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Accueil du site > Tribune Libre > Cofinoga, des dégraissages qui prêtent à sourire

Cofinoga, des dégraissages qui prêtent à sourire


 

S’il est toujours délicat de se réjouir de la perte de 433 emplois dans un pays en crise – et certains ne manqueront pas de s’offusquer de mon “indécence déplacée”, mais lucide –, comment ne pas être bigrement satisfait en ce début d’année 2012 de constater que le crédit à la consommation, et notamment les ignobles revolving sur la tempe, est enfin entré en zone de grandes turbulences. Sur 2.600 postes, la société Laser Cofinoga en supprime aujourd’hui 433.

La raison de ce grand marasme dans le monde de l’escroquerie financière, selon l’analyse des médias officiels, serait l’entrée en vigueur en 2010 de la loi Lagarde destinée à débroussailler la jungle des crédits renouvelables et à renforcer les avertissements : “Un crédit vous engage et doit être remboursé. Avant de vous engager, vérifiez vos capacités de remboursement”.

Mais cette mini loi, l’une des dernières trouvailles de la ministre avant son départ pour le lucratif FMI, cette loi super light qui encadre le revolving sans prévoir de sanctions réelles et effectives pour les banques et les organismes qui la contourneraient – et ils la contournent dès qu’ils le peuvent ! –, ne peut être la seule explication à cette chute salutaire pour la société française du crédit à la consommation.

On pourrait bien sûr aller chercher d’autres explications dans les propos optimistes de certains analystes comme Chris Goodall, expert des questions énergétiques et climatiques, candidat aux élections législatives de Grande-Bretagne pour le Parti vert, qui affirme que nos sociétés occidentales auraient atteint une sorte de “peak stuff” (“pic des objets”) :

L'exemple de l'Angleterre démontre qu'à un certain niveau de PIB, plus la croissance économique s'accélère, plus elle entraîne une utilisation des ressources efficaces, et moins le pays consomme de choses matérielles.

Mais on sait ce que valent les fameuses analyses de ces “spécialistes des statistiques”, surtout quand la croissance stagne et régresse au lieu de s’accélérer. D’autant que d’autres éminents spécialistes comme l'économiste anglais Tim Jackson, auteur du célèbre ouvrage “Prospérité sans croissance” (éd. De Boeck), battent en brèche cette théorie :

Il est réconfortant de croire que nous nous sommes sevrés de notre dépendance aux choses matérielles. Mais l'analyse historique montre que toutes les baisses de la consommation au Royaume-Uni sont pour la majorité assez faibles : quelques pour cent sur une décennie. Dans de nombreux cas, ces chiffres sont inférieurs aux marges d'erreur statistiques des mesures.

Mieux, Jackson souligne l’hypocrisie de ces calculs dès lors que l’on parle de ressources :

L'étude de Goodall ne tient pas compte de la délocalisation des industries consommatrices de ressources vers les pays en développement. Ainsi, si la consommation de pétrole, charbon ou gaz est en baisse en Grande-Bretagne, les émissions totales de carbone, une fois réaffectés les rejets des usines étrangères produisant les ordinateurs portables, jouets ou vêtements britanniques, continuent d'augmenter régulièrement dans le pays.

Bref, il est clair que Goodall, en bon écolo-technocrate, élabore sa théorie du “pic des objets” devant la porte qui l’arrange en laissant de côté tous les facteurs qui le dérangent…

Ce “peak stuff” me semble en effet une vue de l’esprit, car les objets ne sont pas immuables, éternels – ils sont même programmés pour avoir une vie de plus en plus courte. C’est sans compter aussi sur les “nouveautés”, les “améliorations”, les “tendances” et les “effets de mode”, qui font jeter ce qui fonctionne encore. C’est sans compter également sur le harcèlement de la publicité, relayé par celui des médias (supports publicitaires des marques) et des myriades de “partenaires”, épaulé par celui du crédit (justement !) pour déclencher la fièvre acheteuse, remuer les désirs, les plaisirs, les prétendus besoins, et satisfaire toutes les frustrations inconscientes de l’existence, toutes les illusions.
 
La véritable raison de cette chute bénéfique du crédit à la consommation, je la verrais plutôt dans la prise de conscience progressive des citoyens, associée à leur précarité croissante.

Dans un pays ruiné par l’incompétence malveillante de Sarkozy et la mafia des banques – Cofinoga, comme Cetelem, est une filiale de la BNP, impitoyable avec ses clients et si généreuse avec ses actionnaires –, dans une société où 10 millions de personnes vivent sous le seuil de la pauvreté et où plus de 4 millions sont déjà insolvables, les gens pensent d’abord à survivre plutôt qu’à consommer stupidement et à s’endetter encore et encore… L’exemple de la France, de l’Europe, leur fait froid dans le dos et commence peu à peu à leur ouvrir les yeux… Alors, oui, si Laser Cofinoga disparaît du paysage des finances mortifères, tant mieux ! Cetelem, Sofinco et consorts, à qui le tour ?…

Les gens, devenant lucides, préfèrent manger leur citrouille que de s’illusionner encore avec des carrosses qui les roulent et les jettent au pavé, dans le triste décor !


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26 réactions à cet article    


  • bluerage 21 janvier 2012 08:10

    Entièrement d’accord, prendre un credit revolving est la meilleure façon de voir rappliquer chez soi les huissiers à terme et de ne bouffer que des pâtes et du riz tous les jours, tout ça pour se payer 15 jours en Thailande...Et au pire à finir sous un pont

    Heureusement nos compatriotes commencent à ouvrir les yeux,


    • Christophe Leclaire 22 janvier 2012 05:12

      Bonjour bluerage,
      Oui, je crois que nos compatriotes commencent à prendre conscience, nos compatriotes et beaucoup d’Européens. Mais cette prise de conscience tardive ne tombe pas du ciel : les gens ressentent de plus en plus douloureusement les effets de la précarité, et ceux qui ne les ressentent pas (encore) les craignent davantage. Souvent, jusqu’ici, les insolvables, c’étaient les autres, on refusait de voir le problème dans sa propre maison, on se débrouillait… Mais il suffit d’un accident de la vie, d’un imprévu hélas de plus en plus prévisible (licenciement, divorce, ennui de santé, par exemple), pour que la débrouille qui permettait de se maintenir en équilibre précaire se transforme en digue impuissante devant un soudain tsunami de dettes qui emporte tout sur le passage des huissiers et des créanciers. Cordialement.  
      Christophe


    • René de Sescendres René de Sescendres 22 janvier 2012 09:57

      Le comble pour un salarié Cofinoga c’est d’être viré avec un crédit à la consommation à rembourser smiley


    • spartacus spartacus 21 janvier 2012 09:17

      Une analyse sympatique mais partiellement inexacte. La masse du crédit au particulier c’est effectivement tassée par la baisse de la consommation. Néanmoins, la vraie raison des problèmes de cette entreprise ne se situent pas ici. L’entreprise a mal géré les changements sociétaux comme le crédit en ligne, et ses partenariats avec les preneurs d’ordres (magasins) sont plus faibles que ses concurrents.

      Les banques traditionnelles, les concurrents plus nombreux et actifs, associés a une gestion « moyenne » ont créés cette situation.
      Dans une situation ou les banques se renseignent toutes aux mêmes endroits, avec les mêmes critères sur les mêmes ratios, ces entreprises de revolving, restent pour beaucoup une porte de sortie. 
      L’image des produits financés officiellement et les taux élevés cachent une réalité qu’il faut voir. 
      Beaucoup de nos compatriotes n’ont pas accès a des ressources financières classiques, et pour payer ses impôts, une pension alimentaire en retard, une assignation, ou son poulet pour manger demain sans le faire voir à ses voisins le revolving est une solution.
      La société est plus a blâmer que la banque. Cette histoire prouve aussi que le créneau n’est pas si profitable que ceux qui ont accès a des moyens classiques veulent le faire croire.

      • Christophe Leclaire 22 janvier 2012 05:30

        « ces entreprises de revolving, restent pour beaucoup une porte de sortie. »

        Bonjour Spartacus,
        Non, ces entreprises de revolving ne sont pas une porte de sortie, elles sont un cul-de-sac, et s’y engager ne permet que de gagner un peu de temps, tout en aggravant sa situation davantage.
        Quand on est obligé de prendre un crédit pour s’offrir un poulet à manger aujourd’hui, demain c’est dans la rue qu’on en sucera les os. Le crédit, et encore moins le revolving que les autres, n’est pas une solution, il est une aggravation du problème. Gagner du temps n’est pas une solution, on le voit bien, les États eux-mêmes le voient, et nous le démontrent, mais ils font le choix de continuer à s’endetter, à enrichir les banques au détriment des peuples. Comme dirait l’autre "Ça va mal finir”... La société et la banque sont dans le même bateau, la banque profite de la misère générée par cette société indigne ; en continuant ainsi, elles couleront l’une et l’autre. Cordialement.
        Christophe


      • spartacus spartacus 22 janvier 2012 14:21

        Qu’en tu n’est pas dans le cadre de ceux qui peuvent emprunter, il faut manger et le poulet, m^me a crédit c’est vital.

        Une assignation pour pension alimentaire non payée c’est ne plus voir ses enfants. 
        Un impôt nom payé c’est des majorations. 
        Certes un cul de sac, mais qu’en y’a rien d’autre.... 

      • kitamissa kitamissa 21 janvier 2012 11:06

        dans un sens, cette crise est salutaire ( avec toute la réserve que cela implique bien entendu ) parce qu’elle fait prendre conscience aux gens que vivre à crédit finit toujours très mal et conduit à la faillite !


        les états surendettés nous en apportent la preuve flagrante .....

        bien entendu il y aura toujours les inconditionnels de la consommation qui veulent s’offrir des vacances de rêve ( pas de bol pour les passagers du Costa Concordia ) , ceux qui veulent la dernière bagnole pour épater le voisin, des meubles Ikéa pour meubles l’appart de location y compris l’électro -ménager et la cuisine à l’Américaine , ou tout simplement pour boucler la fin de mois ( la pire des solutions !) 

        et puis, les gens plus raisonnables qui tiennent compte de la baisse du pouvoir d’achat, vu la hausse des prix, des incertitudes de la stabilité de leur emploi, ce qui freine l’envie de consommer , mais plutôt d’épargner !

        dans un budget bien tenu, on calcule les rentrées, on déduit toutes les charges, et ce qu’il reste sert à vivre, si l’on peut, on épargne au cas ou un imprévu survient !

        alors compte tenu que la fête où tout est beau et facile est terminée, ( on a quand même 10 millions de chômeurs et ce n’est pas fini malheureusement ...) les gens consomment moins, et les officines de Crédit Révolving en pâtissent .......

        ben oui, le temps de se serrer la ceinture arrive, et nous avons tous la pénible impression que ça ne fait que commencer .....

        bien entendu , je ne me réjouis pas pour autant que des salariés de ces officines d’argent facile se retrouvent au chômage à leur tour, ce sont des personnes ordinaires qui comptaient sur un salaire pour vivre, mais pour leurs dirigeants, c’est un coup de semonce sérieux qui annonce que la fête est terminée et que leurs entreprises qui engraissaient les Huissiers et les requins des sociétés de recouvrement arrivent à terme !

        • vidoq 21 janvier 2012 16:12

          Enfin, ça commence à bouger contre ceux qui font la pluie et le beau temps pour « aider les gens » à se suicider financièrement. A l’intar de la fuite en avant des circuits d’emprunts de la finance actuellement en crise. Encourager et contraindre le consommateur, ne serait-ce que pour avoir une carte de fidélité, de monter un dossier de crédit revolving dans un grand masasin relève effectivement de l’escroquerie. Dommage pour ces salariés, mais maintenant prenons conscience qu’on ne peut pas manger 12 fois par jour ! On n’a qu’un estomac ! Avoir une tv dans chaque pièce relève de la bétise engendrée par ces organismes financiers. A quand le prochain ?


          • les SALARIES DE BASE NE LE SAVAIENT PEUT ETRE PAS qu’ils étaient des affameurs du peuple...leurs cadres savaient.pour quoi PECRESSE -GUEULE DE RAIE ET BAROIN -LES DENTS LONGUES n’ont pas mis de l’ordre et Un interet maxi de 10% AINSI QUE DANS LES RACHATS DE CREDIT OU EN PLUS ILS PRENNENT UN INTERET DE 7%+ DE 6 A 15% DE COMMISSION

            CE GOUVERNEMENT EST VRAIMENT UN USURIER...........DEGAGEONS LES.


          • hunter hunter 21 janvier 2012 18:30

            Salut à tous,

            N’y aurait-il pas aussi un autre aspect aboutissant à ces « dévissages » de ces boîtes vampiriques, à savoir le défaut de remboursement ce certains clients ayant contracté des crédits ?

            Avec la situation économico-sociale désastreuse de notre pauvre pays, l’explosion du sur-endettement et de la pauvreté, de plus en plus de gens peuvent faire défaut !

            J’ai vaguement entendu cette hypothèse évoquée par un bavard à la radio il y a quelques jours, mais ça a été vite évacué !

            C’est vrai qu’il faut pas affoler la population ! tout va bien en France, c’est pourquoi on montre si souvent des autoroutes regorgeant de bagnoles, en juillet, aout et décembre !

            Ça fait riche non ?

            cordialement

            H /


            • Spip Spip 21 janvier 2012 18:42

              Je ne pleurerais pas, moi non plus, la mort de ce crédit à la limite du taux d’usure, s’il n’avait pas dépassé son objectif initial, la surconsommation... Comme il a été déjà signalé, certains n’ont plus que ce moyen pour manger vers la fin du mois. C’est d’en arriver là qui est vraiment scandaleux.

              Pour les licenciés de Cofinoga c’est évidement triste, mais je crains que ce ne soit qu’un début. Cette crise, avec son processus de récession va, qu’on le veuille ou non, réorienter (à la baisse) les priorités de tout le monde : achats de biens d’équipements, de vêtements, de nourriture, de services, etc.

              C’est toute la chaîne, du producteur au vendeur final qui va trinquer, et pas pour du superflu mais pour du nécessaire.


              • Jean-Paul Foscarvel Jean-Paul Foscarvel 21 janvier 2012 19:21

                Il faut relire « Roses a credit », de Elsa Triolet.


                Deja en 1659 !





                • SalarieeCofinoga 22 janvier 2012 09:17

                  Derrière ces licenciements, n’oubliez pas qu’il y a de l’humain. 

                  Je trouve étonnant qu’on puisse se réjouir de savoir que des salariés vont perdre leur travail. C’est toute une économie locale qui va être fragilisée.

                  Quant au crédit, chacun pense ce qu’il veut, on ne met pas un revolver sur la tempe du client qui souscrit à un crédit. Il sait lire et il est en possession de ses moyens lorsqu’il signe. Les conditions d’attributions d’un crédit et les taux définis sont réglementés par l’état. Alors tout mettre sur le dos du salarié Cofinoga et dire ouvertement que c’est bien fait pour lui, je pense que c’est un raccourci un peu trop rapide.
                  C’est pas le fait de virer des salariés chez Cofinoga qui va rééquilibrer le système bancaire et nous faire sortir de la crise. 


                  • herbe herbe 22 janvier 2012 10:36

                    Ce qui me chagrine justement c’est que les victimes sont en effet les clients et les salariés.

                    Ce sont encore et encore toujours les mêmes qui trinquent (comme par hasard ce n’est pas la crise pour tout le monde !), bon courage à vous...
                    Je suppose que pour certains ce doit être la double peine : salariés et clients, mais c’est une supposition, c’est pour cela que je vous pose la question à vous qui semblez être une salariée (selon votre pseudo) :
                    Etiez vous une cliente de ce type de produit ?

                    (d’après ce que vous dites dans votre argumentaire du crédit, ça m’inciterais à le croire, et ce serait logique, parce que moi je ne crois qu’à la vertu de celui qui croit tellement en son produit qu’il en prend aussi pour lui comme le bon boulanger, sinon attention mauvaise foi...)

                  • kitamissa kitamissa 22 janvier 2012 12:31

                    Non Madame Salariée de Cofinoga .....


                    si vous lisez mon post, je déplore le licenciement d’une partie de sont personnel, salarié et n’ayant je suppose que ce salaire pour vivre ....

                    bien souvent, les gens qui font leurs emplettes au BHV sont sollicités pour obtenir une carte soi disant de fidélité ,un peu comme la carte Pass de chez Carrefour, qui permet de faire ses achats, avec un débit différé , Cofinoga est affilié avec la carte Aurore prise dans les Monoprix ainsi que dans plusieurs magasins....

                    alors bien entendu qu’il y a des clauses écrites en tout petit, et bien souvent hors de portée tant les écrits et les conditions sont incompréhensibles pour des gens modestes n’ayant pas la maitrise totale de toutes les subtilités de la langue Française souvent rédigée dans un style ampoulé ....

                    donc les personnes signent bien souvent croyant faire une bonne opération, et bien souvent je répète ce sont bien souvent de pauvres gens qui prennent cette carte, d’autant plus que les préposés à la vente de ces cartes ont intérêt à en refourguer le plus possible, vu qu’ils perçoivent une commission sur chaque dossier accepté par la société de crédits, pas trop regardante sur les possibilité de remboursement du pigeon ( ou du client ...ou l’inverse ..) on fait miroiter les avantages, mais au moment du débit sur le compte, c’est là que ça coince et que la machine infernale se met en route...

                    la banque donne une semaine pour régulariser la situation, la société de crédit commence à menacer le client défaillant, un service contentieux, se faisant passer pour une officine d’huissier menace, et le client qui a eu la connerie de se laisser embobiner se retrouve dans le pétrin , d’autant plus que ses comptes sont bloqués et que ses prélèvements habituels ne peuvent plus êtres honorés !

                    on imagine la suite, l’huissier qui débarque et toute la suite, à moins que la personne dépose vite fait un dossier auprès de la Commission de Surendettement ....

                    le tort des société de crédit justement, c’est d’accorder trop facilement de l’argent à des gens insolvables dès le départ !

                    maintenant, il est bien regrettable que vous vous retrouviez vous même dans la situation de certaines personnes justement victime du système que vos patrons ont mis en place, c’est à dire l’usure , ou du moins la limite permise ....

                    je suppose que justement certaines personnes en difficulté se réjouissent de ce qui arrive Cofinoga, je pense que Cofidis, Pass, et d’autres officines de crédit révolving doivent être sur la défensive ...

                    Madame, je vous souhaite sincèrement retrouver un emploi dans les plus brefs délais, en tant que salariée, vous n’êtes pour rien dans ce retour de bâton qui frappe votre employeur ..

                    la société est en crise, et on cherche toujours un bouc émissaire , l’humain est ainsi fait, il est capable du meilleur comme du pire !

                  • Yaltanne 22 janvier 2012 12:38

                    <<on ne met pas un revolver sur la tempe du client qui souscrit à un crédit>>

                    On ne vous a pas mis non plus un revolver sur la tempe pour vous faire signer votre contrat de travail.
                    Vous en étiez d’accord de faire votre pouvoir d’achat au détriment de celui de vos contemporains les plus faibles (je ne développe même pas ).

                    <<n’oubliez pas qu’il y a de l’humain>>
                    Vous êtes de ceux qui trouvent légitime d’enfoncer la tête des autres sous l’eau pour en sortir la leur, et là que c’est votre tour de boire le bouillon, vous en appelez à l’humain ?!

                    <<Les conditions d’attributions d’un crédit et les taux définis sont réglementés par l’état.>>

                    Pour vous donc, pour peu que la législation vous le permette, vous faites. J’en conclus que si vous n’arrachez pas le sac à main des vieilles dames dans la rue, c’est juste parce que c’est interdit ?

                    <<[…]tout mettre sur le dos du salarié Cofinoga>>
                    Aucune entreprise ne peut fonctionner sans ses salariés, une entreprise ça ne court pas tout seul sur ses petites baskets, une entreprise c’est le produit des énergies des humains qui se mettent à son service. Alors oui, vous êtes partie prenante, et par là responsable de ce que fait l’entreprise à laquelle vous louez votre énergie, savoir faire, compétences.

                    <<C’est pas le fait de virer des salariés chez Cofinoga qui va rééquilibrer le système bancaire et nous faire sortir de la crise. >>
                    Démanteler les organismes qui n’ont d’autre vocation qu’accélérer la paupérisation pour le plus grand bénéfices de quelques déjà richissimes, si, c’est une bonne idée et oui, il faut le faire.
                    Et ne comptez pas sur moi pour pleurer sur votre sort ; vous étiez une collabos du système, et maintenant vous appelez à la compassion ! O.O !
                    Notez ça va ensemble : vous souffrez de moi-jisme aigu et ne voyez pas plus loin que votre bénéfice immédiat, ou présumé tel. Tout comme les malheureux qui sont venus se prendre dans les filets que vous participiez à tendre, ces piégés pour lesquels vous n’éprouvez encore aujourd’hui aucune commisération. Et vous voudriez qu’on en manifeste pour vous ?
                    Qu’on se batte peut-être pour que vous retrouviez votre job, et que vous puissiez continuer de pédaler en sous sol pour alimenter la machine à broyer ?

                    <<C’est toute une économie locale qui va être fragilisée.>>

                    Ah pardon, c’est un appel altruiste ? C’est la vie de votre région qui vous préoccupe ! Pardon, je vous avais prise pour une nuisible en pleine crise d’auto-compassion…


                  • BOBW BOBW 22 janvier 2012 21:13

                    Chère Madame , je compatis avec tous les salariés victimes de ces entreprises bancaires ou autres,et je ne m’en réjouis pas du tout.
                     Les employés lésés : mais il ne suffit pas de se plaindre de cette politique, maintenant il est temps,rapidement de vous grouper, de vous insurger,de vous révolter et de la combattre énergiquement avec tous les autres victimes.
                    Que font partout ,dans tous les départements , dans de nombreuses écoles victimes des suppressions de postes, des classes de plus de 25 élèves qui rendent les conditions d’enseignement trés précaires et misérables, les Enseignants et parents d’élèves ??
                    Et les postiers et facteurs qui se battent pour la défense de leur service public ?.....

                    Maintenant qu’il est encore temps,toutes ces luttes légitimes ,dans les semaines qui viennent vont influer sur l’avenir de tous les travailleurs sacrifiés par un sytème de dirigeants et de gouvernants voyous.


                  • BOBW BOBW 22 janvier 2012 21:33

                    Post Scriptum : Au sujet des luttes de ces salariés mobilisés ,Allez donc « jeter un oeil » sur ce site


                  • Christophe Leclaire 22 janvier 2012 23:40

                    Ô Salariée Cofinoga,
                    Je souscris totalement au commentaire de Yaltanne et à tous les points repris de votre complainte. Votre défense de ce job de tueur à gages rémunéré ne tient pas la route une seconde. S’il existait demain une entreprise de récupération de la chair des victimes d’un État assassin, serait-il juste de ne pas la dénoncer sous prétexte que l’on mettrait certains de ses collaborateurs salariés au chômage ou une petite région en difficulté ? De grâce, chère collaboratrice du système ultra-libéral, ne parlez pas de l’humain, vous qui le méprisez à longueur de journée pour faire du chiffre, sans vous soucier des conséquences sur l’humain justement ! Réfléchissez-y demain – je ne crois pas une seconde que vous fassiez partie de la charette, car si c’était le cas, votre réaction serait moins « corporatiste » – quand vous verrez des gens en difficulté se présenter devant vous, leurs pauvres papiers à la main, des gens qui ne liront pas les petites lignes de votre contrat, trop pressés de trouver une fausse solution immédiate, des gens qui ne pourront pas rembourser dans six mois, et vous le savez très bien, votre entreprise le sait. Cofinoga et les autres, multi couverts par ailleurs par des assurances exorbitantes, savent très bien ce qu’ils font en prêtant aux pauvres : ils les paupérisent davantage, ils les saignent ! Si vous avez moins de clients, c’est parce que les gens commencent à ouvrir les yeux. Et si certains d’entre vous sont virés, c’est parce que votre chère entreprise inhumaine veut préserver les bénéfices de ses actionnaires, c’est tout. Ne comptez pas sur moi qui suis dans la misère à cause d’entreprises de destruction massive comme la vôtre, pour verser une larme sur le sort des collabos du capitalisme assassin. Bien à vous. 


                  • robin 23 janvier 2012 08:41

                    Si le client de Confinoga sait lire, le salarié de Cofinoga savent qu’ils travaillent pour un vampire aussi et qu’il doit s’attendre un jour ou l’autre à un retour de bâton moral. Sur ce là comme ailleurs ce sont les vampires en chef les vrais responsables.

                    Une question simple : entre un smicard aux abois qui n’a plus que ça pour vivre et un professionnel du crédit quil lui accorde justement un crédit qu’il sait en son for intérieur que le pauvre hère ne pourra pas rembourser, lequel des deux est le plus moralement condamnable d’après vous ?


                  • Cielo Cielo 22 janvier 2012 10:13

                    Loin de nous de nous réjouir du licenciement de 433 personnes qui à mon sens ne sont que des victimes colatérales, mais c’est un soulagement de savoir que la déchéance sociale (et familliale) de centaines de milliers de français est quelque peu ralentie du fait d’un moindre recours à cet infâme crédit « revolving » qui ne profite qu’à quelques usuriers et actionnaires, lesquels avaient (et ont encore) la bénédiction du pouvoir en place.

                    Dans le même registre, on pourrait encore disserter sur l’opportunité de l’industrie de l’armement et de celle du tabac, par exemple. 


                    • chantecler chantecler 22 janvier 2012 12:20

                      Les activités bancaires son tellement pléthoriques qu’elles sont aujourd’hui totalement déconnectées de l’économie réelle .

                      Impossible de faire fonctionner durablement un pays uniquement par la banque .

                      Nous avons atteint une limite où le système est tellement instable que n’importe quoi, aujourd’hui , comme une bulle irrattrapable peut exploser ou le krack final.

                      La finance a engendré jusqu’au bout des apprentis sorciers et absolument rien ne peut éviter la catastrophe prévisible .

                      Les banques ont été surprotégées jusqu’au bout par les états, nos impôts , pour continuer leurs mégas bénéfices , leurs mégas bonus , les mégas salaires ,etc ....

                      Alea jacta est .

                      Allez sur un site comme crises.fr et vous comprendrez en observant les graphiques et en lisant les explications les énormes dangers auxquels la population est confrontée .

                      Car les dirigeants et responsables de ce système s’en sortiront fort bien...

                      D’ailleurs en spéculant à la hausse à la baisse et grâce aux outils abscons qu’ils ont mis en place réservés à une minorité d’initiés , ils gagneront encore du fric .
                      Cr.


                      • Philippe Leclercq 22 janvier 2012 18:29

                        Bonjour à tous !
                        Excellente analyse, mais que je conteste sur un point : des sanctions existent, contre ces banques délinquantes multirécidivistes !
                        C’est d’ailleurs pour cela que je suis candidat aux prochaines présidentielles : http://www.agoravox.fr/actualites/societe/article/endettement-des-menages-une-fin-108056


                        • loco 23 janvier 2012 11:44

                           Bonjour,
                           Je ne sais pas ce qui fait baisser l’activité de ce genre de boîtes de crédit ....
                           - est-ce qu’elles durcissent les conditions d’octroi du prêt, de garanties, et que de ce fait le nombre de prêts acceptés diminue (baisse du nombre de demandeurs raisonnablement solvables, précarité en hausse, trop plein d’engagement des plus aisés)  ?
                           - est-ce que ceux qui ont eu recours une fois à ces maisons en ont eu assez de découvrir qu’en remboursant chaque mois ponctuellement, ils devaient toujours autant (par un miracle qui combine les taux élevés pour moitié et les primes d’assurance extravagantes pour moitié également), et qu’ils ont, en conséquence, abandonné tout simplement ce système  ?
                           En tout cas, présenter ces requins comme une solution ultime pour « acheter le poulet » est une pure plaisanterie (sinistre), car « on ne prête qu’aux riches », et si le système permet de se surendetter en « omettant » de déclarer ses engagements autres, il faut pour autant présenter certaines garanties d’emploi stable (!) et de rémunération. Dehors les déjà pauvres, bienvenue à ceux qui, grâce à nous, vont le devenir !!!


                          • posteurfou posteurfou 23 janvier 2012 12:02

                            Malheureusement , ils pretent aussi aux pauvres et c’est ça qui est grave ..


                            • jak2pad 24 janvier 2012 02:34

                              il y a aussi des salariés dans les boîtes d’armement, et ce qu’ils produisent sert à tuer des gens par ci, par là.

                              quand leur boîte se casse la g..., doit-on les plaindre ?
                              pour moi, c’est très simple :
                              les salariés de COFINOGA, qui avaient probablement des « stratégies », des « objectifs », et des « moyens commerciaux », étaient là pour entuber les gens de toutes les façons imaginables, les amener à des situations inextricables, et cela devait les faire bien rire au café, après la cantine.

                              Sinon, si vraiment ils n’avaient pas le coeur à l’emploi, désolé, mais il me semble qu’ils pouvaient aller bosse dans un autre secteur de la banque.
                              Moi, je ne les plains pas du tout, mais alors pas du tout
                              Gardons notre compassion pour les vraies victimes.

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