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Accueil du site > Tribune Libre > Communostalgie

Communostalgie

   « Si ça marche encore c’est que ça a été construit sous l’ère Soviétique ! » La formule me vient d’Alexandre, un ami russe originaire de la ville de Kostroma, et pourrait résumer à elle seule la confiance que portent encore aujourd’hui beaucoup de russes vis-à-vis de - feu - leur production industrielle.    

  Car partout au pays de Lénine on peut voir ces objets désuets du passé communiste. S’ils ne sont pas forcément utilisés, ces objets sont au moins conservés. « On ne sait jamais » me confiait un jour German, ouvrier du bâtiment, emballant un vieux compteur électrique sans âge avant de le remplacer par un plus récent. Or en effet lorsqu’on est russe s’il y a bien une chose qu’on sait, c’est qu’on ne sait jamais. Les objets d’hier, peut-être serviront encore demain... 

  Néanmoins avec le nouveau système capitaliste en place depuis près de trois décennies les russes se sont habitués à un fait nouveau : le remplacement infini. Là où hier ils réparaient tout, aujourd’hui, tout comme nous, ils remplacent... Mais comme les habitudes ne s’effacent pas d’un coup de baguette magique, ils gardent aussi l’objet cassé. On ne sait jamais. 

  « Mon père avait une Lada Volga », me racontait un jour Olga, ma professeur de russe, « il l’a entretenue et réparée toute sa vie ». Voilà une époque où, certes les objets n’étaient pas increvables comme le suggérait Alexandre, mais tout du moins étaient ils réparables à l’infini. Et Olga de continuer « Maintenant on achète une voiture, et un jour sans qu’on sache pourquoi, il y a quelque chose dans l’ordinateur de bord qui la fait s’arrêter. Et seul les garages de la marque peuvent y faire quelque chose ! », ou comment expliquer en termes frustrants l’ère de l’obsolescence programmée... 

  « C’était mieux avant ! » proclamait un jour Vladimir lors d’une discussion passionnée et passionnante dans un petit bar Petersbourgeois, « Quand on avait un objet cassé on pouvait toujours le réparer sois même ! Et si on ne savait pas comment faire on pouvait toujours trouver un copain ou un voisin bricoleur qui aidait volontier ! » Mais tous comme les objets d’un temps révolu, la volonté d’aider de cette époque n’est plus. 

  Ils sont nombreux aujourd’hui à la regretter cette ère du communisme bienveillant, ces années où les problèmes de l’un étaient le souci de tous. « Avant en province » me racontait une amie, « lorsque quelqu’un avait un trajet à effectuer avec sa voiture, il ne manquait pas de prévenir son voisinage. Au cas où quelqu’un d’autre souhaiterai partir dans la même direction. » Aujourd’hui l’individualisme prime, et la voiture en est le symbole parfait. Quid des transports en commun ? Que néni ! Si l’on a la chance de pouvoir s’acheter une voiture récente on l’utilise tous les jours pour aller au travail, même s’il est moins coûteux et plus rapide de se déplacer en transport en commun ! C’est aussi ça le basculement d’une société communiste vers une société capitaliste : les nouveaux objets que l’on possède doivent être vu ! 

  Ce qui se voit ce sont les clochards et les plus démunis également... « Quand j’étais jeune les clochards ça n’existait pas... » me confiait un jour Olga. « A Moscou, à St Petersbourg, partout, dans tous le pays les gens avaient un logement. C’était aussi ça le communisme ! » Certains n’oublieront pas de rajouter que le KGB payait aussi le loyer dans les sous-sols de la Loubianka, le siège de la police politique à Moscou. Voir plus loin, dans les goulags de Sibérie, pour ceux qui préfèrent les grands espaces... 

  Néanmoins ce sentiment de nostalgie du communisme reste très prégnant au sein de la société russe actuelle. « On avait pas tout, mais ce que nous avions été bien partagé ! » me rappelait un jour Alexandre alors que nous battions le pavé Petersbourgeois. Et de ce fait le vol et la jalousie des possessions de l’autre étaient inexistants. Facile, me direz-vous, lorsqu’on a rien, ou presque. Or c’est dans ce « presque » que la nostalgie du passé fait aujourd’hui surface. Car certes les russes de nos jours possèdent plus de biens, mais ils en paient un prix élevé. Le crédit, qui n’existait pratiquement pas à l’époque de l’URSS, est maintenant monnaie courante (sans mauvais jeu de mots), et l’endettement des ménages suit une augmentation fulgurante. Les taux d’intérêts sont extrêmement élevés et rappellent ceux de l’Europe de l’Ouest dans les années 1970, avec la progression économique en moins. Depuis 2014 les russes ont connu une régression de 12 % sur leurs revenus cumulés, c’est dire s’ils souffrent. Et cela explique aussi le retour idéologique, même s’il est sûrement exagéré, vers une économie planifiée. Cela est d’autant plus agaçant que les oligarques à la tête des grandes entreprises du pays et placés là à l’arrivée du pouvoir en place en 2000 n’en finissent plus de s’enrichir personnellement. Cela place la Russie dans la position incongrue des sociétés dites non Pareto-optimale (du nom de l’économiste italien Vilfredo Pareto), c’est à dire que la tranche la plus riche ne parvient pas à tirer la tranche la plus pauvre vers le haut, ou au moins d’atteindre la stabilité ! En théorie on ne voit cela que dans les économies fermées. Or, et cela n’aide pas, l’Etat Russe est loin d’être le plus redistributeur, ce qui veut dire que même si son PIB n’est pas en récession (à suivre de près néanmoins), son développement lui l’est. Quid du système communiste donc ? Qui ,lui, était très largement redistributeur... « Jamais de la vie ! » s’offusquait Natalia, une amie de Moscou, lorsque je lui posais la question il y a quelques années. « On était obligé de connaître la vie de Lénine par cœur pour valider des études en mathématiques ! C’était de la folie pure ! » s’expliquait elle. 

  Comme souvent les avis sont partagés sur l’époque communiste du pays. Beaucoup diront que c’était une bonne idée, mais qu’elle était mal appliquée. D’autres diront que c’était une catastrophe que seuls les russes étaient capables de supporter. Une partie se rappèlera des bienfaits égalitaires, tandis qu’une autre partie n’est plus la pour parler des atrocités de la répression.

  Lorsque enfin je m’enthousiasmais face à Natalia de l’incroyable destin de la Russie qui a été la première nation à faire la Révolution Communiste et à adopter ce mode de fonctionnement à grande échelle , celle-ci su très rapidement calmer mes envolées utopistes : « Tu sais Naïk, tu n’as pas vécu ce que nous avons vécu. Il est parfois préférable de ne pas être les premiers ».

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70 réactions à cet article    


  • Pale Rider Pale Rider 22 février 10:25

    Intéressant article (ma fille rentre de Saint-Pétersbourg), qui fait bien la part des choses.

    Dommage pour certaines « belles » fautes d’orthographe que votre traitement de texte a pourtant dû vous souligner en... rouge soviétique ! smiley


    • Naïk Paris-Brochec Naïk Paris-Brochec 22 février 12:59

      @Pale Rider

      Merci pour le commentaire (votre fille a vu l’une des plus belles villes de Russie, j’y vais moi même régulièrement...). J’ai vu « rouge » en me relisant et en « découvrant « ces fautes d’orthographe ! Mais je n’arrive plus à modifier le texte... Si vous savez comment faire je suis preneur !


    • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 22 février 17:01

      @Pale Rider

      J’ai toujours dit que le communiste est de loin un meilleur systeme et que nous y reviendrons. OUI, certans individus ont abusé du pouvoir et NON, tout n"était pas parfait. Mais, c’est par une propagande infinimentt supérieure que les USA ont gagné la Guerre Froide et il y aura un match revanche. J’espere que nous serons dans le bon camp.

      PJCA 


    • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 22 février 17:09

      @Pierre JC Allard

      Déolé. « Communisme » plutôt que « communiste ». En cherchant des coquilles on peut peut-être apprendre à trouver des perles... smiley

      PJCA


    • Pale Rider Pale Rider 22 février 17:19

      @Naïk Paris-Brochec
      C’est trop tard quand l’article est publié. Ça m’arrive de laisser passer des coquilles, même après de multiples relectures. Votre modestie vous honore.
      Quant à ma fille, elle nous a envoyé des photos sublimes, et elle retire de ce voyage de belles impressions. Elle était dans une datcha à 60 km de StP ; elle et ses copines ont constaté que les Russes vivent à l’étroit, plus que nous dans les années 50 (une de ses amies dormait dans la cuisine !). Elle a été très bien accueillie. Amitiés ! smiley


    • V_Parlier V_Parlier 22 février 17:20

      @Pierre JC Allard
      Que d’ideologie que d’ideologie... Un systeme quel qu’il soit fonctionne s’il est coherent dans son principe. Il est clair qu’un Etat Providence sans protectionnisme economique ca ne peut pas survivre. Dans le monde il n’y a que les ouest-europeens qui croient encore le contraire. Seul le neoliberalisme sauvage « survit » (et a quel prix) en situation de libre echange debride. Et le liberalisme ne peut etre a peu pres vivable qu’accompagne d’un certain souverainisme (ce que la Russie tente d’etablir petit a petit et sans prendre le risque de s’endetter).

      (PS amusant : Desole pour le manque d’accents mais j’ecris sur un clavier russe depuis la Russie... et ce ne sont pas des blagues en plus).


    • Pale Rider Pale Rider 22 février 17:22

      @Pierre JC Allard
      Je n’ai jamais été pro-communiste, mais à force, je les trouve sympa (un de mes meilleurs potes de collège est toujours communiste ; on s’écrit quasi quotidiennement). En tous cas, l’ultra-libéralisme m’écoeure. Amitiés.


    • Alren Alren 22 février 19:36

      @Naïk Paris-Brochec

      J’ai approuvé votre article, en faisant une petite réserve toutefois : les gens qui acceptaient le système n’étaient pas emprisonnés, du moins à partir de l’ère Khrouchtchev.

      La plupart des déportés étaient des droits communs.
      Les déportés politiques étaient des militants du capitalisme souvent soutenus pour les plus connus par la CIA ou qui refusaient frénétiquement l’athéisme officiel.

      Ces derniers n’auraient pas dus être déportés ou internés.
      Mais cette répression excessive ne faisait que traduire la peur dès son début que la Révolution soit vaincue, comme l’avait été la Commune en France et auparavant par les insurrections européennes de 1848, lors du Printemps des peuples (« L’ordre règne à Varsovie »).
      L’invasion nazie avait confirmé ces craintes.

      Mais la victoire soviétique sur la première armée du monde d’alors avait permis, après la mort de Staline, le paranoïaque et avec l’acquisition de la bombe atomique, de moins craindre un complot militaire international contre l’URSS.

      Le délitement est venu des « pays de l’Est » qui n’acceptaient pas la présence vécue comme une occupation des Russes sur leur territoire tout comme nous n’aurions pas accepté la présence persistante des Étatsuniens longtemps après 1945 et également de la course aux armements dans le cadre de la « Guerre des étoiles » voulues par Reagan qui a ruiné le budget de l’URSS alors que les USA se finançaient avec un dollar de pacotille sur le monde entier.


    • Naïk Paris-Brochec Naïk Paris-Brochec 22 février 23:14

      @Pierre JC Allard

      Et si le nouveau système s’inspirait de l’ancien sans ses défauts... ? Affaire à suivre...


    • Naïk Paris-Brochec Naïk Paris-Brochec 22 février 23:21

      @Pale Rider Je suis heureux de voir que votre fille apprécie St Petersbourg et sa région tout autant que moi ! Il est vrai que les russes citadins sont habitués à la promiscuité, beaucoup ont vécu en « communalka », c’est à dire les logements communautaires. C’est une autre dimension non négligeable de l’époque soviétique...


    • Paul Leleu 22 février 23:33

      @Alren

      effectivement, après la déstalinisation des années 1950, la plupart des goulags ont été fermés... les grandes périodes meutrières sont d’ailleurs assez précises... la guerre civile (1917-1921), les grandes purges (1937-38), la guerre (1941-45) et l’immédiat après-guerre où le Pouvoir veut refermer la chappe de plomb entrouverte par la mobilisation collective (NB : Pendant la guerre civile et pendant la guerre de 41-45, les atrocités sont des deux bords. Ce qui n’enlève rien).

      Sur le sujet précis des déplacements de population et les goulags, Staline s’est révélé moins cruel que les américains avec les améridiens... aujourd’hui encore, les « Réserves » amérindiennes sont des goulags où périssent des peuples et des cultures... Tout cela fait parti des pages noires de l’histoire humaine... mais je remarque que les goulags étasuniens actuels ne gènent personne.

      jusque dans les années 60 ou 70, les pays soviétiques tiennent tout à fait la comparaison avec l’Ouest (et même mieux parfois). La Corée du Nord a été plus performante que la Corée du Sud jusque dans les années 1980.

      Au cours des années 1970, quand le monde entre en stagnation, l’Ouest invente la cavalerie financière (fin de Bretton-Woods, libéralisation financière, dette, tertiarisation, consumérisme). Alors que l’Est reste bloqué dans le dirigisme de l’après-guerre.


    • Naïk Paris-Brochec Naïk Paris-Brochec 23 février 09:41

      @V_Parlier Votre développement est intéressant, on peut également développer sur le système économique européen qui a deux mesures d’echanges : l’un interne et libéral au sein des pays de l’Union ; et l’autre semi-protectionniste avec la mise en place de quotas d’export/import sur certains produits. C’est à se demander si la position géographique de l’Europe (entre la Russie et les États Unis) lui donne sa particularité économique...


    • Naïk Paris-Brochec Naïk Paris-Brochec 23 février 10:10

      @Alren Merci pour votre développement, en effet n’etaient inquiété que les opposants plus ou moins farouches, et avec plus ou moins de force selon les époques. Néanmoins l’ère stalinienne a été tellement répressive (voir L’archipel du Goulag de Soljenitsyne) qu’elle a laissée des traces dans les consciences russes...


    • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 23 février 18:33

      @Alren

      « Nous n’aurions pas accepté la présence persistante des Étatsuniens longtemps après 1945... »

      Apres combien de décennies une présence et-elle dite persistante ?

      PJCA


    • foufouille foufouille 22 février 10:32

      le nombre d’acheteur de produits rustique et réparable est certainement peu important. pour les ordinateurs, par exemple, il est nécessaire d’avoir un modèle assez récent juste pour internet. pareil pour le smartphone presque obligatoire.


      • Naïk Paris-Brochec Naïk Paris-Brochec 22 février 13:02

        @foufouille

        En effet il y a peu d’acheteurs d’objets anciens, je parlais plutôt dans l’article de personnes qui conservent encore de nos jours les objets du quotidien produit sous l’ère soviétique.


      • foufouille foufouille 22 février 15:05

        @Naïk Paris-Brochec

        en france, il existe encore des appareils électriques comme des hachoirs ou mixeurs datant de 50-70 qui fonctionnent encore.


      • V_Parlier V_Parlier 22 février 17:10

        @foufouille
        Il ne faut certes pas attribuer systematiquement à la « communostalgie » ce qui releve de l’autonomostalgie, un sentiment tout a fait sain et prudent. Si les russes ont plus ce sentiment que nous, c’est parce-que leur desindustrialisation ravageuse a ete brutale, rapide et effrayante dans toutes ses consequences. Chez nous c’est plutot l’histoire de la grenouille dans la casserole d’eau froide qu’on met a chauffer doucement. On croit encore a la societe « post industrielle » des services, et des gens manifestent dans la rue souvent sans savoir pourquoi ils ont de plus en plus des boulots de merde payes pas grand chose, ou, si ce n’est pas le cas, sont assomes de taxes. Sarkollandomacron, peu importe, le mondialisme et le libre echange sont interdits de remise en cause, point a la ligne. Les russes sont mieux pares que nous face a l’effondrement car ils sont conscients de sa possibilite.

        Par ailleurs : C’est bien gonfle d’ecrire que l’enrichissement illegitime des oligarques a commence en 2000 ! Question fossoyeurs-rapaces les eltsiniens avaient deja fait ce « boulot » en 2000 !


      • Naïk Paris-Brochec Naïk Paris-Brochec 22 février 23:27

        @foufouille Oui c’est vrai, la question est de savoir à quel moment un objet (peu importe sa provenance) devient désuet. La course à l’amélioration constante ne rend pas forcément inutilisables des objets intrinsequement utiles, mais améliorables...


      • Naïk Paris-Brochec Naïk Paris-Brochec 23 février 10:30

        @V_Parlier Au sujet des oligarques ils étaient effectivement « prêts » avant 2000, mais c’est bien Vladimir Poutine qui les a « anoblis ». Dans les années 1990 Eltsine a du surtout faire face à des mouvements mafieux de très grande ampleur ! Moscou par exemple était divisée en 8 territoires administrés par 8 clans mafieux distincts. La police n’etait qu’une force de façade qui servait d’intermediaire entre les différentes factions... De même les grandes entreprises autrefois nationales se sont faites piller par d’anciens dirigeants peu scrupuleux qui sont ensuite partis à l’etranger pour couler des jours heureux (ou pas !). L’institutionnalisation du système des oligarques démarre réellement avec l’ere Poutine qui passe un contrat tacite avec des hommes au fait de l’economie capitaliste qui pourrait se résumer ainsi : Vous prenez les commandes des grands secteurs industriels du pays, à deux conditions :
        - 1) Vous ne serez jamais propriétaires de l’outil de production (usines, plateformes pétrolières, etc...)
        - 2) Vous ne vous mêlez pas de la politique du pays

        La « contrepartie » est que ces nouveaux dirigeants deviennent extrêmement riches. Et pour ceux qui ont essayé de violer l’une ou l’autre des conditions citées plus haut ils ont eu affaire à la « méthode » Poutine.


      • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 22 février 10:32

        J’avoue avoir détesté la chute du mur de Berlin. Ma coiffeuse, russe m’a dit, effectivement, si il n’y avait pas eu Tchernobyl qui coûtait très cher, la Russie serait toujour l’URSS. Seul changement positif, la liberté (en partie) de penser et de religion. 


        • Naïk Paris-Brochec Naïk Paris-Brochec 22 février 13:08

          @Mélusine ou la Robe de Saphir.

          Je pense qu’il y a eu de nombreux facteurs qui ont amené à la chute de l’URSS, notamment le coup prohibitif de la course à l’armement face aux États Unis, ainsi que le schisme au sein du Parti Communiste entre les défenseurs d’une ouverture des sensibilités prôné par Michael Gorbatchev d’un côté, et les défenseurs d’une ouverture démocratique totale soutenue par Boris Eltsine de l’autre...


        • Gollum Gollum 22 février 13:18

          @Mélusine ou la Robe de Saphir.

          J’avoue avoir détesté la chute du mur de Berlin.

          Oui quand on se trouve du bon côté du mur on peut en effet avoir la coquetterie de balancer cette énormité. smiley


        • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 22 février 13:48

          @Gollum

          Nous ne serons JAMAIS d’accord. A cette époque, je me suis dite : Houlà, ventre affamé de consommation risque bien de se jeter sur l’illusion capitaliste et ses mirages. 


        • Gollum Gollum 22 février 15:48

          @Mélusine ou la Robe de Saphir.

          Oui. Pas un mot sur tous les morts qui ont essayé de franchir ce mur, canardés dans le dos, pour se jeter sur l’illusion capitaliste. smiley

          Tout ce que vous trouvez à dire c’est quel dommage que ce mur soit tombé, les assassinés doivent s’en retourner dans leur tombe... 

          Je vous signale d’autre part que ceux qui faisaient l’expérience de l’illusion capitaliste ne se sont jamais jeté en masse de l’autre côté pour échapper à cette horrible illusion capitaliste...

          Curieux non ?


        • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 22 février 17:18

          @Gollum

          Combien de gens meurent aujourd’hui en voulant franchir la Mediterrannée, ce mur injuste qui garde les pauvres chez-eux ?


        • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 22 février 17:23

          @Gollum

          On se calme. C’est surtout la mafia russe qui a repris la relève à coups de prostitutions massives et de vodka.


        • Gollum Gollum 22 février 17:35

          @Pierre JC Allard

          Je ne vois pas le rapport.

          C’est effectivement un drame, dû au déséquilibre entre pays riches et pauvres. Il n’en reste pas moins que ces gens ne se font pas tirer dans le dos et qu’ils sont relativement bien accueillis même si il y a ça et là des camps à l’hygiène déplorable.

          Je précise que je ne suis pas pro-capitaliste. Je l’ai toujours critiqué ici. Simplement on m’aurait donné le choix entre vivre à l’ouest et vivre à l’est du mur je n’aurai pas hésité longtemps j’aurai choisi l’ouest.


        • Gollum Gollum 22 février 17:42

          @Mélusine ou la Robe de Saphir.

          On se calme, ben voyons... La fée carabosse dit des insanités et elle voudrait que je me calme. Mais dans vos rêves oui.

          Et voilà que vous nous sortez un post surréaliste sur la maffia russe, destiné à faire diversion, comme vous savez si bien le faire...

          Bien évidemment, et comme d’hab, pas un mot d’excuses. Pas la moindre compassion. Là encore, les assassinés du mur apprécieront.


        • Paul Leleu 22 février 23:08

          @Mélusine ou la Robe de Saphir.

          « J’avoue avoir détesté la chute du mur de Berlin »

          nous avons un point en commun... et pourtant je n’étais pas bien vieux, et je ne connaissais rien à la politique... mais c’est comme ça ! je sentais les choses...


        • Paul Leleu 22 février 23:21

          @Gollum

          « ’avoue avoir détesté la chute du mur de Berlin. Oui quand on se trouve du bon côté du mur on peut en effet avoir la coquetterie de balancer cette énormité »

          66% des ex-soviétiques regrettent la fin de l’URSS...

          https://fr.sputniknews.com/societe/201812201039375339-dislocation-urss-levada-nostalgique/


        • Naïk Paris-Brochec Naïk Paris-Brochec 22 février 23:31

          @Pierre JC Allard Quelle frustration en effet ! Les murs sont différents mais les peines sont les mêmes...


        • pemile pemile 22 février 23:31

          @Paul Leleu « 66% des ex-soviétiques regrettent la fin de l’URSS »

          Allez aussi leur demander combien regrettent le mur ?


        • Naïk Paris-Brochec Naïk Paris-Brochec 22 février 23:34

          @Mélusine ou la Robe de Saphir. Précisez votre pensée s’il vous plaît...


        • Paul Leleu 22 février 23:40

          @pemile

          c’est juste un constat... un constat qui dérange... mais un constat... une REALITE... et les gens qui ont l’occasion de connaitre professionnellement ou personnellement des gens venus de ces pays, ou ayant travaillé dans ces pays, font le même constat...

          je vous conseille la lecture de « La Fin de l’homme rouge » de Svtelana Alexievitch... un excellent livre, très nuancé... qui montre de nombreux aspects de cette question. Et facile à lire, qui plus est...

          à un moment, il faut sortir des oeuvres de propagandes de l’OTAN, et essayer de vous dire que 300 millions d’êtres humains vivaient et s’aimaient là-bas... ils ont vécu une vie... faut essayer de s’ouvrir... et comprendre un peu la nuance des choses


        • pipiou 22 février 23:50

          @Paul Leleu
          Comment ceux qui non jamais connu l’URSS peuvent-ils la regretter ?


        • Naïk Paris-Brochec Naïk Paris-Brochec 23 février 00:21

          @pipiou C’est une vraie question... D’abord il faut savoir que tous les russes de plus de 30 ans ont connu l’URSS... Ensuite ceux qui ne l’ont pas connue ont été imprégnés de son passé « grandiose » ! Les générations qui ont bien connu l’ere soviétique et qui l’ont approuvée ne se lassent pas d’en parler en bien encore aujourd’hui. Enfin il est important de noter que la deuxième force politique du pays (derrière Russie Unie, le parti de Vladimir Poutine) reste toujours le Parti Communiste...


        • Paul Leleu 23 février 00:32

          @pipiou

          question âge ou question géographie ?

          dans le temps : vous savez, en France beaucoup de gens « regrettent » les 30 glorieuses... alors que c’est encore plus ancien ! mais ça ne choque personne... sans parler des « nostalgiques du 3ème Reich » ou des « nostalgiques de la vie primitive » et autres hippies etc. etc....

          dans l’espace : quant à ceux qui ont vécu dans d’autres pays, ils peuvent regretter l’horizon humain, politique et culturel... Ils pouvaient l’espérer pour leur propre pays.


        • Gollum Gollum 23 février 09:34

          @Paul Leleu

          Oui et je suis prêt à parier qu’une fois rétablie l’URSS (imaginons) on aurait 66 % de personnes à regretter la Russie post-URSS. smiley

          Les gens ont toujours tendance à enjoliver quand ils sont frustrés pour telle ou telle raison... à surévaluer les bons aspects et minimiser les mauvais, c’est une constante de tout processus nostalgique.

          Quant à ceux qui ont été éventuellement interrogés alors qu’à l’époque ils n’étaient pas adultes... 

          Bref, pour moi ces sondages seraient à examiner de près.

          D’autre part le cas de la Russie est particulier, ce fut la débâcle avant que Poutine n’arrive et les gens en ont beaucoup souffert..

          Enfin, si vraiment l’URSS était un Paradis (socialiste) on se demande vraiment pourquoi il fallait un rideau de fer pour empêcher les gens de sortir et de les canarder dans le dos quand l’idée leur venait.. 

          Drôle de Paradis où les gens, en tous les cas beaucoup, n’avaient qu’une envie : se barrer.


        • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 23 février 10:02

          @Naïk Paris-Brochec

          Bonjour Naïk, mon point de vue est complexe. Les pays communiste ont vécu des année dans un système totalitaire, mais qui en contre-partie leur assurait une certaine sécurité de base. J’ai eu une amie violoniste et Bulgar qui avait fuit le communisme pour se réaliser en Europe. Elle venait d’un milieu cultivé, son père était dentiste, mais elle m’expliquait que l’esprit totalitaire envahissait encore ses rêves et son vécu. La soumission à la pression d’un état ne lui permettait pas vraiment de se sentir libre. Je pense que le passage fut trop brutal. Comme quand on change une plante de son lieu d’origine pour la transplanter dans un sol plus riche. quand un pays ou une personne rêve d’un ailleurs sublime et idéalisé, elle n’est pas préparée à la transition. Alors qu’en Europe (je me limite à cet exemple), on se préparait à lutter à lutter contre le consumérisme à outrance, les pays de l’Est allait le ré-implanter et casser notre dynamique. Je me souviens de l’interview d’une juive sortant des camps de concentration et qui a vécu une longue période de dépression (au sens de paliers dépressurisation) parce qu’elle s’était faite de telles idées de la démocratie que le choc fut frontal (c’est cela la liberté !!!). Il faut tenir compte de tout ces aspects,...Lire ce superbe roman : Cet instant là de Douglas Kennedy. Oui, de nombreuses personnes des pays de l’est, regrette certains aspects du communisme. L’ultra-libéralisme et tout aussi violent.

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