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Ce cher Karl Marx qui nous revient par la Chine de Xi Jinping…

Le 29 octobre 2012, il paraît qu’Alexandre Mirlicourtois faisait sa tête des mauvais jours… C’est du moins ce qui paraît ressortir du contenu de la vidéo qu’il a publiée à cette date sur le site de Xerfi Canal. Elle s’intitule : « Le monde face au regain américain  », mais c’est surtout la Chine qui l’aura mis d’assez mauvaise humeur… Et pour cause, selon les derniers chiffres qui lui étaient alors parvenus…
« La croissance mondiale cale. »

Evidemment, le titre rachète tout, par avance… Une nouvelle fois, l’oncle Sam…

N’empêche, sans ces braves Yankees, tu vas voir qu’on ne pourrait que toucher le fond… En effet, selon notre Alexandre, qu’il faille se faire à l’idée que l’économie mondiale est décidément en panne depuis la grande crise de 2007-2008…
« Jusqu’ici rien de surprenant. En revanche, ce qui l’est plus c’est l’écart de performances qui se réduit entre les pays émergents et les pays développés. »

S’il y a un regain d’activité du côté des Etats-Unis, cette réduction d’écart n’est déjà plus si étonnante… Mais cela n’empêche pas Alexandre Mirlicourtois de tirer la sonnette d’alarme. C’est que, pour lui, les chiffres les plus récemment fournis, tour à tour, par les pays émergents, puis par les pays développés, sont franchement inquiétants :
« En deux ans le rythme de croissance des premiers a été divisé par deux pour atteindre à peine plus de 4% mi-2012 contre 8,4% début 2010. »

La chute est certes sensible… Mais, en y regardant à deux fois, nous nous disons que, même à 4%, l’Europe signerait des deux mains, quand la France, elle, n’hésiterait pas à signer à quatre pattes… s’il le fallait. Or, Alexandre Mirlicourtois connaît bien sûr tout cela par cœur :
« La croissance des pays développés est, elle, restée légèrement inférieure à 2%, fidèle à sa trajectoire. »

Fidèle… Le mot est vite dit !… Ce n’est certes pas par un amour démesuré de ce genre de performance que nous en restons là… Il s’agit d’une ornière… Nous ne pouvons guère qu’en convenir… Et c’est le beau tracteur des pays émergents qui devrait pouvoir nous dégager de ce très mauvais pas de côté. D’où cette soudaine question :
« Alors s’agit-il d’un simple trou d’air conjoncturel du côté des émergents ou plutôt de problèmes structurels durables ? Les deux en fait ! Bien sûr, cet affaiblissement a une composante conjoncturelle. Je veux parler du décrochage de l’Europe, principal débouché des industriels des pays émergents. »

Mais voici que, soudainement, Alexandre Mirlicourtois se fâche tout rouge contre la Chine… puisqu’elle a eu récemment cette fâcheuse tendance d’enthousiasmer une partie du patronat occidental qui s’y voyait déjà pour des décennies avec des parts de marché grosses comme ça !… Il y ont cru, eux, à ce modèle en forme de caverne d’Ali Baba :
« Un modèle basé sur la production et l’exportation de gros volumes de qualité faible ou moyenne. Un modèle dont le rendement s’épuise avec des excédents commerciaux qui stagnent, au mieux. »

Ne nous voilons donc pas la face…
« C’est le cas de la Chine qui a plafonné autour de 200 milliards de dollars sur les 12 derniers mois. »

Mais il n’y a pas que la production industrielle exportée, il y a la vente des matières premières énergétiques et minérales qui ont eu tendance à engendrer des excédents commerciaux qui se sont révélés n’être que d’assez courte durée :
« C’est le cas du Brésil dont l’excédent commercial est revenu à son niveau d’il y a 10 ans. »

N’empêche, c’est surtout la Chine qui déçoit Alexandre Mirlicourtois, parce qu’il a soudainement l’impression que la situation économique est en train d’échapper aux dirigeants de ce pays… tandis que lui-même oublie tout simplement que la Chine d’aujourd’hui est, encore et toujours, dirigée par… le parti communiste chinois qui dispose de l’exercice de la souveraineté au sein d’un Etat ouvrier et paysan qui ne s’est renié en rien dans la mise en application des critères marxistes d’interprétation de l’évolution des sociétés humaines…

Comment alors s’étonner de ce qu’Alexandre Mirlicourtois voudrait absolument pouvoir ranger dans les dynamiques de classes qui caractérisent les Etats bourgeois ?…
« Le doublement de ses coûts salariaux en dix ans en fait désormais un pays trop cher pour fabriquer des productions bas de gamme. Et il faut bien comprendre que ces hausses de salaire alimentent principalement une épargne déjà extraordinairement élevée. »

Ne voit-il pas qu’il s’agit là du résultat d’une mobilisation générale qui correspond à ce qu’exige le centre du système, c’est-à-dire le parti communiste chinois d’essence ouvrière et paysanne ? Et pourtant n’est-ce pas ce que montrent clairement les informations qu’il nous donne ici en mots et en image ?…
« Comme le montre ce graphique, l’épargne nationale a doublé entre 2006 et 2011 ce qui ne présage pas d’un recentrage de la croissance chinoise sur sa demande intérieure. »

Mais que doit-on appeler « demande intérieure » dans un pays où les moyens de production et la capacité d’épargne qui en garantit la pérennisation et le développement sont le souci de chaque citoyen et de chaque citoyenne ? Croit-on qu’il ne puisse s’agir que de devenir un jouet entre les mains des fabricants intéressés de toutes ces inutilités qui envahissent si rapidement les poubelles occidentales ?…

NB. Cet article est le cinquante-et-unième d'une série...
« L’Allemagne victorieuse de la Seconde Guerre mondiale ? »
Pour revenir au document n° 1, cliquer ici


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5 réactions à cet article    


  • Dom66 Dom66 13 mai 21:53

    Ce cher Karl Marx qui nous revient à pied par la Chine !!


    • Traroth Traroth 14 mai 10:57

      @Dom66
      Flûte, j’ai été devancé ! :D


    • Traroth Traroth 14 mai 10:57

      Karl Marx arrive à pied par la Chine ?


      • Luniterre 15 mai 04:41

        Vouloir faire l’apologie du capitalisme chinois... Pourquoi pas ?

        Vouloir remplacer l’influence d’un lobby par un autre... Pourquoi pas ?

        Toutefois, ce qui est comique, ici, c’est l’emballage pseudo « marxiste » que l’auteur se croit obligé de mettre autour de son propos...

        « ...le parti communiste chinois qui dispose de l’exercice de la souveraineté au sein d’un Etat ouvrier et paysan qui ne s’est renié en rien dans la mise en application des critères marxistes d’interprétation de l’évolution des sociétés humaines…

        .le parti communiste chinois d’essence ouvrière et paysanne... » ...etc...

        Il y en a quelques uns, en France, qui prétendent « sortir de l’UE par la porte de gauche », mais il semble bien que les capitalistes chinois ne dédaignent pas, eux, de rentrer en France par la porte « de gauche »... ça peut toujours servir... Dans bien des cas les portiers sont donc les mêmes...

        Les gonds des portes ne sont donc pas près de rouiller, même s’ils sont manifestement mieux graissés dans un sens que dans l’autre...


        Luniterre


        https://tribunemlreypa.wordpress.com/2015/09/01/de-la-structuration-maoiste-de-la-bulle-chinoise/

        https://tribunemlreypa.wordpress.com/chine-capitalisme-ou-socialisme-aux-racines-du-maoisme/

        .

        ********************


        • L'Astronome L’Astronome 15 mai 09:59

           

          Il y avait (fin XIXe siècle) le « gâteau chinois » que voulaient se partager des puissances coloniales (France, Angleterre, Japon, Russie). Juste retour des choses, la Chine entend désormais dévorer les gâteaux étrangers. Elle est en train de se casser les dents sur le gâteau américain à la Trump. Elle se retourne donc normalement vers le gâteau européen.

           

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