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Accueil du site > Tribune Libre > Ceux qui défigurent le monde et ceux qui l’envisagent (...)

Ceux qui défigurent le monde et ceux qui l’envisagent autrement

C’est une maladie fort répandue chez les intellectuels français, qui ont pour tradition de donner des leçons au peuple, de ne pas conformer leur discours à leurs actes. Tout comme aucun des politiques, urbanistes et architectes complices n’habiterait les barres de béton où ils parquent les pauvres.

Bernard Arnault, l’homme le plus riche de France, le financeur de la campagne de Macron (qui habille gratuitement Brigitte Macron) a détruit le bâtiment historique de La Samaritaine au cœur de Paris, datant des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles, pour le remplacer par un de ces trucs en verre qui deviennent de plus en plus laids avec les années, et déparent lamentablement avec les immeubles environnants. Et « pour construire cela, il a fallu piétiner allègrement tous les règlements existants, parce qu’on ne refuse rien à Bernard Arnault », écrit Didier Rykner (auteur aussi de la photo du nouveau bâtiment) dans La Tribune de l’art.

 La surévaluée Fondation Louis Vuitton du même milliardaire, gros machin de verre et d’acier construit par Franck Ghéry, sans être aussi vilaine que cette nouvelle Samaritaine, reste à mon sens d’une grande médiocrité architecturale, tant dans sa forme et ses couleurs extérieures que dans ses espaces intérieurs. Pourquoi les riches se piquent-ils, après avoir piqué l’argent des peuples, de décider de l’environnement, de la culture et de la politique à mettre en place ? Parce qu’il faut toujours plus de pouvoir pour se maintenir dans une position injustifiée et artificielle. Et parce qu’il leur faut aussi pour cela le prestige – aisément obtenu à coups de réalisations épate-bourgeois, épate-journalistes – et l’illusion d’être des influenceurs à la façon des artistes ou des intellectuels. Malheureusement leur tricherie fondamentale se retrouve aussi chez nombre d’artistes et d’intellectuels, corrompus financièrement, ou politiquement, ou moralement, ou les trois à la fois.

 Nous voyons ces temps-ci éclater plus que jamais l’imposture de soixante-huitards et autres gauchistes ou progressistes désormais macronistes qui acceptent sans sourciller, voire défendent d’arrache-pied, des politiques iniques et ce qui les accompagne : violences policières et restrictions des libertés publiques. La trahison est écœurante mais n’est pas étonnante. D’une part parce qu’avoir soutenu le stalinisme ou le maoïsme prédispose très bien à soutenir n’importe quel autoritarisme ou fascisme. D’autre part parce que le décalage entre le discours et les actes est devenu un mode d’existence chez ces fils de bourgeois devenus ce qu’ils étaient réellement, des produits de leur caste, destinés à la défendre et à la perpétuer. En leur temps, Sartre et Beauvoir, qui se posaient en libérateurs du peuple et de la femme, pratiquaient sans vergogne la manipulation et l’asservissement de toutes jeunes femmes que la prétendue féministe séduisait d’abord pour elle, puis pour lui, à qui elle servait de rabatteur. Et lui, malgré leur pacte, mentait à sa bourgeoise comme l’eût fait n’importe quel bourgeois afin de s’amuser tout en s’assurant la permanence d’une femme parachute. Beaucoup de belles paroles distribuées au public, beaucoup de souffrances infligées en privé, entre eux et à leur entourage. Encore que ces paroles ne fussent belles qu’en apparence : l’existentialisme de Sartre, avec sa conception de l’homme comme « passion inutile », étant empreint d’une désespérance sans appel ; et le féminisme de Beauvoir d’une intense détestation du corps de la femme. Imposture qui se poursuit de nos jours où leur héritage est admiré ou adulé par conformisme, tandis que la posture de l’intellectuel imposteur est devenue quasiment la norme pour tout intellectuel médiatique, et déborde dans la politique où l’on nous a vendu pour président un Macron prétendument cultivé, intelligent et philosophe.

 La métaphysique de la vie privée dévoile la métaphysique de la politique, a dit un jour Milan Kundera. C’est une maladie fort répandue chez les intellectuels, qui ont en France pour tradition de donner sans cesse des leçons au peuple, de ne pas conformer leur discours à leurs actes. Tout comme aucun des politiques, urbanistes et architectes complices n’habiterait les barres de béton parées de noms lumineux à la façon de la glorieuse ancêtre Cité radieuse (« maison du fada », rigolèrent les Marseillais, « réceptacle parfait d'une famille », dixit martialement Le Corbusier), où ils parquent les pauvres. L’idéologie fasciste de Le Corbusier était ainsi résumée dans un article de Métro en 2015, citant Xavier de Jarcy et son livre Le Corbusier, un fascisme français : « La Cité radieuse correspond à un projet eugéniste. On y trouve des équipements sportifs pour créer cette race nouvelle, faciliter le retour du patriarcat, où tout est prévu pour que les femmes ne sortent pas de chez elles, parce qu’elles sont là pour faire des enfants. (…) Choquant ? Ce n’est rien encore : Le Corbusier voulait « épurer les villes ». Autrement dit, chasser ceux qui « ne servent à rien » et retrancher les ouvriers dans des camps ».

 « Ceux qui ne servent à rien », ça ne vous rappelle rien ? Eh oui, le « ceux qui ne sont rien » de Macron est du même acabit fasciste. « En 1922, rappelle Xavier de Jarcy, Le Corbusier a ce projet de Ville contemporaine pour 3 millions d’habitants, où le centre-ville est réservé à l’élite et à la classe moyenne supérieure, et où les ouvriers sont repoussés en banlieue avec une zone verte de sécurité qui les sépare de la ville pour qu’on puisse les tenir à distance et les contrôler… » L’architecte conçoit des tours, des barres de logements immenses, presque identiques aux HLM d’aujourd’hui : il n’hésite pas à parler d' « élevage humain ». 

 L’architecte Émile Aillaud, qui construisit la cité de La Grande Borne sur les communes de Grigny et Viry-Châtillon dans les années 60, appelait les pauvres : « l’innombrable ». « L’architecture a une puissance occulte, disait-il, les individus finissent par ressembler à l’architecture ». Et il se vantait de « manipuler un devenir des gens. » Ce devenir, nous le voyons aujourd’hui : les 11000 habitants de sa cité qu’il voulut « labyrinthe » sont livrés au désœuvrement, au chômage, au trafic de drogue et d’armes, à la violence et à la déscolarisation. Dans la mythologie, le labyrinthe est un lieu d’enfermement où un monstre dévore les jeunes.

 L’enfermement des pauvres par les architectes et les urbanistes déborde sur les classes moyennes et rurales par des politiques qui tendent à transformer de plus en plus le territoire en succession de périphéries, à la fois défigurées par des zones d’activité commerciale et dépouillées de leurs industries, de leurs services publics, de leurs commerces de proximité, de tout ce qui rend un vivre et un vivre-ensemble possibles.

 De même que les urbanistes enferment le peuple physiquement, les médias, les intellectuels et les artistes médiatiques, complices du pouvoir en place, l’enferment psychiquement dans des réseaux de mensonges et de manipulations. Le premier de leurs mensonges est de se faire passer pour des élites, alors qu’ils n’en sont pas. Les énormes tulipes de Jeff Koons, roi du spectaculaire hideux, trôneront bientôt dans les jardins du Petit Palais à Paris parce que ces gens ne savent pas refuser un cadeau empoisonné quand il vient des États-Unis. Et dans le bureau de Macron trône une Marianne au style dangereusement années 30, peinte par Shepard Fairey, artiste américain aussi fameux que plat, malgré son tape-à-l’œil. Résumant l’allégeance de la France de Macron aux puissances de l’argent et à la médiocrité.

 Dans ce monde où l’ « élevage » industriel se pratique aussi bien sur l’homme que sur le bétail, l’homme est un mouton pour l’homme. Et le grand bourgeois, qui se voudrait élite éclairée, n’est pas même un loup, il est un veau. « Ce ne sont pas les riches bourgeois qui achetèrent des tableaux de Cézanne et de Monet qu’ils dédaignaient », me rappelait le poète Sarane Alexandrian, ancien compagnon de route d’André Breton, « mais l’employé des douanes Vincent Choquet, le pâtissier Eugène Maurer, qui collectionna trente Renoir quand personne n’en voulait, le baryton Faure, etc. »

 Ce sont les habitants de ronds-points et les constructeurs de cabanes où se retrouver et réfléchir qui retrouvent le chemin de l’humanité. Ce sont eux qui ont raison et intelligence, en ne se laissant pas endormir. Macron avec son projet de société verticale a tout faux. C’est l’horizontalité des relations humaines qui donne un horizon à l’humanité. C’est dans la vérité de l’horizontalité, du rapport franc et direct, non hiérarchisé, que peut se réinventer le monde, pour que tous puissent s’élever jusqu’à l’habiter en beauté.


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58 réactions à cet article    


  • Elliot Elliot 11 mars 2019 14:36

    La politique d’urbanisation est intimement liée à la primauté donnée à l’industrie de masse sur ce qui faisait le quotidien de nos campagnes, à savoir le petit artisanat et le travail de la terre.

    Non qu’il n’eût point fallu s’inscrire dans le mouvement du monde, la chose eût été difficile et n’eût pas été acceptée par une population soumise dès la libération au matraquage idéologique de l’« american way of life »

    Créer des tours pour sortir les gens de logements insalubres voire de bidonvilles ne fut pas un recul mais un progrès.

    La question est : qu’avons-nous fait de ce progrès ?

    Au début des années 70 du défunt siècle survint ce qui pourtant était prévisible pour les mêmes raisons qui avaient conduit aux excès du développement chez nous, des pays producteurs de matières premières nouvellement entrés dans une phase de décolonisation s’imaginèrent pouvoir contrôler leurs rentrées et accroître leurs rentes.

    Les marchés captifs devinrent de plus en plus perméables à des concurrences extérieures qui étaient encore insoupçonnables dans les années du grand boom bâtisseur de tours et autres grands ensembles au demeurant mal conçus ou conçus volontairement comme des ghettos rendant d’ailleurs au mot banlieue son sens originel : le lieu pour les gens mis au ban.

    Cette évolution – tout de même évoquée en 1972 par le club de Rome, premier organisme à avoir attiré l’attention du public avec un succès plutôt mitigé en publiant « The limits of growth »  ne pouvait se faire qu’au détriment des pays occidentaux dépourvus de matières premières qu’ils avaient épuisées enchérissant par le fait même ce qui faisait leur fierté leur capacités productives.

    Leurrés par leurs avantages technologiques qu’ils imaginaient par ethnocentrisme imbécile inaccessibles à ceux qui étaient, paraît-il, moins avancés, ils se sont réveillés à l’aube du XXIe siècle avec une belle gueule de bois : non seulement ils étaient rejoints dans ces domaines mais parfois dépassés. 

    Leur sont aujourd’hui imposés de nouveaux termes de l’échange.

    Il faut admirer la manière dont l’oligarchie capitaliste a su s’approprier les rêves d’indépendance financière des pays producteurs en pratiquant à large échelle la mise en coupe réglée de leurs produits tout en favorisant une élite « indigène » gavées de pots de vin et de postes privilégiés dans un vaste système de corruption organisée.

    Ce système est en tout point semblable avec celui qui leur avait permis de prendre la direction d’états millénaires que ce soit en privilégiant des formes pseudo-démocratiques ou, s’il le fallait, des formes dictatoriales.

    Avec la mondialisation – qui, on ne le dira jamais assez, est un instrument nécessaire de la domination mondiale de ces groupes ploutocrates – le sort de l’ouvrier occidental caserné dans ces vastes ensembles était consommé : les usines proches fermaient leurs portes, les quartiers étaient abandonnés par les transports en commun ; il n’y avait plus aucune raison de favoriser une mobilité qui n’avait plus aucune utilité pour un tissu industriel en voie de liquéfaction voire de disparition.


    • Alina Reyes Alina Reyes 11 mars 2019 14:57

      @Elliot
      Créer des tours et des barres n’était pas la seule solution possible pour aider les gens à mieux se loger. Il aurait fallu leur demander leur avis. Dans bien des banlieues, les pauvres avaient construit leurs villages de bric et de broc, sans grand confort mais de façon vivante et conviviale. Mais il a été décrété autoritairement que c’était le chaos, l’anarchie, et qu’il fallait y mettre de l’ordre. Non, ce ne fut pas un progrès ; tout juste l’illusion provisoire d’un progrès.

      Voir par exemple « Goussainville en campagne » :
      https://www.ina.fr/video/CPF86635169/entretien-avec-pierre-sudreau-ministre-de-la-construction-amenagement-de-la-region-parisienne-video.html


    • Elliot Elliot 11 mars 2019 16:47

      @Alina Reyes

      Effectivement il existait des formes de solidarité dans les bidonvilles, il y avait du vivre ensemble joyeux, les gens tiraient le meilleur parti possible des conditions qu’ils subissaient ( il faut se souvenir du film d’Ettore Scola qui a eu son petit succès il y a quelques dizaines d’années « Affreux, sales et méchants ») et ils n’ont sans doute jamais plus retrouvé cette ambiance dans les immeubles impersonnels où ils furent parqués sans avoir immédiatement le sentiment de l’être.

      Mais enfin la plupart ont accepté avec joie à l’époque de se mouvoir dans un univers aseptisé mais équipé des ustensiles ménagers dont ils ne pouvaient pour la plupart même pas rêver quand ils partageaient des conditions de vie indignes.

      Je n’en connais aucun qui regrette son bidonville même si beaucoup ne se plaisent plus aujourd’hui dans un environnement que l’on a aussi tout fait pour déclasser.

      Il faut dire que les plus jeunes n’ont eux pas connu les cabanes de tôle ondulée mais ils souffrent aujourd’hui surtout de ce qui leur apparaît comme un ostracisme et qui est effectivement une relégation aux marges de la société.

      Mais davantage que l’habitat – qui est médiocre – ils sont surtout les victimes de la crise économique endémique et c’est l’abandon ( et pas seulement le sentiment ) qui leur pèse.


    • Alina Reyes Alina Reyes 11 mars 2019 16:54

      @Elliot
      Je ne parle pas des bidonvilles mais de villages construits par les habitants eux-mêmes, comme dans l’exemple donné de Goussainville. Au lieu de démolir ce style d’urbanisme il aurait fallu l’améliorer y compris pour remplacer les bidonvilles.


    • Alina Reyes Alina Reyes 11 mars 2019 16:56

      @oncle archibald
      Oui l’urbaniste et l’architecte répondent aux demandes des politiques, mais ils ont tout de même une part de manœuvre dans les choix qu’ils proposent, et certains impulsent carrément des politiques déshumanisantes, comme Le Corbusier et Aillaud cités en exemples dans l’article.


    • Alina Reyes Alina Reyes 11 mars 2019 16:58

      @oncle archibald
      En fait il reste beaucoup de terrains vagues et de zones désertes entre les cités. Il aurait été possible de faire une autre politique urbanistique. En Angleterre par exemple les banlieues sont pavillonnaires.


    • Alina Reyes Alina Reyes 11 mars 2019 17:46

      @oncle archibald
      Je ne bave pas sur les architectes, je critique certains architectes et leur politique fasciste, notamment l’infect Le Corbusier qui a mis son grand talent au service d’un écrasement de l’humain. Évitez les amalgames comme @padamalgam avec les intellectuels.


    • Alina Reyes Alina Reyes 11 mars 2019 18:02

      @oncle archibald
      Xavier de Jarcy et son livre Le Corbusier, un fascisme français : « La Cité radieuse correspond à un projet eugéniste. On y trouve des équipements sportifs pour créer cette race nouvelle, faciliter le retour du patriarcat, où tout est prévu pour que les femmes ne sortent pas de chez elles, parce qu’elles sont là pour faire des enfants. (…) Choquant ? Ce n’est rien encore : Le Corbusier voulait « épurer les villes ». Autrement dit, chasser ceux qui « ne servent à rien » et retrancher les ouvriers dans des camps ».

      (c’est dans l’article)


    • Alina Reyes Alina Reyes 11 mars 2019 18:12

      @oncle archibald
      La « chambre exceptionnelle » de l’hôtel Le Corbusier, c’est comme la pissotière de Duchamp : ça ne le fait que si on y croit.


    • mmbbb 11 mars 2019 21:08

      @Alina Reyes

      Vous jugez a postériori Mais ces cites, la plupart ont ete construites dans les annees 60, periode de croissance economique, la France etait aussi en croissance demographique et il fallait loger vite . A la campagne beaucoup de demeures n avaient pas encore de tout a l egout ni de sanitaire . Dans les appartements de banlieues la douche paraissait une avancée moderne alors que beaucoup de paysans avaient une hygiène moyenne . N oubliez qu a Paris en 1954 annee de grand froid, il y avait des bidonvilles Mort d un enfant , naissance du mouvement de l abbé Pierre . il est un exercice favori dans ce pays, de critiquer les decideurs , bon c est de bonne guerre, mais la solution des problemes n est pas toujours aussi aisee .


    • Alina Reyes Alina Reyes 11 mars 2019 21:19

      @mmbbb
      Beaucoup de gens meurent encore dans la rue, aujourd’hui en France. Tant qu’on ne tire pas la leçon des faillites des politiques, la faillite perdure.


    • mmbbb 11 mars 2019 21:36

      @Alina Reyes facile dire . Les politiques font ce qu ils peuvent.. Quand on est comptable de rien, il est facile de dire il y a faut qu on , Vous semblez ignorer les plans banlieues dont les budgets s elevent a plusieurs milliards..  Vous semblez nous faire accroire que l Etat ne s engage pas. Quant a nos pauvres ,nous en importons nous ouvrons nos frontieres c ’est un choix mais que l on me cesse de me rebattre les oreilles avec cela. J ai souvent pointé l irresponsabilté de certains parents qui n apportent aucune education a leurs mioches et reportent celle ci sur la societe , c ’est un peu facile je me suis fais flingue mais je persiste . Que pensez vous des Roms par exemple je pose je retiens un, c ’est à dire les femmes ont un mioche dans les bras et sont deja enceinte Que pensez de ces familles en nombre surnuméraire dans les banlieues , Suis je responsable non . Les pauvres je les ai cotoyés, ils n ont souvent rien dans la tronche . C ’est direct mais c est la verite . Votre aricle est quelque peu manichéen , le peuple vertueux, l élite exécrable . 


    • foufouille foufouille 12 mars 2019 07:56

      @oncle archibald
      le prix d’un *** ........


    • foufouille foufouille 12 mars 2019 08:01

      @mmbbb
      la prochaine fois que tu vas au restau raconte ton délire au serveur. débrouille toi avec tes poubelles, ne vas pas faire travailler la caissière, etc.
      le niveau du riche est celui de l’héritier sarkozy : casse toi pauvre con.


    • Garibaldi2 14 mars 2019 03:07

      @Alina Reyes

      C’est très mode de traiter Le Corbusier de facho sans voir qu’il était aussi un visionnaire et un homme de talent. Ses appartements de la cité du fada sont toujours admirables d’innovation, avec des pièces aux dimensions qui faisaient hurler les architectes traditionnels.

      Ecrire qu’à la cité du fada ’’tout est prévu pour que les femmes ne sortent pas de chez elles, parce qu’elles sont là pour faire des enfants’’ est une foutaise. Le Corbusier a travaillé sur la dimension et l’équipement de la cuisine de ces appartements pour minimiser les efforts des femmes dans leurs tâches ménagères, les hommes de cette époque étant bien peu enclin à vouloir abandonner leur rôle de mâle, ce qui d’ailleurs n’a pas beaucoup changé.

      Sa villa Savoye (1927) à Poissy est un chef-d’oeuvre.

      Et la Chapelle Notre-Dame-du-Haut.

      www.villa-savoye

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Cit%C3%A9_radieuse_de_Marseille

      Ce qui reste de Le Corbusier ce n’est pas ses ronds de jambe au régime de Vichy mais ses constructions qui sont toujours admirées par le monde entier ; et ses théories architecturales.


    • Alina Reyes Alina Reyes 14 mars 2019 10:07

      @Garibaldi2
      Je connais nombre de ses réalisations, à commencer par la Cité radieuse qui est pourtant l’une des moins mauvaises, qui ont été désertées depuis longtemps par les habitants, parce qu’inhabitables souvent les gens essayaient de refaire l’intérieur de façon plus humaine mais ça restait bancal), et ne sont plus habitées que par des bobos fanatiques de sa secte. Du genre des gens qui viennent ici le défendre, quand bien même on cite une biographie étayée, qui reprend ses propres termes de projets architecturaux fascistes.

      Heureusement Paris a échappé à son énorme projet de destruction, le « plan Voisin ». Même les nazis n’auraient pas fait ça.


    • Garibaldi2 14 mars 2019 12:00

      Heureusement que vous êtes là pour nous signaler un bouquin à charge contre Le Corbusier, des fois que sans les lumières de son auteur nous serions restés dans le noir ne sachant quel était le parcours du Corbu.

      On ne vous a pas attendu !

      Penser que le plan Voisin serait autre chose qu’un exercice de style provocateur, comme le projet Obus, situe bien votre niveau d’analyse, et de celle de Xavier de Jarcy, des idées de Le Corbusier sur l’urbanisme.

      ’’et ne sont plus habitées que par des bobos fanatiques de sa secte.’’ qui ont au moins le courage de mettre en accord leur discours avec leur pratique !

      Vous êtes une distributrice de fatwas je vous laisse à vos anathèmes.

       


    • L'enfoiré L’enfoiré 11 mars 2019 17:58

      Bonjour Alina,

       « L’indicible légèreté de l’être » de Kundera est évidemment à lire pour comprendre

       Elle explique tout de la source à l’embouchure de ce fleuve de vie qui coule au travers de ses méandres et qui ramasse au passages tellement d’alluvions et de scories..

       On rencontre en chemin des « schieven architekt »  smiley..

       

       


      • L'enfoiré L’enfoiré 11 mars 2019 18:10

        "C’est l’horizontalité des relations humaines qui donne un horizon à l’humanité

        « 

        Peut-être mais cela voudrait dire que tout le pense, agit et rêve de la même façon, ce qui d’après moi est complètement utopique et malvenu
        Comme je l’écrivais dans mon dernier billet : à l’occasion de la journée des femmes  »ce serait un monde tellement lassant, tellement peu intéressant si tout le monde avait les mêmes manières de construire sa vie en même temps et dans le même environnement entre les femmes et les hommes."


      • L'enfoiré L’enfoiré 11 mars 2019 18:19

        « ...que tout le monde pense, agit et rêve de la même façon...... »

        Un mot manquait.... désolé....


        • julius 1ER 11 mars 2019 18:23

          D’une part parce qu’avoir soutenu le stalinisme ou le maoïsme prédispose très bien à soutenir n’importe quel autoritarisme ou fascisme. 

          @l’auteur, 

          J’aime bien la teneur de cet article, mais il faut quand-même éviter les raccourcis historiques car sinon on dérape très vite et on fonce dans le décors à grande vitesse !!!!

          je me suis toujours senti marxiste avant d’être communiste et communiste avant d’être stalinien mais il faut bien admettre qu’en 1938 si l’on m’avait demandé au fond de ma Bresse natale (je n’étais pas né à l’époque ) si je devais choisir entre Hitler et Staline je pense que j’aurais choisi Staline sans vraiment savoir ce qui se passait en URSS mais j’aurais choisi le Métro de Moscou plutôt que les autodafés et les camps de concentration ....

          puisque vous parlez d’architecture le Métro de Moscou est un magnifique Métro construit (malheureusement sous Staline ) mais tous les péquenots comme moi peuvent l’emprunter ce qui n’est pas le cas de l’architecture Hitlérienne ... ceci dit en aparté !!!!!!

          et j’oublie aussi quand -même que c’est grâce aux soviétiques que je n’ai pas été obligé de faire « allemand » en première langue et de ne pas défiler tous les 20 Juin au pas de l’oie........

          car je pense qu’avec les Nazis vainqueurs on aurait eu une « Fest NAzionale »

          quelque part au mois de Juin, ce qui est insignifiant vu d’un salon doré ou l’on pouvait avoir des aussweiss en quantité vu que l’on trouvait vraiment ces Nazis sympathiques et bien élevés ..... ceci en aparté bien sûr !!!!!

          bien sûr la force des intellectuels souvent tiraillés entre leur moi profond et les rapports de classes de l’époque n’ont peut- être pas été toujours à la hauteur mais ils ne sont pas les seuls dans ce cas malheureusement , la liste de nos présidents de la République depuis 60 ans ne va pas laisser un souvenir impérissable !!!


          • Cyril22 11 mars 2019 18:57

            Et pourtant, les « grands ensembles » sont l’avenir que préconisent les écologistes (certes pas les « tours » mais des immeubles de taille moyenne) car les immeubles ont moins d’emprise au sol et les appartement un meilleur coefficient thermique (moins de surface extérieure par unité de volume) que les pavillons. Cela limite aussi la nécessité de voies d’accès, et cela peut être plus facilement desservi par les bus que l’habitat dispersé. Eh oui, on est loin du « retour à la campagne » des années 70 (les ruraux étant considérés comme des pollueurs avec leur diésel et leur cuisinière à bois).


            • Fergus Fergus 12 mars 2019 09:18

              Bonjour, Cyril22
               
              Vous avez parfaitement raison de souligner cela : les écologistes rejettent l’habitat dispersé  et donc la maison individuelle ou les petits unités d’appartements  pour favoriser l’habitat collectif dans des immeubles qui ne sont finalement pas si éloignés ce l’urbanisme des années 60 et 70.



            • Xenozoid 11 mars 2019 21:44

              et ceux qui le voient/ressentent différemment,


              • Alina Reyes Alina Reyes 12 mars 2019 00:37

                « Les architectes, à la suite de Le Corbusier, ont » (...) "justifié l’abandon des lieux dits traditionnels : la rue, la place, le quartier. Les espaces se sont alors dilués dans une uniformisation sans caractère.

                En résultent les banlieues, les « Bannies du lieu ». Barres et tours concentrent des espaces monofonctionnels, stigmatisant les habitants mis au ban (...) Ils procèdent d’un vandalisme de l’espace public auquel plus personne ne comprend rien. Ce sont des objets du passé, de l’ancien monde, d’un mouvement qui s’essouffle par la misère de sa production.

                (...)

                la démolition ou la transformation des banlieues appelées de façon usurpée cités ou quartiers, doit être une priorité de façon à effacer d’une façon ou d’une autre ce qui fut une erreur urbanistique.

                Quelle que soit sa condition, chaque citoyen doit pouvoir habiter et vivre dans une ville décente sans discrimination sociale.« 

                 »Le succès croissant des « projets urbanistes » qui réinventent la ville avec ses espaces connus (la rue, l’îlot, la place) est un espoir réel. Ni copie ni pastiche, ce sont des créations conçues en harmonie avec les typologies locales, les matériaux régionaux. Elles se réfèrent aux villes qui ont fait leurs preuves. Elles permettent aux « banlieues » de sortir de leurs carcans, de se doter d’un vrai centre-ville et d’une autonomie culturelle, économique et sociale organisée au niveau local."

                L’article entier des architectes Marc et Nada Breitman est dans La Tribune : https://www.latribune.fr/opinions/tribunes/pour-en-finir-avec-les-banlieues-l-architecture-et-l-urbanisme-du-xxe-siecle-784171.html


                • Fergus Fergus 12 mars 2019 09:32

                  Bonjour, Alina Reyes

                  « En résultent les banlieues, les « Bannies du lieu » »

                  Commentaire spécieux qui induit  volontairement ou pas ?  une interprétation erronée. Il n’y a en effet aucun concept de « bannissement », autrement de rejet à l’extérieur, dans l’origine du mot « banlieue », mais tout simplement le rappel à une disposition juridique médiévale selon laquelle  les villes étaient alors peu étendues —, le droit de justice du seigneur local s’exerçait sur un territoire compris dans un cercle d’une lieue (4 kilomètres) depuis le centre de la localité.


                • Alina Reyes Alina Reyes 12 mars 2019 11:25

                  @Fergus
                  Les auteurs ont bien vu l’actualité de ces banlieues « cités » comme mises au ban de la cité.


                • Cyril22 12 mars 2019 11:50

                  @Alina Reyes
                  Il est évident qu’un habitat moins dense ne peut s’effectuer qu’en s’éloignant de plus en plus des centre villes. Regardez comment actuellement les villages à proximité des métropoles régionales se bétonnent en lotissements et « petits ensembles » d’immeubles. Il est utopique d’appliquer une disposition urbaine correspondant à un pays de 20 millions d’habitants majoritairement ruraux à un pays de 70 millions d’habitants majoritairement urbains, ou plutôt péri-urbains.
                  Donc se repose la question de la distance logement-travail et le temps de transport.
                  On peut noter que pour ceux définitivement hors du marché du travail, une petite ville de province désertifiée offre des couts de logement minimes, proche des facilités (commerces, médecins, guichets...), et avec une ambiance à l’ancienne. J’ai des proches qui ont fait ce choix.


                • Alina Reyes Alina Reyes 12 mars 2019 12:13

                  @Cyril22
                  Si se pose la question de la distance logement-travail, c’est qu’un urbanisme mal conçu a séparé les lieux de logement des lieux de travail. C’est tout le problème. Et qui s’accentue avec ces bourgs-dortoirs dont vous parlez, et un territoire transformé de plus en plus en périphérie, en succession de périphéries d’où la vie s’absente comme je l’ai évoqué dans l’article. Nous devons pouvoir travailler là où nous vivons.


                • Garibaldi2 14 mars 2019 03:14

                  @Alina Reyes

                  ’’Nous devons pouvoir travailler là où nous vivons’’

                  Vive les corons !


                • Cyril22 14 mars 2019 19:50

                  @Alina Reyes
                  Il y a des villes de banlieue comme Vélizy où il y a à la fois des logements et des bureaux. Idem des sites d’activité dans des petites villes créés dans les années 60/70 comme Lannion et les télécoms. Mais beaucoup de sociétés ont leurs siège/bureaux au coeur de la métropole (Paris ou en province) or le nombre de logements intra muros sont insuffisants (d’où le prix, mais pas seulement).

                  Et il y a un autre phénomène, désormais il est rare de rester toute sa vie dans la même entreprise comme jadis, donc même si le logement est proche du boulot initial, un boulot ultérieur risque d’être plus éloigné, d’où le chassé croisé des banlieusards -il est couteux pour les propriétaires de changer de logement, peut-être il y aurait à alléger les frais et procédures -et pour les locataires, il y a problème de disponibilités, peut être faudrait il instaurer des offres d’échanges.

                  Le problème d’éloignement du travail est surtout en région parisienne, la « décentralisation » de l’activité économique serait une des solutions


                • Alina Reyes Alina Reyes 15 mars 2019 09:46

                  @Cyril22
                  Vos observations sont très justes. Il faut sans cesse repenser la politique de la ville, afin de suivre l’évolution de la vie, améliorer les transports en commun, réparer les erreurs qui ont été faites comme celle des cités dortoirs. Le sens de mon article est que les politiques ne devraient pas faire pour autrui ce qu’ils ne voudraient pas pour eux.


                • Alina Reyes Alina Reyes 12 mars 2019 01:05

                  "la Charte d’Athènes, élaborée en 1933 lors du Congrès international d’architecture moderne et publiée en 1943 par Le Corbusier. Ses grands principes : construire loin des villes anciennes des cités radieuses faites de « machines à habiter » (...)

                  Au vice de forme originel s’ajoute un élément à charge : la piètre qualité architecturale et urbaine de ces cités, qui ressemblent plus à des cages à lapins au milieu de champs de luzerne (...) "Les grands ensembles étaient, pour beaucoup d’architectes, des opérations purement techniques, qui leur permettaient de vivre comme des nababs, regrette Paul Chemetov, qui totalise quelque 7 000 logements sociaux. Les architectes des grands ensembles n’auraient jamais eu l’idée d’y vivre eux-mêmes. Les grandes agences ne prenaient pas de commandes au-dessous de 1 000 logements. Elles établissaient trois ou quatre modèles et les empilaient comme des Lego pour concevoir des villes entières, sans s’interroger sur la commande ni sur le contexte local."

                  https://www.lemonde.fr/culture/article/2005/12/05/l-utopie-manquee-des-cites-dortoirs_717508_3246.html


                  • Cyril22 12 mars 2019 11:59

                    @Alina Reyes
                    Le fonctionnel était le premier objectif, et les tentatives d’originalité à prétention esthétique nous paraissent aujourd’hui totalement kitch. Ainsi va-t-il de la « modernité », elle se démode plus vite que le reste. On était fier à l’époque de ces tours « à l’américaine », comme quoi...


                  • popov 12 mars 2019 06:29

                    @Alina Reyes

                    Bravo, un article comme je les aime, surtout le passage sur Sartre. Un jour, cet imposteur a fait une visite au Japon. Les jeunes étaient à cette époque en pleine effervescence et attendaient beaucoup de ce « philosophe de gauche ». Ils ont été déçus. Il ne faisait que se plaindre de ne pas pouvoir acheter sa marque de clopes.

                    Vengeance subtile ou maladroitesse involontaire, les journalistes appelaient la sinistre Simone de Beauvoir « Madame Sartre ».


                    • Alina Reyes Alina Reyes 12 mars 2019 08:19

                      @popov
                      Haha. Ça me rappelle une autre anecdote sur l’auteure américaine d’un best-seller sur le Prozac, sur comment en finir avec le Prozac. En promo en Espagne, infernale avec ses hôtes (qui me l’ont raconté), exigeant qu’ils l’aident à se procurer au plus vite de nouvelles boîtes de Prozac pour sa consommation. « Fais ce que je te dis, ne fais pas ce que je fais », c’est toute l’existence de ces faux parleurs.


                    • popov 12 mars 2019 07:01

                      Les barres de logements sociaux en URSS n’étaient pas non plus des chef-d’œuvres architecturaux.

                      Voici un rapport sur la situation du logement une dizaine d’année avant la désintégration de l’URSS.


                      • Alina Reyes Alina Reyes 12 mars 2019 08:22

                        @popov
                        Oui la France a fait le même choix que l’URSS. Et puis l’URSS n’existe plus mais en France l’État continue à se comporter souvent comme elle pour le pire, et de plus en plus depuis Macron l’intrusif soi-disant libéral.


                      • Fergus Fergus 12 mars 2019 09:35

                        @ Alina Reyes

                        « Mieux vaut lire cela qu’être aveugle », écrirait Amélie Nothomb qui raffole de ce genre de formule. 

                        Dommage que vous gâchiez d’excellentes idées, et de belles formulations, par des excès de ce genre !


                      • Francis, agnotologue JL 12 mars 2019 09:43

                        ’’ l’imposture de soixante-huitards et autres gauchistes ou progressistes désormais macronistes qui acceptent sans sourciller, voire défendent d’arrache-pied, des politiques iniques et ce qui les accompagne ’’

                         

                        Bonjour les amalgames !


                        • Bernard Mitjavile Bernard Mitjavile 12 mars 2019 10:24

                          Bonne critique sur l’hypocrisie des « intellectuels » et le couple Sartre-Beauvoir. Bon, aujourd’hui il n’y a plus que BHL pour pondre un pavé indigeste au titre comme d’habitude

                          plein de modération « Le siècle de Sartre ». Concernant les grands ensembles, c’était un progrès par rapport aux bidonvilles mais vous oubliez un petit détail dans votre analyse : l’immigration. Des Français ont vécu heureux dans ces cités où ils découvraient après guerre l’eau courante et le chauffage central, si elles sont devenues des repaires pour trafiquants de drogue et autres où les pompiers interviennent sous protection de la police ce n’est pas juste une question d’architecture.


                          • baldis30 12 mars 2019 10:33

                            bonjour,

                             article remarquable, excellent ... peu de choses à ajouter sinon un commentaire psychologique à destination des destructeurs dont l’auteur fustige, avec raison, le rôle négatif ...

                             ils adorent le verre ... plutôt que la pierre ... c’est psychologiquement normal !

                             d’une part ils sont tellement troubles sur le plan moral qu’ils recherchent une transparence physique, par compensation ... alors le verre est opportun ...

                             d’autre part la pierre .... la pierre n’est pas facile à briser sinon à l’explosif et constitue un symbole de durée et de solidité en somme un phare, ou un repère ... au cas où le peuple s’y reconnaitrait ce serait dangereux ....

                            Un exemple de la pierre .... devant un monument célèbre dans le monde entier et même copié par les américains pour une de leur emblématique construction, un ancien sinistre de la culture a laissé partir un témoignage dur et symbolique de notre passé , un repère, un phare ..... Et un repère encore plus dangereux si on trouve une aide extérieure pour le reconstruire ....

                            Alors le verre c’est éphémère .... au moins il ne faut pas grand-chose pour que le peuple en soit privée..... Surtout pas de théâtre en pierre ou alors sans représentation ou à des prix défiant toutes les possibilités du peuple .... Pour l’instant Orange se maintien mais qu’un promoteur guigne le terrain parce que le peuple s’y reconnaîtrait et en profiterait ..... halte-là !


                            • baldis30 12 mars 2019 18:02

                              @baldis30

                              le moinsseur habituel n’a encore rien trouvé .. quel groumalin


                            • vesjem vesjem 12 mars 2019 18:41

                              B.A se garde bien d’habiter dans des niches à populace, lui qui vit dans un château à rambouillet


                              • finael finael 12 mars 2019 21:04

                                Une fois encore je constate que ceux ou celles qui en savent le moins sur un sujet sont les mêmes qui ont les avis les plus définitifs sur le sujet en question.

                                Je vois mal en effet Paris « à l’américaine » constitués de myriades de pavillons entourés de pelouses et sillonné par des kilomètres de rues. La ville s’étendrait alors grossièrement dans un cercle de plus de 50 km de rayon avec toute l’artificialisation des sols correspondant et un désastre pour la nature et la biodiversité (Paris est l’une de villes et la capitale la plus dense du monde).

                                Pour ce qui est de « rapprocher les lieux de travail de l’habitat » je ferais remarquer que c’était le cas autrefois :

                                Lors du siège de Paris (septembre 1870 à février 1871) si la population a souffert de la famine la ville n’a jamais manqué de fusils, de canons ou de munitions, pas même durant la Commune (mars  mai 1871) pour la bonne et simple raison que les usines et les manufactures se situaient dans la ville (idem pour la toile, l’hydrogène des ballons, etc.).

                                A l’époque mon arrière-grand-père, frais émoulu de l’école d’architecture s’est engagé dans la garde nationale et a combattu les prussiens. Il s’est trouvé qu’il était dans le bataillon commandé par Eugène Varlin, l’un des dirigeants de ladite Commune, et qu’après avoir échappé à la Semaine Sanglante il fut ostracisé et s’exila en Algérie où naquit mon grand-père, président jusqu’à sa mort de l’Ordre des Architectes d’Alger. Mon père, quant à lui, bien que n’étant pas lui-même architecte a quand même dessiné les plans de sa maison. J’ai eu, dans ma jeunesse quelques idées originales pour concilier densité de population et espaces verts, idées ressurgissant très récemment.

                                Pour en revenir à la proximité du lieu de travail et de l’habitat, il n’est pas si loin le temps où « il ne fallait pas désespérer Billancourt » (j’ai eu l’occasion d’y faire un contrat à la fin des années 80).

                                Mais la Paris de ma jeunesse était gris et noir de crasse et de pollution, revoyez les photos d’époque. Quand j’entends les cris d’orfraie hurlant qu« on » ne fait rien contre la pollution ... La densité de particules fines à l’époque était 80 fois plus forte qu’aujourd’hui, une paille.

                                Tout ça pour dire que le problème de l’esthétique et de l’agréable en architecture est loin d’être simple quand on parle de loger des millions de personnes et que les jugements à l’emporte-pièce sur l’architecture n’ont aucune valeur, surtout quand ils sont émis par des personnes n’y connaissant rien.

                                Ceci étant je déteste Beaubourg, les Halles et la pyramide du Louvre. L’acier et le verre font rarement de beaux monuments face au bois et à la pierre (quelques exceptions comme la tour Eiffel, jugée « d’une laideur incommensurable » à l’époque de sa construction).


                                • Alina Reyes Alina Reyes 12 mars 2019 21:26

                                  @finael
                                  J’ai cité dans des commentaires précédents plusieurs architectes renommés qui disent la même chose que moi (chose que je n’ai pas inventée). Mais peut-être vous y connaissez-vous mieux qu’eux. La paille, la poutre, et tous ces trucs d’architecture.


                                • Fergus Fergus 13 mars 2019 10:00

                                  Bonjour, Finael

                                  Pour ce qui est de l’habitat proche du lieu de travail, les plus remarquables exemples à Paris sont les petites maisons des quartier de la Mouzaïa ou des hauteurs de la porte de Bagnolet (rues Leblanc et Siegfried), toutes destinées aux ouvriers des carrières de gypse. Remarquables aussi l’ensemble « ouvrier » de la Petite Alsace ou les maisonnettes bâties au dessus des garages de taxis G7 pour les Russes blancs. Et tant d’autres lieux, tous guidés par ce souci de faire vivre les employés au contact de leur lieu de travail...

                                  J’ai évoqué ces lieux  désormais tous devenus des résidences de « bobos »  dans ces deux articles :
                                  La « Mouzaïa » ou la campagne à Paris
                                  Paris insolite : de la Petite Alsace à la Petite Russie

                                  Comme vous, je déteste le Forum des Halles, si hideux ! Je n’aime pas non plus la Pyramide du Louvre et Beaubourg, mais je m’y suis habitué. En revanche, j’aime beaucoup le POPB (désormais Accord Hôtel Arena !).


                                • Alina Reyes Alina Reyes 13 mars 2019 10:51

                                  @finael
                                  Il ne faut pas juger les gens sans savoir. Contrairement à ce que vous et quelques autres avez décrété sur ce fil, je sais ce que vous avez dit sur l’histoire et sur les questions d’urbanisme et d’architecture, j’ai visité d’anciennes maisons d’ouvriers à Paris, parlé avec des architectes, lu des textes et visionné d’anciennes émissions... J’ai une formation universitaire de chercheur et aussi de journaliste, je n’ai pas pour habitude d’écrire sans être renseignée.


                                • finael finael 12 mars 2019 22:46

                                  Non, c’était aussi l’avis de ceux de ma famille, ils n’aimaient pas Le Corbusier. Un des amis architecte le détestait particulièrement mais pour d’autres raisons : cet ami avait un nombre tatoué sur l’avant bras.

                                  Mais le problème posé à ceux qui ont bâti ces ensembles était le suivant :

                                  Construire des centaines de milliers de logements, vite et économiquement (la France était en ruine), avec un confort rare en ces temps.

                                  Connaissant les méthodes américaines (le préfabriqué, la fabrication à la chaîne, etc.) ils ont paré au plus pressé en faisant de leur mieux.


                                  • finael finael 12 mars 2019 22:52

                                    Dans les années 80 j’avais une amie, une vieille dame : Henriette Nizan, qui avait très trés bien connu Sartre et de Beauvoir (de Bavoir disait-elle parce qu’elle bavait sur tout le monde), ainsi qu’Aragon et d’autres encore.

                                    Ce qu’elle a pu me raconter sur eux ! Avec nos féministes actuelles Sartre se serait vite retrouvé en prison.


                                    • Alina Reyes Alina Reyes 12 mars 2019 23:36

                                      @finael
                                      Alors vous devez savoir que Sartre et Beauvoir ont abandonné leur amante juive, Bianca Lamblin (livrée à Sartre par Beauvoir après être passée entre ses mains à l’âge de 17 ans), pendant la guerre, alors qu’elle devait se cacher. Beauvoir, elle, gagnait sa vie à Radio Vichy, où Sartre lui avait trouvé une chronique sur le music-hall si je me souviens bien. Beauvoir écrivait des phrases antisémites et cyniques infectes sur leur jeune amie qui risquait le camp de concentration.


                                    • finael finael 13 mars 2019 05:05

                                      Non, Henriette ne me l’avais pas dit, mais elle était réfugiée aux USA pendant la guerre. Mais elle me racontait que Beauvoir « chassait » pour Sartre qui les aimait jeunes et fraîches. De toutes façons elles se haïssaient si vous connaissez l’histoire d’Henriette.


                                      • Alina Reyes Alina Reyes 13 mars 2019 10:49

                                        Je ne connais pas bien Henriette Nizan, mais je suis en train de lire ses mémoires, très intéressants, en ligne sur gallica : https://gallica.bnf.fr/ark :/12148/bpt6k48151761.texteImage

                                        Je sais que Beauvoir s’est montrée révulsée quand elle l’a croisée au Luxembourg avec Nizan et leur bébé. Cette cinglée de Beauvoir trouvait la maternité répugnante, elle abhorrait le corps des femmes. Tu parles d’une féministe. Quand Bianca Lamblin qu’elle avait livrée à Sartre leur a annoncé qu’elle était enceinte (malgré les difficultés de Sartre à faire l’amour il expédiait l’acte avec beaucoup de mépris et sans plaisir donné ni pris), ce fut l’horreur. BHL tout aussi cynique commente ainsi l’épisode : « c’est, pour l’un comme pour l’autre [Sartre et Beauvoir], la chose la plus répugnante, et, sans doute aussi, la plus comique qui puisse arriver à un corps de femme. »


                                        • Olivier 13 mars 2019 12:07

                                          L’univers urbain et architectural a établi le monstrueux en principe de base. Il y a une attitude métaphysique de refus de la beauté qui a abouti à la situation actuelle.

                                          Prendre prétexte des difficultés de l’après-guerre pour justifier les barres de HLM est totalement injustifié : construire beau ne coûte pas plus cher, ou de façon négligeable. Cela correspondait en réalité à une attitude politique et esthétique de refus des valeurs esthétiques traditionnelles.

                                          Le progressisme s’est montré aussi catastrophique en urbanisme qu’en culture ou en économie.


                                          • Nowhere Man 13 mars 2019 17:52

                                            « La Cité radieuse correspond à un projet eugéniste. On y trouve des équipements sportifs pour créer cette race nouvelle, faciliter le retour du patriarcat, où tout est prévu pour que les femmes ne sortent pas de chez elles, parce qu’elles sont là pour faire des enfants. (…) ».


                                            Je confirme, à Firminy (vert) il y avait une école Maternelle au sommet d’une abominable tour Le Corbusier .



                                            • Alina Reyes Alina Reyes 13 mars 2019 21:25

                                              Je constate que le premier commentaire de ce fil, et ma réponse, ont été supprimés. Pourquoi, @agoravox ?


                                              • Alina Reyes Alina Reyes 13 mars 2019 21:55

                                                En fait ce sont 4 commentaires qui ont disparu de ce fil, j’ignore pourquoi. J’en ai demandé la raison à Agoravox, j’attends la réponse. Je signale juste que je n’y suis pour rien.

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