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Accueil du site > Tribune Libre > Charles Aznavour, 3 ans déjà ... le 1er octobre

Charles Aznavour, 3 ans déjà ... le 1er octobre

 

Il y a des vies qui sont des modèles, pour tous ceux naissants avec aucun avantage. Charles Aznavour en incarnait l’exemple, le héros de cinéma, celui qui en prend plein la gueule, mais gagne quand même.

Jeune, son problème devient très vite, de plus en plus important, ayant l’ambition de devenir chanteur, avec une voix particulière et un physique difficile, bref un extra-terrestre de la variété française de l’époque. Pour ne rien arranger, les journalistes-critiques ne lui feront aucun cadeau, pire ils s’en donnent à cœur-joie. Leurs remarques n’étaient pas acides, mais d’une cruauté inouïe, voulant l’anéantir, non seulement artistiquement, mais dans sa vie tout court.

 

Plus ils tapaient fort, plus sa volonté s’affermissait, à démontrer qu’ils se trompaient.

C’est dans l’écriture de chansons pour les autres (Edith Piaf) qu’il va trouver le réconfort, et ensuite la certitude d’avoir des qualités d’interprétation avec des paroles simples. Chanter comme on parle de sa vie, ou de celles des autres. Ses thèmes seront éternels, comme le temps et l’amour.

Non seulement, le public s’était habitué à son timbre de voix, mais il va le conquérir en s’imposant comme interprète-acteur de ses propres textes. Il fera mieux que chanter, toujours comme on parle naturellement, mais ses chansons deviendront à jouer.

« Tu t’laisses aller » une scène de vie, faisant sourire monsieur, mais sous cape.

Comme ça, tu ressembles à ta mère, qu’a rien pour inspirer l’amour.

Situation plausible, hélas pour certains.

Mais aussi, le monologue tellement naturel des regrets, que si l’on n’y prenait pas garde, passerait pour de la prose.

« Hier encore  », je gaspillais le temps en croyant l’arrêter, et pour le retenir, même le devancer, je n’ai fait que courir et me suis essoufflé. Hier encore, j’avais 20 ans, mais j’ai perdu mon temps à faire des folies, qui ne me laissent au fond rien de vraiment précis, que quelques rides au front, et la peur de l’ennui.

Chanter en évoquant le moment crépusculaire du bilan d’une vie,

Que sont nos espoirs devenus ? Sont-ils noyés à tout jamais, dans un océan de regrets, vécus, vaincus, vendus ? Moi, lorsque je fais le bilan de mes hiers à jamais morts, malgré tout, tout me semble encore, plus beau, plus fort, plus grand, « qu’avons-nous fait de nos vingt ans ? »

 

Vers la fin, C. Aznavour nous a offert l’amour rimant avec toujours.

 

« Etre » mourir pour mieux renaître des mensonges d’antan, et n’être rien qu’un être vivant, pour aimer jusqu’à la mort, et au-delà peut-être. Etre l’âme séparée du corps, pour aimer jusqu’à la mort, même au-delà encore.

 

Les Immortels se seraient honorés en lui offrant l’habit vert.

Ils ont l’éternité devant eux … pour réparer cette erreur funeste

   


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7 réactions à cet article    


  • Jelena Jelena 28 septembre 2021 14:30

    Station Ephadavox... Ceci est le terminus, tout le monde descend.


    • zygzornifle zygzornifle 28 septembre 2021 16:26

      Tiens un clone de Rakoto ?


      • wagos wagos 28 septembre 2021 18:21

        Naznavour 


        • JulietFox 29 septembre 2021 11:30

          @wagos
          1ère fois qu’un exilé fiscal a eu droit aux Invalides.


        • uleskiserge uleskiserge 29 septembre 2021 13:56

          « le style Aznavour », indémodable, c’est un cocktail savamment dosé :

           

          - Un visage sans frontières, aux mille kilomètres parcourus et dont l’histoire semble bien plus grande encore que les yeux qu’il abrite et ce regard inquiet, agité, comme aux abois...

          - Un corps chétif qui menace toujours de basculer, oscillant, jamais vraiment stable : c’est ce corps-là qui porte la voix...

          - Une voix, un souffle et un phrasé hors norme... une technique vocale plus proche d’une tradition propre à la musique classique (lied et opéra) que de la chanson dite de variété...

          - Une gestuelle qui trahit une tension, un désir et une impatience : être entendu et convaincre...

          - Un texte impudique qui ne renonce jamais à dire dans le fond comme dans la forme, ce qui est le plus souvent tu ; texte ciselé pour servir un thème récurrent, véritable marque de fabrique de l’artiste : la déception amoureuse et l’usure des sentiments...

          - Une structure mélodique à la fois savante (classique) et populaire (traditionnelle), métissée à grand renfort d’appoggiatura, de turns, de mordants et autres ornements musicaux que l’on peut aisément retrouver dans tous les chants traditionnels, toutes civilisations confondues, de l’Irlande à l’Asie, en passant par le Maghreb, le Proche et Moyen-orient...

          - Une structure harmonique et une orchestration, ou bien plutôt une couleur harmonique et instrumentale, d’une efficacité redoutable entièrement dévouée au texte...

          Pour prolonger, cliquez : http://serge-uleski.over-blog.com/2019/09/premier.il-sera-le-dernier-charles-aznavour.html 


          • Réflexions du Miroir Réflexions du Miroir 29 septembre 2021 15:04

            Trois ans déjà....

            Le temps passe vite.

            On n’oublie pas. Cela repasse sur radio « Nostalgie » et probablement lors de l’anniversaire de la mort de l’artiste.

            A l’époque, j’avais commencé à écrire un billet sur un autre personnage : Brel.

            Je l’ai prolongé avec l’hommage à Aznavour.

            J’ai changé le titre qui est devenu « Le choc de deux »dinosaures« de la chanson française » dans lequel, je parle d’autres personnages aujourd’hui disparus comme Annie Cordy, Maurane....



            • Réflexions du Miroir Réflexions du Miroir 29 septembre 2021 18:00

              @Moi-ex-adhérant,

              Pas encore vos billets. Mais j’ai lu votre « à propos » qui dit « Retraité-chercheur du bon sens, n’ayant que mon équilibre comme seule richesse, espèrant le conserver le plus longtemps possible »

              Pas beaucoup de description sur ce « passé » qui fut le vôtre et qui ne correspond plus à ce que vous vivez aujourd’hui. 

              Revenu de vacances, j’ai écrit une nouvelle en faisant revivre quelqu’un qui est mort en 1967 : Magritte. Il y a été entraîné par son épouse, lui qui n’aimait pas les voyages. 

              J’avais lu deux livres à son sujet récemment.

              Ce qui m’a intéressé dans sa résurrection à notre époque. « Epopée surréaliste de Magritte aux Canaries ».

              Lui en conservateur et son épouse plus progressiste.

              La conclusion pourrait être « Si René Magritte avait vécu à cette époque-ci comme je l’ai proposé, il aurait eu encore tellement d’autres sujets liés au surréalisme. »

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