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Cette Allemagne qui va de « miracle économique » en « miracle économique »

Au-delà de l’exceptionnelle réussite de l’Allemagne dans le domaine de l’économie, un facteur déterminant pour celle-ci lui est également favorable : il s’agit de l’immigration massive, chez elle, de travailleurs venus d’Europe et d’ailleurs. La vidéo publiée par Alexandre Mirlicourtois le 25 juin 2013 va nous permettre de préciser les choses, et nous fournir une occasion rêvée de remonter plus haut dans le temps pour mesurer en quoi ce phénomène n’est pas nouveau pour ce pays, et comment il a pu autrefois jouer un rôle essentiel pour son relèvement très vite après la fin de la Seconde Guerre mondiale qui l’avait condamné à une capitulation sans conditions…

Alexandre Mirlicourtois place sa réflexion dans le champ de l’évolution inquiétante, pour la France et pour l’Allemagne, du ratio entre les actifs et les « inactifs potentiels (les moins de 20 ans et les plus de 65 ans) » et donc des problèmes de financement de la dépendance en général pour chacun des deux pays et à plus ou moins longue échéance.

La situation économique très florissante de l’Allemagne a quelques conséquences qui ne sont pas le lot de la France, nous dit-il :
« Et l’Allemagne profite de sa position dominante au sein de l’Europe et de la zone euro en menant une politique d’immigration de grande ampleur pour pallier son déficit d’actifs / cotisants. »

De fait, elle agit en pleine continuité avec ce qu’elle a mis en pratique depuis longtemps déjà… mais en n’hésitant pas à appuyer encore un peu plus sur le trait :
« Et après la vague des Turcs, des travailleurs de l’Est, l’immigration a pris une nouvelle tournure. »

Tout ceci ne vaut pas seulement pour les futurs résultats que lui promettent ces travailleuses et travailleurs. Il s’agit d’une richesse qui s’offre sans contrepartie… pour ce qu’elle est d’ores et déjà :
« Elle vise des personnels qualifiés dont l’économie allemande a besoin chez elle pour conserver ses positions. »

D’avance, cette main-d’oeuvre appartient donc à l’ensemble de ce qui constitue la force de frappe de l’impérialisme économique allemand. C’est-à-dire qu’elle se range dans l’élite ouvrière et technique qui sous-tend les activités économiques de l’une des puissances industrielles les plus réputées au monde… Et ceci, pratiquement, du jour au lendemain.

Avec Alexandre Mirlicourtois, énumérons-en les principales composantes :
« En 2012, l’Allemagne a accueilli plus de 1 million d’immigrés, dont près de 150 000 en provenance de l’Europe du Sud. Entre 2011 et 2012 l’immigration en provenance de Grèce a bondi de 42%, d’Italie 37%, d’Espagne 33%, du Portugal 22%. »

Ces gens-là savent pour quelles raisons ils ont choisi ce pays plutôt qu’aucun autre… Et ce pays lui-même sait pourquoi il les accueille… Il s’agit de mettre en valeur les richesses productives qui sont en eux et dont le financement s’est trouvé honoré dans leurs pays d’origine… qui sont, par ailleurs, bien plus pauvres que l’Allemagne elle-même… raison supplémentaire de s’en extraire sitôt que les frais d’élevage, d’éducation et de formation y ont été dûment payés sur le dos d’une misère sans beaucoup de recours…

Laissons Alexandre Mirlicourtois nous résumer cela en quelques mots :
« Des travailleurs qualifiés qui ont grandi et été formés dans leurs pays d’origine. Autrement dit, qui n’ont rien coûté à l’Allemagne. Et ironie de l’histoire, ces hommes et ces femmes vont chercher en Allemagne des emplois que la crise, que la crise de l’euro et la politique d’austérité imposée par Berlin, ne leur offre plus chez eux. »

Magistral !… Mais l’Allemagne avait déjà goûté à ce genre de plat dès après la Seconde Guerre mondiale… Ouvrons, à la page 380, la traduction française de l’ouvrage de Dennis L. Bark et David R. GressHistoire de l’Allemagne depuis 1945, publiée chez Robert Laffont en 1992 :
« En janvier 1951, la République fédérale comptait déjà 9,4 millions d’habitants de plus qu’en 1949, grâce aux réfugiés des provinces orientales qui arrivèrent entre 1944 et 1950. Pendant les années cinquante, sa population s’accrut encore de 3,6 millions de personnes. Fait d’une importance considérable, ce dernier groupe était en grande partie formée de jeunes, de travailleurs qualifiés ou de diplômés de l’enseignement supérieur. »

… qui venait de la « terrible » Allemagne de l’Est… Comme quoi… Quant au camp d’en face – la République fédérale d’Allemagne -, nous en apprenons, indirectement, de bien belles :
« La RDA [République démocratique d’Allemagne, bloc communiste !] formait en moyenne deux fois plus d’ingénieurs que la République fédérale, mais les ingénieurs diplômés en RDA ne représentaient en 1955 que 0,07% de la main-d’œuvre totale, un pourcentage largement inférieur à ceux que l’on relevait dans la majorité des pays industrialisés. En effet, la plupart des diplômés est-allemands s’étaient réfugiés en Allemagne de l’Ouest, où ils constituaient 0,3% d’une main-d’œuvre beaucoup plus nombreuse, soit quinze fois plus en chiffres absolus. » (Idem, page 380)

Voici donc pour la seule « main-d’œuvre  »… Mais ce n’est bien sûr pas tout :
« La situation était la même dans d’autres professions, dans le corps médical par exemple ou chez les enseignants des disciplines scientifiques. » (Idem, page 380)

En monnaie sonnante et trébuchante d’une époque où la RFA n’en avait pas encore beaucoup, il paraît que cela constitue une économie de frais de formation tout à fait considérable…
« Si l’on estime à 15.000 marks par tête le coût de formation pour ce type de métiers, la République fédérale « économisa » plus de 30 milliards de marks en frais d’enseignement dans les seules années cinquante, grâce à l’attirance qu’elle exerçait sur les Allemands de l’Est.  »

Et pour conclure ce passage très instructif, les deux auteurs, membres de l’Institut Hoover et anticommunistes comme on n’en fait plus, utilisent avec une justesse confondante ce langage assez typiquement marxiste qui nous donne effectivement le fin mot de toute cette Histoire qui se recommence aujourd’hui sous les applaudissements de tout ce qui se veut européen :
« Ce fut l’existence et l’exploitation de ce capital humain qui distingua le miracle économique allemand des booms ou des périodes de croissance que purent connaître d’autres pays. Cette réserve presque inépuisable d’ouvriers hautement qualifiés – et qui voulaient travailler – apporta une grande souplesse à l’économie de l’Allemagne de l’Ouest tout en ouvrant un immense marché, qui fournissait tout à la fois de la main-d’œuvre et des consommateurs. » (page 381)

NB. Cet article est le soixante-huitième d'une série...
« L’Allemagne victorieuse de la Seconde Guerre mondiale ? »
Pour revenir au document n° 1, cliquer ici


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23 réactions à cet article    


  • zygzornifle zygzornifle 1er juin 14:09

    Cette France qui va de catastrophe économique en catastrophe économique,

    L’Allemagne défend son industrie même contre les concurrents Européen alors que la France laisse tout couler , nos ministres sont les paons imbus de leur personnalité qui prennent des poses devant la caméra et roulent les mécaniques , des beaux parleurs aussi efficace que l’homme de paille d’Alice au pays des merveilles ....


    • stef 2 juin 22:32

      @zygzornifle
      Bien vu  l’arrogance française est une réalité 


    • Buzzcocks 3 juin 15:31

      @zygzornifle
      Heureusement qu’on vous a pour remonter le niveau


    • Emohtaryp Emohtaryp 1er juin 14:11

      Miracle économique ??????? smiley

      Allez donc voir les comptes de la deutsch bank pour rigoler un peu......


      • Michel J. Cuny Michel J. Cuny 1er juin 14:43

        @Emohtaryp
        Bravo ! On sent que vous avez beaucoup étudié et beaucoup réfléchi... Vous en avez d’autres du même niveau ?...


      • Le421 Le421 2 juin 08:34

        Un mot sur le taux de pauvreté en Allemagne ?

        Enfin, je ne sais pas moi, je pose la question.

        Parce qu’un pays magique, comme celui-là, doit avoir des salaires mirobolants pour tous et un taux de pauvreté dérisoire... Moins de 1% par exemple !!

        Sinon, ça ne sert à rien !!

        C’est de l’esbroufe, non ??


        • Le421 Le421 2 juin 08:36

          @Le421
          Quoi ?
          5 millions de mini-jobs à moins de 450€/mois comme seul revenu...
          On lit n’importe quoi sur internet.
          Sans déconner.  smiley


        • foufouille foufouille 2 juin 08:57

          @Le421
          et aussi ramasser les asperges pour 3.45€ brut par heure. boulot bientôt remplacer par un robot.


        • stef 2 juin 22:35

          @Le421
          la plupart des salariés sont bien payés en Allemagne et la vie y est moins chère tant dans l’immobilier que la nourriture
          les profs allemands sont payés le double des profs français donc la France en’a sûrement pas de leçon s à donner à l’Allemagne 


        • jmdest62 jmdest62 3 juin 06:57

          @Le421
          Salut l’ami
          Pour le mini-jobs vous avez raison , mais un mini-job à 450 Euros/mois pour un roumain , un ukrainien , un bulgare , un grec ...c’est « Bysance ».
          J’ai travaillé pour Renault/Dacia , en Roumanie , il y a 15 ans . La Roumanie ne faisait pas encore partie de l’UE.
          Salaire , à cette époque , d’un ingénieur diplômé de l’école polytechnique de Bucarest = 180 à 200 Euros / mois.
          Pratiquement tous les jeunes ne rêvaient que d’une chose : émigrer en Allemagne , France , Canada.....et à l’adhésion de leur pays à l’UE.
          cordialement
          @+


        • Spartacus Spartacus 3 juin 08:49

          @Le421
          A Monaco les gens en dessous du taux de pauvreté sont plus riche que la moyenne des Français. 

          Un taux de pauvreté correspond a un revenu médian.
          Il ne veut rien dire sans voir ce que l’on obtient avec un « revenu » médian.

          Avec une TVA plus faible, l’ensemble des produits manufacturés sont moins chers. Et pas qu’un peu.

          Le foncier première dépenses des ménage est le double en France qu’en Allemagne.
          https://altitude-realty.com/fichiers/bibliotheque/graphique3-revenus.png

          Même avec un « taux de pauvreté » plus élevé, un Allemand pauvre a plus de moyen de s’en sortir.
          Dans l’indice des prix, il n’y a que les prix dans l’avion Low Cost que la France est plus compétitive que l’Allemagne.



        • mmbbb 3 juin 09:26

          @Spartacus Le Pen a trouve la formule «  les allemands sont dans un cercueil en or » Le taux de natalite des allemands notamment aussi des européens de souche est en baisse . Dans une géneration l Allemagne sera turque ou presque . 

          https://www.robert-schuman.eu/fr/questions-d-europe/0462-europe-2050-suicide-demographique

          In fine a quoi sert cet excedent commercial .

          Quant au foncier en France , il est vrai que les francais n aime guere leur industrie et prefere speculer sur l immobilier . Une mentalite de rentier Lorsque les ministres d Hollande avaient communiquer leur patrimoine , aucun n avait au moins un CODEVI . C ’est notre etat d esprit et c est fort dommage 

          Quant a la recherche , l Allemagne et l Angleterre nous devancent et c est aussi fort dommageable 

          Il est aussi vrai que notre brillante élite ne voulait d industrie dans les annees 1990 dont le Tchuruk patron d Alcatel . Funeste erreur d appréciation puisque l Allemagne a conserve une industrie forte . L Europe n a pas suivie et les pays du sud ont decroche voir la conférence de Coralie Delaume et les conférences de TODD 

          Ce pays a ete bradé Les francais ont l elite qu ils méritent 
           


        • Spartacus Spartacus 3 juin 11:24

          @foufouille
          Encore une insulte.  smiley
          Toujours aussi frustré de n’être rien et essayer de le compenser par la vulgarité ?

          Coût du logement n’est pas le coût du foncier.


        • mmbbb 3 juin 12:56

          @Spartacus c est tout de même lié , Si vous achetez un terrain a bâtir ou l immobilier est cher, celui ci le sera d autant . Exemple particulier , Chmonix Thonon les bains, le terrain a batir est aussi cher qu uen villa dans d autres regions 


        • foufouille foufouille 3 juin 14:16

          @Spartacus
          c’est une question et le prix du foncier est pris en compte dans mon lien car les proprio sont inclus.
          ton RSA arrive bientôt, pauvre péripate.


        • Spartacus Spartacus 4 juin 11:38

          @mmbbb
          En Bavière, là ou il y a 1.5% de chômage, le foncier est plus cher mais c’est là aussi qu’il y a le moins de pauvres.

          A part Berlin, et quelques exceptions, dans tous les Landers ex Allemagne de l’est le foncier est dérisoire.
           


        • foufouille foufouille 4 juin 11:50

          @Spartacus
          je viens de chercher et j’ai pas vu ton dérisoire mais des prix de vente normaux .........


        • victormoyal victormoyal 3 juin 09:20

          « miracle économique » par des dirigeants qui défendent leur pays...pas comme la France entre les mains de voyoux !


          • Gasty Gasty 4 juin 14:11

            @ l’auteur

            Et alors ? Quel en sont vos conclusions ou qu’attendez-vous de nous ?

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