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Brigades Awliya Al Dam et les plans des Gardiens de la Révolution

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On entend de temps en temps parler d’un nouveau groupe, faction ou organisme se créant en Irak ou dans d’autres pays. Tout ce qu’il faut, c’est une déclaration sur les médias sociaux qui proclame la responsabilité d’un attentat commis par un certain groupe.

Il est toutefois difficile de miser sur l’efficacité des efforts visant à limiter l’instrumentalisation de ces groupes à des fins politiques précises, telles que les sanctions ou l’inscription sur des listes de terroristes.

On a affaire avant tout à des groupes fantômes qui savent se cacher et se camoufler, ce qui rend assez inefficace toute tentative des États de s’attaquer par des moyens politiques à ces groupes qui se copient les uns les autres.

Le problème ne concerne pas seulement l’Irak, mais aussi tous les pays qui souffrent du fléau des organismes et bandes terroristes radicaux qui se forment, se multiplient, disparaissent et apparaissent en un clin d’œil. C’est ce qui s’est passé lors de la récente attaque contre une base militaire irakienne à Erbil.

L’attaque a été revendiquée par un groupe qui se fait appeler les Brigades Awliya Al Dam. Cette attaque a suscité la réaction de l’administration Biden qui, pour la première fois depuis son entrée en fonction, a bombardé des camps de miliciens à la frontière irako-syrienne.

La production et la reproduction des milices relèvent d’ailleurs de la compétence des mollahs iraniens, qui sont aussi doués que les célèbres tapisiers persans. Le CGRI a en fait tissé un vaste réseau de milices en Irak et en Syrie au cours des dernières années.

Certains rapports médiatiques estiment même le nombre de ces milices à une douzaine, puisque les noms et les identités de ces milices sont absurdes ou superficiels, les insignes et les noms pouvant être modifiés en un tour de main par un message du commandement des GRI.

Au vu de leurs investissements en milices dans les pays de la région, le paysage régional laisse penser que les mollahs iraniens ne feront pas facilement de compromis, surtout à la table des négociations.

Les dirigeants des Gardiens de la Révolution, au moins, devront refuser la dissolution de ces milices, qui sont devenues un commerce lucratif et une source importante de pillage des richesses des peuples de la région. Il est donc nécessaire pour l’administration Biden d’aller au-delà de ses calculs très prudents en abordant ces milices.

Celles-ci ne sont plus une menace seulement pour l’Irak, mais aussi pour la présence militaire américaine en Irak et ailleurs.

Plus sérieusement, les milices ont franchi de nombreuses lignes rouges, comme le reconnaît le commandement militaire américain, comme dans cette attaque qui aurait tué des dizaines de soldats américains si des renseignements préalables n’avaient pas été fournis par une tierce partie, a expliqué le Gén. Frank McKenzie, commandant du Commandement central américain, dans une interview de CBS.

L’administration du président Biden veut certainement prendre le serpent par la tête à travers des négociations, croyant ainsi s’assurer que la menace de ce grand réseau de milices est éliminée. C’est possible en théorie.

Mais les mollahs iraniens sont bien conscients que les milices sont l’une de leurs sources de pouvoir et d’influence les plus significatives. Il est donc difficile de s’attendre à ce qu’elles puissent être abandonnées et démantelées une fois pour toutes sans que les mollahs n’obtiennent ce qu’ils veulent, à savoir consolider leur influence régionale et obtenir la reconnaissance internationale de celle-ci, ou s’en tirer avec un programme nucléaire capable de construire une bombe rapidement et sûrement si les mollahs règlent leur problème une fois pour toutes.

La question est de savoir si le gouvernement de Biden préfère se concentrer sur la tête ou les organes du serpent ? Il est difficile de comprendre cette situation complexe sans en saisir tous les détails.

Frapper les organismes de milice affecte la décision de négociation des mollahs. Parvenir à un accord avec la tête du serpent, en revanche, peut suffire à réduire le règne de ces organismes. Mais cette possibilité reste à la merci des mollahs et de leur satisfaction vis-à-vis du chantage qu’ils font subir aux grandes puissances.

Par conséquent, le risque de milices persiste à moins qu’il ne soit éradiqué de ses racines. En réalité, tout accord qui peut conduire à l’entrée de telles organisations dans une phase d’hibernation peut, à un moment donné, entraîner un risque plus important et plus grave si les mollahs décident, pour une raison ou une autre, de remettre leurs armes sur le devant de la scène.

Les milices peuvent alors être plus armées et organisées qu’elles ne le sont en vertu de leur recours discret à la formation et à la préparation d’un retour. En fin de compte, transformer les milices iraniennes en Irak en une menace réelle pour les forces américaines ne rend pas service à la stratégie du Président Biden qui consiste à se concentrer sur la diplomatie pour traiter les problèmes.

La diplomatie américaine a toujours réussi lorsque la réponse militaire américaine à tout abus ou violation connue des adversaires et des ennemis était évidente. Mais lorsque des bandes de rebelles réussissent à semer la zizanie et à pousser les États-Unis dans une position de réaction, et non pas d’intervention, parler d’une diplomatie efficace devient tout à fait douteux.

 


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