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Accueil du site > Tribune Libre > Cauchemar et fin de l’Occident

Cauchemar et fin de l’Occident

L’actualité nous occupe, nous obsède et emplit nos existences. Au point d’étouffer la réfléxion de long terme sur les évolutions en cours. Alors, réfléchissons un instant sur les conséquences des heurts toujours plus violents qui peuplent notre actualité !

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La modernité nous a gratifiés d’immenses bienfaits : En Europe, les famines communes autrefois ont disparu à partir de 1848. Dans le reste du monde, elles sont liées au maintien d’agricultures de subsistances à faible rendement ou à des zones de guerre. Les merveilles de l’industrie permettent à chacun de vivre dans un petit château1.

J’emploie le terme en connaissance de cause, comparez un HLM à une maison de petite noblesse du Xième XIIème siècle et vous constaterez que le niveau de vie est équivalent2.

De tels avantages ont bien sûr des contreparties. Il est probable que durant la transition entre les sociétés de chasseurs cueilleurs et les sociétés agricoles, les peuples ont appris à connaitre les nouvelles contraintes dans leur chair et au prix de nombreux désastres. La modernité date de moins de deux siècles et nous pouvons imaginer que nous avons encore nombres d’expériences à accomplir pour borner le champ des possibles.

Le tragique vingtième siècle avec ses guerres mondiales constitue un exemple traumatique de ces leçons qui nous enseignent le prix de l’usage de la force militaire dans les règlements de comptes entre états. La guerre froide et la menace de guerre nucléaires sont venues parachever la leçon3. Seulement, le domaine militaire est heureusement seulement l’un des aspects de la société.

Nous devons vivre ensemble dans une société capable de se maintenir et de là, il est possible d’identifier deux enjeux sans avoir la moindre prétention à l’exhaustivité.

Le premier est la bien plus grande plasticité de nos formes sociales, elles conférent à la politique au sens idéologique du terme une importance bien plus cruciale que dans les sociétés antérieures.

Le second, que nous verrons après est la dépendance de la société envers des réseaux et des relations d’interdépendances qui investissent les classes dirigeantes d’une responsabilité particulière.

Responsabilité, le mot est important et son sens change entre les sociétés agraires et les sociétés modernes. Autrefois4, la faiblesse des rendements individuels limitait la récolte par travailleur, cette structure imposait donc une organisation sociale où l’immense majorité du peuple était contrainte à une plus ou moins grande misère. La structure, inégale, malheureuse était la seule possible et s’il existait des grands avec d’immenses fortunes, celle-ci s’asseyait sur un prélèvement marginal sur d’immense masses de paysans, d’ouvriers, compagnons et artisans.

Bien heureux ceux capables de se nourrir avec leurs enfants, de se vêtir et d’avoir un toit sur la tête. Quant aux grands les processus de désignation pouvaient changer, les formes artistiques, les idiomes, les idoles étaient variables, mais leurs fonctions sociales restaient proches : Maintenir la paix par la répression de tout mouvement social impossible à satisfaire. Leur travail était d’écraser, par le verbe ou par le fer ceux désireux d’améliorer leur avenir. On peut le déplorer, mais la modicité des ressources empêchait tout autre choix5.

En époque moderne tout change. Comme le dit Orwell dans 1984 :

Dans un monde dans lequel le nombre d’heures de travail serait court, où chacun aurait suffisamment de nourriture, vivrait dans une maison munie d’une salle de bains et d’un réfrigérateur, posséderait une automobile ou même un aéroplane, la plus évidente, et peut-être la plus importante forme d’inégalité aurait déjà disparu. Devenue générale, la richesse ne conférerait plus aucune distinction.

Voilà la grande nouveauté, le confort, le bien être, l’éducation même, autrefois apanage d’une minorité aisée deviennent accessibles à tous si la société gère bien sa production. La forme prise par la société d’une version égalitariste à une organisation fortement pyramidale relève d’une décision politique !

Certes, le court nombre d’heures de travail n’est pas encore là, car nous sommes encore au XXième siècle. Nos sources d’énergies doivent devenir plus denses, la robotique doit encore progresser pour libérer l’homme du travail6. Il convient donc de maintenir un système social inégalitaire et coercitif pour contraindre les citoyens à participer à la production sous peine de voir la structure sociale s’effondrer.

Pourtant, la structure sociale peut déjà être très variable et les sociétés peuvent avoir des coefficients d’inégalité très différents7. La France, comme nombre de pays d’Europe de l’Ouest a fait le choix de tenter d’avoir une société plutôt égalitaire au lendemain de la seconde guerre mondiale8. Les États-Unis ont eux choisi un modèle plus abrupt et si on peut envisager qu’il favorise l’économie9, il se traduit aussi par des populations de sans domiciles fixes dans les rues des villes, d’immenses camps de caravanes où vivent des familles incapables de se payer un logement décent.

D’autres modèles, voyez les pays d’Amériques du Sud avec d’immenses fortunes qui côtoient des ghettos sont possibles10. Peut-être pensez-vous ce monde impossible, seulement dû à un manque de ressources, mais il a l’avantage de permettre de nier les droits humains fondamentaux. Ces populations enfermées dans la misère sont vulnérables et comme le reconnaissaient les marxistes, les droits juridiques sont inopérants sans ressources économiques. On peut même imaginer des sociétés de castes ou les populations contraintes au bas de l’échelle se voient privées des simples droits juridiques11.

Dans une société moderne, beaucoup de choses de statuts et de ressources dépendent de décisions politiques. Il est possible comme nous l’avons vu d’aller d’une concentration extrême sur une poignée d’acteurs à une répartition égalitaire des niveaux de vies et moins le travail deviendra nécessaire plus une telle réalité sera viable.

Le corollaire de cette libération du travail est la disponibilité des ressources en main d’œuvre pour d’autres activités. La fameuse société de services, certes utiles pour apporter de la joie par la puissante industrie du spectacle et du divertissement, ou bien des accompagnants sociaux pour aider ceux en difficultés. Tout ceci crée la possibilité d’une société plus humaine et plus fraternelle.

À l’inverse, ce personnel peut être utilisé à d’autres fins, plus coercitives. La propagande se mue en une industrie de masse, les polices politiques, les armées de masses sont désormais possibles. Interner des millions de personnes devient réalisable et le système carcéral US en est la preuve vivante12. 1984 démontrait l’exemple de ce qu’il est possible d’atteindre avec une large partie de la main-d’œuvre affectée aux forces de répression et à des guerres inutiles13.

Bien sûr, de tels choix sont porteurs d’appauvrissement, de ralentissement du progrès technique. Ils sont aussi gros de risques de soulèvements ou à l’inverse les sociétés trop égalitaires affrontent le danger d’un lent travail de sape. Les structures sociales et politiques devront tenir compte de ces réalités pour créer une structure stable. Si nous y échouons, les révolutions deviendront le mode d’évolution de la société et de toutes les façons, les affrontements politiques deviendront plus âpres.

Le citoyen pourra-t-il même s’offrir le luxe d’ignorer la politique ? Bien sûr ces ressources, ce faible temps de travail contient la promesse de pouvoir se consacrer à sa vie de famille ou à son cercle social. Celui d’une société d’individus épanouis capable d’une existence hédoniste.
Hélas la nature a horreur du vide et si les citoyens abdiquent leur responsabilité d’allouer les ressources pour le bien être de la société, des minorités, forcément bienveillantes14, s’acquitteront de cette tâche.

 

Or, ces affrontements raviveront un second risque de la société moderne : Celui de l’effondrement civilisationnel. Notre existence repose en effet sur des chaînes d’opérations interconnectées et sur des savoirs faire très spécialisés détenus par un faible nombre d’individus.

Et nous manquons d’expérience dans cette gestion, car autrefois, les sociétés reposaient sur des villages nombreux, éparts et semblables les uns aux autres. Pour cette raison, même les grandes catastrophes, guerre, famines, destructions de masses étaient incapables de briser la redondance massive de ces unités de bases. On pouvait perdre des savoir-faire de pointes, mais ceux-ci étaient sans importance pour le maintien de la capacité à cultiver.

Aujourd’hui, tout est différent. L’agriculture repose par exemple sur deux à trois pourcents d’agriculteurs aux commandes d’engins puissants. Les constructeurs desdites machines sont encore plus rares et irremplaçables.

Nombres de secteurs essentiels sont dépendants de telles chaînes spécifiques : L’énergie, l’eau, les moteurs d’avions et de fusées… Il a suffi d’une sécheresse pour réduire l’approvisionnement mondial en puces électroniques15. Imaginez les effets d’une véritable catastrophe, peu importe sa nature dans ces systèmes complexes avec peu de redondances ?

Si les chaînes logistiques tombent, quid de nos populations urbaines habituées à chasser leur provende au supermarché ? Quid de nos maisons si elles étaient privées d’électricité16 ? Je vous invite à consulter l’excellent "Une seconde après" de William R Fortschen qui montre bien l’ampleur de la perte de population possible dans le cas d’un tel scénario. Lui tablait sur 75% de pertes, pouvez-vous envisager le drame ? De facto, dans une culture sans engrais chimiques, la terre peut nourrir 2 milliards d’habitants17, chiffre cohérent avec la division par quatre.

Et bien sûr, la première cause de catastrophe, peut-être la guerre civile, la lutte de tous contre tous issus d’affrontements politiques mal maîtrisés et nous venons de voir que celles-ci seront plus nombreuses à l’avenir.

 

Voila le cauchemar, la question à se poser en conclusion est où en sommes-nous dans le monde réel. Ou plus exactement en Occident, là où nous vivons !

De facto, le modèle occidental accumule les déséquilibres depuis les années 1970 et le compense par une fuite en avant vers la financiarisation. Cette politique, par la revalorisation constante des actifs permet de créer un effet de richesses et même un enrichissement comptable. Elle favorise bien sur les détenteurs d’actifs et rend l’acquisition de ceci très difficiles pour ceux qui vivent de leur travail.

Ainsi, il était possible de maintenir la structure sociale sans la remettre en question et la caste dirigeante a pu se refermer sur elle-même. Seulement, les contradictions du système ont une première fois craqué en 2008. Depuis, la poursuite dans cette distribution des gains a aggravé les déséquilibres et ce repli sur soi s’est accompagné d’une fuite en avant dans la coercition qui radicalise les oppositions politiques.

Où se situe le seuil de rupture ? Difficile à dire, mais on constate des manques croissants dans les investissements. En France, les routes18, les systèmes de production énergétiques19, les carences se multiplient et désormais on peut mourir sur un brancard aux urgences.

Rien n’est plus difficile à évaluer que le sous-investissement. Il devient visible d’un coup, sous la forme d’une perte de fonction ou d’un accident, mais le corriger exige des ressources massives pour rattraper le manque. On parle de mur d’investissements. Comment les mobiliser dans un pays en déficits massifs et en déficit commercial chronique. Si nos besoins augmentent brutalement et que le reste du monde refuse d’un coup de reconduire nos crédits20, alors l’effet ciseau sera redoutable et ne se résoudra qu’au prix d’une chute brutale du niveau de vie de la population. Y sommes-nous prêts sans heurt ?

L’obstination de notre "élite"21 crée les conditions du désastre et s’il se manifeste elle devra en être tenue comptable22 !

 

1Comparez le logement d’un noble avec un HLM, pas seulement la tour, mais aussi les facilités en terme d’eau, d’éléctricité !

2 La petite noblesse vivait chichement à la campagne, le cas de la grande noblesse est différent.

3 En tout cas, avant que les dirigeants de l’OTAN ne multiplient les provocations en Ukraine, on pouvait l’espérer.

4 Comprenez dans les sociétés agraires.

5 Bien souvent, les poches de prospérité reposaient sur un travail rémunéré en dessous du salaire de reproduction. L’esclavage dans les latifundia romaines reposait sur l’importation continue de nouveaux esclaves, quant aux couvents des ordres monastique, est-il besoin de souligner la répression de la consommation que représente cette existence ?

6 Et le chômage me direz-vous ? Réservons l’essentiel de la question pour un autre article, mais constatons que le travail n’est pour beaucoup qu’un moyen légitime d’acquérir des droits sur la richesse produite dans la société. Combien seraient d’accord pour cesser de travailler s’ils avaient la garantie d’avoir de quoi vivre ?
La seconde fonction du travail est une socialisation contrainte bien utile pour empêcher la société d’éclater en une pléiade d’individus sans liens prêt à se sauter dessus par simple manque d’empathie.

8 Donc lorsque nos dirigeants vous disent : De quoi vous plaignez-vous, regardez votre chance par rapport au reste du monde, cela signifie : Nous n’avons pas encore réussi à briser l’héritage !

9 Il resterait à démontrer que cela favorise l’économie réelle et pas une bulle comptable de l’économie financières où la valeur ne naît que d’une revalorisation permanente des actifs à la hausse, mais passons.

10 Voyez l’image de cet article qui montre les bidonvilles en Thaïlande :
Face au Covid, comment s’isoler dans les bidonvilles thaïlandais (courrierinternational.com)

11 Si cela vous parait impossible, regardez ce qui se passe à Pataya ou autres endroits équivalents dans le monde.

13 On le voit à l’œuvre dans des opérations psychologiques telles la fameuse crise covid.

14 Je vous rappelle que le nazisme voulait protéger la pureté de la race et la civilisation, objectifs alors considérés comme bienveillants ! 6 mio de morts plus tard, cette opinion fut révisée face à la catastrophe humaine.

17 L’estimation faite dans les années avant l’invention du procédé Haber-Bosch.
Aujourd’hui, avec nos ressources technologiques, l’estimation est de 13 milliards de personnes.

20D’où l’importance de notre morale du deux poids deux mesures pratiquées en Ukraine qui horripile le monde. Notre morale déversée sur le monde, pendant que nous multiplions les crimes accroît le risque de ce scénario !

21Elle l’est pour sa maitrise des leviers de commandes, mais plus pour les qualités actuelles et humaines.

22 J’ai longtemps espéré que la guerre en Ukraine coûterait à nos dirigeants assez de légitimité, pour permettre la transition politique nécessaire pour entamer une correction de l’économie financière vers une structure plus matérielle. Hélas, on dirait que la tragédie devra aller à son terme !


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12 réactions à cet article    


  • zygzornifle zygzornifle 24 juin 13:42

    Les riches ont besoin des pauvres pour montrer qu’ils sont riches ....


    • chantecler chantecler 25 juin 09:36

      Je suis ravi d’apprendre qu’ayant vécu dans une cité et dans un appartement HLM pendant des années , soumis au vacarme et aux « incivilités » , qui vont tout de même des vols ,des cambriolages et des agressions , aux intrusions dans les caves ,et destructions de nos véhicules sur le parking , je vivais donc comme « dans un petit château » !

      La seule chose que je peux ajouter c’est que le loyer HLM était compatible avec mes revenus : 550€ , et que pour avoir l’équivalent en appartement privé à 200 m j’aurais du payer le double !

      C’est aussi à cette époque que les municipalités ont commencé à récupérer les logements de fonction des enseignants , entre autres pour leurs conseillers et relations .

      Mais les libertariens n’y trouveront rien à redire !

      « Chacun pour sa gueule » !


      • Jules Seyes Jules Seyes 25 juin 09:50

        @chantecler
        Je comprends votre colére, car dans l’imaginaire collectif par chateau on s’évoque Versailles. Hélas, la réalité est trés différente.
        Un chateau médiéval de petite noblesse n’est pas un lieu de luxe.
        J’ai parlé dans la phrase suivante de chateau de petite noblesse pour préciser, sans apparement réussir à contrer le préjugé, Croyez moi, c’étais plutot limité en taille, pas chauffé et la petite noblesse souffrait aussi lors des famines.
        Je vous invite à regarder la vie de la famille de Cressay dans les rois maudit :
        Une salle en pierrre, des grabats, et une table en bois. Chauffé avec une grande cheminée qui servait aussi à cuisiner

        Il ne s’agit pas de dire que c’est suffisant (J’espére que nous irons bien plus loin), mais surtout de montrer les progrés fait par rapport aux huttes des paysans. 


      • chantecler chantecler 25 juin 11:09

        @Jules Seyes
         smiley
        Salut , non je ne suis pas en colère mais plutôt amusé, un peu choqué peut être ....

        En ce moment je lis un livre intéressant de JL Beaucarnot : « ainsi vivaient nos ancêtres » que je recommande (en occasion ?)
        Ca fait belle lurette que les paysans ne vivent plus dans des huttes ...
        Même les gaulois construisaient en torchis ,en bois , en pierre , couverture = chaume , tuiles, lauzes , ardoises etc etc selon les régions et les ressources : carrières, forêts . .
        L’important était les points d’eau : puits , sources etc etc ...

        Le ravitaillement en eau était dévolu d’ailleurs à la femme , comme l’entretien du foyer , la nourriture de la famille et le soin des enfants ...


      • Jules Seyes Jules Seyes 25 juin 11:32

        @chantecler
        Pour le coup, vous avez raison, hutte est trop réducteur. Mais ces logements étaient de trés faible qualité et j#ai voulu souligner le gain entre ceux-ci et le logement moderne aussi insatisfaisant soit-il.


      • titi titi 30 juin 22:03

        @chantecler

        " soumis au vacarme et aux « incivilités »

        « 

        Le quartier de la Duchère à Lyon par exemple jusqu’au début des années 70 était un quatier paisible, qui comportait même une tour d’appartements de »haut standing".

        La population a été divisée quasiment par deux en 40 ans : les gens sont donc moins entassés

        que dans les années 60.

        Pour autant c’est devenu une zone de non droit.

        Qu’est ce qui a bien pu changer ? Hummm... une idée ?


      • Xenozoid Xenozoid 30 juin 22:13

        @titi
        ...Qu’est ce qui a bien pu changer ? Hummm... une idée ?

         c’est simple, les maitres ont décidés de vous mettre dans la même catégorie depuis qu’ils n’ont plus de choix .vous ne valez que ce que vous prétendez ......


      • toto toto 25 juin 11:09

        Tu m’excuseras Jules te polluer ton post (je me permet car je sais que tu seras sensible) Julien Assange libre aujourd’hui ....j’en pleure presque....


        • Jules Seyes Jules Seyes 25 juin 11:30

          @toto
          Excellente nouvelle, merci de l’avoir relayée.


        • jocelyne 26 juin 17:08

          comment se fait que cet article soit re-publié ?


          • microf 26 juin 21:53

            @jocelyne

            Il est tout simplement re-publié parcequ´il est bon.


          • La Bête du Gévaudan 30 juin 16:46

            la modernité complexe s’avère beaucoup plus résiliente que l’antiquité simple... nul ne dispose de savoir-faire exorbitants... le conducteur de moissoneuse-batteuse est dépendant de nombreux spécialistes en mécanique, carburants, engrais, finance, transport, import-export, médecine, droit, sécurité, culture, etc. L’interdépendance est pour tout le monde : c’est le principe de la division du travail. En dehors de micro-sociétés insulaires ou isolées, les effondrements n’ont pas conduit à un oubli général des sciences et des techniques...

            L’extension croissante du capital conduit à une amélioration constante du bien-être humain et de la liberté... n’en déplaise... L’homme primitif était dénué de tout et à la merci de tous les aléas.

            Par contre, la modernité n’épuise pas la question spirituelle. L’amélioration des conditions matérielles et même morales n’éteint pas la quête ultime. Mais c’est à chacun de faire son chemin, ce qui demande effectivement une certaine force intérieure. On ne peut pas se féliciter de la fin des tutelles religieuses (ce qui est une bonne chose) tout en se plaignant du vide spirituel de nos grandes cités ! C’est à chacun de faire son chemin intérieur. Et non de se plaindre vainement de la vacuité des choses matérielles.

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