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Ceci n’est pas un choix politique mais une constatation

 

« Il faut éduquer le peuple afin d’enrichir nos princes » répétait à ses élèves un vieux sage de l’antiquité, avec la certitude de celui qui est dans le vrai. Voilà une phrase qui n'a pas pris une ride malgré le temps écoulé.

Les méthodes pour accomplir ce dessein reposaient sur la force militaire suivie par la sanctification du pouvoir par la grâce d'une religion qui prêchait la résignation et une vie meilleure au paradis, pour le plus grand bonheur des seigneurs.

Entre temps et malgré le chemin parcouru par l'humanité, le schéma n'a pas changé .

 

Chaque époque comporte des mécanismes appropriés pour imposer un système et le faire perdurer jusqu'au moment où une prise de conscience du déséquilibre entre possédants et dépossédés fait jour, impliquant de ce fait une rupture brutale du système, car les privilèges se défendent. Suit une période incertaine teintée d'espoir qui aboutit finalement au même schéma social, quelques têtes en moins, si l'on suit le modèle révolutionnaire.

Faisant fi de l'histoire ou peut-être convaincus que cette fois-ci tout va être différent grâce aux avancées technologiques, les élites pensent avoir trouvé la clé pour rétablir d'une manière pérenne leur domination en privilégiant la passion pour l'argent et le pouvoir, ainsi que tous les privilèges qui vont avec.

 

Suivant donc cette voie, ils ont décerné un prix Nobel à Milton FRIEDMAN, champion de « l’ultra libéralisme », devenu « le cerveau » du système actuel.

Sa méthode résumait si bien leurs ambitions, qu'elle fut adoptée par PINOCHET après un coup d’État au Chili, suivie par les USA, puis par madame THATCHER en Grande-Bretagne, puis lentement mais inexorablement par L'EUROPE des 27.

 

Ce système implique un enrichissement que l'on peut qualifier d’injuste, éhonté, brutal et irresponsable, car le seul but recherché est celui de l'accumulation monétaire en dépit de la démocratie, des droits de l'homme, de la justice et de l’écologie.

L'un des prémices prônés par les élites de la finance correspond à la globalisation : cela veut dire qu’un « trader » fait marcher la concurrence mondiale pour acheter le produit le plus intéressant au niveau de la plus-value pour nos plus gros marchands, et ceci sur toute la gamme de notre production à notre consommation, autrement dit, alimentation, santé, habillement, pièces automobiles, etc.., impliquant de ce fait une baisse de la qualité alimentaire et de celle des autres produits, la perte d'un savoir faire, la pollution accrue du fait du transport des marchandises aux prix les plus compétitifs, entraînant un esclavagisme et de graves problèmes de santé sur des femmes, des hommes et des enfants de pays défavorisés, obligés de travailler dangereusement pour un salaire de misère.

Et lorsque le « gâteau » est franchement bon comme le pétrole, l'uranium, etc …, on n'hésite pas à bombarder les récalcitrants et à aider « les méchants » afin d'atteindre des objectifs économiques, entraînant de ce fait une affluence de population en souffrance.

Déjà, en 1922, Anatole France disait : « On croit mourir pour la Patrie, on meurt pour les industriels »... L'histoire lui a donné raison...

Au niveau national, la dynamique est la même : produits frelatés, adjonction de sucres et de sel à des niveaux invraisemblables pour la conservation des aliments et la concurrence des prix, création de nouveaux besoins, enfin toute une panoplie pour remplir leurs caisses et vider en toute légalité celles des paysans et des petits producteurs locaux ainsi que les poches des pauvres victimes de la consommation à tout-va, grâce à une publicité mensongère, envahissante et abrutissante, entraînant des crédits déraisonnables, des invendus jetés sans même être donnés ni recyclés ainsi qu’une pollution étouffant à grande vitesse notre planète.

Le modèle ultralibéral, dont la devise du « Toujours plus » n'a pas de limite, privatise à tour de bras tout ce qui rapportait autrefois aux États de l'après guerre puissants et généreux : autoroutes, aéroports, électricité, gaz, ressources en eau, moyens de transports, etc...

De ce fait, ceux-ci, privés de ressources, doivent s'endetter auprès de la finance internationale qui, en presque toute légalité, a placé des sommes faramineuses dans des paradis fiscaux. Il ne faut pas oublier que les îles Caïman sont devenues le troisième créancier des USA.

 

Bien entendu, ces prêts rapportent des intérêts et la légalisation d’un « argent noir » issu de la triche, de la drogue et autres filières sanctifiées par les puissants... En fait, pour rappel seulement, après le « BREXIT », l'Europe ultralibérale vient de placer ces îles sur « la liste marron »... Peu importe ! Il n'y a que l'embarras du choix. Il ne faut pas oublier le scandale du « Panama paper ».

 

Même des secteurs qui devraient être préservés, telle que la santé publique, subissent de plein fouet l'assaut des décideurs. L’émergence des cliniques privées sur tout le territoire national, les dépassements d'honoraires qui sont les prémices d'une santé pour les riches bien différente pour le plus grand nombre. Il ne faut pas s'étonner que les opioïdes « tueurs de pauvres » s'imposent dans un pays comme les USA qui ont déjà atteint le summum de l'ultra libéralisme.

Et l'Éducation suit le même chemin…

 

Enfin, tout est bon pour parvenir à un modèle économique très avantageux pour des nantis et de ce fait mauvais pour une majorité qui « s'uberise » et survit grâce aux CDD, qui subit de plein fouet la concurrence des robots et qui aura une retraite à points vivement préconisée par les « non élus » de l'Europe ultralibérale et les assureurs privés, pas besoin de se demander pourquoi...

 

Afin « d'éduquer les peuples » pour accepter cet état de choses, Louis Althusser classifiait les modèles de domination actuels en répressifs et idéologiques de l’État auxquels il faut ajouter économiques.

Concernant les idéologiques, notre système repose sur une base soi-disant « démocratique » car les nantis nous permettent de changer de têtes mais pas de modifier le système. Dans les faits, la gauche caviar, la droite libérale, l’écologie libérale et le populisme xénophobe poursuivent au fond le même objectif économique fixé par les décideurs.

 

En ce qui concerne l’exercice de la démocratie par ces derniers, lorsque nous avons dit NON à l'Europe ultralibérale, un politicien « bien pensant » s'empressa d'imposer rapidement le contraire... Le « NON » à l'Europe de 2005 en est le meilleur exemple.

Pour faire accepter cet état de choses, les hyper riches détiennent des moyens fabuleux pour convaincre le peuple qu'il vit dans la meilleure démocratie du monde. Ils détiennent presque la totalité des moyens de communication : journaux, revues, radios, télévision, internet qui sont là pour cacher le vrai visage de la domination.

 

Ceux qui ont compris la situation et ne croient pas au ruissellement de l’argent des riches vers les pauvres en demandant une amélioration de leur sort et en manifestant ont droit au traitement répressif destiné exclusivement aux « sans dents » obtus et gêneurs, depuis peu éborgnés, handicapés... car ils empêcheraient notre « démocratie » de s'épanouir...

Une pensée pour les « lanceurs d'alertes » qui, persuadés d'avoir agi pour le bien de tous en dénonçant certaines aberrations du système, subissent de plein fouet la colère de celui-ci.

 

Quand on entend quelqu'un dire « Essayez la dictature et vous verrez »…, j'en tremble à l’avance car, comme disait mon grand-père, il n'y a pas pire aveugle que celui qui ne veut pas voir.

 

« Comme celui qui a l’argent est toujours le maître de l’autre, le traitant se rend despotique sur le prince même : il n’est pas législateur, mais il le force à donner des lois. »

Montesquieu (L’esprit des lois)

 

 

Carlos Valderrama


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6 réactions à cet article    


  • Arogavox 4 mars 22:56

    « les élites pensent avoir trouvé la clé » 

      ce qui est assez marrant (bien que les blagues les plus courtes sont les meilleures) c’est lorsqu’on est harcelé par une de ces zélites auto-proclamées qui s’ingénie à tomber dans tous les pièges qui lui font démonter Elle-même la fausseté du dogme qu’Elle martèle en se couvrant de ridicule sans jamais révéler cette foutue clé qu’Elle prétend trop facile à trouver !
     


    • Arogavox 4 mars 23:26

      cf la conclusion de cet article :

      "Quand on entend quelqu’un dire « Essayez la dictature et vous verrez »…, j’en tremble à l’avance car, comme disait mon grand-père, il n’y a pas pire aveugle que celui qui ne veut pas voir.

      "


    • Arogavox 4 mars 23:08

      Plus sérieusement (ou pas), il est intéressant de remarquer le choix du verbe dans : « il faut éduquer le peuple ».

        Il est vrai qu’un peuple qui se contenterait d’être instruit risquerait de trop bien connaître cette étymologie :

      éduquer _ du latin ex-ducere, guider, conduire hors.

      Duco a ensuite pris le sens de « mener, conduire » cf duce, duc (... éduquons ! ;))


      • Hugo Drax Hugo Drax 5 mars 08:58

        @Arogavox
        À ce que j’ai compris de De la Boétie, on a tout loisir de dîner avec le Diable si l’on a une grande cuillère.
        cf Les adhésions franc-maçonnes pour obtenir des marchés publics ou grimper les échelons ripoublicains. 


      • Vivre est un village Vivre est un village 5 mars 16:40

        « Comme celui qui a l’argent est toujours le maître de l’autre, le traitant se rend despotique sur le prince même : il n’est pas législateur, mais il le force à donner des lois. »

        Montesquieu (L’esprit des lois)

        Le terme traitant désigne les personnes qui ont passé un traité de finances avec le roi de France. En ce sens, ils sont aussi appelés financiers.

        Les traités de finances sont des contrats signés au conseil du Roi entre le pouvoir royal d’une part, et un prête-nom qui représente la personne qui se charge d’exécuter ce contrat d’autre part. Cet exécuteur s’appelle le traitant. Le contrat mentionne :

        • l’affaire prise en charge
        • le montant financier attendu par le roi
        • les modalités de versements

        Le traitant doit donc avancer une somme d’argent au roi avant une certaine date. Il se rembourse par la suite, en tirant un bénéfice, sur les sujets concernés. C’est la raison pour laquelle ils étaient particulièrement détestés. La plupart des traitants n’interviennent qu’une fois (entre 65 % et 70 % d’entre eux). Les autres restent longtemps en place et brassent des sommes d’argent considérables. Certains se spécialisent dans un certain type d’activité comme la perception de l’impôt. La majorité des traitants sont des Parisiens, comme Paul Poisson de Bourvallais sous Louis XIV qui a souscrit plus de cent traités.

        https://fr.wikipedia.org/wiki/Traitant


        • L'Astronome L’Astronome 6 mars 11:25

           

           « Essayez la dictature et vous verrez »

           

          Mais nous sommes DÉJÀ en dictature

           

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