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Accueil du site > Tribune Libre > Crise du semi-conducteur

Crise du semi-conducteur

 

À l'heure où l'on nous promet un avenir vert et technologique. Les événements récents ont permis de mettre en exergue certaines failles de l'industrie électronique. D'autres tendent même à interroger la soutenabilité d'une telle production.

 

D'avance, je souhaite m'excuser auprès de mes amis non-techniciens pour la courte introduction quelque peu abrupte qui va suivre. Mais il paraît essentiel d'exposer certains faits techniques afin de pouvoir bien appréhender la suite.

Ils sont partout, dans nos téléphones, nos ordinateurs, mais aussi dans les frigos, micro-ondes et aspirateurs. Il y en a des centaines dans les voitures et on en trouve même dans certaines ampoules. Certains l'auront deviné, je parle ici de cartes électroniques, mais plus particulièrement de semi-conducteurs, ou circuits intégrés. Ceux-ci sont des puces, des composants électroniques, plus ou moins complexes ayant des applications diverses.
Certains sont spécialisés dans la gestion de batteries, d'autres stockent des données binaires, d'autres gèrent le wifi, l'usb et même les processeurs tombent dans cette catégorie. Malgré leur diversité, ces composants ont un dénominateur commun, ce sont en réalité des cartes électroniques que l'on a miniaturisées dans des puces de quelques mm carré dans un souci d'économie d'espace.
Ces "cartes" que l'on trouve à l’intérieur des semi-conducteurs sont appelées wafer. Un wafer est trivialement une plaque de silicium dont on grave ses composants à l'aide d'UV.
Si un semi-conducteur est très complexe, qu'il nécessite beaucoup de composants mais que l'on souhaite conserver un encombrement limité, il va nous falloir jouer sur la taille des composants du wafer. Nous appelons ça la finesse de gravure, et au-delà de la contrainte d'espace, la miniaturisation des composants permet d'augmenter la vitesse de fonctionnement et de diminuer la consommation électrique.
Aujourd'hui, nous savons graver à 5 nanomètre (pour rappel, un brin d'adn = 2 nm, le virus du covid = de 20 à 200 nm ). Vous l'imaginez très certainement, graver à de telle dimension requiert des machines, des investissements et des process qui dépassent l'entendement. Par exemple, il n'existe qu'une seule société capable de produire les machines qui font de telles gravures, il s'agit des néerlandais ASML. Et seulement deux sociétés ont acquis leurs machines qui permettent la gravure à 5nm ( TSMC et Samsung ). 5nm reprèsente la pointe de la technologie. Il y a évidemment des process plus anciens mais toujours utilisés, allant de 7nm à plusieurs centaines de nanomètres pour des technologies vieilles de plus de 20 ans.

Maintenant que les bases techniques ont été posées, nous pouvons nous intéresser au vif du sujet, à savoir, comment arrivons nous à ce que l'on qualifie de crise du semi-conducteur ?

Il paraît pertinent d'aborder la crise dans un ordre chronologique, à commencer par le contexte pré-covid de cette industrie atypique.
Comme je l'ai laissé entendre en introduction, nous assistons à une surenchère du techno-capitalisme, ajoutant intelligence et complexité à chaque bien de consommation qui pourrait s'y prêter. Prenons l'exemple des écouteurs devenus sans fil. Là où un simple câble suffisait, il nous faut maintenant : un récepteur Bluetooth, un convertisseur numérique-analogique, un amplificateur, une batterie et enfin une puce qui gère la batterie. Sachant que cette circuiterie est nécessaire pour chaque écouteur. Les exemples de sur-technologies font foison. Il paraît salutaire de questionner la pertinence de ces initiatives. Particulièrement si il s'agit là de l'avenir vert et technologique que l'on nous promet, nous voyons l'aspect technologique, mais pas vraiment le côté vert..

Tous ces biens de consommation ordinaire maintenant truffés de technologies rendent donc les fabricants de ces biens dépendant aux "fabricants" de semi-conducteurs ( les guillemets sont importants ).
Pour citer les plus connus, nous trouvons Qualcomm, STMicroelectronics, Renesas, NXP, Texas Instrument et bien d'autres.
Étant donné la lourdeur des investissements nécessaires à l'établissement d'un "fab" ou "foundry" (les usines qui grave les wafers). La plupart des fabricants de semi-conducteurs sont en fait des concepteurs qui lèguent la production à des sociétés spécialisées. Les laissant eux même dépendant aux graveurs de wafers ou fondeurs.

Parmi ces fondeurs, il y en a un immanquable, le Taïwanais TSMC, un mastodonte de l'industrie qui représente 50% du marché du semi-conducteur, suivi de loin par Samsung (20%) et d'autres rendus quasiment négligeables du fait de l'hégémonie Taïwanaise. Nous noterons toutefois l’existence de SMIC, le graveur chinois, qui à défaut d'être le plus en pointe ou prolifique va revêtir une importance géopolitique non négligeable dans la description des événements à suivre. Ces événements feront de TSMC et SMIC, le centre de tensions géopolitiques sur fond de guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine. La guerre économique sino-américaine a rompu un accord tacite, qui était : des technologies, contre de la main-d’œuvre corvéable et peu chère.

Trump et l'intelligence américaine, craignant de perdre l'hégémonie technologique, se crispant sur la 5G, se lancent dans une guerre commerciale contre la Chine. Le grand public entendra principalement parler de Huawei, avec, entre autres l'interdiction pour ces derniers d'utiliser les services Google. Ce conflit atteint un niveau rocambolesque lorsque la directrice finnancier - mais aussi soeur du dirigeant - de huaweï est arrêtée au Canada à la demande des Etats-Unis. Ce qui entraînera en représailles l'arrestation de 2 ressortissants Canadiens en Chine. Derrière ces frasques se prend une décision qui va largement remettre en question le " technologies contre main d’œuvre". La mise sur liste noire de SMIC et l'utilisation de l'extra territorialité pour tenter d'empêcher les entreprises chinoises de commercer avec TSMC. Les entreprises occidentales sont donc largement incitées à abandonner SMIC au profit de TSMC, intensifiant ainsi la dominance de TSMC. Une autre manière de considérer ce dernier constat serait de dire qu'à cause de cette décision, encore plus de sociétés sont maintenant dépendantes de TSMC et du bon fonctionnement de ses usines.

C'est à peu près dans le même temps que le covid devient une crise mondiale.
Les usines automobile à l’arrêt pour des questions sanitaires, et, les logiques de flux tendus les rendant incapables de gérer du stock. Les constructeurs auto ( grands consommateurs de semi-conducteurs ) décommandent en panique les semi-conducteurs à produire. Couplé à une demande exceptionnelle en biens informatiques du fait du télétravail, les lignes de production sont redirigées pour absorber la demande.
Les constructeurs auto ayant failli à prédire la courte reprise de l'été 2020, se trouvent contraints à laisser leurs usines fermées, faute de semi-conducteur. La réorganisation d'une ligne de production de semi-conducteurs pouvant prendre plusieurs mois. Les constructeurs auto auront loupé le coche de cette première accalmie. Un exemple traumatisant pour les industries électroniques.
Ce traumatisme explique les comportements que l'on observe depuis début 2021. Déterminés à ne pas connaître le même sort que les constructeurs auto, nous assistons à une vague de "panic buying". Un comportement que l'on pourrait comparer à l'engouement que l'on a connu pour le papier toilette lors du premier confinement. Chacun cherche à faire du stock pour rattraper le ralentissement et se prévenir d'une future pénurie. Ils créent justement la pénurie par ce type de comportement.
Et nous assistons à une situation sans précédent, là où un composant coûtait 2€ pièce et disponible en très grande quantité ( des dizaines voire centaines de milliers ), aujourd'hui il faut débourser 60€ pièce pour une disponibilité réduite à quelques centaines voire milliers d'unités. La situation est rendue encore plus apocalyptique de par les délais d'usines annoncés, là où autrefois ces délais étaient de 8 semaines pour les best-sellers, nous tablons plutôt aujourd'hui sur du 52 semaines ou plus (1 an). Les rares stocks étant préemptés par les multinationales ou autres grandes entreprises, nombre de sociétés plus modestes se trouvent en famine, une famine annoncée pour durer longtemps (certains parlent de 2023). La situation est telle que certains redessinent leurs systèmes pour y mettre des puces ayant une meilleure disponibilité. D'autres ne rechignent pas à accepter des contrefaçons fonctionnelles.

Et malgré une relative accalmie de la crise du Covid, nous connaissons toujours des perturbations de la chaîne de production. En cause, des évènements tout aussi incontrôlables qu'une pandémie mondiale. Début 2021, une violente tempête de neige met à mal le réseau électrique Texan. La production de semi-conducteurs étant énergivore, Samsung est contraint de mettre à l’arrêt son usine texane pour une semaine. Cela pourrait paraître relativement anodin ; cependant, cette coupure dans la production signifie des pertes colossales. Les semi-conducteurs sont produits par lots de plusieurs dizaines de milliers au cours de process durant 2 à 3 mois, et, une coupure électrique, même si prévue et contrôlée, signifie la mort des lots en cours de production. Car la production nécessite un environnement strictement contrôlé ( température, poussières, humidité ..), choses que l'on ne peut assurer sans électricité.
De l’autre côté du globe, à Taïwan, là où siège TSMC, un autre désastre écologique plane sur la production. Cette fois-ci diamétralement opposée à la situation Texane, une grave pénurie d'eau frappe le pays.

Pour une production de 40.000 wafer par mois, il est nécessaire de consommer quotidiennement l'équivalent de la consommation annuelle d'une ville de 60.000 habitants

Cette dernière citation suffit à résumer l'ampleur de la crise ; Taïwan connaît pour la deuxième année consécutive une saison des typhons.. sans typhon. Et alors que le niveau des nappes phréatiques atteint un niveau critique, le gouvernement rationne ses populations et promet de ne pas perturber la production de semi-conducteurs. TSMC fait venir de l'eau en camion depuis le sud du pays pour assurer la production. Les pressions internationales sont telles qu'il était difficile pour les gouvernants de privilégier la population sur la production électronique. Car au-delà des biens de consommation grand public, l’armement moderne est aussi rendu dépendant de ces puces. Mais nous admettrons que la crispation est d'abord d'ordre économique.
Enfin, vérifiant la loi de Murphy, un incendie frappe une usine de renesas au Japon ( un gros producteur de semi-conducteur à destination de l'industrie automobile). Un incendie tout à fait accidentel s'est déclaré à cause d'une surcharge dans le réseau électrique.
Et nous atteignons le nœud du problème, cette industrie est trop peu résiliente, trop gourmande en ressource. Il est raisonnable de craindre pour la soutenabilité de cette industrie si l'on voit le changement climatique s'aggraver. Aussi la hausse soutenue de la demande en semi-conducteurs, et la raréfaction des acteurs capables d'en produire suffisent à interroger la santé de cette industrie.
Comprenant l'aspect vital de cette industrie pour leur économies ; les dirigeants occidentaux annoncent chacun la création de fab sur leur territoire afin de sécuriser l’approvisionnement en semi-conducteurs.
D'une part les américains investissent 52 Mds$, l'Union européenne se montre ambitieuse en allouant 160Mds$ dans la production de semi-conducteurs. Français et Allemands semblent se mettre d'accord pour financer une usine Intel en Allemagne. Encore une fois les français loupent le coche avec STMicroelectronic, le champion français du semi-conducteur. Malgré son retard sur les dernières technologies, cette usine aurait pu être l'occasion de combler le retard.

Avant tout, nous devons interroger la pertinence de ces relocalisations. Nous baignons déjà dans un monde hyper-connecté, augmenter la production dans de telles proportions nous pousse à nous demander ce que nous allons faire de toutes ces nouvelles puces ? Que nous apportent-elles vraiment ? Les confinements ont su rappeler aux citadins l’intérêt et les bienfaits de la campagne. Cette crise est aussi l'occasion d'interroger notre mode de consommation et notre rapport aux technologies. Cette crise semble démontrer la fragilité de cette industrie, et, par extension, du techno-capitalisme. Enfin, il paraît assez illusoire d'espérer un avenir vert et hyper-technologique tellement les deux sont incompatibles. Particulièrement au vue des probables catastrophes qui pourrait nous attendre.

 

sources

Taïwan sécheresse :

https://technoguide.fr/2021/03/18/tsmc-signe-un-accord-pour-plus-de-100-camions-citernes-alors-que-la-secheresse-a-taiwan-devrait-saggraver/

https://www.reuters.com/article/us-taiwan-drought-semiconductors-idUSKBN2AO0G3

-https://www.reuters.com/world/asia-pacific/taiwan-lifts-toughest-water-curbs-rain-eases-drought-2021-06-06/

tempête au texas :

https://www.eetimes.com/chipmakers-halt-production-in-texas-after-power-outages/

https://eu.statesman.com/story/business/2021/03/12/nxp-could-lose-100-million-due-weather-shutdown-austin-plants/4664621001/

https://www.bloomberg.com/news/articles/2021-02-17/texas-power-failure-shuts-chip-factories-squeezes-tight-supply

chaîne en tension :

https://www.businessinsider.fr/us/chip-shortage-car-companies-automakers-61-billion-loss-2021-1

https://edition.cnn.com/2021/01/11/tech/ford-plant-shutdown-computer-chip-shortage/index.html

https://www.gamesradar.com/ps5-and-xbox-series-x-shortage-explained-why-its-so-hard-to-find-a-console/

guerre économique sino-americaine :

https://www.reuters.com/article/taiwan-tech-idUSKCN26F0JS

https://techwireasia.com/2020/09/the-us-could-ban-chinas-biggest-chipmaker-next/

https://www.reuters.com/article/us-china-canada-trial-idUSKBN2B400Q

consommation d'eau fabrication wafers :

https://www.sustainalytics.com/esg-blog/world-water-day-water-use-semiconductor-industry/

https://www.chinawaterrisk.org/resources/analysis-reviews/8-things-you-should-know-about-water-and-semiconductors/

https://spectrum.ieee.org/podcast/semiconductors/design/semicondutor-manufacturing-plants-can-use-as-much-water-as-a-small-city

partage du marché des wafers :

https://www.counterpointresearch.com/mega-wave-capex-cycle-logic-semiconductor-industry/

ASML :

https://www.forbes.com/sites/linleygwennap/2020/10/12/apple-moores-law-is-running-out/?sh=71ef60e6529a

d'autres articles :

https://www.eetimes.com/coronavirus-tests-techs-supply-chain-resilience/

https://www.eetimes.com/electronics-supply-chains-splitting-between-china-and-u-s/

https://www.eetimes.com/supply-chain-poised-for-coronavirus-disruption/

https://www.eetimes.com/lessons-learned-covid-19-impact-on-the-dod-supply-chain/

https://www.bloomberg.com/graphics/2021-semiconductors-chips-shortage/

https://www.cnbc.com/2021/03/16/2-charts-show-how-much-the-world-depends-on-taiwan-for-semiconductors.html


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36 réactions à cet article    


  • Jeekes Jeekes 13 juillet 15:18

    ’’aujourd’hui il faut débourser 60€ pièce’’

     

    Et ça pèse quoi dans un smart-merde vendu bien plus de 1000 boules ?

    Que tous les z’abrutis veulent absolument s’offrir.

     

    Et même que si demain il passe à 2000 balles, ces cons feront toujours la queue pour se les payer. Quitte à ne bouffer que McDo !

     

     


    • Yaurrick Yaurrick 13 juillet 18:30

      @Jeekes
      Chacun est libre d’acheter un « smart-merde » à + de 1000€ s’il le désire, ça ne regarde personne d’autre que soi-même.


    • Jeekes Jeekes 13 juillet 19:18

      @Yaurrick
       
      Mais oui, bien sûr.
      D’aileurs j’suis sûr que toi t’as une rolex... 
       
      Et ben sois content, si tu te branles avec devant ta glace, ça m’en frôle une sans faire bouger l’autre.
       
      Tu vois comme je suis compréhensif ?
       

       


    • babelouest babelouest 13 juillet 20:19

      @Jeekes n’a pas compris que si UNE pièce augmente de prix ainsi, les autres pièces électroniques vont aussi s’envoler, ce qui risque de tripler les coûts des portables. Mais pour qui suit les composants d’un ordinateur par exemple, on remarque que ces composants sont souvent en rupture de stock, pour la plupart. Ne sont disponibles, pour l’essentiel, que des pièces plus anciennes dont il reste encore des lots chez les grossistes.
      .
      Il faut dire qu’en vertu de la politique de l’Internet des Objets, depuis environ 2010 des puces sont placées dans tous les appareils électriques, des énormes frigos à l’américaine aux brosses à dents. Quant aux voitures, elles embarquent de véritables ordinateurs bien plus puissants que les mainframes des années 70-80, ceux qui remplissaient des pièces entières, et qui étaient servis par des armées d’esclaves.


    • Yaurrick Yaurrick 13 juillet 21:35

      @Jeekes
      Je n’ai pas de Rolex pas plus que je n’ai de smartphone à 1000€.... Mais je ne manque pas de respect à ceux qui en ont.
      Mais stop le HS : comme babelouest l’a fait remarquer, c’est toute le chaine de production des semi-conducteurs et composants électroniques qui a pris de plein fouet les conséquences de la pandémie.
      Et particulièrement les fondeurs, qui ont continué et continuent toujours de faire tourner leur chaines à 100%, pendant que certains clients (notamment l’automobile) ont reporté ou annulé leurs commandes, et qui maintenant sont en peine de pouvoir se fournir.
      Pourquoi ? Parce que dans le cas des fondeurs, l’investissement pour une usine est colossal (il me semble que ça tourne autour de 10 milliards d’euros), et que les procédés de gravure évoluent sans cesse (TSMC est le seul à graver sous 7nm à grande échelle), ce qui fait qu’il n’y a que quelques acteurs qui puissent se permettre ce genre de choses.
      On pourrait se dire qu’il suffit de passer sur une techno plus ancienne, moins fine.... sauf que c’est extrêmement compliqué sans re concevoir les puces, et que l’on perd en efficience et en performances.


    • xana 13 juillet 18:27

      Vivement que la Chine annexe réellement Taiwan...


      • babelouest babelouest 13 juillet 18:57

        @xana officiellement Taiwan fait toujours partie de la Chine, c’est un peu comme si la Corse faisait sécession (on remarquera qu’elle ne s’y risque pas). Ce sont les anglo-saxons qui ont décidé de ne reconnaître que Taiwan, comme ils l’ont fait aussi pour cette aberration qu’est le Kosovo....
        .
        Particularité : les Taiwanais devraient alors réapprendre leur langue, parce qu’ils en sont toujours au vieux langage mandarin, extrêmement compliqué, alors que la Chine continentale a simplifié grandement sa langue.


      • V_Parlier V_Parlier 13 juillet 21:15

        @xana
        Et vivement que les traitres qui nous gouvernent depuis 35 ans (voire plus) se fassent à leur tour remplacer par des chinois. Eux aussi ils sont payés trop cher dans une économie ouverte. (Ce n’est pas sur la Chine elle même que je tape ici. Les pays agissent normalement selon leurs propres intérêts. Et les pigeons n’ont qu’à s’en prendre qu’à eux mêmes).


      • V_Parlier V_Parlier 13 juillet 21:12

        Je connais bien la situation décrite bien factuellement dans l’article (travaillant dans ce domaine). Mais pour ce qui est de la relocalisation, nos politiques nous jouent un spectacle de grand guignol après 35 ans de délocalisations massives et indiscutables, allant de la production au développement même. C’est bien trop tard, on a perdu le savoir faire (et sans protectionnnisme ce ne sera que du dumping à fonds perdus pour quelques pistonnés). Les plans dits « de sauvagarde de l’emploi » se succèdent dans les filiales françaises des multinationales, au point que maintenant la pénurie de semi-conducteurs m’en touche une sans faire bouger l’autre. Je dirais même que c’est bien mérité : Ils se casseront la gueule avec nous, la fameuse « high cost manpower » si « has-been » à virer par plans successifs. Que tout se casse donc la gueule. D’ailleurs c’est probablement ce que prévoient les globalistes, recourant à la covidofolie pour trouver un prétexte au désastre.


        • eau-pression eau-pression 13 juillet 21:39

          Merci pour cet article. Je ne pensais pas que la folie humaine permette ce niveau de concentration dans la production de ces constituants de base de nos outils modernes.

          Je m’en vais méditer sur cette information.

          Pour info, au début des années 1980, je me demandais pourquoi les technologies CMOS (de Fairchild, RCA ou autre, je ne me souviens plus) qui donnaient satisfaction sur des satellites en orbite, et qui ne consommaient quasiment rien par rapport à leur concurrentes du moment à peine plus rapides, étaient mises au rebut. Et au début des années 1990, quand les fondeurs annoncèrent des millions de transistors sur une puce, la balle partit dans le camp des concepteurs de systèmes qui ne savaient que faire de cette abondance.


          • Antoine Querat 14 juillet 10:21

            @eau-pression
            Merci, c’est une première pour moi et je suis plutôt content du résultat.

            Le point que vous soulevez est très intéressant, je réfléchissais à en faire mon deuxième article. Nous assistons aujourd’hui à un véritable gaspillage de la ressource de calcul. Je ne crois pas que les concepteurs ne savent quoi faire de la puissance maintenant disponible.
            Ce qui est sure, c’est que ces nouvelles capacité donne beaucoup de souplesse au développement. Là où il y a 20-30 ans, les ingénieurs devaient soigneusement optimiser leurs systèmes pour qu’ils soient fonctionnel ; Aujourd’hui nous avons accès à de telle puissances de calculs, à des puces tellement intégrées et robustes que les temps de développements ont pu être considérablement réduit. Rendant les bureaux d’études plus rentable, mais accélérant le nombre de produits qui en sort. C’est ainsi que l’on se retrouve submergé de produits dit « smart ».

            Ces souplesses ont ouvert la porte à des pratiques développement flemmarde où l’on ne tente même plus d’optimiser quoique ce soit tant la ressource en calcul est abondante. Et c’est pour ça que l’on se retrouve avec des modules de volet roulant capable d’exécuter Windows 98. Fut un temps cette puissance permettait aux scientifiques d’avancer, aujourd’hui elle sert à monter ou descendre un seul volet roulant. Peut être est-ce là la route du progrès, mais je ne peu cacher mon scepticisme


          • mmbbb 14 juillet 11:22

            @eau-pression Le concepteur de la puce Kalray , un francais doit faire fondre sa " puce à Singapour . Michel Barnier président de la commisison européenne apres la crise de Taiwan a pris conscience de notre dépendance . 
            Mais il est évident que nous sommes devenus dépendant , et esclave . Un autre domaine , les médicaments par exemple , il y a déjà eu des problèmes .
            Lors de la crise du COVID , nous n avions pas de masques ! 


          • mmbbb 14 juillet 11:39

            @Antoine Querat j ai apprécie votre article . Il est vrai que l on veut mettre des puces dans tous les objets et la 5 G sera tres gourmande puisque nous passerons à l ere de l objet connecté 
            Quant a votre remarque sur la HI Fi , c est aussi une nouvelle tendance et les fabricants doivent s adapter au marche 
            J ai ecoute les nouvelles enceintes Deviallet et lu les critiques de son amplificateur dont la propagande marketing le qualifiait de meilleur ampli du monde et des enceintes LInn , d orrigine anglaise dont le parti pris est l electronique a outrance .
            J ecoute du jazz et du classique . Le prix de ces bestioles est éléve mais l ecoute ne m a pas convaincu . Quant au meilleur ampli du monde, un acquereur lyonnais s est fait avoir et pourtant le magasin est un magasin de HI FI dont les vendeurs se targuent d etre des specialistes Il ne l ecoute plus , un son a mille lieu du concert
            L electronique les puces ne font pas tout , et il evident que dans certains domaines elles n apportent rien . Les audiophiles Japonais qui sont des fous furieux utilisent des amplis à lampes ! 
            Quant aux objets connectes est ce bien utiles qu un frigo vous dise qu il est vide .

             


          • eau-pression eau-pression 14 juillet 11:51

            @Antoine Querat

            Pour illustrer votre expression « pratiques développement flemmardes », 
            vous avez l’exemple du calcul d’une image de synthèse. Je vous parle de la question à la fin des années 1980 ; avec les puissances de calcul de l’époque (vitesse, densité de jonctions) il fallait une architecture spécialisée pour cette fonction. On a vu les gens fascinés par la solution « bestiale » du Z-buffer (vaguement améliorée en A-buffer pour permettre un niveau de transparence), alors qu’on exploitait 10 ou 100 fois mieux la ressource électronique en se remuant un peu les méniges.

            Qu’est-ce qui fait que ces techniques « béton » triomphent ? A mon avis, c’est le régime managérial sous lequel nous oeuvrons, avec des décideurs qui favorisent la solution technique la plus prévisible.

            Puisque vous débutez sur un site où circulent les doutes, en voici un concernant les ordiphones. Ils sont d’après ce qu’on m’a dit conçus par des équipes indépendantes, chacune son module, de sorte que très peu de gens en ont une vue d’ensemble. De sorte aussi qu’« on » peut imposer d’y placer un module espion indétectable par logiciel. J’ai lu qu’un engin totalement « ouvert » (matériel et logiciel) avait été conçu, mais il serait hors de prix.


          • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 14 juillet 11:52

            @mmbbb
            Oui , ampli tout lampe . Les guitaristes préfèrent mis à part les jazzeux pour du transistor ( les excellents Roland ) .


          • eau-pression eau-pression 14 juillet 12:02

            @mmbbb

            je me méfie comme de la peste eds discours des Barnier et Le Maire.

            Combien de centimes d’euros pas voiture a-t-on gagné à concentrer sur une ou deux usines dans le monde la fabrication de composants, quand les fonctions qu’ils remplissent dans le véhicule étaient réalisables avec les composants qu’on fariquait partout dans les années 90 ?


          • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 14 juillet 12:16

            @eau-pression
            Barnier for président ! Ça suffit plus de se tirer des balles dans le pied au niveau européen , choisissons avec lui la balle dans la tête !


          • mmbbb 14 juillet 13:42

            @eau-pression  Je dis cela par ironie mais le plus est le cas des médicaments .
            Quant aux puces , il est aussi évident qu elles servent à gadgétiser notre vie .


          • rhea 1481971 14 juillet 18:51

            @Antoine Querat
            Seul la machine de Turing pouvait faire tous les calculs ; elle fonctionnait
            en base 5 alors que toute l’informatique de nos jours fonctionne en base
            binaire.


          • JC_Lavau JC_Lavau 13 juillet 21:46

            Il est faux qu’un « réchauffement climatique » entraîne moins de pluies. Juste le contraire.

            Quoi que serine la propagande aux nuls.


            • Antoine Querat 14 juillet 10:27

              @JC_Lavau
              Je crois qu’il est hasardeux de prétendre que le réchauffement climatique provoque l’un ou l’autre. Il me semble que le consensus est de dire que les événements météorologiques extrêmes vont se multiplier.
              Et l’on constate justement que l’industrie du semi-conducteur est peu résilientes a ces événements, qu’ils soient froid et humide ou chaud et sec.


            • mmbbb 14 juillet 11:16

              @JC_Lavau la preuve Taiwan qui est dans une zone humide n a pas de flotte , nous le mois de juillet semble être la mousson ! 


            • JC_Lavau JC_Lavau 14 juillet 13:31

              @Antoine Querat. Le con-sang-suce, cela s’achète, avec aussi nombre de menaces à la clé contre les rares incorruptibles.

              Ces ruses pour compromettre des milliers de scientifiques naïfs

              ...

              Maître Panisse t’a vendu le Pitalugue, et tu admires ta perspicacité...

              ...


            • mmbbb 14 juillet 13:44

              @JC_Lavau Je croyais que c etait les pluies acides ! 


            • Popov Popov 14 juillet 12:26

              Super article merci beaucoup ! Je comprends mieux la pénurie des semi-conducteurs. Il y avait aussi une inondation dans la seule des (2 ?) usines qui produisaient de la mémoire SSD (clés USB) en 2017 ? et on avait eu une pénurie de ce coté la. Qui dit résilience dit réparation, miniaturisation (je dirais même nano-miniaturisation) non seulement des processeurs mais de toutes les cartes électroniques impliquent l’obsolescence et la consommation. il faudrait si c’est possible pouvoir re-grossir et changer les composants qui tombent le plus facilement... c’est plus facile de réparer une machine des années 80 que des années 2020 pour la même fonctionnalité, il est ou le progrès ? très bien vu les écouteurs c’est emblématique de ce problème. On ne répare plus : on change et on jette, il faut changer de paradigme.


              • Antoine Querat 14 juillet 15:36

                @Popov
                Merci !

                Je ne suis pas trop informé de la pénurie de 2017, en revanche, en 2011 aussi, le tsunami qui avait causé la catastrophe de Fukushima avait largement impacté la production de mémoire NAND et DRAM ( respectivement la mémoire flash/SSD et la RAM ). sachant que le Japon représente une part très importante de ces productions, respectivement 35 et 13 % de la production mondiale de l’époque.
                https://www.computerworld.com/article/2506919/memory-chip-prices-surge-in-aftermath-of-japan-s-quake.html

                en plus de ça, une inondation frappait aussi en 2011 la Thaïlande, impactant la production de disque dur
                -> https://www.theguardian.com/technology/2011/oct/25/thailand-floods-hard-drive-shortage
                Encore un autres point à prendre en compte : le piratage en 2018 d’une usine TSMC
                -> https://www.reuters.com/article/taiwan-tsmc-virus-idINKBN1KR0B9
                et d’après les expert en sécurité TeamT5, ces attaques ce multiplie

                Taiwanese cyber security firm TeamT5 has observed a steady increase in attacks on the island’s chip industry corresponding to the tightening of U.S. export controls on China

                ->https://teamt5.org/en/posts/stormmedia-bloomberg-the-world-is-dangerously-dependent-on-taiwan-for-semiconductors/

                Nous nous sommes relevé de tout ça, et il y a de bonne chance pour qu’on se relève de cette nouvelle crise, mais, combien de temps cela durera t il ?

                le second point que vous soulevez pourrait être le sujet de mon prochain article, à savoir l’électronique low-tech. C’est en apparence un oxymore, mais il faut, à mon sens commencé à réfléchir à des alternatives d’électroniques, durables, réparables, évolutives, et surtout sobres. Revenir à des choses surtout fonctionnelles et en finir avec les fioritures.
                Connaissant l’industrie, il y a peu de chance pour que le paradigme change de ce coté la.
                Car c’est la seul solutions pour les capitaliste de faire selon eux du vert et de la croissance.


              • Popov Popov 14 juillet 22:30

                @Antoine Querat
                oui vous avez raison pénurie mondiale de disque dur, c’était en 2011 due aux inondations en Thaïlande (40% de la production de disque dur ! et non pas SSD non pas 2017 désolé)


              • Mellipheme Mellipheme 14 juillet 12:49

                Excellent article, bien documenté.

                Juste un point concernant les velléités de « relocalisation » en Europe. STMicroelectronics n’est pas volontaire pour devenir un TSMC européen soutenu par de l’argent public. La stratégie de STM est de développer leurs propres produits, pas de fondre pour autrui.

                Être fondeur/graveur pour des concepteurs américains fait peut-être du sens pour un taïwanais ou un chinois (avec les difficultés que vous signalez), mais n’a aucun avenir pour un européen.


                • Antoine Querat 14 juillet 14:54

                  @Mellipheme
                  Merci, la rédaction de cet article fut un exercice tout à fait plaisant.
                  Le point que vous soulevez est tout à fait pertinent.
                  Effectivement, à ma connaissance ST ne semble pas en prendre la direction d’un fondeur, à vrai dire le point ici était plus de mettre en lumière le manque de protectionnisme européen.
                  Mais comme vous le rappelez très justement, les contraintes économiques de la zone rendent ce type industrie difficilement viable en Europe.


                • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 14 juillet 13:36

                  En ce moment il y a une pub pour un barbeuc connecté...Tain ...


                  • Antoine Querat 14 juillet 15:42

                    @Aita Pea Pea
                    Je garde l’espoir que beaucoup de gens soit surpris voir choqué par ces initiatives.
                    C’est au final assez prévisible quant on comprends un peu le système capitaliste.
                    Je compatis à votre désarroi


                  • Nicolas36 14 juillet 17:47

                    @Antoine Querat. 

                    Les origines de la crise concernant les composants électroniques en général sont antérieurs à ce qui est décrit dans l’article. Un situation de pénurie des composants était annoncée dans les industries utilisatrices déjà en début 2018. 

                    Les industriels gros utilisateurs ont passés des commandes prévisionnelles massives auprès des fabricants et cela a contribué à assécher la marché artificiellement. 

                    Tout les utilisateurs ont cherchés à couvrir 6 moins voir 12 mois de consommation par des stocks et des commandes fermes. 

                    Le problème vient effectivement à la base de la forte croissance régulière de la demande de composants électroniques face à un déficit d’investissements car la filière avait des marges trop faibles. 

                    La réalité était que les producteurs souhaitaient augmenter leurs marges et que la concentration industrielle par obligation de rentabilité à entrainé un freinage de la production. 

                    D’ou la pénurie déjà annoncée début 2018. La panique de sur stockage général à fait le reste.

                    Les élucubrations de Trump et plus tard la pandémie ont contribué à retarder les décisions d’investissements qui font défaut actuellement. 

                    Toute l’histoire vient d’une question classique de coup d’accordéon consécutif à la concurrence sauvage et la baisse des prix. 

                    Le Covid à plutôt retardé le choc car la demande s’est ralentie globalement pendant bien 18 Mois. 

                    Les ruptures auraient déjà du être catastrophiques fin 2019. Le Covid a brouillé les carters sans plus. 

                    Cela devait arriver. C’est le marché qui crée ce type de régulation violente. 


                    • Antoine Querat 14 juillet 18:39

                      @Nicolas36
                      Merci pour votre contribution !
                      Effectivement il me semble que le marché était déjà tendu, mais je n’étais pas au fait de ces prévisions, ni du comportement des industriels en réaction à ces prévisions. (et aucun de mes pairs non plus !!).
                      Je suis preneur si vous avez des sources concernant ces prévisions à me partager, cela pourrait m’aider dans l’optique d’amender l’article.
                      Les mécanismes que vous décrivez paraissent tout à fait crédibles et typique de nos sociétés capitalistes.
                      Pour la question du covid, qui a certes mis en pause l’industrie l’instant de quelques mois, j’ai le sentiment qu’il à fortement contribué à ce que « l’accordéon » se replie violemment à l’orée des premiers signes de « reprises » ou « normalisations ».
                      Et je vous rejoins, cette crise était très certainement vouée à éclater.


                    • ETTORE ETTORE 16 juillet 13:14

                      Juste pour rebondir sur la pléthore gadgétisé....

                      Ai essayé la nouvelle Peugeot .... A la limite , il vous faut un copilote.

                      Fonctions à foison, modalités de conduite incrémentées et digitalisées...

                      Bref, c’est ...Soit vous roulez, soit, vous faites joujou avec des « systèmes » sois disant placés dans le champ visuel ( idéal avec un strabisme divergeant).

                      Mais bon, chez les autres....Pas mieux, c’est ce que « veulent les gens » paraît il .

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