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Accueil du site > Tribune Libre > Camping sauvage : Ah ! L’arrache...

Camping sauvage : Ah ! L’arrache...

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Sortir des sentiers rabattus, être son « Robinson », s’installer là où bon vent vous pousse, être libéré de ses mouvements ? C’est ça l’option idoine, le camping sauvage pratiqué en Bretagne. Trois semaines en septembre dernier, pas un seul jour de pluie, un ciel à rendre jaloux les cagoles marseillaises. 1000 bornes entre le Guilvinec et Rennes, en passant par la pointe du Raz, les monts d’Arrhées, le pays d’Iroise, le Léon, Morlaix, Perros Guirec, la baie de st Brieuc, st Malo et Rennes. La monture ? Un Kia Carnival de 2006 équipé d’un lit gonflable, d’un réchaud, d’un convertisseur 12v-240w, d’un ordi portable, d’un téléphone avec partage Internet et un VTT. Surtout en respectant l’environnement (partir en laissant l’endroit plus propre qu’en arrivant). Ce seront des vacances à peu de frais, dans une région où il n’y a pas un flic à chaque carrefour pour vous faire circuler après vous avoir dressé une contredanse pour installation interdite. Une ou deux nuits par ci par là, sans déranger quiconque, apprécier le son des vagues, le vent sifflant entre les rochers, les couchers de soleil enflammés et les levers au son des mouettes, des coqs, que sais-je ? C’est spartiate : Tôt le matin frisquet d’être en caleçon pour se laver, se raser à partir d’un bidon de 2 litres tout en buvant un café bien chaud, faire ses besoins et surtout ramasser le pécu, ne rien laisser derrière soi et afin de régler son dû à dame nature : collecter toutes les saloperies alentour (c’est incroyable les cochonneries éparpillées partout), et partir comme venu, sans laisser de trace, avec un sac poubelle souvent bien rempli...

Les joies du camping sauvage c’est que lorsque le soleil descend il faille trouver « sa maison » pour la nuit. « Maison » voulant dire : un terrain où mettre son véhicule, loin de toute habitation, dans un lieu tranquille, loin des routes, des campings, et des camping-cars - genres de véhicules, gros comme des baraques sur roues qui pullulent en Bretagne, particulièrement en septembre/octobre, et donc, les aires pleines comme un jour de foire à Trifouilli la vache folle.

L’avantage d’un véhicule comme le mien ou comme un Volkswagen Combi, c’est assez spacieux pour y dormir à deux, mais avec l’encombrement d’une berline, ça passe facile sur les chemins de terre et ne se fait pas remarquer par « les gens bien intentionnés » toujours prêt à téléphoner à la maréchaussée pour y signaler « des individus louches ». Comme j’aime mon confort 21eme siècle ; pour m’endormir je regarde toujours un docu ou un film, j’ai découvert pour capter Internet qu’il faut se garer pas à plus de 2 km d’un châteaux d’eau et ils pullulent en notre beau pays, car sur leur sommet y sont installés les antennes téléphoniques. Une fois « campiné » pénard, rassasié, je branche mon ordi, et me mate une bonne toile juste pour moi tout seul au son du silence voisinant... Puis, plouf, dans les bras de Morphée (faute de mieux).

Le « challenge » chaque soir trouver : un terrain isolé et plat, un château d’eau et une belle vue. J’y suis presque parvenu à chaque fois, sauf sur la route des falaises du coté de Paimpol où la concentration d’habitations et le nombre de touristes me força d’aller dans un camping à la ferme... Ou j’étais seul. J’ai passé en tout à peu près 5 nuits en camping sur tout mon séjour, dont l’un d’eux totalement isolé du bout du monde : géré par une famille, ce camping me plut par son désordre, son gérant folklorique, ses résidents à l’année et par ses plages à deux pas, mesurant des kms et totalement désertes ; Je vous livre le nom de cet ilot : Camping de Bon Abry sur la commune de Hillion dans les cotes d’Armor (10 euros la nuit, avec douche chaude, cuisine, électricité).

Départ

Du Guilvinec, rappelez-vous, le port où Sarkozy s’est fait traiter « d’enculé » par un marin pêcheur très lucide... Je dors la 1ere nuit vers la plage du Ster. RAS, bien dormi et réveillé tout seul à 6 heures, ablutions dans les toilettes/lavabos public, café, sandwich et vroom, parti !

Je vadrouille vers Penmarch et le phare d’Eckmühl, puis remonte vers Pouldreuzic, capitale mondiale du fameux et délicieux pâté HENAFF. Je me dirige ensuite vers la cote afin de trouver « ma sweet home » pour la nuit : à Plovan, traversez le village et à sa sortie prendre un chemin de terre sur la gauche pendant 1 km, et s’arrêter entre le dernier champ de maïs et la plage. Pas âme qui vive à des lieus. Seul le bruit des épis sous le vent et au loin celui des vagues rythmeront mon sommeil de plomb. Le lendemain toujours vers le nord, je passe dire bonjour aux mecs de l’école de char à voile (Plein Ouest) sur l’immense plage de la Palu à Trébanec. Je m’arrête déjeuner à Audierne, belle ville qui vaut son coup d’œil, puis poursuis. Je me trouve sur un promontoire pour la nuit, un « spot » avec vue sur pors Loubous. Le matin, très tôt j’arrive sur le parking de notre dame des naufrages à la pointe du Raz. Je vais escalader de rocher en rocher afin de pouvoir m’asseoir sur la dernière roche du continent qui fait face à l’Amérique de l’autre coté. C’est au moins deux heures de crapahutage allez et autant retour, y ajouter 2 heures déjeuner/sieste et ainsi la journée est bien entamée lorsque je retrouve mon fidele Kia. J’ai dormi cette nuit là juste à coté de la buvette de pors Théolen. Petit dèj à la pointe de Brézellec, puis un gros stop pour visiter la citée médiévale de Locronan ; qui vaut son pesant de sesterces pour ceux qui aiment les vieilles pierres celtiques. Ensuite direction plein est vers les monts d’Arrée. Je passe la nuit tout en haut de la colline de saint Michel de Brasparts, avec une vue incroyable au levé du soleil : à mes pied tout en bas sur des kms carrés d’un paysage surprenant, presque surnaturel, où bruyères, ajoncs et crêtes rocheuses se mêlent à perte de vue ; je suis là, contemplatif tout en me disant que je suis le plus heureux des hommes. Comme envouté par ce plateau d’Armorique où courent les légendes les plus folles et où la nuit les druides invoquent des dieux, qui font resurgir du sol les trolls. Je décide de passer la journée et la nuit sur les rives du Lac de Brennilis. A moins de deux mètres du rivage, je patauge tranquille, somnole sur ma chaise longue, grignote, glandouille, lis, et ne voit âme qui vive durant mon court séjour. La nuit, les arbres bruissent et l’eau qui clapote me berce ; les sirènes du lac m’emmènent faire un tour dans l’ondée ? En fait, je vais y rester deux jours. Pour trouver cet endroit : Sur la carte du lac saint Michel, la fin du chemin de Loqueffret...

A Brest je retrouve des amis. Une ville pas très belle mais avec cette énergie bouillonnante que l’on retrouve dans les citées de djeunes comme : Rennes, Grenoble, Nantes, Toulouse, Montpellier. Ca brasse, ça bouge ! Je pars ensuite vers le Conquet, plage courue des brestois. Et comme j’adore me retrouver où personne ne va, je commence à musarder le long de la cote. Sur la commune de Plougonvelin, j’arrive au bout d’un chemin et sur un parking remplit de camping-cars j’aperçois sur la gauche un chemin de terre, je m’y engouffre. A peine 50 mètres et c’est la grève. Il n’y a plus plus rien, sauf des herbes courtes et la roche affleurant. Je conduis un bon km et stop : en surplomb d’un falaise à au moins 30 mètres au dessus des flots. Une prairie en pente douce m’accueille... Je contemple un coucher de soleil en mégavision : tout au loin les lumières du port de Brest encadrées par deux bandes d’horizons rougeoyantes, arc en ciel. Pas un bruit, pas un son comme une morte affalée... Rideau.

Le lendemain, arrêt à la pointe saint Mathieu, c’est à voir ! Ensuite dans les terres visite du château de Kergroadez sur la commune de Lanrivoaré, puis retour vers la cote.

Portsall, rappelez vous ? La marée noire, l’Amoco Cadiz. Piquenique à l’aber wrac'h, puis direction Roscoff. Pour terminer le journée, comme un pèlerinage, à Plouescat et Porsguen, là, où jeune je faisais les 400 coups ! Je déconseille à quiconque de ne jamais retourner sur la terre de ses vertes années, car, comme partout Plouescat s’est endormie, avachie, embourgeoisée. Tout est propret, tiré au cordeau, ya pas un papier qui traine, pas une tête de breton qui dépasse. Le temps s’est envolé et a lessivé ceux qui pourtant mettaient une sacrée pagaille dans les années Mitterrand... Si aujourd’hui les jeunes faisaient le quart du dixième de ce que nous avons pu faire ; ce serait la prison ou l’hosto psychiatrique... Nous avons vécu une époque épique, (pas hippique banane !) mais nous n’avons plus rien d’épique, en ces temps, de nos jours...

A Porsguen, je m’arrête sur le parking du Theven, une discothèque où je fus deux saison d’été le DJ. La façade est repeinte en gris, et la porte est ouverte. J’entre et trouve l’endroit sans dessus dessous. C’est les grands travaux, et qu’est ce que je vois sur ma droite, ma vieille cabine de DJ où j’animasse ; Il reste encore la boule à facette au plafond... Je vous jure, un vrai choc, en 2 secondes je suis de retour aux années « Police, Bee Gees, Clash »...Le nouveau proprio arrive, je lui explique, sympa il me fait le tour, et ainsi « ma » discothèque va se transformer en maison d’habitation... Je prends deux ou trois clichés de cette cabine qui a vue tant de jolies filles défiler... Mon « mausolée » sera détruit la semaine suivante, et c’est un bout de ma jeunesse turbulente qui va foutre le camp dans l’anonymat d’un chantier de réfection... Dans une benne à ordure, au bourrier comme ils disent par ici.

Pour en revenir à nos bigorneaux, à Plouescat, Il ya a plus qu’un casino comme animation défoulatoire c’est là, où le pêchou, le retraité, le déprimé vient dilapider une triste monnaie dans les bandits manchots ; alors « qu’avant » il y avait pas moins d’une dizaine de bistrots, 3 discothèques, le resto « les pompiers », ou « chez Abjean » et des plans d’herbes de celle qui fait rire... Ils ont même fait exploser le rocher en forme de pénis dont le haut avait été peint en rouge, les bigots coincés du cul l’ont fait ratiboiser, c’était devant le resto Roc Armor, là où la raie au beurre noire était digne de tous les Bocuse de la galaxie ; Bref, en ravalant mes souvenirs, je trouvais un petit terrain avec une grange désaffectée pour y garer le Kia. Plus question de se mettre le long de la cote, c’est plein de villas, de « défense d’entrer » et autres campings à étoiles... Oh toiles, oh désespoir !

Le lendemain, je filais donc...

... à suivre

Georges Zeter/novembre 2018


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52 réactions à cet article    


  • izarn izarn 5 novembre 2018 12:13

    Bonjour,

    Je fais la même chose, mais en moins longtemps. J’ai plusieurs fois emprunté la « route des cols » le long des Pyrénées.

    J’ai une vieille Laguna 2 essence, ou on peut virer la banquette arrière et s’allonger sans problème ! Je retiens le matelas gonflable ! Bonne idée.

    Pour les infos et autres, une connection à internet sur le smartphone, connecté lui même en « miror link » sur l’auto-radio chinois à écran tactile.

    Bien entendu, un sac à dos bien équipé pour des randos en montagne...Le concept c’est aussi de ne pas rester enfermé dans sa bagnole. Le but c’est aussi de marcher dans la nature, loin de l’enfer des vallées populeuses et pressées...

    ...D’aller droit dans le mur !

     smiley


    • Gasty Gasty 5 novembre 2018 12:22

       "Si aujourd’hui les jeunes faisaient le quart du dixième de ce que nous avons pu faire"
      A mon avis on les trouverait mignons.

      Et surtout ne pas se déconnecter...chercher le pilône, le château d’eau.


      • Nicolas_M bibou1324 5 novembre 2018 16:14

        @Gasty
        Au passage, camper à proximité d’un point d’eau potable est illégal. 200m minimum. Article R111-34.


      • finael finael 5 novembre 2018 12:26

        Ouais, en ce qui me concerne le camping sauvage c’est la rando à pieds, et pas besoin d’internet ni même de connexion téléphonique.


        • George L. ZETER George L. ZETER 5 novembre 2018 12:29

          ... qu’est ce que j’ai pas écrit là... je reste connecté !!! malheurs et damnation, je vais y avoir droit à chaque commentaire...décidément, pour beaucoup ne pas vivre comme eux est toujours sujet à chicaneries... le fond, c’est cette balade en Bretagne !!!


          • Gasty Gasty 5 novembre 2018 12:42

            @George L. ZETER
            Ben oui ! on a l’impression qu’il n’y aurait pas eu d’épopée sauvages sans google Map ou netflix.


          • Sergio Sergio 5 novembre 2018 14:10

            @George L. ZETER

            Comme dit un certain, ’ Vélosolex ’, l’important n’est pas la destination, c’est le chemin !


          • velosolex velosolex 5 novembre 2018 16:55

            @Sergio
            Suffit d’appeler et je confirme. C’est que je reviens de ballade dans la forêt d’Huelgoat avec mon sac de champignons, un endroit assez exceptionnel, avec un porte tout près de l’endroit où j’habite... https://bit.ly/2SO3ZAo Il y en a d’autres...Le.regard qu’on porte et qu’on entretient rentre au moins pour moitié dans l’alchimie..Il faut retrouver l’extase !..
             Pas trop de réseau ici, les ondes sont d’une autre espèce. J’ai traversé les monts d’arrée pour la première fois pour rejoindre la mer il y a 40 ans de ça. Depuis j’ai fait bien des chemins, à pied,en moto,à vélo, y compris en tandem ( 160 kg pour les deux passagers, le tandem et les bagages, les descentes se passent dans un souffle.....Je recommanderai le canal de Nantes à Brest, qui, si on le mixe avec les voies vertes, permet de la traverser sans voir beaucoup de bagnoles. Faire du camping sauvage est alors très facile, dans cet univers de bocages à l’écart des routes.

            Les voies vertes de la Bretagne à vélo : 8 itinéraires cyclables

            L’argoat est moins connue que l’armor, mais présente bien des merveilles, comme bien d’autres régions de france, qui se cachent dans les plis de la carte, comme le monde de Philémon se cachait dans les lettres de l’océan atlantique.


          • Sergio Sergio 5 novembre 2018 18:23

            @velosolex

            Bonjour, je vais rejoindre la mer du Nord par les Canaux au départ de Mons en Belgique vers Tournai, Roubaix ..... Je projette d’aller flâner sur la Loire et remonter par la Francette et revenir par le canal de la Somme etc .. et pourquoi ne pas revenir par le canal de Nantes à Brest et donc c’est une idée ... Cela confirme bien l’idée du voyage, on se parle et déjà un projet. La plupart de mes petites aventures sont nées grâce aux partages durant un bivouac, camping, sur la route en double file en lâchant le guidon, tant de ballades que je n’aurais su inventer seul sur une carte. C’est drôle, en ces lieux quand on arrive, on regarde et on est observé, on se méfie parfois, on pause sa tarte et la magie opère : Tu viens d’où, tu vas où, parfois t’es marié ! t’as pas des rustines ... et souvent le matin, plus personne, mes partenaires d’une soirée à se reformater le monde, ont déjà plié discrètement et continué leur périple et il me reste que des souvenirs et des projets de liaison, d’un voyage initiatique final que je ne connais pas encore, j’ai fait ça aux Antilles il y a quelques années, et je me souviens avoir lu là bas l’Alchimiste dès mon arrivée, et oui on cherche bien loin ce que l’on a aussi chez soi, j’ai mis quatre ans à revenir, cela confirme bien que c’est le chemin qui compte. Je m’arrête là car j’ai un peu mal aux genoux, je vais donc baisser ma selle et me rentrer dans mon quotidien en attendant la route.

            Bien à vous Vélosolex, et donc, même les cailloux rêvent, alors pourquoi pas les hommes.


          • velosolex velosolex 5 novembre 2018 19:05

            @Sergio
            Je vous laisserai bien mon adresse en Bretagne mais c’est bien difficile sur un site. Pour les livres, c’est sûr que le voyage, les cheveux au vent, catalysent les impressions bien mieux qu’un rocking-chair 
            Les livres que j’ai lu en voyage me laissent souvent une impression extraordinaire. Les relire me met parfois sur les rails des chemins parcourus.
            Les kms n’ont rien à voir ailleurs. Le basculement dans l’exotisme, l’étrange, est une capacité qu’on peut développer toute sa vie. 
            Les arbres, les rochers, sont c’est vrai des maîtres en spiritualité. 
            Ils reviennent furieusement sur le devant de la scène. 


          • Sergio Sergio 5 novembre 2018 19:26

            @velosolex

            Ne vous inquiétez pas pour l’adresse, ce n’est pas important, un homme avec un vélo et une remorque*, ça se repère et sait-on jamais. * On l’appelle une suiveuse, elle ne me lache jamais et ne se fait pas oublier. Pour la lecture de voyage, jeune je lisais l’Iliade et paradoxalement pas l’Odyssée, mais surtout l’hérétique d’Alain Bombard, je termine par, ce qui fait que mon attachement à la mer se fait par les voyages le long des canaux.


          • velosolex velosolex 5 novembre 2018 21:35

            @Sergio
            Faudra me dire quand vous passez dans le pays, disons en haut du col du Tredudon, un géant de 360 mètres. I
            l n’y a quelques engoulevents qui dominent la plaine...


          • INsoMnia insomnia 5 novembre 2018 23:50

            @George L. ZETER

            Bonsoir,

            Que de souvenirs de cette Belle Bretagne, merci pour ce partage.


          • Fergus Fergus 6 novembre 2018 11:04

            Bonjour, velosolex

            Des engoulevents, mais aussi des faucons crécerelles !


          • Sergio Sergio 6 novembre 2018 18:28

            @velosolex

            Oui


          • zygzornifle zygzornifle 5 novembre 2018 13:10

            A la frontière Italienne il y a beaucoup de touristes étranger qui font du camping sauvage , d’ailleurs ils ne ramassent jamais leurs déchets ni leurs déjections .....


            • Fergus Fergus 6 novembre 2018 11:05

              Bonjour, zygzornifle

              Ce n’est pas faux. Des clones des touristes français qui laissent leurs déchets de l’autre côté de la frontière !


            • Gilbert Spagnolo dit P@py Gilbert Spagnolo dit P@py 5 novembre 2018 13:29

              Nous faisons du camping sauvage depuis 1969, bien qu’âgés à l’époqque de 77 balais, avec mon épouse pendant l’été 2015, nous avons fait deux mois de camping sauvage en Corse ( 2B ).


              Matos :Une C1 Citroën, deux toiles de tentes Quechua ,deux matelas mousse ( les anciens aiment bien leurs conforts ) transfo 12/220, gaz ,bidons, gamelles, moustiquaires, parasols etc etc , et la cabane au fond du jardin portative, suffit juste de placer un sac poubelle de 30 litres : … même en cas d’urgence en route, pour être à l’abri des regards, ben , il suffit jute de placer entre les deux portière une grande toile !


              @+ P@py


              • Sergio Sergio 5 novembre 2018 14:08

                @Gilbert Spagnolo dit P@py

                Respect, Gilbert !


              • velosolex velosolex 5 novembre 2018 23:28

                @Gilbert Spagnolo dit P@py

                Le seul problème , dans le camping sauvage, ce sont les rats....
                Me reste le souvenir d’une nuit de camping mémorable à l’ile de Ré, avant qu’ils ne construisent le pont....La deuxième nuit, ils avaient du nous repérer, dans cet endroit sauvage, situé près d’un des plus vieux fort de l’ile, maintenant récupéré par le patrimoine.....A un moment, alors que je lisais ( à la bougie....) j’ai vu le pain bouger....Je l’ai saisi, et j’ai vu une queue noire qui en dépassait....Un rat, qui avait bouffé la toile de tente s’était glissé dans le pain..
                .L’horreur !...J’ai balancé le tout dehors...J’ai vu alors qu’on était cerné par les rats...Ils ont avalé le pain en moins d’une minute....Dés qu’on a éteint la bougie, ce fut dehors un cirque insensé.Comme s’ils en redemandait...
                On a donc fait à tour de rôle guet...A trois heures du matin, j’ai du m’endormir. J’ai renversé la bougie et la tente a pris feu...J’ai éteint avec la bouteille d’eau. Mais la moitié de la tente avait brûlé, un des deux duvets étaient trempé. On a alors passé le reste de la nuit enroulé dans celui qui restait. C’est alors que les moustiques se sont déchaînés.....Au matin, on avait l’air de deux boxeurs, aux yeux gonflés.....C’est le coté sauvage du camping !.


              • JC_Lavau JC_Lavau 6 novembre 2018 10:42

                @velosolex. Le hamac présente des avantages à l’étage forestier. Ne pas laisser son sac au sol, mais lui aussi suspendu.


              • Gilbert Spagnolo dit P@py Gilbert Spagnolo dit P@py 6 novembre 2018 13:51

                @velosolex

                Le rat , itou, une nuit d’août 2003, en dormant à la belle étoile sur une plage du Var du coté de Fréjus !

                Souvenirs souvenirs,... mais les plus pénibles, comme tu le dis, se sont bien les insectes qui ( surtout la nuit ) font bzzz !!!

                immortalisé par Michel Leeb, tu t’en souviens peut -être « le jaune et le vert » :Ici.


                @+ P@py


              • JC_Lavau JC_Lavau 6 novembre 2018 18:09

                @velosolex. Il est regrettable que tu n’aies pas pu rediriger tes rats à Gérard.


              • Cyrus CYLON CYRUS 6 novembre 2018 18:17

                @JC_Lavau
                @velosolex. Le hamac présente des avantages à l’étage forestier. Ne pas laisser son sac au sol, mais lui aussi suspendu.

                En croatie vous auriez eu les ours ne vous plaignez pas .


              • Sergio Sergio 5 novembre 2018 14:07

                A l’auteur

                je fais la même chose en randonnée vélo, vu que les tarifs de camping sont de plus en plus onéreux, de 12 à 18 euros pour 1 pers. 1 emplacement et parfois 1,5 à 2 euros la douche, cela fait une moyenne de 15 à 20 euros/jour, imaginez un raid de 2 semaines. En ce qui vous concerne, profitez en bien car cela risque de changer, bien à vous !


                • ZenZoe ZenZoe 5 novembre 2018 15:29

                  Cette belle évocation m’a donné envie de tout laisser en plan et partir sur-le-champ en Bretagne. Il y a pire comme destination.


                  • Fergus Fergus 6 novembre 2018 11:11

                    Bonjour, ZenZoe

                    A toutes fins utiles, cet article que j’ai rédigé en septembre : Bretagne : 50 bougies pour le GR 34., ce sentier mythique qui, en 2000 km, permet de découvrir toutes les côtes bretonnes.


                  • Nicolas_M bibou1324 5 novembre 2018 16:12

                    Article R111-33 :

                    le camping pratiqué isolément [...] est interdit sur les rivages de la mer.


                    Puis sérieusement, avec un titre pareil, j’imaginais des étoiles pleins les yeux le type qui fait le tour des Alpes avec un simple tarp et un duvet sur le dos, une vieille canette convertie en réchaud à alcool, à la rencontre des gens et en ramassant les déchets qu’il trouve sur son chemin. Ben non, juste un type qui prend sa bagnole qu’il charge de tout le confort moderne, téléphone, matos électrique, ordi, un lit gonflable (summum du luxe indécent, même en payant un camping j’ai jamais pris autant de confort).


                    Tu parles d’une aventure. La prochaine fois, racontez nous vos courses au Leclerc ...


                    • George L. ZETER George L. ZETER 5 novembre 2018 16:18

                      @bibou1324
                      tient ! un pisse froid, 1 !


                    • Sinbuck Sinbuck 5 novembre 2018 16:55

                      Bravo pour le camping sauvage dans tous les cas c’est une expérience de liberté et de retour aux sources « des pieds dans l’herbe », se laver dans les rivières, les lacs, trouver un coin pour dormir, l’autonomie et l’isolement...

                      J’ai pratiqué le camping sauvage sur les périodes estivales entre 2003 et 2008 avec ma femme entre la Slovénie, les Balkans, la mer noire (Roumanie, Bulgarie), la Turquie et jusqu’à Bakou pour faire le Caucase (Géorgie, Arménie, Azerbaïdjan) et voir la mer Caspienne (18 000 km aller-retour). 

                      Maintenant, toujours en camping sauvage avec les enfants mais avec plus de confort et surtout moins de distance...


                      • velosolex velosolex 5 novembre 2018 17:28

                        @Sinbuck
                        Il y a camping sauvage, et camping fait par des sauvages. Rien de plus sinistre que ces alignements de camping cars, se prenant pour des chariots de cow boys installés en rang d’oignon ou en cercle pour éviter de se faire attaquer par les indiens des territoires ; Juste préoccupés à ne pas payer le camping municipal, autonomes pour huit jours de bouffe et d’apéro, après avoir acheter leur catastrophe ambulante 400 00 euros voir plus....Charriant avec eux leur bouffe, leur télé, leur moto montée sur remorque.
                        Faire du camping sauvage, c’est se glisser dans la nature, seul, en rien avec l’esprit d’une rave sauvage, vigilent évidemment à ne pas souiller l’endroit en rien......
                        Dans cet époque de grande paranoïa beaucoup de gens heureusement hésitent à faire ce genre de démarche, qui pourrait s’avérer nuisible....Comme quoi la paranoïa a du bon, et autant la perte de réseau qui fait décamper des clampins désespérés...« Comment qu’on peut vivre dans de tels endroits.... »


                      • Sinbuck Sinbuck 5 novembre 2018 18:21

                        @velosolex
                        C’est sûr que les coins que j’ai pratiqué, il n’y avait pas de vacanciers, uniquement des locaux et des bergers... 
                        En effet la paranoïa a du bon...
                        Une seul fois (sur plus de 300 nuits en camping sauvage) j’ai été menacé la nuit près d’un lac par un braconnier avec un fusil de chasse, mais j’ai quand même dormi là après quelques explications. Par contre dans certaines contrées, j’étais un peu inconscient à propos des ours et des loups. 

                        Le camping sauvage permet surtout de se rendre compte de la bienveillance des humains rencontrés dans les zones isolées (surtout dans les pays de l’est), ils bavardent un peu, ils boivent un café, ils offrent des pastèques, des fruits, du pain, du fromage, du poisson et ils partent... Souvent (trop souvent parfois car on ne refuse jamais les invitations même si la situation parait inquiétante) ils nous invitent chez eux surtout les roumains, les turcs (champion de l’hospitalité), les arméniens, les géorgiens ; en fait derrière l’ancien rideau de fer, les gens ont gardé un forme d’humanité qui n’existe plus (ou très peu) dans les pays de l’ouest.

                        Sans jamais prendre de visa, uniquement « en tapant à la porte des frontières » sauf pour l’Arménie j’ai dû en prendre un en Géorgie et voilà comment ma perception différentiée du monde de l’ouest et celui de l’est s’est constituée aux détours des chemins de terre. 


                      • velosolex velosolex 5 novembre 2018 18:54

                        @Sinbuck
                        Dans le Péloponèse, après avoir acheté des vélos grecs sans vitesses à Corinthe, je me souviens d’un soir où un vieux berger farouche est arrivé, et a planté son bäton juste devant la tente....Ca c’est finalement bien passé avec un coup de raki. En Italie du sud, faire du camping sauvage était impossible. Un vieux gardien de camping, comme il était fermé, employé par la ville a tenu à ce qu’on plante la tente sous un projecteur extérieur...Puis à minuit il nous a fait entrer dans sa cahute. Le risque selon lui était trop grand....Je n’avais pas lu « gomorha »
                        Au retour d’Angleterre, je me suis trouvé vraiment dans la peau d’un anglais, roulant du mauvais coté le matin, m’extasiant devant le coté sauvage de notre pays...
                        L’Europe a quelques exceptions prés n’offre pas tant de routes perdues, de prairies tranquilles, de villages semblant sortis de cartes postales.
                        Je connais en Bretagne beaucoup de voisins anglais qui sont venus ici pour cette raison. On est souvent jugé selon la façon qu’on se présente. J’aime bien la moto, mais force est de reconnaître que ce n’est pas la meilleure façon d’être perçu. Le vélo par contre déclenche des saluts fraternels. ...Et que dire du tandem. il vous ouvre toutes les portes, transforme les gens de rencontre en enfants. On s’aperçoit alors que les gens n’ont souvent besoin que d’un prétexte pour entrer en communication avec l’autre, pourvu qu’il ne roule pas des épaules


                      • velosolex velosolex 5 novembre 2018 23:57

                        @Sinbuck
                        Bravo pour toutes ces belles expériences, qui rappellent les expériences de Nicolas Bouvier, que vous connaissez sans doute. On sent chez vous cette imprégnation orientale, et le rituel du thé et de la conversation, qui commence dés qu’on passe le Bosphore. Les pays de l’est m’ont toujours fait rêvé...Ce monde a du bien changé après le tournant du millénaire. Comme le reste d’ailleurs. Sans doute le « c’était mieux avant » a toujours été dans la tête des voyageurs, mais il me semble que le monde n’est plus tout à fait le même. Ceci catalysé sans doute par l’âge ; La jeunesse repeint de fraîcheur les couleurs du monde. Si l’on est naïf, on s’aperçoit après coup qu’on s’est montré téméraire, voir inconscient. Mais l’on est passé, là où parfois la méfiance vous aurait empêché, voir attiré des ennuis. Cet état de grâce, « ce kairos » est par exemple au coeur du livre de T.C Boyle : Water music...Un livre qui raconte les deux voyages d’un explorateur, l’un fait à 20 ans, l’autre plus tard, alors bardé d’assurances et d’argent. Vous devinerez celui qui sera une réussite, l’autre qui sera une catastrophe. 
                        Le dénuement vous force parfois les portes, vous révèle à vous même. L’aventure du retour du Népal, avec pas un sous en poche, pendant l’hiver 75-76 fut sans doute pour moi un épisode pas vraiment voulu, mais qui resta fondamental. Un retour par tranches, par un froid sibérien. C’était juste.....J’ai fait la route pour finir avec un migrant ceylanais, et vrai j’avais presque l’impression d’être un émigrant, quand je suis arrivé de retour dans cette Europe qui m’a paru alors si riche et étrange. 


                      • Sinbuck Sinbuck 6 novembre 2018 07:15

                        @velosolex
                        très juste, et belles expériences aussi pour vous...


                      • Sinbuck Sinbuck 6 novembre 2018 07:54

                        @velosolex
                        Côté biblio je conseille la lecture de « rencontre avec des hommes remarquables » de G.I Gurdjieff aventures Moyent-orient, Caucase, Mongolie... à la fin du 19e s. 


                      • sls0 sls0 5 novembre 2018 17:36

                        Dans les années 70, du cercle polaire à Tissint au Maroc avec ma 4L, pas une personne pour me parler de l’article R111-33.

                        Déjà à l’époque un mioche en Norvège m’a donné ma première leçon, sur un parking il a ramassé une allumette pour la mettre à la poubelle. Une semaine plus tard chez les gens qui m’hébergeaient je leur ai dit que j’avais vu une voiture d’où était parti un sac plastique. On n’a demandé si j’avais relevé le numéro, je leur ai donné.

                        Deux jours plus tard à 480km les contrevenants étaient arrêtés, des français.

                        Les années 80 et la suite, sac à dos, corde, hamac et bâche. Et le chien, plus de 200km en une semaine pas de problème pour le bestiau, que de la forêt.

                        Maintenant, les tropiques, la machette en plus, la mousse à raser pour la corde pour cause de fourmis noctambules et une honda super cub de 25 ans, ça grimpe sec dans la sierra, l’hygrométrie et l’âge.


                        • George L. ZETER George L. ZETER 5 novembre 2018 17:40

                          @sls0
                          bonjour on a du passer dans les memes coins traversée sahara en 91 avec une 504 de paris à ouaga par le tanezrouf ; et l’amazonie maripa soula comme prof.. aujourd’hui c’est plus calme quoique je vais me faire la toundra mongole en sidecar ; a ciao bonne route


                        • Sinbuck Sinbuck 5 novembre 2018 18:26

                          @George L. ZETER
                          Ah la Mongolie, c’est mon rêve... en voiture et en partant de la France sur une année.


                        • sls0 sls0 5 novembre 2018 21:17

                          @George L. ZETER
                          La période babacool, le Maroc était une obligation.
                          C’est plus coté sub saharien que je connais, 1 mois par an ou plus j’installais de l’électricité et l’eau dans des trous perdus et ça ne manque pas dans le coin. Où j’allais c’est devenu chaud. Dans ce cadre j’ai connu le moyen-orient et un peu l’Asie.
                          Sinon c’est aller dire bonjour à des amis, Russie, Ousbekistan.
                          L’amazonie je ne connais que coté Equateur, et encore une semaine avec un pote médecin local, je ne connais pas grand chose.
                          Je réside en Amérique latine et c’est le continent que je connais le moins. Panama, j’ai passé le plus de temps sur un voilier sur le canal.
                          Colombie je ne connais que Medelin.
                          Chili la finca d’une tante et un peu Santiago.
                          L’ile d’Hispagnola je connais, avec un autre sexagénaire on a tout fait en honda super cub, increvable et ça passe partout. 20-25€ par jour c’est plus que suffisant. On trouve toujours à loger, à bouffer, la lessive c’est 2-3€.
                          Coté Haïti c’était avec un autre sexagénaire avec son vieux Ranger. Il connait tout le monde.
                          3 sexagénaires qui ont en connu des pays à eux trois.
                          Cuba j’y suis allé une fois pour un problème de vibrations sur une turbine à vapeur. Plus le contact des gens que des vacances. J’ai toujours eu horreur des vacances.

                          Je n’aurais pas lu Bob Morane étant jeune j’aurais peut être été plus casanier. Mais que de bons souvenirs.
                          Avec l’âge vient l’arthose, la 4L au cercle polaire j’apprécierai peut être moins. 

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