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C’est l’urgence globale... faisons localement et lentement

Quand on aime les bêtes et les plantes, quand on aime la forêt et la rivière… quand on aime les prairies pleines de fleurs et de papillons… quand on aime regarder les enfants grimper aux arbres…

Quand on sait un peu d’écologie et que ces cinquante dernières années nous avons, malgré nos combats… vu tout s’en aller… Tous les ans un peu moins de poésie, un peu plus de gâchis…

Alors de façon irrépressible une idée nous vient à l’esprit : Nous sommes dans l’urgence d’une action globale…

L’action globale, c’est l’échelle de la planète, l’urgence parce que c’est maintenant qu’il faut agir, il y a des situations qui ne sont plus tenables.

Précisément ce que Greta a compris !

Ce sentiment nous tuerait

Mais après tant d’espérance consommée, il faut bien se rendre à l’évidence… à l’échelle de la planète… dans le temps court… nous, simples citoyens, nous ne pouvons rien…ou si peu.

Ce sentiment d’impuissance, c’est par millions, que maintenant, nous sommes à le vivre… il nous désespère… Ce sentiment nous tuerait si nous nous laissions faire.

Le local, le long terme

Alors que reste- t-il ?

… une évidence… il reste l’échelon local et le temps long.

Pendant 6 ans, elles et ils ont fait le boulot à Saillans, elles et ils ont fait le boulot à Langouët, elles et ils ont fait le boulot et le font toujours le boulot à Mouans-Sartoux, à Trémargat… le font à Poitiers on dirait bien… et dans des dizaines de villes et villages… ce n’est pas foutu.

Cela maintenant nous apparait clairement… c’est facile à ceux qui sont loin de mentir… de faire croire qu’ils s’en occupent, que oui cette fois ci, ils ont compris… ils ont fait le coup à Stockholm en 72, à Rio en 92, à Paris en 2015… et rien toujours rien… Mais on a appris une chose avec tout ce temps…ils nous mentent. On ne peut rien faire de bon avec des menteurs.

Du concret

En revanche 100% des cantines bio sont nées de volontés locales – de simples citoyens comme toi, comme moi qui se parlent qui se disent : faut y aller. Et ça a marché et un cercle vertueux s’est enclenché… des enfants qui mangent mieux, des enfants moins malades, des territoires moins bourrés de pesticides, un air meilleur à respirer, moins d’animaux massacrés… Pareil pour l’éclairage nocturne qu’on limite, pareil pour le compost collectif qu’on offre aux sans jardin, pareil pour le jardin partagé pour les sans terre, l’AMAP, la piste cyclable … des initiatives locales qui changent la vie. Et le plus important parce que le plus porteur d’avenir surement l’assemblée locale, le lieu où l’on se parle. Le lieu où tous les habitants sont invités à se rencontrer et à se parler, pour reprendre leur avenir en main.

L’assurance qu’on ne sera pas trahi

Et bientôt c’est la question du faire ensemble qui surgit, la question de l’être ensemble, ce besoin inhérent au vivant que nous avons d’une façon ou d’une autre, ce besoin de nous informer… notre besoin de nous nourrir bien… c'est-à-dire de nous nourrir de vrai… comme on a besoin d’air pur… comme on a besoin des rayons du soleil sans nuage… Or ce vrai, c’est là chez soi au plus près que nous pouvons le plus facilement le vérifier, le faire revenir quand il s’est éloigné, le vivre dans une belle assurance... l’essentielle assurance celle qu’on ne sera pas trahit.

Ironie de l’histoire

C’est dans les groupes composés de voisines et voisins, de personnes habitant pas loin qu’on peut retrouver notre puissance. C’est, bien inscrit dans sa communauté que l’Homme trouve sa pleine potentialité. Pour cela il faut pouvoir s’inscrire dans le territoire. Il faut être accueilli dans des groupes, dans des espaces où la parole libre, sans crainte d’exclusion est possible.

Nous voilà à devoir vivre une double punition… s’occuper du local, quand c’est le global qui nous fait le plus peur, aller lentement quand c’est dans l’urgence absolue que nous avons le sentiment de nous trouver. C’est l’ironie de l’histoire

La source de la confiance.

Nous voilà au moment où la source de la confiance – sans laquelle rien n’est possible – ce n’est plus à Stockholm, Rio, ou Paris qu’il faut la chercher… mais bien là, ici, sous nos yeux, tout près de chez nous… parce que je te connais et tu me connais et que depuis des années qu’on se côtoie… tu ne vas pas me la faire… Au niveau de la scène nationale ou internationale souvent on tombe de l’armoire en apprenant que tel ou telle était en plein conflit d’intérêt, jouissait d’un emploi fictif, était abominablement violent vis-à-vis des femmes ou des enfants… tout ça au village si ça existe on le sait… le jour où c’est le PLU qui est sur la table, on voit ce qu’il en est des intérêts privés et du goût pour le bien commun. Et si confiance en soi et confiance dans sa communauté était intimement attachée… et qu’aussitôt à coté il y a le plus important : la confiance en l’humanité.

Au début la rencontre

Nous les humains nous sommes contrains de bouger aujourd’hui. Sinon les hautes températures, les sécheresses, les inondations, les ouragans… les virus… tout ça va nous enlever. Nous pouvons quelque chose chez-nous. Nous pouvons quelque chose dans la proximité. Localement nous retrouvons notre puissance dans l’action collective. Nous pouvons, c’est démontré dans de multiples lieux, faire ensemble et inscrire des changements dans nos territoires. Le point de départ des changements sera toujours la rencontre. Ce sera toujours le plaisir retrouvé d’être ensemble. Puis on trouve le chemin de l’engagement.

Et pourtant

De multiples territoires connaissent ces dynamiques. Des lieux où la parole revient entre les habitants. Des lieux partout dans le monde où localement on se fait confiance. Des lieux où enfin on peut à nouveau collectivement dessiner des horizons qui nous attirent, nous redonner de nouvelles perspectives. Imaginons un instant… des millions de lieux comme ça… partout dans le monde… et la partie est gagnée. On ne bouge pas parce qu’on sait, on bouge parce qu’on croit.


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2 réactions à cet article    


  • oncle archibald 18 janvier 10:47

    « le jour où c’est le PLU qui est sur la table, on voit ce qu’il en est des intérêts privés et du goût pour le bien commun » ...

    En effet ! Le nez penché sur les plans cadastraux sur lesquels s’élabore le projet de modification du PLU un vieux Monsieur, conseiller municipal depuis trente ans, questionne les autres élus ... Mais où elle est la vigne d’Emile ? Lorsqu’il l’a enfin trouvée et qu’il constate qu’elle restera dans une zone « naturelle à usage agricole » il interpelle le chargé d’études : c’est pas possible parce qu’Emile il a dit qu’il donnerait cette vigne à son fils Charles qui fait le CRS à Paris pour qu’il y construise sa maison quand il prendra la retraite !

    Alors le chargé d’études pour la dixième fois explique que « la vigne d’Emile » se trouve à plus de deux kilomètres de la dernière maison habitée, qu’il faudrait si on voulait y construire y amener l’eau et l’électricité, goudronner le chemin, etc etc .. et aussi que ça ferait un peu désordre de créer une zone constructible juste pour une parcelle et donc qu’il faudrait aussi rendre constructible toute la zone entre le village et « la vigne d’Emile » ce qui permettrait de construire soixante maisons, complètement hors d’échelle et qui en outre impliquerait de changer la station d’épuration dont la capacité de traitement est presque à saturation .... etc etc ...

    Mais il s’en fout complètement le vieux conseiller municipal puisqu’il a promis à Emile qu’à la prochaine révision du PLU on mettrait « la vigne d’Emile » dans une zone constructible.

    Et là c’est vraiment moindre mal. Ça devient un peu plus délicat lorsqu’il s’agit de « faire un beau cadeau » à un ami voire à un membre du conseil municipal en rendant constructible toute une zone dont il est propriétaire et qu’il pourra lotir pour être revendue en « terrain à bâtir », multipliant son prix initial par cinquante !

    Estimer les besoins d’un village, tenir compte des équipements existants, des pentes des terrains, de l’ensoleillement, des voiries de desserte, tout ces arguments sont écoutés et approuvés tant que le stylo n’est pas levé au dessus de la carte pour les appliquer concrètement. Il n’y a plus aucune logique qui tienne quand il s’agit de tracer le trait fatidique qui va faire qu’à droite du trait le terrain vaudra deux euros par m2 et à gauche cent euros le m2.


    • oncle archibald 18 janvier 10:56

      "Ce sentiment d’impuissance, c’est par millions, que maintenant, nous sommes à le vivre… il nous désespère… Ce sentiment nous tuerait si nous nous laissions faire.« 

      Oui, mais »en même temps« ceux qui hurlent au voleur et souhaitent la mort d’Amazone et autres gros trusts internationaux y commandent les cadeaux qu’ils vont offrir à Noël à leurs petits enfants parce que c’est »tellement commode". Rien n’empêche d’aller acheter le même cadeau au commerçant du coin de la rue, de faire le paquet, de le porter à la poste et de l’envoyer avec un gentil petit mot pour le destinataire.

      La responsabilité personnelle existe encore. C’est très facile de faire sombrer Amazone : il suffit de ne jamais rien y commander. Ah oui mais ... Et oui ! C’est dur parfois, ça coute plus cher aussi, mais il faut choisir ce que l’on veut et ne pas se contenter de demander aux autres d’agir.

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