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Brexit à Buckingam

Fiction historique 

La Reine est excédée par l’idée d’avoir à montrer son passeport pour aller faire ses courses chez Cartier à Paris ; et avec Elle toute la famille, son mari, sa sœur, son fils ses brus, les petits enfants avec leurs femmes etc., qui profitent de la libre circulation des personnes au sein de l’UE pour aller faire leurs achats à Milan, Rome, Berlin, Paris et passer leurs vacances sur les rives de la méditerranée, à St Trop, Ibiza, Capri, et autres lieux festifs. Et avec eux tous les amis, et les amis des amis, on n’est pas royal pour rien ! Le Brexit c’est vraiment le caillou de trop dans le soulier de sa Gracieuse Majesté. Quel est l’imbécile qui a déclenché cette affaire tragi-comique qui vient trois décennies après la construction du tunnel sous la manche (the Tube Thatcher-Mitterrand, dit-elle en privé) qui lui permet de rejoindre la capitale française sans avoir à descendre de sa Rolls ? Le Brexit ne serait-il pas d’abord et avant toute chose un crime de lèse-majesté ! La pression sur The Queen augmente de jour en jour, plus vite que celle des Gilets Jaunes sur le Président de la France ; elle doit à sa famille un vrai geste politique pour remettre les choses dans le bon ordre : que les Anglais veuillent suivre Boris dans sa politique ubuesque, c’est possible, mais n’est-Elle pas aussi la Reine des Ecossais qui ne le suivent pas ? La majorité des Britanniques pourrait d’ailleurs partager son analyse royale pour peu qu’on se donne la peine de cesser de raconter des conneries et mettre un peu de raison raisonnante dans les tabloïds et les télévisions, pense-t-Elle en se lavant les dents le matin devant son miroir. Ils pourraient alors enfiler un gilet jaune acheté à Calais pour protester contre ce truc impossible à boucler plutôt que de se payer un deuxième referendum coûteux et ennuyeux : toujours l’exemple de la France, aujourd’hui comme hier !

Que faire ?, comme disait Vladimir dans ses rares moment de lucidité. Sa Gracieuse Majesté pour boucler un règne plus long que celui de Victoria – et ce n’est pas le fiston Charles qui ferait mieux qu’elle ! – a eu une illumination dans un rêve sur ses draps de soie. Le Thé du matin bu, Elle a convoqué son chargé des relations publiques et privées pour lui demander d’inviter pour un brunch à Windsor, son logis préféré, les deux Chambres pour leur faire part d’une déclaration importante, celle-ci ne pouvant constitutionnellement être faite ni aux Communes ni au Palais de Westminster.

Tout le monde comprend qu’elle entend poser le dossard pour le passer à Charles qui va enfin pouvoir se la couler douce. La Reine laisse les médias chauffer son monde pendant plusieurs semaines pour que toutes les hypothèses soient sur la table et lui permettre de trouver la meilleure fenêtre de tir. Elle se limite à se promener autour de ses châteaux pour recevoir l’hommage de son peuple, des « Vive la Reine » d’autant plus forts que ses sujets subodorent qu’ils auront bientôt un joli défilé et de l’argent à piquer à des millions de touristes assez cons pour venir voir ça. Business first, la Reine connait la chanson ! Les gardes enturbannés effacent à potron-minet des graffitis du genre « fuck the windsor » et autres gracieusetés anti-royalistes.

Ils sont tous là dans la grande Salle du Trône, en grande tenue, les Lords vieillissant faisant des plaisanteries d’un autre âge quand ils faisaient sauter la petite Elizabeth sur leurs genoux. Un aboyeur vient leur annoncer que le brunch ne peut être servi car le traiteur a déposé le bilan ce matin même, Brexit oblige ! « Merdre disent ceux qui n’ont pas déjeuners, on a la dalle… on est venu pour ça ! ».

Et enfin Elle arrive !, en tenue de ville, toute de bleu vêtue, chaussures, sac et chapeau itou, avec des étoiles partout : c’est très européen. Et sans prendre la peine de monter sur le trône, elle leur lance ces mots :

« Je n’ai pas le droit constitutionnel de vous faire part d’opinion politique, mais j’ai celui de démissionner et de vous parler ensuite comme citoyenne : alors donc pour faire court : point 1, je démissionne… (tremblements et stupeurs dans la salle)… Et, point 2, je vous demande de renoncer au Bexit… sinon je nomme Charles as the King (stupeurs et tremblements dans la salle)… Si vous levez la main droite pour me dire que vous renoncez au Brexit on trouvera ensemble un nom acceptable.

–– On peut dire qu’elle aime son fils ! dit à voix basse un vieux Lord

–– Ta gueule… J’ai une chance ! Je lève la main. »

Et devant toutes les mains levées sa Gracieuse Majesté se retire en ayant fait coup double. Devant cette habileté politique certains ont senti que Mrs Thatcher s’était retournée dans sa tombe…

Evidemment ce n’est qu’une fiction historique ; mais la politique est-elle autre chose qu’une fiction sur le théâtre de nos jours et de nos nuits !


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2 réactions à cet article    


  • samy Levrai samy Levrai 16 février 18:38

    La reine d’Angleterre est pour le Brexit, elle l’était avant le vote https://www.upr.fr/actualite/europe/la-reine-elisabeth/

    Le RU n’est pas dans Schengen

    Le RU sortira de l’UE le 29 mars ( les places de deputés des anglais ont déjà été re distribuées)

    c’est l’UE qui a tout a perdre et qui va perdre tout.


    • HCO3 16 février 19:20

      Elizabeth II, la reine actuelle d’Angleterre, n’a pas besoin d’un passeport britannique lorsqu’elle voyage à l’étranger, vu que les passeports britanniques sont délivrés au nom de sa Majesté, il est donc inutile pour la reine d’en posséder .

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