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Accueil du site > Tribune Libre > Brassens, Chanson pour l’Auvergnat : un magnifique hymne à la (...)

Brassens, Chanson pour l’Auvergnat : un magnifique hymne à la générosité...

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"Cent ans. C’est l’âge qu’aurait eu George Brassens ce 22 octobre 2021. Une pluie d’hommages et de célébrations ont lieu à cette occasion. Ils célèbrent un auteur-compositeur exigeant et perfectionniste. Poète, chanteur, Georges Brassens est l’auteur de nombreux textes qui font la fierté de la chanson française comme Le Gorille, Les copains d’abord ou la Chanson pour l’Auvergnat."

 

Une des chansons les plus connues de Brassens, c'est bien sûr La chanson pour l'Auvergnat, une chanson qui célèbre l'humanisme, la générosité de gens simples et modestes.

"Elle est à toi cette chanson
Toi l’Auvergnat qui sans façon
M’as donné quatre bouts de bois
Quand dans ma vie il faisait froid..."

 

Le tutoiement adressé à l'Auvergnat restitue, dès le premier vers, une familiarité, une complicité, une tendresse évidentes. Et tout naturellement, Brassens, le poète musicien, lui dédie une chanson.

La générosité consiste à donner l'essentiel de ce qui manque à autrui : "quatre bouts de bois", un cadeau de peu de prix mais essentiel quand on a froid. 

 

Le pronom "toi" réitéré, à valeur d'insistance, insiste bien sur la singularité du comportement de l'Auvergnat, en opposition avec le pluriel "Les croquantes et les croquants Tous les gens bien intentionnés".

On peut noter l'ironie de cette expression et le contraste avec la violence du verbe qui suit : "M’avaient fermé la porte au nez"

Ainsi, Brassens dénonce et fustige aussi l'égoïsme, l'indifférence généralisée à la souffrance de l'autre.

 

Et le poète qui reçoit ce cadeau, du bois pour se chauffer, éprouve une reconnaissance éternelle, ce qui est merveilleusement suggéré dans les vers suivants :

"Ce n’était rien qu’un feu de bois
Mais il m’avait chauffé le corps
Et dans mon âme il brûle encore
A la manièr’ d’un feu de joie"

"Le feu de bois" devenu "feu de joie" restitue bien la gratitude du poète.

Cette gratitude se prolonge même avec la prière qui suit :

"Toi l’Auvergnat quand tu mourras
Quand le croqu’mort t’emportera
Qu’il te conduise à travers ciel
Au père éternel"

 

Le texte écrit sous la forme d'une fable répétitive célèbre encore une hôtesse, un étranger qui savent faire preuve de bonté :

"Elle est à toi cette chanson
Toi l’hôtesse qui sans façon
M’as donné quatre bouts de pain
Quand dans ma vie il faisait faim
Toi qui m’ouvris ta huche quand
Les croquantes et les croquants
Tous les gens bien intentionnés
S’amusaient à me voir jeûner"

"Elle est à toi cette chanson
Toi l’étranger qui sans façon
D’un air malheureux m’as souri
Lorsque les gendarmes m’ont pris
Toi qui n’as pas applaudi quand
Les croquantes et les croquants
Tous les gens bien intentionnés
Riaient de me voir emmener
Ce n’était rien qu’un peu de miel

Mais il m’avait chauffé le corps
Et dans mon âme il brûle encore
A la manièr’ d’un grand soleil"

 

Du "pain", un simple "sourire" suffisent à redonner du bonheur et du courage...

 

Merveilleuse chanson pétrie d'humanisme, de bienveillance ! à l'image de son auteur, l'ami Georges... Une belle leçon de simplicité et d'humanité !

Pour mémoire :

" Chanson pour l’Auvergnat est l'un des hymnes de Georges Brassens composé dans les premières années de son succès : une histoire de générosité qui raconte un peu du passé de Brassens. Qui est cet Auvergnat, le héros de l'histoire ? Durant l’hiver de 1954, un grand froid s’abat sur la France, l’Abbé Pierre appelle à la solidarité dans le pays. Georges Brassens est touché par la situation. Après avoir fui les Allemands et le travail obligatoire, il avait été recueilli en 1944 dans une impasse du 14ème arrondissement de Paris par un couple d’Auvergnats de Seine-et-Marne : Marcel et Jeanne ont accueilli Georges quand il était sans domicile.

Dans la chanson, c’est donc à ceux qui l’ont recueilli qu’il fait référence quand il évoque l’Auvergnat qui lui a "donné quatre bouts de bois quand, dans ma vie, il faisait froid" et l’hôtesse qui lui a donné "quatre bouts de pain quand dans ma vie, il faisait faim". Il décide de composer cette chanson comme une valse, une écriture musicale qu’il adoptera à nouveau dans le reste de sa carrière. La valse de l’Auvergnat a également été reprise en plusieurs langues comme l’hébreu ou l’espagnol, elle a quasiment fait le tour du monde, transportant sa petite histoire secrète, emblème de Brassens et symbole de son humanisme."

 

Le blog :

http://rosemar.over-blog.com/2021/10/brassens-la-chanson-pour-l-auvergnat-un-magnifique-hymne-a-la-generosite.html

 

 

D'autres chansons inoubliables de Brassens :

 

http://rosemar.over-blog.com/2021/01/les-sabots-d-helene-etaient-tout-crottes.html

 

http://rosemar.over-blog.com/2020/09/un-vingt-deux-septembre-au-diable-vous-partites.html

 

http://rosemar.over-blog.com/article-a-l-encontre-du-vieil-homere-123645631.html

 

http://rosemar.over-blog.com/article-georges-brassens-ou-l-amour-de-la-vie-113387869.html

 

http://rosemar.over-blog.com/2017/02/a-la-chasse-aux-papillons-avec-brassens.html

 

http://rosemar.over-blog.com/2021/03/honneur-aux-femmes-jeanne-la-jeanne-brassens.html

 

http://rosemar.over-blog.com/2016/04/dans-cette-histoire-de-faussaire.html

 

http://rosemar.over-blog.com/article-il-porte-un-joli-nom-saturne-123508345.html

 

http://rosemar.over-blog.com/2016/06/c-est-la-rancon-de-penelope.html

 

http://rosemar.over-blog.com/2016/04/un-p-tit-coin-d-parapluie.html

 

http://rosemar.over-blog.com/2016/07/regardez-les-danser-dans-les-feux-de-l-aurore.html

 

http://rosemar.over-blog.com/article-gastibelza-ou-l-amour-fou-112548759.html

 

http://rosemar.over-blog.com/2017/02/dans-l-eau-de-la-claire-fontaine-elle-se-baignait-toute-nue.html

 

http://rosemar.over-blog.com/article-l-amour-a-bien-des-mysteres-112962529.html

 

http://rosemar.over-blog.com/article-ballade-au-moyen-age-111817395.html

 

 

Vidéo :

 


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29 réactions à cet article    


  • troletbuse troletbuse 22 octobre 16:37

    L’Auvergnat, c’est Marcel Planche qui lui a tout donné même prêté sa femme Jeanne.

    Vous connaissez mal l’histoire Rosemar ou bien, vous n’osez pas le dire. Coincée ?

     smiley.


    • Schrek Docteur Faustroll 22 octobre 17:12

      @troletbuse

      eh oui, les nousilles de Brassens ne cuisaient pas jus de canne


    • Schrek Docteur Faustroll 22 octobre 17:13

      @Docteur Faustroll

      eh oui, les nousilles de Brassens ne cuisaient pas au jus de canne


    • Schrek Docteur Faustroll 22 octobre 17:21

      @Docteur Faustroll

      eh oui, les nouilles de Brassens ne cuisaient pas jus de canne


    • troletbuse troletbuse 22 octobre 17:35

      @Docteur Faustroll
      Celui là il a du le manger contrairement à la cane morte au gui l’an neuf  smiley


    • Gégène Gégène 22 octobre 17:03

      allez, une version peu connue https://youtu.be/_BdXCng3KJc


      • Gégène Gégène 22 octobre 17:06

        @Gégène
         et pour ceux qui découvrent, écoutez ! https://youtu.be/DH7xEPnQ79I


      • rosemar rosemar 22 octobre 17:54

        @Gégène

        Quel massacre !


      • Green gladiator reptile 22 octobre 18:01

        @rosemar

        non pas du tout , c’ est un homage avec d’ autre code musicaux .
        la musique oriental est souvent tres syncopée ...

        m’ enfin , c’ est sur que je prefere l’ original ...question de culture et de gout .


      • rosemar rosemar 22 octobre 21:33

        @reptile

        pas de comparaison !


      • ZenZoe ZenZoe 22 octobre 17:22

        Vous devriez aller lire les autres articles sur Brassens sur ce site, celui de Pale Rider est excellent.


        • Schrek Docteur Faustroll 22 octobre 17:34

          @ZenZoe

          Mais ça n’est pas un article sur Brassens ! C’est un article sur l’Auvergne et les vertus de ses habitants ! Rosemar ne fait pas dans la bio, mais dans la morale et l’instruction civique. Alors, elle prend des exemples, et aujourd’hui, comme c’est dans l’air, elle a pensé à cette chanson là qui se trouve être de Brassens qui n’était pas un ingrat envers certains Auvergnats, enfin, un en particulier.


        • rosemar rosemar 22 octobre 17:54

          @Docteur Faustroll

          Il est vrai que la générosité n’est plus à la mode : c’est ringard, n’est-ce pas ?


        • Green gladiator reptile 22 octobre 18:15

          @rosemar

          Pour etre « genereux » , il faut vivre de son travail , avoir un peut de superflux a partager , pas etre soi meme dans les ultra pauvre .

          Tu va voir si demain les prof sont payer 15heure par semaine en horaire coupé ,9 mois par ans , comme les interimaire du spectacle , au tarif supermarché et qu’ il passe a 400€ mensuel les bon mois , il serons bien moins nombreux a pouvoir etre genereux ...


        • rosemar rosemar 22 octobre 18:33

          @ZenZoe
          Et bien sûr, Brassens n’est pas l’auteur de cette chanson !


        • rosemar rosemar 22 octobre 18:35

          @rosemar

          Ce message s’adresse à Docteur Faustroll...


        • Green gladiator reptile 22 octobre 18:47

          @ZenZoe

          Je vais pas aller lire un article sur lequel je suis bannis ...
          https://www.agoravox.fr/commentaire6175979


        • Fergus Fergus 22 octobre 19:44

          Bonsoir, rosemar

          Je me joins à rosemar pour vous conseiller vivement d’aller lire le superbe article de Pale Rider.
          L’auteur y décrit avec une très grande pertinence ce qu’ont été Brassens et son rapport à ses semblables.
          Se priver de cette lecture en cette journée particulière serait dommage !


        • Fergus Fergus 22 octobre 19:45

          Erratum :

          Je me joins à Zenzoé pour vous conseiller...


        • rosemar rosemar 22 octobre 21:35

          @reptile

          Jeanne et Marcel avaient-ils vraiment du superflu ?


        • Green gladiator reptile 22 octobre 21:50

          @rosemar

          suffisamment pour nourrir leur animaux ...

          En 1939, Georges Brassens quitte son Sète natal pour Paris où il emménage auprès de sa tante Antoinette au 173 rue d’Alésia. En 1943, sous l’Occupation allemande, il est réquisitionné pour le Service du Travail Obligatoire (le STO). Il est envoyé au camp de Basdorf à côté de Berlin où il rencontre Pierre Ontiénete, un bibliothécaire avec qui il partage la passion des livres et qui deviendra l’un de ses plus chers amis ainsi que son secrétaire. Au bout d’un an en mars 1944, Brassens obtient une permission de quinze jours à Paris. Il décide alors de ne pas retourner à Basdorf. Considéré comme déserteur, il est caché par Marcel Planche et Jeanne Le Bionnec des amis de sa tante. Devenu clandestin, hébergé dans leur modeste bicoque du 9 impasse Florimont, il partage avec eux les deux pièces et la courette où Jeanne entretient une basse-cour hétéroclite : un corbeau, une buse, des poules, un perroquet qui se moque des chiens et pince les fesses des visiteurs, une cane célébrée plus tard dans une chanson de Brassens et une multitude de chats.

          https://www.parisladouce.com/2016/08/paris-impasse-florimont-souvenirs-de.html


        • rosemar rosemar 22 octobre 22:36

          @reptile

          Certes, mais ce n’est pas du luxe...


        • rosemar rosemar 22 octobre 22:50

          @reptile

          « Pas d’électricité, pas de gaz, pas de tout à l’égout, pas d’eau courante, les conditions sont sommaires mais l’accueil généreux. Brassens occupe un simple lit-cage dans la salle à manger à côté d’une armoire qu’il surnommera le tambour parce qu’il y rythmera ses premières compositions. Voici ce qu’il en dit »C’était une espèce de taudis. Mais j’y étais bien et j’ai gardé depuis, un sens de l’inconfort tout à fait exceptionnel".


        • ZenZoe ZenZoe 23 octobre 13:33

          @Docteur Faustroll et @rosemar
          Mon commentaire est juste un conseil de lecture et ne concerne aucunement l’article du jour de rosemar.


        • uleskiserge uleskiserge 23 octobre 14:04
           « Mourir pour des idées, d’accord ! mais de mort lente. »
           
           
           Brassens aimé ! Brassens adulé  ! Brassens célébré ! Brassens, en veux-tu en voilà  ! France Culture, France Inter, RTL, Arte, France 2... Brassens est partout. Tout le show business a chanté et chante un Brassens irréprochable, un Brassens tellement caustique et drôle à la fois, un Brassens impertinent aussi... tenez : un Brassens anarchiste.
           
           
           « Mourir pour des idées, d’accord ! mais de mort lente. »
           
           
          Alors ? Rebelle Brassens ? Anticonformiste Brassens ? Sans doute a-t-il pensé qu’il suffisait d’être antimilitariste et anticlérical (la belle affaire !) pour se dire « anarchiste » et tenir debout en tant qu’homme ; Brassens ainsi que son public et les médias qui n’ont pas cessé de nous « vendre » un Brassens courageux, téméraire et anticonformiste. D’autres, en revanche, savent quel prix il faut payer pour le rester «  Homme » dans la paix comme dans la guerre, face à ceux qui veulent faire de vous un esclave.
           
          Le texte de la chanson présenté plus haut devrait nous éclairer : dans cette chanson, Brassens prend le parti d’assimiler tout engagement à caractère politique, toute philosophie morale, à du fanatisme : les engagés sont des enragés ; les considérations morales et éthiques... de la moraline de la pire espèce ; tour de passe-passe bien commode quand on a pour « petite philosophie de vie » une seule préoccupation majeure : garder ses distances, se tenir éloigné de tout échauffement cérébral à caractère politique et/ou intellectuel.

          • rosemar rosemar 23 octobre 15:26

            @uleskiserge

            Tiens ! Brassens a au moins un ennemi...


          • ZenZoe ZenZoe 23 octobre 16:21

            @rosemar
            Brassens était juste lui-même, et ne prétendait à rien d’autre. Cette honnêteté personnelle peut créer des inimitiés chez ceux qui veulent être quelqu’un qu’ils ne sont pas.


          • Aristide Aristide 24 octobre 10:09

            @ZenZoe

            Il évitait assez justement les prises de parole publique en dehors de son métier. Et je trouve cela assez sain dans une époque où il était de bon ton de proclamer ses engagements. Sur ce plan cela n’a pas changé, aucun artiste ne manque pour exprimer sa grande générosité, sa lucidité politique ou mieux se poser en exemple ...

            Aucune trace de cela, au contraire même ... 


          • nemesis 25 octobre 09:52

            De là où je me trouve, il me semble que l’époque : Leclerc, Vigneault, Brassens, Brel... est bien révolue. Nous avons basculé vers l’âge des excès (rave parties, drogues diverses, harcèlement, terrorisme...) où les anciens (même en bonne santé) sont remisés au placard.

            De tous temps, certains jeunes pouvaient penser que le monde n’existait pas avant eux et que dorénavant « on allait voir ce qu’on allait voir... » , même si le XX° à connu 2 guerres et qqs Génocides, il me semble qu’il y avait un référentiel avec des valeurs... aujourd’hui absent !

            Pendant ce temps, certains étudient « Le Blob » et ses applcations, d’autres lancent des téléscopes

            https://actu-aero.fr/2021/09/10/ariane-5-lancera-le-telescope-spatial-james-webb-le-18-decembre/

            pour sonder les limites de l’Univers vers les galaxies voisines.

            S’ils ne se grouillent pas pour trouver des portes de sortie, il est fort probable que l’espèce humaine aura disparu avant le XXII°...

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