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Accueil du site > Tribune Libre > Conflit du Haut-Karabagh (Artsakh) : quand les pétrodollars tuent et les (...)

Conflit du Haut-Karabagh (Artsakh) : quand les pétrodollars tuent et les grands s’en lavent les mains…

Pour une fois, je vais commencer par un commentaire sur la photo qui illustre mon article. En effet, sans aucune illusion religieuse de ma part (loin de moi les culs de bénitier et autres formes de foi de quelque nature que ce soit et de quelque origine que ce soit) j’ai choisi cette image afin d’illustrer l’indifférence générale et les regards qui se détournent des grands sujets mondiaux.

Mais, revenons à notre sujet !

Je lisais ce matin dans Le Monde[1], sous le titre : « Conflit du Haut-Karabakh : Macron et Poutine appellent au calme » que : « Moscou et Paris ont, mercredi soir, réclamé un arrêt « complet » des combats. « Vladimir Poutine et Emmanuel Macron ont appelé les parties au conflit à faire redescendre les tensions et à montrer le maximum de retenue », a déclaré le Kremlin à la suite d’une conversation téléphonique entre les présidents russe et français. (…) Les appels internationaux au cessez-le-feu sont d’autant plus urgents que la Russie a fait état du déploiement dans la zone du conflit de combattants « venant notamment de Syrie et de Libye », de quoi « provoquer une escalade » dans toute la région. Une internationalisation du conflit risque de déstabiliser une région où des puissances comme la Russie et la Turquie sont déjà en concurrence. »

Avec de telles déclarations, le président azerbaidjanais, Aliyev et son homologue turc, Erdogan, ont commencé à trembler, d’autant plus que, comme chacun sait, les avertissements font peur car ils peuvent être suivis d’actes forts… mais que dans certains cas seulement.

Rappelons-nous les menaces de l’Union européenne de sanctionner la Turquie pour ses agissements en Méditerranée orientale (Syrie, Libye, Grèce, Chypre). Dès l’annonce de L’INTENTION de l’Union d’adopter des sanctions ? le néo-sultan d’Ankara a pris réellement peur !!! La preuve ? Il a envoyé ses navires sismiques et de recherche, accompagnés de navires militaires, près des côtes crétoises et chypriotes se déclarant prêt à tout pour défendre les droits et intérêts de son pays (en violant ceux des autres, bien évidemment). Seule la France a osé tenter de contrôler un navire civil en route vers la Libye car il était soupçonné de transporter des armes turques en violation de l’embargo des Nations Unis. Cependant, ce navire était accompagné de navires militaires turcs qui ont menacé la frégate française, Le Courbet, l’ont visée et sommé de partir, l’obligeant à s’éloigner !!! Voilà ! La diplomatie, c’est ça !!! Et la Turquie poursuit, par ailleurs, officiellement, ses négociations d’adhésion à l’Union européenne et est membre de l’OTAN, donc allié de la France : Schizophrénique !!!

En l’occurrence, on se donne bonne conscience et parallèlement les affaires continuent de plus belles.

Toujours dans la presse française, à propos du conflit caucasien, Le Figaro[2], cette fois, rapporte, sous le titre : « Les drones de Bakou enflamment le Jardin noir[3] » et le sous-titre : « Profitant de leur supériorité aérienne, les forces de l’Azerbaïdjan infligent de lourdes pertes aux Arméniens du Haut-Karabagh », que les ambulances n’arrêtaient pas leurs allées et venues vers la capitale de l’Artsakh, Stepanakert. L’article poursuivait : « Signe que Bakou a des motivations plus grandes qu’en 2016 (…), Stepanakert, la capitale du Haut-Karabakh, a elle-même été visée par quelques tirs d’obus. Mercredi matin, deux drones azerbaïdjanais de type Harop, de fabrication israélienne, ont été abattus au-dessus de la ville. Les journées des 55 000 habitants de Stepanakert sont désormais rythmées par les détonations entendues au loin, et les hurlements des sirènes déclenchées lorsqu’un de ces drones est repéré dans le ciel de la ville. « Depuis 1993, jamais Stepanakert n’avait été attaquée. Ils nous ont envoyé des obus dimanche. C’est le signe qu’ils veulent bel et bien nous faire la peau cette fois », s’exclame Camilla, une boulangère d’une soixantaine d’années qui pétrie sa pâte avec nervosité. »

Quand les pétrodollars se transforment en armes utilisées massivement contre les civils principalement et les militaires accessoirement, la peur s’installe. Et les grands de ce monde s’en lavent les mains ; et les affaires (ventes d’armes et autres) se poursuivent…

Toujours dans Le Figaro[4] : « Bakou, grâce à sa manne pétro-gazière, a pu s’offrir les meilleurs drones d’attaque produits en Israël et aussi des exemplaires fabriqués par le grand frère turc. Sa maîtrise des airs assure un avantage certain aux forces azerbaïdjanaises sur ses rivales arméniennes, qui subissent (…). »

Enfin, les Arméniens connaissant la volonté génocidaire des azéro-turcs résistent avec courage, car ils savent que ce n’est pas seulement l’Artsakh qui est visé, mais l’Arménie dans son ensemble.

Pour aller plus loin, quelques informations sur l’origine du conflit :

1. Qu’est-ce que l’Artsakh ?

L’Artsakh, anciennement Haut-Karabagh, est une république autodéterminée située dans le Sud- Caucase, entre l’Azerbaïdjan, l’Arménie et l’Iran. La superficie du pays est d’environ 11 500 km² et sa population s’élève aujourd’hui à 151 000 habitants. Sa capitale est Stepanakert.

Le pays a déclaré son indépendance le 2 septembre 1991, devenant initialement la République du Haut-Karabagh. Depuis, il revendique sa reconnaissance par la communauté internationale à laquelle s’oppose catégoriquement l’Azerbaïdjan.

La République assure la séparation des pouvoirs. Elle est pourvue d’une Assemblée nationale monocamérale, système parlementaire à une seule chambre. Bako Sahakian est le troisième Président de la République d’Artsakh, élu au suffrage universel direct en 2007 et réélu en 2012. En février 2017, un nouveau referendum a consacré le changement de nom du pays qui a retrouvé son appellation d’origine sous le nom de République d’Artsakh.

2. Pourquoi l’Azerbaïdjan s’oppose à la reconnaissance de l’indépendance de l’Artsakh et se trouve en conflit avec ce dernier ?

On appelle « conflit du Karabagh » l’affrontement d’abord politique ensuite militaire qui oppose l’État d’Azerbaïdjan à la population de l’Artsakh, arménienne presque dans sa totalité. L’origine du conflit réside dans l’histoire moderne de la région. Lors de la soviétisation de la Transcaucasie en 1920, l’Artsakh est intégré autoritairement et contre le gré de sa population à l’Azerbaïdjan par le pouvoir soviétique central. Dès son rattachement à l’Azerbaïdjan, la population de l’Artsakh a été victime d’une politique systématique de discrimination ethnique voire d’épuration visant à sa disparition progressive, à l’instar d’une province arménienne voisine, le Nakhitchevan, qui, placée dans le même cas, a vu sa population arménienne très largement majoritaire chuter à 0% en moins de 40 ans.

Pendant toute la période soviétique (1920-1991) la population arménienne de l’Artsakh n’a eu de cesse de réclamer son rattachement à l’Arménie. Réprimées par le formidable appareil coercitif soviétique pendant 70 ans, les autorités de la Région Autonome du Haut- Karabagh lancèrent à la fin de l’URSS, et dès 1989, un processus de détachement de l’Azerbaïdjan. À ce processus, respectueux du droit interne et du droit international, l’Azerbaïdjan a répliqué par des massacres d’Arméniens puis par une guerre ouverte contre le Karabagh.

Dès lors, la population de l’Artsakh organise sa défense et se sépare définitivement de l’Azerbaïdjan en proclamant son indépendance en septembre 1991.

La phase armée du conflit se déroule de 1991 à 1994. Devenue indépendante en 1991, l’Arménie voisine s’engage à soutenir la revendication d’indépendance de l’Artsakh afin de garantir la sécurité de sa population. Un accord de cessez-le-feu est signé entre l’Azerbaïdjan, l’Arménie et l’Artsakh en mai 1994 avec la médiation de la Russie. La guerre se conclut par une victoire militaire de la République d’Artsakh mais la question de son statut politique reste non résolue à ce jour.

 

 

[1] Le brief du Monde, 1er octobre 2020.

[3] Haut-Karabagh, en français.

[4] Idem.


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2 réactions à cet article    


  • vraidrapo 1er octobre 16:36

    1)

    Israél vend sa marchandise au prix fort :

    http://asbarez.com/197229/azerbaijani-cargo-planes-flying-in-and-out-of-israeli-airbase/

    2)

    Poutine attend que tout le monde soit exténué exsangue :

    Arméniens

    Azéris,

    Turcs

    pour revenir et faire son marché.

    Si la Turquie intervient directement, Poutine attendra une semaine en espérant que les arméniens courageusement affaiblissent un max, le mamamouchi d’Ankara.

    Les Russes ont l’habitude d’utiliser les Arméniens, en 1945 les 2 premiers régiments parachutistes qui ont sauté sur l’Allemagne, l’un de ces parachutistes est resté à Marseille.

    Cette petite Arménie a contribué pour 300,000 morts à la guerre contre la Nazisme avec 45 maréchaux et Généraux dans l’Armée rouge.

    Pendant ce temps, la Turquie neutre (après la branlée de 1918 rattrapée in extremis par Kémal )

    vendait son blé à l’armée allemande,

    éteignait l’éclairage pour permettre aux sous-marins allemands de franchir les détroits des Dardanelles pour bombarder Sébastopol, port militaire Soviétique,

    le 1er mars 1945, déclarait la guerre à l’Allemagne, 7 semaines avant le suicide de Hitler...

    Mais la Vertu ne paie pas ! Qui pense le contraire... Les Israéliens (cf ci-dessus !) ???


    • vraidrapo 1er octobre 20:31
      Deux journalistes du Monde blessés au Nagorny Karabagh

       à 20hr20 sur TF1

      https://www.armenews.com/spip.php?page=article&id_article=69130

      Plusieurs journalistes (dont une équipe de l’AFP, qui n’a pas été blessée) accompagnaient les autorités locales dans la ville de Martouni, pour interviewer la population et constaté les dégâts provoqués par les bombardements, quand la ville a été de nouveau bombardée. Les journalistes se sont alors dispersés.

      Selon le journaliste Régis Genté qui était sur place pour RFI/France 24, les journalistes étaient en train de constater les dégâts causés par un bombardement sur une maison quand ils ont entendu «  en l’espace d’une seconde une roquette  », «  l’attaque a duré à peu près une minute  », a-t-il raconté sur France 24.

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