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Comment le « Train économique États-Unis-Europe » fut piégé par un Financement tous azimuts et des Guerres en Afghanistan et en Irak ?

Troisième Partie 
 

 

  1. Préambule

 Comment comprendre le financement non conventionnel que le gouvernement algérien vient d’adopter dans son plan d’action pour redresser l’économie ? Le recours à ce financement interne non conventionnel sera mis en œuvre à titre exceptionnel, pour une durée de cinq ans. Pour ce faire, il sera déposé un projet de loi portant amendement de la loi sur la Monnaie et le Crédit. Cet amendement autorisera la Banque d’Algérie d’accorder directement des crédits au Trésor public. Evidemment ce choix est motivé par la crise économique qui sévit aujourd’hui en Algérie. Dépendante du prix du pétrole, l’économie algérienne a beaucoup pâti de la baisse drastique des cours du pétrole. Le prix du baril de pétrole Brent est passé de 115 dollars, en juin 2014, à 47 dollars, en janvier 2015. Aujourd’hui, il évolue entre 45 et 56 dollars.

Il est clair que tout ce qui est dit sur les réformes structurelles à mener n’est guère rassurant. L’Algérie qui est un pays monoexportateur de pétrole ne peut en 5 ans ni en 10 ans se transformer en pays exportateur polyvalent, exportateur de biens et services comme la Turquie, et d’autres pays industrialisés. A voir des pays arabes bien plus avancés sur le plan de l’industrialisation et dépendants partiellement du pétrole ont beaucoup de difficultés pour équilibrer leurs balances des paiements. Il faut donc relativiser les réformes structurelles qui sont certes nécessaires mais n’apporteront qu’à très long terme les transformations de l’économie algérienne. Et ce constat, on ne peut l’occulter. Cependant, le fonctionnement non conventionnel présente un intérêt, et si le gouvernement algérien a opté pour cette donne, c’est qu’elle est une voie à prospecter, combien même elle est réfutée par les économistes et les politiques qui y voient une source d’inflation, de hausse des prix, une dévaluation du dinar et un appauvrissement de la population.

Les réactions très vives des partis de l’opposition ainsi que nombre d’économistes qui dénoncent le financement non conventionnel et l’assimilent ni plus ni moins qu’un recours à la « planche à billet » ne sont pas propres à l’Algérie. Cette « fuite en avant » du gouvernement pour la « planche à billet » comme certains économiste l’assimilent et qui risque d’engendrer une hyperinflation nous pousse à voir ce qu’il en retourne du financement non conventionnel mené par les Banques centrales occidentales. Peut-être qu’en comprenant mieux le « Financement non conventionnel », on pourrait avoir une autre opinion, plus juste et plus rationnelle. Mais ne faut-il pas comprendre d’abord le « Financement » tout court d’un système bancaire par une Banque centrale, pour répondre ensuite pourquoi le financement non conventionnel s’est imposé avec la grande crise immobilière et financière de 2007-2008 ?

 

 2. Les « trois trains économiques mondiaux »

 

 L’approche que l’on préconise dans ce qui va suivre n’est pas d’utiliser les instruments de politique monétaire classique, à savoir le taux d’intérêt directeur, les réserves obligatoires et les opérations open-market. Nous leur substituons un autre processus plus parlant, qui expliquera mieux ce qui s’est passé en 2007 et 2008. Pourquoi le système bancaire américain s’est « bloqué » en septembre 2008. Plus de prêts entre les banques, la méfiance s’est généralisée. Pourquoi les autorités monétaires comme les gouvernements américains et européens eurent recours aux politiques monétaires non conventionnelles pour sauver leurs systèmes bancaires, mais aussi le système financier mondial. De plus, les politiques monétaires non conventionnelles se sont imposées, dans le sens que cela n’a pas été un choix, mais une nécessité.

Comme nous l’avons appliqué pour la crise de 1929, reprenons le raisonnement que nous avons développé dans la deuxième partie (II). Il servira de base dans l’explication des forces en cours dans le monde. Proposons-nous d’apporter une explication simple, imagée, qui rend compte des phénomènes qui ont engendré la crise. Comme nous l’avons écrit précédemment, « faisons appel au bon sens », et utilisons une autre approche, et peu importe le moyen utilisé, pourvu qu’il rende compte des problèmes économiques dans le monde. L’approche que nous nous proposons d’utiliser se rapporte aux phénomènes thermiques. Nous verrons qu’au fur et à mesure que nous avancerons dans le développement de cette théorie de substitution, nous constaterons qu’il existe une grande similitude entre les phénomènes économiques, financiers et monétaires en jeu dans le monde et les phénomènes thermiques dans la production du travail, i.e. la transformation de l’énergie en travail, à l’instar de la transformation de l’énergie humaine (calorifique, intellectuelle...) utilisant les richesses terrestres en production de biens et services.


Le principe de base que nous retenons est que si la machine doit consommer de l’énergie pour produire du travail, l’homme fait aussi la même chose. Il consomme de l’énergie pour qu’il la transforme ensuite en énergie mécanique, laquelle lui permet de produire des biens de consommation et des biens d’équipements. Il y a donc une certaine analogie entre l’homme et la machine. La seule différence est que l’homme est pensant, et c’est lui qui a conçu et produit cette machine dont il s’en sert. Comme lui est « conçu et produit » par l’« Intelligence suprême, absolue » en vue d’une fin prescrite par Elle-même. » 

Substituons le système mondial dans toutes ses composantes par un système utilisant des forces thermodynamiques. Postulons que l’humanité est constituée de trois Trains économiques mondiaux. Qui sont-ils ? Pour les définir, La meilleure approche est de les regrouper par aire géopolitique. Aussi nommons le « Premier Train économique occidental » qui regroupe toutes les puissances occidentales et, à leur tête, les États-Unis, le « Deuxième Train économique des Émergents » qui regroupe les pays du BRICS. Le Brésil avec le réal brésilien, la Russie avec le rouble, l’Inde avec la roupie indienne, la Chine avec le yuan, l’Afrique du Sud avec le rand sud-africain, le « Troisième Train économique des pétroliers » qui regroupent les pays d’OPEP et certains pays non-OPEP. Le monde est donc compartimenté en trois Trains économiques mondiaux. Les autres pays du monde d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine relèvent indifféremment des tenants de cette configuration, en fonction des rapports politiques et économiques qu’ils nouent avec les puissances.

Faisons abstraction du politique, et admettons que le politique est implicitement intégré dans l’économique. Postulons que les trois trains économiques mondiaux sont constitués de locomotives et de voitures de voyageurs. Assimilons les locomotives aux machines économiques qui les meuvent. Assimilons les voitures de voyageurs tractées aux populations de chaque aire géographique. Postulons que les locomotives qui tractent les voitures de voyageurs respectives sont, par substitution, l’économie mondiale qui tracte la population mondiale, dans le sens qu’elles assurent à celle-ci les biens dont elle a besoin pour exister. I.e. la consommation mondiale, les investissements publics et privés et les dépenses des États. L’humanité a besoin de se pourvoir en toutes sortes de biens de consommation et de biens durables pour exister.


Postulons que les locomotives mondiales sont toutes dotées de machine à vapeur. Par leur puissance, de niveau mondial, puisque ce sont elles qui tractent les locomotives et, par substitution, elles sont les lieux centraux où se déploient et interagissent les forces économiques mondiales. Ces trois machines mondiales sont dotées de chaudières qui chauffent l’eau et celle-ci, après avoir été portée à ébullition, se transforme en partie en vapeur. La pression générée par la vapeur d’eau est utilisée dans un système cylindre-piston alternatif avec lumières (entrées de vapeur) et, par l’intermédiaire d’un embiellage bielle-vilebrequin, permet de transformer le mouvement de translation en mouvement de rotation, et donc à faire tourner les roues des locomotives, qui tractent les voitures de voyageurs respectives.

Postulons que l’eau contenue dans les chaudières, c’est de la monnaie centrale émise par les grandes Banques centrales du monde, et la vapeur produite par ébullition de la monnaie créée par les banques commerciales. Postulons que les chauffeurs et les mécaniciens qui conduisent chaque locomotive et dont leur rôle est principalement la gestion du foyer de la chaudière et de l’eau pour la production de la vapeur pour le premier, et la maintenance pour le second, sont les Banquiers centraux du monde. Postulons que chaque chaudière est protégée par des soupapes de sûreté dont la fonction est de dégager l’excès de vapeur en cas de surchauffe. La libération de vapeur à l’extérieur, en diminuant la pression, évite une détérioration de la chaudière, et le risque d’explosion.

Postulons que la surchauffe de la vapeur au sein de chaque chaudière constitue la spéculation opérée par les banques et les agents économiques dans le monde. La spéculation contribue peu au rendement de l’économie mondiale, elle masque surtout le ralentissement de l’économie. Le fort dégagement de l’excès de la vapeur dans l’air par le système des soupapes de sécurité, s’assimile à l’artificialité du dopage spéculatif par l’excès de création monétaire qui contribue peu au mouvement du train économique mondial. Le fonctionnement répété des soupapes constitue des signaux de surchauffe aux chauffeurs des trois locomotives, i.e. des trois Banquiers centraux.


Postulons que la source thermique qui chauffe les chaudières, c’est la production de chaque aire géographique, i. e. les Occidentaux, les Émergents et les Exportateurs de pétrole. Une question se pose : « pourquoi avoir choisi la production de chaque aire géographique pour la source thermique ? » Si on regarde la machine à vapeur qui, partant d’une source thermique, produit du travail, i.e. la traction ferroviaire, il apparaît évident que les trois machines économiques mondiales ont aussi besoin d’une source d’énergie pour produire du travail. Or, c’est ce travail que chaque machine économique mondiale produise, i.e. en biens et services, et via la consommation par leurs populations respectives, leur permet de produire de nouveau des biens et services, et donc un nouveau travail, et de nouveau consommé, et ainsi de suite. Il se produit donc un cycle économique mondial récurrent, à l’instar du cycle thermodynamique d’une machine à vapeur.


Donc, pour les trois trains économiques mondiaux, le travail produit par chaque population ne peut l’être que par la satisfaction de ses besoins en biens et services qui leur permettent d’assurer leur existence, et par celle-ci, produire de nouveau du travail. Postulons maintenant que l’eau qui circule dans les chaudières des trois locomotives est essentiellement occidentale. Et ce point est très important à souligner. Il signifie que « les Trains occidentaux, des émergents et des exportateurs de pétrole fonctionnent tous avec les mêmes monnaies. Et ces monnaies (dollar, euro, livre sterling, yen) sont émises principalement par le Train économique occidental. Et les monnaies utilisées en dehors de ces monnaies en interne (non convertible) ou en interne-externe (convertible) sont toutes adossées à des paniers de ces quatre monnaies, à laquelle il faut ajouter une cinquième monnaie, le yuan chinois.  » Les autres monnaies, bien qu’elles soient utilisées nationalement ou internationalement, et jouent un rôle essentiel dans chaque économie nationale, ne sont en fait que des « images-monnaies » représentatives des données macroéconomiques nationales, à savoir le solde des balances commerciales et des paiements, le niveau des réserves de change, et, par conséquent, agissent sur la valeur du taux de change externe. Un fort déficit commercial et des paiements et une baisse des réserves de change peuvent avoir des incidences graves pour ces pays.

A noter aussi que le yuan chinois n’a commencé son entrée dans les Banques centrales du monde, en tant que monnaie internationale, qu’en septembre 2016, depuis que le FMI l’a intégré dans le panier des DTS. Il est devenu la cinquième monnaie du panier de devises du FMI. Une précision cependant, le yuan ne flotte pas sur les marchés monétaires, il est administré par la Banque de Chine. Ces points définis, comment comprendre la crise immobilière en 2007, suivie par la crise financière en 2008 ? Quelles sont les forces économiques, financières et monétaires qui ont joué pour les provoquer ? Ou, par substitution, comment ont opéré les forces thermodynamiques pour les provoquer ?

 

 3. Une « boucle monétaire » s’est opérée entre le Train économique occidental et les Trains des  Émergents et exportateurs de pétrole

 Pour représenter la dynamique qui a prévalu avant la crise immobilière, postulons que le Train économique occidental avait déjà été touché par une crise financière entre 2000 et 2002. Ce qui signifie que les excès de spéculation financière sur les valeurs technologiques, en gonflant une bulle financière, ont fini par provoquer une détérioration de la chaudière du Train économique occidental. Et par spéculation, on entend un excès de liquidités injectées par les Banquiers centraux, i.e. les chauffeurs occidentaux, qui ont fortement alimenté en eau les chaudières. Que les banques commerciales ont, à leur tour, transformé fortement l’eau, i.e. la monnaie centrale, par la création monétaire, en vapeur. Une production de vapeur plus que nécessaire pour tirer le train économique occidental

Pourquoi la surchauffe ? Si, dans un train ferroviaire réel, le conducteur de la locomotive peut, en diminuant le charbon au foyer de la chaudière, baisser la pression de la vapeur dans la chaudière, pour assurer un convoyage sans danger pour la chaudière, il n’en va pas de même pour les « chauffeurs occidentaux ». Ils ne peuvent commander « immédiatement » le foyer de la chaudière occidentale. Le combustible utilisé pour son chauffage (à la place du charbon), est la production occidentale. Or, dans la production occidentale, il y a deux productions. La production américaine, européenne, japonaise, mais aussi la production importée des pays émergents et exportateurs de pétrole, via les déficits commerciaux avec le reste du monde. Ce qui signifie que la chaudière occidentale est chauffée par sa propre production et par celle prélevée du reste du monde. Une posture qui amène les chauffeurs occidentaux à injecter plus d’eau dans la chaudière, i.e. plus de liquidités en dollars, en euros, en yens, en livre sterling. Le yuan chinois, à cette époque, n’était pas encore une monnaie internationale.

Mais cet excès de liquidités injectées par les Banquiers centraux vont-ils vers la chaudière occidentale ? Il est évident que non. Ces liquidités sont acheminées vers les chaudières des deux Trains économiques des Émergents et exportateurs de pétrole qui ont enregistré des excédents commerciaux. Et pour l’Occident, cela s’appelle de l’endettement extérieur. Et les problèmes qui se sont amoncelés pour les États-Unis et l’Europe ont commencé à se poser surtout, à partir de 2001.

Il faut rappeler qu’après l’éclatement de la bulle technologique en 2000, les chauffeurs de la chaudière américaine, i.e. la Fed, ont, dès janvier 2001, baissé le taux d’intérêt directeur de 6,5 % à 6 %. Les baisses du taux d’intérêt de la Fed se sont poursuivies, il faut le souligner, dans la précipitation. Pour la seule année 2001, onze baisses du taux d’intérêt ont été opérées par la Fed. Vinrent ensuite les attentats contre le World Trade Center, à New York, le 11 septembre 2001. La Fed finança massivement les banques américaines. La guerre est lancée contre l’Afghanistan, en 2001. En mars 2003, c’est le tour de l’Irak. Après l’occupation de l’Afghanistan et de l’Irak, et pour le soutien de la guerre, la Banque centrale américaine s’est lancée dans un financement tout azimut. Son taux d’intérêt directeur est fixé, le 25 juin 2003, à 1%. La BCE suit la Fed, le 15 mai 2001, et fait passer son taux d’intérêt directeur de 4,75 % à 4,5 %. Le 9 juin 2003, après 7 baisses, il est à son plancher, à 2 %. Le différentiel de taux entre la Fed et la BCE n’est que de 1%. 

Que constate-on dans les chaudières américaine et européenne ? Que les baisses des taux d’intérêt directeur sont pratiquement synchronisées. Que ce desserrement monétaire, et donc augmenter l’eau dans les chaudières, a un but contracyclique, donc de relance économique. Cependant les fortes injections de liquidités émises par la Fed, bien qu’elles fussent pondérées par la forte hausse des prix du pétrole et de l’or, n’ont pas empêché le dollar de se déprécier face à l’euro. En effet, pour contrer une forte appréciation de l’euro, le chauffeur de la chaudière européenne injecta massivement des liquidités ex nihilo comme l’a opéré la Fed. Sans ces injections d’eau dans la chaudière européenne, la monnaie européenne, l’euro, aurait explosé. On aurait eu un euro pour 1,6 dollar comme au plus haut de la crise financière, à l’été 2008. La valeur de l’euro aurait encore augmenté à 1,8 dollar, à 1,9 dollar... L’économie européenne se serait arrêtée, et son industrie se serait bloquée. Les exportations de biens et services seraient tellement chères qu’elles seraient inaccessibles au reste du monde. Plus grave encore, si la hausse du prix du pétrole et du métal-or n’avait pas joué comme contreparties physiques, donc absorbant une partie de la masse monétaire émise ex nihilo par la Fed, les États-Unis aurait subi un krach historique du dollar. Dit plus simplement, les autorités monétaires américaines n’auraient jamais couru ce risque, et, par conséquent, n’auraient pas injecté tant de liquidités.

Le constat est là, trop d’eau dans la chaudière occidentales, trop de liquidités dans le système occidental, mais avec des garde-fous, à savoir une hausse du prix du pétrole et du métal-or qui a battu le record dans l’histoire économique. Le 1er juin 2006, le prix du baril de pétrole WTI atteint un sommet, à 73,94 dollars. Le 3 décembre 2007, il monte encore, il est à 95,03 dollars. (1) Quant à l’once d’or, il passe de 266,10 dollars, le 17 janvier 2001, à 625,63 dollars, le 18 avril 2006. Son ascension se poursuit, il passe à 807, 40 dollars, le 30 octobre 2007. (2) Le prix de l’once d’or a été multiplié par trois, par rapport à celui de 2001.

Mais comme une partie de la production consommée par l’Occident provenait des pays émergents et exportateurs de pétrole, tout naturellement une partie de cette eau s’est acheminée vers ces pays. C’est ainsi que la Russie, la Chine, les pays d’OPEP (pays arabes en particulier) et non OPEP (Russie, Norvège,....) ont vu leurs réserves de change battre des records. Cet afflux de liquidités occidentales, alimentant les chaudières des Trains économiques des Émergents et des exportateurs de pétrole, ont fortement tiré leurs économies à la croissance. Mais, plus encore, une « boucle monétaire » s’est opérée entre le Train économique occidental et les Trains des Émergents et exportateurs de pétrole. Ces derniers qui ont accumulé des réserves de change considérables ont renvoyé leurs excédents commerciaux à la chaudière occidentale, augmentant ainsi l’eau, et via la création monétaire des banques commerciales, poussant plus la pression de la vapeur dans la machine thermique occidentale.

 

  4. La crise immobilière et financière 2007-2008, produit d’un « déchaînement de forces historiques incompressibles et inévitables »,

 Que constate-on dans ce processus à Trois ? Que les Trains économiques mondiaux se portent bien. En 2003, la reprise économique est là. La guerre se poursuit au Moyen-Orient, et les moyens financiers pour les dépenses de guerre sont assurés. La Chine, la Russie, et les autres pays émergents et exportateurs de pétrole enregistrent continuellement des excédents commerciaux au détriment de l’Occident. D’autant plus que les chauffeurs des chaudières occidentales sont tenus de soutenir l’effort de guerre en Afghanistan et en Irak. L’euphorie de la victoire des États-Unis en Irak, et l’occupation de ce pays a conforté les autorités monétaires occidentales à financer davantage leurs économies. 

Comme les crises en cascades des Bourses occidentales, entre 2000 et 2003, étaient encore présentes dans les esprits, et le marché des actions encore boudé par les investisseurs, il fallait trouver un autre créneau qui apporte la croissance et l’emploi. Surtout que les industries occidentales avaient perdu beaucoup de leur compétitivité face aux émergents, en particulier face à la Chine, de plus, elles ont été affecté par les délocalisations massives qui ont suivi. Il faut cependant souligner que les délocalisations étaient justifiées au motif qu’elles permettaient aux pays occidentaux de profiter des nouveaux marchés, du bas coût de la main d’œuvre et surtout d’éviter les fermetures de leurs entreprises qui n’étaient plus compétitives. Conséquence de cette politique économique occidentale, portée par les multinationales : les produits occidentaux se trouvent aujourd’hui de plus en plus supplantés, dans le commerce mondial, par des produits chinois, vietnamien, indiens..., qui sont de bonne qualité et à faibles coût. Et qui envahissent les pays d’Afrique, d’Amérique latine, d’Asie et d’Occident. Il ne restait alors qu’un créneau viable, l’« immobilier », grand pourvoyeur d’emplois.

L’envol de la construction immobilière aux États-Unis et en Europe a permis de doper la demande, qui a pris des proportions telles que les banques, par la spéculation immobilière poussée à des limites extrêmes, ne regardaient plus la solvabilité des ménages endettés, pensant que la hausse des cours de l’immobilier viendrait compenser l’endettement. Ce financement tout azimut par les Banques centrales de leurs économies couplé aux dépenses de guerre a fait que l’excès d’eau dans la chaudière à la fois par les liquidités propres injectées, et celles venus des autres Trains, i.e. les placements des excédents commerciaux des Émergents et exportateurs de pétrole, a provoqué une surchauffe de la chaudière occidentale. Le trop-plein de crédits aux ménages a provoqué la formation d’une bulle spéculative immobilière.

Jusqu’en 2005, la situation spéculative n’apparaissait pas au grand jour, malgré que la Fed américaine ait commencé à serrer le robinet monétaire. Le 30 juin 2004, la Fed donna le premier tour de vis. Elle fait passer le taux d’intérêt directeur de 1% à 1,25%. Après 17 hausses, le taux directeur de la Fed passe à 5,25 %, le 29 juin 2006. La situation commençait à être instable pour l’économie américaine. En effet, la chaudière américaine manquait de plus en plus d’eau. Puisque la hausse des taux de refinancement des banques restreignaient les injections de liquidités. Les ménages endettés avaient des difficultés pour rembourser leurs dettes. Devant cette situation, les banques commerciales américaines, anticipant, cherchaient activement à se débarrasser des créances hypothécaires à risque – un grand nombre de créances étaient insolvables. L’utilisation massive de la « titrisation » de ces créances et leurs « ventes tout azimut, empaquetées comme des valeurs sûres alors qu’elles ne l’étaient pas » leur permettait de différer la crise qui venait à grands pas.

Le taux d’intérêt de la Fed maintenu à 5,25 % de juin à 2006 à septembre 2007 a largement eu le temps de provoquer la crise. Les soupapes de sécurité qui ont fortement fonctionné pour baisser la pression de la vapeur faisait diminuer l’eau et en rajoutait à la surchauffe de la chaudière. C’est ainsi que se produisit l’éclatement de la bulle immobilière qui fit des ravages dans le système bancaire et économique. Des centaines de milliers de ménages perdirent leurs logements. Puis c’était des millions de ménages américains qui perdirent leurs logements tout le long de la crise. Les médias occidentaux parlent de cinq à six millions de logements saisis, Devant l’ampleur de la crise immobilière et la panique dans les marchés de l’immobilier, la Fed avait tenté de la juguler par des injections massives de liquidités, c’était trop tard. France Inter écrit sur cette situation : « L’annonce passe complètement inaperçue aux yeux du grand public, mais sur les marchés financiers, la panique est immédiate.
En quelques jours les banques centrales vont déverser 330 milliards de dollars de liquidités pour éviter la paralysie du système bancaire.
En vain puisqu’un an plus tard, la faillite de la banque Lehman Brothers relance la crise et cette fois c’est un ouragan qui se déchaîne. Car c’est bien aux Etats-Unis que se situe l’épicentre de la crise. Là où depuis des années, les banques distribuent par milliers les « subprimes », ces crédits immobiliers risqués accordés aux ménages les plus pauvres.
 » (3)

Toutes les banques occidentales et non occidentales étaient truffées de créances hypothécaires titrisées. Malgré les injections massives de liquidités en 2007 et 2008, les chauffeurs de la Fed étaient impuissants à arrêter la crise immobilière qui s’est transformée en crise financière, en 2008. Chaque Banque avait peur de prêter des liquidités à une autre banque, la méfiance s’est généralisée. Aucune banque qui prête à une autre banque n’est assurée de recouvrir son argent, tant les bilans des banques étaient chargés de titres adossés aux créances toxiques. Pour chaque banque, son seul souci était de protéger au maximum ses fonds propres, fortement affectés par les produits toxiques. C’est ainsi qu’à l’été 2008, le krach financier éclata au grand jour, entraînant l’arrêt du financement de l’économie américaine. Par substitution, thermodynamiquement parlant, le « Train économique américain s’est immobilisé », les voitures de voyageurs ne sont plus tractées. La crise financière s’étendit rapidement à l’Europe.

Heureusement pour l’économie américaine, toujours sur le plan thermodynamique, la chaudière n’a pas explosé. Malgré que les « soupapes de sécurité » qui se sont ouvertes n’ont pas cessé de dégager de la vapeur et donc diminuant l’eau, et le chauffage continuant à fonctionner, malgré que ses parois chauffaient dangereusement et la chaudière menaçait d’exploser. Précisément, ce sont les injections massives de liquidités par les chauffeurs de la Fed, i.e. l’alimentation sans cesse en eau qui l’a sauvée. Néanmoins, l’eau injectée, i.e. en monnaie centrale, et le dégagement de vapeur par les soupapes, a fait évaporer des masses de liquidités créées par la spéculation. Le dégonflement de la crise immobilière et financière eut des conséquences cataclysmiques sur le plan financier, au niveau mondial. Les médias occidentaux font état de pertes financières astronomiques, 25 000 milliards de dollars évaporés.

D’autre part, eu égard aux masses de liquidités injectées ex nihilo sans contreparties physiques nécessaires pour éviter l’inflation, il a fallu utiliser un « substitut ». En plus de la dévaluation du dollar, il a été nécessaire d’augmenter le prix du pétrole et de l’or. Le 11 juillet 2008, le prix du baril de pétrole est à un cours jamais atteint, à 147 dollars et va vers les 150 dollars (4) Le cours de l’once d’or est à plus de 900 dollars. Ce qui a permis de pondérer le taux de change dollar/euro. Qui est cependant à un cours le plus bas de l’histoire, un dollar pour 0,625 euro, ou inversé, un euro pour 1,60 dollar. Le 23 avril 2008, le journal Le Figaro écrit : « La monnaie européenne a pratiquement doublé sa valeur par rapport à celle du billet vert depuis l'automne 2000. L'histoire s'accélère pour l'euro. Il avait franchi la barre de 1,40 dollar le 8 octobre 2007, puis celle de 1,50 dollar le 26 février dernier. La monnaie européenne a coté 1,6002 dollar hier après-midi sur le marché des changes de Londres. C'est un quasi-doublement par rapport au point le plus bas, atteint le 25 octobre 2000, où les deux plus importantes devises de la planète s'étaient alors échangées au cours histo­rique de 0,8272 dollar l'euro.  » (5)

Devant la gravité de la crise, les chauffeurs de la Fed procédèrent d’urgence aux plans de sauvetage du système financier, en recourant cette fois aux « politiques d’assouplissement monétaire non conventionnelle » ou « Quantitative easing ». Le premier plan initié était le plan Paulson ou TARP (Troubled Asset Relief Program). D’une enveloppe de 700 milliards de dollars, approuvé par le Congrès américain, il devait servir pour le rachat des créances hypothécaires titrisées non liquides pour précisément augmenter les liquidités dans le système bancaire, afin de permettre à celui-ci de financer l’économie américaine. Le Monde.fr donne des précisions sur son financement. « Comment est financé le plan Paulson ? Le plan de sauvetage américain sera financé par le Trésor, donc par le contribuable. Les sommes seront octroyées en trois étapes : 250 milliards de dollars seront immédiatement accordés au Trésor suivis de 100 milliards octroyés, si nécessaire, à la demande du président, puis 350 milliards sujets à un nouveau vote du Congrès. Deux comités externes surveilleront la manière dont sont dépensées ces sommes.

A quoi serviront ces 700 milliards de dollars ?
Le Trésor veut débarrasser les banques de leurs actifs « toxiques » à l'origine de la crise. En éliminant le « ver dans le fruit », il compte ainsi restaurer la confiance dans le système financier. En échange de cette action il obtiendra des titres de propriété dans les banques aidées. Si les institutions financières se redressent, le Trésor touchera les bénéfices, voire revendra à profit ses titres. L'Etat sera aussi tenu d'assouplir les modalités des prêts rachetés pour soulager les emprunteurs propriétaires de maisons menacées de saisies.
 » (6)

Bien qu’il est dit que le plan Paulson n’est pas un financement non conventionnel, c’est faire « du Quantitive easing sans le dire. » Pour accélérer le sauvetage, le taux d’intérêt directeur de la Fed est fortement abaissé. De 1,50 %, en octobre 2008, il est à 0,25 %, en décembre 2008, pratiquement à 0 %. Geocodia, Economie et Finances précise : « Les risques pesant sur l'économie mondiale étant désormais cataclysmiques, la Fed avec la BCE, la BNS, la Banque du Canada et la Riksbank (Suède) procèdent à la première baisse de taux concertée de l’histoire (-50 pb), le 8 octobre 2008. Le taux directeur US est amené au plus bas au mois de décembre (bande 0 % / 0,25 %).
Ce qui faut retenir de cette phase est que la Fed ramène son taux directeur à un plancher et que la liquidité injectée devient vite non stérilisée. C’est faire du quantitative easing sans le dire. A partir de septembre 2008, la liquidité injectée dépasse nettement le montant de Treasuries (dette d’Etat US) restant au bilan de la Fed. Dans un premier temps, le Trésor américain compenser ce déséquilibre mais, début octobre, la digue cède. La Fed s’engage alors dans une politique d’expansion du bilan non stérilisée, avec augmentation de la base monétaire (monnaie banque centrale). Cette dernière passe de 900 milliards $ à 1 800 milliards $ entre septembre 2008 et mars 2009
. » (7)

En plus de cette crise financière et économique doublement désastreuse, « le mal n’est pas venu seul pour l’Amérique. Les difficultés en Irak avec la montée en puissance de la guérilla irakienne étaient telles que la guerre en Irak était comparée par les médias américains à un « nouveau Vietnam ». Devant l’immobilisme des forces armées américaines, les pertes subies et l’absence de perspective de remporter une victoire dans le bourbier irakien, l’Amérique fut forcée de négocier et un accord-cadre, le « Status of Forces Agreement » (SOFA) fut signé par les États-Unis et le gouvernement, le 16 novembre 2008, stipulant le retrait total des troupes américaines d’Irak au plus tard le 31 décembre 2011.

Au final, qu’en est-il de la crise immobilière et financière de 2007 et 2008 ? Que tout simplement les guerres en Afghanistan et en Irak et le financement tout azimut qui a suivi furent un véritable « piège » pour la première puissance du monde et l’Europe. « Cette dernière réticente au début à la superpuissance s’est à la fin ralliée à la fin par l’euphorie des premières victoires américaines ». Il reste que cette phase historique est porteuse d’enseignements pour l’humanité. Toute hégémonie est limitée, d’où qu’elle vienne sur le monde. En l’occurrence aujourd’hui « occidentale ». Cependant cette hégémonie a certainement un sens historique. On ne peut s’empêcher de dire que « rien ne vient de rien », que toute chose, tout événement a un sens dans l’histoire. Cependant, malgré toute la puissance dont l’Occident dispose, force de dire que l’Occident s’est trouvé « piégé par sa puissance même ». Une puissance qui a « déchaîné des forces historiques incompressibles et inévitables », dont le but a été d’avancer le monde. « Vers quel monde ? »

 

 5. Conclusion de la troisième partie

 La méthode thermodynamique appliquée aux phénomènes des crises économiques a une certaine utilité dans la compréhension des forces qui se développent avant la crise, durant la crise et après la crise. Elle exprime bien plus que ne donnent les chiffres et les théories économiques sur les crises, qui le plus les survolent. Les chiffres et statistiques ne s’arrêtent pas sur la structure, le sens, la finalité. Les chiffres et les concepts purement économiques ne rendent pas compte sur l’essence des crises, ils ne « pensent » pas le facteur humain déclencheur, ils ne l’intègrent pas dans la dynamique économique.
 

Par conséquent, comme je l’ai dit dans mes commentaires des parties déjà publiées, « ma vision n’a pas été les accords ou les désaccords entre les puissances, mais les conséquences qui en sont apparus et ont changé le cours de l’histoire. C’est cela qui est intéressant. J’ai fait si l’on veut de la « philosophie de l’histoire ». Il y avait un mouvement de transformation du monde, comme d’ailleurs, j’ai tenté de l’expliquer aussi sur le plan macroéconomique. D’autre part, sur le plan de la « philosophie de l’histoire », la géographie et les civilisations auxquelles il faut ajouter « les crises économiques et le guerres » forment un tout, plus encore un socle pour la marche de l’humanité dans l’histoire.  » (Commentaire de l’auteur dans la partie II)
 

Quant aux Financements non conventionnels, ils « surprendront ». Si les chaudières américaines et européennes n’en atténueront pas les conséquences que l’on voit aujourd’hui, après près de 10 années de Financement non conventionnel, ils constitueront une « épée de Damoclès sur l’humanité  » dans les années à venir. On sera bien loin, très loin des Financements non conventionnels projetés par l’Algérie. Incomparables par les dangers qu’ils véhiculent. Certes les Quantitative easing ont joué un travail formidable dans la reprise économique mondiale. Mais aujourd’hui, après la fin du Financement non conventionnel projeté par la Banque centrale européenne dans les mois qui viennent, il s’agit de trouver une autre voie positive, régulatrice de l’économie mondiale, « non guerrière par les monnaies », économiquement parlant, entre les puissances, en particulier entre les deux Trains économiques « Occident et Émergents » qui mènent aujourd’hui le monde. Le monde entier perdra, Occident-Émergents-Exportateurs de pétrole et reste du monde.

 

Première Partie : (I)

« Endettement, désendettement et crises pétrolières dans le processus d’ajustement structurel Europe-États-Unis-reste du Monde dans l’histoire », par Medjdoub Hamed. Le 24 mai 2017
https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/endettement-desendettement http://www.sens-du-monde.com/

Deuxième Partie : (II)

« Sens des guerres dans l’histoire. Les « Trains économiques mondiaux » qui ont donné le monde d’aujourd’hui », par Medjdoub Hamed. 18 septembre 2017
https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/sens-des-guerres-dans-l-histoire
https://www.sens-du-monde.com

 

Medjdoub Hamed
Auteur et Chercheur indépendant en Economie mondiale,

Relations internationales et Prospective
www.sens-du-monde.com

 

Notes :

1. « Prix du baril - Le cours officiel du baril de pétrole »
http://prixdubaril.com/

2. Graphique historique de l’or
https://www.goldbroker.fr/cours/or/usd

3. « Les 10 ans de la crise » par France Inter. Le 7 août 2017
https://www.franceinter.fr/emissions/l-edito-eco/l-edito-eco-07-aout-2017

4 « Le pétrole dépasse 147 dollars et louche vers les 150 dollars » par Le Point.fr Le 11/07/2008
http://www.lepoint.fr/actualites-economie/2008-07-11/le-petrole-depasse-147-dollars-et-louche-vers-les-150-dollars

5. «  L'euro franchit la barre historique de 1,60 dollar  », par le Figaro. Le 23 avril 2008 http://www.lefigaro.fr/tauxetdevises/2008/04/23/04004-20080423ARTFIG00234-l-euro-franchitla-barre-historique-de-dollar-.php

6. « Comment va s'appliquer le plan Paulson - Comprendre le plan de sauvetage américain en six questions.  » LE MONDE | 29.09.2008 http://www.lemonde.fr/economie/article/2008/09/29/le-plan-paulson-mode-d-emploi

7. « La politique monétaire de la Fed depuis 2007, la longue marche du quantitative easing  » par Geocodia, Economie et Finances. | 22.09.2011
http://www.gecodia.fr/La-politique-monetaire-de-la-Fed-depuis-2007-la-longue-marche-du-quantitative-easing

 


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5 réactions à cet article    


  • loulou 4 octobre 00:22

     Merci pour cet article passionnant comme d’habitude.

     Vous avez une vision particulière de sujet compliqués comme l’économie et l’histoire.
     Sujets si complexes qu’ils déchaînent les antagonismes de pensées des spécialistes. 
     Votre analyse est originale et j’ai toujours grand plaisir à la lire.

    • Hamed 4 octobre 10:18

      @loulou

      Merci pour l’appréciation de l’analyse. 

      Voyez-vous, mon originalité vient du fait que parler chiffres, concepts et théories économiques ne nous fait pas avancer dans la compréhension des phénomènes économiques intranationaux et internationaux. Tout est confus en économie. « On a beau étudié les crises économiques, on n’arrive pas à toucher l’essence des crises. » Si on prend que la Grèce, l’Espagne, l’Italie, et les pays du Sud, comment comprendre leurs crises. Avec des chiffres et des statistiques ? L’Italie est un pays fondateur de l’Union européenne. Trois dates auxquelles l’Italie a participé pour fonder l’UE. En 1951, 1954, et 1957 (traité de Rome). La Grèce depuis 1981 a fait partie de l’Europe communautaire. Aujourd’hui, on explique que les Grecs ne paient pas leurs impôts, etc., c’est pourquoi la crise de l’endettement et la mise au pas du peuple grec. Est-ce vrai ce que l’on avance ? Cela va en contradiction avec la trajectoire historique de la Grèce au sein de l’UE. Brusquement, « on dit que la Grèce a la rage », et il faut la soigner. Et tous s’y mettent. La Commission de Bruxelles, le BCE, le FMI. « C’est anormal dans le normal.  »

      Et c’est à cela que mon analyse s’adresse. Bien que, dans un certain sens, elle soit un peu « herméneutique », le lecteur n’arrive pas à s’assimiler dans un processus thermodynamique, qui lui paraît étranger à sa nature, en quelque sorte il refuse d’être un « homme-machine ». Il y a une certaine crainte de se sentir tel que je le décris dans ce processus thermo-mécanique. Mais, lorsqu’on bute dans la compréhension des phénomènes économiques, financiers qui freinent l’humanité d’avancer, il faut sortir des sentiers battus, et les rebattre, car, à mon sens, la solution est en nous, il faut seulement oser, l’entrevoir, et ne pas rester enfermé dans les concepts qui datent, sinon périmés. Par, exemple, regardons-nous comme une « entité biothermique ». Prenez un homme qui meurt. Son cadavre n’est plus biothermique, dans le sens qu’il ne participe plus à l’économie-monde. Il est mort pour l’humanité. Quand vous regardez la démographie croître. La biothermie du monde croît. Plus de chaleur, plus de bras, plus de cerveau, plus d’idées, plus de production. La chaudière mondiale croît. Ne parlons-nous pas aujourd’hui de l’environnement, du changement climatique, du rejet de l’oxyde de carbone ? Et les risques de déstabilisation des calottes glaciaires des pôles.

      Cette « biothermie, à l’échelle monde, i.e. l’humanité », décrit des peuples qui n’avancent ou avancent mal malgré tous les progrès accumulés depuis que le monde est monde. Et pourquoi par eux, la machine économique mondiale se grippe. Je pense qu’au XXIème siècle, à l’ère nucléaire, du numérique, des satellites, du smartphone, d’Internet, des voyages interplanétaires, une grande partie du monde est branchée, il est nécessaire d’avoir une vision positive, négative, sereine ou non sereine, mais réelle des forces économiques qui régissent l’humanité. Et ce que l’humanité avec les moyens dont elle dispose aujourd’hui peut nourrir tout le monde, peut apporter beaucoup au monde. Le problème est qu’elle s’auto-organise et non dans le conflit. Qui n’est à mon sens qu’une étape historique. Un peu à l’image de ce qui s’est passé pour l’Union européenne, historiquement parlant, sauf que cela doit se faire à l’échelle du monde.

      Voilà, loulou, je vous ai donné un peu ma vision « originale ». Précisément de comprendre « l’anormal dans le normal d’aujourd’hui » dans lequel veulent nous enfermer les puissances d’aujourd’hui. En clair, comprendre sans comprendre.


    • Doume65 4 octobre 11:20

      @Hamed
      Bonjour.
      Votre métaphore est intéressante. Elle mériterait une animation en vidéo. Certains youtubeur excellent dans cet art. Avez-vous essayé d’entrer en contact avec l’un d’eux ?


      • Hamed 4 octobre 16:45

        @Doume65

        Votre idée est intéressante. J’habite en Algérie, et par internet, je n’ai pas essayé d’entrer en contact, ni je ne connais de youtubeur.

        Ceci m’intéresserait si cela se trouvait. Ceci état, d’emblée, je vais peut-être vous surprendre, mais cette métaphore va se terminer par une guerre qui changerait le cours du monde. Et c’est la raison pour laquelle je veux, à travers elle, montrer les forces thermodynamiques qui en appellent.

        Et d’emblée, je vous dirais et je suis malheureux de le dire, croyez-moi, il y aura la guerre, et beaucoup de victimes, des milliers, voire des centaines de milliers... Voilà, ce à quoi mon analyse m’emmène, Ce sera Las Vegas en immense, pas 59 morts, mais 59 000 morts, ou 590 000 morts.

        Et c’est pourquoi il faut sensibiliser au maximum.

         Et je souhaiterais de tout cœur que je me trompe. Je prie même Dieu que je me trompe. Voilà mon message


      • lesage 8 octobre 15:14

        Le raisonnement thermodynamique se tient. Cet article me rappelle l’astrophysicien, Francois Rodier, et son livre « Thermodynamique de l’évolution : Un essai de thermo-bio-sociologie » Effectivement , une animation en vidéo donnerait plus de valeur, plus de sens, a la métaphore thermodynamique

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