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Cette vieille France qui se rit de nos ignorances…

Grâce à la vidéo publiée le 9 octobre 2012 par Olivier Passet sur le site de Xerfi Canal (https://www.xerficanal.com/), nous allons pouvoir revenir sur les conditions d’établissement du budget de l’Etat français pour l’année 2013. C’est le gouvernement Ayrault qui est à la manœuvre. Par lui-même, le titre de cette vidéo n’est pas spécialement rassurant : « Rigueur : ça passe ou ça casse  ». Il paraît qu’il était alors question de frapper fort pour ne pas avoir à frapper longtemps… Et, de fait…

« Entre les recettes nouvelles et les coupes de dépenses promises ou votées entre juillet et septembre, ce seront 45,2 milliards d’euros qui seront prélevés sur les ménages et les entreprises l’an prochain. »

Comme on le sait, dans l’Europe de ce temps-là, la rigueur était avant tout d’origine allemande… et son objectif était de ne surtout pas nuire à la richesse acquise en capital-argent, mais, au contraire, de permettre à celle-ci de s’accroître encore et encore sans trop courir elle-même l’aventure de l’investissement productif.

On laissait ce soin-là, mais surtout le soin de se faire des cheveux blancs, aux entrepreneurs sans capitaux personnels, et tout spécialement à ces auto-entrepreneurs qui servent à masquer une déqualification professionnelle massive de tout un pan de l’économie française… et surtout une ruine plus ou moins inéluctable de ses instruments de production…

Quant au budget, il s’applique sur une tuyauterie qui ne s’est pas mise en place au hasard, et dont les circuits très compliqués ne pourraient s’expliquer qu’en remontant peu à peu à travers l’Histoire de France, et à travers, donc, les rapports de classe qui se sont exprimés de façon diverse, et toujours en liaison avec la finance internationale… qui était, elle aussi, bien présente au moment de la création de la Banque de France…

Mais arrêtons-nous quelques instants à cette dernière. Simplement pour signaler qu’elle se situe dans le prolongement de la réflexion d’un ancêtre de celui qui fut le premier président (en 2000) de ce qui s’est alors appelé le MEDEF : Ernest-Antoine Seillière de Laborde (photographie jointe)… Il s’agit de François Laborde de Méréville qui se fera mieux connaître – ainsi que son projet de Banque nationale – à l’occasion du discours prémonitoire qu’il aura prononcé devant la Constituante le 5 décembre 1789, c’est-à-dire – et cela mérite d’être souligné – un peu moins de 150 jours après la prise de la Bastille…

On peut, en particulier, y lire ce passage où il évoque d’abord une solution qui lui paraît aberrante, pour ensuite avancer la sienne… Quant à la liste des Actionnaires qu’il se sent en mesure de fournir pour leur permettre d’offrir les 150 millions de livres nécessaires qu’il faudra ensuite rémunérer à 6 %, elle est déjà prête…
« […] une Banque vraiment nationale, c’est-à-dire dont la Nation ferait les fonds, dont elle dirigerait les opérations, dont elle serait garante, serait peu utile et […] la Nation n’en retirerait pas les mêmes avantages que d’une Banque de secours, fondée et dirigée par des Actionnaires. » (Michel J. Cuny – Françoise Petitdemange – Christine CunyErnest-Antoine Seillère – Quand le capitalisme français dit son nom, Editions Paroles Vives 2002, page 157. Livre électronique accessible ici)

Or, François Laborde de Méréville était le fils de ce Jean-Joseph de Laborde qui aura été banquier de Louis XV et introducteur de la petite Marie-Antoinette dans le royaume de France, puis qu’on avait vu se faire guillotiner par la Révolution le 18 avril 1794 pour quelques malversations financières. Ce banquier, connu pour ses liens financiers avec l’Europe de ce temps-là, avait épousé, le 9 septembre 1760, Rosalie-Claire-Joséphine Nettine, fille de Barbe-Louise Nettine, banquière installée à Bruxelles (Pays-Bas autrichiens) de Sa Majesté l’impératrice reine Marie-Thérèse d’Autriche (la maman de Marie-Antoinette… comme quoi…), et qui se trouve ainsi être une ancêtre, en septième génération, d’Ernest-Antoine Seillière

Ma pauvre France, sais-tu vraiment qui sont les gens (De Gaulle, y compris) qui te tiennent par le bout du nez ?…

Mais revenons à Olivier Passet et à ce budget pour 2013…
« Le pari que fait le pouvoir c’est que l’épargne française abondante jouera le rôle d’amortisseur. »

Que peut bien vouloir dire cela ?… Que certain(e)s vont, pour consommer toujours autant, recourir au bas de laine pour remplacer ce qu’ils vont devoir lâcher ou ce qu’ils ne vont pas recevoir… On voit bien ici la gymnastique habituelle aux pauvres gens…

Or, ce n’est pas tout à fait de cela qui est ici en question… Patience !

NB. Cet article est le trente-neuvième d'une série...
« L’Allemagne victorieuse de la Seconde Guerre mondiale ? »
Pour revenir au document n° 1, cliquer ici


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3 réactions à cet article    


  • George L. ZETER George L. ZETER 2 mai 12:40

    juste voir la gueule du baron, me donne la seilliere néphrétique !


    • QAmonBra QAmonBra 2 mai 16:20

      Merci @ l’auteur pour le partage.

      « Trop bon trop con » est une expression populaire que nous le Peuple pouvons appliquer à nous mêmes sans retenue.

      C’est d’ailleurs pour cela que certains, foncièrement intéressés et pour qui naïveté et gratuité du geste sont manne divine, source intarissable de profit et depuis des siècles, nous nomment les gentils, entre autres qualificatifs. . .


      • Ruut Ruut 3 mai 14:29

        Qui vote comme un con n’as plus de pognon.

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