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Accueil du site > Tribune Libre > Cette guerre que l’Allemagne a déclarée à une France qui n’en (...)

Cette guerre que l’Allemagne a déclarée à une France qui n’en sait toujours rien…

Et nous retrouvons Olivier Passet pour sa vidéo du 11 avril 2013… Elle débute par une question à laquelle répond une formule qui sonne comme un véritable coup de tonnerre…
« La crise serait-elle en train d’attiser la concurrence fiscale en Europe ? Oui mais la déclaration de guerre ne vient pas de là où l’on croit. »

Ah bon ! Une guerre… Voyons tout d’abord de qui elle n’émanerait pas…
« Chacun a encore en tête les propos de David Cameron en marge du G20 de juin 2012… Ce fameux tapis rouge qu’il promettait de dérouler sous les pieds des entreprises s’évadant de l’enfer fiscal français. La menace semble en passe d’être réalisée. »

C’est ici le « semble » qui doit nous convaincre du caractère finalement bénin de ce genre d’attaque, mais, tout de même, regardons-y de plus près avec Olivier Passet :
« L’impôt sur les sociétés sera ramené à 24% à partir d’avril. Une baisse par palier, partant de 30% en 2008… avec pour objectif, 22% en 2015. Le Royaume-Uni dispose ainsi du taux le plus bas du G7. La mesure s’ajoute à l’abaissement de 5 points du taux de la tranche maximale de l’impôt sur le revenu. »

… et ce ne serait pas vraiment là ce qu’il y aurait de plus inquiétant dans la situation de la France… Voyons ailleurs…
« Que dire aussi de la résistance irlandaise face à la pression européenne de majorer son impôt sur les sociétés ? Même au pire de la tourmente financière, l’Irlande a maintenu son taux à 12½ %. Aucun gage de solidarité fiscale alors même que le pays faisait jouer la solidarité financière européenne en sa faveur. »

Et ce n’est pourtant pas non plus de ce côté-là qu’il faudrait redouter la guerre…
« Bis-repetita avec Chypre. À l’agonie financière, le pays n’a concédé qu’une hausse de 2½ pts de son taux d’impôt sur les sociétés. Hausse dérisoire partant de 10%. »

Décidément, nous ne voyons pas de quel côté pourrait émerger l’« ennemi »… Et Olivier Passet de s’interroger avant de nous livrer le fond de sa pensée :
« Y aurait-il donc un syndrome insulaire d’égoïsme fiscal ? Pas sûr. La question serait plutôt de savoir si l’on laisse vraiment aux pays périphériques l’option de jouer une autre carte. »

Ça y est !… L’animal est dans la boîte. Mais pour l’instant, ce n’est encore que sous un pseudonyme : « on »…

Quoi qu’il en soit du côté déplaisant de l’attitude de la Grande-Bretagne, de l’Irlande ou de Chypre, elle ne serait que le résultat obligatoire d’une manœuvre venue d’ailleurs… et à laquelle il ne serait guère possible de se soustraire. D’ailleurs… Mais, d’où ?

« Regardons un instant la carte de l’impôt sur les sociétés en Europe. Ce qu’il faut avoir en tête, c’est que l’impôt sur les sociétés devrait être inversement proportionnel à la distance d’un pays au centre du marché. Un pays central, doté d’infrastructures de transport denses et de qualité, d’une main d’œuvre qualifiée, peut tolérer un impôt élevé. Les entreprises sont prêtes à payer cher en échange de l’avantage géographique et infrastructurel de ce pays. »

Arrivé là, Olivier Passet n’y va pas de main morte…
« Ce qui saute alors aux yeux en regardant la carte d’Europe, c’est que l’anomalie est en son cœur et non en sa périphérie. Disons les choses directement. L’anomalie est allemande. »

C’est donc, l’Allemagne qui, à sa façon, a déclaré la guerre à cette partie de l’Europe qui occupe ses façades occidentale et méridionale, et puis, tout spécialement à la France… Et pourquoi l’anomalie guerrière en question doit-elle être placée sous la responsabilité de la seule Allemagne ? Voici la réponse que fournit Olivier Passet :
« Tout simplement parce que l’Allemagne dispose d’un avantage géographique et infra-structurel hors du commun… et qu’elle organise dans le même temps une véritable dépression fiscale en faveur de ses entreprises. »

L’accusation est certes d’une extrême gravité, mais elle ne fait que correspondre à l’ordinaire des rapports qu’un impérialisme conquérant, et déjà assez largement vainqueur, se doit d’entretenir avec les pays qui sont devenus ses vassaux…

Le voici donc, ce vainqueur, et ce qui a fini par lui garantir un succès dont on peut redouter qu’il soit tout ce qu’il y a de mieux assuré pour très longtemps :
« Primo le taux d’impôts sur les sociétés en Allemagne n’est que de 15% sur sa partie occidentale, Il était de 25% en 2008. Deusio, l’appareil productif sous-traite une grande partie de sa production dans les PECO. Et ce fameux hinterland bénéficie également de taux d’imposition très faibles ….Ils oscillent entre 19% et 20%. »

Voilà pour cette Europe centrale et orientale qui a permis à l’Allemagne post-soviétique de redevenir centrale elle-même… dans une Europe où elle accumule toutes sortes d’avantages qui valent très largement ceux offert en mai-juin 1940 aux troupes de Guderian bien dopées par l’état-major français qui leur avait très gentiment ouvert les portes de Sedan (cf. ce général Huntziger, dont le sous-secrétaire d’Etat à la Guerre – un certain Charles de Gaulle – aurait voulu faire le généralissime des troupes françaises dans les tout premiers jours de juin 1940… Pour les éléments de preuve, c’est ici)

Ces avantages d’aujourd’hui… les voici, tels qu’Olivier Passet nous les livre dans ce qui est peut-être une grande colère très retenue :
« Centralité renforcée avec l’ouverture à l’Est. Coûts intermédiaires réduits grâce à la sous-traitance dans les PECO. Modération salariale, notamment dans les services. Coûts fixes réduits des entreprises liés au faible prix du bâtiment commercial. Et les mécanismes de polarisation industrielle en union monétaire amplifient de surcroît l’avantage initial des régions dominantes. » 

Voilà qui fait beaucoup… Mais inutile de se bercer d’illusions, il y a la suite :
« Fallait-il vraiment ajouter à cela un avantage fiscal ? Quelle chance de viabilité industrielle l’Allemagne laisse-t-elle à ses partenaires ? Notamment ceux de la périphérie ? Pratiquement aucun. »

Nous revoici donc, bel et bien, sous la botte…

NB. Cet article est le soixante-deuxième d'une série...
« L’Allemagne victorieuse de la Seconde Guerre mondiale ? »
Pour revenir au document n° 1, cliquer ici


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11 réactions à cet article    



    • Areole 27 mai 14:47

      Euh... A vous lire j’ai les yeux qui sautent. Vous faites beaucoup de citations sans aucun lien logique ni démonstration. Désolé de ne pas pouvoir faire ce travail à votre place.

      Merci de bien vouloir vous fendre d’une tentative de justification de ce que vous avancez. 

      PS : La France a détruit son capital industriel, qui avait été construit sous le gouvernement de De Gaulle, sans que l’Allemagne n’est à jouer le moindre rôle dans ce massacre économique...Enfin jusqu’à ce que vous me prouviez le contraire.


      • Michel J. Cuny Michel J. Cuny 27 mai 15:00

        @Areole
        Merci pour votre commentaire.
        Comme vous avez pu le voir, cet article s’insère dans une série qui en compte, pour l’instant, un peu plus de soixante, qui sont accessibles à partir de l’un quelconque de ceux qui sont publiés ici.
        Par ailleurs  et pour d’autres informations -, je constate que j’en suis à avoir publié 333 textes sur Agoravox... accessibles eux aussi. Un grand nombre d’entre eux évoquent Charles de Gaulle...


      • gerard JOURDAIN 27 mai 15:16

        heu... pourquoi ne fait-on pas pareil, plutôt que de jalouser ?

        ou bien ne soyons pas jaloux...et quittons l’Europe.


        • ZenZoe ZenZoe 27 mai 15:22

          L’Allemagne joue perso, l’Irlande, Chypre et le Royaume-Uni aussi. Et sans doute les autres pays aussi. Cà alors, quelle claque !

          On ne peut pas reprocher à un pays de défendre ses propres intérêts, avant même ceux d’une union quelle qu’elle soit. C’est normal.

          Et défendre ses intérêts, ça veut quelquefois dire qu’on marche sur ceux des autres. Ca, c’est la loi de la jungle,qui est éternelle et immuable en ce monde.

          Qu’attend donc la France pour se battre, au lieu de chouiner ?


          • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 27 mai 15:27

            @ZenZoe

            La France aime le couple franco -allemand...c’est même elle qui mord l’oreiller depuis toujours. Et les prolos français qui ont mal au cul .


          • ZenZoe ZenZoe 27 mai 16:25

            @Aita Pea Pea
            Ah, un peu cru pour moi qui suis si pudique, mais pas faux smiley


          • troletbuse troletbuse 27 mai 16:41

            @Aita Pea Pea
            Oui mais Micron aussi. A cause des résultats des européennes et aussi à cause d’une autre raison parfois, quand il n’a pas mal aux dents..


          • hugo BOTOPO 27 mai 16:46

            Le pus grand des avantages pour l’Allemagne est celui que l’on ne veut pas voir ! Et cela dure depuis les années 70 : l’avantage qui nous écrase c’est la FAIBLE DÉMOGRAPHIE allemande !

            Depuis 72 les décès sont supérieurs aux naissances, lesquelles ont fondu d’un maxi de 1 300 000/an (au maxi) à un mini de l’ordre de 650 000/an : les effectifs dans les écoles, collèges et lycées ont fondu : les coûts « d’élevage » (santé, accouchements, écoles, collèges, lycées, études supérieures et apprentissages, équipements sportifs, allocations familiales, réductions d’impôts, cantines scolaires en partie subventionnées...) vont de 200 000€ à 250 000€ en simples dépenses publiques, selon le niveau de formation, pour chaque jeune arrivant sur le marché du travail.

            L’immigration de main-d’oeuvre est de l’ordre de la dizaine de millions et rien qu’entre 2000 et 2015, avant la vague de réfugiés, 5 millions (350 000/an) de jeunes travailleurs bien élevés et formés aux frais de leurs pays d’origine, principalement originaire de l’Europe centrale et du l’Europe du Sud ont rejoint l’Allemagne sans que leurs pays d’origine soit indemnisé.

            Au tarif minimum allemand cela correspond à une économie en dépenses publiques de 1000 milliard€ (sur 15 ans), et chaque année à au moins 70Md€. Quel avantage énorme oublié pour pouvoir baisser les taux d’impositions !!!

            Et cerise sur le gâteau, une grande partie des excédents commerciaux de l’Allemagne est « payée » par ses clients de l’UE (déficitaires) ! Dans ces excédents il y a une part importante en charges sociales et en impositions, payée par les pays clients déficitaires !


            • baldis30 28 mai 17:59

              bonjour,

               un peu hors sujet mais pas tout à fait :

              Merkel aurait des problèmes si on en croit une information relative à un conflit de communication entraînant une réaction vive sur les réseaux sociaux avec « censure, AAK démission » en raison d’une publication de youtube .... 

              « Le Capitole serait-il enfin proche de la roche tarpéienne » 

              Si cela se produisait ce serait une donne intéressante pour bien des peuples européens ( tous ? pas tout à fait ... Luxembourg, Malte,.... ). Soutenu par les américains, l’euro-germanisme reste fragile...et vit sur sa réputation exactement comme certaine monnaie de singe ... 


              • aliante 29 mai 19:12

                l’ex ministre de l’économie de Shroder a dit que l’Allemagne n’avait jamais autant gagné avec l’Ue et l’euro qu’en deux guerres

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