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Accueil du site > Tribune Libre > Bobby Holcomb le troubadour du Pacifique

Bobby Holcomb le troubadour du Pacifique

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Vous ne le connaissez probablement pas... Pourtant, il a joué avec Frank Zappa et travaillé avec Salvador Dali.

Bobby Holcomb, musicien, chanteur, danseur, poète, peintre et sculpteur, meurt à 44 ans après avoir traversé le firmament du Fenua tel un météore. À croire que la Polynésie attire et retient les artistes maudits.

Il est né en 1947 à Honolulu d'un père afro-amérindien et d'une mère hispano-maorie. Dans son enfance, il parle le hawaïen, une langue austronésienne aux racines communes avec le reo ma'ohi. Ce sera sa première clé d'entrée au Fenua. Jamais on ne l'y prendra pour un étranger.

Installé à San Francisco, capitale des hippies dans les sixties, il part en Europe en 1969 pour échapper à la guerre du Viet Nam. Désormais il s'appelle Stanley Clark. Il réside quelque temps en Grèce, puis fait la route des Indes comme tous les jeunes insoumis de l'époque. En ce temps là, l'Iran raffolait de la culture occidentale et l'Afghanistan était une contrée accueillante. À Kabul il n'était pas rare de croiser de jeunes Afghanes minijupées.

 

Fin de l'anonymat

En 1974, il retourne aux States où Frank Zappa repère son talent de compositeur et d'arrangeur. Il travaille quelque temps avec lui puis, craignant le FBI, repart en Europe où il joue avec le groupe Alice (rock made in France) et se lie avec Salvador Dali qui remarque son don de graphiste et l'encourage à persévérer dans cette voie. Ce n'est pas donné au premier venu d'intéresser Dali !

Il pourrait faire partie de la cour du maître de Cadaqués, et donc du Tout-Paris, mais il préfère encore la glorieuse incertitude des rencontres de hasard. En 1976 il embarque sur un paquebot à Gènes, direction la Polynésie.

Papeete est déjà trop occidentalisé à son goût, il recherche l'authenticité, découvre Huahiné et s'y installe dans un faré au Nord de l'île. Cette terre n'a pas encore été contaminée par le progrès et, ce qui ne gâte rien, le pakalolo pousse le long des chemins. Le nomade a trouvé son point d'ancrage. Il y restera jusqu'à son dernier jour. On l'appelle « te utu painu » la noix de coco portée par la mer qui a pris racine sur le rivage.

Bobby est homo mais les Ma'ohis ont toujours été bienveillants avec les gays pourvu qu'ils fassent de bons aïto (guerriers). Ils se différencient des mahus, ces garçons efféminés élevés dès leur plus jeune âge comme des filles, s'habillant en filles, dansant et chantant comme des filles. La science moderne avec ses injections d'hormones en fait aujourd'hui des trans et il faut reconnaître qu'aux folles soirées du Te Marara à Huahiné, certaines de ces créatures sont bluffantes. Plus d'un touriste s'y est laissé prendre. On désigne désormais ces hybrides « vahine tane » femme mec, et tous les ans il y a une élection de miss pour elles à Tahiti.

 

Découverte d'une culture multimillénaire

Ébloui par une île qui a su éviter les excès de la civilisation et cultive les souvenirs de son passé rebelle, la renaissance du peuple ma'ohi sera désormais le fil directeur de toutes les créations artistiques de Bobby.

Une rencontre décide de son destin. Bobby le rae rae voue une indéfectible amitié à Dorothy Levy, une Américaine tombée amoureuse de l'île qui consacre son temps et son argent à la préservation du patrimoine culturel des insulaires. Depuis l'époque où l'anthropologue japonais Yosihiko Sinoto se démenait pour sauver des vestiges délaissés par les fonctionnaires français du Ministère de l'Inculture. « Foutez-moi ces bouts de bois pourris à la décharge ! » dira un de ces bureaucrates inspirés à propos des restes d'une pirogue de migration vieille de 2000 ans exhumée avec ses artéfacts dans les fondations d'un hôtel en construction.

Le grand faré potéé (salle de réunion et de décisions) du village de Maeva, les maraés adjacents (plateformes mégalithiques des temples anciens) et la pyramide à degrés dans la montagne qui surplombe le lagon et ses pièges à poissons, deviennent son domaine. Dorothy gère l'ensemble archéologique en osmose avec les chefs traditionnels dont l'existence et l'influence sont ignorées par les autorités. Meilleur moyen de contourner l' empilement de réglements et de paperasses qu'affectionnent les Popaa. Les Ma'ohi n'ont pas le cerveau formaté par le code justinien et ses avatars. Ils partagent, se dévouent ou rejettent en fonction de la personne, de son mana, de la coutume et du bon sens. Dorothy et Bobby plaisent d'emblée aux caciques de ces hiérarchies parallèles.

Un jour, un moine tibétain débarque à Huahiné. Il souhaite s'y installer quelque temps pour méditer. Et demande comment prolonger son permis de séjour. Dorothy lui explique, comme avant à Bobby, qu'il n'a pas à s'inquiéter. À Huahiné, on ne s'embête pas avec ces paperasses. L'important est obtenir l'approbation du conseil des sages.

 

Révolution culturelle

Lorsque Bobby débarque, la jeunesse ma'ohi est en train de se réveiller après une longue période de léthargie, d'oubli et de honte de son passé, entretenue par les administrateurs et les ecclésiastiques que cela arrangeait.

Un frémissement éphémère était venu quand Alain Gerbault avait fait connaître l'épopée des plus grands navigateurs du monde, capables de se positionner avec précision sur l'océan quand les Anglais étaient infoutus de calculer leur longitude. Cook qui avait embarqué Tupaia, tahua de Raiatea, dira amer : « Ce sauvage connaît mieux que nous notre position au milieu de l'océan ». Ensuite, dans les années 70, Tabarly redécouvre, après Éric de Bisschop, l'ingénieux système hydro-aérodynamique des multicoques, ces navires de haute mer d'apparence fragiles mais assez solides pour traverser l'océan et capables de performances exceptionnelles.

À terre, le premier à secouer le cocotier est le cinéaste-écrivain-acteur Henri Hiro né à Moorea mais adopté par Huaniné. Dans ses films comme dans ses pièces de théâtre, il invite chacun à œuvrer en faveur du renouveau océanien. Il professe que la voie royale du retour aux sources passe par la redécouverte des arts traditionnels, du mode de vie d'antan et des relations interpersonnelles comme avant.

Le théâtre, la danse, le chant, le tatouage, la peinture et la sculpture, la médecine traditionnelle, le polythéisme oublié, les va'a (pirogues à balancier) sont autant de stimulants pour façonner l'esprit et changer le regard qu'on porte sur le monde et sur ses semblables. Bobby Holcomb s'insère tout naturellement dans ce mouvement de rébellion douce.

Les Popaa qui aiment vraiment la Polynésie sont invités à gratter les décors de carte postale à la recherche d'une authenticité qu'on ne demande qu'à partager avec eux. Mais il n'y a pas de recette pour ça. Chacun(e) doit agir selon son feeling et suivre un chemin personnel. En méditant cette phrase ironique de Henri Hiro : « Si tu étais venu chez nous, nous t'aurions accueilli à bras ouverts. Mais tu es venu ici chez toi, et on ne sait pas comment t'accueillir chez toi. »

Bobby qui a refusé d'être naturalisé français après avoir brûlé ses papiers américains, se rêve citoyen du « te moana nui a hiva » libre et indépendant. Le continent océanique du peuple ma'ohi, ou triangle polynésien, dont les trois angles sont la Nouvelle Zélande, Hawaï et Rapa Nui (l'île de Paques) que les vicissitudes de la colonisation ont divisé en plusieurs nations. Mais dont subsistent une culture et une langue communes. Malgré les variantes linguistiques locales, le reo ma'ohi sert de trait d'union.

Des idées aussi subversives dans les années 1980 vaudront à Bobby des menaces et des voies de fait quand il vient jouer ou enregistrer à Papeete. Ses préférences sexuelles indiffèrent. Mais son discours politique dérange... En 1989 un arrêté d'expulsion est signé par le tomitera teitei (haut commissaire) Jean de Montpezat, un modèle standard d'énarque qui prolifère dans les allées du pouvoir à Paris.

Cette décision inique ne sera jamais exécutée car d'une part le conseil des ministres du Territoire s'y oppose, et d'autre part les auditeurs de RFO (Radio France Outremer) et les lecteurs de « La dépêche de Tahiti » le grand journal local élisent Bobby « homme de l'année » avec un score à donner des aigreurs d'estomac à Gaston Flosse.

Et puis Bobby Holcomb dont la santé se dégrade est retourné à Huahiné où il ne manquerait pas d'amis pour l'aider à prendre le maquis. Mais il n'irait pas loin. Un cancer le ronge malgré les efforts du professeur Léon Schwartzenberg pour le sauver.

 

La renaissance des Arioi

Bobby Holcomb a contribué à la renaissance des Arioi, ces artistes débauchés de l'ancien temps, comédiens, danseurs et chanteurs dont la présence était requise pour toute cérémonie culturelle. Ils se recrutaient par cooptation après une longue période d'initiation aux mystères sacrés car leur art n'était pas que profane.

Ils excellaient dans l'improvisation poétique ou musicale et la création de scénettes impromptues aux dialogues caustiques appréciés par l'assistance. Connaissant sur le bout des doigts les mythologies insulaires, leur ironie corrosive s'appliquait à chatouiller l'orgueil des puissants se disant descendants des dieux. Et puis tout se terminait en bacchanales dont les heivas d'aujourd'hui ne sont qu'une pâle copie.

Comme ils ne visaient pas directement le pouvoir, les arikis et les tahuas (rois et sorciers) entretenaient des rapports d'estime, de confiance et d'entraide avec eux. Parfois un roi renonçait à son pouvoir pour intégrer la communauté des arioi. Aux îles du vent comme aux îles sous le vent, leur prestige était immense... Seuls les missionnaires étaient outrés par les mœurs de ces partouzards débridés allergiques à l'évangélisation jusqu'à ce que le sabre et le goupillon s'allient pour les mettre au pas.

Ces « sauvages » mâchouillaient du kava kava, un poivrier dont le rhizome possède des vertus myorelaxantes et euphorisantes. Un peu psychédéliques aussi à forte dose. Lorsqu'on a obligé les arioi à remplacer le kava par le rhum, on a fait de ces païens créatifs des chrétiens alcooliques. Ceux qui amusent les touristes dans les soirées tahitiennes des hôtels sont de vils contrefacteurs. Tantôt bouffons pathétiques. Tantôt gigolos à couguars.

 

De l'art, pas de lézard

Les peintures de Bobby Holcomb sont un adroit mélange de faux art naïf, de figuratif épuré tendant parfois au graffiti, et de surréalisme aux exubérances contrôlées. Avec, diront des critiques malveillants, des réminiscences inconscientes des « japoniaiseries » qui pullulent à Hawaï.

Il semble privilégier les dégradés de couleurs avec une prédilection pour les ocre lumineux. On dit que sa cote a explosé après sa mort mais c'est difficile à évaluer car la plupart de ses œuvres appartiennent à des collections privées. On peut voir à Faré au musée d'ethnologie et d'art inclus dans l'hôtel Lapita (mais d'accès gratuit) des copies et des croquis de quelques unes de ses compositions picturales.

Sa musique est une synthèse réussie des himénés polynésiens avec du reggae parfois mâtiné d'influence pop rock électro. Ses CD se vendent comme des petits pains en Nouvelle Zélande, à Hawaï, et bien sûr au Fenua. Par contre, les polynesian vibes restent confidentielles en France. Il est assez troublant de constater que les « variétés » de métropole friandes d'exotisme et capables de se pâmer devant un concert de tamtams du Bakongo, ne veulent connaître de la Polynésie que tamuré et aparima.

 

Après Bobby, Moana

Il meurt le 15 février 1991. Sa tombe se trouve au Mou'a Tapu, la montagne sacrée de Huahiné, c'est dire le respect dans lequel le tenaient et le tiennent toujours les Polynésiens. Cette même année 1991, l'écrivaine de Huahiné Chantal Spitz déconstruit les mythes coloniaux dans « L'île des rêves écrasés ». L'oppression heureuse n'existe pas. Préserver sa culture est la forme ultime de la résistance.

À la même époque, Moana Maniapoto (58 ans en 2019) reggae woman ajoutant une touche de pop-folk et de musique ethnique à ses compositions, se revendique comme Bobby du Peuple de l'Océan. Au départ, elle chantait dans les boîtes d'Auckland pour financer ses études de Droit. Douée de multiples talents, elle est devenue anthropologue de terrain, réalisatrice de documentaires et star du triangle polynésien.

Elle a joué ensuite un rôle important dans les négociations avec les autorités NZ pour que soient reconnus une partie des droits ancestraux des Maoris sur leurs terres. Décorée de l'ordre du mérite Néo Zélandais, elle a aussi reçu du conseil maori Te Aotearoa le « Te Tohu Mahi Hou'a Te Waka », la plus haute distinction attribuée à ceux qui ont contribué à la renaissance de la culture des primo occupants.

Son activisme ne plait pas à tout le monde. Elle répond aux politiciens et aux journalistes : « Love me or hate me, I don't care ! »

 

Bobby Peinture et musique :

 

Moana warrior woman and maori prophet


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44 réactions à cet article    


  • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 4 novembre 14:04

    Ia orana ...y’aurait beaucoup a dire sur tes raccourcis ...mais bon un papier sur Bobby c’est bon a prendre.


    • CLOJAC CLOJAC 4 novembre 17:12

      @Aita Pea Pea
      En 2017 je suis revenu à Huahiné où j’ai passé plus d’un an. 
      Dorothy est toujours là et les gens qui ont connu Bobby, en gros les 40 ans et plus, en parlent comme s’il était toujours vivant. 
      Une cérémonie païenne au pae pae ofata sur le mou’a tapu fut consacrée à son mana.
      Je ne pouvais pas rendre hommage à Bobby sans témoigner du ressenti des habitants de l’île, les deux sont liés.


    • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 4 novembre 18:50

      Il y aurait tant de choses à dire sur les peintres en Polynésie. L’ autre jour sur Avox je faisais remarquer que Matisse a ,sur sa production dernière ,été très influencé par les tifaifai (patchwork) polynésiens. Suffit de voir ses vitraux.


      • CLOJAC CLOJAC 4 novembre 19:53

        @Aita Pea Pea
        Matisse est resté 3 mois au Fenua, et a attendu 15 ans pour s’en souvenir.
        Ici on le perçoit comme un touriste qui a rapporté tous les clichés de l’époque. 
        Citation de 1930 : « C’est un pays à la fois superbe et plein d’ennui. Cette terre ignore les soucis, alors que nous avons les nôtres depuis l’âge le plus tendre. »
        Génie en peinture, mais pas très perspicace autrement.
        Il trouve les indigènes « bien gentils » comme s’il parlait de petits chiens.
        Plus tard, avant d’incorporer les influences polynésiennes dans ses œuvres, il avoue en décembre 1946 «  Je suis revenu des îles les mains absolument vides[...] Il est curieux, n’est-ce pas, que tous ces enchantements du ciel et de la mer ne m’aient guère incité. »


      • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 4 novembre 20:10

        @CLOJAC

        Mon cul ...lol


      • CLOJAC CLOJAC 4 novembre 20:59

        @Aita Pea Pea
        Il y a 2 façons d’aborder l’art au Fenua :
        Encenser des valeurs cotées dont personne ne conteste le talent, même s’ils n’ont fait que passer... Juste le temps de piquer quelques bonnes idées.
        Et s’intéresser à des gens comme Mélanie Dupré, Américaine comme son nom ne l’indique pas, installée depuis 20 ans au village de Maeva à Huahiné (quelle coïncidence !) On l’ aime parce que « elle a la Polynésie dans le cœur » on est sensible à son mana, et peu importe la valeur de ses toiles sur le marché de l’art spéculatif. Même si on lui souhaite de faire du moni avec.


      • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 4 novembre 21:02

        @CLOJAC

        J’avais une tendresse pour Ravello .


      • CLOJAC CLOJAC 4 novembre 21:17

        @Aita Pea Pea
        Tu fais bien de parler des Ravello, gros talent depuis l’ancêtre et ils font partie de la culture locale maintenant. Je ne serais pas surpris que Raimiti se lance en politique.


      • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 4 novembre 21:33

        @CLOJAC

        En métropole j’ai décroché de la politique locale polynésienne...même et surtout sur place c’est compliqué...lol.et tu le sais. bref elle a un joli prénom .


      • CLOJAC CLOJAC 4 novembre 21:37

        @Aita Pea Pea
        T’as vraiment décroché pai, Raimiti c’est un mec !


      • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 4 novembre 21:45

        @CLOJAC

        Peut être...mais au niveau fenua j’ai tellement été déçu ...sniff .


      • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 4 novembre 22:24

        @Aita Pea Pea

        Depuis le décès de Boris Leontieff ...sais pas si tu connaissais.


      • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 4 novembre 22:44

        @Aita Pea Pea

        Je veux dire vraiment...pas que sa disparition.


      • CLOJAC CLOJAC 4 novembre 22:48

        @Aita Pea Pea
        Non pas personnellement, je sais seulement qu’il avait pris JPK avec lui à la mairie d’Arué. Et toi tu le connaissais ? 


      • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 4 novembre 23:00

        @CLOJAC

        Seulement un gars honnête contrairement à son frère. Il faisait campagne avec Lucien Kimitete , maire de Nuku Hiva (Marquises) , grand ami de mon père.


      • CLOJAC CLOJAC 4 novembre 23:30

        @Aita Pea Pea
        Deux types honnêtes avec des convictions, et quoi que tu en dises, je me poserai toujours des questions sur cet accident d’avion qui a arrangé beaucoup de monde.
        Léontieff était le seul à pouvoir virer Flosse, et je ne crois pas qu’il aurait approuvé la privatisation de Tetiaroa rattaché administrativement à la commune d’Arué.
        Et là, on parle de milliards... 


      • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 4 novembre 23:39

        @CLOJAC

        Je ne sais pas pour Tetiaroa ...ni pour le crash ...cela dit sur que ça arrangeait Flosse et sa clique . Boris allait les foutre a la retraite et au tribunal. Putain ! J’ai eu les boules ...


      • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 5 novembre 00:03

        @CLOJAC

        Boris était un gars droit et très intelligent. Nous étions pas mal a l’ attendre . Flosse savait qu’il serait cramé face à lui , et même pas mal d’indépendantistes d’Oscar auraient voté pour lui . Merde.


      • CLOJAC CLOJAC 5 novembre 00:22

        @Aita Pea Pea
        Pour Tetiaroa, je connais personnellement quelques uns des protagonistes, mais le principal d’entre eux a été obligé d’effacer tout ce qu’il avait publié et de s’engager à ne plus jamais évoquer le sujet sous peine de lourdes astreintes.
        Si j’en parlais, on remonterait vite à la source et il pourrait avoir des ennuis.

        Autre chose : après des années de procédure, Flosse a été condamné à rembourser des milliards. Mais on le dit insolvable. Si c’est vrai, je le plains. De quoi va-t-il vivre ? Il n’y a même pas le RSA en Polynésie. smiley


      • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 5 novembre 00:42

        @CLOJAC

        Bon ...sinon sur Huahine ...merveille d’îles...une de mes frangines a eu une maison à Fare . Cent mètres et splash ...du bonheur.


      • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 4 novembre 23:30

        Tiens un autre vieil ami de mon père et de Lucien : Pierre Ottino . Archéologue aux Marquises. Il a un site net .


        • CLOJAC CLOJAC 5 novembre 00:34

          @Aita Pea Pea

          J’ai parcouru culture-patrimoine.pf, c’est du travail académique sérieux.

          Mais je n’y ai pas trouvé l’étude approfondie des légendes pour un peuple à la culture orale, ni l’archéologie expérimentale utile pour valider les théories.

          Peut-être cela viendra-t-il lors de la prochaine campagne ?


        • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 5 novembre 01:05

          @CLOJAC

          C’est le seul détaché pour la Polynésie. Il fait un boulot de dingue depuis quarante ans . Le renouveau culturel marquisien c’est en grande partie à lui ...c’est sur son blog ne peut dire tout , d’ autant qu’ il est humble. Sinon il a fait un référencement archéologique énorme. Va a Ua Pou et fait le tour de l’ile a pinces ( je l’ai fait minot) .Tu vas tomber de tout ce qui reste des anciens marquisiens . Impressionnant et c’est peu de le dire.


        • CLOJAC CLOJAC 5 novembre 02:51

          @Aita Pea Pea
          Je pensais qu’ils étaient plusieurs et étalaient les fouilles sur plusieurs saisons, en fonction des crédits et des personnels qu’on leur donnait.
          Évidemment, seul, c’est un travail d’Hercule.
          Sinon il y a aussi à faire à Nuku Hiva où l’on trouve dans la jungle des pétroglyphes et des ahu semblables à ceux des Tonga et de Rapa Nui, qui accréditent le voyage légendaire de Hotu Matua. 


        • Surya Surya 5 novembre 14:14

          Toc toc toc... Je peux entrer ? smiley

          ’scusez moi de vous déranger tous les deux, je voudrais juste dire que j’ai beaucoup aimé cet article, ainsi que le personnage de Bobby Holcomb que je ne connaissais pas du tout. J’aime bien ce qu’il peint, et j’aime bien sa musique.

          Voilà, continuez.  smiley

          (Si toutefois vous êtes toujours là parce que comme d’habitude j’arrive avec un jour de retard)


          • CLOJAC CLOJAC 5 novembre 18:57

            @Surya
            Merci pour cette appréciation, moi aussi je réagis avec retard car quand il était 14h en France, c’était 3 heures du matin chez moi.
            Apparemment peu d’agoravoxiens se sont intéressés au sujet, la majorité doit préfèrer le fritage à la culture,chacun ses goûts, d’où le duo.


          • Surya Surya 6 novembre 10:53

            @CLOJAC

            Et quand il était 14 h en France, il était 13 h chez moi. Décidément, personne n’arrive à être à l’heure, ici...  smiley


          • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 6 novembre 21:22

            @Surya

            Toc toc bienvenue...Bobby était un artiste complet . Je me souviens de l’avoir croisé sur Papeete...Pareo ,sac en feuilles de pandanus tressées sur l’épaule , pieds nus ...un bonhomme mais pas plus que d’autres en Polynésie. Simple .


          • CLOJAC CLOJAC 6 novembre 21:31

            @Surya
            En Polynésie beaucoup de gens comptent en 12 heures, du matin, du soir ou de la nuit. Nos AM et PM.


          • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 6 novembre 21:35

            @CLOJAC

            Ia orana ...et que Surya aille découvrir aussi Ravello ...et autres .


          • CLOJAC CLOJAC 6 novembre 21:49

            @Aita Pea Pea
            Tu serais surpris si tu revenais à Papeete de voir tous ces jeunes gens qui copient la mode euro-américaine : sweat shirts manches longues et capuches, et boots montantes quand il fait 30° C à l’ombre, parler saccadé façon rap (la moitié au moins ne connaissent pas le tahitien) et smartphonisation compulsive.
            Un de mes vieux amis, phare de la préservation du patrimoine, est navré de voir comment a évolué son plus jeune petit-fils. Même si la famille c’est sacré ici, il n’en pense pas moins...


          • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 6 novembre 22:00

            @CLOJAC

            Ça date pas d’aujourd’hui...le modèle tahitien c’est l’amerloque ...faire comme Hawaï...mais bon dans les archipels ça pense autrement, genre réappropriation de sa culture. Les Marquises sont un bon exemple... Je touche du bois . Kahoa !


          • CLOJAC CLOJAC 6 novembre 22:24

            @Aita Pea Pea
            Kaoha nui, Te Henua Enata, Huahiné, Tahaa, les atolls et les australes préservent leur culture. Mais j’ai pu constater récemment à Uturoa que Raïatea, l’ancien Hawaïki berceau de la culture ma’ohie, évolue comme Papeete.
            Au port où ils attendaient le pahi pour Bora, des jeunes gens parlaient entre eux en français et quand un vieux s’adressait à eux dans la langue des ancêtres, ils n’avaient pas l’air de bien comprendre.

            Cela m’a rappelé le SW de la France au début des sixties, les vieux parlaient surtout patois entre eux, les 20 à 40 ans, comprenaient le patois mais préféraient s’exprimer en français, les moins de 20 ans ignoraient le patois sauf les insultes destinées aux flics et aux profs pour éviter des représailles.
            Comme ici quand on traite un Frani de « titoi te ure » smiley


          • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 6 novembre 22:39

            @CLOJAC

            Ils comprennent...pas t’en faire...sur que la préservation de la langue va être dure . Perso comme un con je ne parle pas le re’o mahoi . Je le comprend en partie ...sniff .


          • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 6 novembre 22:50

            @CLOJAC

            Sinon pour des gamins qui me traitaient de titoi farani ...ou autres je leur disait « Monsieur titoi farani , s’il vous plait ! » . Ça les faisait marrer... .


          • CLOJAC CLOJAC 6 novembre 23:02

            @Aita Pea Pea
            Je connais pas mal de mots et d’expressions mais j’évite de parler parce qu’il me manque la bonne prononciation avec tous ces homophones et ça fait sourire.
            Cependant un jour que je m’énervais après des autochtones suite à une embrouille, un ariki nui m’a dit : « Ne dis pas du mal de ton peuple ! »
            Je lui avais montré tous les documents que ma grand-mère conservait pieusement dans un carton à chaussures et récité ce qu’elle m’avait enseigné, histoire de ne pas passer pour un remake de la grande duchesse Anastasia.
            Simplement la maoritude a sauté une génération. J’adorais mon père mais hélas, j’ai su ce qu’acculturation signifiait avant de connaître ce mot.


          • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 6 novembre 23:20

            @CLOJAC

            Moi gland en re’o mahoi , mais amoureux de la culture polynésienne j’ai eu l’approbation d’un des pires indépendantistes que tu puisse connaitre...voir raciste. C’est devenu un pote . D’ ailleurs je lui ai fait découvrir le blog d’Ottino...


          • CLOJAC CLOJAC 6 novembre 23:45

            @Aita Pea Pea
            Paul Ottino ça me disait vaguement quelques chose mais je viens de voir qu’il était mort en 2001. Si quelqu’un continue son blog, je n’ai pas trouvé l’url.


          • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 6 novembre 23:54

            @CLOJAC

            Pierre Ottino est toujours vivant !


          • CLOJAC CLOJAC 7 novembre 00:08

            @Aita Pea Pea
            D’accord, Paul l’ethnologue est mort, et Pierre l’archéologue est son fils mais en même temps il est le fa’a’mu du préhistorien José Garanger mort lui aussi et dont il a associé le nom au sien. Merci Gogol car j’ignorais tout de cette double filiation.

            J’avais sans doute entendu parler un peu de Paul parce qu’il a appartenu à l’école structuraliste et, à la suite de Malinowski et de Levi Strauss s’était attaché à étudier les liens de parenté dans les sociétés archaïques contemporaines.


          • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 7 novembre 00:20

            As tu vu sur son site le tiki pas tout à fait extrait de la carrière ? Juste ça qui m’intéresse et qui l’intéresse.


          • CLOJAC CLOJAC 7 novembre 01:32

            @Aita Pea Pea
            J’ai vu une photo de tiki redressé mais les explications manquent.
            Rien qui évoque les moaï inachevés de Rapa Nui.
            Si tu as un lien, ça m’intéresse aussi.


          • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 7 novembre 01:50

            @CLOJAC

            Faudrait que je fouille. Simplement une extraction non finie d’un tiki . Il me semble que c’était sur le blog de notre ami des marquises.


          • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 7 novembre 01:58

            @Aita Pea Pea

            Ma mémoire ....mais j’ai pas rêvé...ça m’a troué le cul cette façon qui rappelle Rapa Nui .

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