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Collectif de salariés d’Arkéa : l’instrument de la direction

Dans le conflit qui l’oppose au Crédit Mutuel, notre direction ne recule devant aucun moyen, même les plus contestables. Pressions sur les salariés, collectifs bidons et manifestation instrumentalisée : tout est bon pour vendre l’indépendance de notre banque.

Fin septembre, les membres du « collectif de salariés du Crédit Mutuel Arkéa » (CMA) sont montés au créneau, dénonçant dans un communiqué les « nouvelles manipulations » de la Confédération nationale du Crédit Mutuel (CNCM). Le collectif rappelle ainsi que « les 6 000 salariés présents le 17 mai à Bercy sont déterminés à conserver l’indépendance de leur groupe, leurs emplois et le maintien des centres de décision sur leurs territoires ».

Une prise de position qui arrive à point nommé. Quelques jours auparavant, notre collègue Robert Hay, avait publié une lettre ouverte à notre PDG, Jean-Pierre Denis. Et d’y dénoncer son attitude « sidérante », l’accusant — à juste titre — de « remettre en cause (…) l’identité et l’avenir (de la) fédération Crédit Mutuel avec ses salariés ». « Ce seront au final les salariés et sociétaires qui seront pénalisés et subiront les (…) conséquences » de la désaffiliation unilatérale voulue par Jean-Pierre Denis, prévient Robert Hay.

Le « collectif » est donc loin d’être aussi représentatif qu’il le prétend. C’est aussi l’avis de nos camarades de la CFDT, réagissant par ces mots au communiqué publié fin septembre : « On a été surpris et désolés de voir le collectif remettre en cause l’intégrité des instances du personnel et de l’ensemble des organisations syndicales représentatives », peut-on lire dans un mail adressé à l’ensemble des salariés d’Arkéa. Le collectif est tout simplement « dirigé par la direction d’Arkéa » pour faire valoir son point de vue.

Un constat renforcé par les récentes prises de position des syndicats de notre banque. Fin septembre, l’intersyndicale du groupe Crédit Mutuel a en effet dénoncé les méthodes du collectif : « Une nouvelle fois, alors que les instances sont consultées sur le projet d’indépendance du groupe, le collectif anonyme des salariés a sévi. Vous avez été nombreux à recevoir son mail. Vous êtes beaucoup à nous avouer une grande lassitude devant ses méthodes. Utilisant, une nouvelle fois, à des fins uniquement partisanes les moyens de l’entreprise, le collectif anonyme diffuse de fausses informations ».

En avril déjà, les organisations syndicales représentatives du CMA avaient fait part de leurs craintes au cabinet de Muriel Pénicaud, la ministre du Travail. Pointant les incertitudes soulevées par le projet de notre PDG, nos camarades dénonçaient — encore une fois à juste titre — « un climat anxiogène et parfois délétère » au sein de notre banque. « La stratégie de nos dirigeants est redoutable. Il ne s’agit plus d’informer, mais de mobiliser et de convaincre du bien-fondé de la version officielle par tous les moyens, y compris les plus contestables. Il faut être soit pour, soit contre l’indépendance. Tout a été rendu binaire », déploraient-ils.

Une binarité incarnée par cette fameuse - pour ne pas dire ridicule - manifestation organisée en mai dernier à Paris (à laquelle j’ai refusé de prendre part), la « première manif payée par une banque ». Si les organisateurs de l’évènement ont revendiqué 6 000 participants tandis que la police en a compté 4 000, une grande partie des manifestants n’ont pas pu faire autrement que de battre le pavé. « Rien n’est dit, rien n’est écrit, mais tout le monde l’a compris : si tu ne viens pas, tu es mal vu et tu n’as plus de carrière », expliquait alors une collègue au Parisien. « Je suis volontaire, comme tout le monde », ironisait un autre.

Ces pressions, nos camarades syndiqués les dénoncent également. « Vous êtes grillés si vous ne venez pas à la manif. Comment demander ensuite une augmentation de salaire, une promotion ? ». Quant à la manifestation à proprement parler, « tout est payé : transport, restauration, salaire maintenu, heures supplémentaires récupérées. On peut même faire venir famille et amis : tout est pris en charge ! ». Un véritable « hold-up » de la part de notre direction et un conflit qui est « source d’instabilité ».

Cerise sur le gâteau, d’après un récent mail de Christian David, administrateur de notre banque, que s’est procuré Mediapart, notre direction est même prête à envoyer ses sbires « armés » pour perturber les réunions de Marylise Lebranchu et de son association « Restons Mutualistes » destinées à informer sur les conséquences réelles du projet de Jean-Pierre Denis. Un nouveau pas vient d’être franchi.


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BretonEnColère


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