• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Tribune Libre > Conférence de presse du ministre des Affaires étrangères de Cuba, 19 (...)

Conférence de presse du ministre des Affaires étrangères de Cuba, 19 février 2019

Conférence de presse de Bruno Rodríguez Parrilla, ministre des Affaires étrangères de Cuba, devant la presse nationale et étrangère. 19 février 2019 (1)

Traduction de Daniel Vives Simorra

***

Nous sommes à quelques jours du Référendum Constitutionnel dans notre pays. Il retient toute notre attention et suscite la mobilisation de notre peuple. Je suis reconnaissant aux médias que vous représentez pour votre intense couverture à ce sujet

Le Gouvernement de la République de Cuba n'a cessé de dénoncer avec fermeté l’agression militaire que le Gouvernement des États-Unis d'Amérique prépare, sous des prétextes humanitaires contre la République Bolivarienne du Venezuela.

Les discours du Premier Secrétaire du Comité central de notre Parti [Raúl Castro], le 26 juillet 2018 et le 1er janvier 2019, et ceux du Président des Conseils d'État et des Ministres, le camarade Miguel Díaz-Canel Bermúdez, en juillet dernier et plus récemment, tous ont alertés sur les très graves conséquences économiques, politiques, sociales, humanitaires et régionales d'une nouvelle aventure militaire des États-Unis dans Notre Amérique(2).

Assumant toute ses responsabilités et s’appuyant sur toutes les informations nécessaires, le Gouvernement Révolutionnaire a déclaré le 13 février que des vols de transport militaire américains ont lieu depuis des installations militaires à partir desquelles opèrent des unités des forces d'opérations spéciales et d'infanterie de marine, lesquelles sont utilisées pour mener des actions clandestines pouvant même toucher des dirigeants ou de personnes considérées comme importantes (3)

Avec une ignorance absolue des gouvernements des territoires concernés et au mépris total de la souveraineté de ces états, la préparation d'une action militaire sous prétexte humanitaire se poursuit.

Hier après-midi, le président Donald Trump ainsi que d’autres hauts fonctionnaires et porte-parole du gouvernement américain ont répété et confirmé que l'option militaire est à l'étude. Le président Trump a déclaré : « Toutes les options sont possibles » (4).

Selon la presse des États-Unis elle-même, des militaires US de haut rang qui ne sont pas concernés par l'aide humanitaire et qui ne s’en sont jamais préoccupés, ont eu des réunions avec des politiciens nord-américains et d'autres pays avant de se rendre dans des endroits manifestement liés à la question qui nous occupe.

Nous sommes tous témoins de la fabrication de prétextes humanitaires. Un délai a été fixé pour faire entrer de "l'aide humanitaire" par la force : ce qui constitue en soi un contre-sens. Il n'est pas possible que l'aide véritablement humanitaire repose sur la violence, sur la force des armes ou sur la violation du droit international. Cette simple façon de voir les choses viole le droit international humanitaire. Elle révèle le caractère politicien de cette aide, comme ce fut le cas à d'autres moments où de nobles causes, universellement reconnues, ont servi de prétexte à des agressions militaires.

Étant donné la fixation d'un délai (5), la déclaration de Trump qui soutient que l'aide humanitaire va de toute façon pénétrer sur le territoire vénézuélien ce jour-là – contre la volonté souveraine de son peuple et la décision de son gouvernement constitutionnel –, on doit se demander quel est l’objectifs poursuivi ? Quel autre but est le sien sinon de générer un incident qui mettra en danger la vie des civils, entraînera des violences ou des circonstances imprévisibles ?

Ces derniers jours, il a été dit que l'aide humanitaire pourrait durer des mois, voire des années. « Tant que durera la reconstruction », a-t-il été dit. On devrait demander au sénateur de la Floride [Marco Rubio] de quelle reconstruction parle-t-il. Nous, nous parlons d'un pays qui n'est pas en guerre et qui n'a pas souffert d'une guerre ; mais on sait que celle-ci est une excellente affaire pour le complexe militaro-industriel nord-américain et qu’il en va de même pour la prétendue reconstruction par d’autres entreprises états-uniennes.

Le Gouvernement des États-Unis continue de faire pression sur les états membres du Conseil de Sécurité des Nations Unies pour forcer l'adoption d'une résolution qui serait le prélude à une « intervention humanitaire ». Parmi les points de cette résolution, on trouve le diagnostic d'une situation de violation de la paix et de la sécurité que connaîtrait cette nation sœur et une exhortation pour que tous les acteurs internationaux, de toute nature, prennent les « mesures nécessaires ».

Des précédents, même récents, nous ont appris que ces formulations sont généralement suivies d'autres appels à instaurer des zones d'interdiction aérienne destinées à la protection des civils, à créer des couloirs humanitaires en vertu du Chapitre VII de la Charte qui autorise l'emploi de la force.

Nous espérons que le Conseil de Sécurité des Nations Unies, en tant que principal garant de la paix et de la sécurité internationales, fera prévaloir sa vocation et sa responsabilité et qu'il ne se prêtera pas à des aventures militaires.

Nous appelons ses membres à agir en accord avec le droit international et à défendre la paix : précieuse pour l'humanité, pour Notre Amérique ainsi que pour le peuple vénézuélien.

Le gouvernement des États-Unis a inventé et fabriqué à Washington un coup d'Etat impérialiste, avec un "président" crée dans cette capitale du Nord mais qui n'a pas fonctionné à l'intérieur.

On pourrait citer de nombreuses sources états-uniennes, des médias accrédités qui ont donné tous les détails sur la façon dont le coup d'État a été organisé. Encore en ce moment, le gouvernement des États-Unis exerce des pressions sur d'autres pays. Il tente d’imposer la reconnaissance du prétendu " président " auto-désigné et proclamé par Washington et il réclame de nouvelles élections dans la République bolivarienne du Venezuela, annulant celles que son peuple a déjà légitimement et constitutionnellement effectuées.

Les manoeuvres de l'équipe de la Sécurité Nationale de la Maison-Blanche, de certains fonctionnaires du Département d'État et de plusieurs ambassades des États-Unis sont bien connues. L’ample opération de communication politique qui est en cours, est le prélude, comme souvent, à des actions à plus grande échelle de la part de ce gouvernement.

Des mesures économiques coercitives unilatérales et donc illégales sont de plus en plus appliquées à l’encontre de la République sœur du Venezuela : embargo ou gel des avoirs financiers dans des pays tiers ; pressions très fortes sur les gouvernements qui approvisionnent commercialement le Venezuela, y compris pour ce qui est de l'industrie pétrolière vénézuélienne ; pressions aussi sur les banques des pays tiers pour empêcher des transactions financières légitimes, même dans d’autres devises que le dollar ; mise sous séquestre et pratiquement vol de la filiale des Pétroles du Venezuela (Petróleos de Venezuela SA, PDVSA) aux États-Unis, spoliation d’autres intérêts vénézuéliens dans ce pays.

Ces mesures constituent une violation considérable du Droit International et du Droit International Humanitaire. Elles sont la source de privations et de souffrances humaines. Elles sont totalement incompatibles avec les appels hypocrites à apporter une aide humanitaire que lancent ceux-là mêmes qui sont les responsables de l'application de ces mesures cruelles. Les chiffres sont obscènes. On a parlé d'une aide humanitaire d'environ 20 millions de dollars pour un pays qui est privé de plus de 30 milliards de dollars par ces sanctions arbitraires, illégales et injustes.

Le Gouvernement de la République de Cuba invite la communauté internationale à agir pour la défense de la paix. Il faut éviter, avec l'effort conjoint de tous sans exception, une intervention militaire contre la République bolivarienne du Venezuela.

En ce moment crucial, sont en jeu le respect et la validité des principes du Droit international et de la Charte des Nations Unies. Il s’agit d’un moment décisif pour la légitimité d'un gouvernement qui réside dans le soutien et le vote de son peuple, dans l'exercice souverain de l'autodétermination à laquelle aucune pression étrangère ne peut se substituer. Dans ces circonstances, on ne peut qu’être pour ou contre la paix, pour ou contre la guerre.

Nous encourageons les initiatives prises à Montevideo, notamment par les gouvernement des États-Unis du Mexique, de la République orientale de l'Uruguay, de la Communauté des Caraïbes [CARICOM] et de l'État plurinational de Bolivie afin qu’ils poursuivent au maximum leurs efforts, dans ces conditions d'urgence, afin de promouvoir une solution fondée sur le dialogue, dans le respect absolu de l'indépendance du Venezuela, de sa souveraineté et de la validité des principes du Droit International, en particulier celui de la non-intervention.

Nous appelons à une mobilisation internationale pour la paix, contre l'intervention militaire des États-Unis en Amérique Latine, contre la guerre ; au-delà des différences politiques ou idéologiques et en faveur de ces biens suprêmes de l'humanité que sont la paix et le droit à la vie.

Nous lançons un appel à tous les gouvernements, parlements, forces politiques, mouvements sociaux et populaires, peuples autochtones, organisations socio-professionnelles, syndicats, paysans, femmes, étudiants, intellectuels, artistes, universitaires, organisations non gouvernementales, représentants de la société civile, et en particulier, journalistes et spécialistes de la communication.

A l’heure actuelle, le gouvernement de la République de Cuba réaffirme sa solidarité ferme et inaltérable envers le Président constitutionnel Nicolás Maduro Moros, la Révolution Bolivarienne et l'union civico-militaire de son peuple. Nous affirmons qu’avec la République sœur Bolivarienne du Venezuela, nous devons défendre les principes qui proclament l'Amérique latine et les Caraïbes comme Zone de Paix. Aujourd'hui, nous devons défendre la souveraineté de tous, l'indépendance de tous et l'égalité souveraine des États.

Nous avons été stupéfaits hier après-midi par le discours du président Donald Trump. À notre grand étonnement, il a décrété la « fin du socialisme » et annoncé « un jour nouveau » pour l'humanité. Il a solennellement proclamé que, pour la première fois dans l'histoire, il y aura un hémisphère libre de socialisme.

Paradoxalement, Trump a également évoqué les progrès dans les négociations avec un grand pays socialiste et annoncé qu’il avait choisi de tenir un sommet important avec un autre pays lui aussi socialiste.

Combien de fois des personnages ont-ils décrété aux États-Unis la fin du socialisme ou la fin de l'histoire ? 

Le président Trump a rendu hommage aux « grands leaders » présents lors de son discours en Floride : un gouverneur, deux sénateurs, un représentant, un ambassadeur, tous républicains fondamentalistes. Cinq minutes plus tard, Trump a apparemment été averti – ou il s'en est rendu compte lui-même – qu'il avait été profondément injuste en omettant le nom de John Bolton, également présent à Miami (6).

Bolton est un faiseur de guerre depuis des décennies. Il est le principal organisateur du coup d'État au Venezuela et un défenseur permanent de l'option militaire.

Le Président des États-Unis s’est réclamé de la dignité humaine. Il semble oublier que c'est au sein du capitalisme et, en particulier de l'impérialisme, que règnent l'injustice, l'exploitation et la manipulation des personnes.

Trump a critiqué la corruption, peut-être pour ne pas reconnaître que c’est bien le système politique américain qui est corrompu par nature, que c'est aux USA que prévalent les intérêts des particuliers et les contributions des entreprises à ce système ; là que la loi est dictée par l’argent avec l’aide aujourd’hui des bases de mégadonnées informatiques, le big data . C’est toujours aux États-Unis qu’on gagne les élections en manipulant les gens.

Trump a parlé de démocratie, sans rappeler les millions de citoyens nord-américains, majoritairement noirs et hispaniques, exclus du vote, ni les 40 millions de pauvres dont la moitié sont des enfants.

Il a oublié de dire que plus de 500 000personnes sont sans-abris de ce pays. Il ignore peut-être qu'il existe aux États-Unis un modèle racial différencié, qu'il s'agisse de l'application de la peine de mort, du système pénitentiaire, des sanctions judiciaires ou même de la brutalité policière qui coûte en permanence la vie à des Afro-Américains.

Il n'a pas parlé de l'absence de syndicalisation des travailleurs américains, ni des femmes de ce pays qui n'ont pas droit à un salaire égal pour un travail égal.

Il a mentionné les migrants vénézuéliens, mais il n'a rien dit au sujet du mur du Rio Bravo. Il n'a rien dit non plus à propos des mineurs centraméricains qui sont cruellement séparés de leurs parents et dont certains sont morts en détention. Il n'a pas fait référence à la répression des migrants, ni à celle des minorités, ni aux meurtres commis par la police des frontières.

Le président Trump a promis le succès aux putschistes en déclarant que « les États-Unis sont derrière vous pour vous soutenir ». Il semble qu’il ne veuille pas voir que le coup d'Etat n'a pas fonctionné. C’est d’ailleurs pourquoi la menace extérieure contre le Venezuela augmente.

Trump s'est présenté comme le chef d'un état amoureux de la paix. Mais des dizaines de guerres ont été provoquées par les gouvernements successifs des États-Unis. Trump lance actuellement une nouvelle course aux armements, y compris aux armes nucléaires.

C’est aux USA que l’on a torturé et que l’on torture encore. C'est ce régime qui cause la mort de civils innocents – les "dommages collatéraux" – lors de ses aventures guerrières. C'est lui qui a envoyé des dizaines de milliers de jeunes Américains mourir, comme de la chair à canon, dans des guerres impérialistes de prédation. C'est encore lui qui a déclenché une guerre qui a coûté la vie à plus d'un million de personnes en se servant de mensonges concernant l’existence d’armes de destruction massive en Irak. La responsabilité en revient à certains protagonistes nord-américains de la situation actuelle. Or ce sont les mêmes qui mentent maintenant au sujet du Venezuela.

Le Président Trump a dit que le socialisme ne respecte pas les frontières. Mais c'est l'impérialisme qui a occupé Cuba militairement à plusieurs reprises ; c’est lui qui a empêché notre indépendance jusqu'à l'entrée à La Havane du commandant en chef Fidel Castro Ruz. Ce sont les USA qui ont dépouillé le Mexique de plus de la moitié de son territoire, qui ont imposé de cruelles dictatures militaires en Amérique Latine et qui maintiennent jusqu’à aujourd'hui des bases militaires agressives pratiquement partout sur la planète.

Le président Trump a déclaré que le socialisme promet l'unité, mais provoque la haine et la division. Quel cynisme extraordinaire ! , Quelle incroyable hypocrisie ! Il est le représentant d'un gouvernement amoral et d'un secteur rejeté y compris par les partis traditionnels américains. Il applique une politique nauséabonde. Son langage de haine et de division attise la polarisation de la société et a même été dénoncé par des conservateurs très influents parce qu'il ne respecte pas les normes minimales de la décence en politique.

Le Président Trump a également déclaré que le socialisme est ce qu’il y a de moins démocratique.

Monsieur le Président Trump, essayez une réforme constitutionnelle, organisez un référendum sur votre politique, respectez la volonté de vos électeurs ! Rappelez-vous que vous êtes devenu Président tout en ayant perdu le vote populaire par plus de trois millions de bulletins de vote.

L'accusation du président des États-Unis selon laquelle Cuba maintient une armée privée au Venezuela est une infamie. Je vous exhorte à présenter vos preuves. Notre gouvernement rejette cette calomnie dans les termes les plus énergiques et les plus catégoriques, mais il réaffirme son devoir et son engagement : celui de continuer à fournir au Venezuela – comme il le fait dans 83 pays du monde – une modeste coopération à laquelle participent plus de 20000 volontaires cubains, tous civils, dont 94 % sont actifs dans le domaine de la santé, d'autres dans celui de l'éducation,

Nous, les Cubains, nous poursuivrons notre propre route et nous nous préparons au succès du référendum qui aura lieu dans quelques jours. Nous continuerons à travailler sereinement, avec application, imprégnés de la certitude que nous disposons des outils suffisants pour construire notre avenir.

Les collaborateurs cubains au Venezuela, samedi et dimanche derniers, ont déjà exercé leur droit de vote pour le référendum. Ils l'ont fait de manière massive. 

Ils disent à leurs familles qu'ils s’inquiètent logiquement des nouvelles qu’ils reçoivent mais que malgré les circonstances, ils vivent normalement au Venezuela et qu'il n'est pas vrai qu’il y ait des centaines de milliers de Vénézuéliens qui meurent de faim, comme le disent certaines voix mensongères. Ils réaffirment qu'ils continueront à accomplir leur travail profondément humanitaire.

Je rejette fermement la tentative d’intimidation du Président Trump envers ceux qui, d'une manière totalement souveraine, exerçant leur droit à l'autodétermination, ont décidé de construire et de défendre le socialisme. Je rejette l'intimidation à l’encontre des nombreux partis, organisations et personnes, amoureux de la justice, de l'équité, du développement social et environnemental durable. Beaucoup, opposés à l'exploitation, au néocolonialisme, au néolibéralisme, à l'exclusion, ont adopté avec une conviction profonde les idées socialistes et révolutionnaires, convaincus qu’ils sont qu’un monde meilleur est non seulement possible, mais encore indispensable et inévitable.

Comme l'ont reconnu de nombreux analystes et politiciens américains, le discours prononcé hier en Floride avait un but très électoral. Il voulait intimider non seulement les forces socialistes et communistes, mais aussi les dirigeants démocrates, les électeurs, en particulier les jeunes électeurs qui sont insatisfaits du système.

Trump a proclamé hier qu'il n'y aura jamais de socialisme en "Amérique".

Il veut faire peur non seulement au peuple américain, mais aussi aux démocrates. On connaît sa position : celui qui votera pour les démocrates dans la campagne électorale, qui semble déjà avoir commencé, votera pour la construction du socialisme dans cette nation du Nord.

Le principal "apport théorique" de Trump dans son discours d'hier a été une greffe du maccartisme sur la doctrine Monroe. À son plaidoyer en faveur d'une puissance impérialiste unique, il a ajouté un anticommunisme extrême, viscéral, passé de mode, essentiellement vieilli, ancré dans la Guerre froide. Il ne touchera aucun droit d'auteur. Le président Reagan et l'ancien premier ministre Churchill l’avaient devancé sur cette question. 

Il y a soixante et onze ans, Churchill déclarait : « Le socialisme est la philosophie de l'échec, le credo de l'ignorance et l'évangile de l'envie... ». Il y a trente-six ans, Reagan affirmait : « Je crois que le communisme est un autre chapitre, triste et étrange, de l'histoire de l'humanité dont les dernières pages s'écrivent en ce moment... Je le crois, parce que la source de notre force dans notre quête de la liberté humaine n'est pas matérielle, mais spirituelle ». 

Maladroite et grossière, la déclaration de Trump est celle de la domination impérialiste sur Notre Amérique, celle de José Martí. « Nous avons vu l'avenir de Cuba ici à Miami » a déclaré hier le président américain. Il se trompe, l'avenir de Cuba est ici. Avec ou sans mesures de blocus supplémentaires, c’est nous les cubaines et les cubains qui décidons de notre avenir. Nous avons fait, nous avons construit et nous défendrons une révolution socialiste à leur nez et à leur barbe.

Nous devons nous souvenir de la défaite de la dictature de Batista, établie et soutenue par les gouvernements impérialistes. Nous sommes fiers de la victoire de Playa Girón ou Baie des Cochons. Nous sommes fiers de notre courage face au risque d'holocauste lors de la crise d'octobre comme nous le sommes de notre réponse ferme et énergique au terrorisme d'État qui a fait exploser un avion civil en plein vol et dont les crimes ont causé la mort de 3478 morts et 2099 handicapés chez les cubains, femmes et hommes.

Au Président Trump, nous réitérons que notre loyauté envers Fidel et Raúl sera inébranlable et que le processus de continuité dirigé par le Président Díaz-Canel est permanent et irréversible. Nous resterons unis à notre Parti communiste de Cuba. Ensemble, nous avons rédigé cette nouvelle Constitution et nous voterons pour elle le 24 février, pour la patrie et le socialisme. Ce sera aussi une réponse au discours du Président Trump.

 

***Notes du traducteur

1-Le texte en espagnol de la conférence de Bruno Rodríguez Parrilla est disponible à http://www.granma.cu/cuba/2019-02-19/ministro-de-relaciones-exteriores-de-cuba-ofrece-conferencia-de-prensa-en-apoyo-a-venezuela-19-02-2019-15-02-01. En quelques occasions, la traduction française proposée a été très légèrement aménagée.

2 – Voir :

http://www.cubadebate.cu/opinion/2018/07/27/raul-castro-la-historia-ha-demostrado-que-si-se-pudo-si-se-puede-y-siempre-se-podra/

http://www.cubahora.cu/uploads/documento/2019/01/03/discurso-pronunciado-por-el-general-de-ejercito-raul-castro-ruz-1-de-enero-2019.pdf

http://www.granma.cu/discursos-de-diaz-canel/2018-07-18/jamas-habra-espacio-para-dividir-ni-flaquear-18-07-2018-01-07-40

 

3- « Entre le 6 et le 10 février 2019, des avions de transports militaires se sont envolés vers l'aéroport Rafael Miranda de Porto Rico, la base aérienne de San Isidro en République dominicaine et vers d'autres îles stratégiquement situées dans les Caraïbes, probablement à l'insu des gouvernements de ces pays », Declaration du Gouvernement Révolutionnaire : Il est urgent d’arrêter l’aventure militaire impérialiste contre le Venezuela , 13 février 2019, http://www.granma.cu/cuba/2019-02-13/declaracion-del-gobierno-revolucionario-13-02-2019-21-02-39 (trad. D.V.S)

4-« All options are open […] », voir : « Trump ramps up pressure on Venezuela's Maduro in speech » [« Trump fait monter la pression sur le Venezuela de Maduro dans son discours »], https://edition.cnn.com/2019/02/18/politics/donald-trump-venezuela-miami/index.html

5- Le 23 février 2019 comme l’affirme le président marionette Juan Guaidó.

6- Respectivement Ron DeSantis, gouverneur de Floride ; Marco Rubio et Rick Scott, tous deux sénateurs de Floride, Mario Diaz-Balart, représentant du 25e district de Floride (depuis 2013), CarlosTrujillo, ambassadeur des USA auprès de l’Organisation des États américains (OEA). Pour le texte en anglais de la déclaration du 18 février 2019 de Donald Trump au Florida International University Ocean Bank Convocation Center (Miami) voir : https://www.whitehouse.gov/briefings-statements/remarks-president-trump-venezuelan-american-community/


Moyenne des avis sur cet article :  3.5/5   (6 votes)




Réagissez à l'article

5 réactions à cet article    


  • Esprit Critique 25 février 17:13

    Les Castro sont recordmans du monde de durée au pouvoir !

    En améliorant encore la constitution, je crains le pire : L’immortalité dans la connerie !


    • Oceane 27 février 18:16

      @Esprit Critique

      « L’immortalité dans la connerie » : Vietnam, Corée du Nord, Afghanistan, Irak, Cote d’Ivoire, Libye, Syrie... Il n’y a pas d’immortalité au pouvoir en « démocratie », pourtant, les mêmes connerie se sont méthodiquement répétées au fil des alternances au pouvoir et des décennies.

      Mais tu attends des Cubains, Nord-Coréens, Irakiens, Afghans, etc, qu’ils oublient !

      https://fr.sputniknews.com/international/201902251040151205-senateur-us-photo-kadhafi-menace-maduro/


    • D. V. Simorra D. V. Simorra 28 février 09:28

      D. V. Simorra à Océane On ne sait comment qualifier une réaction qui, en guise d’arguments, use de grossièretés agrémentées d’une apologie, via un lien internet, du martyre obscène infligé à Mohammar El Khadafi : une répugnante mise à mort qui fait les délices d’une certaine tartuferie « droit-de-l’hommmisme », hélas trop à la mode aujourd’hui en France comme ailleurs. Quant à l’« immortalité », la seule dont on devrait ouvrir le procès c’est bien celle de ce nouveau « Grand Reich des Mille Ans » que certains attendent avec impatience : le rêve d’un règne définitif du fascisme impérialiste mondial, made in usa, avec la complicité servile de ceux qui dirigent la « communauté » dite « internationale ». C’est sans doute parce que cet espoir digne du docteur Fol Amour s’estompe de plus en plus, que ses partisans déploient une hargne qui interdit toute discussion sérieuse. C’est aussi pourquoi, il est inutile de poursuivre plus avant ce qu’on n’ose appeler un débat avec Océane qui se revendique, bien à tort de l’« esprit critique » (? ??). Une éventuelle récidive de l’auteur(e) dans la polémique et dans l’insulte se retrouvera donc illico dans l’enfer qu’il mérite et qui a pour noms trash, spam ou corbeille.


    • Oceane 1er mars 10:57

      @D. V. Simorra

      Sans être « recordman de la durée au pouvoir », les « democraties » démontrent avec brio « l’immortalité de la connerie » : Vietnam, Corée du Nord...........Et en ce moment même, Venezuela. « Immortalité de la connerie » ou non, malgré les différentes alternances au pouvoir ?

      Pour ce qui est du lien, il s’agit de rappeler l’un des résultats de l’alternance au pouvoir en « democraties » autoproclamees. Maroc Rubiocon poste deux photos du président libyen assassiné par les « démocrates » : l’une avant « traitement » et l’autre après, destinées à terroriser le président du Venezuela.

      Dans le même article, un internaute en réponse à Rubiocon publie ses propres images de Khadafi, Hussein avant et après l’introduction de la « democratie » chez eux. La dernière de Nicolas Maduro sans - pour le moment - l’après.

      Un autre montre à Rubiocon l’avant et après « democratisation » de l’Irak, de la Libye, de la Syrie, du Yémen.

      Donc, pas d’« apologie » de ma part de l’assassinat du Guide libyen, contrairement à Mr Rubiocon.

      D’autre part, sur un site de discussions, les intervenants se « connaissent » et Esprit Critique et moi sommes des pôles opposés sur les questions impérialistes lorsque nous nous « croisons » au hasard des sujets.

      Lire c’est bien, comprendre c’est encore mieux.


    • D. V. Simorra D. V. Simorra 2 mars 13:32

      Je suis bien aise d’apprendre qu’Océane et « Esprit critique » sont apparemment deux personnes distinctes et qu’elles représentent chacune deux « pôles opposés sur les questions impérialistes ».

      Dont acte.

      Néanmoins, la distinction n’était pas absolument pas évidente dans la réponse précédente du mal nommé « esprit critique » dont, par ailleurs, la lecture et la compréhension étaient malheureusement absolument dépourvues d’ambiguïtés.

      Non dénuée d’une certaine suffisance, la leçon, « Lire c’est bien, comprendre c’est encore mieux » est donc sans objet.

      DVS

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON

Auteur de l'article

D. V. Simorra

D. V. Simorra
Voir ses articles






Les thématiques de l'article


Palmarès