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Ce qui sépare le parti du prolétariat ouvrier et paysan des oh ! et des ah ! de l’opinion publique

Pour remettre les pieds sur le sol de l’intelligence humaine de base, revenons à ce que Vladimir Ilitch Lénine écrivait en février-mai 1904 :
« Devenu membre du Parti, je n’ai pas le droit d’invoquer uniquement une vague défiance, car ce serait ouvrir toute grande la porte à toutes les lubies et à toutes les extravagances des anciens cercles ; je suis obligé de motiver ma « confiance » ou ma « défiance » par un argument formel, c’est-à-dire de me référer à telle ou telle disposition formellement établie de notre programme, de notre tactique, de nos statuts. » (Vladimir Ilitch Lénine, op. cit., page 412. C’est lui qui souligne.)

Il s’agit ici d’une condition déterminante dans l’activité de tout militant, quelles que soient les responsabilités qui lui ont été confiées :
« Mon devoir est de ne pas me borner à un « je fais confiance » ou « je ne fais pas confiance » incontrôlé, mais de reconnaître que je suis comptable de mes décisions, et qu’une fraction quelconque du Parti l’est des siennes, devant l’ensemble du Parti ; je dois suivre la voie formellement prescrite pour exprimer ma « défiance », pour faire triompher les idées et les décisions qui découlent de cette défiance. » (Idem, page 412. C’est encore Lénine qui souligne.)

Tout au contraire, Gorbatchev veut obtenir qu’il ne puisse plus être question de confronter les lignes définies par les débats intervenus au sein des instances du parti, et par les décisions qui en ont découlé, avec les résultats que celles-ci ont pu avoir, qu’ils fussent satisfaisants ou pas…
« Traditionnellement, le secrétaire général présentait un rapport aux congrès du parti. Cette fois, il fut décidé de le qualifier de rapport politique. Cela permettait de faire l’économie d’une analyse routinière et fastidieuse des accomplissements passés, pour se concentrer sur les questions d’ordre stratégique. » (Mikhaïl Gorbatchev, op. cit., page 243.)

Mais qu’est-ce donc, du point de vue de Lénine, que ce congrès du parti que le secrétaire général de la pérestroïka et de la glasnost a décidé de bafouer dans l’exercice même de sa fonction principale ? Voici ce qu’il écrit dans la préface de la brochure Les ouvriers et la scission du parti qu’il rédige en juillet 1905 :
« L’instance suprême du Parti doit être le congrès, c’est-à-dire l’assemblée des représentants élus de toutes les organisations qualifiées du Parti, la décision de ces élus étant définitive.  » (Vladimir Ilitch LénineŒuvres, Tome 9, Éditions sociales 1966, page 168.)

Le caractère souverain du congrès apparaît plus particulièrement à travers ces deux règles fondamentales, dont la première vaut aussi bien pour l’élection au Comité central que pour le Politburo ou pour le Secrétariat général :
« Les élections de l’institution centrale (ou des institutions centrales) du Parti doivent être directes et avoir lieu au congrès. Les élections en dehors du congrès, élections à deux degrés, etc., sont inadmissibles. » (Idem, page 168.)

Voici la suivante :
« Toutes les publications du Parti, tant locales que centrales, doivent être absolument subordonnées au congrès et à l’organisation centrale ou locale correspondante du Parti. L’existence de publications du Parti non rattachées au Parti par des liens organiques est inadmissible. » (Idem, page 168.)

Mais, à l’inverse, si toutes les décisions du Congrès doivent être appliquées sans plus aucune discussion, le contenu de ce qui a été débattu doit pouvoir être mis à la disposition des organisations de base qui seront ainsi en situation de se positionner pour la suite, en tenant compte de la plus ou moins grande qualité des résultats finalement obtenus…

C’est ce que Lénine formule dans l’article qu’il écrit pour le Prolétari du 23 novembre 1906, sous le titre La lutte contre le « cadétisme » dans la social-démocratie et la discipline du Parti  :
« Unité dans l’action, liberté de discussion et de critique, voilà notre définition. Cette discipline est la seule digne du parti démocratique de la classe d’avant-garde. La force de la classe ouvrière réside dans l’organisation. S’il n’y a pas d’organisation des masses, le prolétariat n’est rien. S’il est organisé, il est tout. L’organisation se traduit par l’unité d’action, par l’unité dans tout le travail pratique. » (Vladimir Ilitch LénineŒuvres, tome 11, Éditions sociales 1966, page 329.)

Toutefois l’action elle-même n’atteindra les résultats que l’on est en droit d’attendre d’elle que si elle repose sur une analyse minutieuse et pertinente qui doit provenir de la base même du parti, puisque nous sommes ici dans un parti qui exprime la volonté du prolétariat ouvrier et paysan :
« Mais, bien entendu, les actes, les interventions de toute sorte n’ont de valeur que dans la mesure où ils font avancer et non reculer le prolétariat, dans la mesure où ils lui donnent une cohésion idéologique, où ils l’élèvent loin de l’abaisser, de le pervertir, de l’affaiblir. » (Idem, pages 329-330.)

Voilà pourquoi…
« …le prolétariat n’admet pas l’unité d’action sans la liberté de discussion et de critique. Par conséquent, les ouvriers conscients ne doivent jamais oublier que certaines violations graves des principes leur font un devoir de rompre tous rapports d’organisation. » (pages 329-330)

Or, ceci n’enlève rien à la rigueur avec laquelle il convient d’appliquer ce qui représente la volonté de l’ensemble du parti pour autant qu’elle reflète une vie partisane de très haut niveau d’intelligence et de courage :
« Après la décision des organes compétents, nous tous, membres du Parti, agissons comme un seul homme. » (page 332. C’est bien Lénine qui souligne.)

NB : Ce texte s'inscrit dans un ouvrage en préparation : "Les fondations soviétiques de la politique de Vladimir Poutine", dont j'avais interrompu la rédaction en août 2017 aux environs de la page 300. On pourra en trouver les différentes rubriques ici : 

https://unefrancearefaire.com/2017/08/31/a-paraitre/


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2 réactions à cet article    


  • Claudec Claudec 30 novembre 16:27

    « Unité dans l’action, liberté de discussion et de critique, voilà notre définition. Cette discipline est la seule digne du parti démocratique de la classe d’avant-garde. La force de la classe ouvrière réside dans l’organisation. S’il n’y a pas d’organisation des masses, le prolétariat n’est rien. S’il est organisé, il est tout. L’organisation se traduit par l’unité d’action, par l’unité dans tout le travail pratique. » 

    « Mais, bien entendu, les actes, les interventions de toute sorte n’ont de valeur que dans la mesure où ils font avancer et non reculer le prolétariat, dans la mesure où ils lui donnent une cohésion idéologique, où ils l’élèvent loin de l’abaisser, de le pervertir, de l’affaiblir. »

    Tout est dit. Et pour ceux qui ne comprendraient pas, l’histoire des purges et du goulag enseigne ce qu’ont été les limites et le prix de cette liberté de discussion et de critique.


    • titi 30 novembre 23:10

      « u parti démocratique de la classe d’avant-garde.  »

      Sauf que l’avant garde de 1905, elle sent quand même bien la naphtaline 115 ans plus tard… l’avant garde et devenue l’arrière garde ...

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