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Accueil du site > Tribune Libre > Critique culturelle du RIC

Critique culturelle du RIC

Bonjour, ceci est mon dernier article en critique du RIC. Et il va être question aujourd'hui des raisons qui font que même si 80% des gens se disent favorables à son instauration, concrètement lorsqu'il s'agit de voter pour des représentants qui peuvent réellement changer les choses, eh bien le RIC passe à la trappe.

Bon, combien de gros partis politiques ont-ils réellement mis le RIC dans leur programme, c'est une question pas évidente à laquelle seul un spécialiste tel Yvan Bachaud pourrait répondre. D'autant plus que les gros partis, même s'ils mettent le RIC dans leur programme, ils l'oublient dès qu'ils arrivent à l'Assemblée Nationale. Une autre solution est de faire des propositions dans ce sens à l'Assemblée, en sachant très bien qu'elles seront refusées, mais cela donne bonne conscience et manipule l'électorat.

Mais oublions un peu les gros partis et intéressons-nous à l'individu. Bon, déjà c'est clair que l'individu est soumis au bombardement incessant des armes d’abrutissement massif que sont la télévision et la radio subventionnées. Et ce bombardement n'est pas en faveur du RIC, c'est vrai.

Mais après tout même si la télé disait que le RIC c'est bien, l'individu en serait-il convaincu ? Je pense que non. Déjà, le fait que les médias de masse et la classe politique soient sur une ligne ne signifie pas forcément que le peuple soit sur la même, on l'a vu en 2005.

Mais surtout, qu'est-ce qui fait que l'individu a des doutes sur le RIC ? D'un côté la logique lui dit qu'il faut instaurer un contre-pouvoir à l'arbitraire présidentiel, et que le RIC pourrait être bien pour ça. Mais d'un autre côté, déjà, la même logique lui dit que ça ne sert à rien d'élire un Président si c'est pour lui mettre des bâtons dans les roues après.

La constitution doit rester claire. Elle peut sembler injuste parfois, arbitraire certainement, mais elle doit rester claire. Car le manque de clarté laisse trop de place aux intrigues de pouvoir et étouffe le développement du pays. La France en sait quelque chose, car la loi salique — loi très claire s'il en est — a joué un rôle important dans l'histoire lointaine du pays.

Et là soyons très clairs : ce n'est pas la loi salique en elle-même qui a aidé le jeune royaume à se développer. C'est le fait que, EN COMPARAISON AVEC LES ROYAUMES VOISINS, ce système de désignation du chef laissait peu de place aux intrigues de pouvoir et obligeait donc les élites à développer le pays si elles voulaient se développer elles-même.

Et là, que fait le RIC ? Il étouffe le pouvoir présidentiel. Donc les groupes d'influence vont s'en donner à cœur joie de passer par la case la plus haute pour défendre leurs intérêts, plutôt que de développer le pays.

Vous trouvez que j'exagère lorsque je dis que le RIC étouffe le pouvoir présidentiel ? Eh bien considérez que c'est peut-être exagéré mais dans l'âme du peuple c'est plutôt comme ça. S'il y a deux pouvoirs, l'esprit de contradiction français veut savoir lequel des deux est le plus fort.

Ce n'est pas le cas en Suisse. Car en Suisse, si deux pouvoirs sont en présence, ça ne sert peut-être à rien de les confronter : ils ne parlent peut-être pas la même langue.

*

On pourrait s'arrêter là, mais ce serait faire l'impasse sur les Lumières françaises, et l'esprit de modération d'un Montesquieu, qui tout modéré qu'il est pourrait élever quelque protestation quant-au manque de considération de son idée dans mon exposé.

Il faut tout de même un contre-pouvoir face à l'arbitraire.

Mais sur qui s'exerce le pouvoir ? Sur le peuple. Donc le peuple doit avoir des représentants pour s'opposer à l'arbitraire du pouvoir, qu'il soit monarchique ou présidentiel. Malheureusement dans les deux cas il est absolu en France.

Pourquoi est-il devenu absolu ? Parce que le peuple français n'a pas réussi à trouver un équilibre stable entre pouvoir exécutif et législatif. Il a trouvé récemment une solution, un compromis, qui semblait le satisfaire, ou pour être plus précis qui le satisfait après coup : la cohabitation.

Et qu'on ne me parle pas du Sénat, qui va peut-être se refaire une virginité politique au détour de l'affaire Benalla, mais on reste dans l'apparence. D'autre part, les sénateurs représentent les collectivités locales. Et les collectivités locales, c'est pas les français. Ce sont des collectivités qui ont leurs besoins et leurs contraintes propres. Et surtout, la relation de représentation n'est pas transitive. Si Pierre représente Jacques, et Jacques représente Paul, on ne peut pas forcément dire que Pierre représente Paul.

Enfin, à l'origine de la Vème, c'est le Sénat qui désignait le Président de la République, mais le peuple a voulu qu'il en soit autrement par référendum.

Or, du fait de l'inversion du calendrier rendue possible encore par référendum, et par l'action perfide de Jacques Chirac il est clair que l'Assemblée Nationale va rester dans la main du Président.

La seule solution, je le répète sans cesse, est de simplifier drastiquement l'élection des députés. Les faire élire par 577 grands électeurs tirés au sort sur les listes électorales. Ainsi les députés seront plus proches de leurs électeurs car ils leur doivent tout.

 


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38 réactions à cet article    


  • zendragon zendragon 21 février 11:04

    Actuellement nous sommes dans la situation où tous les électeurs d’une circonscription peuvent participer à l’élection d’un seul député sur 577.

    Et ce que vous proposez permettra à 577 électeurs de sélectionner les 577 députés ?

    Des dizaines de millions d’électeurs ne participent donc pas du tout à la sélection des députés (même pas pour 1 seul député sur les 577), c’est bien ça ?


    • beo111 beo111 22 février 05:19

      @zendragon

      Tout-à-fait.

      Il faut bien se rendre compte de la situation dérisoire dans laquelle se trouve le peuple français : il est ligoté politiquement. Le seul moment où les millions de mains peuvent essayer de se dégager un peu collectivement ce sont les élections législatives car les simples citoyens élisent leurs représentants qui vont voter les lois, c’est pas rien.

      Le problème c’est que d’une part la liberté de mouvement même à ce moment est très limitée, puisque les électeurs doivent voter parmi une liste de candidats prédéfinie par l’État, qui rejette à tort de nombreuses candidatures citoyennes pour des raisons de moyens. Moyens des tout petits candidats, qui sont trop faibles pour avoir une chance d’être élus, mais aussi moyens des préfectures et collectivités locales qui seraient incapables d’assurer la bonne organisation d’une élection avec 1000 candidats.

      Et d’autre part, disons le clairement, le problème quand on est ligotés à plusieurs, c’est que les mouvements des uns entravent les mouvements des autres. Chacun essaye de se désengager des liens pour être représenté à l’Assemblée Nationale, mais les manœuvres des uns embrouillent les manœuvres des autres, pire, elles resserrent globalement la corde de l’impuissance politique pour tous.

      La seule solution raisonnable qui a été évoquée jusqu’à présent et qui résiste à la critique tient dans le lâcher-prise des plus nombreux au profit de la liberté d’action accrue de 577 français tirés au sort.


    • zendragon zendragon 22 février 10:30

      @beo111
      Ah ça c’est sûr, pour être ligotés, nous le sommes bel et bien !
       
      Donc je suis censée ne plus me sentir ligotée parce que la pire des sous-merdes peut être choisie comme député par la décision toute puissante d’un seul électeur ?
      Alors que je ne pourrai même pas apporter une seule petite voix à une personne honnête et compétente qui se présente dans ma circonscription...


    • beo111 beo111 23 février 07:38

      @zendragon

      C’est le système actuel qui envoie des sous-merdes à l’Assemblée Nationale, ces gens là sont corrompus avant même d’être élus puisqu’ils ont des ascenseurs à renvoyer à ceux qui ont financé leur campagne. Je ne parle même pas des députés de la république bananière en marche qui ont signé un document les engageant à voter toute mesure décidée par le gouvernement.

      Au contraire, un grand électeur votant publiquement (forcément, pour que le scrutin soit vérifiable), il est forcément responsabilisé, et c’est cette responsabilité qui va le dissuader d’envoyer un crétin à l’Assemblée, dans la plupart des cas.

      Alors maintenant si on parle de votre personne honnête et compétente, eh ben vu qu’elle est honnête en général elle ne se présentera pas aux élections législatives actuelles. Mais même si elle le faisait elle n’aurait vraisemblablement aucune chance, faute de moyens. Donc je comprends que ça vous donnerait bonne conscience de lui apporter votre voix, mais ça ne change pas grand chose. Et on se réveille, hein, les législatives c’est pour élire des représentants, pas pour se donner bonne conscience.

      Alors que le grand électeur, lui, n’est pas limité par une liste de candidats déclarés. Tout ce qu’il doit faire c’est trouver un français qui veuille bien le représenter au Palais Bourbon. Il peut donc pourquoi pas demander à une personne honnête et compétente.


    • Shaw Shaw 21 février 11:21

      Toute critique du RIC n’est viable que tant qu’on l’enchasse dans le paradigme institutionnel et constitutionnel actuel.

      S’il est exigé pour que soit posée la question d’une Assemblée constituante, tout le reste devient alors superfétatoire.

      Partant OSEF de la nature du RIC et de sa saisine tant qu’il permet cette question.

      Mais pour sûr, le système politique actuel se battra à mort pour empêcher cela.

      Si les Gilets Jaunes arrivent à en faire un plus petit dénominateur commun , malgré toutes leurs dissensons et toutes les instrumentalisations/manipulations qui leurs sont opposées, le match peuple vs élites n’a pas encore livré son verdict, loin s’en faut.


      • beo111 beo111 22 février 05:23

        @Shaw

        Le RIC est certes la seule revendication politique pouvant faire converger les Gilets jaunes. Le seul problème, c’est qu’au moment de la bataille finale le peuple va se ranger du côté des élites car le RIC n’est pas dans la culture française.


      • Shaw Shaw 22 février 10:51

        @beo111

        A priori oui, cela paraît inéluctable.

        Il y a quand même cependant un distinguo à faire a minima dans le peuple entre les classes populaires qui composent une bonne partie des GJ et la classe que l’on pourrait qualifier d’intermediaire. C’est celle-ci qui va lâcher, est même en train de le faire, c’est entendu.

        Pour énormément de mauvaises raisons dont au premier chef l’impossibilité pour les GJ d’avoir su dégager une cohérence d’organisation et de revendication.

        Mais ce n’est que reculer pour mieux sauter, les irréductibles GJ, qui vont être stigmatisés, raillés, marginalisés de façon croissante, vont en contrepartie bien apprendre la leçon et croître encore en détermination.

        Strictement aucun doute là dessus !

        Partant la revendication RIC, la plus fédératrice qui soit, peut être relancée le moment venu avec une capacité à convaincre le corps intermédiaire décuplée.


      • JL JL 21 février 11:23

        ’’La seule solution, je le répète sans cesse’’

         

        « Le propre du génie est de fournir des idées aux crétins une vingtaine d’années plus tard. » Louis Aragon

         

        Revenez dans vingt ans !

         

         smiley


        • Arogavox 21 février 11:27

          « la même logique lui dit que ça ne sert à rien d’élire un Président si c’est pour lui mettre des bâtons dans les roues après. »

          >>> C’est pas une « logique », c’est une interprétation sournoise ou déloyale de la Constitution. En France, notre constitution attribue au Président un rôle d’arbitre. 
           Cette constitution a le tort de ne pas préciser que le rôle du Président devrait être limité à ce seul arbitrage.

           Mais, en aucun cas les expressions citoyennes de la Volonté générale, manifestées par une quelconque proportion du peuple (dont la dignité ne saurait être remise en cause) ne sauraient être vues comme des « bâtons dans les roues ».
           Tout au contraire, l’expression des différences, dans la participation citoyenne aux débat des « choses publiques » est un gage responsabilité et d’effort constructif !


          • beo111 beo111 22 février 05:58

            @Arogavox

            Constructif ? Vous êtes dans un courant de LR ?

            Plus sérieusement, vous souvenez-vous de ce qui c’est passé le 4 février 2008 ?


          • maQiavel maQiavel 21 février 12:03

            On peut élire un président tout en se donnant la possibilité de s’opposer à ses décisions quand la majorité juge qu’elles vont à l’encontre du bien public. Quand on élit un président, il faudrait qu’il soit tout puissant et que tout le monde se taise devant ses décisions  smiley ? Et puis , ce n’est pas parce qu’on se donne les moyens de s’opposer ponctuellement dans des conditions bien précises à ses décisions qu’on l’étouffe.

            Et tout ce raisonnement ne prend pas un élément important en compte : le RIC change les pratiques politiques. En effet, avant de faire une loi, les gouvernants ont intérêt à explorer si la loi qu’ils envisagent est suffisamment consensuelle, autrement ils risquent en effet de travailler pour rien. Finalement , il n’y a pas tant confrontation que ça mais superposition.

             


            • beo111 beo111 22 février 05:30

              @maQiavel

              Que s’est-il passé le 4 février 2008 ?


            • maQiavel maQiavel 22 février 18:42

              @beo111

              Le Parlement a trahit le peuple français en ratifiant le néfaste traité de Lisbonne ( d’où la compréhension de la nécessité de contrepouvoirs populaires pour pouvoir empêcher ce genre de trahison par les représentants d’ailleurs).


            • beo111 beo111 23 février 09:08

              @maQiavel

              Vous ne pouvez pas empêcher ce genre de trahison par les représentants autrement qu’en instaurant un mandat impératif. Et vlan ! On change la constitution, on y substitue un élément constitutif de la tradition politique française par son strict contraire. Et en plus le mandat impératif ne me parait pas compatible avec la déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 référencée dans la constitution (on ne doit pas contraindre quelqu’un à faire ce qu’il ne veut pas faire), ça va être très, très compliqué.

              On récapitule (n’hésitez pas à me dire si j’oublie des choses).

              Les partisans du RIC doivent se mettre d’accord sur une liste de changements constitutionnels garantissant notamment :

              • que le propositions de référendum ne soient pas filtrés par le grand capital, il faut donc déjà imaginer vraisemblablement une nouvelle chambre, tirée au sort, dans la constitution. Bon petite parenthèse, vous avez l’air de vous y connaître en rap français des années 90, ben moi ça me fait penser rap US, la fin de l’intro du retour des 36 chambres d’ODB où le mec dit qu’il veut en créer une 37ème, c’est d’entrée de jeu une histoire de fou à mon avis
              • que les gens ne soient pas déresponsabilisés lors de l’élection de leurs représentants, en se disant que c’est pas grave s’ils votent pour des encore plus con que maintenant, vu que de toute façon il y aura le référendum pour les contrecarrer. Bon celle-là c’est moi qui la suggère donc vous n’êtes pas obligé de la retenir :D
              • que le déclenchement du référendum, sans doute subordonné à un nombre de signatures citoyennes ne soit ni trop aisé ni trop compliqué à atteindre
              • un peu de mandat impératif, c’est vrai, j’allais oublier
              • et la cerise sur le gâteau, le service public de l’information, euh pardon le média du RIC qui sera suffisamment indépendant et puissant pour garantir une information équilibrée des votants lors du référendum. Vous avez bien lu, indépendant et puissant, deux adjectifs plutôt antinomiques dans le monde réel mais à qui vous imposez une promiscuité plutôt gênante
              • ah oui j’oubliais, le délai de six mois avant le référendum pour éviter de voter sous coup de l’émotion smiley

              Le problème de fond, c’est que la puissance politique c’est comme la puissance sexuelle, ça ne se décrète pas. Vous aurez beau l’écrire dans la constitution, c’est comme le principe de précaution, si vous n’avez pas la puissance réelle derrière, c’est du vent.

              On passe sans s’y arrêter par la case Macron, nous en avons déjà discuté, vous lui présentez votre lettre au père noël, et le banquier accepte tout sans exiger quelque contrepartie significative que ce soit concernant notamment les libertés individuelles.

              Il y a un référendum, et il a autant de chance d’être accepté par le peuple que ne le semblait le TCE fin 2004.

              Par contre si l’on imagine, cas très improbable, que le banquier ait dit non, alors les chouaristes vont se déchouardiser pour prendre le pouvoir. Pour ce faire il vont faire alliance avec les Mélenchonistes sauf que ça sera peut-être pas suffisant donc ça risque d’être compliqué.

              Moi dans l’idée ça me fait plutôt penser au sketch de la chauve-souris de Bigard...



            • maQiavel maQiavel 23 février 20:23

              @beo111

              Je vais répondre à l’essentiel :

              -Il existe bien d’autres moyens que le mandat impératif pour empêcher la trahison des représentants, je vous en avais parlé dans mon dernier article. Mais sinon, oui , il faut changer la constitution.

              -Tout le monde est d’accord avec le fait que la puissance politique ne se décrète pas. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle ce n’est pas tant la constitution qui est importante que le processus de transformation en citoyen constituant. C’est précisément ce processus qui construit la puissance citoyenne.

              -Il n’est pas question de présenter quoi que ce soit à Macron ( sauf pour faire peut etre de la com mais personne ne s’imagine que les dirigeants actuels accepteront quoi que ce soit ). Il est question d’exiger le RIC , en passant par une insurrection s’il le faut. Et ça ne passera pas par les partis politiques …

              -Sur les garanties constitutionnelles, nous sommes bien d’accord sur les exigences requises ( sauf peut être « la puissance d’un média du RIC » , je ne sais pas trop de quoi vous parlez ). Et je ne vois vraiment pas d’obstacles insurmontables.


            • beo111 beo111 24 février 21:49

              @maQiavel

              Par puissance du média du RIC j’entends sa diffusion, le fait qu’il soit consulté par un max de gens.

              Bon, sinon je crois que l’on peut s’arrêter là, on a fait le tour de la question il me semble. Le RIC ne peut vraisemblablement être obtenu que par une insurrection, c’est pas très vendeur mais ça explique bien le problème.


            • maQiavel maQiavel 25 février 10:48

              @beo111
              En ce qui me concerne , je n’ai jamais parlé d’un média du RIC devant être consulté mais soit. 
              Oui , le RIC ne peut être obtenu que par l’insurrection. Et je pense qu’aucun changement notable ne pourrait être obtenu autrement. 


            • Jean d'Hôtaux Jean d’Hôtaux 21 février 13:17

              Bonjour,

              "Ce n’est pas le cas en Suisse. Car en Suisse, si deux pouvoirs sont en présence, ça ne sert peut-être à rien de les confronter : ils ne parlent peut-être pas la même langue.

              « 

              Parler ici de deux pouvoirs n’a aucun sens. Les mettre en relation avec les langues nationales suisses, pas davantage !

              La Suisse vit et connait ce qu’il est convenu d’appeler la »démocratie semi-directe« depuis 1848. Ce régime institutionnel n’oppose pas deux pouvoirs, il n’y en a qu’un seul. Ce que vous appelez le »RIC« en France se conjugue en Suisse en »droit d’initiative populaire« d’une part, en »droit de référendum« d’autre part. Ces droits cohabitent harmonieusement avec le système parlementaire bicaméral que nous avons en Suisse au même titre que celui que vous avez en France. Ils ne substituent pas au Parlement, ils le complètent.

              Faire l’amalgame de ces »instruments institutionnels« avec les quatre langues nationales n’a aucun sens.

              Par pouvoirs (au pluriel), il faut plutôt se référer à la définition de »l’Etat de droit« , notion commune à toutes les démocraties européennes, à la base duquel on trouve précisément la »séparation des pouvoirs" entre : Pouvoir exécutif, Pouvoir législatif et Pouvoir judiciaire.

              Helvétiquement vôtre !


              • amiaplacidus amiaplacidus 21 février 19:02

                @Jean d’Hôtaux
                « Faire l’amalgame de ces »instruments institutionnels« avec les quatre langues nationales n’a aucun sens. ».

                C’est d’autant plus vide de sens que les textes législatifs, la documentation envoyée avant les scrutins, la propagande des partisans ou opposants sont écrits dans les quatre langues nationales.
                En plus, sauf erreur de ma part, les débats au parlement sont traduits simultanément.
                .
                Mais bien sûr, lorsque, comme l’auteur, on s’oppose à toute forme de RIC, on en vient à raconter n’importe quoi.
                .
                En tout cas, les déclinaisons helvétiques du RIC ne sont pas un obstacle à se que la Suisse se porte très bien. Le ministre des finances vient d’annoncer un bénéfice budgétaire de 3 milliards de francs (rapporté à la population française, 30 milliards d’€).
                .
                Pendant ce temps, la France, année après année cumule les déficits.
                Peut-être que si les Français avait leur mot à dire, par RIC, les choses se passeraient mieux, ne serait-ce qu’en instituant une vraie progressivité de l’imposition directe.

                Frontalièrement vôtre !


              • beo111 beo111 22 février 05:45

                @Messieurs

                Je vous ai sans doute induit en erreur en illustrant mon propos par une carte linguistique de la Suisse. Mon propos n’a en aucun cas pour objet de dénigrer des dispositifs institutionnels et droits citoyens dont on peut jouir dans la Confédération Helvétique. Mon idée est plutôt d’expliquer le plus simplement possible aux citoyens français pourquoi le RIC « national » n’est pas transposable dans la culture politique française. Pour ce faire je dois utiliser des images.


              • Fergus Fergus 22 février 08:33

                Bonjour, Jean d’Hôtaux

                Je m’apprêtais à poster un commentaire du même ordre lorsque j’ai lu le vôtre : il exprime mon opinion encore mieux que je ne l’aurais fait. Merci à vous !


              • amiaplacidus amiaplacidus 22 février 12:03

                @beo111
                Votre carte est totalement erronée. Elle représente le canton des Grisons comme de langue romanche, alors que ce cantons est trilingue, dans l’ordre d’importance : alémanique, romanche, italien.


              • Fergus Fergus 22 février 19:20

                Bonsoir, amiaplacidus

                A toutes fins utiles, petit extrait d’un article de 2014 (La Haute Engadine, une pure merveille de la nature) :

                « Nous sommes là au cœur de la Suisse romanche, presque toute incluse dans le canton des Grisons. La vieille langue rhéto-romane, officielle dans le canton depuis 1938 au même titre que l’allemand et l’italien, constitue la 4e langue nationale. Malgré l’émergence en 1982, d’un romanche unifié, le « rumantsch grischun », sous l’impulsion de la « Lia rumantscha » (ligue romanche), la vénérable langue a pourtant bien du mal à résister aux assauts de l’allemand. Au point que l’on considère que, désormais, seules 35 000 personnes, soit moins de 0,5 % de la population suisse, se déclarent des locuteurs habituels de la langue romanche. Et ce n’est pas en s’expatriant hors des limites du canton, comme le font près de 40 % d’entre eux, qu’ils pourront pérenniser la langue de leurs ancêtres. Un constat quelque peu attristant car le romanche possède beaucoup de charme, comme peuvent en témoigner tous ceux qui ont eu l’occasion de l’entendre parler, notamment en Basse-Engadine, principal fief de résistance. »


              • Jean d'Hôtaux Jean d’Hôtaux 22 février 23:07

                @amiaplacidus

                Bonsoir !

                Les textes législatifs sont effectivement tous traduits dans les trois principales langues nationales (allemand, français et italien). Pour le romanche, c’est un peu plus restrictif. Il est utilisé dans les relations entre le gouvernement fédéral (Conseil fédéral) et la population rhéto-romanche.

                Les débats parlementaires sont traduits simultanément dans les trois principales langues nationales, mais dans une seule des deux chambres du Parlement, au « Conseil national » (l’équivalent de l’Assemblée nationale en France) qui comprend 200 membres représentant le Peuple.
                Tel n’est pas le cas pour l’autre chambre, le « Conseil des États » qui représente les cantons, à raison de 2 représentants par canton. L’effectif de cette chambre est de 46. Il n’y a pas de traduction simultanée au « Conseil des États », chacun étant censé comprendre la langue de l’autre.

                Concernant le bénéfice de 3 milliards de CHF dont vous parlez, c’est exact :
                " En 2018, la Confédération a enregistré un excédent se chiffrant à 2,9 milliards de francs, alors qu’un montant de 295 millions avait été inscrit au budget.

                «  Voir ici.
                Et ici pour l’ensemble des finances publiques (Confédération, cantons et communes).

                Concernant le »RIC« en France, mon propos n’est pas de prendre position dans un débat franco-français, mais de rappeler simplement que la pratique de la démocratie semi-directe s’exerce en Suisse sans interruption depuis 1848, sans problème particulier.
                Il faut tout de même rappeler que les modèles institutionnels de la France et de la Suisse sont diamétralement opposés. Cette différence s’explique essentiellement par l’histoire des deux pays, plus que par leurs tailles respectives.

                En France nous avons un système très centralisé où les départements et régions ne sont que des circonscriptions administratives dotées de peu de compétences décisionnelles et de ressources budgétaires limitées.
                En Suisse, un système fédéral où les cantons sont de véritables petits états qui ont délégué un partie de leurs pouvoirs à la Confédération (l’État fédéral), selon le principe de la »subsidiarité« . Chaque canton est doté de sa propre Constitution, de son propre gouvernent et de son propre Parlement (monocaméral). Le pouvoir des cantons est très étendu (système scolaire, police, fiscalité, santé, etc.).

                Pour conclure avec le »RIC« , je dirais que la Suisse n’a pas vocation à servir de modèle à la France. Toutefois et sous réserve d’aménagements constitutionnels, je ne vois pas pourquoi le »RIC" serait inapplicable en France, alors qu’il se pratique sans problème en Suisse depuis bientôt 200 ans. Les Français seraient-ils moins éclairés que les Suisses ? Pour ma part, je ne le pense pas ...

                Cette forme de démocratie responsabilise beaucoup les citoyens en les associant aux décisions. Les nombreuses consultations électorales, à raison de quatre par année, provoquent des débats dans les médias, débats au cours desquels les idées et opinions de chacun sont confrontées, pour le plus grand bien de l’émulation civique.


              • Jean d'Hôtaux Jean d’Hôtaux 22 février 23:29

                @Fergus

                Bonjour Fergus et merci de votre commentaire !

                Inscrit depuis de nombreuses années à AVox, je n’interviens qu’épisodiquement, lorsqu’on évoque la Suisse par exemple.

                Bien à vous !


              • Jean d'Hôtaux Jean d’Hôtaux 22 février 23:36

                @Fergus

                Pour moi, la Basse Engadine est restée plus typique que la Haute Engadine, devenue trop touristique, qui plus est, un tourisme huppé, particulièrement à Saint-Moritz.


              • Fergus Fergus 23 février 08:42

                Bonjour, Jean d’Hôtaux

                « la Basse Engadine est restée plus typique que la Haute Engadine »

                100 % d’accord avec vous. Contrairement à la Basse Engadine, la Haute Engadine, presqu’exclusivement tournée vers le tourisme, s’est en effet largement détachée de sa culture d’origine. Cela n’enlève rien au caractère somptueux de cette haute vallée. Mais la nature des échanges avec la population n’y a pas la même richesse.  


              • beo111 beo111 23 février 09:21

                @amiaplacidus

                « Votre carte est totalement erronée. »

                Oui, j’ai privilégié la lisibilité à l’exactitude. Mon idée est de présenter à des lecteurs français des concepts grosse maille. En France, où les langues régionales ont subit un sort assez triste il est assez difficile de comprendre comment on peut exister avec plusieurs langues officielles. De même en Suisse on pourrait difficilement imaginer un évènement comparable à celui du 4 février 2008.


              • amiaplacidus amiaplacidus 23 février 10:08

                @Jean d’Hôtaux
                Bonjour,
                Je ne peux que souscrire à vos propos, spécialement lorsque vous dites :

                "... Toutefois et sous réserve d’aménagements constitutionnels, je ne vois pas pourquoi le »RIC" serait inapplicable en France, alors qu’il se pratique sans problème en Suisse depuis bientôt 200 ans. Les Français seraient-ils moins éclairés que les Suisses ? Pour ma part, je ne le pense pas ...".


              • Pierre 21 février 14:56

                A l’image du grand débat, n’importe quoi !


                • beo111 beo111 22 février 06:05

                  @Pierre

                  C’est vous qui le dites, moi je vois tout de même une grande différence dans la légitimité des intervenants. C’est aux simples citoyens de débattre sur les questions institutionnelles car ce n’est pas aux hommes de pouvoir d’écrire les règles du pouvoir. À l’inverse, Macron a clairement dit devant les maires que c’est à eux et aux parlementaires de débattre sur la suppression du non-cumul des mandats. Opération conflit d’intérêts pure.


                • Reiki Reiki 22 février 00:12

                  Le Frein a l endettement a vu le jour en Suisse , grace a l initiative et au bon sens du peuple.


                  • beo111 beo111 22 février 06:11

                    @Reiki

                    Oui, d’ailleurs même hors de Suisse on observe que les communes avec RIC sont en moyenne 50% moins endettées que les autres. Normal, les gens s’occupent de leurs affaires. Mais mon propos vise plutôt le RIC national, qui à mon avis n’est pas transposable en France.


                  • Fergus Fergus 22 février 08:40

                    Bonjour, Beo111

                    Personnellement, j’ai toujours été favorable au RIC.

                    Mais pas sur n’importe quel sujet. Au niveau national, il ne peut porter, à mon avis, que sur des sujets limités excluant les domaines régaliens et la fiscalité (eu égard à la grande complexité des équilibres de celle-ci).

                    Au niveau régional, le RIC serait en revanche un excellent outil de décision sur l’aménagement du territoire.


                    • Reiki Reiki 22 février 10:18

                      La seule limite du RIC dois etre une question de voix...

                      L Europe se crois plus forte que la suisse. 

                      Mais si le capitalisme se crash, il a de grande chance que l Euro explose en même temps que le dollars....

                      La Suisse es indépendants pas comme l union qui es un faire valoir des USA. 

                       Vous pouvez regarder ou vous voulez , je me sens très proche de la culture Helvète. 

                      Si l union Européenne avais un peu de couille et étais une vraie démocratie. La Suisse n aurai pas peur de rentrer dans m union...

                      Vous croyez vraiment qu il resterai or de l union simplement pour faire de l Europe un Donut géant.... ?


                      • Jean d'Hôtaux Jean d’Hôtaux 22 février 23:25

                        @Reiki

                        "Si l union Européenne avais un peu de couille et étais une vraie démocratie. La Suisse n aurai pas peur de rentrer dans m union...

                        "

                        Je pense effectivement que le déficit démocratique de l’UE est l’une des raisons qui empêchent la Suisse d’y adhérer.


                      • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 24 février 13:26

                        @ l’auteur

                        Désolé, mais vous n’êtes pas Chouariste. C’est un peu plus exigeant que ça : il faut écouter et comprendre Chouard. A l’évidence, en ce qui vous concerne, le compte n’y est pas.

                        Votre intuition n’intercepte le RIC que tangentiellement et vous êtes d’ailleurs incapable d’en donner une formulation claire (en une seule phrase qui dirait tout ce qu’il faut et rien que ce qu’il faut). Le feriez vous que tout le monde verrait qu’elle ne tient pas la route...

                        Avec mes cordiales salutations.


                        • beo111 beo111 24 février 22:11

                          @Luc-Laurent Salvador

                          Ah, Chouard en une phrase, ce n’est pas aux hommes de pouvoir d’écrire les règles du pouvoir. C’est la conclusion à laquelle il arrive après son analyse des tares du TCE en 2005. Ensuite, partant de cela, il en déduit que c’est aux simples citoyens d’écrire la constitution, encore faut-il qu’ils soient formés pour ça et c’est là qu’arrivent les ateliers constituants.

                          Le RIC, s’il a toujours été considéré par Étienne comme une condition sine qua non de la démocratie, n’est en aucun cas l’élément central de son discours. Ce n’est qu’avec l’arrivée des Gilets jaunes qu’il a sorti ça de sa besace. Il aurait sans doute préféré parler de constituante tirée au sort, mais il y a assez d’anciens du Front National parmi les GJ hostiles à tout « big bang institutionnel » pour qu’il opte pour une revendication plus consensuelle telle le RIC.

                          Le RIC en une phrase, tout est dans le nom, je ne comprends pas pourquoi vous voulez aller chercher des trucs compliqués.

                          Avant ça s’appelait RIP (P pour populaire), mais d’une part ça faisait un peu mort-né, et d’autre part « initiative populaire » c’était un peu flou.

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