emploi et de consommation, distants d'une quinzaine de kilomètres. Chacun court dans sa solitude. Au village, il y a très peu d'activité, presque tous les commerces sont fermés, seules quelques personnes âgées vont et viennent . La Poste est encore ouverte quelques heures par jour. Plus de café, plus de temps pour une partie de cartes ou de boules dans ces" lieux intermédiaires" chers à Christopher Lasch, "ces lieux sans façon où l'on échange, où l'on s'informe et se rassure, ces lieux qui encouragent la conversation, essence de la vie civique. Lieux de rendez-vous à mi-chemin entre le lieu de travail et le cocon familial (1). De temps à autre, une initiative municipale ou une fête annuelle fait sortir de sa torpeur tout ce petit monde dispersé dans ces terres rendues infertiles.

Dans ces villages, plus de paysan, plus de commerçant ni d’artisan, même pas de messe le dimanche, bref plus d'activité. Ici, en fin de semaine, on dort, on bricole ou on tond sa pelouse et c'est presque tout. Pour tout le reste, en semaine, on prend sa voiture et on roule et comme on se fatigue et se ruine en carburant pour assurer l'essentiel, le superflu disparait et les liens se distendent, la télévision fait le reste.

Dans ce grand chambardement, le cœur de ces villes provinciales, petites capitales locales, s'est aussi arrêté de battre. Face à la concurrence démesurée des centres commerciaux installés à la périphérie, les commerces du centre-ville ferment les uns après les autres. Des rues entières se sclérosent et meurent. Anciennes cités industrielles livrées à la concurrence du grand marché international, elles sont aujourd'hui asphyxiées par la fermeture de la petite gare ferroviaire ou par le développement du TGV qui ne s'arrête plus. Elles sont aussi délaissées par les grands groupes industriels qui leur préfèrent des métropoles à envergure internationale ou la proximité d'une infrastructure aéroportuaire ou autoroutière. Les usines textiles, les tanneries et autres papeteries ont presque toutes cessé de fonctionner, seuls les bâtiments survivent, témoins de ces activités à jamais révolues.

Les zones industrielles et commerciales qui ceinturent la ville et l’asphyxient sont les seuls lieux où se concentre l'activité, où l'on travaille et où l'on consomme dans l'anonymat, dans des espaces standardisés faits de tôles, de plastique, d'enseignes lumineuses avec de vastes parkings, le tout totalement déshumanisé et dénué d'une quelconque beauté. La ville n'est plus ce " lieu d'échange et de rencontres, de mise en cause des certitudes, d’ouverture d’esprit, de brassages qui favorisent l’acceptation de la différence et la tolérance " (Jacques Lévy). La ville, comme le village ne sont plus ces espaces d'urbanité. Coincé des heures durant dans sa petite auto, entre le travail, les courses et la maison, l'individu périurbain, fatigué, s'affale ensuite dans son canapé et livre son cerveau aux écrans, oubliant ainsi la monotonie de son quotidien.

Pas de travail à la campagne, de moins en moins d'usines à la ville la plus proche, des emplois trop souvent précaires dans les zones périphériques, l'assignation à résidence pour vingt ans de crédit sur la maison individuelle, telles sont les plaies dans ces villages qui conduisent à la résignation, à la solitude et au repli sur soi, terreau fertile pour que cristallisent des convictions et des idées simplistes et dangereuses.

Réactiver ces territoires est aujourd'hui une impérieuse nécessité. Redonner la terre à ceux qui veulent la travailler, rouvrir des commerces et des ateliers ; recréer une économie de proximité est vital pour tous ces villages en état de mort cérébrale. Les ressources existent, ça et là des initiatives fleurissent (2), des fermes renaissent, mais ce mouvement est encore timide et fragile. Il manque une volonté politique pour faire de ces montagnes et vallées un endroit où il fait à nouveau bon vivre toute l'année dans une économie à réinventer. Mais pour cela, il faudra cesser de croire que le cours du progrès est déjà tracé.

REALLOUER LA TERRE A CEUX QUI LA TRAVAILLENT ET LA RESPECTENT

Les derniers évènements de Bretagne illustrent de manière spectaculaire l'impasse dans laquelle le modèle de l'agriculture industrielle,( quel oxymore !) imposé par la Communauté Européenne et mise en musique par la FNSEA a conduit l'ensemble du monde agricole. La transformation de la partie moins rentable de nos campagnes en dortoirs urbains ou, moins pire ?, en lieux à touristes à qui on va vendre en souvenir une confiture de marrons faite maison est aussi une des conséquences de cet "agrobusiness" qui, non content d'empoisonner et appauvrir les bonnes terres (3) et de nous intoxiquer dangereusement, invalide tout autre modèle économique fondé sur une agriculture paysanne familiale respectueuse de la terre et de l'environnement. Pour inverser ce cycle infernal qui ne fait que monétiser l'agriculture et la terre en détruisant les ressources, il faudra bien se mettre autour d'une table et prendre les mesures qui s'imposent pour que dans un premier temps cesse l'urbanisation des terres agricoles et l'inflation qui en découle sur le prix à l'hectare, empêchant, malgré les efforts d'associations comme terre de liens , à de jeunes agriculteurs d'avoir accès à leur outil de travail, la terre. Interdire toute viabilisation de terres agricoles en terrains constructibles et encourager la réhabilitation des maisons de village et la densification de l'habitat dans les hameaux et centres existants est une première piste. Revaloriser le travail paysan est un deuxième axe de réflexion. Aujourd'hui "sur 100 euros de dépenses alimentaires des ménages, seulement 7 euros reviennent à l'agriculteur. Sur 100 euros de dépenses totales des ménages, 15 euros sont consacrés à l'alimentation et 1 euro seulement revient au producteur !" ( l'Humanité 21/11/2012 ). Pour encourager une agriculture de qualité, il faut protéger les producteurs de la pression économique que leur imposent les centrales d'achats des groupes de distribution en leur garantissant un prix minimal et suffisant pour l'ensemble des produits agricoles.

Une troisième piste prometteuse et celle, maintes fois abordée dans des articles d'AgoraVox, de l'attribution d'une allocation universelle et inconditionnelle de solidarité ( 4 ) financée d'une part par une ré-allocation partielle des différents mécanismes actuels de redistribution, complexes, mités par mille et une exemptions, et d'autre part par une contribution sur les patrimoines nets. La baisse constante des revenus agricoles conduit à cette désertification des campagnes. Ce revenu complémentaire, attribué à tous, fruit de l'ensemble de la richesse créée, permettrait de viabiliser de nouvelles installations d' exploitations agricoles , de rouvrir des commerces et de mettre en œuvre de projets artisanaux et de services de proximité dans les villages ou au centre des villes. D'après l'INSEE, un foyer sur trois dans le monde agricole perçoit un revenu complémentaire d'activité salarié extérieur à la ferme supérieur à un demi-Smic net. Allouer un revenu complémentaire d'existence même modeste ( de l'ordre d'un demi-Smic par personne par exemple ) permettrait au foyer de se consacrer entièrement à l'activité principale à la ferme ou au village, et ainsi de la développer, pérennisant son existence. Par l'assurance de l'allocation à tous les membres de la famille de ce revenu de base, des investissements deviendraient possibles contribuant à la renaissance d'une économie locale, maîtrisée et respectueuse des contraintes environnementales locales. Par la confiance retrouvée, en reprenant en main leur destin et celui de leur communauté de proximité, les habitants des campagnes redonneraient aussi à la démocratie une vitalité nouvelle.

On a pas ici la prétention de refaire le monde, on ouvre quelques portes, on soumet quelques idées à la sagacité des lecteurs. Seule la prise en main de leur destin par tous ceux qui sont concernés permettra de faire bouger les lignes. Ne soyons pas naïfs, ceux qui ont pris l'habitude de transformer tous nos beaux paysages et nos terres en billets de banque, ne lâcheront pas l'affaire facilement. Mais succomber à la résignation nous conduira tous à notre perte et il est à craindre que les jours soient comptés.

" Quand le dernier arbre aura été abattu.....Alors on saura que l'argent ne se mange pas" Geronimo, né le 16 juin 1829 dans la tribu apache Bedonkohe près de la rivière Gila et mort le 17 février 1909 à Fort Sill

LA SCIENCE DU PARTAGE

____________________

(1) Christopher Lasch - " La révolte des élites et la trahison de la démocratie" Editions Champs Essais- Page 127-128

(2) Voir le site Terre d'envies et la main paysanne qui regroupe des paysans pour la commercialisation par eux-mêmes de leurs produits

(3) Voir l'article "Comment détruisons-nous les sols agricoles" par cedricfrancoys

(4) Voir l' article 1000 euros pour tous utopie ou une nécessité de O. Cabanel , les articles d'E. Coux de JPM et le revenu d'existence une invention de l'économie libérale


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15 réactions à cet article    


  • jpm jpm 7 novembre 2013 12:32

    Bravo... très bel article smiley

    Le développement des campagnes et des petites villes de provinces méritent vraiment qu´on y réfléchisse... et le versement d´une allocation universelle et inconditionnelle quelque soit la région permettrait de redynamiser ces espaces perdus… et libérer un peu la pression urbaine. Il permettrait aussi le retour d´une agriculture de proximité via les AMAP… et le maintien des petites exploitations.


    • Karol Karol 7 novembre 2013 16:27

      Merci. L’allocation universelle prend tout son sens dans une agriculture maîtrisée et familiales. Elle permettrait à beaucoup de paysans de trouver un équilibre économique en mettant à disposition des consommateurs des produits de qualité à des prix accessibles.


    • alinea Alinea 7 novembre 2013 13:41

      J’ai été bien plus méchante que vous sur ce sujet, dans un texte déjà ancien !
      Les nouveaux venus de la ville, avec leur train-train, imposent la ville dans les villages, ce qu’ils appellent des « commodités » ; il me faudrait en faire la liste ; en tout cas, ils s’installent à la Mairie et uniformisent.
      Quant à l’installation des jeunes, il faudrait revoir les conditions ; depuis trente ans la MSA et le Crédit Agricole ont trois fois décimé le nombre d’agriculteurs ( plus même, je n’ai plus les chiffres sous la main) en imposant des conditions drastiques, à peine atténuées par le Dotation aux Jeunes Agriculteurs, et quelques prêts à taux intéressants ! À condition d’acheter du matériel neuf !! ( allemand, américain, japonais, le matériel). C’est donc bien en amont qu’il faut changer la donne.
      Et encore, ne nous plaignons pas, dans le sud de la France, il y a toujours des passants éphémères qui tentent l’aventure d’une agriculture marginale, puis baissent les bras devant les barrages infranchissables qu’on dresse devant eux !
      Les maires de la plupart de ces villages devenus dortoirs, en sont encore à penser que plus il y a de monde, mieux c’est ! et pour ne pas rendre jaloux Dupont, on lui change la catégorie de son pré ; il n’y a pas de raison que Durand ait gagné le jackpot !
      Tant à dire, et à médire
      Merci Karol pour ce sujet qui m’est cher, et pardon pour ma colère !!


      • Karol Karol 7 novembre 2013 16:43

        Pas de problème pour la colère. Il faudra bien l’exprimer pour mettre hors d’état de nuire tous ces « décideurs » qui nous ont mis dans une telle muise.
        Dans mon petit village natal, le maire est aussi l’entrepreneur de travaux public et de construction de maison individuelle et sa femme tient l’agence immobilière locale. En 20 ans de règne , on a construit à tout va sur de la bonne terre. La population a doublé,la voierie, la mairie, la Poste, les parkings ont été refaits. Il y a même un journal lumineux dans la rue principale pour les chats et chiens du quartier mais personne pour lire l’info car presque tous les commerces sont fermés, ... Mais au regard des chiffres : PIB, population son bilan sera jugé excellent. Ainsi va la vie..
        P.S. J’ai appris aussi qu’il y aurait une liste F.N. aux prochaines élections.....


      • Karol Karol 7 novembre 2013 17:54

        Je viens de lire votre article SOS agriculture. Tout y est . J’ai un train de retard, mais peut-être qu’en répétant sans cesse on finira par se faire entendre......


      • alinea Alinea 7 novembre 2013 18:47

        Si ce problème me semble si important, c’est qu’il contient tous les problèmes !
        Politique agricole, foncier mais surtout, mentalité !! et le fait que tout se soit fait comme ça prouve la vénalité de beaucoup de paysans, le manque d’attachement à leurs terres ; sans compter le « tous propriétaires » et le semi exil des moins fortunés chez qui, des études l’ont montré, on trouve plein plein de FN !! Peu de volonté de changement, de l’intérieur ; je ne sais pas chez vous, mais ici, ( Piémont Cévenol) les nantis se payent les belles baraques, couleur politique rose pâle ou EELV au mieux. Des nantis, des vrais, se partagent les grandes propriétés ; personnellement je bloque sur l’incompréhension. Même phénomène partout remarquez : l’argent n’a pas d’odeur ; ici ce sont les anglais, belges hollandais allemands, ailleurs, ce sont les qataris, chinois,etc.
        Et pendant ce temps là, le peuple hurle aux clandestins ! Ça me rend dingue !!


      • Muse 7 novembre 2013 22:32

        Excellent article, surtout dans la partie qui décrit les évolutions urbaines.


        • Jean-Michel Lemonnier Jean-Michel Lemonnier 7 novembre 2013 23:59

          Bon article faisant un état des lieux malheureusement trop vrai..

          Vous citez le géographe J. Levy qui fait le même constat que vous effectivement, sauf que, sauf que...

          Quelles conclusions tire-t-il de cela et quelles solutions propose-t-il ? Il affirme d’abord que les « communes sont des fossiles », « communes et départements sont des instruments du passé » ,en somme il faudrait liquider l’héritage révolutionnaire et pré-révolutionnaire qui a façonné notre territoire.
           Donc la solution selon lui et pour bon nombre de ces géographes c’est l’intercommunalité, la création de métropoles autrement dit renforcer les centres. En bref, liquider l’héritage pluriséculaire de l’organisation du territoire français. En prime, il propose le découpage administratif de la France en 10 régions (comprendre 10 euro-régions...« Bruxelles est mon maître »).
          De la fuite en avant, typiquement dans l’air du temps, rien à proposer pour freiner ce processus de mitage urbain, d’urbanisation des terres agricoles, rien à propos du « vivre et travailler au pays ». Évidemment tout cela n’entre pas le cadre idéologique de ces « trotsko-mondialistes »...

          Lamentable idéologie qui consiste, finalement, à enterrer la géographie de la France et tout ce que cela implique. Du passé faisons table rase au nom de la mondialisation, de la soumission aux techno-gestionnaires bruxellois, du projet mondialiste euro-étasunien, de la concurrence entre les territoires (ou des métropoles), qui au passage ne fera qu’affaiblir le pouvoir central (le but recherché évidemment par ces commissaires du peuple européistes ...) et entraînera la mort certaine du « village » (quel vilain mot...)


          • Karol Karol 8 novembre 2013 09:24

            Merci pour vos remarques sur J. Levy. Je partage vos réserves et J’aurais dû prendre plus de lignes dans l’article pour nuancer son propos.
            L’article suivant est très intéressant sur ce débat au sujet du périurbain :
            http://www.laviedesidees.fr/Le-periurbain-France-du-repli.html


          • wawa wawa 8 novembre 2013 10:26

            Quand le carburant deviendra inabordable, la transition inverse se fera spontanément (mais pas sans douleur)


            • Karol Karol 8 novembre 2013 10:32

              Très juste. Le faible coût des énergies fossiles et en particulier du pétrole est à l’origine de tous ces allers retours et de la containarisation de l’économie à l’échelle mondiale et de tout ce qui en découle.


              • alinea Alinea 8 novembre 2013 12:02

                Le mal est fait : le béton, le goudron, la laideur !
                Dommage que votre article n’ait pas eu plus d’audience, mais il est vrai que l’immense majorité des gens sont des urbains !!


              • Karol Karol 8 novembre 2013 13:07

                On reviendra sur le sujet plus tard. Moi-même après avoir quitter l’Ardèche très tôt, la problématique de l’agriculture n’était plus ma préoccupation majeure. Ce n’est que récemment que j’ai pris conscience de l’ampleur du désastre qui est aux portes de nos cités.


                • Marc Bruxman 5 décembre 2013 14:23

                  Bonjour,

                  Votre analyse est juste sur le fait que les changements de société et notamment la métropolisation et la périurbanisation entrainent des souffrance et un vote de défiance chez ceux qui la subissent. Les travaux de Christophe Guilluy (qui a été beaucoup repris par les états majors de campagne de droite même si lui même n’est pas politisé de ce coté la) et Laurent Davezies sont très clairs à ce sujet et donnent avec des chiffres ce que vous dites avec des mots.

                  Malheureusement je ne penses pas que la vie de « village » puisse renaitre et faire croire cela risque plus de prolonger les souffrances qu’autres chose. Une partie des agriculteurs ont trouvé des solutions grace aux AMAP c’est bien mais je crains que cela ne concerne pas tout le monde. Et cela nécéssite d’être proche d’une métropole ou se situent les consommateurs potentiels. Par ailleurs, il ne faut pas oublier qu’une partie de la population française a gagné à ce jeu de la mondialisation. Les habitants des grandes métropoles ont eux bénéficié économiquement de la mondialisation et pas qu’un peu. Aujourd’hui le gros du PIB de la France est concentré dans envion 25 aires urbaines (cf Guilluy). 80% des cadres et donc des hauts revenus vivent dans ces mêmes aires urbaines. C’est une tendence internationale, tous les pays d’europe et du monde sont confrontés au même problème. Mais dans des pays denses comme l’Allemagne de l’ouest ou les pays-bas les phénomènes de désertification sont beaucoup moins graves.

                  Je vous rejoins sur le fait qu’il faudrait bloquer les permis de construire dans certains endroits pour éviter que des promoteurs encouragent une sorte d’exode urbain à crédit. On fait miroiter à des gens qui vivent en HLM une maison individuelle et ils se retrouvent piégés dans un endroit presque sans service en se tuant la santé en bagnole. La solution serait qu’ils continuent à loger dans la ville moyenne ou ils bossent. D’une part ca permettra d’augmenter les services de cette ville et d’autre part ils ne perdront plus leurs temps en voiture (cela sera plus écologique). Il sera également bien plus simple de leur payer un réseau de transport en commun efficace et de leur donner accès aux services publics.

                  Le problème est qu’après l’échec de la stratégie des « grands ensembles » des années 60-70, on a abordé une stratégie inverse encore pire. Or, autant il est possible d’intervenir dans des grands ensemble (voir la politique de la ville), autant il est quasi impossible d’intervenir dans du périurbain diffus. (Tout simplement parce qu’en lachant quelques centaines de millions sur une ZUP vous avez un réel impact alors qu’en lachant 100 millions sur de vastes territoires vous n’en avez aucun).

                  Ces gens qui ont quitté la cité pour arriver dans le périurbain avec l’espoir d’une vie meilleure voient après coup la politique de la ville donner des résultats dans leur ancien quartier. Ils sont furieux et ont l’impression que l’état aide les cassos. Pour vivre à Paris, je peux vous dire que beaucoup de cités de proche banlieue se sont beaucoup améliorées. Elles ne sont pas parfaites mais si vous passez à Vitry sur Seine en 2013 vous verrez une ville bien différente de ce qu’elle était en 1995. La normalisation est en cours. Pourquoi ? parce qu’en raison de la densité de population il était possible d’aider. Comme la ville s’améliore, elle devient attirante pour une autre population et elle se gentrifie donc petit à petit.

                  Ce qui manque est à mon sens :
                   - Effectivement un blocage des permis. Cela permettra d’ailleurs de stopper la chute de l’immo dans ces zones qui est une catastrophe pour beaucoup de familles qui ont achetées la bas et sont maintenant bloquées. (Une moins value quand vous être cadre ca fait chier mais ce n’est pas grave, mais quand vous avez déja du mal à payer vos traites vous êtes prisonnier).
                   - Une aide à la mobilité pour les gens souhaitant revenir en ville.
                   - Une politique de construction d’immeubles collectif et de bureaux et de transports en communs en périphérie des métropoles et villes moyennes, de préférence en densifiant le bati existant.

                  Nous retrouverons alors un phénomène de désertification rurale mais au moins nous améliorerons la vie de tous ceux qui seront partis.


                  • Karol Karol 5 décembre 2013 17:53

                    Bonjour,

                    Je vous remercie pour votre contribution particulièrement riche et je suis heureux d’avoir fait votre connaissance. Je vais lire vos articles.

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