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Accueil du site > Tribune Libre > Ceux qui défigurent le monde et ceux qui l’envisagent (...)

Ceux qui défigurent le monde et ceux qui l’envisagent autrement

C’est une maladie fort répandue chez les intellectuels français, qui ont pour tradition de donner des leçons au peuple, de ne pas conformer leur discours à leurs actes. Tout comme aucun des politiques, urbanistes et architectes complices n’habiterait les barres de béton où ils parquent les pauvres.

Bernard Arnault, l’homme le plus riche de France, le financeur de la campagne de Macron (qui habille gratuitement Brigitte Macron) a détruit le bâtiment historique de La Samaritaine au cœur de Paris, datant des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles, pour le remplacer par un de ces trucs en verre qui deviennent de plus en plus laids avec les années, et déparent lamentablement avec les immeubles environnants. Et « pour construire cela, il a fallu piétiner allègrement tous les règlements existants, parce qu’on ne refuse rien à Bernard Arnault », écrit Didier Rykner (auteur aussi de la photo du nouveau bâtiment) dans La Tribune de l’art.

 La surévaluée Fondation Louis Vuitton du même milliardaire, gros machin de verre et d’acier construit par Franck Ghéry, sans être aussi vilaine que cette nouvelle Samaritaine, reste à mon sens d’une grande médiocrité architecturale, tant dans sa forme et ses couleurs extérieures que dans ses espaces intérieurs. Pourquoi les riches se piquent-ils, après avoir piqué l’argent des peuples, de décider de l’environnement, de la culture et de la politique à mettre en place ? Parce qu’il faut toujours plus de pouvoir pour se maintenir dans une position injustifiée et artificielle. Et parce qu’il leur faut aussi pour cela le prestige – aisément obtenu à coups de réalisations épate-bourgeois, épate-journalistes – et l’illusion d’être des influenceurs à la façon des artistes ou des intellectuels. Malheureusement leur tricherie fondamentale se retrouve aussi chez nombre d’artistes et d’intellectuels, corrompus financièrement, ou politiquement, ou moralement, ou les trois à la fois.

 Nous voyons ces temps-ci éclater plus que jamais l’imposture de soixante-huitards et autres gauchistes ou progressistes désormais macronistes qui acceptent sans sourciller, voire défendent d’arrache-pied, des politiques iniques et ce qui les accompagne : violences policières et restrictions des libertés publiques. La trahison est écœurante mais n’est pas étonnante. D’une part parce qu’avoir soutenu le stalinisme ou le maoïsme prédispose très bien à soutenir n’importe quel autoritarisme ou fascisme. D’autre part parce que le décalage entre le discours et les actes est devenu un mode d’existence chez ces fils de bourgeois devenus ce qu’ils étaient réellement, des produits de leur caste, destinés à la défendre et à la perpétuer. En leur temps, Sartre et Beauvoir, qui se posaient en libérateurs du peuple et de la femme, pratiquaient sans vergogne la manipulation et l’asservissement de toutes jeunes femmes que la prétendue féministe séduisait d’abord pour elle, puis pour lui, à qui elle servait de rabatteur. Et lui, malgré leur pacte, mentait à sa bourgeoise comme l’eût fait n’importe quel bourgeois afin de s’amuser tout en s’assurant la permanence d’une femme parachute. Beaucoup de belles paroles distribuées au public, beaucoup de souffrances infligées en privé, entre eux et à leur entourage. Encore que ces paroles ne fussent belles qu’en apparence : l’existentialisme de Sartre, avec sa conception de l’homme comme « passion inutile », étant empreint d’une désespérance sans appel ; et le féminisme de Beauvoir d’une intense détestation du corps de la femme. Imposture qui se poursuit de nos jours où leur héritage est admiré ou adulé par conformisme, tandis que la posture de l’intellectuel imposteur est devenue quasiment la norme pour tout intellectuel médiatique, et déborde dans la politique où l’on nous a vendu pour président un Macron prétendument cultivé, intelligent et philosophe.

 La métaphysique de la vie privée dévoile la métaphysique de la politique, a dit un jour Milan Kundera. C’est une maladie fort répandue chez les intellectuels, qui ont en France pour tradition de donner sans cesse des leçons au peuple, de ne pas conformer leur discours à leurs actes. Tout comme aucun des politiques, urbanistes et architectes complices n’habiterait les barres de béton parées de noms lumineux à la façon de la glorieuse ancêtre Cité radieuse (« maison du fada », rigolèrent les Marseillais, « réceptacle parfait d'une famille », dixit martialement Le Corbusier), où ils parquent les pauvres. L’idéologie fasciste de Le Corbusier était ainsi résumée dans un article de Métro en 2015, citant Xavier de Jarcy et son livre Le Corbusier, un fascisme français : « La Cité radieuse correspond à un projet eugéniste. On y trouve des équipements sportifs pour créer cette race nouvelle, faciliter le retour du patriarcat, où tout est prévu pour que les femmes ne sortent pas de chez elles, parce qu’elles sont là pour faire des enfants. (…) Choquant ? Ce n’est rien encore : Le Corbusier voulait « épurer les villes ». Autrement dit, chasser ceux qui « ne servent à rien » et retrancher les ouvriers dans des camps ».

 « Ceux qui ne servent à rien », ça ne vous rappelle rien ? Eh oui, le « ceux qui ne sont rien » de Macron est du même acabit fasciste. « En 1922, rappelle Xavier de Jarcy, Le Corbusier a ce projet de Ville contemporaine pour 3 millions d’habitants, où le centre-ville est réservé à l’élite et à la classe moyenne supérieure, et où les ouvriers sont repoussés en banlieue avec une zone verte de sécurité qui les sépare de la ville pour qu’on puisse les tenir à distance et les contrôler… » L’architecte conçoit des tours, des barres de logements immenses, presque identiques aux HLM d’aujourd’hui : il n’hésite pas à parler d' « élevage humain ». 

 L’architecte Émile Aillaud, qui construisit la cité de La Grande Borne sur les communes de Grigny et Viry-Châtillon dans les années 60, appelait les pauvres : « l’innombrable ». « L’architecture a une puissance occulte, disait-il, les individus finissent par ressembler à l’architecture ». Et il se vantait de « manipuler un devenir des gens. » Ce devenir, nous le voyons aujourd’hui : les 11000 habitants de sa cité qu’il voulut « labyrinthe » sont livrés au désœuvrement, au chômage, au trafic de drogue et d’armes, à la violence et à la déscolarisation. Dans la mythologie, le labyrinthe est un lieu d’enfermement où un monstre dévore les jeunes.

 L’enfermement des pauvres par les architectes et les urbanistes déborde sur les classes moyennes et rurales par des politiques qui tendent à transformer de plus en plus le territoire en succession de périphéries, à la fois défigurées par des zones d’activité commerciale et dépouillées de leurs industries, de leurs services publics, de leurs commerces de proximité, de tout ce qui rend un vivre et un vivre-ensemble possibles.

 De même que les urbanistes enferment le peuple physiquement, les médias, les intellectuels et les artistes médiatiques, complices du pouvoir en place, l’enferment psychiquement dans des réseaux de mensonges et de manipulations. Le premier de leurs mensonges est de se faire passer pour des élites, alors qu’ils n’en sont pas. Les énormes tulipes de Jeff Koons, roi du spectaculaire hideux, trôneront bientôt dans les jardins du Petit Palais à Paris parce que ces gens ne savent pas refuser un cadeau empoisonné quand il vient des États-Unis. Et dans le bureau de Macron trône une Marianne au style dangereusement années 30, peinte par Shepard Fairey, artiste américain aussi fameux que plat, malgré son tape-à-l’œil. Résumant l’allégeance de la France de Macron aux puissances de l’argent et à la médiocrité.

 Dans ce monde où l’ « élevage » industriel se pratique aussi bien sur l’homme que sur le bétail, l’homme est un mouton pour l’homme. Et le grand bourgeois, qui se voudrait élite éclairée, n’est pas même un loup, il est un veau. « Ce ne sont pas les riches bourgeois qui achetèrent des tableaux de Cézanne et de Monet qu’ils dédaignaient », me rappelait le poète Sarane Alexandrian, ancien compagnon de route d’André Breton, « mais l’employé des douanes Vincent Choquet, le pâtissier Eugène Maurer, qui collectionna trente Renoir quand personne n’en voulait, le baryton Faure, etc. »

 Ce sont les habitants de ronds-points et les constructeurs de cabanes où se retrouver et réfléchir qui retrouvent le chemin de l’humanité. Ce sont eux qui ont raison et intelligence, en ne se laissant pas endormir. Macron avec son projet de société verticale a tout faux. C’est l’horizontalité des relations humaines qui donne un horizon à l’humanité. C’est dans la vérité de l’horizontalité, du rapport franc et direct, non hiérarchisé, que peut se réinventer le monde, pour que tous puissent s’élever jusqu’à l’habiter en beauté.


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73 réactions à cet article    


  • Elliot Elliot 11 mars 14:36

    La politique d’urbanisation est intimement liée à la primauté donnée à l’industrie de masse sur ce qui faisait le quotidien de nos campagnes, à savoir le petit artisanat et le travail de la terre.

    Non qu’il n’eût point fallu s’inscrire dans le mouvement du monde, la chose eût été difficile et n’eût pas été acceptée par une population soumise dès la libération au matraquage idéologique de l’« american way of life »

    Créer des tours pour sortir les gens de logements insalubres voire de bidonvilles ne fut pas un recul mais un progrès.

    La question est : qu’avons-nous fait de ce progrès ?

    Au début des années 70 du défunt siècle survint ce qui pourtant était prévisible pour les mêmes raisons qui avaient conduit aux excès du développement chez nous, des pays producteurs de matières premières nouvellement entrés dans une phase de décolonisation s’imaginèrent pouvoir contrôler leurs rentrées et accroître leurs rentes.

    Les marchés captifs devinrent de plus en plus perméables à des concurrences extérieures qui étaient encore insoupçonnables dans les années du grand boom bâtisseur de tours et autres grands ensembles au demeurant mal conçus ou conçus volontairement comme des ghettos rendant d’ailleurs au mot banlieue son sens originel : le lieu pour les gens mis au ban.

    Cette évolution – tout de même évoquée en 1972 par le club de Rome, premier organisme à avoir attiré l’attention du public avec un succès plutôt mitigé en publiant « The limits of growth »  ne pouvait se faire qu’au détriment des pays occidentaux dépourvus de matières premières qu’ils avaient épuisées enchérissant par le fait même ce qui faisait leur fierté leur capacités productives.

    Leurrés par leurs avantages technologiques qu’ils imaginaient par ethnocentrisme imbécile inaccessibles à ceux qui étaient, paraît-il, moins avancés, ils se sont réveillés à l’aube du XXIe siècle avec une belle gueule de bois : non seulement ils étaient rejoints dans ces domaines mais parfois dépassés. 

    Leur sont aujourd’hui imposés de nouveaux termes de l’échange.

    Il faut admirer la manière dont l’oligarchie capitaliste a su s’approprier les rêves d’indépendance financière des pays producteurs en pratiquant à large échelle la mise en coupe réglée de leurs produits tout en favorisant une élite « indigène » gavées de pots de vin et de postes privilégiés dans un vaste système de corruption organisée.

    Ce système est en tout point semblable avec celui qui leur avait permis de prendre la direction d’états millénaires que ce soit en privilégiant des formes pseudo-démocratiques ou, s’il le fallait, des formes dictatoriales.

    Avec la mondialisation – qui, on ne le dira jamais assez, est un instrument nécessaire de la domination mondiale de ces groupes ploutocrates – le sort de l’ouvrier occidental caserné dans ces vastes ensembles était consommé : les usines proches fermaient leurs portes, les quartiers étaient abandonnés par les transports en commun ; il n’y avait plus aucune raison de favoriser une mobilité qui n’avait plus aucune utilité pour un tissu industriel en voie de liquéfaction voire de disparition.


    • Alina Reyes Alina Reyes 11 mars 14:57

      @Elliot
      Créer des tours et des barres n’était pas la seule solution possible pour aider les gens à mieux se loger. Il aurait fallu leur demander leur avis. Dans bien des banlieues, les pauvres avaient construit leurs villages de bric et de broc, sans grand confort mais de façon vivante et conviviale. Mais il a été décrété autoritairement que c’était le chaos, l’anarchie, et qu’il fallait y mettre de l’ordre. Non, ce ne fut pas un progrès ; tout juste l’illusion provisoire d’un progrès.

      Voir par exemple « Goussainville en campagne » :
      https://www.ina.fr/video/CPF86635169/entretien-avec-pierre-sudreau-ministre-de-la-construction-amenagement-de-la-region-parisienne-video.html


    • oncle archibald 11 mars 16:08

      @Elliot : merci de relativiser les responsabilités respectives des architectes, des urbanistes et des décideurs qui sont les politiques et ceux qui les manipulent.

      Un architecte et un urbaniste sont des techniciens au service de leurs clients. Dans la conception des plans d’urbanismes et dans le domaine de l’habitat de masse ils peuvent suggérer mais les politiques décident.

      Comme n’importe quel artisan l’architecte et l’urbaniste ont besoin de clients pour vivre et faire vivre leur famille. Très peu de par leur notoriété peuvent se permettre de s’opposer aux désirs « anormaux » de leur commanditaire.

      Si l’urbaniste a prévu des quartiers à forte densité d’habitat c’est parce que la commune avait beaucoup de monde à loger et peu de terrains disponibles, idem pour l’architecte qui conçoit des tours c’est parce que sur un terrain de même pas un hectare on lui a demandé de loger quatre vint dix famille et qu’en outre il va falloir passer dans un budget à minima.

      Pourtant chacun sait qu’habiter ces quartiers à l’écart des centre-ville et ces immeubles simplement « utilitaires » va créer un ressentiment et à terme une ségrégation des plus pauvres parce que tous ceux qui pourront partir un jour pour habiter ailleurs le feront. Qui porte la responsabilité sinon celui qui impose le programme des études ?


    • Elliot Elliot 11 mars 16:47

      @Alina Reyes

      Effectivement il existait des formes de solidarité dans les bidonvilles, il y avait du vivre ensemble joyeux, les gens tiraient le meilleur parti possible des conditions qu’ils subissaient ( il faut se souvenir du film d’Ettore Scola qui a eu son petit succès il y a quelques dizaines d’années « Affreux, sales et méchants ») et ils n’ont sans doute jamais plus retrouvé cette ambiance dans les immeubles impersonnels où ils furent parqués sans avoir immédiatement le sentiment de l’être.

      Mais enfin la plupart ont accepté avec joie à l’époque de se mouvoir dans un univers aseptisé mais équipé des ustensiles ménagers dont ils ne pouvaient pour la plupart même pas rêver quand ils partageaient des conditions de vie indignes.

      Je n’en connais aucun qui regrette son bidonville même si beaucoup ne se plaisent plus aujourd’hui dans un environnement que l’on a aussi tout fait pour déclasser.

      Il faut dire que les plus jeunes n’ont eux pas connu les cabanes de tôle ondulée mais ils souffrent aujourd’hui surtout de ce qui leur apparaît comme un ostracisme et qui est effectivement une relégation aux marges de la société.

      Mais davantage que l’habitat – qui est médiocre – ils sont surtout les victimes de la crise économique endémique et c’est l’abandon ( et pas seulement le sentiment ) qui leur pèse.


    • Alina Reyes Alina Reyes 11 mars 16:54

      @Elliot
      Je ne parle pas des bidonvilles mais de villages construits par les habitants eux-mêmes, comme dans l’exemple donné de Goussainville. Au lieu de démolir ce style d’urbanisme il aurait fallu l’améliorer y compris pour remplacer les bidonvilles.


    • Alina Reyes Alina Reyes 11 mars 16:56

      @oncle archibald
      Oui l’urbaniste et l’architecte répondent aux demandes des politiques, mais ils ont tout de même une part de manœuvre dans les choix qu’ils proposent, et certains impulsent carrément des politiques déshumanisantes, comme Le Corbusier et Aillaud cités en exemples dans l’article.


    • Alina Reyes Alina Reyes 11 mars 16:58

      @oncle archibald
      En fait il reste beaucoup de terrains vagues et de zones désertes entre les cités. Il aurait été possible de faire une autre politique urbanistique. En Angleterre par exemple les banlieues sont pavillonnaires.


    • oncle archibald 11 mars 17:27

      @Alina Reyes : vous feriez mieux de vous abstenir de baver sur les architectes et notamment Le Corbusier qui a été un des meilleurs théoriciens de l’architecture et de l’urbanisme et dont les réalisations sont absolument remarquables, notamment la « cité radieuse » à Marseille.

      Juste un exemple : souvent on choisit un appartement ayant une chambre de plus que les besoins quotidiens pour pouvoir y recevoir ses enfants ou ses amis. A la Cité radieuse il existait un nombre de chambres « non affectées » à disposition des locataires qui permettait cette fonction de « chambre d’amis » sur simple réservation. L’économie est très importante par ajustement de l’offre au plus près des besoins Pourquoi payer le loyer d’un T4 si un T3 est suffisant en temps ordinaire et si on peut réserver une chambre de plus quand on en a besoin ?

      Actuellement ces chambres sont gérées en hôtel et si vous devez dormir une nuit ou deux à Marseille je vous recommande cet endroit qui s’appelle tout simplement « hôtel Le Corbusier ». Il compte une vingtaine de chambres de taille diverses entièrement décorées et meublées par l’architecte louées à un prix tout à fait courant alors que la chambre est exceptionnelle.


    • Alina Reyes Alina Reyes 11 mars 17:46

      @oncle archibald
      Je ne bave pas sur les architectes, je critique certains architectes et leur politique fasciste, notamment l’infect Le Corbusier qui a mis son grand talent au service d’un écrasement de l’humain. Évitez les amalgames comme @padamalgam avec les intellectuels.


    • foufouille foufouille 11 mars 17:49

      @oncle archibald
      c’est combien « un prix tout à fait courant » ?


    • oncle archibald 11 mars 17:58

      @Alina Reyes : C’est plutôt à vous d’éviter un amalgame entre l’œuvre de Le Corbusier et son engagement politique auprès du régime de Vichy pendant la seconde guerre mondiale.


    • Alina Reyes Alina Reyes 11 mars 18:02

      @oncle archibald
      Xavier de Jarcy et son livre Le Corbusier, un fascisme français : « La Cité radieuse correspond à un projet eugéniste. On y trouve des équipements sportifs pour créer cette race nouvelle, faciliter le retour du patriarcat, où tout est prévu pour que les femmes ne sortent pas de chez elles, parce qu’elles sont là pour faire des enfants. (…) Choquant ? Ce n’est rien encore : Le Corbusier voulait « épurer les villes ». Autrement dit, chasser ceux qui « ne servent à rien » et retrancher les ouvriers dans des camps ».

      (c’est dans l’article)


    • Alina Reyes Alina Reyes 11 mars 18:04

      @foufouille
      à partir de 79 euros pour les amateurs de béton, de ferraille, de chambre étriquée et de couvre-lit marron
      https://www.hotellecorbusier.com/


    • Alina Reyes Alina Reyes 11 mars 18:12

      @oncle archibald
      La « chambre exceptionnelle » de l’hôtel Le Corbusier, c’est comme la pissotière de Duchamp : ça ne le fait que si on y croit.


    • oncle archibald 11 mars 18:33

      @Alina Reyes : chacun ses gouts, moi je préfère descendre là quand je vais à Marseille plutôt qu’à l’hôtel Ibis du coin ! Et la vue sur la rade ne gâte rien.


    • mmbbb 11 mars 21:08

      @Alina Reyes

      Vous jugez a postériori Mais ces cites, la plupart ont ete construites dans les annees 60, periode de croissance economique, la France etait aussi en croissance demographique et il fallait loger vite . A la campagne beaucoup de demeures n avaient pas encore de tout a l egout ni de sanitaire . Dans les appartements de banlieues la douche paraissait une avancée moderne alors que beaucoup de paysans avaient une hygiène moyenne . N oubliez qu a Paris en 1954 annee de grand froid, il y avait des bidonvilles Mort d un enfant , naissance du mouvement de l abbé Pierre . il est un exercice favori dans ce pays, de critiquer les decideurs , bon c est de bonne guerre, mais la solution des problemes n est pas toujours aussi aisee .


    • Alina Reyes Alina Reyes 11 mars 21:19

      @mmbbb
      Beaucoup de gens meurent encore dans la rue, aujourd’hui en France. Tant qu’on ne tire pas la leçon des faillites des politiques, la faillite perdure.


    • mmbbb 11 mars 21:36

      @Alina Reyes facile dire . Les politiques font ce qu ils peuvent.. Quand on est comptable de rien, il est facile de dire il y a faut qu on , Vous semblez ignorer les plans banlieues dont les budgets s elevent a plusieurs milliards..  Vous semblez nous faire accroire que l Etat ne s engage pas. Quant a nos pauvres ,nous en importons nous ouvrons nos frontieres c ’est un choix mais que l on me cesse de me rebattre les oreilles avec cela. J ai souvent pointé l irresponsabilté de certains parents qui n apportent aucune education a leurs mioches et reportent celle ci sur la societe , c ’est un peu facile je me suis fais flingue mais je persiste . Que pensez vous des Roms par exemple je pose je retiens un, c ’est à dire les femmes ont un mioche dans les bras et sont deja enceinte Que pensez de ces familles en nombre surnuméraire dans les banlieues , Suis je responsable non . Les pauvres je les ai cotoyés, ils n ont souvent rien dans la tronche . C ’est direct mais c est la verite . Votre aricle est quelque peu manichéen , le peuple vertueux, l élite exécrable . 


    • foufouille foufouille 12 mars 07:56

      @oncle archibald
      le prix d’un *** ........


    • foufouille foufouille 12 mars 08:01

      @mmbbb
      la prochaine fois que tu vas au restau raconte ton délire au serveur. débrouille toi avec tes poubelles, ne vas pas faire travailler la caissière, etc.
      le niveau du riche est celui de l’héritier sarkozy : casse toi pauvre con.


    • Garibaldi2 14 mars 03:07

      @Alina Reyes

      C’est très mode de traiter Le Corbusier de facho sans voir qu’il était aussi un visionnaire et un homme de talent. Ses appartements de la cité du fada sont toujours admirables d’innovation, avec des pièces aux dimensions qui faisaient hurler les architectes traditionnels.

      Ecrire qu’à la cité du fada ’’tout est prévu pour que les femmes ne sortent pas de chez elles, parce qu’elles sont là pour faire des enfants’’ est une foutaise. Le Corbusier a travaillé sur la dimension et l’équipement de la cuisine de ces appartements pour minimiser les efforts des femmes dans leurs tâches ménagères, les hommes de cette époque étant bien peu enclin à vouloir abandonner leur rôle de mâle, ce qui d’ailleurs n’a pas beaucoup changé.

      Sa villa Savoye (1927) à Poissy est un chef-d’oeuvre.

      Et la Chapelle Notre-Dame-du-Haut.

      www.villa-savoye

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Cit%C3%A9_radieuse_de_Marseille

      Ce qui reste de Le Corbusier ce n’est pas ses ronds de jambe au régime de Vichy mais ses constructions qui sont toujours admirées par le monde entier ; et ses théories architecturales.


    • Alina Reyes Alina Reyes 14 mars 10:07

      @Garibaldi2
      Je connais nombre de ses réalisations, à commencer par la Cité radieuse qui est pourtant l’une des moins mauvaises, qui ont été désertées depuis longtemps par les habitants, parce qu’inhabitables souvent les gens essayaient de refaire l’intérieur de façon plus humaine mais ça restait bancal), et ne sont plus habitées que par des bobos fanatiques de sa secte. Du genre des gens qui viennent ici le défendre, quand bien même on cite une biographie étayée, qui reprend ses propres termes de projets architecturaux fascistes.

      Heureusement Paris a échappé à son énorme projet de destruction, le « plan Voisin ». Même les nazis n’auraient pas fait ça.


    • Garibaldi2 14 mars 12:00

      Heureusement que vous êtes là pour nous signaler un bouquin à charge contre Le Corbusier, des fois que sans les lumières de son auteur nous serions restés dans le noir ne sachant quel était le parcours du Corbu.

      On ne vous a pas attendu !

      Penser que le plan Voisin serait autre chose qu’un exercice de style provocateur, comme le projet Obus, situe bien votre niveau d’analyse, et de celle de Xavier de Jarcy, des idées de Le Corbusier sur l’urbanisme.

      ’’et ne sont plus habitées que par des bobos fanatiques de sa secte.’’ qui ont au moins le courage de mettre en accord leur discours avec leur pratique !

      Vous êtes une distributrice de fatwas je vous laisse à vos anathèmes.

       


    • Le Sudiste Le Sudiste 11 mars 16:01

      J’ai cru que c’était un fake la photo de « La Grande Borne ».
      C’est pas un architecte qui a dessiné ça, c’est son gosse de 3 ans qu’a fait un gros crabouillage.


      • Le Sudiste Le Sudiste 11 mars 16:07

        Le gosse a dessiné la maitresse. C’est rosemar en vrai !


      • L'enfoiré L’enfoiré 11 mars 17:58

        Bonjour Alina,

         « L’indicible légèreté de l’être » de Kundera est évidemment à lire pour comprendre

         Elle explique tout de la source à l’embouchure de ce fleuve de vie qui coule au travers de ses méandres et qui ramasse au passages tellement d’alluvions et de scories..

         On rencontre en chemin des « schieven architekt »  smiley..

         

         


        • L'enfoiré L’enfoiré 11 mars 18:10

          "C’est l’horizontalité des relations humaines qui donne un horizon à l’humanité

          « 

          Peut-être mais cela voudrait dire que tout le pense, agit et rêve de la même façon, ce qui d’après moi est complètement utopique et malvenu
          Comme je l’écrivais dans mon dernier billet : à l’occasion de la journée des femmes  »ce serait un monde tellement lassant, tellement peu intéressant si tout le monde avait les mêmes manières de construire sa vie en même temps et dans le même environnement entre les femmes et les hommes."


        • L'enfoiré L’enfoiré 11 mars 18:19

          « ...que tout le monde pense, agit et rêve de la même façon...... »

          Un mot manquait.... désolé....


          • julius 1ER 11 mars 18:23

            D’une part parce qu’avoir soutenu le stalinisme ou le maoïsme prédispose très bien à soutenir n’importe quel autoritarisme ou fascisme. 

            @l’auteur, 

            J’aime bien la teneur de cet article, mais il faut quand-même éviter les raccourcis historiques car sinon on dérape très vite et on fonce dans le décors à grande vitesse !!!!

            je me suis toujours senti marxiste avant d’être communiste et communiste avant d’être stalinien mais il faut bien admettre qu’en 1938 si l’on m’avait demandé au fond de ma Bresse natale (je n’étais pas né à l’époque ) si je devais choisir entre Hitler et Staline je pense que j’aurais choisi Staline sans vraiment savoir ce qui se passait en URSS mais j’aurais choisi le Métro de Moscou plutôt que les autodafés et les camps de concentration ....

            puisque vous parlez d’architecture le Métro de Moscou est un magnifique Métro construit (malheureusement sous Staline ) mais tous les péquenots comme moi peuvent l’emprunter ce qui n’est pas le cas de l’architecture Hitlérienne ... ceci dit en aparté !!!!!!

            et j’oublie aussi quand -même que c’est grâce aux soviétiques que je n’ai pas été obligé de faire « allemand » en première langue et de ne pas défiler tous les 20 Juin au pas de l’oie........

            car je pense qu’avec les Nazis vainqueurs on aurait eu une « Fest NAzionale »

            quelque part au mois de Juin, ce qui est insignifiant vu d’un salon doré ou l’on pouvait avoir des aussweiss en quantité vu que l’on trouvait vraiment ces Nazis sympathiques et bien élevés ..... ceci en aparté bien sûr !!!!!

            bien sûr la force des intellectuels souvent tiraillés entre leur moi profond et les rapports de classes de l’époque n’ont peut- être pas été toujours à la hauteur mais ils ne sont pas les seuls dans ce cas malheureusement , la liste de nos présidents de la République depuis 60 ans ne va pas laisser un souvenir impérissable !!!


            • Cyril22 11 mars 18:57

              Et pourtant, les « grands ensembles » sont l’avenir que préconisent les écologistes (certes pas les « tours » mais des immeubles de taille moyenne) car les immeubles ont moins d’emprise au sol et les appartement un meilleur coefficient thermique (moins de surface extérieure par unité de volume) que les pavillons. Cela limite aussi la nécessité de voies d’accès, et cela peut être plus facilement desservi par les bus que l’habitat dispersé. Eh oui, on est loin du « retour à la campagne » des années 70 (les ruraux étant considérés comme des pollueurs avec leur diésel et leur cuisinière à bois).


              • Fergus Fergus 12 mars 09:18

                Bonjour, Cyril22
                 
                Vous avez parfaitement raison de souligner cela : les écologistes rejettent l’habitat dispersé  et donc la maison individuelle ou les petits unités d’appartements  pour favoriser l’habitat collectif dans des immeubles qui ne sont finalement pas si éloignés ce l’urbanisme des années 60 et 70.



              • Raymond75 11 mars 19:19

                Vos articles ont une certaine valeur, mais sont privés de toute perspective historique.

                Dans les années 60 ; il y avait plusieurs gigantesques bidonvilles autour de Paris (Nanterre, Champigny entre autre), idem pour les grandes villes de province. Les raser et construire des hlm avec lumière, salle de bain et grande cuisine était un très grand progrès. C’est le fait d’avoir concentré un unique type de population dans ces lieux qui ont fait les actuels ghettos sociaux. Et on ne pouvait pas les construire a centre des villes, déjà occupés.

                Les immeubles des centres ville étaient à la limite du taudis : jusqu’à mon départ à l’armée, j’ai vécu au sixième étage sans ascenseur, sans salle d’eau, avec une chambre à l’intérieur de laquelle il y avait du givre sur les vitres à l’intérieur en hiver. Je ne souhaite cela pour aucun des enfants actuels.

                Enfin, en 1962 et 1965, un million de rapatriés sont arrivés d’Algérie, et on a réussi à les loger !

                On ne peut juger le passé avec le regard du présent.


                • Alina Reyes Alina Reyes 11 mars 20:13

                  @Raymond75
                  Mes articles sont des articles, je ne peux développer sur cinquante pages. Il me semble que la perspective historique est connue de tous. Il y avait un gros problème, et le fait est qu’on y a apporté une grosse mauvaise réponse.

                  Le sujet de mon article est le décalage entre les discours et les actes des intellectuels médiatiques, que je compare au décalage entre les réalisations par des politiques, architectes et urbanistes, d’habitations où eux-mêmes ne vivraient jamais. Comme la plupart des gens qui défendent encore ces réalisations.

                  Vous ne souhaitez pas un appartement froid et sans confort pour des enfants actuels. Mais beaucoup d’enfants actuels dorment dans la rue, ou dans des immeubles délabrés. Et je préfère élever des enfants sans confort que dans une cité gangrenée par la drogue, la violence, le désespoir.


                • Fergus Fergus 12 mars 09:23

                  Bonjour, Raymond75

                  Excellent commentaire !

                  Je me permets de poster là des liens sur deux articles en rapport avec votre propos :
                  Cette « gentrification » qui chasse les classes populaires de Paris
                  1953 vs 2013 : paradoxe des conditions de vie


                • Cyril22 12 mars 11:36

                  @Alina Reyes
                  Vous projetez une vision actuelle (drogue, violence, désespoir...) sur des intentions passées. Or regardez les films des années 60/70, les grands ensembles étaient perçus comme la modernité clean en opposition avec la grisaille des anciens quartiers populaires délabrés. C’était la période du quasi-plein emploi, et d’une certaine manière les ouvriers qui construisaient les immeubles faisaient partie de ceux qui les habiteraient. L’erreur était le gigantisme, mais la résorption des bidonvilles s’est effectuée en une décennie.


                • Alina Reyes Alina Reyes 12 mars 11:41

                  @Cyril22
                  Mais je parle d’aujourd’hui. De ce que cette politique a finalement donné. Une mauvaise politique peut séduire, illusionner au début puis se révéler désastreuse. Je parle dans tous les sens du temps, du passé au présent et d’autres fois du présent au futur, comme quand j’annonçais la plaie qu’allait être Macron, avant même son élection. Il nous faut avoir des visions vastes, et non accrochées à de petits bouts de la lorgnette.


                • finael finael 12 mars 17:05

                  @Raymond75

                  Tout à fait d’accord !

                  A la sortie de la guerre, 1/2 millions de logements à construire (Caen rasée à 90%, St Lô : « capitale des ruines » et partout où il y avait des ponts, des gares, des usines) ... et vite !. Dans les années 60 des kilomètres de bidonvilles autour des grandes villes. Un programme gigantesque.

                  Et revoyez les archives de l’INA : La joie et le bonheur des familles relogées dans des appartements propres, lumineux dotés du confort « moderne » : eau, électricité, WC et salle de bain ...

                  Et dans les années 70 j’ai moi-même logé à Paris dans des taudis sans ascenseur mais avec cafards et punaises, 13m2 mansardés, pas de chauffage, les toilettes (à la turque) à l’entresol, 1 pour 4 « appartements ».

                  Petit à petit les ménages qui le pouvaient ont quitté les cités pour des habitations plus confortables, n’y laissant généralement que des immigrés.

                  On peut sans doute oublier la réalité historique quand on écrit des romans, mais pas quand on prétend donner des leçons.

                  Et pour avoir vu ce qui se faisait en Europe de l’Est des années 70 j’ai aussi pu comparer et relativiser.


                • Alina Reyes Alina Reyes 12 mars 18:15

                  @finael
                  Vous êtes quelques-uns à témoigner d’un autre temps, celui de votre lointaine jeunesse. C’est bien mais je parle pour ceux qui sont jeunes aujourd’hui, et pour ceux qui seront adultes demain. Il ne faut pas répéter les erreurs du passé, que nous connaissons tous, même si nous sommes parfois tentés de le regarder avec nostalgie. Des architectes font le même constat que moi, j’ai donné leur témoignage dans un autre commentaire : « ce fut une erreur urbanistique », « il faut tout transformer ou démolir ».

                  Les hommes politiques agissent souvent sans réfléchir aux conséquences de leurs décisions sur le long terme. Ils font pour les autres ce qu’ils ne voudraient pas pour eux, sans penser que ce qui n’est pas bon pour eux finira par s’avérer mauvais pour les autres aussi. Il faut analyser cela et en tirer les leçons, en effet.


                • Xenozoid Xenozoid 11 mars 21:44

                  et ceux qui le voient/ressentent différemment,

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