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Accueil du site > Tribune Libre > Commission européenne : Halte au feu !

Commission européenne : Halte au feu !

 

Donc pas de fusion entre Alstom et Siemens, la Commission en a décidé ainsi après, n’en doutons pas, avoir épluché le dossier jusqu’au trognon. Une décision de syndic soucieux du prix du billet de train ; soucieux de la concurrence qui seul permet d’avoir le meilleur rapport qualité/prix ; soucieux de garantir la libre circulation des capitaux, des biens, des services et des hommes au sein de l’Union, celle-ci dût-elle en mourir à petit feu par l’assèchement de son industrie, la perte massive des emplois, la disparition des investissements…

La concurrence souhaitée vient de l’Est, et la Chine qui a volé les technologies du train à Grande Vitesse à l’Europe, c’est-à-dire à ces deux entreprises qui veulent fusionner pour faire front commun contre China Railway High-speed (CRH), va bientôt faire rouler un TGV entre Athènes et Bucarest ! On a gagné !

La question qu’on doit poser à la Commission est celle-ci : quand allez-vous arrêter de faire des conneries ?

S’il reste en Europe une Institution qui fonctionne sur l’idéologie, coupée des racines sociales, des réalités du monde, c’est la Commission de Bruxelles. La recherche du prix le plus faible pour les biens et les services ne doit pas se faire au détriment de l’emploi. En poursuivant dans cette idéologie la Commission emmène l’UE contre un mur de la honte : des gens au chômage n’auront même pas de quoi prendre un billet gratuit pour aller à la mer car ils ne peuvent s’acheter un maillot de bains !

Cette funeste décision s’inscrit dans une longue liste, au profit des Chinois. Ont-ils dépassé le stade du lobbying en inoculant un virus au sein de la Commission ? La réponse est dans une « longue liste » connues de tous… Pour l’illustrer on peut citer l’affaire des panneaux solaires : une filiale européenne bien structurée qui permet à la Chine d’exporter en Europe les panneaux qu’elle produit à bas coûts entraînant la disparition des fabricants européens – y compris des plus puissants comme Bosch. Autre dossier qui n’a pas fait de vagues dans la mer Egée, c’est la vente du port du Pirée à Cosco à la suite d’un appel d’offres lancé par l’Agence grecque de privatisations (Hraf) mise en place par ses créanciers européens avec l’aide du FMI. Personne à la Commission n’a pensé que les milliards d’euros transférés à la Grèce pour réduire sa dette pouvaient avoir une juste contre-parti – au bénéfice des tous les partis – en soumettant l’attribution du port à une entreprise européenne ? D’autant que l’on a l’un des trois transporteurs mondiaux, la CMA CGM. Absurde ! et ça l’est d’autant plus qu’on a avec le Pirée, à la sortie du Canal de Suez, la tête de pont d’une chaîne de ports (Le Pirée, Naples, Gênes, Marseille, Barcelone, Lisbonne, Bordeaux, Le Havre, Londres, Rotterdam et les ports hanséatiques du nord… jusqu’à St-Pétersbourg) qui irriguent l’Europe. Les Chinois ont bien joué le coup, alors que nous Européens restons prisonniers d’une pensée morte, celle d’un monde ouvert à tous les vents, soumis au plus offrant. Réveillez-vous !

La question à laquelle doit répondre la Commission est celle-ci : quand allez-vous arrêter de faire des conneries ? Et comment ?


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12 réactions à cet article    


  • leypanou 9 février 09:15

    La concurrence souhaitée vient de l’Est, et la Chine qui a volé les technologies du train à Grande Vitesse à l’Europe 

     : volé ? N’importe quoi.

    La Chine a acquis ces technologies par transfert de technologies. Vous voulez vendre des produits à la Chine ? OK, mais avec transfert de technologies, sinon pas de marché. A la différence de plusieurs pays africains ou autres dirigés par des moins que rien, la Chine a su profiter de ses possibilités financières.

    Si la Chine est devenue ce qu’elle est, c’est à cause de çà. Pareil avec le fait qu’elle a été l’usine du monde : dans un premier temps, elle s’est contentée d’être simple producteur, puis elle a copié.

    Des pays comme la Chine et la Corée du Sud ont pu progresser très vite en ne se contentant pas d’être de simples usines de production.

    C’est aux capitalistes qui ont espéré trouver indéfiniment une main d’oeuvre en Chine qui ont fait basculer le monde.


    • GéraldCursoux GéraldCursoux 9 février 10:57

      @leypanou
      Ce que vous appelez transfert de technologie c’est ce que j’ai appelé vol. On pourrait dire aussi non respect des brevets. Ou encore obligation de s’associer avec des sociétés chinoise pour implanter des usines de production. Tous les cas de figures existent, le but des chinois étant d’acquérir la technologie. Ils ont là un savoir-faire époustouflant. Ils sont dans la trace des Japonais, Coréens avec un effet de masse. C’est en travaillant sur les réponses aux appels d’offres que Siemens et Alstom ont permis aux Chinois d’acquérir la technologie TGV. Dans l’aviation on est dans le même schéma mais c’est plus difficile. 


    • leypanou 9 février 11:48

      @GéraldCursoux
      Tous les cas de figures existent, le but des chinois étant d’acquérir la technologie. Ils ont là un savoir-faire époustouflant 

       : pas seulement en technologies.

      Dans le Bordelais, ils achètent le savoir-faire des vignerons ainsi que des châteaux ; la Suède avec Volvo leur a « offert » le savoir-faire ; des sportifs ou entraîneurs dans différentes disciplines (escrime, football, etc) sont payés « royalement » pour « former » les Chinois.

      Moi personnellement, je vois mal la cession d’aéroports à des « investisseurs » étrangers, dans ce cas, chinois, mais je dois être un « obsolète » dans ce capitalisme mondial.

      D’ici quelques années, on va avoir un bouleversement dans la hiérarchie mondiale dans tous les domaines.


    • GéraldCursoux GéraldCursoux 9 février 13:29

      @leypanou
      Dans mon papier j’ai oublié de citer le cas de l’aéroport de Toulouse dont la gestion a été confié à un groupe chinois... (dont le pdg a disparu qque temps... et qui veut maintenant se retirer).
      C’est vraiment la décision la plus con qu’un gouvernement ait prise, car on a un savoir-faire mondialement reconnu avec Aéroport de Paris, et qu’à Toulouse il y a Airbus, et quoi de mieux qu’une tour de contrôle pour espionner ! 
      La privatisation d’ADP est na connerie suivante... 


    • marmor 9 février 10:57

      soucieux de la concurrence qui seul permet d’avoir le meilleur rapport qualité/prix ;

      L’arrivée de trois ou quatre opérateurs privés dans la distribution de l’électricité, jusque là monopole d’EDF vous fait-elle payer un courant moins cher ? Non, au contraire, et Linky va se charger de mettre quelques milliers d’agents au chômage en plus !!


      • Raymond75 9 février 11:00

        La vision de la concurrence par l’Union Européenne est idéologique : la libre concurrence est saine par essence !

        Le raisonnement sur la fusion Alstom Siemens peut avoir un sens strictement en interne à l’UE ; mais celle ci est ouverte au monde sans aucune protection, et des groupes puissants US ou chinois peuvent candidater à des offres sans restriction. Dans ce contexte, cette décision qui ne permet pas de créer un grand groupe ferroviaire mondial est absurde, et signe probalement la fin de l’indépendance européenne dans ce domaine.


        • GéraldCursoux GéraldCursoux 9 février 13:30

          @Raymond75
          Vous avez raison.
          On ne gère pas 500 millions de gens avec le critère de concurrence en tête de gondole ! Ils sont fous ces européens !


        • Raymond75 9 février 12:35

          Les Chinois ont une stratégie de développement à long terme ; leur économie est dirigée et l’État y joue un rôle considérable tout en laissant les acteurs privés se développer. Cela rappelle l’époque des trente glorieuses en France, avec une économie mixte : l’État donne les impulsions et confie au privé le développement, étroitement associé et surveillé par le Plan.

          Dans le Parti Communiste chinois, il y a pléthore d’ingénieurs et de cadres hautement diplômés.

          En France et en Europe, les politiques n’ont aucune connaissance technique ou scientifique, n’ont aucune vision à long ou même à moyen terme, sont les idiots utiles de la finance internationale, sont les rois du dumping fiscal et social et de la désindustrialisation. Les peuples subissent, encore impuissants pour l’instant ; leur révolte à venir ne sera pas forcément constructive ...

          Le mal c’est le capitalisme financier.


          • GéraldCursoux GéraldCursoux 9 février 13:37

            @Raymond75
            Oui, mais le capitalisme est par essence financier, c’est le jeu entre investissements et profits. Et quoi d’autre ?
            Mais les chinois ont porté le capitalisme à son acmé : l’Etat, le parti, les entreprises sont par essence capitaliste ! Ce ne sont pas les chinois qui comptent pour Xi Jinping, mais la Chine ! La Chine est un bloc capitaliste qui n’a qu’un but de puissance. 
            Le seul contre-pouvoir, c’est la pollution et les catastrophes climatiques annoncées... Mais ils sont 1.3 md... sans doute plus... peut-être beaucoup plus. Ils sont aussi nombreux que le parti le veut ! So what !


          • assouline 9 février 14:29

            Il est habituellement reproché à L’union européenne de brimer les destins nationaux. De passer outre les intérêts des nations européennes en les agglomérants pour en faire des intérêts globaux européens.

            Pour une fois, et quelle surprise, l’Union refuse de construire un géant européen. Un géant à même de rivaliser avec ses concurrents américains et chinois. Une figure de proue de la puissance européenne.

            L’Europe préfère à cet avantage comparatif sur le reste du monde le maintien d’un niveau de concurrence intra-européen.

            Un choix qui devrait ravir les partisans d’une prééminence des volontés nationales sur celle de Bruxelles. Volontés nationales auxquelles on prëte par atavisme l’instinct de conservation des fleurons nationaux comme des us et coûtumes, tout ce qui participe, pense-t-on, de près ou de loin à l’identité et à la souveraineté des peuples.

            On aurait donc pu s’attendre à des hourras de victoire chez les infatigables contempteurs de l’ogre fédéral européen.

            Que nenni !

            Et, cette fois, l’Europe est accusée de ne pas fédérer comme elle le fait habituellemnt trop ! Pire, de s’interposer dans les élans fédérateurs et fusionnels des nations souveraines ! L’union des forces économiques allemandes et françaises serait une bonne chose... tant qu’elle n’est pas un choix de Bruxelles.

            On observe alors, chez les anti-fédéralistes, le retour d’un argumentaire emprunté pour l’occasion aux fédéralistes européens de tout poil : L’idée d’une union qui fait la force. Un attrait indéfectiblement nié par ses ennemis à une Union européenne, coupable toujours de fondre les richesses nationales en un monolithe d’ignominie. Aussi nous promet-on l’invasion chinoise si la fusion des forces allemandes et françaises ne se fait pas au profit de leurs intérêts communs... Car, une fois n’est pas coutûme, les deux grandes nations européennes auraient des intérêts communs. Des intérêts communs que n’auraient évidemment pas les nations européennes entre elles...

            La force d’une union de la France et de l’Allemagne contre la menace chinoise s’imposerait donc aux esprits qui se refusent à l’idée d’une puissance fusionnelle européenne contre les défis du reste du monde !

            « Il s’agit de la volonté de Paris et Berlin ! » nous dira-t-on, « non de celle de Bruxelles ! ». Ce qui changerait tout. Et ce qui laisse songeur, insinuant que la construction européenne serait chose plus aisée s’il elle était conduite par les seuls Berlin et Paris... Réminiscence, peut-être, de la sourde conviction qui avait prévalu à sa fondation, celle que « l’Europe, c’est la France en plus grand ». On pensait alors la même chose outre-Rhin au profit de l’Allemagne, pan-germanisme oblige...

            Et d’ailleurs, l’Union de Bruxelles ne serait-elle pas elle-même la créature sexagénaire d ’une coopération franco-allemande ?

            Ne prenne pas à la Commission de s’y opposer !


            • GéraldCursoux GéraldCursoux 9 février 15:51

              @assouline
              La construction de l’UE s’est faite sur le modèle des « petits pas » (celle de Kissinger au Moyen-Orient qui a donné les résultats que l’on voit). Jacques Delors y a joué un grand rôle et il faut se rappeler que la culture de Delors s’est construite sur le fond du syndicalisme. Ce qui veut dire que l’on a cherché à avancer à petits pas, à grapiller (comme les syndicats) à chaque coup qque chose. L’objectif est donc lointain et fumeux... Pas étonnant que l’on soit aujourd’hui devant un mur infranchissable, l’extension à l’Est ayant figé la situation et la méthode, Angela apportant son savoir-faire de syndic de copro. Et ce n’est pas le Brexit qui va améliorer la situation... à moins que les Britiches renoncent au dernier moment, ce qui serait dans leur intérêt et qui n’est donc pas à exclure.


            • GéraldCursoux GéraldCursoux 9 février 20:15

              Une proposition pour faire évoluer l’UE dans le domaine fiscal :

              créer un serpent fiscal européen, homothétique au serpent monétaire. Ce dernie a accouché de l’euro ; l’autre devrait accoucher d’une fiscalité unique.

              Et ce n’est pas difficile à faire puisqu’on peut partir de la situation actuelle et définir un processus de convergence (+ ou  long)

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